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Débats

  • Les évêques de Belgique commentent à leur tour l’exhortation pontificale « Amoris Laetitia »

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    Dans une Lettre pastorale (à lire intégralement ici )  adressée, hier 24 mai, «  aux prêtres, diacres et animateurs pastoraux » , les évêques de Belgique commentent à leur tour l’exhortation apostolique « Amoris Laetitia » publiée  par le pape François le 19 mars 2016.

    Du commentaire des évêques, nous extrayons ce passage consacré au point le plus « sensible » de l’exhortation pontificale :

    « [...] Nous voulons ici répondre plus longuement à une question particulière, plus précisément à la question et au désir de personnes divorcées remariées de pouvoir recevoir la communion durant l’eucharistie. Dès les temps apostoliques, recevoir l’eucharistie a été perçu comme quelque chose de très sérieux. C’est ainsi que Paul fait remarquer dans sa première lettre aux chrétiens de Corinthe : « Celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, se rendra coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun s’éprouve soi-même, avant de manger ce pain et de boire à cette coupe. » (1 Cor 11,27-28) Qu’est-ce que cela signifie pour des personnes divorcées remariées ? Au chapitre huit d’Amoris Laetitia, le pape François traite explicitement de cette question. L’indissolubilité du mariage appartient au trésor fondamental et irrévocable de la foi de l’Eglise. Dans Amoris Laetita, le pape François ne laisse planer aucun doute sur ce sujet. Mais pas plus sur le fait que toutes les situations devraient être abordées de la même manière. « Il faut éviter des jugements qui ne tiendraient pas compte de la complexité des diverses situations ; il est également nécessaire d’être attentif à la façon dont les personnes vivent et souffrent à cause de leur condition. » (AL 296) Les divorcés remariés continuent à faire partie de l’Eglise : « Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Evangile ! » (AL 297) Dieu ne leur retire pas son amour. Ils restent appelés à aimer Dieu de tout leur cœur et à aimer leur prochain comme eux-mêmes. Ils restent envoyés pour témoigner de l’évangile et prendre à cœur leur rôle dans la communauté d’Eglise. « Non seulement ils ne doivent pas se sentir excommuniés, mais ils peuvent vivre et mûrir comme membres vivants de l’Eglise, la sentant comme une mère qui les accueille toujours, qui s’occupe d’eux avec beaucoup d’affection et qui les encourage sur le chemin de la vie et de l’Evangile. » (AL 299) Le ‘discernement’ est le concept central dans l’approche de cette problématique par le pape François. « L’Eglise a une solide réflexion sur les conditionnements et les circonstances atténuantes. Par conséquent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘irrégulière’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. » (AL 301) Amoris Laetitia ne formule aucune directive générale, mais demande le discernement nécessaire. Il arrive que quelqu’un qui n’a commis aucune faute soit abandonné par son conjoint. Mais il arrive aussi lors d’un divorce qu’une lourde faute ait été commise. Il reste également vrai que, quelles que soient les circonstances qui ont conduit au divorce, le nouveau mariage civil est en opposition à la promesse du premier mariage chrétien. Pourtant, le pape écrit : « Si l’on tient compte de l’innombrable diversité des situations concrètes, on peut comprendre qu’on ne devait pas attendre du synode ou de cette exhortation une nouvelle législation générale du genre canonique, applicable à tous les cas. Il faut seulement un nouvel encouragement au discernement responsable personnel et pastoral des cas particuliers .» (AL 300) On ne peut donc pas décréter que tous les divorcés remariés peuvent être admis à la communion. On ne peut pas non plus décréter qu’ils en sont tous exclus. Le cheminement de chaque personne demande le discernement nécessaire en vue d’une décision pastorale prise en conscience. Toute notre pastorale doit être orientée vers l’accompagnement, le discernement et l’intégration. Ce sont les trois concepts de base qui sont comme un refrain dont le pape François nous imprègne le cœur. La ligne directrice est celle d’un discernement (‘discretio’) personnel et de la communauté. Le pape appelle les divorcés remariés à « un examen de conscience, grâce à des moments de réflexion et de repentir. » (AL 300) Dans cette démarche de discernement, ils doivent pouvoir compter sur une aide et un accompagnement pastoral, plus précisément sur un dialogue avec un prêtre, un diacre ou un autre agent pastoral. Nous aussi, comme évêques, nous voulons être prêts à aider. Amoris Laetitia ouvre bien clairement une porte aux divorcés remariés pour qu’ils puissent recevoir « l’aide des sacrements » (cf. 5 AL 305, note 351). Mais cette décision, ils ne peuvent – pas plus que les autres croyants – la prendre à la légère. Le pape avance quelques critères : « Les divorcés remariés devraient se demander comment ils se sont comportés envers leurs enfants quand l’union conjugale est entrée en crise ; s’il y a eu des tentatives de réconciliation ; quelle est la situation du partenaire abandonné ; quelle conséquence a la nouvelle relation sur le reste de la famille et sur la communauté des fidèles ; quel exemple elle offre aux jeunes qui doivent se préparer au mariage. Une réflexion sincère peut renforcer la confiance en la miséricorde de Dieu, qui n’est refusée à personne. » (AL 300) Dans une telle démarche de discernement, juger en conscience est important de la part des personnes impliquées, tout comme des responsables pastoraux. Il est frappant de voir quel poids le pape François reconnait à la décision prise en pleine conscience par les croyants. A ce propos, il indique qu’(e comme évêques) « Il nous coûte de laisser de la place à la conscience des fidèles qui souvent répondent de leur mieux à l’Evangile avec leurs limites et peuvent exercer leur propre discernement dans des situations où tous les schémas sont battus en brèche. Nous sommes appelés à former les consciences, mais non à prétendre nous substituer à elles. » (AL 37) Une démarche de discernement ne conduit pas à un oui ou un non automatique à pouvoir communier. Il peut arriver que quelqu’un décide de ne pas recevoir l’Eucharistie. Nous avons le plus grand respect pour une telle décision. Il se peut aussi que quelqu’un décide en conscience de bien recevoir l’Eucharistie. Cette décision mérite aussi le respect. Entre le laxisme et le rigorisme, le pape François choisit la voie du discernement personnel et d’une décision prise soigneusement et en conscience. Comme évêques de notre pays, nous voulons exprimer notre grande appréciation et notre reconnaissance pour Amoris Laetitia et pour le chemin que nous indique le pape François. Dans Evangelii Gaudium, il nous pressait déjà : « sans diminuer la valeur de l’idéal évangélique, il faut accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour. » (EG 44) En se référant à ce texte, il écrit maintenant : « Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion. Mais je crois sincèrement que Jésus Christ veut une Eglise attentive au bien que l’Esprit répand au milieu de la fragilité : une Mère qui, en même temps qu’elle exprime clairement son enseignement objectif, ‘ne renonce pas au bien possible, même si elle court le risque de se salir avec la boue de la route’. » (AL 308) Chers amis, C’est sur ces mots du pape François que nous voulons conclure notre lettre [...] ».

    Tenir les deux bouts de la chaîne n'est pas facile.

    Nous connaissons tous de nombreuses personnes en situation matrimoniale objectivement irrégulière qui communient au Corps du Seigneur en toute bonne conscience anesthésiée par une pastorale qui court aujourd’hui les rues : celle  d’une miséricorde de Dieu éludant la question de sa justice.  Molina n’est pas la réponse adéquate à Jansénius et le primat du jugement de la conscience personnelle n’est pas le fondement légitime de celui-ci. Dans les « Pastoralia » de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles Mgr Léonard écrivait en juin 2012 :

    « Dire que j’agis bien quand j’agis conformément à ma perception du bien ou, en d’autres termes, reconnaître que la raison pratique ne m’oblige qu’à travers le prisme de ma conscience personnelle pourrait sembler conduire au subjectivisme et nous conduire aux impasses d’une pure morale de la sincérité. Il n’en est rien. Ma conscience est, certes, la norme subjective ultime de ma vie morale, mais à la condition expresse que je cherche honnêtement à rejoindre les exigences objectives de la loi naturelle. Agir autrement reviendrait à considérer que le sujet est l’auteur même de la valeur morale. Or ma conscience est bien le juge qui apprécie en dernière instance la valeur, mais elle n’est pas pour autant son fondement ! Un peu comme en droit un juge apprécie, en dernière analyse, le comportement d’un prévenu, mais sans être la source du code qui inspire son jugement.

    Pour être dans la vérité (et pas seulement dans la sincérité) et faire effectivement le bien, je dois donc éclairer ma conscience et l’éduquer afin que mon jugement personnel se rapproche autant que possible du jugement idéal de la raison droite, se soumette ainsi à la loi morale et, de la sorte, se conforme à la volonté de Dieu. Comme chrétiens, nous aurons donc à nous laisser éclairer non seulement par notre réflexion, mais encore par l’enseignement de Jésus, du Nouveau Testament et de l’Église. À cette condition seulement, je puis dire que j’agis bien si je me décide à l’action selon ma conscience. »

    Appliquant les préceptes de ce commentaire à la banalisation contemporaine du remariage et du concubinage dans notre pays, Mgr Léonard déclarait conséquemment, dans une conférence donnée le 28 janvier 2015 à l’Université de Liège (extrait):  

    « [...] J’ai déjà parlé un instant du soutien à apporter aux couples et aux personnes qui se retrouvent seules dans la vie. Je voudrais dire un mot  -cela reviendra peut-être dans les questions tout à l’heure- sur le fait que je suis partisan d’une pastorale très chaleureuse et proactive à l’égard des personnes qui se sont remariées civilement après un divorce civil ou qui vivent en concubinage. L’Eglise doit chercher le contact avec ces personnes, comprendre ce qui s’est passé dans leur vie et les aider à assumer leur situation, en conjoignant, comme le fait un psaume, amour et vérité.

    Autrement dit, je décourage les pastorales qui font comme si cette nouvelle union civile ou ce concubinage étaient ou pouvaient être un mariage sacramentel : non. Et il ne faut pas faire des choses qui y ressemblent car c’est autre chose. Oui, il y a, bien sûr, des éléments positifs qui se vivent mais ce ne sont pas des situations qu’il faut demander au Seigneur de bénir sacramentellement.

    Il n’y a que deux manières de répondre à ce que le Seigneur attend lorsqu’on se trouve dans une situation qui ne correspond pas à ce qu’il demande. Quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvions, pécheurs que nous sommes, il y a toujours un chemin de salut, mais il n’y a que deux manières tout à fait acceptables, comme chrétiens, de vivre cette situation :

    D’abord, c’est de se dire : au fond, l’homme ou la femme avec qui je vis n’est pas mon conjoint dans le Seigneur puisque mon conjoint, avec lequel je suis marié sacramentellement, est toujours là. Je ne peux pas en avoir deux. Cette seconde union ne peut pas être un signe sacramentel de l’alliance nouvelle et éternelle.

    Alors, première solution possible : j’en tire les conséquences. Je suis un chrétien à part entière, je participe à l’Eucharistie mais au moment d’exprimer sacramentellement, publiquement, objectivement, l’alliance nouvelle et éternelle, librement je m’abstiens de poser le geste sacramentel, parce que celui-ci est un geste objectif que contredit publiquement ma situation objective d’alliance rompue. Et je connais des gens qui font cela en sachant pourquoi, qui le font par amour et qui, dans cette abstention même, communient à la personne du Seigneur avec une intensité qui souvent m’émeut. En voyant cela, je me dis qu’ils communient au Seigneur peut-être plus profondément que moi quand il m’arrive (le plus rarement possible) d’être distrait en communiant et de me rendre compte que j’ai communié au Corps du Seigneur en pensant à ce qui allait suivre dans l’heure prochaine. Eh bien, cela, c’est une conclusion qu’on peut tirer : si elle est tirée avec amour, en ayant compris la profondeur de ce geste d’abstention, elle porte du fruit. J’en ai fait l’expérience chez toutes les personnes qui vivent cela.

    Il existe une autre voie possible, plus exceptionnelle et qui n’est pas recommandable sans une grande préparation, mais je la cite parce que cela existe et je connais des couples qui ont en effet tiré cette conclusion : après une conversion, ils se sont dit voilà, je vis avec une personne qui n’est pas mon conjoint dans le Seigneur. Je vais continuer de vivre avec cette personne, car on ne peut pas se séparer, il y a les enfants etc., mais je vais vivre avec mon conjoint une amitié qui s’exprime autrement que si c’était ma femme ou mon mari, qui trouve une autre forme d’expression, une tendresse qui n’est pas typiquement conjugale. Mais pour cela, il faut être bien préparé, bien motivé.

    Être dans d’autres situations qui ne sont pas telles que le Seigneur et l’Eglise le demandent cela ne veut pas dire que l’on est abandonné. Quand je reçois des personnes que ne peuvent vivre aucune des deux choses  que j’ai évoquées, je vis avec ces personnes avec respect, car je suis aussi un pécheur et je vis avec elles un chemin de conversion, d’espérance et de supplication adressée à la miséricorde de Dieu dans ma vie. Cela peut aussi se vivre positivement ».

    Paraphrasons l’archevêque émérite pour conclure: toujours, il faut l’amour et la vérité. L’amour sans la vérité flatte les gens mais cela ne les construit pas et la vérité sans l’amour les détruit, les écrase et ce n’est pas bon non plus. Tout l’art dans la formation des consciences, c’est de conjuguer les deux : le cœur et la vérité, avec cela je pense qu’on peut aller loin.

    JPSC 

  • Les évêques belges réagissent (enfin !) au texte d'orientation des Frères de la Charité concernant l'euthanasie de patients psychiatriques

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    Euthanasie et souffrance psychique – Déclaration des évêques de Belgique

    Le débat sociétal sur la question de l’euthanasie pour des patients psychiatriques qui ne sont pas en phase terminale est ouvert depuis longtemps. Les Frères de la Charité en Belgique ont récemment publié à ce propos un texte d’orientation, qui a suscité des réactions en sens divers. Mais cela faisait longtemps que ce thème particulièrement sensible faisait l’objet de discussions dans les médias, des revues spécialisées et des rapports.

    Nous voudrions réaffirmer ici notre profonde estime pour l’expertise et les soins attentifs de tant de personnes qui assurent la prise en charge de patients atteints de maux psychiatriques graves et de longue durée. Nous nous rendons compte combien l’accompagnement des personnes qui se trouvent dans ces situations désespérées peut être difficile et délicat. Pourtant, nous voulons en tant qu’évêques répéter ce que nous avons déjà dit à propos de l’euthanasie. De même, nous ne pouvons pas être d’accord que celle-ci soit pratiquée sur des patients psychiatriques qui ne sont pas en phase terminale. Nous partageons ce point de vue avec des citoyens par-delà les traditionnelles frontières idéologiques. Notre point de vue ne signifie nullement que nous voudrions délaisser la personne en souffrance. Nous sommes conscients que la souffrance psychique peut être immense et qu’une personne peut ainsi se retrouver totalement désespérée et sans aucune perspective. Mais c’est précisément dans cette situation qu’il faut lui rester proche et ne pas l’abandonner. Cela implique de pouvoir lui proposer des soins palliatifs qui soient appropriés aux personnes souffrant de troubles psychiques qui résistent à toute thérapie.

    Il n’y a pas que les chrétiens ou les responsables d’Eglise qui se posent des questions à propos de l’euthanasie. Elles font l’objet d’un débat de société. Il s’agit de questions fondamentales: qu’est-ce qui nous rend humain? qu’est-ce qui constitue une société humaine? qu’est-ce qui sert vraiment le progrès? Il y a de fait une limite et un interdit qui sont d’application depuis si longtemps, depuis les origines du vivre ensemble des hommes. Si nous y touchons, nous portons atteinte aux fondements mêmes de notre civilisation. C’est la raison pour laquelle nous en appelons à une grande retenue et à la poursuite du dialogue sur ces questions.

    Les évêques de Belgique

    Le discours de ces signataires d'une carte blanche publiée le 8 décembre 2015 paraissait plus clair : http://www.lalibre.be/debats/opinions/la-mort-comme-therapie-la-difficulte-de-l-euthanasie-pour-seul-motif-de-souffrance-psychique-5666ec92357004acd0fe76a6

  • Non à l'euthanasie au sein des institutions des "Frères de la charité"; signons la pétition

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    Non à l'euthanasie au sein des institutions des "Frères de la charité"

     

    Le 24 avril 2017, les institutions psychiatriques des Frères de la Charité ont décidé d’autoriser l'euthanasie au sein de ses établissements. Cette décision est à l’opposé de la politique qui prévalait jusqu’à présent ; à l’opposé aussi de ce qu’enseigne l’Eglise catholique.

    C’est que les institutions psychiatriques des Frères de la Charité ont décidé de suivre la loi belge plutôt que l’Evangile. Or la loi belge permet l'euthanasie…

    Cette volte-face a immédiatement été dénoncée à Rome, par le supérieur général  de l’ordre, René Stockman. Mais, tandis qu'il déclarait son opposition véhémente à cette décision inique, le provincial belge des Frères de la Charité, responsable des institutions psychiatriques des Frères, a choisi de ne pas tenir compte de l'intervention de Stockman. En Belgique, l’obéissance, c’est comme la vérité, ce n’est guère dans l’air du temps.

    Au total, treize personnes siègent au conseil d'administration de l'association qui gère les établissements psychiatriques, dont trois frères de l'Ordre. Or l'art. 2. §1 des lois provinciales déclare ceci :

    "Le but de l'organisation est de fournir des conseils aux personnes en ce qui concerne leur développement humain, indépendamment de leur origine, de leur genre, de leur conviction ou de leur situation financière. Nous travaillons dans un esprit évangélique qui était celui de Pierre Joseph Triest, le fondateur de la congrégation des Frères de la Charité ".

    En outre, l'article 4. §4 des membres du conseil d'administration dit:

    "Les membres du Conseil contribuent à l’œuvre de l’ordre selon l’inspiration chrétienne de la mission générale des Frères de la Charité".

    Et qu'est-ce que dit cette déclaration de mission ?

    «En tant que membres et employés des Frères de la Charité, nous voulons approcher les personnes à travers une attitude de fidélité et d’amour. Nous trouvons notre inspiration dans les valeurs de l'Évangile et agissons à l'imitation de Jésus, notre Sauveur. Dans cette société, nous voulons créer des balises d'espoir et être les témoins de l'amour de Dieu. De cette façon, nous voulons améliorer la qualité de vie et contribuer à une société plus humaine où les pauvres et les plus fragiles puissent trouver leur place".

    Il est vraiment inadmissible de voir le Provincial des Frères de la Charité contredire maintenant ses propres valeurs, en décidant d'injecter des substances létales à certains de ses patients «faibles» plutôt que de leur procurer de la tendresse.

    Que le Conseil des Frères de la Charité ait pu prendre la décision de transformer leurs institutions en centres d’euthanasie au nom de l’Evangile est absolument invraisemblable.

    Le supérieur de l'Ordre à Rome et le Vatican ont indiqué leur intention de lutter contre cette décision.

    Cette pétition est adressée au conseil d'administration de la Province des frères de la charité afin qu’il suive l’Evangile et respecte la décision du Supérieur général de l’Ordre.

    A l'attention du conseil d'administration de la Province des frères de la charité

    Cette pétition est adressée au conseil d'administration de la Province des frères de la charité afin qu’il suive l’Evangile et respecte la décision du Supérieur général de l’Ordre.

    Nous sommes extrêmement inquiets quant à votre décision d'autoriser l'euthanasie dans les établissements psychiatriques qui vous ont été confiés. Et cette inquiétude, ne pourra disparaitre qu’à la seule condition que vous reveniez à l’Evangile et écoutiez ce que le Supérieur général de votre ordre vous demande.

    Par votre mission, vous êtes chargé au sein de votre communauté de  témoigner de l'amour de Dieu, et d’améliorer la qualité de vie des personnes en contribuant à la construction d’une société plus humaine où les pauvres et les plus fragiles trouvent leur place.

    Par conséquent, nous vous encourageons à revoir votre décision et à revenir à votre mission première.

    Bien respectueusement,

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  • Quand l'actuel supérieur général de la Compagnie de Jésus encensait Fidel Castro...

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    Du site "Riposte catholique" :

    Quand le “pape noir” encensait Fidel Castro

    Élu le 14 octobre 2016 à la tête de la Compagnie de Jésus, le R.P. Arturo Sosa est un Vénézuélien de 68 ans, et donc le premier « supérieur général » non européen depuis la fondation des Jésuites.

    Un article d’hier du journal britannique Catholic Herald, reprenant celui paru la veille dans Info Vaticana, nous révèle un bien troublant aspect de la personnalité du R.P. Sosa : son enthousiasme pour le dictateur Fidel Castro…

    En 1989, alors que Castro était sur le point d’arriver en visite officielle au Venezuela à l’invitation du Président Hugo Chávez, 911 « intellectuels et artistes » signèrent un Manifeste souhaitant, avec enthousiasme, la bienvenue au Lider maximo. Saluant sa victoire sur le régime de Batista comme une « victoire exemplaire sur la tyrannie, la corruption et la servitude » et un modèle pour une Amérique latine « juste et indépendante », les signataires souhaitaient « exprimer publiquement » leur « respect » à Fidel Castro « principal dirigeant de la Révolution cubaine » pour tout ce qu’il avait « accompli pour la dignité de [son] peuple et donc pour toute l’Amérique latine ». Le Manifeste affirmait que « seule une cécité idéologique pouvait nier la place que le processus que [Fidel Castro] représente, occupe dans l’histoire de la libération de nos peuples ».

    Le 810ème signataire de ce manifeste n’était autre que « Arturo Sosa, s. j., Centro Gumilla », le Centro Gumilla, centre de recherche et d’action sociale jésuite à Caracas, ayant été sous sa direction jusqu’à ce qu’il devienne supérieur général des Jésuites dans son pays en 1996…

  • Quand le pape pourfend les "idéologues de la doctrine"

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    De zenit.org :

    Sainte-Marthe : la doctrine unit, l’idéologie divise, met en garde le pape

    Le devoir de l’Eglise de « clarifier la doctrine »

    L’Eglise a le « devoir » de « clarifier la doctrine », mais dans une attitude « toujours ouverte, toujours libre », a affirmé le pape François lors de la messe matinale du 19 mai 2017. Car la doctrine unit, mais l’idéologie divise, a-t-il mis en garde.

    Célébrant dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, au Vatican, le pape a médité sur le « Concile de Jérusalem », dont parlent les Actes des Apôtres et qui décida, en l’an 49, que les non-juifs convertis au christianisme n’étaient pas soumis à la circoncision.

    La première lecture, a fait observer le pape dans son homélie rapportée par Radio Vaticanen italien, fait état de « jalousies, luttes de pouvoir » dans la première communauté chrétienne : il y a « ceux qui créent des problèmes, divisent, divisent l’Eglise, qui disent que ce que prêchent les apôtres n’est pas ce que Jésus a dit, que ce n’est pas la vérité ». « Il y a toujours eu ces problèmes…, a-t-il constaté, nous sommes humains, nous sommes pécheurs ».

    Le pape François a souligné la « liberté de l’Esprit » qui a « mis d’accord » les apôtres, durant ce « premier concile » de l’Eglise, qui eut pour but de « clarifier la doctrine ». « C’est un devoir de l’Eglise de clarifier la doctrine », a-t-il insisté, afin de « bien comprendre ce que Jésus a dit dans les Evangile, quel est l’Esprit des Evangiles ».

    Et le pape d’inviter à ne pas s’effrayer devant les « opinions des idéologues de la doctrine ». L’Eglise, à travers « le magistère du Pape, des évêques, des conciles », doit avancer sur une route « toujours ouverte, toujours libre », car « la doctrine unit » tandis que « l’idéologie divise ».

    « Il y a toujours eu ces gens, a-t-il poursuivi, qui sans aucun mandat vont troubler la communauté chrétienne avec des discours qui bouleversent les âmes : « Eh, non. Celui qui a dit cela est hérétique, on ne peut pas dire ça… la doctrine de l’Eglise c’est ça. » Ce sont des fanatiques des choses qui ne sont pas claires… Et c’est le problème : quand la doctrine de l’Eglise, celle qui vient de l’Evangile, celle que l’Esprit-Saint inspire … devient idéologie ».

    « C’est la grande erreur de ces personnes », a estimé le pape François : « Ils n’étaient pas croyants, ils étaient idéologisés », d’une idéologie « qui fermait le cœur à l’action de l’Esprit-Saint ». Les apôtres au contraire « avaient le cœur ouvert à ce que l’Esprit disait ». Et ils sont parvenus non pas à « un accord politique », mais à écouter « l’inspiration de l’Esprit-Saint qui les conduit à dire : rien de ces choses, rien de ces exigences ».

  • Euthanasie : une forme de barbarie pseudo-humani­taire ?

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    Une opinion de Mathieu Bock-Côté sur le site du Journal de Montréal :

    Le suicide assisté n’est pas un droit fondamental 

    On le sait, depuis 2014, le Québec s’est ouvert aux soins de fin de vie. Ils permettraient de mourir dans la dignité.

    C’est-à-dire que le Québec a reconnu un droit au suicide­­ assisté. Ou pour le dire plus brutalement, il a légalisé­­ l’euthanasie.

    Certes, on a cherché à encadrer­­ cette pratique avec des balises rigoureuses. Il ne fallait pas banaliser une mesure­­ devant demeurer exceptionnelle­­.

    Certaines personnes nous mirent pourtant en garde: une fois que l’on consentait au principe du «suicide assisté», on verrait ces balises tomber peu à peu.

    Exception ?

    L’exception serait de moins en moins exceptionnelle. Les candidats au suicide assisté se multiplieraient. C’est exactement ce qui est en train de se passer.

    Le Devoir nous mettait au courant hier d’une inquiétude présente dans la communauté médicale. Cette dernière­­ s’inquiète de la pression qui monte pour qu’on élargisse les conditions d’accès au suicide assisté.

    Chacun a ses raisons, mais une tendance­­ lourde se dégage: dans notre société qui entretient un véritable culte de l’autonomie, l’individu veut de plus en plus être maître de sa propre mort.

    Depuis toujours, le suicide représente l’ultime défi lancé par l’individu à l’existence: c’est lui qui décidera à quel moment et dans quelles conditions il la quittera. C’est surtout l’ultime­­ recours des désespérés.

    Avec les «soins de fin de vie», notre société a tendance à le banaliser inconsciemment­­.

    Ce qui est aussi particulier, c’est que dans notre société encore com­mandée par la logique de l’État-providence­­, on veut faire de l’accès au suicide assisté un des symboles de la justice sociale.

    «J’ai le droit» : telle est la phrase que l’homme contemporain préfère.

    Mais on se demandera: jusqu’où ira le droit à la mort assistée?

    Tout porte à croire qu’un jour, on verra dans le suicide assisté une réponse­­ convenable au malaise existentiel ou à la lassitude de vivre.

    On devine l’argument: qui est mieux placé que l’homme qui souffre pour savoir si sa vie vaut la peine d’être vécue­­ et poursuivie? Et qui sommes-nous pour juger de la souffrance d’un homme?

    Notre relativisme, à ce sujet, nous conduira un jour à voir dans l’euthanasie une manifestation supérieure d’humanisme.

    Houellebecq

    J’ai déjà parlé dans cette chronique du livre La carte et le territoire, un chef d’œuvre de l’écrivain français Michel Houellebecq.

    On y trouve une scène essentielle. Le père du personnage principal, un jour, en a assez de vivre. Tout simplement. Il trouve que son temps est venu­­.

    Alors il se rend dans une clinique en Suisse et demande qu’on le tue. La clinique est hygiénique et on le tue hygiéniquement. C’est terminé. Ainsi va la mort.

    Comment ne pas voir dans cela une forme de barbarie pseudo-humani­taire? Le marché s’est aussi emparé de la mort. Il l’offre à la manière d’un service comme un autre.

    C’est vers ce monde que nous nous dirigeons. Qui y résiste vraiment? Les pessimistes nous diront que nous y sommes déjà et qu’il faut nous y faire.

  • Reconnaître la primauté de l'Etat de droit ou obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes ?

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    Les représentants des 6 cultes reconnus dans notre pays et ceux de la laïcité ont signé (voir ICI) une déclaration dans laquelle il s'agit notamment de reconnaître la "primauté de l'Etat de droit sur la loi religieuse". Voici un texte de Benoît XVI qui contredit radicalement cette Déclaration:
     
    "Saint Pierre se trouve devant l’institution religieuse suprême (le Sanhédrin), à laquelle on devrait normalement obéir, mais Dieu se trouve au-dessus de cette institution et Dieu lui a donné un autre « règlement »: il doit obéir à Dieu. L’obéissance à Dieu est la liberté, l’obéissance à Dieu lui donne la liberté de s’opposer à l’institution. Et les exégètes attirent ici notre attention sur le fait que la réponse de saint Pierre au Sanhédrin est presque ad verbum identique à la réponse de Socrate au juge du tribunal d’Athènes. Le tribunal lui offre la liberté, la libération, à condition cependant qu’il ne continue pas à rechercher Dieu. Mais rechercher Dieu, la recherche de Dieu est pour lui un mandat supérieur, il vient de Dieu lui-même. Et une liberté achetée en renonçant au chemin vers Dieu ne serait plus une liberté. Il doit donc obéir non pas à ces juges – il ne doit pas acheter sa vie en se perdant lui-même – mais il doit obéir à Dieu. L’obéissance à Dieu a la primauté.

    Il est important de souligner ici qu’il s’agit d’obéissance et que c’est précisément l’obéissance qui donne la liberté. L’époque moderne a parlé de la libération de l’homme, de sa pleine autonomie, et donc également de sa libération de l’obéissance à Dieu. L’obéissance ne devrait plus exister, l’homme est libre, il est autonome: rien d’autre. Mais cette autonomie est un mensonge: c’est un mensonge ontologique, car l’homme n’existe pas par lui-même et pour lui-même, et c’est également un mensonge politique et pratique, car la collaboration, le partage de la liberté est nécessaire. Et si Dieu n’existe pas, si Dieu n’est pas une instance accessible à l’homme, il ne reste comme instance suprême que le consensus de la majorité. En conséquence, le consensus de la majorité devient le dernier mot auquel nous devons obéir. Et ce consensus – nous le savons depuis l’histoire du siècle dernier – peut également être un « consensus du mal ».

    Nous voyons ainsi que la soi-disant autonomie ne libère pas véritablement l’homme. L’obéissance à Dieu est la liberté, car elle est la vérité, elle est l’instance qui nous place face à toutes les instances humaines. Dans l’histoire de l’humanité, ces paroles de Pierre et de Socrate sont le véritable phare de la libération de l’homme, qui sait voir Dieu et, au nom de Dieu, peut et doit obéir non pas tant aux hommes, mais à Lui, et se libérer ainsi du positivisme de l’obéissance humaine. Les dictatures ont toujours été contre cette obéissance à Dieu. La dictature nazie, comme la dictature marxiste, ne peuvent pas accepter un Dieu qui soit au-dessus du pouvoir idéologique; et la liberté des martyrs, qui reconnaissent Dieu, précisément dans l’obéissance au pouvoir divin, est toujours l’acte de libération à travers lequel nous parvient la liberté du Christ.

    Aujourd’hui, grâce à Dieu, nous ne vivons pas sous une dictature, mais il existe des formes subtiles de dictatures: un conformisme qui devient obligatoire, penser comme tout le monde, agir comme tout le monde, et les agressions subtiles contre l’Eglise, ainsi que celles plus ouvertes, démontrent que ce conformisme peut réellement être une véritable dictature. Pour nous vaut cette règle: on doit obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Dieu n’est pas un prétexte pour la propre volonté, mais c’est réellement Lui qui nous appelle et nous invite, si cela était nécessaire, également au martyre. C’est pourquoi, confrontés à cette parole qui commence une nouvelle histoire de liberté dans le monde, nous prions surtout de connaître Dieu, de connaître humblement et vraiment Dieu et, en connaissant Dieu, d’apprendre la véritable obéissance qui est le fondement de la liberté humaine.

    Saint Pierre dit que Dieu a élevé le Christ à sa droite comme chef et sauveur (cf. Ac 5,31). Chef est la traduction du terme grec archegos, qui implique une vision beaucoup plus dynamique: archegos est celui qui montre la route, qui précède, c’est un mouvement, un mouvement vers le haut. Dieu l’a élevé à sa droite – parler du Christ comme archegos veut donc dire que le Christ marche devant nous, nous précède et nous montre la route. Et être en communion avec le Christ signifie être en chemin, monter avec le Christ, suivre le Christ, c’est cette montée vers le haut, suivre l’archegos, celui qui est déjà passé, qui nous précède et qui nous montre la voie.

    Il est ici bien évidemment important que l’on nous dise où arrive le Christ et où nous devons arriver nous aussi: hyposen – en haut – monter à la droite du Père. La « sequela » du Christ n’est pas seulement l’imitation de ses vertus, n’est pas seulement le fait de vivre dans ce monde, pour autant que cela nous soit possible, semblables au Christ, selon sa parole ; mais c’est un chemin qui a un objectif. Et l’objectif est la droite du Père. Il y a ce chemin de Jésus, cette « sequela » de Jésus qui termine à la droite du Père. C’est à l’horizon de cette « sequela » qu’appartient tout le chemin de Jésus, également arriver à la droite du Père.

    En ce sens, l’objectif de ce chemin est la vie éternelle à la droite du Père en communion avec le Christ. Aujourd’hui, nous avons souvent un peu peur de parler de la vie éternelle. Nous parlons des choses qui sont utiles pour le monde, nous montrons que le christianisme aide également à améliorer le monde, mais nous n’osons pas dire que son objectif est la vie éternelle et que de cet objectif proviennent ensuite les critères de la vie. Nous devons comprendre à nouveau que le christianisme demeure un « fragment » si nous ne pensons pas à cet objectif, qui est de suivre l’archegos à la hauteur de Dieu, à la gloire du Fils qui nous rend fils dans le Fils et nous devons à nouveau reconnaître que ce n’est que dans la grande perspective de la vie éternelle que le christianisme révèle tout son sens. Nous devons avoir le courage, la joie, la grande espérance que la vie éternelle existe, qu’elle est la vraie vie et que de cette vraie vie provient la lumière qui illumine également ce monde."
     
    Extrait d’une homélie prononcée devant la Commission biblique pontificale, dans la chapelle Pauline (15 avril 2010)
  • Fusion UCL - Saint-Louis : l'analyse décapante du Professeur Guillaume de Stexhe

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    Cueilli sur "facebook" :

    Universités, universitaires : réalités, défis et conneries

    Hier, j’ai donné à Saint Louis mon dernier cours de l’année – merci aux students de ce merveilleux auditoire pour leur bienveillance et leur intérêt ! Ce sera peut être aussi le dernier cours de ma carrière – même si je reste impliqué dans les projets pour penser à l’université le religieux et les convictions ultimes, et dans les efforts pour en faire, à Bruxelles, une dimension d’échange plutôt que d’étrangèreté, de réflexion plus que d’identité, de créativité plus que de tradition.

    J'ai découvert Saint Louis grâce à Jean Ladrière, lorsque je cherchais du travail en 1981. Ardennais passé par Namur, Leuven et Paris d'où j'arrivais en stop parce que j' étais fauché, j'ai dû chercher dans le quartier de la gare du nord (si vous voyez ce que je veux dire) pour trouver Saint Louis, qui comptait alors environ 800 étudiants: le budget de la recherche tournait, si je me rappelle bien, autour de 50.000 € (en euros constants). On compte maintenant environ 4.000 étudiants, et le financement de la recherche avoisine 3 millions et demi d’euros, provenant presqu’entièrement de contrats extérieurs.

    Changement d’échelle et de configuration, donc; mais tout autant mutation socio-culturelle. Début des années 80, le public étudiant (et enseignant) provenait en grande majorité des bons collèges cathos bruxellois, avec la monoculture correspondante et une trajectoire automatique vers l’UCL (et retour). Aujourd’hui, le public étudiant est extraordinairement représentatif des diversités bruxelloises. Il reste une proportion significative de BBB ( bourgeoisie bruxelloise- BW), mais rejointe par des proportions tout aussi significatives d’étudiant-e-s issu-e-s des migrations et expatriations, en particulier du Maghreb et d’Afrique noire : entre Schaerbeek , Molenbeek, Schuman et Matongé, le rôle d’université de proximité dans la capitale de l'Europe a (heureusement) surpassé celui de pépinière clanique. Même si les statistiques « ethniques » sont interdites, on a de bonnes raisons de penser que Saint-Louis a le public étudiant culturellement le plus diversifié des universités belges, comme la plus forte proportion d’étudiants boursiers de la fédération Wallonie-Bruxelles. La culture catho y est devenue quasiment imperceptible au fil de la rapide dé-religiosation de la « vieille Europe » ( si bien que chez nous une prestigieuse tradition de travail théologique s’est presque éteinte). Un robuste et joyeux pluralisme culturel et convictionnel colore nos auditoires et la cafetaria du personnel, et la chapelle sert désormais bien plus à la prière des étudiant-e-s musulmanes qu’à celle des chrétiens. Pour autant, pas plus qu’ailleurs on ne peut parler d’une démocratisation de l’université, puisque les taux de réussite restent dramatiquement tributaires de l’origine sociale.

    Le volume du personnel a explosé plus encore que celui des étudiants, à cause du développement de la recherche et des multiples services que demande la complexification du contexte universitaire. En temps pleins: 72 académiques, 66 assistants, 47 chercheurs, 75 administratifs. De la même façon que les étudiants poursuivent désormais leurs études à l’ULB aussi facilement qu’à l’UCL, chercheurs et enseignants circulent d’une institution à l’autre – ce qui fait de Saint Louis un milieu de travail bien plus pluraliste que celui de ses grandes sœurs. Et les collaborations avec l’ULB se sont multipliées : par exemple, en faculté de lettres, nos étudiants suivent deux cours à l’ULB, et ceux de l’ULB deux cours chez nous.

    C’est sur cette toile de fond qu’il faut interpréter les mouvements en cours. Ce soir, l’AG élue de notre ASBL (car Saint Louis est une ASBL totalement autonome et indépendante) va peut-être (le suspense est réel) décider ou non de fusionner avec l’UCL. Comme on le sait, un précédent processus de fusion, alors fortement poussé par les pouvoirs publics, a échoué in extremis il y a quelques années. Aujourd’hui, pourquoi remettre le couvert ? Je me décide à en parler parce qu’après la décision de ce soir on va voir enfler la masse des commentaires construits sur une ignorance à peu près complète des réalités et des enjeux, et sur une vision de fossiles qui réduit tout à des rivalités idéologiques ou institutionnelles.

    Ce qui a poussé l’équipe rectorale en place à engager une négociation en vue d’une fusion, et qui a poussé deux tiers du personnel à accepter cette perspective, presque toujours en hésitant beaucoup, n’a rien à voir une stratégie de renforcement du pilier catho ; c’est uniquement le changement des paramètres de la vie universitaire, redoublé par le changement de taille de notre université. A ma façon, je soulignerais trois aspects de ce changement de paramètres.

    D’abord, l’internationalisation extrêmement rapide du monde universitaire : enseignants, étudiants, chercheurs, projets et crédits circulent désormais d’un bout à l’autre de l’Europe et du monde. Comment faire pour les attirer ou les retenir si l’on n’apparaît même pas dans les classements internationaux ? Deux exemples : la valeur d’un doctorat, ou d’une recherche sont d’abord, dans les commissions de nomination, liés à la réputation de l’université où ils ont été poursuivis. Comment attirer de jeunes chercheurs brillants en sachant que, quels que soit leur valeur réelle, le diplôme d’une petite institution inconnue les handicapera ? Autre exemple : à Bruxelles, comment une faculté d’interprétariat (l’ex-Marie Haps, intégrée à St Louis) peut-elle se passer de collaborations avec la Chine pour l’échange d’étudiants ? Mais le gouvernement chinois ne connaît et ne reconnaît pas notre micro-université. Alors, la faculté d’interprétariat étouffe…

    Second élément : la complexification des fonctions d’administration, de gestion, de soutien à la recherche et à l’enseignement. Un ensemble infini d’exigences règlementaires et de dispositifs institutionnels obligent à disposer de compétences nombreuses et pointues pour assurer les tâches qui permettent à l’université de tourner. Une petite institution n’a pas la taille nécessaire pour s’assurer ces compétences. Alors on surcharge tout le monde, et on ne trouve plus de suicidaires pour assumer ces tâches surhumaines que sont les fonctions principales.

    Troisième élément : l’évolution du paysage de l’enseignement supérieur. On voit bien que tout bouge, que tout s’organise désormais à l’échelle du grand réseau unique de l’enseignement supérieur (chapeauté par l’Ares). Il est probable que le supérieur non universitaire et l’universitaire vont s’intégrer de plus en plus. Dans ce contexte, à Bruxelles, qui voudrait se lier à Saint Louis ? Ce sera soit à l’ULB, soit à l’UCL. Et St Louis resterait isolé, sans le jeu des passerelles, programmes partagés, etc, qui le garderaient dans le jeu.

    Voilà trois mutations – internationalisations, complexification, réorganisation d’ensemble – qui peuvent justifier, pour une petite unif en pleine santé, de se lier à une autre qui a plus de renom, de moyens, d’atouts. Mais cela ne construit pas une évidence. Le prix à payer serait lourd : perte d’autonomie dans les choix stratégiques et les nominations, alourdissement par l’intégration à de grandes administrations, désinvestissement de certains qui préféreraient le siège central au campus satellite… Il y a beaucoup de bonnes raisons de préférer le statu quo.

    Et une dernière, capitale : éviter de ressusciter la vieille logique clanique des « piliers ». Soyons plats: s'unir à l'ULB serait suicidaire, parce que nous sommes directement concurrents: nous faisons les mêmes choses sur le même terrain: en nous intégrant, quel intérêt aurait l'ULB à ce que nous nous développions ? Et, il faut le reconnaître, il reste un vigoureux mépris anti-calottins du côté du Sollbosch. Mais si Saint Louis se lie à l’UCL, nos liens multiples avec l’ULB, notre précieux pluralisme interne vont en souffrir, au moins pour un temps. Et cela ne concerne pas que nous, mais l’ambiance sociale globale. En ce sens, il est dommage que n’ait pu se construire un projet praticable et efficace autre que de fusion avec l’UCL : le plan d’adossement proposé par l’ULB n’a paru à personne à St Louis (pas même aux nombreux anciens de l’ULB travaillant à St Louis) rencontrer les raisons qui justifieraient un changement de statut.

    Mais j’ai du mal à comprendre, sauf si on réagit avec son cerveau reptilien et sa moëlle épinière plutôt qu’avec son préfrontal, pourquoi l’éventuelle fusion de Saint Louis avec l’UCL suscite, de la part de certains à l’ULB, une rage vengeresse. Sans le comprendre, je constate que certains se situent d’abord et avant tout dans un jeu d’identités rivales, d’identités fossiles au surplus, et qui prime pour eux sur toute autre réalité. Comme si nous ne faisions pas tous le même métier, et de la même façon, et avec les mêmes idéaux ! Je vois aussi qu’au nom d’un refus du jeu des piliers, certains luttent simplement contre tout renforcement de ce qu’ils considèrent comme un pilier rival du leur – en employant toutes les menaces possibles : rupture de toutes les collaborations, etc. Et je peux comprendre, enfin – oui, le cerveau reptilien …- que la pluralité des institutions soit vécue par certains comme un concours de taille de zizis et une concurrence commerciale : le monopole ou la mort !

    Mais, si on peut constater et comprendre, on ne peut accepter que des universitaires se désintéressent à ce point des missions de l’université pour cultiver des fantasmes identitaires et des prés carrés commerciaux. Parce qu’enfin : en quoi une fusion St Louis/UCL nuirait-elle à l’ULB ? St Louis continuerait à faire demain, dans l’enseignement, ce qu’il fait aujourd’hui, ni plus, ni moins (j’espère !), simplement peut-être un peu mieux, plus aisément. En quoi y aurait-il là aggravation de concurrence ? Je pose cette question que certains trouveront stupide – parce que j’attends une réponse sérieuse, autre que le primaire : « si l’adversaire gagne quelque chose, alors forcément j’y perds ». Et surtout, surtout, comment des universitaires bruxellois peuvent-ils redouter qu’une petite université bruxelloise de proximité assure mieux demain qu’aujourdhui sa tâche d’université de proximité ? Y aurait-il trop d’étudiants universitaires parmi les jeunes bruxellois d’aujourd’hui ? L’offre, les moyens, les dispositifs créatifs de formation à Bruxelles seraient-ils en surplus ? Y a-t-il trop de jeunes bruxellois qui accèdent à l’université ? Y a-t-il trop de programmes de formation continue, trop de travaux de recherche sur les problématiques régionales, trop de liens entre l’universitaire, le non universitaire et les mouvements associatifs ? Ces questions-là, oui, elles sont honorables. Les concours de taille de zizi institutionnel, les marquages de territoire de chasse, les guerres d’identité, ne le sont pas.

    Si (on le saura dans deux heures) Saint Louis décide de s’unir à l’UCL, il faudra essayer de déjouer les pièges que perçoivent bien les opposants à cette perspective. C’est un pari risqué. Et il faudra, sans attendre que l’orage commandé d’en haut se soit calmé, nourrir et renforcer les innombrables liens d’amitié, de collaboration, d’idéal, qui font des acteurs de Saint Louis et de l’ULB des partenaires au service de ce qui compte bien plus que leurs petits intérêts.

  • Les étranges paroles du pape à Fatima

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    Vendredi soir, à Fatima, avant la récitation du chapelet, le pape a tenu ces propos qui ne manquent pas d'intriguer :

    ... chaque fois que nous récitons le Rosaire, en ce lieu béni ou en n’importe quel autre lieu, l’Évangile reprend sa route dans la vie de chacun, dans la vie des familles, des peuples et du monde. Pèlerins avec Marie… Quelle Marie ? Une Maîtresse de vie spirituelle, la première qui a suivi le Christ sur la “voie étroite” de la croix, nous donnant l’exemple, ou au contraire une Dame “inaccessible” et donc inimitable ? La “Bienheureuse pour avoir cru” toujours et en toutes circonstances aux paroles divines (cf. Lc 1, 42.45), ou au contraire une “image pieuse” à laquelle on a recours pour recevoir des faveurs à bas coût ? La Vierge Marie de l’Évangile, vénérée par l’Église priante, ou au contraire une Marie affublée d’une sensibilité subjective qu’on voit tenir ferme le bras justicier de Dieu prêt à punir : une Marie meilleure que le Christ, vu comme un juge impitoyable ; plus miséricordieuse que l’Agneau immolé pour nous ?

    Lorsque le pape se demande "Quelle Marie?" et évoque "une Dame inaccessible et inimitable", ou une "image pieuse prodiguant des faveurs à bas coût", ou encore une "Marie affublée d'une sensibilité subjective retenant le bras justicier de Dieu", on peut s'interroger sur la cible visée. Certains y voient des allusions claires au message de Fatima lui-même évoquant de possibles châtiments et insistant sur la pénitence et la conversion, message que le pape actuel est peu enclin à relayer. De même, cette fameuse consécration de la Russie et du monde au Coeur immaculé de Marie demandée expressément a-t-elle jamais été faite ? Peut-on reconnaître, dans la prière du pape, le 13 octobre 2013, une formule de consécration satisfaisante ? Les affirmations péremptoires du cardinal Parolin à Fatima vendredi soir assurant que "Le peuple, les Évêques, le Pape ne sont pas restés sourds aux demandes de la Mère de Dieu et des hommes : le monde entier lui a été consacré" dissipent-elles les doutes légitimes de ceux qui affirment qu'une consécration solennelle faite par le pape en communion avec tous les évêques du monde n'a jamais été formellement accomplie ?

  • ONE OF US va défendre la démocratie participative via sa super pétition (1,9 millions de signatures)

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    La Fédération européenne ONE OF US/UN DE NOUS annonce que la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) tiendra audience mardi prochain le 16 mai 2017 à Luxembourg, face à un collège élargi de juges. Il s’agit de trancher si la Commission européenne a eu tort en mai 2014 de refuser de transmettre la proposition législative issue de l’initiative citoyenne européenne UN DE NOUS au Parlement européen pour débat.

    L’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) UN DE NOUS a été l’une des rares initiatives sorties victorieuses de la récolte de signatures depuis que le mécanisme d’ICE a été lancé en 2012. Avec plus de 1,7 million de signatures certifiées (1,9 million récoltées), UN DE NOUS a été l’ICE ayant rassemblé le plus de signatures dans l’histoire de l’Union européenne. L’ICE UN DE NOUS demandait de stopper les financements des programmes détruisant des embryons humains.

    Le mécanisme d’ICE est une sorte de super pétition officielle qui permet aux citoyens européens (quand ils rassemblent au minimum 1 million de signatures) de proposer un texte législatif. Il a été introduit par le traité de Lisbonne afin de lutter contre le déficit démocratique de l’Union européenne. Cet outil de participation démocratique directe des citoyens européens aux politiques de l’Union européenne a pour objectif affiché de rapprocher les citoyens de l’Union européenne.

    Le refus de la Commission européenne de transmettre au Parlement européen la proposition UN DE NOUS est d’autant plus scandaleux que la crise du processus d’intégration européenne s’aggrave depuis des années. Cette crise est due au désenchantement grandissant des citoyens qui réclament un retour aux valeurs fondatrices de l’Europe, en premier lieu le respect de la dignité humaine.

    Le refus de la Commission de donner suite à l’ICE ayant connu le plus grand succès de l’histoire de l’UE a réduit à néant la légitimité du mécanisme d’ICE. Le Président du Comité Citoyen UN DE NOUS, Grégor Puppinck dénonce :

    « Il s’agit de protéger le mécanisme d’ICE d’une discrimination bureaucratique qui anéantie les efforts des citoyens européens désireux de proposer un texte législatif qui compte à leurs yeux, quand bien même cette proposition législative ne plairait pas à la Commission européenne. »

    Cette décision historique de la CJCE déterminera si le mécanisme d’ICE est effectivement un instrument de participation démocratique citoyenne ou bien une imposture.

  • Quand le pape prolonge le ministère de l'évêque de Coire au grand dam des progressistes du cru

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    Lu sur le blogue de Dominique de la Barre :

    Pendant ce temps-là, à Coire

    Ce qui surprend la Ligne Claire cependant c’est la réaction de tous ceux qui espéraient du pape François un changement d’orientation au sein du diocèse de Coire et qui sont donc déçus de la prolongation du mandat de Mgr Huonder.

    Ainsi, on peut entendre dans la bouche de Mme Simone Curau-Aepli, une représentante de la Ligue Suisse Femmes Catholiques (SKF) au sein de l’Alliance « Es Reicht », un collectif opposé à Mgr Huonder les mots suivants : « Le pape François n’est clairement pas au courant de la situation du diocèse de Coire ». La Ligne Claire s’étonne, disons au mieux, de la naïveté qui consiste à écarter la possibilité, même au titre de simple hypothèse de travail, que le pape puisse avoir une autre opinion, par exemple qu’il apprécie le travail de Mgr Huonder, qu’il ait des réserves face au système dual en vigueur en Suisse alémanique ou que, s’il souhaite octroyer un plus grand rôle aux femmes au sein de l’Eglise, il n’entend pas autoriser leur ordination, comme le réclame la SKF. Le pape a pris une autre décision que celle que j’aurais voulu moi qu’il prenne ? C’est qu’il est forcément mal informé. Ben voyons, wenn der Führer nur wüsste.

    L’Alliance Es Reicht avait procédé l’an dernier à une pétition en ligne exigeant non pas la nomination d’un nouvel évêque mais celle d’un administrateur apostolique jusqu’à ce que la situation dans ce diocèse « polarisé » soit « apaisée ». De l’avis de La Ligne Claire, mal lui en a pris car s’il y une chose que le pape François n’aime pas c’est qu’on tente de lui forcer la main. Qu’on songe à la tentative de François Hollande de nommer un ambassadeur homosexuel auprès du Saint-Siège ou aux pressions exercées sur le pape pour révoquer Mgr Barros, évêque d’Osorno au Chili ; dans le premier cas M. Hollande a en définitive été contraint de retirer son candidat tandis que dans le deuxième Mgr Barros est toujours en place.

    Le pape François exerce ses prérogatives de manière résolue et indépendante, solitaire même dirons certains. S’il n’hésite pas à demander la démission d’un évêque lorsque des circonstances graves l’exigent, il sait aussi leur prodiguer son appui, par exemple au cardinal Barbarin, archevêque de Lyon. Evêque de Rome, il n’entend pas se substituer aux évêques locaux dans la gouvernance de leur diocèse. Et puis il y a cette foi catholique qui se professe en communion avec le pape et les évêques, et qui exclut qu’on tente de manipuler le premier en vue de destituer les seconds.

  • Lefébvristes: Rome, c’est encore loin ?

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    Sous peine de finir comme Port-Royal et les Jansénistes au XVIIIe siècle, la Fraternité Saint-Pie X  et les Lefébvristes conscients savent qu’ils doivent trouver l’accord avec Rome. Mais rien n’est simple : quarante ans de controverses les séparent. De Marie Malzac dans le journal « La Croix »:

    « Alors que la Fraternité Saint-Pie-X semble ne jamais avoir été aussi proche d’une réintégration dans le giron romain, les tensions en son sein entre partisans et adversaires du ralliement se font de plus en plus vives.

    Début avril, le pape François décidait de rendre publique la reconnaissance de la légitimité des mariages « de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité (Saint-Pie-X, NDLR) ». Ce geste, considéré comme un nouveau pas en direction d’un rapprochement, avait suscité des remous chez les lefebvristes.

    Ainsi, tandis qu’un accord entre Rome et les héritiers de Mgr Marcel Lefebvre, trente ans après son excommunication, semble à portée de main, le processus plonge la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) dans une importante crise entre les membres favorables à une réintégration dans le giron romain et ceux qui s’y opposent.

    À LIRE : Rome va reconnaître les mariages de la Fraternité Saint-Pie-X

    En réaction à la décision pontificale sur les mariages, plutôt bien accueillie par les responsables de la Fraternité, plusieurs prêtres du district de France ont rédigé et publié le 7 mai une lettre à l’intention des fidèles, exposant leurs doutes et critiquant la position de la Maison générale. Parmi eux, l’abbé Patrick de La Rocque, « curé » de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, emblématique église du centre de Paris occupée depuis 1977 par les traditionalistes.

    Un procédé « inacceptable » et « subversif »

    « Qu’il nous soit permis d’exprimer notre grand étonnement au sujet de cette décision romaine et de l’écho qu’elle a reçu, écrivent ces prêtres.La prélature personnelle que l’on fait miroiter à la FSSPX était censée nous reconnaître tels que nous sommes, et nous garder dans l’indépendance à l’endroit des ordinaires du lieu. Or les premières décisions prises consistent à soumettre injustement nos mariages à ces ordinaires, avant de conditionner demain l’ouverture de nos nouvelles Maisons à leur approbation. »

    À LIRE : Pour Rome, un accord en vue avec la Fraternité Saint-Pie-X

    Du côté de la hiérarchie lefebvriste, la réponse ne s’est pas fait attendre. Par un courrier daté du même jour, le supérieur du district de France, l’abbé Christian Bouchacourt, a dénoncé un procédé « inacceptable » parce que « subversif ». Trois jours plus tard, il a annoncé avoir relevé de ses fonctions l’abbé de La Roque ainsi que les doyens signataires du courrier incriminé.

    Une politique d’ouverture « minoritaire »

    Cette mise à l’écart s’inscrit dans le cadre plus général de divergences profondes au sein de la Fraternité. Ancien de la FSSPX revenu dans le giron romain, l’abbé Guillaume de Tanoüarn voit un intérêt personnel, pour le supérieur de la Fraternité, à conclure rapidement un accord. Le prélat suisse arrivera en 2018 au terme d’un deuxième mandat de douze ans, or « sa politique d’ouverture à Rome est minoritaire » au sein de la FSSPX, a-t-il indiqué à l’AFP. « Il n’est pas sûr d’être réélu. Si on lui érige une prélature, il sera prélat à vie. C’est une forme de coup d’État qui ne dit pas son nom. »

    La reconnaissance canonique actuellement discutée à Rome pourrait prendre la forme d’une « prélature personnelle », qui ferait dépendre la FSSPX directement du pape, hors du contrôle des évêques. Certains évoquent la date du 13 mai, jour des apparitions de Fatima, à laquelle les traditionalistes sont particulièrement attachés, pour qu’elle soit officiellement annoncée, mais aucun calendrier n’a pour le moment été précisé, ni par le Vatican, ni par la Fraternité. » 

    Ref. En France, la FSSPX relève de leurs fonctions les prêtres résistants au rapprochement avec Rome

    Le dialogue avec un pape peu regardant sur les questions doctrinales sera-t-il la chance paradoxale d’un mouvement qui leur accorde beaucoup d’importance ? Vous avez dit bizarre…

    JPSC