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Débats

  • L'UCL et Stéphane Mercier : une affaire qui ne peut demeurer en l’état

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    De Pierre-Olivier Arduin sur le blog Domini, blog officiel de la Famille Missionnaire de Notre-Dame :

    La mission d’une université catholique ? Le service de la vérité dans le respect de la doctrine catholique !

    Un professeur sanctionné à l’Université catholique de Louvain pour avoir critiqué l’avortement : une injustice insupportable

    Par Pierre-Olivier Arduin

    Membre des Foyers amis de Notre-Dame.

    Titulaire d’un doctorat canonique de philosophie de l’Université catholique de Lyon

    Le 25 mars 2017, jour anniversaire de la publication d’Evangelium vitae sur l’inviolabilité de la vie humaine par saint Jean-Paul II le 25 mars 1995, les autorités académiques de l’Université catholique de Louvain (UCL) suspendaient le cours de philosophie du professeur Stéphane Mercier en raison de sa prise de position contre l’avortement lors d’une leçon donnée devant des étudiants du baccalauréat canonique à la faculté des sciences appliquées. En conformité avec le cahier de charge du cours de philosophie centré sur la question de l’homme, le professeur a en effet proposé à ses élèves une argumentation philosophique et éthique montrant que l’embryon humain est une personne dès la conception et concluant dès lors que l’avortement constituait un meurtre en mettant fin à la vie d’une personne.

    Pour justifier leur décision, les autorités de l’UCL avancent dans un communiqué publié le 21 mars que « le droit à l’avortement est inscrit dans le droit belge et la note dont l’UCL a eu connaissance est en contradiction avec les valeurs portées par l’université. Le fait de véhiculer des positions contraires à ces valeurs dans le cadre d’un enseignement est inacceptable ».

    Après la suspension du professeur Mercier, une procédure disciplinaire a été par ailleurs diligentée en vue d’autres sanctions à son égard. Cette décision qui émane des plus hautes autorités universitaires de Louvain constitue une injustice insupportable à plus d’un titre. Aussi souhaiterais-je m’élever fermement contre elle en montrant que ce jugement inique menace certes la liberté d’enseignement mais contredit gravement la législation canonique qui régit les Universités catholiques.

    Une liberté académique entravée

    Des intellectuels belges ont contesté ce jugement, y voyant une menace contre la « liberté académique et d’expression » à l’instar des professeurs Jean Bricmont et Michel Ghins, professeurs émérites de l’UCL dont le premier se dit athée et pro-choix tandis que le second se définit comme catholique et pro-vie[1]. « Y a-t-il des sujets qui ne peuvent pas être discutés dans un cours de philosophie à l’Université ? Notre réponse est clairement : non. Tous les sujets peuvent être abordés, pourvu qu’ils le soient en conformité avec la rigueur et l’excellence académiques, tout en éveillant l’esprit critique des étudiants ». Ils ajoutent dans leur tribune qu’ « il est pour le moins surprenant de constater l’émergence à l’UCL d’une sorte de néo-cléricalisme de la bienpensance politiquement correcte, d’une forme de nouvelle police de la pensée qui frapperait les positions minoritaires lorsqu’elles sont prises à partie par les médias et qu’elles sont susceptibles de heurter une majorité de l’opinion. L’Université doit rester un lieu de pensée libre et de débats ouverts ». Je partage bien évidemment cette analyse mais voudrais développer un point fondamental à verser au dossier de la défense du professeur Stéphane Mercier : le statut de l’Université catholique de Louvain qui aurait dû conduire à la protection de sa mission au service de la vérité par les dirigeants eux-mêmes.

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  • Bonny soit qui mal y pense

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    Lu sur le site  « 7 sur 7 »:

    « L'Eglise catholique belge présente ses excuses aux enfants métis issus de la colonisation pour la manière dont ils ont été traités par les ordres et les institutions catholiques, a indiqué mardi l'évêque d'Anvers Johann Bonny lors d'un colloque au Sénat sur la question métisse.

    Au Congo, au Rwanda et au Burundi, de nombreux enfants sont nés d'une union entre un homme blanc et une femme africaine. A l'époque coloniale, les blancs et les noirs vivaient de manière séparée et ces enfants perturbaient donc l'ordre social établi. Bon nombre d'entre eux n'étaient pas reconnus par leur père et furent envoyés dans des institutions religieuses pour recevoir une éducation, notamment au pensionnat des Soeurs à Save au Rwanda.

    Enfants exilés

    A la fin des années 50, alors que l'indépendance approchait, des centaines d'enfants métis ont également été envoyés en Belgique, sans le consentement écrit de leurs mères. Ils ont ensuite été confiés à des familles d'accueil ou d'adoption. Ils grandirent en Belgique, tout en étant considérés comme des étrangers et en perdant contact avec leurs familles en Afrique.

    Combat pour une reconnaissance

    L'association Métis de Belgique appelle l'Etat belge à reconnaître les enlèvements forcés et la discrimination ciblée dont ont été victimes les enfants métis. Le colloque organisé au Sénat devait permettre de donner une caution scientifique à une résolution sur la question métisse, susceptible d'être déposée ultérieurement au Sénat et à la Chambre des représentants.

    Documentation

    Les évêques ont appelé les institutions catholiques de Belgique, d'Afrique et de Rome à mettre toute documentation en leur possession sur les métis à disposition, afin de permettre à ces personnes de retrouver des parents en Afrique. »

    Ref. L'Eglise belge présente ses excuses aux métis

    Le souci d’intégration des métis dans la société coloniale belge date au moins de la fin des années 1940. Il en était notamment ainsi des établissements scolaires à dominante  européenne où ils étaient admis sans aucune trace de discrimination. La culture du parent européen était, dans l’esprit du temps, considérée comme valorisante pour l’enfant,  qu’il soit ou non issu d’une relation adultérine.

    Qu’à la veille d’une indépendance anarchique, brutale et sanglante,  il se soit soucié de régler le cas de son petit mulâtre pris entre deux mondes, est tout à fait à l’honneur du parent belge, a fortiori si l’enfant n’était pas reconnu. Savoir si le degré d’émancipation sociale de la femme indigène à l’époque garantissait le plein consentement « écrit » (sic)  de la mère est une question un peu anachronique.

    JPSC

  • Curés et fabriciens vont-ils devoir prêter serment devant leurs bourgmestres ?

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    Lu sur Le Soir de ce jour (26/4) (p. 4) (via la Revue de presse succincte de l'Archevêché):

    Les prêtres aussi devront prêter serment devant le bourgmestre 

    Le décret « Cultes » veut lutter contre l’islam radical, mais les obligations vaudront pour tous les cultes . … Un des dispositifs envisagés suscite toutefois un certain émoi dans la communauté catholique. Il figure à l’article 10 du texte du gouvernement qui fixe les obligations pour les organes qui gèrent les cultes reconnus, et donc en l’espèce, les fabriques d’église. En voici l’essentiel : « Pour les membres des organes de gestion dont le ou les ministres du culte, (obligation de) prêter serment, entre les mains (…) du bourgmestre de la commune sur le territoire de laquelle est implanté le lieu affecté principalement à l’exercice du culte. » Ce serment portera sur le respect de la Constitution, de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et l’ensemble des législations existantes. Mais il prévoit aussi l’obligation « de ne pas collaborer à des actes contraires » aux textes précités et de « déployer les efforts nécessaires à ce que la communauté cultuelle locale, en ce compris l’ensemble de ses membres, ne soit pas associée à des propos ou à des actes contraires à ces textes. » … Il faut dire que des élus du CDH remuent ciel et terre pour dénoncer une mesure qu’ils considèrent comme inutile voire vexatoire et qui va à l’encontre de siècles de tradition. Parmi eux, le député CDH Josy Arens a pris son bâton de pèlerin pour alerter les différents diocèses wallons : « Nous ne remettons pas en cause le nécessaire encadrement des cultes à l’époque où nous vivons, explique-t-il. Mais un tel formalisme est excessif et va décourager les citoyens qui s’investissent dans les fabriques d’église. »
     
    Réaction : « Et la liberté de parole ? »

    Olivier Fröhlich, vicaire général du diocèse de Tournai :

    « Nous avons surtout l’impression que les pouvoirs publics veulent mettre la main sur les cultes et empêcher toute autonomie. Pourquoi ce serment alors que tout Belge est supposé respecter la loi, les prêtres et les fabriciens comme les autres ? … Propager la haine, c’est inacceptable. Mais nous voulons conserver notre liberté de parole dans les débats de société où l’église catholique doit pouvoir faire entendre sa voix. Je note au passage une absurdité dans ce texte : il est question d’imposer ce serment aux membres des fabriques d’église, mais le contenu des discours n’est pas de leur compétence. Pourquoi prêteraient-ils serment alors qu’ils gèrent les finances et le patrimoine immobilier ? »

    Raphaël Collinet, Vicaire épiscopal (Liège) :

    « Il est certain que l’autonomie des cultes implique une liberté de ton, de propos et d’attitude face à l’agir politique et gouvernemental. L’autonomie des cultes fait qu’ils doivent parfois pouvoir s’opposer aux lois existantes, aux lois sociétales. Chaque Eglise, chaque chrétien, pour rester lui-même, ne peut s’aligner purement et simplement sur les décisions d’une majorité parlementaire ! Une religion qui serait simplement adaptée à ce que souhaite le gouvernement ne serait plus ni respectable, ni respectée. Elle perdrait sa raison d’être. La séparation de l’Eglise et de l’Etat implique comme corollaire la séparation de l’Etat et de l’Eglise. Derrière les portes et en chuchotant, on entend dire que ce qui est visé ici c’est le culte islamique mais que par motif d’équité, on est obligé d’appliquer cette législation à tous les autres cultes même s’ils sont complètement indemnes de radicalisme. Mais quelle est cette équité nouvelle ? Ce qui est visé dans ce projet, mais ce qui n’est jamais nommé - bien-pensance oblige - c’est l’Islam et la radicalisation de "certaines" mosquées. C’est un problème particulier qui nécessite une réponse particulière et adaptée. »

  • Enseignement : la mixité a créé de sérieux problèmes

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    Cette opinion de Marthe Mahieu, publiée en mars dernier sur le site de la Libre, nous avait échappé. Nous la retrouvons sur didoc.be et la reprenons à notre tour :

    La mixité des genres à l’école ne va pas de soi

    Une ancienne directrice d’école s’interroge sur la mixité dans l’enseignement. Elle a publié un article d’opinion sur le sujet dans La Libre Belgique du 20-3-17.

    Personne ne s’en étonne : voilà 40 ans que la mixité a été décrétée et mise en œuvre à l’école, et aucune évaluation de ses effets, aucune formation des enseignants à ce changement pourtant majeur n’ont été organisées. La mixité scolaire apparaît comme une évidence, un signe incontestable de « progrès ». Au départ, pourtant, il y a une entourloupe. Même si l’idéologie égalitaire des années 70 l’a favorisée et l’a officiellement justifiée, les vraies raisons en étaient principalement budgétaires : mixer les filles et les garçons au secondaire permettait de faire de sérieuses économies d’échelle, en un temps où les restrictions devenaient nécessaires. Il n’y a pas eu qu’une hypocrisie de la part du gouvernement, il y a eu aussi une grande illusion, partagée par la plupart des acteurs  en mettant tout le monde ensemble, dans les mêmes locaux et avec les mêmes profs, on créerait automatiquement l’égalité des sexes (qu’on n’appelait pas encore « genre »). La réalité du terrain, si on se donne la peine de l’observer attentivement, montre un tableau différent. L’erreur a été de ne pas voir qu’enseigner et faire vivre ensemble des filles et des garçons, surtout au début de l’adolescence, exigeait pour porter les fruits attendus, toute une éducation. Dans le réseau libre, on a d’ailleurs appelé cette réforme « co-éducation ». Mais si on a gardé le « co », on a oublié l’éducation.

    Toujours tabou

    La mixité n’a pas été un mal, mais elle a créé, particulièrement au premier degré du secondaire, entre 11 et 14 ans, de sérieux problèmes que personne ne semble vouloir prendre en compte, tant un changement en ce domaine paraît impensable. Il suffit de soulever la question dans un groupe d’enseignants — de quelque réseau que ce soit — pour se voir aussitôt regardé avec méfiance, soupçonné de ringardise, de catholicisme conservateur, si ce n’est pas de complicité avec l’intégrisme musulman… Or, quarante ans d’observation des élèves m’ont conduite à la conviction qu’à cet âge de bouleversement hormonal, si le mélange des genres dans une même école peut être bénéfique, à condition d’être l’objet de règles strictes et d’une éducation à la spécificité de l’autre, au respect de son évolution propre, la mixité en classe et durant toutes les heures de cours peut être source d’obstacles à l’apprentissage, de diminution de la liberté et même de grandes souffrances, tant pour les filles que pour les garçons. Surtout à notre époque où la « médiasphère » (Internet et réseaux sociaux) exacerbe la dimension sexuelle des relations humaines, et pas souvent pour le meilleur.

    Les problèmes

    La féminisation massive du métier d’enseignant constitue aussi une difficulté supplémentaire, encore une fois parce qu’aucune formation à la gestion de la mixité n’est organisée. Il faut accepter d’abord le postulat que la pente naturelle des humains les pousse à la domination des forts sur les faibles. Seule l’éducation permet de dépasser cette tendance et d’installer le respect, le souci des plus faibles, la priorité du bien commun. C’est un long travail ! Or, à la prime adolescence, les jeunes cherchent leur identité, testent leur pouvoir de séduction, doutent souvent d’eux-mêmes…

    Décrivons quelques problèmes — parmi d’autres — que soulève la mixité scolaire à cet âge :

    • Le souci aigu de son look, de son image, est exacerbé par le regard permanent du « sexe opposé ». Les garçons qui restent petits, dont la voix ne mue pas, les filles dont les seins ne poussent pas, et tous les petits défauts physiques et maladresses corporelles qui sont fréquents à cet âge deviennent des souffrances, des drames, vécus sans répit tout au long du jour.
    • Les excitations sexuelles compulsives, mal contrôlées souvent par les garçons, que le corps des filles peut obséder à cet âge, distraient de l’apprentissage. Un garçon de seconde qui avait complètement raté son examen de maths en juin, m’a confié qu’il n’avait pu s’empêcher de regarder les seins de sa voisine de banc, qui portait un T-shirt à bretelles un peu lâche : cela avait complètement empêché sa concentration…
    • Le rythme très variable de développement des corps des élèves entraîne des différences de comportement, de caractère, une hétérogénéité qui s’ajoute pour les enseignants aux différences de culture, de niveau socio-économique, de langue maternelle. Seulement, ces différences-là font l’objet de réflexions, de formations, on propose des méthodes et même des avantages matériels pour y faire face. Côté mixité, c’est zéro.
    • Alors que les filles ont en moyenne de meilleurs résultats, les leaders de groupe sont presque toujours des garçons, avec, à défaut de performances scolaires, des actions plus ou moins spectaculaires… qui expliquent leur proportion massivement supérieure d’exclusion… Cela ne favorise pas l’émergence de leaders féminins. On se plaint ensuite de manquer de jeunes « entrepreneuses ».

    Possibles solutions?

    Alors, que proposer pour améliorer cette situation ? Le Pacte d’excellence n’en dit mot, mais il n’empêche pas non plus d’aborder le problème. Il faudrait commencer par un état des lieux : une recherche universitaire un peu approfondie, pourquoi pas une ou deux thèses de doctorat ? Cela ne coûte rien. Une étude complète commandée par le Ministère, comme on l’a fait au Canada, irait plus loin. Ensuite, favoriser des expériences de classes non-mixtes durant le nouveau tronc commun des 12-15 ans, avec évaluation à la clé. Les filles et les garçons se côtoieraient durant les récréations, et pourquoi pas dans certaines activités comme le théâtre, les sorties extra-scolaires ? Mais ils seraient entre eux en classe, pour les apprentissages de base… Et surtout, intégrer dans la formation des enseignants une réflexion et des outils sur la gestion de cette différence qui reste fondamentale, et qui ne met pas en question l’égalité des genres.

    L’éducation spécifique à la fréquentation et à la reconnaissance de l’autre sexe devrait commencer en maternelle. Mais j’ai vu souvent que reconnaître que sous le mot générique « élèves » se retrouvent deux espèces différentes est perçu comme une entorse à l’égalité ! La grande erreur est de confondre l’égalité avec le gommage des identités propres. Erreur funeste en des tas de domaines, et qui a conduit quelquefois au contraire du but recherché : une sorte d’exacerbation sauvage des identités niées, entraînant de nouvelles oppressions.

    Marthe Mahieu est une ancienne directrice d'école secondaire. Cet article a été publié le 20-3-17 dans La Libre Belgique. Source : http://www.lalibre.be/debats/opinions/la-mixite-des-genres-a-l-ecole-ne-va-pas-de-soi-opinion-58cea70ccd705cd98e0a34d0.

  • Belgique : les Frères de la Charité veulent autoriser l'euthanasie dans leurs institutions

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    Lue sur le site du quotidien De Standaard (notre traduction), une information troublante qui ne manquera pas, espérons-le, de susciter une réaction de la part des évêques belges :

    Les Frères de la Charité veulent autoriser l'euthanasie

    Le conseil d'administration du groupe belge des Frères de la Charité a décidé que l'euthanasie dans ses centres psychiatriques serait possible, même pour ceux qui ne sont pas en phase terminale.

    C'est le magazine chrétien Tertio qui rapporte cette nouvelle significative dans son édition de mercredi prochain.

    Jusqu'ici, les Frères de la Charité ont refusé de pratiquer l'euthanasie dans toutes leurs institutions de par le monde, mais il y a donc à présent un changement dans notre pays. C'est ce qui ressort d'une lettre émanant du conseil belge des Frères de la Charité adressée à toutes les directions et au corps médical des centres psychiatriques au sein du groupe.

    La lettre indique que le conseil a approuvé un texte "reflétant la vision du groupe des Frères de la Charité en Belgique sur la question importante et complexe de l'euthanasie pour souffrance psychologique dans une situation non-terminale."

    En outre, il déclare que « si elle répond à certaines exigences d'urgence, le médecin et le patient peuvent choisir le lieu où l'euthanasie sera effectuée en tenant compte du contexte, y compris de l'impact sur les autres patients. (...)

    Il est frappant de constater que la lettre se termine par l'affirmation selon laquelle le conseil général des Frères à Rome, dirigé par le Flamand René Stockman, rejette explicitement ce changement de cap. « Nous déplorons cette nouvelle vision, » a déclaré René Stockman ce matin sur Radio 1. « Nous partageons les mêmes préoccupations, mais pour en arriver à une décision différente. » Stockman est clair: il n'y a pas d'euthanasie pratiquée dans les murs de leurs institutions. « La ligne entre Rome et les Frères de la Charité en Belgique a été perturbée », conclut-il.

  • Qui déclenche les guerres ? La Civilta Cattolica ne rejoint pas les analyses du pape

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    De Sandro Magister, traduit sur l'excellent site diakonos.be :

    Qui déclenche les guerres. « La Civiltà Cattolica » contredit le pape

    Les véritables et seuls coupables de cette « guerre mondiale par morceaux » dénoncée sans arrêt le pape François ce sont – d’après lui – « ceux qui fabriquent et trafiquent des armes » et qui « font du profit avec le sang des hommes et des femmes ».

    Il s’agit d’une explication très matérialiste et économiste aux relents vaguement marxistes.  François l’a pourtant réitérée à de nombreuses reprises en l’appliquant également aux actes terroristes, encore dernièrement pendant la semaine sainte.

    Curieusement pourtant, la revue qui d’habitude reflète le plus sa pensée, « La Civiltà Cattolica » dirigée par le jésuite Antonio Spadaro qui est également son conseiller et son écrivain fantôme, a récemment publié un article remarquable sur les « conflits armés en Afrique » et surtout sur « l’échec des méthodes traditionnelles d’analyse » qui ignore complètement la fabrication et le trafic d’armes dans les causes de ces conflits et pointe au contraire des motivations très différentes.

    Dans la dizaine de pages que compte cet article, le mot « armes » n’apparaît d’ailleurs qu’une seule fois, de façon marginale et sans lien de cause à effet.

    L’auteur, Arsène Brice Bado, est un jésuite de Côte d’Ivoire qui a étudié à l’Université de Yale aux Etats-Unis et à l’Université de Laval au Canada et qui a réalisé des recherches sur le terrain dans plusieurs pays africains impliqués dans des conflits.

    La thèse de départ de son analyse c’est que « la difficulté de la communauté internationale à contribuer à mettre un terme aux conflits » en cours en Afrique découle en réalité de « la mauvaise compréhension » de l’un ou l’autre conflit, « de ses causes, de ses acteurs, de son évolution et des questions qui sont en jeu ».

    Et il écrit, au terme de son exposé: « Toutes les explications fournies ont dans le fond une part de vérité.  Toutefois, aucune d’entre elles ne parvient à rendre compte intégralement de la complexité des conflits armés qui éclatent dans le contexte africain.  D’où la nécessité de privilégier une approche holistique qui soit en mesure d’intégrer le mieux possible les différents aspects des conflits ».

    En outre, poursuit Brice Bado, un « élément supplémentaire de complexité » réside dans le fait que « les causes et les motivations initiales subissent des changements et se transforment au cours du conflit » comme cela s’est produit, par exemple, en République Centrafricaine que le Pape a visitée en 2015 et qui est secouée par « un conflit aux connotations interconfessionnelles avec l’émergence de nouveaux acteurs dont les ‘anti balaka » ou ‘milices chrétiennes' ».

    Pour réaliser une analyse « holistique et dynamique » des conflits – soutient l’auteur – il faut donc combiner « les causes structurelles, les facteurs amplificateurs et les éléments déclencheurs des conflits armés ».

    Parmi les « causes structurelles » et les éléments amplificateurs respectifs, Brice Bado pointe « aussi bien la position de l’Afrique dans le système international que la fragilité institutionnelle des Etats africains au niveau politique, économique, socio-démographique et environnemental ».

    Mes ces causes ne suffisent généralement pas:

    « Pour qu’un conflit finisse par éclater, il faut qu’il y ait des activistes capables de mettre idéologiquement en action l’état conflictuel latent à travers des événements que nous pourrions qualifier de ‘catalyseurs’.  Par exemple, au Niger un fait de violence de la part de l’armée contre trois anciens Touaregs a suffi a déchaîner une guerre civile entre les communautés Touareg d’une part et l’armée et le reste de la population nigérienne d’autre part, dans un conflit qui a duré de février 2007 à octobre 2009.  La révolte Touareg, née au Niger, a été à l’origine de la guerre civile du Nord du Mali en 2009.  Au Kenya, la guerre civile de 2007 a éclaté suite à un conflit sur le résultat des élections.  La même chose s’est passée en Côte d’Ivoire à l’occasion des élections de 2010.  Le cas de Mohamed Bouazizi en Tunisie est un autre exemple parlant: le suicide de ce vendeur ambulant a déchaîné une vague de protestations qui ont à leur tour contribué à déclencher le ‘printemps arabe’ de 2011 ».

    Pas un mot donc, sur le rôle ces « seigneurs des armes » comme moteurs des guerres africaines.  L’auteur de l’article reste également très prudent quant aux motivations économiques.  « La priorité des questions économiques ne fait actuellement pas consensus » chez les analystes, écrit-il.  Et de citer l’exemple du Libéria et de la Sierra Leone où le « commerce des diamants a surtout servi à financer la guerre et ne constituait en rien la cause initiale » et « ce constat vaut également pour la Côte d’Ivoire, la République Centrafricaine, l’Angola, le Mozambique, etc. ».  A la rigueur, poursuit Brice Bado, elles ont pu jouer un rôle ça et là dans l’éclatement de conflits civils autour du contrôle des ressources comme la terre et l’eau.

    Dans son dernier numéro « La Civiltà Cattolica » est revenue sur le génocide Rwandais dans un article d’un jésuite originaire de ce pays d’Afrique, le père Marcel Uniweza.

    Là non plus, on ne trouve aucune référence aux « seigneurs des armes » comme cause du massacre qui en à peine trois mois l’année 1994 a causé la mort de presque un million de tutsis et de hutus modérés massacrés pour des raisons de divisions ethniques.

    Et dans ce cas également les armes furent inutiles.  Les machettes et le feu ont suffi.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

  • Pour comprendre le pari perdu de François Fillon

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    De Samuel Pruvot sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Pourquoi François Fillon a perdu son pari

    Avec 20 % des suffrages, François Fillon n’a pas pu se qualifier pour le second tour de la présidentielle. Un véritable choc pour la droite qui doit en chercher les causes profondes.

    « Je serai au second tour.» François Fillon n’a pas été capable de tenir sa promesse téméraire. Jusqu’au bout pourtant, cet amateur de sport automobile a voulu croire au miracle de Jacky Ickx remportant les 24 Heures du Mans en déjouant tous les pronostics. Le candidat sarthois n’avait-il pas remporté haut la main la primaire de la droite contre tous les barons de son camp ?

    La disqualification est donc un vrai choc. « Sa défaite est le résultat d’un pari raté, explique Matthieu Chaigne, politologue auteur de ‘La France en face’ (Rocher). François Fillon pensait que son programme serait plus fort que les symboles. Mais son échec à la présidentielle démontre que sa faute morale, au lendemain du Pénélope Gate, a été perçue comme trop importante. Il a cru que les électeurs de droite finiraient par retourner au bercail parce qu’il incarnait un programme de rupture. » En réalité François Fillon a rassemblé le socle des militants LR mais pas au-delà.

    Comment expliquer cette élimination du candidat de la droite qui devait naturellement incarner l’alternance ? Pour Matthieu Chaigne, le ver était dans le fruit depuis la primaire. « François Fillon a payé le 24 avril une campagne des primaires hémiplégique. Sa victoire a été le résultat de la mobilisation d’un électorat de retraités CSP+. » Autrement dit, depuis le début l’adhésion des catégories populaires il a fait défaut à François Fillon. « Dans toutes les études, précise Matthieu Chaigne, le candidat a toujours plafonné sous la barre des 10% auprès des ouvriers et des employés. Ces derniers lui reprochaient un programme trop dur avec les plus faibles. »

    Son absence au second tour de la présidentielle révèle aujourd’hui une erreur de perspective ancienne : « François Fillon a imaginé que les Français étaient prêts pour des réformes radicales. Mais ces réformes sociales n’ont jamais été acceptées par les catégories populaires. La preuve, le premier décrochage de François Fillon a eu lieu avant le Pénélope Gate à propos de l’Assurance maladie… » Matthieu Chaigne estime que ce blocage s’est manifesté à l’occasion de la loi El Khomri. « Cette loi de gauche a effrayé les états majors de droite. Pourquoi ? Parce que les projets de réforme se heurtent toujours à une majorité de Français. »  La réforme est perçue comme une menace pour les salariés et les petits tandis que l’Etat apparait comme le seul bien qui reste quand on n’a plus rien. Matthieu Chaigne conclut sur ce point : « François Fillon s’est adressé à un électorat de la transmission des valeurs et des richesses. Des populations convaincues qu’il faut assainir l’Etat et en finir avec la purge fiscale. Cela a marché pour les primaires mais pas pour la présidentielle. »

    Pour le sociologue Jean-Pierre Le Goff la défaite de François Fillon traduit aussi une déception d’ordre symbolique. « J’ai été sidéré d’apprendre que François Fillon avait fait appel au journaliste Joseph Macé-Scaron pour écrire certains discours. Cet homme incarne selon moi la caricature du relativisme et de l’air du temps postmoderne ! Comment Fillon a-t-il pu solliciter un homme sans éthique qui a défendu le mariage gay ?! C’est l’autre face de Fillon… aux antipodes de l’image du notaire de province et du chrétien austère. » Dommage estime Jean-Pierre Le Goff car François Fillon était de loin le candidat le plus crédible face au « gauchisme culturel ».

    Au final, son image de candidat « ultra libéral » a été fatale aux yeux de Jean-Pierre Le Goff. « Sa défaite provient d’un déficit de politique sociale. On n’a rien vu dans ce domaine sinon quelques miettes. François Fillon n’a pas réussi à briser l’image d’une droite repliée dans un monde qu’elle ne comprend plus. Le volet économique a fini par occulter les valeurs. » Il précise : « Fillon a promis de vaincre le chômage. Mais cette promesse remonte à Raymond barre ! Cela supposait un libéralisme de choc et des recettes empruntées à l’étranger. Les Français ne pouvaient pas marcher. » Le fait de proposer au peuple français de s’aligner sur la réussite d’un autre pays n’a pas été mobilisateur. « Pour les jeunes générations, cela ne fait pas rêver de prendre la place de l’Allemagne ! Nous ne sommes plus à l’époque du général de Gaulle. La France ne peut plus rejouer les mêmes cartes que dans les années 60... » Est-ce à dire que le gaullisme n’est plus une matrice féconde dans une France qui se cherche ?

    Lire aussi : http://www.hommenouveau.fr/2015/politique-societe/la-victoire-de-hollande-2-0-.htm

    et aussi : http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/du-cote-des-elites/item/3088-l-election-de-macron-sonnerait-le-glas-de-la-democratie

  • Paroisses bruxelloises : il y a de la restructuration dans l'air...

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    De : INFOS PAROISSE [mailto:ndg.infosparoisse@skynet.be]
    Envoyé : vendredi 21 avril 2017 15:54
    À : INFOS PAROISSE
    Objet : MESSAGE IMPORTANT : SOIRÉE D'INFORMATION AVEC MGR JEAN KOCKEROLS SUR L'AVENIR DE L'UNITÉ PASTORALE

    Un grand changement dans notre Unité pastorale : Soirée d'information avec Mgr Jean Kockerols

    Chers amis de l'Unité pastorale de la Woluwe,

    Des changements importants dans notre Église de Bruxelles se dessinent à l'horizon de cette fin d'année pastorale,

    et plus spécialement chez nous, dans l'Unité pastorale de la Woluwe, où une restructuration a été pensée et souhaitée par le Conseil Vicarial.

    Cela impliquera des modifications en profondeur pour notre travail et notre cheminement en Unité.

    Monseigneur Jean Kockerols nous convie pour une soirée d'information, qui se tiendra le mardi 2 mai à 20h15 en l'église St Lambert.

    Il nous expliquera le pourquoi et les modalités de ces changements. Nous aurons ensuite l'occasion de poser nos questions et de lui faire part de nos réactions.

    Tout ceci aura bien sûr un retentissement certain sur le travail de nos équipes et de tous les bénévoles impliqués dans nos paroisses.

    C'est pourquoi nous vous prions de nous rejoindre pour entendre le message de Mgr Jean Kockerols et sa vision de l'avenir de nos Unités.

    Toute personne investie dans une équipe ou un service est concernée par le sujet.

    N'hésitez donc pas à transmettre ce message aux membres de vos équipes : nous espérons vous retrouver nombreux pour cette soirée.

    Bien cordialement à tous,

    Frère Benjamin Kabongo ofm, Responsable d'Unité, avec toute l’Équipe pastorale d'Unité :

    Ivan Colsoul, Istvan Havas, Ildephonse Ndimina, Christian Buffoni, Giovanni Battista Bettoni,

    Claire Buxin, Cécile et Benoit Nyssen, Magali Dallemagne, Yves Gautier, Jean-Luc Baukens.

  • Les Soeurs de l'Abbaye de Clairefontaine ont mandaté un avocat

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    Vu sur le site de RTL :

    Les Soeurs de l'Abbaye de Clairefontaine, sommées de quitter les lieux: elles ont mandaté un avocat


    L'Ordre des Trappistes aurait décidé de fermer l'abbaye de Cordemois

    Que va devenir l'Abbaye de Cordemois à Bouillon ? Rome a décidé a décidé de la fermer, pour cause, dit-on, de « graves tensions dans la communauté». Depuis, les religieuses qui, semble-t-il, posaient problème ont quitté l'endroit. Aujourd'hui, celles qui restent, et de nombreux habitants, ont donc décidé de se battre pour empêcher cette fermeture.

    Les Soeurs de l’Abbaye de Clairefontaine de Bouillon ont reçu l'ordre de quitter leur couvent situé à Bouillon. L’Ordre Cistercien a, en effet, publié un communiqué de presse en rapport avec la décision de fermeture de l’Abbaye de Clairefontaine à Bouillon. Dans ce communiqué, il est indiqué "qu'après de nombreux échanges et consultations, la Congrégation romaine responsable des communautés religieuses est arrivée à la conclusion qu’une vie communautaire conforme aux Constitutions de l’Ordre n’est plus possible à l’Abbaye de Clairefontaine. Elle a donc décidé sa fermeture et a confié à l’Ordre d’engager le processus de fermeture."

    Cette décision concerne 21 Soeurs. Dix d'entre elles ont déjà quitté les lieux et ont été relogées dans d'autres monastères. Onze nonnes, âgées de 61 à 92 ans, sont toujours sur place. Cette décision est d'autant plus incomprise, que les Soeurs en désaccord ont quitté l'abbaye, il y a 3 ans.

    Sur la page Facebook de cette destination bucolique, certains habitués ont tenu à exprimé leur soutien à la congrégation, comme c'est le cas de Patricia: "Cet endroit est tellement formidable qu'il serait triste de ne plus vous y voir et de ne plus y manger notre bon cramique", déplore-t-elle.

    Marc confie qu'il soutient les Soeurs "dans les épreuves qu'elles passent".

    Francis Jourdan, le directeur de l'institut Sainte-Marie regrettait également cette fermeture dans le RTLinfo 13H: "Quand on a appris cette nouvelle très désagréable, nous espérions que cette décision ne soit finalement pas prise et que le monastère puisse survivre. Les Soeurs soutiennent les gens de Bouillon, elles soutiennent les écoles comme elles l'ont toujours fait".

    Conformément à leur engagement religieux, elles ne souhaitent pas s'exprimer publiquement, mais elles ont mandaté un avocat pour le faire. 

    Maître Paul Muylaert, s'exprimait au nom des nonnes dans le RTLinfo 13H : "Ces dissensions n'existent plus depuis 3 années. Il y a une série de Soeurs qui ont quitté la communauté. Et la communauté comme elle est composée actuellement, fonctionne parfaitement, comme cela apparaît dans les nombreux témoignages que j'ai reçus".

    Les Soeurs espèrent une annulation de la fermeture décidée à Rome mais il semble qu'à ce stade, seul, le pape peut faire marche arrière.

    Voir la pétition : 

    http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2017/04/18/signer-une-petition-contre-la-fermeture-de-l-abbaye-de-corde-5934293.html

  • Droits de l’homme et ‘bricolage procréatif’ : quand la CEDH est saisie par les deux "mères" d'un même enfant

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    De Priscille Kulczyk et Grégor Puppinck sur zenit.org :

    Europe: la CEDH saisie par les deux «mères» d’un même enfant

    « Droits de l’homme et ‘bricolage procréatif’ »

    La Cour européenne des droits de l’homme, dans l’affaire R.F. et autres c. Allemagne a été saisie d’une affaire ayant trait à la filiation d’un enfant conçu artificiellement par deux femmes vivant en couple.

    Le Centre européen pour le Droit et la Justice a été autorisé par la Cour européenne des droits de l’homme à déposer des observations écrites dans cette affaire.

    En l’espèce, l’une des deux ressortissantes allemandes unies par un partenariat civil a mis au monde un enfant en ayant recours à la PMA en Belgique, car l’Allemagne réserve cette technique aux couples hétérosexuels souffrant d’infertilité. L’enfant a été conçu au moyen d’un ovocyte prélevé dans l’une des partenaires, fécondé in vitro par un homme anonyme, et implanté dans l’utérus de l’autre femme. Les deux femmes et l’enfant se plaignent devant la Cour du refus des juridictions allemandes d’enregistrer automatiquement la partenaire de la femme ayant accouché comme mère légale et second parent de l’enfant. Elle a néanmoins pu adopter l’enfant pour être reconnue comme telle. Les requérants soutiennent que le droit au respect de leur vie privée et familiale a été violé (CEDH art. 8) et qu’ils ont été victimes d’une discrimination prohibée fondée sur leur orientation sexuelle (CEDH art. 8 et 14 combinés).

    Cette affaire s’inscrit dans la ligne des jurisprudences Gas et Dubois c. France (n° 25951/07) et X. et autres c. Autriche (n° 19010/07) en matière d’établissement de la filiation adoptive au sein de couples de même sexe. Elle fait encore suite à des affaires dans lesquelles la Cour a traité de la non-reconnaissance d’un des membres d’un couple de même sexe comme parent légal de l’enfant de l’autre : ainsi dans les affaires X, Y et Z c. Royaume-Uni (n° 21830/93) pour un cas de transsexualisme et Boeckel et Gessner-Boeckel c. Allemagne (n° 8017/11) pour des faits et griefs comparables à la présente espèce. Cette dernière recèle toutefois une nouveauté et se distingue donc des affaires susmentionnées en ce qu’elle traite à présent de l’établissement de la filiation biologique puisqu’existe un lien génétique entre l’enfant et la requérante qui n’a pas accouché, la requérante ayant accouché ne présentant donc pas, quant à elle, de lien génétique avec l’enfant (sous réserve de l’apport génétique des mitochondries).

    Dans ses observations écrites, l’ECLJ se prononce en faveur de la non-condamnation de l’Etat allemand dans cette affaire. Il est tout d’abord d’avis que la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne peuvent se prétendre victimes d’une violation de leurs droits au regard de la Convention alors même qu’ils ont obtenu satisfaction par l’établissement d’un lien de filiation entre la partenaire de la femme ayant accouché et l’enfant grâce à l’adoption prévue par le droit allemand en ce cas. Il démontre en outre que le raisonnement ayant conduit la Cour à conclure à l’absence de violation de l’article 8 et des articles 8 et 14 combinés et à l’irrecevabilité de la requête pour défaut manifeste de fondement dans l’affaire Boeckel et Gessner-Boeckel c. Allemagne pourrait trouver à s’appliquer mutatis mutandis dans la présente affaire dont les faits sont similaires, et cela même en présence d’un lien biologique.

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  • Amoris Laetitia : discerner en conscience ?

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    Du blog Settimo Cielo de Sandro Magister :

    Discerner en conscience?

    par Thibaud Collin

    Voilà plus d'un an que l'exhortation Amoris laetitia a été publiée. Or le débat portant sur l'interprétation de son chapitre 8 n'a pas cessé. Le débat s’est concentré sur la question suivante  : quant à la discipline sacramentelle concernant les divorcés et remariés civilement (DR), le chapitre 8 opère-t-il un changement avec le magistère antérieur et si oui, ce changement est-il homogène? Matériellement presque tous les interprètes sont d'accord: ce chapitre est dans la continuité notamment de Familiaris consortio (FC); il n'y aurait pas rupture mais continuité. Mais formellement les avis divergent voire s'opposent. Ainsi certains (1) disent que ce chapitre est dans la continuité de FC parce que justement il n'apporte rien de nouveau (la discipline sacramentelle demeure). Au contraire, d’autres (2) affirment qu'il apporte du nouveau mais que ce nouveau est un développement homogène  de la tradition (dans certains cas les DR vivant more uxorio peuvent recevoir la réconciliation et la communion). Il s’agit alors d'expliquer en quoi ce changement disciplinaire est l'actualisation de ce qui était en germe dans FC n°84. Le problème est que certains arguments étayant cette interprétation apparaissent opposés à l’enseignement de Veritatis splendor (VS). En effet, ils semblent très proches de ceux utilisés par certains théologiens pour contester et minimiser la doctrine morale enseignée dans Humanae vitae (HV).

    Cette étrange situation justifie pleinement la démarche des quatre cardinaux de formuler les cinq dubia. Ceux-ci peuvent être lus comme autant de problématiques en attente de résolution. Puisque certains passages du chapitre 8 peuvent recevoir des interprétations contradictoires, le peuple de Dieu est en droit d’attendre une auto-interprétation du magistère. Cette interprétation définitive n'étant pour l'instant pas donnée, le débat interprétatif perdure. Pourtant ceux qui voient une nouveauté homogène dans AL considèrent que le débat est clôt et que les auteurs des dubia ratent le point central de l'exhortation. Le cœur de toute la démarche exposée dans l’Exhortation serait le discernement en conscience. Discernement du fidèle en «  situation dite irrégulière  »; mais aussi discernement du pasteur quant à la manière d'accompagner le fidèle dont il a la charge. Dans ces deux cas, la voie privilégiée par le pape serait effectivement la conscience comme organe du discernement. Cette voie est présentée comme traditionnelle mais trop négligée jusque-là dans la praxis de l’Eglise.

    Emprunter résolument cette voie, c’est-à-dire prendre davantage en compte la conscience du fidèle, permettrait ainsi de lire AL comme un développement homogène de ce que FC portait déjà implicitement. Ainsi le cardinal Schönborn s’appuie sur le n° 84 de FC dans lequel saint Jean-Paul II appelle le pasteur à discerner différentes situations. Certains DR peuvent avoir accès aux sacrements «  tout en restant publiquement dans une situation objectivement irrégulière  » s’«  ils s’abstiennent des actes réservés aux époux, donc  », continue le cardinal autrichien, «  une condition qui relève de la chambre à coucher et de la conscience des sujets  : mêmes s’ils vivent en frère et sœur, objectivement ils mènent une vie de couple. Il y a donc une non-équivalence pure et simple entre la situation objective et la réalité de grâce devant Dieu et son Eglise. Il (Jean-Paul II) ouvre une porte à une compréhension plus large passant par le discernement des différents cas qui ne sont pas objectivement identiques et par la prise en compte du for interne.  » (3) Plusieurs remarques sur cette interprétation. Notons l’usage remarquablement ambivalent du mot objectivité. Le cardinal utilise ici le terme dans une acception mondaine. Cet homme et cette femme apparaissent comme mariés. Et même vivant en frère et sœur, aux yeux du monde s’ils cohabitent sous le même toit, leur «  situation objective  » est de former un couple. Or ils peuvent néanmoins être fidèles à la volonté de Dieu, en tant que pour Jean-Paul II, ils reconnaissent justement qu’ils ne sont pas unis par un lien conjugal et assument donc dans leur vie la vérité de leur situation (= objective au sens strict et traditionnel du terme). En effet, dans la tradition et le vocabulaire de l’Eglise l’objectivité morale et sacramentelle est prise du côté de Dieu et de la nature du bien personnel et non selon les normes de la société.  Du coup, le cardinal utilise cette ambiguïté terminologique pour laisser penser que dans ce texte, saint Jean-Paul II rendrait possible un élargissement des cas par le biais du for interne (coupé de la loi de Dieu telle que la rappelle pourtant explicitement saint Jean-Paul II). Or aucun moment le saint pape n’affirme que les DR mènent «  une vie de couple  » ce qui suggérerait qu’il y aurait un lien de nature analogiquement conjugale entre eux  ; doctrine niant l’indissolubilité du mariage. L’accès aux sacrements ne relève donc pas, selon FC, du for interne et de la chambre à coucher (opposé à l’objectivité dans son acception sociale) mais bien de l’objectivité de  devant Dieu et devant l’Eglise, réfléchie par la conscience droite du fidèle (4).

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  • Quand Jean-Pierre Snyers s'adresse aux électeurs français

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    De Jean-Pierre Snyers :

    Lettre aux électeurs français

    Du sang. Encore du sang répandu par le terrorisme islamique. Cette fois, la France est touchée en plein coeur. Mais, outre l'horreur de ce nouveau crime abject, votre pays montre hélas sa faiblesse face à un monstre prêt à tout pour vous dévorer. Demain, vous irez voter. Vous aurez notamment le choix entre un Macron qui, comme Hamon ou Mélenchon, incarne cette faiblesse et un Fillon qui incarne la force, le courage et la détermination. A travers celui que vous choisirez, quel visage de votre patrie allez-vous nous montrer? Fluette ou forte, quelle sera la voix qui vous représentera à l'étranger? Allez-vous vous fier à un candidat qui, en dernière minute, fait mine de s'intéresser au terrorisme et à la délinquance ou à quelqu'un qui n'a pas attendu l'attentat d'hier à Paris pour s'attaquer fermement à ces deux maux? Trop facile en effet de pleurnicher à la veille des élections face au sang qui coule dans vos rues en prônant une politique à l'eau de rose dans son programme. Dans la situation où elle se trouve, le temps n'est plus à l'hésitation, à une série de propos lénifiants qui "en même temps" vont de Robert Hue à Alain Madelin. A force de vouloir contenter tout le monde; à force de vouloir être partout, on finit tôt ou tard par n'être plus nulle part et la route en zigzag que certains veulent vous faire emprunter risque fort de vous conduire dans le fossé. Français, réveillez-vous! Optez pour du solide et non pour du liquide! Ne cédez pas aux sirènes de ceux qui vous chantent des berceuses et qui noient votre identité, votre histoire, votre patrimoine, vos racines judéo-chrétiennes, votre culture et finalement l'âme de votre peuple. Qui, sinon François Fillon représente cette vraie France admirée dans le monde entier? Qui sinon lui vous protégera avec force et courage  des dangers qui la menacent, de ce qui la défigure, de ce qui l'amoindrit, de ce qui la détruit à petit feu? Pour vous-mêmes et pour vos enfants, ne niez pas dimanche votre passé, ce socle qui vous aidera à bâtir votre avenir. Ne niez pas celui en qui se reconnaîtraient tant et tant de grands noms de votre histoire et qui seul incarne cette force dont vous avez un urgent besoin.

    Jean-Pierre Snyers, 4190 Ferrières, Belgique Adresse blog: jpsnyers.blogspot.com