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Débats

  • Le Saint-Siège vend-il à Pékin l'Eglise fidèle de Chine ?

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    De reinformation.tv (13 novembre) :

    Le cardinal Zen appelle douloureusement le Saint-Siège à ne pas « vendre » à Pékin l’église fidèle de Chine

     
  • Quand la modification génétique de l'embryon se banalise

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    « LA BANALISATION DE LA MODIFICATION GÉNÉTIQUE DE L’EMBRYON EST EN MARCHE »

     de genethique.org (15 novembre)

    Jean-François Bouvet, docteur ès-sciences et auteur de Bébés à la carte, publie une tribune dans le Point dans laquelle il s’indigne de la « banalisation de la modification génétique de l’embryon ». La première expérience de ce type, rendue publique en 2015 par une équipe chinoise[1], avait suscité « indignation ou enthousiasme », en tant qu’ « intrusion sans précédent, avant la naissance, dans le patrimoine génétique de l’espèce humaine ». Mais les mises en garde formulées alors par des scientifiques américains sont demeurées « sans grand effet pour l’instant ». Et les « expérimentations génétiques sur l’embryon, ou sur l’œuf dont il est issu, se sont succédées à un rythme soutenu en Chine[2], en Suède[3], aux Etats-Unis[4] et au Royaume-Uni[5] ». L’une des dernières en date, celle du Francis Crick Institute de Londres en septembre dernier[5], n’a provoqué que « quelques lignes ici ou là ». Pour Jean-François Bouvet, l’éthique est « dépassée par la multiplication des expériences sur l’embryon » et « ne se fait plus entendre ».

    Outre la multiplication des expériences, leur objectif évolue : dans les premiers cas, il s’agissait de « corriger un gène défectueux ». Mais dans l’étude du Francis Crick Institute, il était question d’ « inactiver un gène précis de l’embryon (…) pour mieux cerner son implication dans l’embryogenèse » : « Après avoir inventé la FIV il y a une quarantaine d’années, on ‘bricole’ génétiquement des embryons obtenus par cette technique en vue d’optimiser les étapes suivantes »,résume Jean-François Bouvet. Ou encore, des « embryons clonés », comme dans la dernière étude chinoise publiée elle aussi en septembre[6].

    Face à ces expériences tout autour du globe, le questionnement éthique peine à suivre, constate Jean-François Bouvet. Et en France, « la révolution procréatique qui se dessine s’inscrit essentiellement dans le champ sociétal ».

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  • Démographie : pour l'Eglise, la fin ne justifie pas les moyens

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    De Dominique Greiner sur le blog "La Doctrine sociale sur le fil" (La Croix) (15 novembre) :

    L’Église catholique et la démographie mondiale : la fin ne justifie jamais les moyens

    Dans les années 1950, la question démographique était déjà à l’ordre du jour. Retour sur quelques déclarations de responsables d’Église.

    Faute d’actions pour préserver l’environnement et les écosystèmes, l’avenir de la planète est sérieusement assombri, viennent d’avertir 15 000 scientifiques de 184 pays dans une déclaration rendue publique lundi 13 novembre. Ces chercheurs préconisent notamment de freiner la croissance démographique dans les pays en développement, notamment grâce à une plus grande généralisation du planning familial et des programmes d’éducation des femmes.

    Le social et l’intime

    Le sujet est sensible parce qu’il se situe au point d’articulation du social et de l’intime, et renvoie à des aspects tant socio­culturels, politiques, économiques que religieux. Les gouvernements et les organismes internationaux sont eux-mêmes pris dans une tension entre la volonté de faire évoluer les caractéristiques démographiques globales d’une population et celle de faciliter et renforcer les capacités et l’autonomie des individus. Mais, comme le signifie la déclaration signée par les scientifiques, la démographie est un levier parmi bien d’autres : l’augmentation de la population mondiale n’est pas l’unique cause des déséquilibres qui menacent la biosphère.

    Pour sa part, l’Église catholique n’a jamais nié l’importance des enjeux démographiques, comme le montre un article publié en 2004 dans la Revue théologique de Louvain. Rufin Mika Mfitzsche présente en quelques pages les résultats de son travail de thèse sur  l’enseignement des conférences épiscopales sur la démographie. Il indique au passage les conférences de Carême de l’année 1959 prononcées par cinq archevêques (M. Feltin, P. Richaud, P. Gerlier, J. Frings et Godfrey) sur le thème : « Chaque seconde, un homme de plus, que peut l’Église ? » (Cf. La documentation catholique, tome 56, 1959, n° 1303, p. 847-855). La curiosité m’a poussé à lire ces textes.

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  • Fin de vie : le pape s'inscrit dans l'enseignement constant de l'Eglise

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    D'Hélène Ginabat sur zenit.org (16 novembre) :

    Fin de vie : « que chacun donne de l’amour », demande le pape

    Et que l’on serve le bien intégral de la personne

    Face à la fin de vie, lorsque les situations angoissantes et les choix difficiles « nous exposent à la tentation de nous soustraire à la relation », analyse le pape, c’est au contraire « le lieu où nous sont demandés amour et proximité, plus que toute autre chose, reconnaissant la limite qui nous est commune à tous et nous rendant justement là solidaires. Que chacun donne de l’amour de la façon qui lui est propre (…) Mais qu’il le donne ! »

    Le pape François a envoyé un Message au président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Vincenzo Paglia, et à tous les participants au Rassemblement régional européen de l’Association médicale mondiale, sur les questions de la fameuse « fin de vie », organisé dans la « Aula Vecchia » du Synode au Vatican, les 16 et 17 novembre 2017. Le message est daté du 7 novembre.

    Devant la complexité des questions soulevées par cette étape de la vie, il faut « un supplément de sagesse », explique le pape car, parfois, les traitements possibles « ne servent pas au bien intégral de la personne » et ne correspondent pas « à ce critère éthique et humaniste qui sera par la suite défini comme la “proportionnalité des soins” »

    Le pape souligne que « le fait de ne pas activer de moyens disproportionnés ou d’en suspendre l’usage, équivaut à éviter l’acharnement thérapeutique, c’est-à-dire à accomplir une action qui a une signification éthique complètement différente de l’euthanasie, qui demeure toujours illicite, dans la mesure où on se propose d’interrompre la vie en procurant la mort ».

    Pour établir si une intervention médicale cliniquement appropriée est effectivement proportionnée, il plaide pour « un discernement attentif, qui considère l’objet moral, les circonstances et les intentions des sujets impliqués ».

    Voici notre traduction du message en italien du pape François.

    Message du pape François

    A mon vénérable Frère, Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie

    Je vous adresse mes salutations cordiales, ainsi qu’à tous les participants au Rassemblement régional de l’Association médicale mondiale sur les questions de la fameuse « fin de vie », organisé au Vatican en lien avec l’Académie pontificale pour la vie.

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  • La nouvelle traduction du Notre Père est-elle satisfaisante ?

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    De l'abbé Guillaume de Tanoüarn, sur Metablog :

    Nouvelle traduction du Notre Père

    Les années passent, la Réforme liturgique a presque 50 ans, mais le malaise persiste à son sujet. Le moins que l’on puisse dire est que son instauration obligatoire n’a pas permis à l’Eglise romaine d’échapper à la plus grave crise de son histoire. Faut-il revenir sur cette réforme ? Dès 1970, un an après son instauration, le pape Paul VI, cédant à la pression des traditionalistes, avait modifié l’Institutio generalis, qui, dans l’article 7 de sa première version, expliquait que la présence eucharistique était celle à laquelle le Christ faisait allusion lorsqu’il déclarait : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je serai au milieu d’eux ». On avait également ajouté la mention du « sacrifice eucharistique » qui ne se trouvait pas dans la première version. En 2002 Jean-Paul II proposa une nouvelle présentation générale du Missel romain, dans laquelle on insistait sur l’exactitude dans l’observation des règles liturgiques et sur le sens du sacré.

    Pour ceux qui ne veulent toujours pas revenir sur cette réforme mais qui reconnaissent que dans l’esprit quelque chose n’allait pas, au moment où elle a été instaurée, reste la question des traductions du latin dans les langues vernaculaires, et pour nous en l’occurrence, reste les problèmes que pose la traduction française. Mgr Aubertin, évêque de Tours, avait promis que la nouvelle traduction serait prête pour le premier dimanche de Carême de l’année… 2017. Pour l’instant, on ne nous parle plus de cette entreprise titanesque. Mais on nous promet (c’est un vote de la Conférence épiscopale dans son assemblée de printemps qui nous le garantit) une nouvelle traduction du Notre Père pour le 3 décembre 2017. Au premier dimanche de l’Avent, on ne dira plus « Ne nous soumets pas à la tentation » mais « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».

    Vous me traiterez peut-être de traditionaliste grincheux, mais, tout comme Mgr Aubertin d’ailleurs, qui s’est exprimé sur la question, je ne crois pas à l’exactitude de cette nouvelle traduction. Cette fois il s’agit de métaphysique. Ce qui est en cause, encore et toujours, c’est le problème du mal. « Dieu est fidèle, dit saint Paul, et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-dessus de vos forces » (Rom. 8). Dieu permet que nous soyons tentés. La tentation est le révélateur de l’amour. La tentation est la matrice de nos libertés réelles. Simplement Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces. C’est ainsi que nous prions Dieu, non pas pour que nous n’entrions pas en tentation : nous ne sommes pas dans le monde des bisounours métaphysiques. Le salut est une lutte ! Il faut engager cette lutte sous peine de ne jamais savoir à quoi elle nous mène, sous peine de ne pas connaître ce salut « qui transformera nos corps de misère en corps de gloire ».

    Dieu permet que nous soyons tentés, mais « Dieu ne tente personne » dit l’apôtre saint Jacques (Jacques 1, 14), parce qu’il n’y a pas en Lui une once de mal. Chacun est tenté ou « amorcé » (c’est le mot de saint Jacques) par sa propre convoitise. Mais en même temps, il faut bien reconnaître que Dieu permet la tentation, même s’il n’en est pas la cause. Autant donc la formule « Ne nous soumets pas à la tentation » est fausse, parce qu’elle laisse penser que Dieu nous obligerait à subir la tentation. Nous devons lui opposer le mot de saint Jacques : Dieu ne tente personne. Autant il est métaphysiquement impossible de ne pas admettre que Dieu, ayant créé le monde esclave de la vanité (Rom. 8, 21), n’ait métaphysiquement pris le risque que sa créature soit exposée à la tentation.

    Nous prions Dieu (c’est la version latine) pour qu’il ne nous laisse pas pénétrer (inducere) dans la tentation, pour qu’il ne nous abandonne pas alors que nous consommons la tentation, pour qu’il ne nous laisse pas succomber à la tentation. Cette dernière version (qui est aussi la plus ancienne en français) est une traduction légèrement périphrastique : pénétrer dans la tentation signifie en bon français y succomber, mais, c’est vrai, l’idée de « succomber » n’est pas indiquée explicitement dans le verbe « entrer dans » ou « pénétrer » qui est utilisé tant en latin que dans l’original grec. Succomber ? Le mot serait-il trop théâtral ? Pas sûr, vu ce qui est en jeu : le péché ou la grâce, la mort ou la vie. "Ne nous laisse pas succomber à la tentation", cela demeure, en tout cas, la traduction la plus exacte. Personnellement en tout cas, je déteste cette idée que l’on puisse demander à Dieu qu’il ne nous fasse même pas entrer… oui qu’il revoie tout son dispositif, pour ne pas nous faire « entrer » en tentation. Comme si nous étions parfaits, avant même d’avoir essayé de l’être.

    Mais il n'y a pas que la métaphysique du mal, il y a la religion, notre relation, notre rapport avec Dieu. J’ai une dernière objection contre la nouvelle traduction du Notre Père (déjà actée d’ailleurs dans la nouvelle Bible liturgique de 2013). Qui de nous est au-dessus de la tentation ? Qui de nous peut se targuer de n’être jamais entré en tentation ? Même le Christ a été tenté au Désert ! C’est le genre de prière, prise à la lettre, que Dieu n’exaucera jamais. Comment lui demander quelque chose qui va contre l’économie de sa Création ? Et pourquoi s’étonner si nous ne sommes pas exaucés ? Quand on multiplie ce genre de demandes absurdes par le nombre de fidèles et par le nombre de fois qu’ils vont réciter cette prière, cela donne légèrement le vertige…. Il y aurait eu « entrer dans la tentation », cela pourrait signifier : "Ne nous laisse pas moisir dans la tentation". on aurait pu se dire que la prière est simplement ambigüe : cela arrive souvent. Mais « entrer en tentation » ne laisse aucune chance à l’équivoque et nous fait retomber du mauvais côté, dans une métaphysique « sans mal », une métaphysique qui n’existe pas. Il me semble qu’il fallait le dire.

    Cet article est paru dans le n°938 du magazine Monde et vie, voici presque un an. Il redevient d'une actualité brûlante...

  • Amoris laetitia : quand le Cardinal Burke en appelle au Magistère de Pierre

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    Du site de l'Homme Nouveau (13 novembre) :

    Amoris laetitia : le Cardinal Burke en appelle au Magistère de Pierre

    Sortir des ambiguïtés en s’appuyant sur le charisme de Pierre. Un an après, jour pour jour, la publication de leurs dubia au Pape, le cardinal Burke s’exprime à nouveau publiquement, en demandant solennellement au Pape de faire ce pour quoi il a été appelé au Siège de Pierre : confirmer ses frères dans la foi « par une manifestation claire de la doctrine concernant la morale chrétienne et le sens de la pratique sacramentelle de l’Église » (entretien avec Edward Pentin, dans National Catholic Register de ce jour).

    Il rappelle l’immense confusion consécutive à l’exhortation Amoris lætitia, suscitant, de la part des évêques eux-mêmes, des interprétations opposées, certaines allant notoirement contre la foi catholique. Il explique que la clarté est consubstantielle à l’enseignement de foi donné avec autorité au nom du Christ.

    Depuis un an, le Pape n’a jamais répondu, ni à la demande des cardinaux, ni à aucune autre demande similaire, son approbation de l’interprétation des évêques de la province de Buenos-Aires ne pouvant constituer une réponse. L’ambiguïté demeure. La confusion s’étend. Volontairement ?

    Cette ambiguïté, dit le cardinal avec la plus grande force, n’engendre rien moins qu’un processus de « subversion des parties essentielles de la Tradition ». Elle met en péril l’enseignement permanent de l’Église, notamment sur les sacrements. En outre, si la conscience subjective devient la norme ultime, c’est toute la morale et toute la pratique sacramentelle qui se défont, et jusqu’à la notion même de sacrement.

    En choisissant cette forme indirecte de correctio fraterna le cardinal présente en quelque sorte au Pape une magnifique occasion de se ressaisir par le haut, de manière pétrinienne. Ce faisant, il touche au cœur du problème magistériel d’aujourd’hui : les ambiguïtés mortifères du « pastoral » qui affligent l’Église. De l’enseignement « pastoral » ambigu, le cardinal Burke en appelle au Magistère de Pierre.

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    Abbé Claude Barthe: Votre Éminence, où en sommes-nous après que vous avez, ainsi que le cardinal Walter Brandmüller et les deux cardinaux récemment décédés, Carlo Caffarra et Joachim Meisner, rendu publiques les dubia voici un an cette semaine ?

    Cardinal Raymond Burke : Un an après la publication des dubia sur Amoris Lætitia, qui sont restés sans réponse de la part du Saint-Père, nous constatons une confusion croissante sur les manières d’interpréter l’Exhortation apostolique. C’est pourquoi notre préoccupation sur la situation de l’Église et pour sa mission dans le monde, est devenue encore plus pressante. Je demeure, bien sûr, en communication régulière avec le cardinal Brandmüller sur ces affaires des plus graves. Et nous restons, tous les deux, en profonde union avec les feus cardinaux Joachim Meisner et Carlo Caffarra, décédés au cours de ces derniers mois. Ainsi,j’avertis à nouveau sur la gravité d’une situation qui ne cesse d’empirer.

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  • Faire payer l’entrée des cathédrales et autres églises classées toujours affectées au culte ?

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    cathedrale-notre-dame-paris-touristes-fideles-payer-entree.jpgCette pratique est en déjà en  vigueur dans plusieurs pays d’Europe comme…l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou les Pays-Bas.  Heureusement pas (encore ?) en Belgique ni en France où Stéphane Bern, chargé d’une mission sur le patrimoine, a suggéré de faire payer l’entrée des cathédrales pour entretenir ces monuments: une idée que l’épiscopat français  a rejetée lundi en soulignant que ceux-ci étaient « avant tout » des « lieux de prière et de culte dont l’accès doit être libre ».

    De Mahaut Hermann sur le site web de « La Vie » :

    « Une proposition se voulant audacieuse, le tollé général, un recul partiel : la mécanique est bien rodée et marche à tous les coups. La dernière idée de Stéphane Bern pour le patrimoine religieux (faire payer l’entrée des cathédrales) n’a pas fait exception à la règle.  « Je suggérais de faire payer l'entrée de Notre-Dame aux visiteurs touristiques - qui empêchent du reste les croyants de se recueillir - en dehors des heures où s'y rendent les fidèles »a précisé l’animateur de télévision sur Twitter. Celui-ci a aussi accusé ses détracteurs d’avoir « déformé cette suggestion qui émane de l’observatoire du patrimoine religieux ».

    De fait, la cohabitation entre ceux qui prient et ceux qui visitent des lieux de culte hautement touristiques n’est pas toujours aisée, que ce soit à Paris avec Notre-Dame, à Reims, à Chartres, à Lyon avec Fourvière, à Vézelay, et dans bien d’autres villes. La proposition relayée par Stéphane Bern ne sort pas du néant. Elle sert à gérer les visites des édifices religieux de bien des pays européens en dehors des horaires de cultes et de prière. Cependant, même répandue, elle repose sur une distinction curieuse. Distinguer le fidèle du touriste revient à postuler que le touriste ne peut pas être touché par la dimension sacrée d’un lieu de culte et qu’il ne voit en lui que la « vieille pierre », et que, réciproquement, le fidèle ne voit ce lieu que comme un toit qui l’accueille pour prier, sans s’appuyer pour lui pour nourrir sa prière. De l’art sacré, l’un ne retiendrait en somme que l’art et l’autre que le sacré, sans comprendre les liens qui unissent l’un et l’autre. Or le fidèle entré dans Notre-Dame pour prier peut très bien avoir envie d'aller admirer les œuvres par lesquelles ses prédécesseurs ont chanté la gloire de Dieu avant de s'arrêter devant le Saint-Sacrement ou dans tout autre endroit de l’édifice réservé à la prière. Le lien étroit entre art et prière est d’ailleurs développé dans le texte le plus officiel qui soit, le Catéchisme de l’Église catholique : « ‘créé à l’image de Dieu’ (Gn 1, 26), l’homme exprime aussi la vérité de son rapport à Dieu Créateur par la beauté de ses œuvres artistiques » (§2501), « l’art sacré véritable porte l’homme à l’adoration, à la prière et à l’amour de Dieu Créateur et Sauveur, Saint et Sanctificateur » (§ 2502).

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  • Le transhumanisme : tour de Babel du vingt-et-unième siècle

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    Du site "laselectiondujour.com" :

    LE TRANSHUMANISME, TOUR DE BABEL DU XXIE SIÈCLE

    « Il y a autant de transhumanismes que de transhumanistes », confie un des promoteurs du colloque « TransVision 2017 » tenu à Bruxelles ce week-end. L’occasion pour le site 01net de faire le point sur les différents courants de pensée qui animent et divisent cette idéologie en vogue.

    La pensée « transhumaniste », née en Californie dans les années soixante, vise à faire advenir par les nouvelles technologies un « homme amélioré », le Cyborg (organisme cybernétique), capable d’abolir ces trois limites de notre nature : le corps sexué, le temps et la mort. Mais vers cet objectif commun d’un « homme augmenté » jusqu’à frôler l’éternité,  les chemins divergent, rapporte 01net. En effet, les transhumanistes peinent à s’accorder sur leurs priorités, ce qui les divise en « techno-progressistes », « immortalistes », « libertariens », « singularitariens » … Par ailleurs, tous ne sont pas fans de cryogénisation, de téléchargement du cerveau, ou encore d’une expansion sans limite de l'intelligence artificielle.

    Néanmoins cette nébuleuse transhumaniste veut peser politiquement, par exemple en présentant une liste transhumaniste aux prochaines élections européennes de 2019. Et l’on aurait tort de ne pas prendre au sérieux son projet prométhéen, bien décrit par le philosophe Fabrice Hadjadj dans le dernier numéro de Famille Chrétienne (27/10/2017) : conquérir l’immortalitéau prix d’une double rupture : «l’immortel rompt avec ses pères, qui étaient mortels, et il ne laisse jamais la place à ses fils, puisqu’il n’y a plus de succession ». Le transhumanisme est donc un programme de guerre intergénérationnelle avec l’euthanasie comme arme de prédilection. Comme l’avait prédit Woody Allen, « l’éternité, c’est long, surtout vers la fin » … 

  • La révolution bergoglienne : à petites doses mais irréversible...

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    Une note de Sandro Magister parue dans « L’Espresso » n. 46 de 2017, à la page d’opinion intitulée "Settimo Cielo", traduite sur le site diakonos.be :

    La révolution de Bergoglio. A petites doses mais irréversible

    L’étoile du Pape François brille aujourd’hui plus fort que jamais sur la scène internationale depuis qu’il joue le rôle de pacificateur nucléaire entre les Etats-Unis et la Corée du Nord.  Mais au sein de l’Eglise aussi il se trouve aux prises avec une guerre mondiale par étapes, une drôle de guerre qu’il a lui-même contribué à déchaîner, archi-convaincu qu’il pourra la mener à bien.

    Si Jorge Mario Bergoglio est indiscutablement un innovateur, il l’est bien davantage en matière de méthode qu’en matière de résultats.

    Il a toujours introduit les nouveautés à petites doses, en catimini, parfois dans une note de bas de page allusive, comme dans le cas de la désormais célèbre note 351 de l’exhortation post-synodale Amoris laetitia, quitte à déclarer ensuite avec candeur, quand on l’interpelle sur le sujet au cours de l’une de ses tout aussi célèbres conférences de presse aériennes, ne même plus se souvenir de cette note.

    Et pourtant, ces quelques lignes sibyllines ont suffi à enflammer au sein de l’Eglise un conflit sans précédent dans lequel s’affrontent des conférences épiscopales entières, en Allemagne en faveur des nouveautés, en Pologne contre, et ainsi de suite dans le monde entier, diocèse contre diocèse, paroisse contre paroisse.  Ce qui se joue, ce n’est pas tant le oui ou le non à la communion des divorcés remariés mais bien la fin de l’indissolubilité du mariage et l’admission du divorce au sein de l’Eglise catholique également, comme c’est déjà le cas chez les protestants et chez les orthodoxes.

    Certains s’inquiètent de cette confusion qui envahit l’Eglise. Mais François ne fait rien pour remettre de l’ordre chez lui.  Il fonce tête baissée.  Sans se préoccuper le moins du monde des cardinaux qui lui soumettent leurs « dubia » et ceux de tant d’autres sur des questions clés de la doctrine qu’ils voient menacée et qui lui demandent de faire la clarté.  Il laisse courir les interprétations les plus disparates, aussi bien conservatrices qu’ultra-progressistes sans jamais condamner explicitement personne.

    L’important pour lui c’est de « jeter la graine pour que la force se déchaîne », et de « mélanger le levain pour que la force fasse grandir », selon les termes qu’il a lui-même utilisés dans une homélie à Sainte-Marthe il y a quelques jours. Et « si je me salis les mains, Dieu soit loué !  Malheur à ceux qui prêchent avec l’illusion de ne pas se salir les mains.  Ceux-là sont des gardiens de musée ».

    Pascal, le philosophe et l’homme de foi que François déclare vouloir béatifier, avait eu des paroles incendiaire pour les jésuites de son époque qui jetaient en pâture leurs thèses les plus audacieuses pour faire en sorte qu’elles prennent peu à peu racine et qu’elles deviennent la pensée commune.

    C’est exactement ce que fait aujourd’hui le premier pape jésuite de l’histoire : il met en route des « processus » dans lesquels il sème les nouveautés qu’il souhaite à terme voir triompher, dans les domaines les plus divers, comme par exemple concernant le jugement sur le protestantisme.

    Quand il était en Argentine, Jorge Mario Bergoglio proférait des invectives terribles contre Luther et Calvin.  Mais depuis qu’il est pape, il fait tout le contraire et n’a plus pour Luther que des éloges.  Au cours d’une visite à l’église luthérienne de Rome, quand on lui a demandé si catholiques et protestants pouvaient communier ensemble malgré que les premiers croient que le pain et le vin deviennent « réellement » corps et sang du Christ au contraire des seconds, il a répondu oui, et puis non, et puis je ne sais pas, et puis faites comme vous le sentez, s’embrouillant dans des propos contradictoires mais donnant en pratique le feu vert.

    La véritable nouveauté du pontificat de François, c’est la liquidité de son magistère. Ce qu’il ne tolère pas c’est que quelqu’un ose le fixer dans des idées claires et distinctes en le dépouillant de ce qu’il contient d’innovant.

    Quand le cardinal Gerhard L. Müller, en tant que Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, s’obstinait à dire qu’il il n’y avait rien de nouveau dans Amoris laetitia par rapport à la tradition, il l’a brutalement limogé.

    Quant au cardinal Robert Sarah, le Préfet de la Congrégation pour le culte divin, qui voudrait se réserver le contrôle total des traductions du missel latin dans les différentes langues, il l’a humilié publiquement, l’obligeant à dire à tous les évêques que le pape laisse au contraire la liberté à chaque Eglise nationale de traduire comme ils l’entendent, embryon d’une future Eglise catholique non plus monolithique mais fédérale, l’un des autres objectifs visés par le redoutable calculateur qu’est le Pape Bergoglio.

  • Traductions liturgiques : le cardinal Muller ne partage pas le point de vue du pape

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    Du Catholic Herald :

    Cardinal Müller: bishops’ conferences cannot have the final word on translations

    by 

    The cardinal said bishops often use translators who 'water down' liturgical texts

    Cardinal Gerhard Müller has said the Vatican must have the ultimate authority over translations of liturgical texts, or else the unity of the Church could be “destroyed”.

    In an interview with Passauer Neue Presse, the former prefect of the Congregation for the Doctrine of the Faith expressed reservations about Pope Francis’s motu proprio Magnum Principium, which gives greater powers to bishops’ conferences over translations.

    “The ultimate authority in the case of doubt cannot lie with the Episcopal Conferences, which would destroy the unity of the Catholic Church in faith, confession and prayer,” the cardinal said.

    He explained that he has “often experienced that the translators used by the bishops have watered down the biblical and liturgical texts on the pretext of better comprehension”.

    Since the introduction of Mass in the vernacular after the Second Vatican Council, bishops and theologians have argued over how faithful to the original Latin the new translations should be.

    One ongoing controversy is over how to translate “pro multis” in the words of Consecration. The phrase literally translates as “for many” but some translators reinterpreted the words as “for all”.

    Last week, however, Pope Francis appeared to come down on the side of the more traditional translation, saying: “The ‘many’ who will rise for eternal life are to be understood as the ‘many’ for whom the blood of Christ was shed.”

    Francis added that “for many” better expresses the idea that people have a choice to make in this life – whether to be for God or against Him.

    Cardinal Müller’s words come just days after he weighed into the row on Communion for divorced and remarried Catholics, clarifying comments he made in a foreword to a book on the subject.

    “The purpose of my intervention was only to state that the one way to interpret Amoris Laetitia is in continuity with the Word of God in the Bible, the previous Magisterium, and with the Tradition of the great Councils of Florence, Trent and Vatican II,” he said.

  • L'histoire du communisme ou le règne du mensonge

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    De Christophe Geffroy, rédacteur en chef de La Nef (via Liberté Politique) :

    Le règne du mensonge, histoire du communisme

    Une belle analyse du rédacteur en chef de la NEF, Christophe Geffroy, sur 100 ans de drames communistes.

    Le 7 novembre 1917 (le 25 octobre dans le calendrier julien), Lénine et les bolcheviques s’emparaient du pouvoir en Russie par un coup d’État. Ils allaient instaurer le communisme, régime le plus criminel de l’histoire qui, hélas ! allait s’étendre à bien d’autres pays. Bilan ? Au moins cent millions de morts selon Le livre noir du communisme, dirigé par Stéphane Courtois. Et ce n’est qu’un bilan provisoire, puisque le communisme continue de sévir et de tuer en Chine, en Corée du Nord, à Cuba…

    Pourtant, malgré l’horreur indescriptible dont le communisme est responsable – en termes d’assassinats, de tortures les plus abjectes, de volonté d’humilier et d’avilir la personne humaine, de déportations et de crimes de masse, de camps de concentration et de génocides, en Ukraine, en Chine ou au Cambodge, où le quart de la population a été éliminé en trois ans et demi (1) –, il continue de bénéficier d’une image qui est très loin d’être aussi négative que celle du nazisme. La simple comparaison entre les deux totalitarismes les plus sanglants du XXe siècle demeure un tabou, on l’a bien vu à l’occasion des débats qui ont suivi la publication du Livre noir du communisme en 1997. Cette comparaison, pourtant parfaitement légitime tant les points communs sont nombreux, s’impose à tout esprit non aveuglé par l’idéologie ou la propagande.

    BON LÉNINE ET MÉCHANT STALINE ?

    Mais, en France, où l’on aime bien la révolution, on demeure largement prisonnier du mythe du bon Lénine et du méchant Staline qui aurait fait dévier le communisme, ainsi disculpé de ses monstruosités ! Il faut lire la passionnante biographie de Lénine que Stéphane Courtois vient de publier (2). Elle montre sans l’ombre d’un doute combien Lénine est, comme son titre l’indique, « l’inventeur du totalitarisme » : c’est lui qui a théorisé la guerre civile afin de pouvoir instaurer une terreur de masse qu’il a lui-même déclenchée ; c’est lui qui a créé la Tchéka, de sinistre mémoire, dès le 20 décembre 1917 en plaçant à sa tête l’ignoble Dzerjinski dont la mémoire retiendra l’invraisemblable sadisme dont il fit preuve pour exterminer les « ennemis » du régime, non sans en avoir auparavant torturé beaucoup dans les sous-sols de la Loubianka.

    Stéphane Courtois montre aussi la filiation entre la Terreur de Robespierre et le communisme de Lénine, grand admirateur du révolutionnaire français qui pose les bases des futurs totalitarismes. Lénine, néanmoins, le surpassera en le complétant sur au moins deux points essentiels : en faisant d’une idéologie parfaitement structurée – le marxisme-léninisme – le pilier du système totalitaire ; en s’appuyant sur un parti unique révolutionnaire entièrement à sa botte et exerçant un contrôle absolu sur l’ensemble de la société.

    UNE COMPLAISANCE COUPABLE

    Le tableau du communisme, où qu’il ait sévi, est effrayant, il n’a semé que misère, divisions, larmes, souffrances sans nom. Il n’y a pas de bon communisme, car il est « intrinsèquement pervers » ainsi que l’avait bien diagnostiqué le pape Pie XI en 1937 dans Divini Redemptoris.Comment expliquer, alors, qu’il existe toujours en France un « parti communiste » qui ne soulève guère de réprobation, avec lequel on peut s’allier sans soulever d’opposition ou que des publications importantes comme L’Express ou Le Monde publient, à l’occasion du centenaire de 1917, des hors-série à la gloire de Lénine ?

    Cela ne s’explique que par un aveuglement volontaire et une complaisance coupable de la gauche qui refuse aujourd’hui encore de voir la réalité en face. Cette attitude remonte aux origines du communisme soviétique, la victoire de l’URSS aux côtés des Alliés contre l’Allemagne nazie n’ayant fait que la renforcer. Bien que le PCF ne soit entré en résistance qu’après juin 1941 (quand Hitler donne l’ordre d’envahir la Russie en rompant le pacte de 1939), il a réussi, à la libération du territoire, à imposer l’ostracisme de la droite de conviction au prétexte qu’elle porterait seule le stigmate indélébile de son soutien à Vichy et à la collaboration. Plus de 70 ans après, ce schéma simpliste et faux continue de jouer, les débats politiques se ramenant toujours, à un moment ou à un autre, aux « heures les plus sombres de notre histoire ». Pour ne prendre qu’un exemple, Nicolas Dupont-Aignan a été qualifié de « Laval de l’Essonne » en raison de son soutien à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle !

    Soljénitsyne a montré que le communisme se caractérisait par-dessus tout par le règne du mensonge. Un siècle après la révolution de 1917, n’est-il pas temps d’en sortir ? Définitivement !

    Christophe Geffroy

    Rédacteur en chef de la NEF

    (1) Pour avoir une vue panoramique de ces horreurs, il faut lire l’essai de Bernard Antony, Le communisme 1917-2017, Godefroy de Bouillon, 2017 (cf. la recension de cet ouvrage en page 38 de ce numéro).

    (2) Stéphane Courtois, Lénine, l’inventeur du totalitarisme, Perrin, 2017, 502 pages, 25 €.

  • Quand un papa patriarche pudibond repenti se confesse

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    Une opinion de Joseph Junker parue sur le site de LaLibre.be :

    Confession d’un PPP (papa patriarche pudibond) repenti (OPINION)

    L’éducation sexuelle présentée par le site Sensoa à nos enfants propose une "bonne" pornographie d’Etat. Je n’avais pas compris, moi, l’horrible pudibond réactionnaire…

    C’est un papa repenti qui vous écrit. Oui, je dois vous l’avouer, j’ai été tout d’abord indigné et révulsé par le site explicite conseillé par Sensoa à des écoliers. J’ai passé une bonne heure à en discuter avec mon épouse et des amis inquiets dont l’enfant de 10 ans avait reçu le fascicule en question. Nous nous croyions capables de choisir nous-mêmes l’éducation à donner à nos enfants. Nous nous croyions autorisés à mieux savoir que Sensoa comment leur transmettre notre vision de la vie affective. Arrogants que nous étions ! Sensoa et le ministre Sven Gatz me l’ont bien expliqué, et je dois vous faire cette confidence : j’étais en fait tellement pudibond !

    Pudibond parce que…

    Pudibond, parce que je me suis permis si allègrement de faire l’impasse sur la distinction sibylline entre site "érotique" et "pornographique". Longtemps j’ai cherché l’once de subtilité qui pourrait faire mériter à cet étalage de sexe cru et explicite le qualificatif "érotique". N’avais-je donc pas compris que seule l’intention compte ?

    Pudibond parce qu’il me faut vous avouer que j’ai fait partie des "illusionnés" que la stratégie de Sensoa tracasse. Le raisonnement est pourtant limpide, bon sang ! Puisque nous ne parvenons pas à protéger nos jeunes de la "mauvaise" pornographie, puisqu’ils savent tous où la trouver en abondance, distribuons directement en classe une "bonne" pornographie d’Etat, revêtue de toute la légitimité éthique et morale qu’il reste encore à notre école ! Idée géniale n’est-ce pas, de combattre la pornographie… en permettant désormais à vos fils et aux miens d’en consommer de manière responsable, avec l’aval du corps professoral ! En guise de repentir, je ne saurais d’ailleurs que trop prier le ministre Gatz de montrer toute l’étendue de sa modernité en mettant sans tarder à la disponibilité de chaque école secondaire de Flandre une salle de shoot sécurisée dernier cri. Tant qu’à fumer, autant que ça soit de la bonne n’est-ce pas ?

    Quoi, vous êtes choqués par mon idée ? Arrêtez donc de vous "voiler la face", vils réactionnaires va !

    Feu d’artifice de positions

    Je suis le pire des obtus, je vous l’avoue, car dans toute ma pudibonderie patriarcale cisgenre, je n’avais pas compris qu’il existait, à côté de la "mauvaise" pornographie, une "bonne" pornographie. Grâce à Sensoa, je commence enfin à entrevoir ce qui permet de rendre la pornographie responsable. 1) Qu’elle soit dessinée; 2) qu’elle soit destinée aux mineurs et surtout; 3) qu’elle soit "diverse" : blanc sur noir sur jaune sur rouge sur blanc sur homme sur autre homme sous femme sur autre femme, à l’endroit ou à l’envers,… un feu d’artifice tellement beau qu’on leur pardonne même volontiers d’avoir omis de dessiner le sacro-saint préservatif ! (Ne cherchez pas d’autres différences, il n’y en a aucune, sinon une série d’explications mécaniques et d’histoires de sexes qui, à n’en pas douter, ne défigureraient pas les plus licencieuses publications du genre).

    Oui, mes amis, je suis un horrible pudibond réactionnaire. J’ai même cru naïvement et stupidement qu’alors que Twitter déborde de #metoo et autres #balancetonporc, qu’à l’heure où la majorité des femmes seront victimes au moins une fois dans leur vie d’agressions sexuelles, la priorité serait de trouver des moyens concrets pour éviter d’habituer nos garçons dès leur enfance à se repaître du corps d’une femme comme d’un objet. D’éviter que le porno n’asservisse leur cerveau, ne détruise leur vie sexuelle naissante ni ne pollue leur regard sur l’autre sexe. Je sais dorénavant que la priorité, c’est d’apprendre à regarder le corps de l’autre comme un objet, mais de manière responsable et consentie. Ce n’était pourtant pas bien compliqué de voir à quel point s’attaquer au porno pour de vrai serait prude (berk) et conservateur (pouah !).

    Je suis patriarche

    Mais aujourd’hui, grâce à Sensoa, j’ai compris qu’il n’est rien de tout cela. Car le vrai responsable, je suis amer de vous le dire car je viens d’en prendre conscience, n’est autre que l’humble vermisseau que je suis.

    Je dois vous le confesser, je suis le pire des patriarches. J’ai eu la faiblesse de défendre la transmission masculine du patronyme, qui me vaut encore aujourd’hui une rancune tenace mais j’en suis certain méritée de la part d’une partie du corps féministe. J’éprouve un malin plaisir à parler de madame "le" ministre en répétant à qui veut l’entendre qu’en français, le genre n’a pas de sexe. J’ai gardé un faible pour l’adorable mot "mademoiselle" et vante à longueur de journée la complémentarité homme-femme. En matière de galanterie, la liste de mes méfaits serait trop longue à détailler tant il m’arrive fréquemment aujourd’hui encore de leur tenir la porte, leur donner le bras avec condescendance ou pire en les complimentant sur leur robe. Je me complais volontiers dans le rôle du chevalier protecteur s’amusant à impressionner la racaille vespérale qui papillonne un peu trop près des dames dans le métro. Pire, j’ai honte de vous l’avouer, quand un individu un peu louche manque de respect à ma sœur, j’éprouve de manière quasi irrépressible l’envie protectrice et paternaliste à peine dissimulée de casser la figure de l’importun.

    Grâce à Sensoa, Sven Gatz et Cie, je puis désormais faire amende honorable et devenir un homme nouveau. Car je sais à présent que j’ai fait fausse route, et qu’en fait, le vrai problème, le vrai responsable de #metoo, c’est moi.

    Faire de mes fils des hommes

    Il me reste encore une étape ultime que je ne parviens pas encore à franchir. J’ai beau essayer par tous les moyens, je ne suis pas parvenu à renoncer à l’ambition de faire de mes 4 fils des hommes, des vrais. C’est-à-dire en faire des garçons qui savent regarder une femme dans les yeux, pour qui la vie affective ne se résume pas qu’au sexe et qui ne parlent de personne comme d’un objet comme je l’entends si souvent sans que cela n’émeuve personne; en faire des hommes qui sauront qu’enfiler les filles comme d’autres les perles n’est pas plus glorieux que de se repaître de la nudité de quelqu’un ou d’acheter le corps d’une prostituée; en faire des hommes qui auront appris à aimer en cœur, corps et âme. Bref, à tout faire pour qu’ils ne deviennent pas des porcs.

    Pauvre rêveur que je suis dans le monde d’aujourd’hui ! Quand j’aurai renoncé à cette folle chimère, quand je serai enfin prêt pour le monde libéré et radieux qu’annonce Sven Gatz, je pourrai confier l’éducation affective de mes fils à Sensoa, qui sait bien mieux que nous, pauvres parents, ce qui est mieux pour eux.

    Je n’aurais pas évité d’en faire des porcs. Mais au moins ils seront devenus des porcs responsables. Et pour ça, je pourrais remercier Sensoa jusqu’à la fin de mes jours.