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Débats

  • Chaque Flamand paie 79 euros par an pour la religion...

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    Cela devait arriver : le poids représenté par le financement des cultes, en particulier du culte catholique, paraît de plus en plus insupportable à une population devenue indifférente à l'égard de la religion.

    De Metro, 10 décembre, p. 2 :

    Les Flamands paient 79 euros chaque année pour la religion (en 2018, les religions reconnues en Flandre ont reçu 474.621.366 euros d'impôts, selon le calcul du député flamand Maurits Vande Reyde (Open Vld). Chaque Flamand paie 79 euros par an pour la religion, principalement pour les professeurs de religion, ensuite pour les salaires et les pensions des ministres du culte. Vande Reyde propose de supprimer le financement par le gouvernement. "Les diocèses ont d'énormes ressources financières. Qu'ils paient les salaires des pasteurs et l'entretien des églises. Et faisons des cours de religion un cours de formation générale au lieu de donner à chaque religion son propre professeur."

    https://www.knack.be/nieuws/belgie/het-wordt-tijd-dat-we-geen-belastinggeld-meer-aan-religie-geven/article-opinion-1541345.html

  • L'écologie : une idéologie comme le communisme ?

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    Du Point via le site "Pour une école libre au Québec" :

    Climat — « L'Occident est fatigué et déprimé »

    Posted: 09 Dec 2019 01:32 PM PST

    Extinction Rebellion, Greta Thunberg, catastrophisme, nucléaire... Rencontre avec Pascal Bruckner et l’écologiste pragmatique Michael Shellenberger.  Farouches contempteurs de l’écologie radicale, ils se connaissent depuis 2012. Nommé « héros de l’environnement » par le magazine Time en 2008, l’Américain Michael Shellenberger est un écologiste pragmatique qui défend le nucléaire comme meilleur outil pour lutter contre le réchauffement climatique. Bien connu de nos lecteurs, l’essayiste et romancier Pascal Bruckner, qui vient de publier Une brève éternité (Grasset), voit dans l’écologisme politique une tentation totalitaire.


    Bruckner (à gauche) et Shellenberger (à droite)

    Le Point — Vous êtes tous les deux des critiques de l’écologie radicale. Pourquoi ?


    Michael Shellenberger — Je pense qu’il y a un lien entre les changements globaux que sont l’élection de Trump, le Brexit ou la montée du nationalisme et Extinction Rebellion, et Greta Thunberg. L’argument développé par Pascal dans Le Fanatisme de l’apocalypse, c’est que le climat s’est imposé comme un problème à la fin de la guerre froide. J’étais moi-même alarmiste à propos de la guerre froide et du risque de guerre nucléaire et, lorsqu’elle a fini, très abruptement, je me suis dit « où est passé mon millénarisme  ? ».

    J’ai donc recyclé ma crainte de la fin du monde vers une peur de catastrophe environnementale. Quand les activistes climatiques parlent du changement climatique, ils le font de la même manière qu’ils parlaient de la guerre nucléaire avant la chute du mur de Berlin. Aujourd’hui, nous assistons à une désintégration de l’ordre politique planétaire, avec un repli sur les frontières nationales. On le voit avec le retrait des États-Unis du Moyen-Orient. Extinction Rebellion et Greta Thunberg sont des réactions à Trump et au Brexit, le signe d’une panique chez les progressistes, internationalistes et cosmopolites contre ce retour à un nationalisme de droite. Je pense que ça ne fonctionnera pas, parce qu’il y a trop peu de raisons de garder une solidarité internationale libérale aujourd’hui. On risque de revenir à un monde bipolaire, États-Unis contre Chine. Je ne sais pas ce que l’Europe sera dans ce nouveau monde.

    Pascal Bruckner — Il y a beaucoup de choses dans ce que vient de dire Michael. La fin de la guerre froide a posé un problème majeur à l’Occident : la disparition de l’ennemi. On a donc cherché un ennemi de substitution. L’altermondialisme a d’abord succédé au communisme, puis ont suivi l’écologie et l’islam radical. Avec l’écologie profonde, l’ennemi est devenu l’homme lui-même. L’homme en ce qu’il est le créateur de son destin et en tant que dominateur de la nature pour imposer sa culture et sa civilisation. Toute l’ambiguïté de l’écologie est qu’on ne sait jamais si elle cherche à sauver la Terre ou à punir les hommes. Il semblerait qu’on ait envie de punir les hommes, et il y a d’ailleurs toute une fraction de l’écologie qui est exterminatrice. C’était déjà le cas avec le commandant Cousteau qui préconisait la disparition de plusieurs centaines de millions d’hommes, c’est vrai aussi avec les collapsologues comme Yves Cochet qui envisage avec un grand sourire l’extinction de l’espèce humaine. Sur ce plan-là, Extinction Rebellion est intéressant parce que ce sont des enfants de la classe moyenne supérieure, plutôt bien élevés et bien éduqués [enfin... plutôt qui ont fréquenté l’école pendant de nombreuses années].

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  • "Vingt-six ans plus tard, je pense encore à cet enfant qui n'a pas vu le jour"

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    Du site du Vif, en Carte blanche :

    J'ai avorté il y a 26 ans: "un geste qui est tout sauf anodin"

    7/12/19 à 09:26

    En ce moment, plusieurs partis politiques veulent soumettre au vote une proposition visant à allonger le délai légal d'avortement de 12 à 18 semaines, en réduisant le délai de réflexion obligatoire de 6 jours à 48h et en supprimant tout volet pénal pour une interruption de grossesse qui enfreindrait le cadre légal. Au vu des débats en cours, je n'ai pu m'empêcher de songer à mon propre vécu. Au drame que j'ai traversé.

    En ce jour, je souhaite témoigner pour que nos politiciens prennent conscience de l'impact que laisse un tel geste, qui est tout sauf anodin. Un avortement ne sera jamais un acte médical ordinaire.

    Cela s'est passé il y a 26 ans. J'avais alors 27 ans, la fleur de l'âge, un âge où l'on est jeune, un âge où l'on est insouciante. J'entretenais depuis quelque temps une relation avec un homme un peu plus âgé, marié et père de trois enfants.

    Je ne chercherai pas ici à me justifier : le passé appartient au passé, ce qui est derrière nous est révolu. Pour la première fois, on m'accordait de l'importance. Je me sentais aimée, désirée, choyée, et même admirée. Nous vivions une passion sans se soucier de quoi que ce soit.

    Avec le temps, nous nous sommes montrés négligents, et ce qui devait arriver se produisit. Appelons cela le destin ou la fatalité.

    J'ai d'abord traversé une longue période de déni. Les jours passaient, et je ne voulais rien savoir de ce qui m'arrivait. Et puis j'ai dû me rendre à l'évidence. Mon corps changeait, je sentais en moi un bouleversement, quelque chose de l'ordre de l'hormonal, et même plus que cela : j'étais enceinte. Une vie se développait en mon sein.

    J'ai pris rendez-vous chez le gynécologue. Cela a pris du temps, trop de temps.

    Je suis bientôt arrivée à 15 semaines de grossesse. J'ai dit au médecin que je ne voulais pas de cet enfant, que je ne voulais pas le garder, que c'était impossible. D'emblée, il m'a donné les coordonnées pour avorter aux Pays-Bas. Cela se passait en septembre 1993.

    J'ai prévenu le papa ainsi que ma meilleure amie, mais je ne voulais écouter aucun conseil. Tout ce que je savais, c'est que c'était impossible.

    Le père voulait que je garde l'enfant. Quelle folie ! Comment allait-il faire pour garder le secret, lui, marié et père de trois enfants? Comment pourrait-il continuer à vivre cette double vie ?

    J'ai décidé toute seule de ce que j'estimais être le meilleur choix, au vu des circonstances, même si je l'ai longtemps regretté depuis. Je refusais surtout de détruire une famille. Mais je n'avais pas réalisé alors ce que j'allais vivre.

    Le corps n'est pas une machine qu'on peut activer et désactiver comme on l'entend. Nous sommes ce corps que nous habitons. Nous sommes la vie qui l'anime. Interrompre la vie qui naît dans notre sein ne peut se vivre comme un geste anodin, mais seulement comme un acte qui nous affecte à jamais. On n'oublie jamais. Il y avait une vie humaine qui naissait en moi, une vie que j'hébergeais, une vie à laquelle j'ai mis fin. Une partie de moi est partie avec cet enfant.

    Chaque situation est singulière. Chaque situation est difficile. Aucune femme ne doit être jugée pour ce qu'elle a vécu. Mais il faut que chacun soit bien conscient de ce qui se vit dans ce drame de l'avortement. J'ai parlé à de nombreuses femmes qui ont vécu des situations similaires à la mienne. Toutes continuent à y penser, des années durant. Et on voudrait normaliser ce drame ?

    Vingt-six ans plus tard, ce vécu est toujours là, en moi. Vingt-six ans plus tard, je pense encore à cet enfant qui n'a pas vu le jour.

    Je voudrais que nos politiques réfléchissent bien avant de légaliser un acte qui nous blesse, en tant que femmes, dans notre "moi" le plus intime, au plus profond de nous-mêmes. Les débats en cours passent complètement à côté de ces blessures, estimant que la "liberté de la femme" justifie tout, jusqu'à se faire violence à elle-même.

    Le plus important, à mes yeux de femme meurtrie, serait aujourd'hui de tout faire pour éviter à d'autres de vivre ce drame. La priorité devrait être de les accompagner. Quand mettra-t-on en oeuvre une politique de santé publique visant à réduire le nombre d'avortements ? J'ai lu dans la presse qu'une femme belge sur cinq recourt à l'avortement au moins une fois dans sa vie. C'est trop ; c'est beaucoup trop.

    Carine Van H

  • URGENT ET IMPORTANT ! Signez pour vous opposer à la proposition de loi avortement

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    LA PROPOSITION DE LOI : 5 POINTS CLÉS

    • Augmentation du délai légal d'avortement

    La proposition de loi rend possible l’avortement jusque la moitié de la grossesse, c’est à dire 20 semaines d’aménorrhée (18 semaines de grossesse)

    • Diminution du délai de réflexion

    La proposition de loi divise par trois le délai de réflexion minimum, de 6 jours à 48h. Ce qui augmentera nécessairement les situations de regrets.

    • Suppression du devoir d’information

    La proposition de loi supprime l’obligation d’informations sur les aides psychologiques et matérielles disponibles pour poursuivre la grossesse.

    • L'IVG comme "acte médical"

    La proposition de loi définit l’IVG comme “un acte médical à part entière”, selon le projet de loi “il n’y a aucune raison de maintenir des sanctions pénales spécifiques à l’encontre des médecins qui agiront pour ces actes médicaux avec la même conscience professionnelle que lorsqu’ils accomplissent tout autre acte médical”

    • Remise en cause de la liberté des institutions

    La proposition de loi  remet en cause la liberté des institutions en inscrivant : « aucun médecin ne peut être empêché de pratiquer une interruption volontaire de grossesse en vertu d’une convention. Le cas échéant, une telle clause d’interdiction est réputée non écrite »

    SIGNER

    LA CARTE BLANCHE PUBLIEE DANS LALIBRE ET DEMORGEN

  • L'aide médicale à mourir : "un nihilisme ayant en plus le culot de se présenter comme l'ultime accomplissement de la démocratie et de l'humanisme"

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    AIDE MÉDICALE À MOURIR : « UN NIHILISME AYANT EN PLUS LE CULOT DE SE PRÉSENTER COMME L’ULTIME ACCOMPLISSEMENT DE LA DÉMOCRATIE ET DE L’HUMANISME »

    05 décembre 2019

    Dans une tribune pour le Journal de Montréal, l’essayiste Mathieu Bock-Côté revient sur l’évolution « facile à prévoir » de la loi sur le suicide assisté. Il réagissait aux propos de Luc Ferrandez[1] qui suggère d’élargir l’aide médicale à mourir pour « des raisons environnementales, sociales et économiques », afin de « ne pas constituer un fardeau pour notre famille et la société en général ».

    Au départ, « une mesure se présentant comme un geste nécessaire d’empathie », uniquement « réservée aux personnes en fin de vie, victimes d’une maladie incurable et souffrant de douleurs extrêmes ». Un droit nouveau certes, mais dont la société « savait la gravité ». Puis, une fois voté, « les réserves se sont dissipées » et l’objectif est devenu de « faire tomber les limites » qui l’avaient d’abord encadré. Finalement, c’est « une révolution philosophique » qui a eu lieu. L’essayiste le déplore : « C’est moins le suicide assisté qui nous révolte, aujourd’hui, que l’idée même de l’encadrer ». Il analyse : « L’homme de notre temps se veut absolument maître de lui-même ». Ainsi, « mourir doit devenir un acte volontaire, et le système de santé, dans la mesure du possible, doit aider l’individu à réaliser ses volontés ».

    Face à ces évolutions, Mathieu Bock-Côté interroge : « Suffira-t-il un jour de simplement se présenter dans une clinique pour en finir, à condition de remplir le formulaire administratif de consentement approprié ? » Le patient « devra-t-il au moins ajouter un motif ? Par exemple, à la raison du suicide, devra-t-il répondre : ‘ je ne veux plus être un fardeau pour mes enfants’ ? Ou encore : ‘je ne veux plus contribuer aux changements climatiques’ ? » Finalement l’essayiste se demande : « Comment ne pas y voir le triomphe d’un nihilisme ayant en plus le culot de se présenter comme l’ultime accomplissement de la démocratie et de l’humanisme ? »  

    Pour aller plus loin :

    ____________________________________

    [1] Ex-maire du Plateau-MontRoyal au Québec.

    Sources: Journal de Montréal, Mathieu Bock-Côté (04/12/2019)

  • "Saint-Père, Vous êtes en train d’encourager un schisme. Vous êtes en train de légitimer les schismatiques en Chine"

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    De Sandro Magister (Settimo Cielo) en traduction française sur le site Diakonos.be :

    Église au bord du schisme en Chine.  Le cri d’alarme du cardinal ZenCe 3 décembre, « New Bloom », un magazine en ligne en ligne de Taïwan, a publié une longue interview du cardinal Joseph Zen Zekiun, l’évêque émérite de Hong Kong.

    Cette interview s’est déroulée à Hong Kong et est signée par Nicholas Haggerty.  On peut la lire dans son intégralité en anglais sur cette page de « New Bloom » :

    > Interview : Cardinal Joseph Zen

    Le Cardinal retrace avec beaucoup de détails la politique du Saint-Siège envers la chine durant les trois derniers pontificats.  Et il pointe du doigt les principaux responsables de la capitulation face au régime communiste formalisée par l’accord secret du 22 septembre 2018 : le cardinal indien Ivan Dias, avant-dernier préfet de « Propaganda Fide », et surtout le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, qui était auparavant le sous-secrétaire chargé du dossier chinois.

    Ce qui suit est la partie de l’interview concernant le pontificat de François.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    *

    Zen : François n’a que peu de respect pour ses prédécesseurs.  Il fait table rase de tout ce qui a été fait par Jean-Paul II et par le Pape Benoît.  Et naturellement, pour faire bonne contenance, on dit tout le temps : « En continuité avec… » mais c’est une insulte.  Une insulte.  Il n’y a pas de continuité.

    En 2010, Parolin et Dias se sont mis d’accord avec les Chinois sur un avant-projet.  Alors, tout le monde a commencé à s’exclamer : « Oh, maintenant un accord arrive, il arrive, il arrive ».  Et tout d’un coup, plus rien.

    Je n’ai pas de preuve, mais je crois que c’est le Pape Benoît qui a dit non.  Il ne pouvait pas signer cet accord.  Et je pense que l’accord actuel qui a été signé doit être exactement le même, celui que le Pape Benoît a refusé de signer.

    Haggerty : Vous n’avez pas vu cet accord, on ne vous l’a pas montré ?

    Zen : Non !  Et je vous pose la question : est-ce que c’est correct ?  Je suis l’un des deux cardinaux chinois en vie et je n’ai pas pu voir cet accord, pourtant je me suis rendu à Rome à trois reprises.

    Haggerty : Comment étaient vos relations avec François au début de son pontificat.  Ont-elles toujours été compliquées ?

    Zen : J’ai personnellement de très bonnes relations avec François, même aujourd’hui.  Et début juillet de cette année, j’ai eu un dîner avec le Pape.  Mais il ne répond pas à mes lettres.  Et tout ce qui s’est passé est allé à l’encontre de ce que j’ai suggéré.

    Il y a trois choses.  Un accord secret, tellement secret qu’on ne peut rien dire.  On ne sait pas ce qu’il contient.  Ensuite la réhabilitation de sept évêques excommuniés.  C’est incroyable, tout bonnement incroyable.  Mais le dernier acte est encore plus incroyable : la mise à mort de l’Église souterraine.

    Maintenant, ils ont achevé leur travail.  Le 28 juin, le Saint-Siège a publié un document – le Saint Siège ! Aucun document ne provient directement du Saint-Siège mais toujours d’un département en particulier, avec les signatures.  Là, il n’y avait aucun département mentionné et aucune signature…  du Saint-Siège.  Incroyable.  Quelqu’un n’ose pas prendre ses responsabilités.

    Je suis à nouveau retourné à Rome.  Pour la troisième fois.  J’y suis allé l’an dernier en janvier, en octobre l’an dernier et ensuite en juin de cette année.  J’ai envoyé une lettre à la résidence papale qui disait : « Saint-Père, je suis ici à Rome, je voudrais savoir qui a rédigé ce document.  Les soi-disant orientations pastorales.  Et je voudrais en discuter avec lui en votre présence.  Je suis ici à Rome pour quatre jours, vous pouvez m’appeler n’importe quand, de jour comme de nuit. »

    Après un jour, rien.  Donc j’ai envoyé un autre message, mais cette fois avec toutes mes objections au document.  J’ai écrit : « Je suis toujours ici à attendre ».  Donc après un autre jour, quelqu’un est venu me dire : « Le Saint-Père a dit, quoi que vous ayez à dire, dites-le au Secrétaire d’État, le cardinal Parolin. »  J’étais furieux.

    J’ai dit : « Non !  Je n’ai pas envie de perdre me temps avec ce type. »  Une réelle perte de temps parce que je n’arriverai jamais à le convaincre et lui n’arrivera jamais à me convaincre.  Je voudrais que le Saint-Père soit présent.  Mais comme ça semble impossible, tant pis, je retourne à la maison les mains vides.

    Le dernier jour, j’étais allé prier dans une basilique et rendre visite à des amis.  […] Je suis rentré à ma résidence à cinq heures.  On m’a dit : « Oh, le Saint-Père t’invite à dîner ensemble avec Parolin. »

    Je me suis rendu au dîner.  Très simple, juste nous trois.  J’ai pensé qu’un dîner n’était pas l’endroit pour se disputer, et donc que je devais être aimable pendant le dîner.  Donc je n’ai parlé que de Hong Kong et Parolin n’a pas dit un mot.  Donc à la fin, j’ai dit : « Saint-Père, qu’en est-il de mes objections à ce document ? ».  Il m’a répondu : « Oh, oh, je vais m’occuper de ce problème. »  Et il m’a montré la porte.

    Et alors, je ne suis pas rentré les mains vides.  J’ai la claire impression que Parolin est en train de manipuler le Saint-Père.

    Haggerty : Que veut Parolin ?

    Zen : Oh, personne ne peut en être sûr.  Comment un homme d’Église tel que lui, avec toute sa connaissance de la Chine et des Communistes, peut faire ce qu’il est en train de faire aujourd’hui, c’est un mystère.  La seule explication n’est pas la foi.  C’est un succès diplomatique.  La vaine gloire.

    À présent, le dernier acte est tout bonne incroyable.  Le document dit : « Pour exercer votre ministère publiquement, vous devez vous enregistrer auprès du gouvernement. »  Et ensuite vous devez signer.  Signer quelque chose qui vous engage à soutenir l’Église indépendante.  […]  Ce document contient quelque chose contre notre orthodoxie mais ils sont encouragés à signer.  On ne se ment plus seulement à soi-même.  On ne ment plus seulement aux Communistes.  C’est au monde entier qu’on ment.  On ment aux fidèles.  Signer ce document, ce n’est pas signer une simple déclaration.  Quand vous signez, vous acceptez de devenir un membre de cette église qui est sous domination du parti communiste.  C’est terrible, vraiment terrible.

    Récemment, j’ai appris que le Saint-Père, dans un vol de retour (je ne me souviens plus d’où) a déclaré : « Bien sûr, je ne voudrais pas assister à un schisme.  Mais je n’ai pas peur d’un schisme. »  Et moi je vais lui répondre : « Vous êtes en train d’encourager un schisme.  Vous êtes en train de légitimer les schismatiques en Chine. »  C’est incroyable.

  • Témoigner ou nous dérober? Il faut choisir...

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    De Kerknet.be :

    Frère René Stockman: profilage ou nivellement, quelle attitude choisissons-nous?

    6 DÉCEMBRE 2019

    Le Supérieur général des Frères de la Charité se demande si les chrétiens devraient se laisser entraîner passivement dans le courant sociétal

    Cependant, la question est de savoir si nous disposons encore d'un espace pour être actif en tant que chrétien aujourd'hui et si nous ne sommes pas confrontés à des dilemmes qui rendent la croyance vraiment difficile et parfois la rendent pratiquement impossible, écrit le frère René Stockman, supérieur général des Frères de la Charité, dans un article récemment publié. En d'autres termes, pouvons-nous encore nous présenter comme chrétiens dans le monde? Ou sommes-nous obligés de niveler encore plus notre foi, avec le danger de se retrouver dans une atmosphère de relativisme, à l'égard de laquelle le pape Benoît XVI a si souvent mis en garde les croyants?

    Profilage ou nivellement: quelle attitude choisissons-nous?

    Un nouveau type de trinité

    La question est de savoir si, en tant que chrétien, nous subissons et acceptons passivement ce qui est largement accepté dans la société et est généralement devenu juridiquement possible? Ou restons-nous fidèles à notre foi et offrons-nous de la résistance par tous les moyens qui nous sont offerts dans une démocratie? (...) Ne nous laissons pas trop décourager par certains qui nous présentent comme des extrémistes parce que nous voulons seulement donner forme au message évangélique de manière cohérente et radicale dans le respect des autres croyances.

    D'autres sont beaucoup moins réticents à se présenter avec leur message radical et à ridiculiser les valeurs évangéliques.

    Leur objectif est de donner forme, de manière orchestrée, à un nouveau type de trinité que personne ou quoi que ce soit ne peut toucher: la liberté absolue, l'autonomie et l'autodétermination. Celles-ci semblent être les ingrédients d'une religion sociale nouvellement professée aujourd'hui.

    Débats éthiques

    Le nivellement signifie souvent que nous devrons faire des compromis avec des visions et des valeurs qui sont complètement incompatibles avec le message évangélique, avec les valeurs chrétiennes, avec la vision chrétienne de l'homme et de la société. Nous pensons ici aux nombreux débats éthiques qui se déroulent aujourd'hui et où la dignité intrinsèque inaliénable de toute vie est touchée, du tout début à la fin naturelle. Si nous restons accrochés au radicalisme auquel le message évangélique nous appelle, nous atteindrons très rapidement une frontière intouchable. Si nous nous en tenons à cela, nous serons bientôt exclus ou nous devrons nous fermer à ces débats.

    Les débats en cours se réfèrent à une toute nouvelle échelle de valeurs, à des prémisses qui ne peuvent pas être conciliées avec les fondements sur lesquels se fondent nos valeurs chrétiennes et rendent donc tout dialogue ultérieur tout simplement impossible. Lorsqu'on ne peut plus discuter du fond, le dialogue sur les modalités possibles n'a plus de sens et n'est même pas approprié .

    Ne serait-ce pas aujourd'hui un témoignage de courage que de continuer à nous profiler comme chrétiens, avec un radicalisme auquel le message évangélique nous appelle, et donc à nous tenir prophétiquement dans le monde?

    Lisez l'article complet du frère René Stockman.

  • Mgr Léonard : que penser des expériences de mort imminente?

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    Du site Marie de Nazareth.com :

    La Question du Mardi

    En association avec Une Minute avec Marie et les Questions de fond d'Aleteia

     

    Que penser des expériences de mort imminente ?

    Mgr André-Joseph Léonard
    Archevêque émérite de Malines-Bruxelles, il est né à Jambes (Namur) le 6 mai 1940, il est le dernier d'une famille de quatre fils, tous devenus prêtres.
    Il est aujourd'hui retiré en France et chapelain auxiliaire de Notre-Dame du Laus.

    Les EMI nous rappellent que notre perception quotidienne est très en deçà de la réalité, et leurs éléments caractéristiques sont très cohérents avec la foi chrétienne.

    1. Les EMI (« Near Death Experience » - NDE - en anglais) sont des expériences aujourd’hui bien connues, attestées dans toutes les cultures et sur tous les continents, et sur lesquelles on a maintenant de nombreuses études et plusieurs milliers de témoignages convergents. En savoir +

    2. Les témoignages reprennent en général une partie des éléments caractéristiques suivants : « sortie » du corps, rencontre d’âmes de défunts et reconnaissance de visages connus, « passage » dans un tunnel sombre au bout duquel rencontre très attirante avec « une lumière », décision de retour « difficile » tant le passage ressenti comme « définitif » et sans retour semble attirant. En savoir +

    3. Ces phénomènes étonnants ont beaucoup d’intérêt car ils rappellent que notre perception du quotidien est très en deçà de la réalité : après la science qui a montré que nous n’avons accès qu’à une partie infime du cosmos, et la foi qui enseigne que le Paradis terrestre et le Paradis céleste nous échappent aussi, les EMI confirment l’existence d’un réel élargi à l’approche de la mort. En savoir +

    4. Les EMI qui se situent « au seuil » de la mort, et non « après », ne disent pas tout de notre destin au-delà de la vie présente, mais l’ensemble de leurs caractéristiques recoupent parfaitement la doctrine chrétienne sur la mort qui enseigne la séparation de l’âme et du corps, l’immortalité de l’âme, la communion des saints et un jugement particulier dans l’amour et la vérité. En savoir +

    5. On constate de très bons fruits spirituels à ces expériences et la majorité des personnes ayant vécu des NDE se convertit en général dans les semaines ou les mois qui suivent, et n’ont plus peur de la mort. En savoir +

    6. Il faut cependant bien se garder d’assimiler ces EMI avec l’expérience authentique de la foi, qui n’a nullement besoin d’expériences extraordinaires pour être forte, grande et vraie. En savoir +

  • La recherche sur les embryons en Belgique : jusqu'aux modifications génétiques héréditaires et aux chimères?

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    Du Bulletin d'Information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    La recherche sur les embryons en Belgique : jusqu'aux modifications génétiques héréditaires et aux chimères?

    05/12/2019

    Qu'est-ce que l'embryon humain ? Quelles recherches sont menées sur les embryons ? Comment se positionne la Belgique sur la recherche sur les embryons par rapport aux autres pays européens ? Les résultats des essais cliniques utilisant des cellules souches embryonnaires sont-ils concluants ? Autant de questions qui furent abordées lors du quatrième colloque organisé par la Commission Fédérale pour la recherche médicale et scientifique sur les Embryons in vitro (CFE), le 29 novembre dernier au Parlement.

    Sophie Debrock, embryologue à la KULeuven, a notamment cité les finalités de la recherche sur les embryons : à savoir, l'amélioration des techniques de fécondation in vitro, l'étude du développement de l'embryon, l'utilisation de cellules souches embryonnaires, la génétique, ainsi que les modifications du génome de l'embryon. Ce sont d'une part les embryons surnuméraires (après une procréation médicalement assistée) qui font l'objet de ces recherches lorsque les parents y consentent. Ceux-ci peuvent aussi autoriser que leurs embryons servent de matériau de laboratoire pour la formation du personnel médical, bien que la Commission ne contrôle pas l'utilisation des embryons dans ce cas-là.

    D'autre part, la loi belge autorise les chercheurs à créer des embryons expressément pour la recherche. Depuis que la commission évalue la pratique (2006) et jusqu'en 2017, cela concerne 2.832 embryons (Voir le Dossier de l'IEB pour une analyse des chiffres). Se réjouissant du fait que la Belgique n'ait pas signé la Convention d'Oviedo en 1997, les chercheurs n'ont aucune contrainte pour créer ces embryons, ou pour lancer des recherches qui apportent des modifications génétiques héréditaires chez l'embryon. Ce qui fait de la Belgique un des pays du monde les plus permissifs en la matière.

    On a aussi appris à ce colloque que des cellules souches embryonnaires ont été transplantées dans des cerveaux de souris. C'est l'objet des recherches de Pierre Vanderhaeghen, chercheur à l'ULB qui viserait à développer des traitements contre certaines déficiences intellectuelles chez l'homme. Le chercheur a toutefois admis que la recherche sur base de cellules souches embryonnaires contient « beaucoup plus de potentiel que de réalisations ». Rappelons en effet que seuls trois essais cliniques ont pour l'instant été menés à terme. Les promesses appuyées par les promoteurs de la recherche sur l'embryon sont d'autant plus surprenantes que la pratique existe depuis plus de 20 ans, et qu'au niveau international, les résultats des premiers essais cliniques ne laissent entrevoir qu'une légère amélioration de la vision chez moins de dix patients atteints de dégénérescence maculaire.

    L'alternative des cellules souches pluripotentes induites, qui ont l'avantage de provenir du corps humain sans entraîner la destruction d'un embryon, fit l'objet de bien peu d'attention lors du colloque (malgré l'intérêt croissant qu'y portent certains pays comme le Japon), si ce n'est pour en dire que ce domaine nécessite plus de recherches, et n'est pas aussi proéminent que le « golden standard » (sic) des cellules souches embryonnaires.

    Le biologiste Charles Susanne (ULB), membre de la Commission, a clôturé le colloque en encourageant à développer la recherche fondamentale sur les modifications génétiques héréditaires chez l'embryon, et en appelant à “approfondir” la question des chimères*, autorisées depuis 2007 au Royaume-Uni, mais interdites de création en Belgique...

    *chimère : être provenant à la fois d'une espèce animale et de l'espèce humaine.

  • Comment espérer encore quand les cathédrales brûlent et les sociétés vacillent?

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    Une réflexion à lire sur cath.ch

  • Le 2e rapport sur l'Eglise catholique en Belgique : un exercice affolant de la langue de buis

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    Le discours officiel des apparatchiks ecclésiastiques voudrait masquer la triste réalité de l'Eglise belge caractérisée par un effondrement notable de la pratique religieuse : entre 2016 et 2018, l'Église a enregistré une baisse de 11,83% pour les baptêmes, de 4,33% pour les confirmations, de 13,92% pour les mariages à l'Eglise et de 16,79% pour la participation à l'Eucharistie; sans compter les 2400 débaptisés de 2017-2018... Mais, aux yeux des commentateurs attitrés, il s'agirait d'une évolution marquant le passage d'un "christianisme culturel" (ou "sociologique") à un "christianisme facultatif" (ou "décisionnel")! Sic! Et de se féliciter de la part prise par les laïcs, par les femmes et par les étrangers à l'activité de l'Eglise dans notre pays, comme s'il ne s'agissait pas de solutions plus ou moins heureuses ou plus ou moins boiteuses pour pallier au manque de prêtres et de religieux. Et les chiffres seraient encore bien plus désolants s'il n'y avait pas une présence substantielle de fidèles venus de l'étranger. Et les meilleurs chiffres sont ceux de la fabrication de bière dans les abbayes trappistes...

    Mais, pour Jean-Jacques Durré (cathobel), il s'agit d'un "dynamisme encourageant" : https://www.cathobel.be/2019/12/04/leglise-catholique-de-belgique-un-dynamisme-encourageant/!

    De Kerknet.be :

    2ème rapport annuel Eglise catholique en Belgique: 'Eglise en transition'

    MERCREDI 4 DÉCEMBRE 2019

    Plus de femmes que d'hommes et plus de laïcs que de prêtres travaillent dans l'Église catholique en Belgique.

    Eglise catholique belge en chiffres 2019

    • 55% des employés de l'Église sont des femmes
    • il y a plus de laïcs nommés que de prêtres nommés
    • 147.659 volontaires sont engagés 
    • Broederlijk Delen (Entraide et Fraternité) et Caritas International lèvent 13 millions d'euros

    L'Eglise catholique en Belgique traverse des transitions remarquables. (!?) Cela ressort clairement du deuxième rapport annuel de l'Église publié aujourd'hui par la Conférence des évêques de Belgique . Par exemple, l'Église en Belgique est de plus en plus soutenue par des laïcs . Dans tous les diocèses belges, 2 038 laïcs ont été nommés par un évêque (paroisses, services diocésains, établissements de soins, etc.), en plus des 1 940 prêtres nommés. La formation est en augmentation: il y a 64 prêtres étudiants, 39 diacres en formation et 297 hommes et femmes suivent la formation au travail pastoral.

    La deuxième transition importante est celle de la féminisation. En Belgique, sur plus de 7 000 personnes qui assument des responsabilités ou exercent des fonctions, 55% sont des femmes.

    Les chiffres confirment que les femmes jouent un rôle irremplaçable pour l'avenir de l'Église et la vie de foi.

    La troisième évolution que traverse l’Eglise est celle du christianisme culturel au christianisme facultatif. Les gens ne choisissent plus dans la tradition, mais choisissent très consciemment certains sacrements. Cela se reflète dans les chiffres de plusieurs sacrements. Par exemple, entre 2016 et 2018, l'Église a enregistré une baisse pour le baptême (- 11,83%), la confirmation (- 4,33%), le mariage ecclésiastique (- 13,92%) et l'eucharistie (- 16,79%).

    La quatrième et dernière transition est celle de la diversité croissante . Outre les communautés religieuses néerlandophones, françaises ou germanophones, il existe également en Belgique 155 communautés catholiques de croyants d'origine étrangère et 9 communautés catholiques de rite oriental (telles que des catholiques chaldéens et syriens). Sur les 2 260 «fidèles» rémunérés par le Service public fédéral Justice, 19% sont des femmes et 20% des étrangers. Parmi eux, les Congolais (172) constituent de loin le groupe le plus important, suivis des Français (43) et de la Pologne (34).

    Quelques chiffres notables du rapport

    • En 2018, 31 bâtiments d'église ont été retirés du culte catholique. Parmi ceux-ci, 8 ont été donnés à d'autres services de culte chrétiens.
    • Les centres de réflexion et les quartiers des monastères et des abbayes ont enregistré 227 279 nuitées en 2018 (plus de 600 invités par jour).
    • Les 9 cathédrales de Belgique ont accueilli 2 853 040 visiteurs pour la liturgie et le tourisme en 2018.
    • Les 6 abbayes de trappistes (Achel, Chimay, Orval, Rochefort, Westmalle et Westvleteren) emploient 395 personnes dans leurs brasseries, leurs fromageries et leurs quartiers d’hôtes et produisent 46 millions de litres de bière.
  • Euthanasie : la fuite en avant d'un pays "pionnier sur les questions éthiques"

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    Les perspectives actuelles de formation d'un nouveau gouvernement fédéral sont particulièrement inquiétantes sur le plan éthique. Au programme : la dépénalisation totale de l'avortement et sa pratique jusqu'à la 18e semaine mais aussi l'élargissement des conditions de la pratique de l'euthanasie avec la mise à mal du droit à l'objection de conscience des établissements et des praticiens. Un gouvernement s'appuyant sur une majorité "arc en ciel" constituée de socialistes, d'écolos et de libéraux serait entièrement acquis à ces nouvelles dérives éthiques. L'air se fait de plus en plus irrespirable dans notre triste royaume comme en atteste la dernière note de l'informateur :

    (RTBF, 3 décembre) "...changement par rapport à la note précédente, Paul Magnette ajoute un volet éthique à sa note. Cela ressemble fort à un engagement vis-à-vis de l’Open VLD qui avait mis en avant ce thème ainsi que celui des libertés individuelles. C’est aussi un message, voire une provocation, pour le CD&V. Paul Magnette écrit que l’objectif est de "rester un pays pionnier sur les questions éthiques et la lutte contre les discriminations."

    Paul Magnette pointe les avancées nécessaires en matière d’interruption volontaire de grossesse et d’euthanasie : "Il conviendra de rendre l’ensemble des institutions de soins qui bénéficient d’un financement public légalement responsable du respect du droit de mourir dans la dignité et du respect de pratiques telles que l’IVG, pour l’ensemble de leurs patientsCela implique que l’institution de soins aura une obligation légale de répondre favorablement à une demande de fin de vie émise conformément à la loi en s’assurant qu’un médecin – qu’il appartienne ou non à l’institution – puisse être appelé à assurer l’acte lui-même."

    La note évoque également un travail de sensibilisation sur le don d’organes ou une règle similaire à celle pour l’IVG appliquée à la filiation pour tous.

    Du Bulletin d'Information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Belgique : la loi relative à l’euthanasie en passe d’être révisée

    28/11/2019

    Mardi, la Commission de la Santé a adopté une proposition de loi visant à modifier la législation relative à l'euthanasie en trois points. Le texte doit encore faire l'objet d'un vote en assemblée plénière.

    1. Premièrement, la limitation à cinq ans de la durée de validité des déclarations anticipées d'euthanasie sera abrogée : cette déclaration vaudra sans limite dans le temps, à moins que le déclarant ne la retire. Pour rappel, la déclaration ne trouve effet que si la personne est plongée dans le coma ou dans un état végétatif. Le médecin sollicité est encore libre de s'y soumettre ou non. (Voir Dossier de l'IEB)

    Se pose ici la question, que certains députés ont soulevée, de savoir comment traiter une déclaration dont l'auteur précise qu'elle ne vaut que pour un nombre d'années déterminé. Ou encore, qu'en sera-t-il de la personne qui a oublié l'existence de sa déclaration anticipée d'euthanasie, après 10, 20, 30, 40, ou 50 ans... ? Le jour où elle tombe dans le coma, pourra-t-on se baser sur un document qui date de plusieurs décennies pour l'euthanasier ?

    2. Ensuite, un article prévoit d'interdire aux établissements de soins de convenir avec leurs médecins, ou avec des médecins externes, qu'il n'y aura pas d'euthanasie en leur sein. Autrement dit, si le médecin le souhaite et que le patient se trouve dans les conditions de la loi pour obtenir l'euthanasie, le médecin pourra donc pratiquer l'euthanasie à l'intérieur de l'établissement, même si cet acte est contraire aux valeurs promues par l'établissement.

    Jusqu'à présent, les établissements de soins bénéficient encore de la liberté de ne pratiquer l'euthanasie en leurs murs. Le ministre Kris Peeters, en 2018, avait d'ailleurs confirmé dans sa réponse à une question parlementaire (n° P2779), que la loi relative à l'euthanasie « ne rend pas obligatoire la pratique de l'euthanasie et ne prévoit pas de sanctions en cas de refus par un médecin ou un centre d'hébergement et de soins de pratiquer une euthanasie. »

    3. Enfin, l'obligation de renvoi dans le chef du médecin qui fait objection de conscience lorsque son patient lui demande l'euthanasie, est durcie : le médecin devra avertir son patient de son objection de conscience au plus tard dans les 7 jours après la formulation de la demande d'euthanasie; ensuite, il devra "transmettre, dans les 4 jours de la formulation du refus, le dossier médical du patient à un autre médecin qui examinera sa demande d'euthanasie."

    C'est notamment à cause du flou que crée cette disposition que la députée cdH Catherine Fonck a plaidé pour que la Commission demande l'avis du Conseil d'Etat avant le vote final. En effet, on sait que bon nombre de demandes d'euthanasies sont ponctuelles et recouvrent une question plus profonde chez le patient. Seule une demande sur 10 aboutit à une euthanasie. Un médecin qui de façon générale ne pratique pas l'euthanasie, et qui entend chez son patient cette demande, sera-t-il obligé de renvoyer celui-ci vers un confrère dès l'instant où surgit cette demande, et ce sans donc pouvoir prendre le temps d'en discuter avec son patient ?

    Il ne s'est trouvé aucun député en Commission pour appuyer la demande d'avis au Conseil d'Etat. Peut-être en sera-t-il autrement en assemblée plénière ?