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Economie

  • Le modèle social belge dans l'impasse...

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    Une opinion de Bruno Colmant (Banque Degroof Petercam, professeur à l'ULB et à l'UCL) sur le site de la Libre :

    La fin de l'Etat-providence ?

    La Belgique devra accepter l’inflexion de son modèle social, car l’importance de la dette publique l’a sabordé.

    La notion d’Etat-providence relève de deux acceptions, à savoir l’Etat-providence bismarckien, fondé en Allemagne par les lois de 1880, et l’Etat-providence beveridgien (ou welfare state), du nom de son inventeur, l’économiste anglais travailliste William Beveridge (1879-1963). L’Etat-providence bismarckien est fondé sur le mécanisme des assurances sociales, dans lequel les prestations sont la contrepartie de cotisations, tandis que l’Etat-providence beveridgien, financé par l’impôt, fournit des prestations uniformes à tous les acteurs de la société.

    L’Etat-providence belge résulte d’une juxtaposition de ces deux catégories. L’Etat-providence belge est une architecture sociale qui constitue l’essence du modèle belge fondé sur la solidarité fiscale et parafiscale, elles-mêmes respectivement fondées sur la capacité contributive des citoyens et une association de leurs revenus professionnels à un mécanisme assurantiel.

    Mais si ce modèle était robuste dans une économie prospère, caractérisée par une amplification de la démographie et une hausse des gains de productivité, ses limites furent atteintes dans les années septante, une décennie maudite altérée par deux chocs pétroliers et des désordres monétaires. L’économie abandonnait l’industrie pour entrer dans le secteur tertiaire et l’Etat combla ce choc d’emploi par une politique de transferts sociaux qui embrasèrent la dette publique jusqu’à ce qu’elle dépasse 130 % du PIB au début des années nonante. Bien que ce pourcentage reflua, nous avons commencé à endetter collectivement nos pays pour adoucir la transition vers l’économie des services, très différente du contexte industriel. Nous espérions que la démographie et la productivité futures nous extirperaient sans douleur d’une dette publique qui enflait.

    Malheureusement, cet espoir de l’Etat-providence qui se rembourse tout seul aurait exigé une économie géographiquement statique. La formulation actuelle de l’Etat-providence nous a piégés dans une dette publique qui a consisté à anticiper la consommation sur la production. Nous n’avons donc pas redistribué la croissance, mais emprunté celle des générations suivantes qui refuseront bien sûr d’honorer ces dettes. L’erreur, c’est de n’avoir pas compris qu’il aurait fallu rembourser cette dette publique lorsque la conjoncture était favorable. De surcroît, c’était sans compter la mondialisation qui déplace le progrès et la croissance au gré de l’ouverture des peuples et des marchés. Aujourd’hui, nous entamons une nouvelle transition qui est celle de l’inventivité technologique.

    La Belgique devra donc accepter l’inflexion de son modèle social car l’importance de la dette publique l’a sabordé. Le pays entame un combat intime : celui qui l’oppose à lui-même. D’ailleurs, il oscille en permanence entre deux espaces-temps : il s’impose un modèle social industriel, inventé dans les années soixante, alors que 70 % du PIB provient désormais du secteur des services. Et c’est cela, sans doute, le chromosome faible de la Belgique : le flottement permanent entre deux modèles, le passager clandestin de tous les courants. Ni dehors, ni dedans. Certains appellent cela du pragmatisme ou un relent de lutte des classes. D’autres le qualifient de pusillanimité.

    Mais nous faisons peut-être face à une autre ambiguïté. En effet, si la croissance a été alimentée par l’endettement privé et public, est-il possible d’en espérer le retour sans endettement croissant ? En d’autres termes, est-il cohérent de vouloir désendetter nos économies et de promouvoir simultanément la croissance ? Probablement pas, car un autre phénomène se greffe sur cette ambivalence, à savoir que l’inflation est insuffisante. Or, l’inflation est justement un moyen sournois de réduire le pouvoir d’achat de la monnaie et donc d’alléger le poids des dettes. A mon intuition, il n’est donc pas possible de souhaiter le retour d’une croissance économique (traditionnellement alimentée par l’endettement) et de vouloir réduire l’endettement de nos communautés alors que l’inflation est basse. Cette situation est, en effet, de nature déflationniste. Or la déflation est le pire piège de l’économie.

    Comment s’extraire de cette situation ? Il n’y a pas de solution parfaite car chaque piste emprunte une certaine orientation politique. Certains préconisent la rigueur budgétaire et donc la réduction des dépenses publiques et le démantèlement de l’Etat-providence. Est-ce envisageable ? Je ne le crois pas : nous faisons face à la dette cachée des pensions, pour lesquelles aucune réserve n’est constituée en Belgique alors que l’espérance de vie augmente et que la natalité est insuffisante. D’autres appellent le retour de l’inflation pour stimuler la croissance. Mais cette piste est contraire aux orientations de la Banque centrale européenne (BCE), gardienne de l’euro, qui se veut impitoyable si l’inflation venait à dépasser 2 %. De manière intermédiaire, on peut imaginer une économie vieillissante et désinfatuée qui empile des dettes publiques transformées en offre de monnaie par la BCE. C’est l’approche adoptée temporairement par cette institution qui solde l’accroissement de dettes publiques entraîné par la crise de 2008. Elle devrait normalement susciter une reprise de l’inflation, mais cette dernière est malheureusement contrariée par le vieillissement de la population. On le voit : tout est dans tout.

    Mais il faut tirer une leçon de ce constat : nous avons fait preuve d’une terrifiante myopie en croyant qu’on pourrait impunément emprunter le bien-être économique futur sans prendre en considération les mutations économiques et l’inversion des courbes démographiques. Cette situation va d’ailleurs s’aggraver avec la digitalisation de l’économie. Le temps d’une profonde remise en question est venu. Elle devra nécessairement passer par l’établissement d’une vision réaliste à long terme de notre avenir économique et du rôle que l’Etat sera amené à y jouer. Une telle démarche nous semble indispensable. Si une telle réflexion n’est pas engagée, il en résultera une économie de terre brûlée et un tollé générationnel. Vers quoi cette réflexion devrait-elle alors conduire ? Vers une solidarité fiscale et sociale harmonieuse, à la hauteur de ce qui fut bâti après la Seconde Guerre mondiale.

  • Du mythe de l'enfant parfait à l'eugénisme : une émission éclairante sur ARTE

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    De genethique.org :

    "BÉBÉS SUR MESURE" SUR ARTE : DU MYTHE DE L'ENFANT PARFAIT À L'EUGÉNISME

    Arte proposait mardi soir un documentaire : « Bébés sur mesure », qui balayait l’ensemble des techniques issues de l’assistance à la procréation, une « véritable révolution » où la science entend se substituer à la nature.

    Aujourd’hui, 350000 enfants naissent par Fécondation in Vitro, soit 3% des naissances dans les pays occidentaux, mais 3‰ dans le reste du monde. En 2020, la fabrication de bébés représentera un marché d’environ 20 milliards de dollars.

    PMA, GPA, don de gamètes, ventes de gamètes, sélection embryonnaire, CRISPR, FIV à trois parents, rajeunissement des ovocytes... questions éthiques, casse-tête juridique, manipulations médicales, l’argent, tout est passé en revue. Avec plus ou moins de bonheur.

    Le reportage a l’avantage de mettre des images sur un business. Des images chocs comme celles de ces embryons surveillés sur écran d’ordinateurs qui grandissent en laboratoire avant d’être implantés, les larmes d’une mère porteuse indienne qui accouche par césarienne d’un bébé dont elle ne verra jamais le visage, des paroles chocs : « Si vous voulez un bébé, allez chez un professionnel, vous aurez un bébé en pleine santé ! ». Sur toile de fond d’eugénisme, le monde de Gattaca est déjà à portée de main.

    Astrid Marais est professeur de droit, spécialiste de la procréation assistée, elle pousse le bouchon : « La génétique fait peur. (…) Est-il possible d’arrêter le progrès scientifique ? Sans doute pas. (…) Ce qui est sans doute possible de faire, c’est par le droit de mettre des garde-fous ». Elle poursuit : « Peut-être que demain avec le sperme artificiel je pourrais faire un enfant toute seule, voire avec le clonage, je pourrais avoir un enfant qui est moi, voire, si on m’implante ce clone, je pourrais accoucher de moi-même. Et je pourrais dire à cet enfant : je suis ton père, je suis ta mère, je suis moi-même ».

    Il y a ceux qui se frottent les mains, qui font jouer le tiroir-caisse, et ceux qui tirent le signal d’alarme. Sans grand espoir d’être entendu. Parmi eux, Jacques Testart, mais aussi Laurent Alexandre qui affirme : « On n’a pas vu arriver le bébé à la carte. Nous sommes désormais lancés dans le toboggan eugéniste ». La technique ne s’opposera pas à ces évolutions, seul un sursaut philosophique et une volonté politique remettront en cause ces pratiques, selon le médecin.

    A travers cette heure et demie d’émission, les bouleversements dramatiques de la maternité et de la paternité sont passés en revue.

    La FIV à 3 parents, « une technique directement issue du clonage », est traitée sous l’angle de l’histoire d’un couple qui a eu trois enfants, tous atteints d’une maladie mitochondriale « qui aurait pu être évitée » grâce à cette nouvelle technique. Présentée comme solution miracle. Pourtant, « modifier la lignée germinale humaine c’est le grand tabou de la génétique ». Ce qui n’a pas empêché le Parlement anglais d’autoriser « le protocole du bébé à 3 parents » (cf. Les essais de FIV à 3 parents autorisés au Royaume Uni et Deux ans après l'autorisation de la FIV à 3 parents en Angleterre, les bémols d’une décision hâtive). Même si le père de cette famille éprouvée reconnait qu’en abordant ces questions, on glisse toujours vers le bébé à la carte. Quelle humanité fabriquons-nous ?

    Le reportage fait un détour par l’Allemagne pour interroger Emmanuelle Charpentier qui est, avec Jennifer Douma, à l’origine de la découverte du ciseau CRISPR-Cas 9 : « Je me sens particulièrement concernée par l’utilisation future qui sera faite de cette technologie ». Elle ajoute : « Personnellement, je pense que le but de cette technologie n’est pas de toucher à la lignée germinale. Et je suis assez réservée sur l’utilisation de cette technologie sur les embryons humains. Quand vous commencez à travailler sur ce type de cellules, la ligne rouge est vite franchie. Et je pense aussi que la technique n’est pas assez aboutie aujourd’hui pour être utilisée à ces fins-là. En aucun cas ». Une ligne rouge fragile que les expériences chinoises ont déjà franchie (cf. Chine : l’incontrôlable déploiement de la sélection embryonnaireChine : premiers essais cliniques utilisant des cellules souches embryonnaires humainesModification génétique de l'être humain : la Chine en première ligne, et  Etats-Unis : premiers embryons humains modifiés génétiquement).

    Le fantasme du bébé à la carte est déjà bien présent et pourrait être une menace. Gregory Kart, Directeur de la recherche et de l'innovation chez ELSAN, explique que : « L’évolution nous apprend que la mutation est un facteur de stabilité dans l’évolution. La mutation est le moteur de l’évolution. Vouloir se débarrasser des mutations, c’est quelque part prendre un risque ou un pari sur l’évolution, pari qui ferait que l’humain pourrait subitement se trouver inadapté par rapport à son environnement ». Faut-il couper avec un ciseau ADN le fil du destin génétique ?

    Le reportage se termine avec « la Boite de Pandore », une œuvre de l’artiste handicapée anglaise, Esther Fox, « qui n’aurait jamais dû passer l’étape du tri des embryons ». L’œuvre est exposée au musée des Sciences de Londres. Elle interroge sur les sujets éthiques et la valeur de la vie humaine. Quelles seront les conséquences sur la société si nous poursuivons sur cette voie ? « Ce qui me gêne,explique l’artiste, « c’est que la vie d’une personne pourrait avoir moins de valeur que celle d’une autre ». A propos d’une de ses œuvres, elle interroge : « La vie est basée sur le hasard. Le hasard est-il une si mauvaise chose ? J’ai une vie très riche, je suis très occupée, je suis très heureuse, je suis mariée, j’ai une vie de famille bien remplie et je n’ai pas du tout l’impression d’avoir une qualité de vie limitée. Mais sur le plan médical, mon état est considéré comme un état que personne ne souhaiterait à son enfant. Et c’est ça que j’essaie de rééquilibrer (…) Si on me disait, on peut changer ta vie, tu peux être guérir, ne plus être dans cet état, mais tu pourrais ne pas être la même personne qu’aujourd’hui. Je ne prendrais pas ce risque. (…) Le plus douloureux, c’est l’environnement, les attitudes auxquelles il faut faire face. Si on commençait par regarder tout ça, on aurait une société plus équilibrée, plus tolérante et plus vivante. Je pense qu’il est temps de penser l’humanité en ces termes ».

  • Le christianisme contre le capitalisme ?

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    2017-10-van-gaver-christianisme-4-5971fa52d8826.jpgDe Mahaut Herrmann sur le site de l'hebdomadaire "La Vie" :

    “Christianisme contre capitalisme ?“ de Falk van Gaver

    « “Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent.” De quel côté êtes-vous ? » Christianisme contre capitalisme ? interpelle ainsi le lecteur dès la première page ; c’est le livre d’un chrétien insurgé par les complaisances envers l’économie de marché et les dégâts qu’elle inflige aux hommes et à la Création. Falk van Gaver pointe impitoyablement du doigt les décalages ostensibles entre le discours social catholique millénaire et trop d’habitudes des fidèles. Rien n’est oublié, ni la dépendance des communautés occidentales aux ressources des grandes fortunes, ni la lecture spiritualiste de l’épisode du jeune homme riche.

    Essayiste, journaliste, collaborateur de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon, Falk van Gaver a été témoin de nombreuses manières d’édulcorer l’appel évangélique à la pauvreté et à la sobriété. Pour répondre à toutes ces objections, il a donné pour titre à chaque chapitre une question : « Un pape de gauche ? », « Malheur aux riches ? », « Heureux les pauvres ? », etc.

    Riche en références et en citations, son essai est tout sauf un livre savant écrit à bonne distance du champ de bataille. Il s’appuie autant sur son expérience et ses rencontres marquantes que sur ses lectures. Une telle perspective pourrait sembler rebattue. Mais Falk van Gaver n’a pas écrit une introduction supplémentaire à la longue tradition sociale catholique. En grec, fait-il remarquer, le même mot, anastasis, désigne chez ­Thucydide l’insurrection – soulèvement politique – et, dans les Évangiles, la résurrection du Christ. Partant de là, son livre devient progressivement un appel à une insurrection catholique bibliquement et théologiquement fondée.

    “Christianisme contre capitalisme ?“ de Falk van Gaver, Cerf, 14 €.

  • L’Union européenne est-elle réformable?

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    Pierre Defraigne.jpgEmmanuel Macron a proposé plusieurs pistes pour relancer l’UE, mardi dernier,  lors d’un discours résolument pro-européen. Est-il possible de réanimer l’Europe ou est-elle déjà condamnée ? Dans un Forum publié par le journal « Le Soir » ce jeudi 29 septembre, Pierre Defraigne répond aux questions de Mathieu Colinet :

    Emmanuel Macron assume l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses. Est-ce la solution ?

    « L’Europe en est pour l’instant réduite à des ambitions qui ont le caractère d’expédients. Ce qui est en cause, c’est la survie de l’euro, de Schengen, la réaction au Brexit, le maintien d’une certaine adhésion démocratique dans les pays candidats. Ce sont des choses à la marge mais qui sont importantes car si l’on échoue à les faire, c’est l’existence de l’Europe qui serait mise en péril. Toutefois, le niveau actuel d’ambition est faible.

    Or l’Europe devrait être plus ambitieuse que jamais Et, en cela, Emmanuel Macron a raison, sa rhétorique est juste. Mais, disant cela, il n’échappe pas à un paradoxe : il oublie de promouvoir des réformes qui impliqueraient le recours aux citoyens, il l’exclut, comme tout le monde. Aujourd’hui l’Europe prétend se réformer, se refonder même, sans recourir au citoyen. Cette mise à l’écart s’impose parce que le citoyen n’a plus confiance en l’Europe , mais l’Europe n’a plus confiance non plus dans le citoyen.

    Que faire ? Pour ma part, je crois que l’Europe économique ne progressera plus. Elle ne pourra plus que sauver les meubles. Mais en les sauvant, elle va s’enfoncer politiquement car elle ne s’attaque pas au problème fondamental que constitue le modèle européen, trop inégalitaire, en termes de distribution des richesses et des revenus, par rapport à l’intégration recherchée. Tant qu’elle ne s’attaquera pas à cela, l’Europe sera vouée à de petites réformes qui aggraveront le ressentiment des citoyens.

    Pour ce qui est de l’approche à plusieurs vitesses, si elle se situe dans une démarche pragmatique qui revient à dire : ‘allons-y, libérons les énergies’, il faut le faire sérieusement, cela doit être un noyau intégré d’ Etats et ce noyau doit bien entendu rester ouvert.

    L’Europe politique, pour moi, ne peut toutefois se penser que dans l’unité, elle n’est plus elle-même si, au niveau politique, elle n’est pas intégrée ».

    Dans la feuille de route du président français, voyez-vous des chantiers susceptibles de rapprocher l’Europe et les citoyens ?

    « Il est clair que le budget de l’eurozone peut être très porteur. Il implique qu’on complète la discipline par la solidarité d’un budget communautaire. C’est un élément très positif. La proposition d’un ministre des Finances de l’eurozone, c’est davantage technique. Quant à un Parlement pour cette même zone euro , je dirais qu’avant il faudrait il faudrait déjà avoir un Parlement. Je veux dire par là que héroïser le Parlement actuel complètement décroché de l’opinion est une erreur. C’est d’ailleurs effrayant de constater que le Parlement et la Commission, les deux institutions censées être au contact des citoyens n’y arrivent pas. Il y a derrière cela un problème, je crois, de structuration des forces politiques en Europe. La social-démocratie est balayée, non pas qu’elle ne soit pas nécessaire, elle est plus nécessaire que jamais, mais elle est plus incapable que jamais de répondre à cette nécessité. Elle s’est cantonnée dans le national et dans les combats défensifs et a été incapable de fournir une alternative au néo-libéralisme qui domine non seulement à Bruxelles mais dans les différentes capitales ».

    Quelles chances ont les propositions d’Emmanuel Macron de plaire à l’Allemagne et au-delà ?

    « J’espère qu’elles pourront plaire. Car Emmanuel Macron a donné des preuves de sa crédibilité en faisant des réformes, que l’on peut aimer ou pas. Et puis, franchement, son analyse est juste quand il établit pour l’Europe la nécessité de se renforcer et que c’est la seule réponse possible.

    Sans quoi, personnellement j’en suis convaincu, la démocratie va disparaître du continent. Hors d’un cadre européen, la démocratie mourra en Europe parce que les rapports avec le reste du monde, avec le capitalisme global, seront trop défavorables. Le président français a en ce sens une intuition juste. Mais, pour revenir à mon point de départ, il veut rester dans le cadre des traités. Les chefs d’ Etat et de gouvernement voient cela comme une nécessité mais, si l’on en reste là, on risque de tuer l’Europe »

    L’Union européenne est aujourd’hui menacée de désintégration. Le risque peut venir de trois côtés à la fois : par la sécession de certains Etats-membres, aujourd’hui le Royaume-Uni avec le « Brexit » ; par l’implosion de l’Eurozone suite à un nouveau « Grexit », mais élargi à d’autres pays méditerranéens que la Grèce ; par un recloisonnement de l’Espace Schengen suite à la crise des réfugiés. Bien entendu, on peut préférer un discours plus optimiste et se rappeler que l’Europe ne progresse que par crises. Mais comme celle-ci en combine plusieurs, on voit bien qu’en sortir par le haut va demander un grand bond en avant. Est-ce possible et à quelles conditions ?

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    Rappelons que pour en débattre le cercle inter-facultaire de l’Union des étudiants catholiques de Liège et le Groupe de réflexion sur l’éthique sociale  accueillent, le mardi 10 octobre prochain à 18h00 à l’Université de Liège, deux témoins privilégiés de la vie européenne : le professeur Alfred Steinherr, ancien Directeur Général de la Banque Européenne d’Investissement (B.E.I.), qui interviendra sur le thème de « L’Union monétaire en question » et Pierre Defraigne, Directeur du Centre Madariaga au Collège d’Europe et Directeur général hre à la Commission européenne, qui plaidera pour « L’Europe, dernier recours de la démocratie face aux transformations du monde ».

    La rencontre se tiendra sous la forme d’un lunch débat à la salle des professeurs dans le bâtiment du Rectorat de l’Ulg,  place du XX août, 7, 1er étage (accès par la grande entrée : parcours fléché).

    Participation aux frais : 15 € (à régler sur place). Pour les étudiants : 5€

    Inscription nécessaire au plus tard trois jours ouvrables à l’avance (6 octobre 2017) : soit sur le site internet : www.ethiquesociale.org   - soit par email : info@ethiquesociale.org – soit par téléphone : 04 344 10.89.

    JPSC

  • Le dialogue entre Dominique Wolton et le pape François : impressions de lecture

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    Lu sur "Le temps d'y penser" :

    Les IMPRESSIONS DE LECTURE de 

    Avez-vous déjà fait l’expérience lors d’une soirée de suivre un dialogue intéressant entre deux personnes qui ne s’adressaient pas particulièrement à vous et qui ne cherchaient pas à vous convaincre mais dont les échanges vous semblaient suffisamment intéressants pour les écouter et pour y réfléchir après coup ?

    C’est l’expérience que j’ai faite à la lecture d’un dialogue entre Dominique Wolton et le pape François intitulé Politique et société. Ce n’est pas à proprement parler un livre d’entretiens au sens où il s’agirait d’une longue interview sur le modèle du Choix de Dieu réalisé par le même Dominique Wolton et Jean-Louis Missika avec Jean-Marie Lustiger en 1989.

    C’est d’abord une conversation à bâtons rompus entre deux individus qui échangent dans un climat de confiance et de bienveillance. D’où quelques redites, une discussion part parfois dans toutes les directions et un Dominique Wolton qui s’exprime autant que le pape François voire plus par endroits. Ce n’est donc pas un travail de journaliste : Dominique Wolton n’a jamais été journaliste et n’a jamais prétendu l’être.

    Une fois admis ces prémisses je pense qu’on peut se plonger avec profit dans la lecture de ce dialogue. Je livre ci-dessous mes impressions de lecture dans l’espoir que cela incitera les lecteurs de cet article à devenir des lecteurs de Politique et société.

    1/ Mettre l’accent sur la pédagogie et le discernement

    Toutes les personnes qui ont eu la chance de s’entretenir en privé avec le pape émérite Benoît XVI s’accordaient à dire que, lorsqu’on avait une discussion avec lui on en ressortait plus intelligent… et donc plus libre.

    Le cardinal Ratzinger, dont la culture théologique et l’intelligence dépassaient largement celle de la plupart de ses interlocuteurs même les plus brillants, se mettait toujours à l’écoute et au niveau de celui ou de celle qui lui parlait. Il reformulait positivement l’objection qui lui était faite ou la question qui lui était posée, puis complétait, élargissait et, le cas échéant, corrigeait parfois ce qui devait l’être mais toujours avec délicatesse et en explicitant. Il amenait ainsi son interlocuteur à un niveau supérieur de compréhension (à moins que ce ne soit à un niveau plus profond ?).

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  • Le monde politique belge passif et indifférent face à la gestation pour autrui commerciale

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    De Christian Laporte sur le site de la Libre :

    Le salon de la GPA a encore eu lieu à Bruxelles

    Action pour la famille déplore l’inaction du monde politique face à la gestation pour autrui commerciale.

    Certes, ils n’étaient sans doute qu’une cinquantaine mais ils se sont largement fait voir et entendre face à l’entrée de la Gare centrale à Bruxelles : des sympathisants de l’Action pour la famille s’y sont retrouvés samedi après-midi pour réclamer l’abolition de la gestation pour autrui devant l’hôtel Hilton Grand’Place de Bruxelles. Cet hôtel accueillait déjà pour la troisième fois un salon de promotion de la gestation pour autrui commerciale à l’initiative de la société américaine "Men Having Babies".

    Les manifestants arboraient des pancartes reprenant des slogans autour de leur opposition à toute forme de GPA qui, "par essence asservit les femmes, et fait des enfants des biens faisant l’objet d’un contrat négocié". Ils ont expliqué qu’ils demandaient tout simplement "l’application de la résolution du Parlement européen (rapport du 17 décembre 2015) contre la GPA en matière de commerce d’êtres humains et le respect des résolutions en matière de GPA. Il faut savoir aussi qu’en décembre dernier en commission des affaires institutionnelles du Sénat, tous les partis politiques se sont prononcés unanimement contre la GPA commerciale."

    "Une inaction inadmissible"

    Ils adresseront leurs revendications au gouvernement fédéral, au ministre de tutelle et au bourgmestre de la ville de Bruxelles - qui n’a pas voulu interdire la réunion - alors que les sénateurs PS sont aussi opposés à la gestation pour autrui. Enfin, ils avaient aussi dans leur collimateur l’hôtel Hilton Grand’Place qui, selon eux "offre jusqu’à 40 % de réduction sur ses chambres aux participants du salon. Il est inadmissible qu’une société américaine bénéficie de l’inaction d’hommes politiques et favorise l’achat - pour un montant avoisinant les 100 000 dollars - d’enfants issus d’une gestation pour autrui."

  • Congo : une chute inexorable…qui nous concerne

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    De Marie-France Cros dans « La Libre Belgique » de ce jour et sur le site « La Libre Afrique » sous le titre « RDC: une chute inexorable » :

    virunga-national-park-1-681x511.jpg" Alors que l’Organisation mondiale de la Santé a lancé ce week-end un cri d’alarme au sujet de l’épidémie de choléra qui s’est propagée à 20 des 26 provinces du Congo sans que le gouvernement de Kinshasa réagisse, le Premier ministre Bruno Tshibala poursuit son séjour à Paris à la recherche d’appuis pour un régime mal en point et tenterait d’y négocier une visite du président hors mandat Joseph Kabila.

    Car, ayant passé le plus clair de ces dernières années à préparer son maintien anticonstitutionnel au pouvoir, le chef de l’État a peu travaillé au bien-être des 80 millions de Congolais. La tension que cela crée – ainsi que l’insécurité juridique dans un pays où la famille Kabila s’est extraordinairement enrichie – font fuir les investisseurs et provoquent une chute régulière du franc congolais depuis 2016; rien que depuis le début 2017, il a perdu plus de 55 % de sa valeur. Kinshasa en rejette la faute sur la chute des prix des matières premières; cela a été vrai mais, depuis septembre 2016, le cours du cuivre ne cesse d’augmenter, alors que la production congolaise de métal rouge a été multipliée par trois depuis 2011.

    Après avoir beaucoup vilipendé les Occidentaux qui ont pris des sanctions contre les principaux responsables des violations des droits de l’homme, Kinshasa a, il y a quelques mois, demandé leur aide financière. En juin, le Fonds monétaire international (FMI) a insisté pour que Kinshasa promulgue un calendrier électoral (toujours absent, alors que la date limite de convocation des élections tombe ce mois-ci) et mette en œuvre des mesures de décrispation politique (alors que le nombre de détenus politiques n’a jamais été aussi élevé).

    Aujourd’hui, le Congo est donc comme une grange où se promèneraient des fumeurs : la moindre flammèche peut y provoquer un incendie.

    En raison de la chute du franc congolais, de nombreuses stations à essence avaient fermé, fin août – après plusieurs hausses du prix au consommateur depuis le début de l’année – les pétroliers assurant vendre le carburant à perte; une commission mixte a été créée début septembre pour trouver une solution.

    La chute du franc et le mauvais état des routes ont aussi entraîné une hausse des prix des denrées alimentaires, qui doublent ou triplent par rapport aux derniers mois selon l’aliment et le lieu considérés. Or, on sait que septembre et décembre sont les mois les plus “explosifs” au Congo en raison du désespoir que causent, dans la population, l’impossibilité de financer la rentrée scolaire et celle de bien manger au moins à Noël.

    La rentrée scolaire du 4 septembre a été peu honorée à Kinshasa, dans le Sud-Ubangui et l’Équateur (nord-ouest du pays), et à Kisangani (nord-est) notamment, à cause des difficultés de paiement des parents et d’une grève des enseignants qui réclament une hausse de leur pouvoir d’achat, amputé de moitié. De nombreux fonctionnaires ont d’importants arriérés de salaire.

    Et alors que la Banque centrale a tout juste de quoi payer seulement deux semaines d’importations – dans un pays si mal géré qu’il importe presque tout – son gouverneur, au début du mois, dénonçait dans “l’État” le “premier mauvais client” des banques du pays.

    Comment arrêter l’inexorable chute du Congo?"

    Ref. RDC : Une chute inexorable

    Le Congo paie toujours les conséquences du péché originel commis par la Belgique : celui d’une indépendance jetée à la figure des autochtones dans l’impréparation la plus totale après 18 mois (janvier 1959-juin 1960) de tergiversations incohérentes et irresponsables. Un bon demi-siècle plus tard, Ponce-Pilate continue à secouer la tête:  azali likambo na ngai mosusu te…

    JPSC

  • L’Europe en question : un lunch débat animé par deux témoins de premier plan à l’Université de Liège, le mardi 10 octobre à 18h00

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    lunch_debat_oct2017.jpg

    L’Union européenne est aujourd’hui menacée de désintégration. Le risque peut venir de trois côtés à la fois : par la sécession de certains Etats-membres, aujourd’hui le Royaume-Uni avec le « Brexit » ; par l’implosion de l’Eurozone suite à un nouveau « Grexit », mais élargi à d’autres pays méditerranéens que la Grèce ; par un recloisonnement de l’Espace Schengen suite à la crise des réfugiés. Bien entendu, on peut préférer un discours plus optimiste et se rappeler que l’Europe ne progresse que par crises. Mais comme celle-ci en combine plusieurs, on voit bien qu’en sortir par le haut va demander un grand bond en avant. Est-ce possible et à quelles conditions ?

    Pour en débattre le cercle inter-facultaire de l’Union des étudiants catholiques de Liège et le Groupe de réflexion sur l’éthique sociale  accueillent, le mardi 10 octobre prochain à 18h00 à l’Université de Liège, deux témoins privilégiés de la vie européenne : le professeur Alfred Steinherr, ancien Directeur Général de la Banque Européenne d’Investissement (B.E.I.), qui interviendra sur le thème de « L’Union monétaire en question » et Pierre Defraigne, Directeur du Centre Madariaga au Collège d’Europe et Directeur général hre à la Commission européenne, qui plaidera pour « L’Europe, dernier recours de la démocratie face aux transformations du monde ».

    La rencontre se tiendra sous la forme d’un lunch débat à la salle des professeurs dans le bâtiment du Rectorat de l’Ulg,  place du XX août, 7, 1er étage (accès par la grande entrée : parcours fléché).

    Participation aux frais : 15 € (à régler sur place). Pour les étudiants : 5€

    Inscription nécessaire au plus tard trois jours ouvrables à l’avance (6 octobre 2017) : soit sur le site internet : www.ethiquesociale.org   - soit par email : info@ethiquesociale.org – soit par téléphone : 04 344 10.89.

    JPSC

     

  • Quand les croix des églises sont gommées sur les emballages de produits grecs

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    De Henrik Lindell sur le site de l'hebdomadaire "La Vie" :

    Tollé européen pour les croix gommées sur les produits Lidl

     
	© iStock (montage : La Vie)

    © iStock (montage : La Vie)

    Au nom du respect de la diversité, les groupes Lidl, Carrefour, Nestlé et Danone ont effacé les croix sur des images d'églises orthodoxes qui figurent sur l'emballage de certains produits alimentaires. Mais ce choix provoque la colère de consommateurs à travers toute l'Europe.

    Tout le monde ou presque a déjà vu cette carte postale idyllique de la Grèce, avec des églises orthodoxes aux coupoles bleues qui se dressent à flanc de falaise dans l'île de Santorin. On retrouve notamment cette image sur l'emballage de banals produits « grecs » de grande consommation – par exemple, les yaourts à la grecque. Elle est tellement fréquente qu'en général on n'y pense même plus. Mais si on regarde bien, on peut observer sur certaines boîtes que l'image a subi une étrange transformation depuis quelques mois : les églises orthodoxes ont tout simplement été amputées de leurs croix blanches...

    C'est particulièrement le cas de produits vendus par l'entreprise allemande de distribution Lidl. Elle vient de lancer une nouvelle gamme d'aliments grecs – moussaka, feta, huile d'olive, boulettes de viande, brochettes de légumes... – destinés à ses milliers de magasins à travers toute l'Europe. Mais, de l'Italie en Suède en passant par le Royaume-Uni et la France, des consommateurs se sont aperçus de l'amputation visuelle et ont rapidement demandé des explications au géant allemand. Réponse de l'entreprise : « Nous évitons l’utilisation de symboles religieux, car nous ne souhaitons exclure aucune croyance religieuse. » Et d'ajouter une sorte de justification morale : « Nous sommes une entreprise qui respecte la diversité et c’est ce qui explique la conception de cet emballage. »

    Nous évitons l’utilisation de symboles religieux, car nous ne souhaitons exclure aucune croyance religieuse. – Lidl

    Supprimer des croix sur des églises orthodoxes au nom de la diversité ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette explication n'a guère suffi pour calmer les consommateurs. Au contraire. Depuis une semaine, sur les pages Facebook de Lidl, ils laissent éclater leur agacement et certains appellent même au boycott, estimant que Lidl ne respecte pas l'identité culturelle et religieuse de la Grèce. Les réactions les plus dures viennent naturellement des organisations qui dénoncent la christianophobie et des élus de la droite dure, mais pourtant la plupart de ceux qui s'expriment ne sont pas des militants politiques. L'affaire a pris de l'ampleur il y a une semaine quand la chaîne de radio RTL en Belgique a fait une enquête qui a ensuite été reprise par un site d'actualité grec généraliste, qui diffuse des articles en anglais.

    Dans ces articles, on trouve des comparaisons saisissantes entre les images « photoshopées » de Lidl et celles des églises réelles. Il s'agit des deux coupoles de l'Anastasis (« Résurrection », en grec) de l'église orthodoxe du village d'Oïa sur l'île de Santorin. Une véritable défiguration, dénoncée par plusieurs responsables religieux. Ainsi, par exemple, l'archevêque orthodoxe Gregorios au Royaume-Uni estime que la photo retouchée est « immorale » et exige que l'on montre l'église telle qu'elle est, avec sa croix sans laquelle elle n'a guère de sens.

    Sans doute surpris par l'ampleur de la polémique et la colère des Européens, le groupe allemand s'est abord excusé en communiquant ce message dans toutes les langues européennes : « Notre intention n’a jamais été de choquer. Nous évitons l’utilisation de symboles religieux sur nos emballages pour maintenir la neutralité dans toutes les religions. Si cela a été perçu différemment, nous présentons nos excuses aux personnes qui ont pu être choquées. » Cette explication étant jugée par beaucoup insuffisante, la direction du groupe a finalement décidé le 6 septembre que l'image sur l'emballage sera modifiée « aussi vite que possible », mais sans pour autant promettre qu'on reverra une église avec sa croix.

    Ces entreprises, qui voulaient soi-disant défendre la diversité en supprimant les croix, apportent de l'eau au moulin de ceux qui ont des revendications identitaires. – Carol Saba

    Il se trouve que cette affaire est loin d'être un cas isolé. Cela fait en réalité plusieurs mois que l'on trouve la même image de Santorin retouchée sur des produits d'autres marques. Et pas n'importe lesquelles. Sur l'emballage de leurs « yaourts à la grecque », Nestlé, Danone, Carrefour, Lynos et probablement d'autres encore ont tous eu recours au même procédé que Lidl. Jusqu'alors, ce sont surtout des organisations qui défendent l'identité chrétienne de l'Europe qui ont réagi en France auprès des marques françaises (Danone et Carrefour). Mais certains élus ont pris le relai. La députée LR des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, a posté le 5 septembre sur sa page Facebook un commentaire interpellant le groupe Carrefour. Quitte à oser au passage un parallèle douteux avec des produits halals destinés aux musulmans : « Carrefour fait le choix de supprimer les croix chrétiennes de ses emballages mais appose le croissant musulman sur ses produits halal ».

    « On voit ainsi que ces entreprises, qui voulaient soi-disant défendre la diversité en supprimant les croix, créent des frustrations et apportent en réalité de l'eau au moulin de ceux qui ont des revendications identitaires », résume Carol Saba, responsable de la communication de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France. Pour lui, les spécialistes de marketing qui ont décidé de retoucher les photos de Santorin en supprimant la croix d'une l'église censée symboliser la Grèce ont fait une « omission accusatrice », un peu comme si la Grèce avait tort de dresser des croix sur ses églises. « Or, en Grèce, l'identité religieuse et l'identité culturelle ne sont pas dissociables. Une église sans la croix n'est plus une église. Et le fait de vouloir la gommer est une destruction. Une destruction qui ne peut que faire le lit de l'extrémisme. »

    Une pétition est en ligne pour protester contre cette manipulation :

    "Les croix des églises sont volontairement effacées des emballages de produits Grecs où de type Grec, nous ne pouvons pas accepter que l'on désacralise nos églises et porte une atteinte à notre patrimoine à des fins commerciales."

    https://secure.avaaz.org/fr/petition/La_grande_distribution_Touche_pas_a_mon_lieu_de_culte/edit/

  • Ecrivons au bourgmestre de Bruxelles pour faire interdire un évènement promouvant commercialement la GPA

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    Une initiative d'Action pour la Famille :

    L’organisation américaine Men having babies revient au Hilton de Bruxelles pour promouvoir la gestation pour autrui franchement commerciale les 23 et 24 septembre.

    Envoyez un mail à Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles (cabinet.ph.close@brucity.be
    pour lui demander d’interdire la tenue de cet événement qui incite à une pratique qui traite la femme comme un objet commercial et favorise le trafic des enfants.

    Mettez les mails des conseillers communaux en copie.

    Ecrivez avec vos propres mots en vous inspirant de l’argumentaire ci-dessous.

    L’organisation américaine Men having babies tiendra au HILTON un événement pour promouvoir l’accès à la parentalité via le recours à une mère porteuse aux Etats-Unis ou au Canada. Cette organisation a pour objectif de faciliter la signature de contrats commerciaux de gestation pour autrui (GPA) entre un ou des parents d’intention et les différentes parties impliquées (mères porteuses, cliniques, services juridiques, donneurs de gamètes etc.). Ce type de contrats garantit la remise d’un bébé ‘clé sur porte’ pour un prix qui varie entre 95 000 et 160 000 dollars.

    Cet événement a pour but de promouvoir la gestation pour autrui franchement commerciale. Comme on peut le lire sur leur site www.menhavingbabies.org « Notre annuaire comprend la description détaillée (avec vidéos) de plus de 100 fournisseurs de GPA, et nous présentons les évaluations, les analyses et les coûts concernant des douzaines de sociétés et de cliniques qui pratiquent la GPA. »

    Par la présente, je me permets de vous demander d’interdire par voie d’arrêté la tenue de cet événement pour les raisons suivantes.

    1    Un contrat commercial de gestation pour autrui viole un principe fondamental du droit, à savoir l’indisponibilité du corps humain

    Un contrat commercial de gestation pour autrui oblige la mère porteuse à remettre son enfant aux parents d’intention moyennant une rémunération. Dans un tel cadre,  les organes reproductifs de la mère porteuse sont traités comme des choses qui ont un prix, c’est-à-dire comme des marchandises. Ceci entre en contradiction évidente avec un principe fondamental du droit, à savoir que le corps humain et ses parties sont indisponibles, au sens où ils sont hors commerce et ne peuvent en aucun cas faire l’objet de transactions lucratives.

    C’est pourquoi les contrats de GPA sont nuls et dépourvus de toute valeur légale au regard du droit belge.

    2    La gestation pour autrui commerciale ne respecte pas les droits de l’enfant

    Selon l’article 7 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) de 1989 (signée et ratifiée par la Belgique),  « tout enfant a, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux. » Il faut souligner que, dans la gestation pour autrui, la venue d’un enfant au monde est organisée de telle manière qu’il ne puisse généralement pas connaître sa mère et que – dans tous les cas de figure – il ne soit pas élevé par elle. La pratique de la gestation pour autrui entre ainsi en contradiction avec cet article 7.

    3    La gestation pour autrui commerciale implique la vente d’un enfant

    De plus, dans la gestation pour autrui commerciale, la mère porteuse est payée pour remettre son enfant aux parents d’intention, ce qui revient à leur vendre son enfant. Ceci est totalement contraire aux dispositions de la Convention internationale des droits de l’enfant. En effet, dans son article 35, la CIDE demande que les Etats signataires prennent « toutes les mesures appropriées sur les plans national, bilatéral et multilatéral pour empêcher l’enlèvement, la vente ou la traite d’enfants à quelque fin que ce soit et sous quelque forme que ce soit. » (Art. 35)

    Par ailleurs, de nombreuses associations féministes, tant en Belgique qu’à l’étranger, ont manifesté leur opposition à la légalisation de contrats de gestation pour autrui comme allant à l’encontre de la liberté de la femme. C’est le cas des Femmes Prévoyantes Socialistes en 2016. En outre, la Commission des Affaires Institutionnelles du Sénat s’est prononcée à l’unanimité contre la GPA commerciale, ainsi que l’atteste son Rapport d’information concernant l’examen des possibilités de créer un régime légal de coparentalité du 4 décembre 2015. En Belgique, tous les partis politiques et une très grande majorité de la population sont opposés à la GPA commerciale.

    Pour les raisons exposées ci-dessus, il paraît inacceptable que les autorités de la ville de Bruxelles tolèrent sur leur territoire la promotion d’une pratique contraire aux droits des femmes et des enfants. C’est pourquoi il serait opportun que les autorités communales de la ville de Bruxelles interdisent par voie d’arrêté la tenue au Hilton de l’événement organisé par Men having babies.

    En interdisant cet événement – comme l’article 133 de la Nouvelle loi communale vous y autorise – vous prendriez, Monsieur le Bourgmestre, une décision courageuse. Celle-ci ne manquera pas d’être critiquée par certains. Mais une telle décision serait en plein accord avec les valeurs défendues par votre parti : la liberté des femmes et le respect de leur corps, les droits des enfants et l’opposition à un néo-libéralisme économique effréné pour lequel la recherche de profit va jusqu’à commercialiser des personnes.

    Mails des conseillers communaux

    Malika.Abbad@brucity.be

    Fatima.Abid@brucity.be

    Jean-Marie.Amand@brucity.be

    cabinet.e.ampe@brucity.be

    Mustapha.Amrani@brucity.be

    Clementine.Barzin@brucity.be

    Mohammed.Boukantar@brucity.be

    cabinet.g.coomans@brucity.be

    cabinet.a.courtois@brucity.be

    Dominique.DeBacker@brucity.be

    Bianca.Debaets@brucity.be

    Sbai.Derbaki@brucity.be

    Mohamed.ElHamrouni@brucity.be

    pres.1000@cpasbru.irisnet.be

    Yusuf.Ergen@brucity.be

    cabinet.f.hariche@brucity.be

    kathrine_jacobs@yahoo.fr

    Zoubida.Jellab@brucity.be

    cabinet.k.lalieux@brucity.be

    Catherine.Lemaitre@brucity.be

    cabinet.m.lemesre@brucity.be

    Naima.Maati@brucity.be

    Fabian.Maingain@brucity.be

    Bertin.Mampaka@brucity.be

    mounia_mejbar@hotmail.com

    jm@joellemilquet.be

    Fatima.Moussaoui@brucity.be

    Alain.Nimegeers@brucity.be

    Jacques.Oberwoits@brucity.be

    cabinet.m.ouriaghli@brucity.be

    Sevket.Temiz@brucity.be

    Liesbet.Temmerman@brucity.be

    Celine.Vivier@brucity.be

    Didier.Wauters@brucity.be

    Khalid.Zian@brucity.be


    Action pour la famille-Actie gezin
    http://www.actiegezin-actionfamille.be
    https://www.facebook.com/agaf

  • Et si l'Église se penchait en profondeur sur la question des flux migratoires ?

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    Hugues Lefèvre, sur le site de Famille Chrétienne, a recueilli les propos de Marc Fromager, Directeur de l'Aide à l'Eglise en Détresse (France) :

    Marc Fromager : " Concernant les migrants, l'Église doit faire un vrai travail de pédagogie "

    Le directeur de l'Aide à l'Église en Détresse (AED) revient sur le message du pape François pour la journée mondiale du migrant et du réfugié. Il estime que le texte ne va pas assez loin dans l'analyse des causes des flux migratoires. Une plus profonde compréhension du phénomène permettrait selon lui de dénoncer notamment les pratiques de l'Occident en Afrique et au Moyen-Orient.

    Comment avez-vous réagi à la lecture du message du pape François sur les migrants ?

    Pour tout vous dire, j'ai d'abord parcouru les réactions occasionnées par le texte avant de le lire… Et le fait de voir certains passages pris et commentés de manière isolée joue à une espèce de dramatisation qui, si on en reste à ce niveau, rend le texte un peu anxiogène. Il faut donc le lire en entier. D'autre part, replaçons le message du pape François dans son contexte. Il ne s'agit pas d'un discours programmatique d'une personne nouvellement élue qui donnerait un cap stratégique et politique précis pour les années à venir. Il s'agit d'un message pour la journée mondiale du migrant qui a lieu chaque année.

    Que retenez-vous de ce message ?

    D'abord, certains points positifs m'ont interpellé. Le fait que le pape rappelle et insiste sur la centralité de la personne humaine. Les migrants ne sont ni des pions, ni une espèce de masse informe, une main d'œuvre ou bien une menace. Ils sont avant tout des personnes. Aussi, le pape évoque à la fin de son message l'opportunité d'évangélisation engendrée par ces flux migratoires. Reste à savoir si, en France par exemple, l'Église a encore les moyens humains, l'énergie et la volonté de s'occuper de ces personnes. Sans parler d'évangélisation proactive, il s'agirait déjà d'être en capacité de répondre aux migrants musulmans qui frappent à la porte des églises.

    Ensuite, j'ai un regret. Je trouve que ce message procède d'une vision un peu pessimiste du monde. Une vision qui consisterait à dire que, quoiqu'on fasse, il y aura toujours autant de migrants. J'aurais attendu que l'Église s'intéresse davantage aux raisons de ces flux migratoires. Car je pense que c'est seulement en identifiant bien les causes que l'on peut s'attaquer aux problèmes. Certes, dans un passage, le pape évoque le fait que l'Église participe à cette recherche des causes mais il ne va pas plus loin. Sur la question complexe des migrants, une analyse plus approfondie du phénomène et un vrai travail de pédagogie de la part de l'Église permettraient à chacun de prendre ses responsabilités.

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  • L’heure est grave car tout est dans le paraître et dans les techniques de report des problèmes

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    De Marc Dugois sur Magistro.fr :

    Les essentiels perdus

    Que ce soit en Belgique, en France ou presque partout en occident, les dirigeants politiques sont perdus. Formés à la démagogie des campagnes électorales et à la discrète recherche de fonds pour les financer, dans un monde dogmatiquement scindé entre droite et gauche et où, être les deux à la fois devient aujourd’hui le nec plus ultra, aucune réflexion de fond ne les encombre, ils "font de la politique".

    Et cela ne marche plus. Les peuples les rejettent et cherchent l’homme providentiel tout en se contentant d’hommes au coups de menton mussolinien façon Trump ou Macron, car les peuples ont été totalement désorientés par des médias qui ont pris le pouvoir au nom de leurs actionnaires. Les voix médiatiques indépendantes comme Zemmour ou Polony en sont écartées et la morale est confiée au Conseil Constitutionnel, au Conseil d’État, au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et au Comité Consultatif National d’Ethique, groupuscules nommés par le pouvoir en place qui leur donne une puissance considérée de plus en plus comme sagesse divine et donc non contrôlable par le peuple. "En même temps" le Président de la République considère qu’il n’est "pas digne d’étaler certains débats sur la place publique" quand le Chef d’État-Major des Armées dit sa vérité aux députés à l’Assemblée Nationale.

    Que Macron et Trump échouent est d’une telle évidence que l’annoncer est sans risque car les essentiels sont perdus. Macron et Trump sont les derniers avatars du système dans les deux pays phares de l’Occident, l’Angleterre, l’Allemagne, le Japon et la Corée du sud n’en étant que les meilleurs techniciens. Si la constitution américaine empêche le totalitarisme, la constitution française le permet et la tentation s’en fera évidemment jour. Espérons que la sagesse et l’humilité l’emporteront !

    Mais quels sont ces essentiels perdus dont nous vivons l’absence par ses innombrables retombées ? Ne faut-il pas mettre provisoirement de côté ces retombées dont tout le monde parle mais qui ne sont que le petit bout de la lorgnette et l’écume des vagues, pour nous concentrer sur ces essentiels perdus dans chacune des 3 bases d’une société, l’économique, l’éducatif et le politique ?

    Mais il faut bien évidemment d’abord prendre conscience de ce qu’est une société. Une société est un groupe d’êtres humains qui, pour pouvoir vivre quotidiennement en groupe, répute comme étant objectifs pour tous ses membres les subjectivités du beau, du bien et du vrai, c’est-à-dire de la richesse, de la clarté et de la justice si l’on fait la symbiose deux à deux de ces trois approches de groupe, objectives pour ce groupe mais subjectives pour tous les autres.

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