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Economie

  • France : un appel pour un nouveau catholicisme social

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    Du site de l'hebdomadaire La Vie :

    Appel pour un nouveau catholicisme social

    Denis Moreau, Tugdual Derville, Joseph Thouvenel, Gaultier Bès, Patrice Obert… dix-neuf intellectuels catholiques, issus d’écoles de pensée différentes, lancent un appel pour un nouveau catholicisme social. Face à la crise des gilets jaunes et la question sociale contemporaine, « plus grave encore que celle du 19e siècle », ils veulent élaborer un carrefour en vue de l’édification des communautés solidaires.

    La fracture sociogéographique qui s’est progressivement creusée en France est en train de disloquer notre pays. Aujourd’hui, la « France périphérique » présente un potentiel insurrectionnel parce qu’elle n’en peut plus. Ce peuple de France veut vivre dignement du fruit de son travail et il le fait savoir ; il veut vivre uni dans une communauté de destin, non comme une catégorie reléguée économiquement et culturellement, exclue du récit global du « nouveau monde » financiarisé, où l’idole-argent absorbe le politique.

    Cette France périphérique marginalisée par la mondialisation concerne 60 % de la population, selon la classification du géographe Christophe Guilluy et davantage selon d’autres. Elle n’en peut plus de devenir un désert sans bureau de poste, sans maternité, sans médecin, sans usine, sans ferme et sans train ; elle n’en peut plus de payer toujours plus de taxes alors même que les services publics sont démantelés ; elle refuse la marche forcée vers la mondialisation économique ultralibérale et la globalisation culturelle sur lesquelles elle n’a aucune prise et qui se décident sans elle.

    Il y a le feu. Notre maison commune France brûle. Cette atmosphère possiblement insurrectionnelle est inquiétante. Pour le gouvernement, l’équation semble insoluble : on ne peut emmener à marche forcée un peuple vers un « nouveau monde » qui le rejette. Devant un tel contexte, la situation pourrait devenir hors de contrôle. Or, dans la révolution, c’est toujours le plus fort qui impose sa loi, pas le plus juste.

    Comment instaurer un dialogue social quand il n’y a plus de langage commun entre la sphère financière des mégalopoles et la France des périphéries, entre “les individus de n’importe où“, initiés et mobiles, et “le peuple de quelque part” ? Sur quelle réalité institutionnelle peut s’appuyer un tel dialogue quand les corps intermédiaires ont été sapés et que la représentation politique est décrédibilisée ? Comment trouver un chemin commun quand s’opposent "culture urbaine" mondialisée et culture populaire ?

    Tels sont les contours de la question sociale contemporaine. Cette nouvelle question sociale est, sous certains aspects, plus grave encore que celle du 19e siècle, qui recouvrait principalement la condition ouvrière. Un ensemble de lois avaient alors pu la résoudre, au moins en partie. Aujourd’hui, la question sociale dépasse largement les conditions particulières d’une classe sociale, elle atteint la nature même du lien collectif, dans toutes ses dimensions : familiale, culturelle, économique, écologique, géographique ; dimensions que nie l’idéologie de l’économie financiarisée. C’est la cohésion d’un peuple et d’une nation qui est en cause.

    Cette nouvelle question sociale dépasse les frontières, comme le montre l’extension du symbole des gilets jaunes au-delà de la France. Dans de nombreux pays, en Europe et dans le monde, la valeur travail, la dignité des travailleurs, leur droit à un juste salaire et à un environnement sain, sont quotidiennement bafoués. Cela concerne les structures économiques mais aussi la responsabilité de chacun, alors que la culture du « toujours moins cher » fait oublier que derrière chaque produit et chaque service, il y a des travailleurs et leur famille.

    Dans le passé, des catholiques sociaux se sont levés pour défendre la classe ouvrière. Aujourd’hui, les catholiques doivent se lever pour soutenir le peuple de France et lutter pour un système économique mondial et une Europe au service du développement humain intégral. Nous devons avoir conscience que les fractures françaises ne seront pas résolues seulement par des lois mais par l’engagement de chacun.

    Les catholiques doivent se mobiliser pour édifier des communautés solidaires, fondées sur un lien de responsabilité commune, qui puissent redonner à notre pays une perspective, un destin partagé, du travail, un lien par la culture populaire, une histoire continuée, un nouveau souffle familial, éducatif, écologique, spirituel et de vraies solidarités.

    Nous sommes membres d’un peuple. La dignité de chacun est de participer à une grande œuvre commune et au bien de notre pays. Le devoir des catholiques, en ce temps crucial de l’histoire, n’est pas de défendre les intérêts d’une communauté, mais de penser et mettre en œuvre un nouveau catholicisme social au service de l’universel et de notre pays.

    Signataires : Joseph Thouvenel, syndicaliste chrétien ; Mathieu Detchessahar, docteur en gestion, professeur des Universités ; Guillaume de Prémare, délégué général d'Ichtus ; Patrice de Plunkett, essayiste ; Patrice Obert, Président des Poissons Roses ; Denis Moreau, philosophe, Professeur des Universités ; Emmanuel Gabellieri, philosophe, Professeur à l'UCLY ; Gaultier Bès, directeur-adjoint de la Revue Limite ; Pierre-Yves Gomez ; Tugdual Derville, délégué général d'Alliance VITA ; Henri Hude, philosophe ; Bernard Bourdin, professeur des universités en philosophie politique ; Antoine Renard, président des Associations familiales catholiques en Europe ; Ghislain Lafont, Président de l'Académie d'éducation et d'études sociales ;Gérard Leclerc, journaliste ; Joël Hautebert, professeur des universités ; Diane de Bourguesdon, consultante en stratégie ; Marie-Joëlle Guillaume, écrivain ; Jean-Marie Andrès, président des Associations familiales catholiques

    Contact : nouveau.catholicisme.social@gmail.com

  • Avant d'offrir un parfum...

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    De Constance du Bus (source) :

    o.57037.jpgTransgression parfumée

    Elle est partout. Dans les gares, dans les abris-bus, dans les métros, sur le côté des avenues à Bruxelles. Elle apparaît parfois sur un panneau-dérouleur, pour mieux surprendre. Elle accroche le regard de tous, enfants comme adultes, cette  femme qui a loué son corps pour faire augmenter le chiffre d’affaire de Givenchy. Et cet enfant de 7 ans qui la regarde, mi gêné, mi perplexe. Il vient d’apprendre à lire, à l’école ; il reconnaît le mot écrit sur l’affiche…

    Ce n’est pas le croquis souriant d’une mère de famille proposant la meilleure huile d’olive qui soit. C’est une expression de bête traquée, une peur déterminée dans les yeux, le visage blême et amaigri, les lèvres rouge sang, fébriles, légèrement entr’ouvertes, brillantes comme une pomme qu’on a envie de croquer de façon presque acharnée. Elle nous regarde, épaules nues, à moitié retournée devant ce mur blanc carrelé, comme si elle avait été acculée au fond d’un couloir de cuisine ou de métro parisien.

    Le parfum de cette victime assumée, on le voit à peine : la tension est trop forte pour s’en préoccuper. Il se nomme « L’Interdit ». Et tout est là. Mais qu’est-il interdit de faire à cette femme ? Est-il interdit de céder à l’attraction étourdissante d’un parfum ? Bon sang, si ce n’était que ça, on ne choisirait pas un mot si clignotant pour quelques gouttes d’alcool aromatisé. Alors, serait-il interdit de la désirer ? Peut-être. De plonger la tête dans son cou ? Sans doute. De faire l’amour contre ce mur blanc carrelé et froid, à un être si vulnérable qui mélange angoisse et tentation ? Certainement. Mais voilà le produit.

    Qu’est-ce qu’on vend, au fait ? Le parfum ou la femme ?

    A l’heure où les pommes croquées étiquettent bon nombre de nos écrans et gadgets inséparables, qui s’inquiète encore d’une instigation omniprésente et si décomplexée à la transgression ? Qui s’inquiète encore de la réduction d’un être humain à l’état d’objet ? Que dit cette femme à toutes celles qui vont « craquer » pour ce parfum, sinon qu’il leur assure d’être une proie délicieuse et parfaite pour celui qui n’y résistera pas ?

    Et cet enfant de 7 ans qui la regarde, mi gêné, mi perplexe. Il doit attendre son bus, et ce soir il repassera au même endroit. Elle sera toujours là. « Maman, pourquoi il est marqué ‘L’interdit’ sur le panneau ? » …

    Oh, mais ne vous en faites pas, la nouvelle génération saura se tenir ; Madame la ministre de la Jeunesse et de l’Egalité des chances a annoncé l’allocation de 250.000 euros à l’éducation sexuelle et affective des jeunes en Fédération Wallonie Bruxelles pour l’année 2019. L’accent sera mis sur la lutte contre le harcèlement et les agressions sexuelles dans les lieux festifs. (La Libre, 20/11/2018). On se souvient, je l’espère, du site Allesoverseks proposé par le ministère de l’éducation en Flandre, rédigé par Sensoa et sponsorisé par Durex… On y découvre des liens vers des sites pornographiques, « ou des dessins très précis qui illustrent les techniques adéquates pour réaliser les meilleurs attouchements ou pénétrations possibles » (La Libre, 20/10/2017). Un site recommandé à partir de 10 ans.

    Que doit-on craindre ou espérer d’une telle mesure « éducative » ? Doit-on s’attendre à un paradoxe de la même nature en Belgique francophone, qui voit une société encourager à la prévention d'une main, et inviter à la transgression et à l'instrumentalisation de l'autre ? Qu’est censée répondre la mère à la question de son enfant, dans ce climat malaisant qui s’évapore du mélange sulfureux d’une transgression encouragée et d’une prévention angoissée ? Et cette question qui me taraude terriblement fort ces derniers jours, comme celle de la chanson : « Qui a le droit, qui a le droit, qui a le droit, d’faire ça, à un enfant qui croit vraiment c’que disent les grands ? » « Maman, dis, c’est quoi qui est interdit ? Je ne comprends pas… »

  • Le déclin démographique : un nouveau fléau

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    BAISSE DE LA DÉMOGRAPHIE, LE NOUVEAU FLÉAU ?

    synthèse de presse bioéthique de genethique.org 

    Le renouvellement des générations est une question clé pour l’avenir d’un pays. Avec 2,1 enfants par femme, il est assuré. Dans l’Union européenne, le nombre moyen d’enfant par femme est de 1,6. En Serbie, il n’est plus que de 1,5.

    Ces mauvais taux de fécondité altèrent « la structure démographique » : les personnes âgées pèsent de plus en plus sur les jeunes générations : « le coût de la hausse de la longévité en termes de sécurité sociale et de santé publique devient de plus en plus difficile à assumer, la dénatalité entraînant une érosion de la population active, ce qui fragilise la capacité du pays à produire richesse et bien-être ». Avec pour autre conséquence de rendre « de plus en plus difficile », le maintien « des comptes publics eux-mêmes ».

    Certains parlent de mettre en place un « pacte européen » qui « obligerait les États membres à adopter des mesures visant à l'amélioration du taux de fécondité ».

    En Serbie, le gouvernement essaie faire évoluer la tendance et s’engagent dans la construction de logements, les aides, « pouvant aller jusqu'à 250 euros par mois pendant dix ans pour les familles nombreuses, de plus de trois enfants, somme non négligeable quand le salaire moyen est de 400 euros environ », mais la précarité liée au chômage est souvent un obstacle qui est aggravé par l’émigration massive de jeunes en âge de procréer.

    L’Europe n’est pas le seul pays à faire face au déclin de sa population. En Corée du sud, avec un taux de fécondité de 0,95 enfant par femme, la population devrait commencer à décroitre dans 10 ans. « Coût de l'éducation des enfants, longues journées de travail, manque de structures de garde pour la petite enfance, entraves aux carrières des mères qui travaillent, double journée de travail pour les mères », les causes sont nombreuses. Depuis 2005 et malgré les sommes dépensées, 136 000 milliards de wons (107 milliards d’euros), la tendance ne s’inverse pas.

    De nouvelles annonces ont été faites vendredi : élargissement des droits aux allocations familiales, construction de crèches, les parents dont les enfants ont moins de huit ans pourront travailler une heure de moins par jour tandis que les congés paternité seront portés de trois à 10 jours… Des mesures qui se heurtent aux craintes des sud-coréens qui redoutent « que leur entreprise ne considère qu'ils manquent de motivation ».

    Sources: Afp, Katarina SUBASIC (10/12/2018 ; Afp (07/12/2018) ; Le Figaro, Alessandro Rosina (09/12/2018)

  • Faire moins d'enfants pour sauver la planète ?

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    De Didoc.be qui reprend des extraits d'une interview de Jean-Michel Decroly parue sur la Libre :

    Faut-il faire moins d'enfants pour sauver la planète ?

    Nous publions ici un extrait d’une interview publiée dans La Libre Belgique du 18 octobre dernier. Sur Twitter, une infographie de l’AFP basée sur une étude scientifique répertorie différents moyens de réduire notre empreinte carbone. Si renoncer à un vol transatlantique ou à sa voiture à essence a un impact élevé, le plus sûr moyen de réduire notre empreinte carbone consisterait surtout à faire moins d’enfants. Une idée de bon sens ? Dans la rubrique « Ripostes », Louise Van der Kelen pose la question à deux intervenants. Nous reproduisons ici la réponse de Jean-Michel Decroly, professeur de géographie humaine et de démographie à l’ULB.

    Faut-il contrôler la natalité pour sauver la planète ?

    Je ne suis pas de cet avis. Je suis assez critique concernant l’infographie publiée par l’AFP qui nous informe que faire un enfant en moins est le meilleur moyen pour réduire son empreinte carbone. Ce tweet est tiré d’un papier qui a déjà été publié il y a plus d’un an dans la revue scientifique Environmental Research Letters et qui s’inscrit dans la ligne de pensée du néomalthusianisme. Il s’agit de l’idée selon laquelle la croissance démographique ou le fait de maintenir la fécondité élevée est le facteur principal des dérèglements environnementaux contemporains. Je n’y crois pas.

    Christian de Duve, prix Nobel de médecine, y croyait et attribuait à l’augmentation de la population le changement climatique, l’élévation du CO2 et la désertification et la perte de biodiversité. L’agronome René Dumont disait quant à lui qu’il fallait prendre des mesures limitatives autoritaires de la natalité pour limiter l’impact des hommes sur l’environnement. Il a d’ailleurs dit : L’abandon des petites filles dans les familles pauvres chinoises ou l’avortement systématique au Japon peuvent être à la lumière de nos récentes observations considérées comme des mesures comportant une certaine sagesse. À l’image de cette déclaration, l’information transmise par l’AFP est culpabilisante à l’égard des futurs couples mais également, je pense, très réductrice.

    Pourquoi ?

    Premièrement, parce que les estimations fournies par les auteurs de l’article initial sont relatives aux États développés qui ont un haut degré d’émission de gaz à effet de serre par personne et qui sont aussi des États à faible fécondité.

    Ensuite, les résultats exposés sont presque une tautologie. Fatalement, une naissance en moins, cela veut dire que c'est une personne de moins qui prendra sa voiture, qui prendra l'avion, qui consommera de l'électricité et des produits, etc.

    Enfin, le point le plus important, c’est qu’en mettant l’accent sur l’influence de la natalité sur les émissions de gaz à effet de serre, l’article omet de souligner l’influence des niveaux de consommation individuelle sur les émissions de gaz à effet de serre. L’article nous dit que le problème est lié au nombre d’enfants qu’on fait au lieu de se concentrer sur ce que chaque individu consomme réellement. Or les émissions de gaz à effet de serre liées à une naissance supplémentaire aux États-Unis seraient 86 fois plus élevées que celles liées à une naissance au Nigeria et 550 fois plus élevées que celles liées à une naissance au Bangladesh. Nous avons un impact environnemental incomparablement plus élevé que celui des pays moins développés. La question n’est donc pas tellement de se demander si on est beaucoup trop nombreux, mais de savoir pourquoi on est devenus de plus en plus gourmands, en particulier dans les pays développés.

    L’infographie est donc tout à fait fausse, selon vous ?

    Oui. De plus, en culpabilisant de la sorte les citoyens, on met de côté le fait que la responsabilité repose aussi sur l’inaction des pouvoirs publics et sur la façon dont les entreprises réalisent leurs productions et incitent les gens à consommer toujours plus.

    Il ne s’agit pas de faire moins d’enfants, il s’agit de faire de nous-mêmes et de nos descendants des gens qui consomment moins et qui n’acceptent pas d’être dans un mode d’organisation économique, de production et de consommation qui conduit à une détérioration de notre climat.

    À ce propos, un rapport du Fonds des Nations unies pour la population indique qu’un divorce causerait probablement plus d’émissions de gaz à effet de serre qu’une nouvelle naissance. Les foyers sont généralement chauffés ou refroidis indépendamment du nombre d’occupants. Et une séparation entraîne aussi une démultiplication du nombre de véhicules individuels. Devrait-on demander aux gens de ne plus divorcer ? Cela nous ramène au point initial, culpabilisant et un peu ridicule.

    Source : http://www.lalibre.be/debats/ripostes/faut-il-faire-moins-d-enfants-pour-sauver-la-planete-5bc750d0cd708c805c3c2c8c.

  • L'imminence d'une nouvelle crise financière globale

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    Du site "Eglises d'Asie" (Missions étrangères de Paris) :

    Une nouvelle crise financière globale se prépare, selon Widodo

    Lors des assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui se déroulent actuellement à Bali, les entreprises indonésiennes profitent de l’événement pour signer des contrats importants avec des partenaires étrangers. Le président Joko Widodo a déclaré, le 12 octobre, que « les pays en développement souffrent d’une énorme pression de la part du marché ». Il a affirmé que la guerre commerciale, qui s’intensifie entre la Chine et les États-Unis, risque de déclencher une nouvelle crise financière globale.

    Le président indonésien Joko Widodo, lors des assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale (GBM) et du Fonds monétaire international (FMI) qui se déroulent actuellement à Nusa Dua (Bali), a partagé son inquiétude à propos d’une possible crise financière, qui pourrait toucher l’économie mondiale à cause de la montée des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. Le 12 octobre, en prenant la parole lors d’une session plénière, il a même repris une citation tirée d’une célèbre série télévisée : « L’hiver vient… » (« Winter is coming ») Le président, tout en félicitant les experts et les dirigeants internationaux pour avoir su gérer la crise économique de 2008, leur a également suggéré de rester vigilants durant cette période incertaine. « La guerre commerciale s’intensifie et les innovations technologiques bouleversent les entreprises industrielles, tandis que les pays en développement souffrent d’une pression énorme de la part du marché », a-t-il déclaré.

    Christine Lagarde, directrice générale du FMI, s’est dite « très impressionnée » par les déclarations du président indonésien. De son côté, Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale, a également salué les propos de Joko Widodo. Toutefois, si le président s’est attiré les louanges sur la scène internationale, il fait face aux critiques de ses opposants politiques. En réponse à ceux qui se plaignent des « coûts excessifs » qu’a dû assumer le pays pour accueillir le sommet, le gouvernement a rejeté les affirmations l’accusant d’avoir organisé une « fête somptueuse » pour les participants. Bambang P. Soemantri Brodjonegoro, ministre de la planification du développement national, confie que durant le sommet, les entreprises indonésiennes ont signé d’importants contrats avec des partenaires étrangers prêts à investir « d’importantes sommes d’argent » dans le pays.

    Le ministre des entreprises publiques, Rini Soemarno, a proposé plusieurs projets aux investisseurs étrangers, pour une valeur totale de 42,1 milliards de dollars, concernant au moins 21 entreprises nationales en tant que partenaires locaux. Pt Bank Mandiri, la première banque publique indonésienne, a confirmé que 13 millions de dollars ont été investis dans au moins 21 entreprises publiques. Rohan Hafas, secrétaire général de PT Bank Mandiri, a déclaré que « ce sont des investissements directs dont 95 % proviennent d’entreprises étrangères ». Sri Mulyani Indrawati, ministre des Finances, souligne que « les bénéfices que le pays a retirés des rencontres de Bali sont bien plus importants que les dépenses qu’amène un tel évènement »« L’impact positif, conclut-il, n’est pas que financier, mais il concerne aussi l’image de notre pays. »

    (Avec Asianews, Jakarta)

  • Non au business de la gestation pour autrui (GPA) "Men having babies"

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    De Michel Ghins, en opinion sur le site de La Libre :

    Un salon pour la gestation pour autrui (GPA) commerciale à Bruxelles ce week-end? Non!

    Au salon "Men having babies", des firmes proposent sur catalogue un éventail de mères porteuses potentielles qui acceptent - moyennant salaire - de porter un enfant. Le prix global d’un enfant - réduit à une marchandise- se situe entre 95 000 et 160 000 dollars. Comment est-il possible que le bourgmestre de Bruxelles, M. Philippe Close (PS), tolére un tel événement qui encourage impunément la location d’utérus et le trafic d’enfants ?

    Par Michel Ghins, co-responsable de Initiative citoyenne pour l’abolition de la GPA

    Ce weekend des 22 et 23 septembre au Hilton, l’organisation américaine Men having babies revient pour la quatrième fois à Bruxelles pour y faire la promotion de la gestation pour autrui (GPA) résolument commerciale. Au travers d’une série de conférences et de rencontres, cette organisation mettra en contact des personnes qui souhaitent avoir un enfant avec des firmes américaines ou canadiennes spécialisées dans la production de bébés sur commande. « Notre annuaire comprend la description détaillée (avec vidéos) de plus de 100 fournisseurs de GPA, et nous présentons les évaluations, les analyses et les coûts concernant des douzaines de sociétés et de cliniques qui pratiquent la GPA », lit-on sur le site de Men having babies. Ces firmes proposent sur catalogue un éventail de mères porteuses potentielles qui acceptent - moyennant salaire - de porter un enfant.

    Tout est prévu : l’accompagnement psychologique, l’assistance juridique, la fourniture de gamètes (ovules, sperme), la formulation du contrat entre la mère porteuse et les commanditaires etc. Le prix global d’un enfant se situe entre 95 000 et 160 000 dollars. A la naissance, la mère doit abandonner son enfant pour le livrer aux personnes commanditaires.

    L'enfant est réduit à une marchandise qui s’achète et qui se vend

    Comment est-il possible que le bourgmestre de Bruxelles, M. Philippe Close (PS), continue à tolérer année après année un événement qui encourage impunément la location d’utérus et le trafic d’enfants ? On répliquera que la GPA n’est pas formellement interdite en Belgique. Certes. Mais les contrats de gestation pour autrui n’y ont aucune valeur légale. De plus, en 2015 le Parlement européen a condamné sans ambiguïté la pratique de la GPA sous toutes ses formes comme allant à l’encontre de la dignité de la femme. Toujours en 2015, la Commission des affaires institutionnelles du Sénat s’est prononcée à l’unanimité contre toute pratique commerciale de la GPA.

    En outre, la Belgique est signataire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant de 1989 qui stipule que "tout enfant a, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux". Or, la GPA consiste à produire intentionnellement un enfant qui dans la plupart des cas ne connaîtra jamais sa mère et ne sera certainement pas élevé par elle. De plus, la GPA implique qu’un enfant soit l’objet d’un contrat auquel il ne peut évidemment pas donner son consentement. LaConvention requiert également que les Etats signataires prennent "toutes les mesures appropriées sur les plans national, bilatéral et multilatéral pour empêcher l’enlèvement, la vente ou la traite d’enfants à quelque fin que ce soit et sous quelque forme que ce soit." Or, dans le cadre d’un contrat de GPA, l’enfant est réduit à une marchandise qui s’achète et qui se vend.

    Une technique d’élevage dégradante pour les femmes 

    De nombreuses organisations féministes, à gauche comme à droite, tant en Belgique qu’à l’étranger, sont opposées à la légalisation de contrats de GPA car ceux-ci imposent des contraintes dégradantes pour la mère porteuse. Ces contrats régimentent la vie de la mère porteuse tout au long de sa grossesse en lui interdisant par exemple de fumer, de faire certains sports, de consommer certains aliments… La femme est ainsi réduite à un pur instrument biologique de procréation. On pourra même parfois l’obliger à avorter en cas de malformation du fœtus. On répondra que la mère porteuse est censée consentir librement aux termes du contrat. Mais ce consentement est souvent dicté par des conditions économiques difficiles. Peut-on alors parler de liberté ? Même si la décision est libre, peut-on décemment permettre que des femmes soient soumises à des conditions qui ressemblent furieusement à des techniques d’élevage ?

    Il faut interdire la pratique de la gestation pour autrui en Belgique

    Interdire la GPA commerciale et encadrer légalement la GPA non-commerciale n’est pas une solution. La distinction entre ces deux types de GPA est floue et impossible à vérifier dans les faits. Mais plus fondamentalement la GPA non-commerciale ne saurait en aucune manière être qualifiée d’"éthique". Un contrat de gestation pour autrui viole toujours les droits fondamentaux des femmes et des enfants car il les traite nécessairement comme des objets de transaction faisant intervenir un échange d’argent, que ce soit sous forme de salaire ou d’indemnités pour la mère porteuse.

    Face à cette situation, les politiques devraient avoir le courage d’interdire purement et simplement la pratique de la gestation pour autrui en Belgique, comme c’est le cas dans la plupart des pays. Une telle interdiction serait en accord avec les grandes conventions internationales et le respect intégral des femmes et des enfants. Elle permettrait d’interdire, sans discussion aucune, la tenue d’événements comme la bourse aux femmes et aux enfants de "Men having babies".

  • Bruxelles, 23 septembre : manifestation contre la tenue du salon "Men having babies"

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    Bruxelles

    (en face du Hilton, au Carrefour de l'Europe, face à la Gare centrale)

    dimanche 23 septembre à 15h

    manifestation

    organisée par l'Initiative citoyenne pour l'abolition de la GPA

    pour protester

    contre la tenue du

    salon de l'organisation américaine "Men having babies"*  

    * Cette organisation promeut la location de mères porteuses et la fourniture de bébés "clé sur porte" pour un prix autour de 100 000 dollars.

    Contact : Michel Ghins 0473 12 70 39

  • Etre catholique et libéral ?

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    D'Arthur Herlin sur le site aleteia.org :

    Peut-on être catholique et libéral ?

    C’est la question à laquelle tente de répondre le père Robert Sirico — prêtre catholique italo-américain, président et cofondateur de l’Institut Acton — dans son dernier livre Catholique et libéral, les raisons morales d’une économie libre paru aux éditions Salvator (2018). Né en 1951 à Brooklyn, cet ancien activiste de gauche est peu à peu devenu un champion du libre marché et de sa compatibilité avec l’éthique chrétienne. Aleteia l’a rencontré à l’occasion de la présentation de son ouvrage à Paris.

    Aleteia : Peut-on vraiment se définir comme catholique et libéral ? N’est-ce pas une provocation ?

    Père Robert Sirico : Par libéral, j’entends l’idée de liberté humaine que Dieu nous a confiée lorsqu’il a placé notre destinée entre nos mains. Nous devons faire des choix, et ceux-ci ont des conséquences. Une société développée au cours des siècles a deux façons de s’organiser : soit par la force, la coercition et la violence, comme à Sparte, soit par la liberté individuelle et la participation, comme à Athènes. Du point de vue des religions, il existe celles dites « coercitives », qui utilisent la violence pour intégrer plus de fidèles, ou celles qui persuadent. En d’autres termes, l’une impose et l’autre propose. Lors du Concile Vatican II, via le document sur la liberté religieuse Dignitatis humanae, l’Église annonçait au monde son intention de chercher à proposer la foi et la vérité en laquelle elle croit, et non plus à l’imposer. Dans l’histoire, notamment en France, l’Église a parfois commis l’erreur de vouloir prendre la place de l’État : elle a dès lors perdu son sens de l’évangélisation. On en observe encore les conséquences à travers la grande hostilité de la société envers les idées d’amour et de charité incarnées par le catholicisme en France ! En fait, la société Française laïciste imite aujourd’hui dans bien des aspects la voie autoritaire jadis empruntée par l’Église. C’est ce que j’entends par “libéral“ dans ce titre : les individus doivent être libres de faire leurs propres choix.

    Vous soutenez donc que la compatibilité entre libéralisme et catholicisme est réelle ?

    Le catholicisme est une religion qui propose au monde sa vérité mais qui n’impose pas aux gens d’y croire. Dans une société, il faut à la fois de la liberté et de la mesure. Mais cette mesure, vient-elle des personnes elles-mêmes, parce qu’elles croient en certaines choses et mesurent leur comportement ? Ou vient-elle de l’extérieur, de fait, par la force ? Le catholicisme a atteint son plein potentiel lorsqu’il a gouverné depuis le cœur des individus, et non pas depuis les châteaux et les parlements. Les grandes institutions que nous avons bâties, comme les hôpitaux par exemple, n’ont pas été fondées par une société politique, par un gouvernement, mais par un groupe de femmes catholiques qui ont répondu par amour aux besoins des êtres humains. Les sociétés occidentales telles que nous les connaissons n’auraient pas existé si dans leur histoire l’État avait exercé son hégémonie sur elles. Là réside la compatibilité entre catholicisme et libéralisme.

     
    lire la suite sur aleteia.org
  • Mithra ou le business juteux de la pilule contraceptive

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    LA PILULE CONTRACEPTIVE, UN BUSINESS JUTEUX

    une synthèse de presse bioéthique de genethique.org 

    14 septembre 2018

    L’entreprise belge spécialisée dans la santé féminine, Mithra, vient de conclure un accord avec la société hongroise Gédeon Richter pour la commercialisation en Europe et en Russie d’Estelle, son contraceptif oral combiné.

    Le partenaire « devra verser une avance totalisant 35 millions d’euros à la signature du contrat »suivie de paiements additionnels « pouvant atteindre 20 millions d’euros » en fonction « de l'aboutissement des étapes réglementaires liées au produit ». S’ajouteront au fil du temps, les royalties, variables en fonction du niveau des ventes. Mithra a cependant assuré ses revenus, le groupe hongrois s'étant « engagé à acheter une quantité minimale annuelle ». De son côté, Gédeon Richter pourrait tabler sur une chiffre d’affaires « de près de 3 milliards sur 20 ans ».

    Les premières autorisations de mises sur le marché sont envisagées pour le courant de 2020, mais l’entreprise a d’ores et déjà commencé la production d’Estelle. Elle prévoir de « communiquer les résultats de phase 3 pour Estelle aux USA début 2019, avec la dernière patiente qui sortira en novembre ». En effet, via son partenaire Gedeon Richter, Mithra vise le marché américain comme l’explique François Fornieri, son président : « Je rappelle que le marché US est le double du marché européen. Le deal américain sera donc encore largement supérieur ». Et à terme d’autres pays ou continents comme l’Amérique latine, l’Australie…

    Après cette annonce, à la Bourse de Bruxelles, l’action Mithra avait pris 6% à 14 heures.

    Pour aller plus loin :

  • Bruxelles, 22 septembre : Journée de formation "Agir en cohérence avec sa Foi dans un monde en mutation"

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  • Pourquoi les actuelles arrivées de migrants africains ne sont que les prémices d'un phénomène massif qui va s'amplifier dans les prochaines décennies

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    Dans un post publié le 21 juin dernier et intitulé "Migrations : l'inéluctabilité des faits", nous exposions quelques données qui, à nos yeux, rendent inévitable le déferlement migratoire en provenance de l'Afrique; cet article de Bernard Lugan publié ici le confirme de façon plus argumentée :

    La vérité sur l’Afrique. Ses conséquences sur l’Europe

    Les actuelles arrivées de migrants africains en Europe constituent les prémices d’un phénomène massif qui va connaître une amplification considérable dans les prochaines décennies.

    Laissons parler les chiffres :

    - Avec un taux de croissance de 4% la population africaine double tous les 18-20 ans.

    - Au Niger, pays désertique où le taux de fécondité est de 7 enfants par femme, la population était de 3 millions d’habitants en 1960 et elle sera de 40 millions en 2040, puis de 60 millions en 2050.

    - En Somalie, le taux de reproduction est de 6,4 enfants par femme et en RDC, il est de 6,1.

    - En Algérie le programme de planification familiale avait permis de faire baisser l’indice synthétique de fécondité de 4,5 enfants par femme en 1990, à 2,8 en 2008. Or, avec la réislamisation du pays, depuis 2014, il a rebondi à 3,03.

    Résultat :

    - D’ici à 2030, l’Afrique va voir sa population passer de 1,2 milliard à 1,7milliard, avec plus de 50 millions de naissances par an.

    - En 2100, avec plus de 3 milliards d’habitants, le continent africain abritera 1/3 de la population mondiale, dont les trois quarts au sud du Sahara.

    Pour des centaines de millions de jeunes africains, la seule issue pour tenter de survivre sera alors l’émigration vers l’Europe.

    Bloqués par leurs pré-supposés idéologiques et moraux, les dirigeants européens qui s’obstinent à ne pas tenir compte de cette réalité, ont choisi de s’accrocher au mythe du « développement ». En France, des Insoumis au Front national, tous défendent ainsi -certes à des degrés divers-, le postulat du développement ralentisseur migratoire. Et tous sont dans l’erreur.

    Comme je l’ai expliqué dans mon livre « Osons dire la vérité à l’Afrique », le développement de l’Afrique est en effet une illusion et parfois même une escroquerie intellectuelle et politique.

    Pour deux grandes raisons :

    1) A supposer qu’il ait une efficacité, le « développement » ne pourrait en effet avoir que des résultats à très long terme. Or, il y a urgence.

    2) Tout a déjà été tenté en ce domaine depuis les indépendances, il y a plus de six décennies de cela. En vain car, en dépit des sommes abyssales déversées pour tenter de la faire « démarrer », l’Afrique régresse.

    Loin de se développer, l’Afrique s’appauvrit globlement année après année

    Selon les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) adoptés en 2000 par 189 Etats, aucun recul de la pauvreté africaine ne peut être envisagé sans un minimum de croissance annuelle de 7% soutenue durant plusieurs années.

    Conclusion : comme il faut une croissance de 7% par an pour simplement commencer à réduire la pauvreté, le calcul est vite fait, année après année, il manque donc à l’Afrique entre 3 et 4% de croissance pour atteindre l’objectif des OMD.

    Donc, loin de se combler, la pauvreté africaine augmente et cela d’autant plus inexorablement que la démographie galopante y efface les quelques gains de croissance.

    Comment prétendre développer l’Afrique quand les investisseurs s’en détournent ?

    Le discours politique répétitif est l’appel à l’investissement « moteur du développement », mais comme les investisseurs n’investissent pas en Afrique, nous restons donc dans le domaine incantatoire.

    Dans son rapport de mai 2018, la BAD (Banque africaine de développement) souligne ainsi que pour les investissements dans le seul domaine des infrastructures, l’Afrique a besoin annuellement de 170 milliards de dollars d’IED (Investissements étrangers directs), alors que, au total de tous ses postes, elle n’en reçoit que 60 mds.

    Début juin 2018, à la lecture du rapport sur les IED publié par la CNUCED (CNUCED, World Investment Report 2017), nous apprenons qu’en 2017, sur les 2000 milliards (mds) de dollars d’IED mondiaux, l’Afrique n’en recueillit en effet que 60 mds, un volume dérisoire en baisse de 3% par rapport à 2016 (Banque mondiale).

    L’Afrique, dans l’ensemble de la globalité de ses 54 pays et de son 1,2 milliard d’habitants a donc reçu presque autant d’IED que Singapour (61,6 mds pour 6 millions d’habitants), et moins que l’Irlande (79,2 mds pour 5 millions d’habitants)…

    Voilà qui en dit plus que les longs discours lénifiants sur le devenir de l’Afrique et sur son « développement »…

    Une chose est donc certaine, le credo du « développement » ne freinera pas le déversement du surplus démographique africain sur l’Europe.

    Comment en serait-il d’ailleurs autrement alors que rien ne peut être entrepris sans un strict contrôle des naissances que les Africains refusent d’envisager et que l’Europe n’est pas en mesure de leur imposer ?

    Vue d’outre-Méditerranée, l’Europe continuera donc d’être considérée comme une terre à prendre. D’autant plus facilement qu’elle est peuplée de vieillards repus ou épuisés, d’hommes s’interrogeant sur leur virilité, de femmes n’enfantant plus et dont les dirigeants sont soumis au diktat permanent de l’émotionnel …

    Bernard Lugan

    Lire également : Si, la démographie c'est le destin de l'Afrique et de l'Europe

  • Congo : "Dieu pleure dans mon pays"

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    Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (France) :

    RDC : « Dieu pleure dans mon pays » (15 juin)

    La RDC, riche par ses gisements de minerais, demeure pourtant un pays miné par la guerre, la pauvreté et les conflits politiques. Dans un entretien mené par l’AED, le Père Apollinaire Cibaka Cikongo dénonce une situation restée sous silence.

    Une nation dévastée, épuisée, anéantie… « La République démocratique du Congo est comme un immense domaine où différents pays viennent se servir dans les gisements de minerais au meilleur prix possible. C’est ainsi qu’ils justifient les guerres » déplore le Père Apollinaire Cibaka Cikongo, professeur au séminaire du Christ Roi, à Malole.

    Une foule de raisons empêchent l’ancien Congo belge de se rétablir. Conflits ethniques, pauvreté extrême, guerres sans fin, un gouvernement qui ne veut pas convoquer des élections alors que son dernier mandat légal a pris fin il y a plus d’un an, la marée incessante de réfugiés…. À l’échelle mondiale, la République démocratique du Congo est l’un des pays comptant le plus de réfugiés. Selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, l’UNHCR, plus de 4,5 millions de déplacés y vivent, tandis que 735 000 personnes se sont réfugiées dans les pays limitrophes.

    « Dieu pleure dans mon pays. Il faut y aller pour sécher ses larmes. » 

    Et pourtant, peu de personnes en parlent, déplore le Père Apollinaire Cibaka Cikongo. « Ici, c’est 500 fois pire qu’en Syrie », clame-t-il et il insiste : « Le silence obéit à des intérêts très concrets. La convoitise économique qu’éveillent les gisements de minerai est plus forte que tout cela. »

    « Maintenant qu’il y a une nouvelle épidémie d’Ebola, on parle du Congo. Mais pourquoi ne parle-t-on pas des morts causés par la guerre ? Toutes les pertes sont terribles, mais la maladie d’Ebola peut faire 40 à 50 victimes. Les guerres géopolitiques ont coûté la vie à plus de douze millions de personnes dans mon pays. Des centaines d’enfants meurent de faim », ajoute-t-il. « Dieu pleure dans mon pays. Il faut y aller pour sécher ses larmes. »

    Lire la suite