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Europe

  • Aveugle, la violence terroriste ?

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    De Marco Tosatti, journaliste et vaticaniste à La Stampa, traduit sur diakonos.be :

    SAINTETÉ, CETTE VIOLENCE N’EST PAS AVEUGLE. ELLE A UN NOM, ELLE VOIT TRÈS CLAIR ET ELLE SAIT VISER LOIN

    Aujourd’hui, j’ai lu le tweet sur le compte Twitter du Pape François concernant les événements de ces derniers jours. Le voici : « Je prie pour toutes les victimes des récents attentats. Que la violence aveugle du terrorisme n’aie (sic) plus de place dans le monde. »

    Hier, j’avais lu la déclaration prononcée dans une allocation télévisée par Mgr Galantino, le secrétaire général de la Conférence des évêques italiens, relayée par la SIR, l’agence de presse des évêques. « Les oppositions ne mènent nulle part et ne font que des victimes. Cela est vrai même au sein de nos familles » a dit le prélat. J’ai trouvé cela quelque peu énigmatique. A qui s’opposaient ces pauvres gens fauchés sur les Ramblas ? Et le SIR poursuivant en ce sens :

    A la question de l’utilisation de la religion comme « instrument d’attaque culturelle », le prélat a répondu : « Quand je n’arrive pas à trouver de raisons pour dire à l’autre qu’il doit s’en aller, alors déguise tout en religion et en idéologie. Il s’agit d’une instrumentalisation de la religion parce que la religion en elle-même ne permet pas de rouer son prochain de coups. »

    C’est là que je me permets de ne pas être d’accord, et avec de bonnes raisons. Il y a une bien religion qui, dans ses textes sacrés, le Coran et les Hadith, c’est-à-dire les comptes rendus des déclarations et des actes de Mahomet, incite expressément à cela à pas moins de 123 (cent-vingt-trois) occasions.

    Vérifiez si vous ne me croyez pas.

    Celui qui a étudié, qui a lu les textes et l’histoire et qui a une certaine expérience du monde, notamment musulman, est parfaitement conscient, et c’est heureux, qu’il existe certainement des musulmans modérés. Mais il se rend également compte qu’à cause de ses structures et de l’intouchabilité qui entoure le Coran, qui ne peut être ni remis en situation ni replacé dans son contexte historique sous peine d’être accusé de blasphème et condamné à mort, ceux qui tuent en criant Allahu Akbar sont soutenus par des textes sacrés qu’aucune fatwa ne peut annuler.

    L’Islam ne peut que difficilement être considéré comme une religion de paix ou principalement de paix, notamment vu de la vie de son fondateur et les hadits qui constituent des actes et des paroles fondatrices pareilles au Coran. Comme je le disais plus haut, cent-vingt-trois versets du Coran incitent à combattre et à tuer pour Allah. Les cibles sont les athées, les mécréants, les associateurs et, last but not least, ceux qui choisissent une autre religion.

    C’est cela qui fait de l’Islam une religion très différente des autres, et certainement du bouddhisme et du christianisme même si des manifestations de violence ont toujours existé. Mais l’Evangile, qui est le texte fondateur du christianisme, nous montre un Jésus qui refuse d’être défendu par la main armée de Pierre au moment de son arrestation, prélude à sa mise à mort.

    Que les chrétiens en aient ensuite fait des vertes et des pas mûres comme tout le monde, c’est un autre débat. Mais on ne peut pas dire qu’ils aient suivi en cela l’exemple et les paroles de leur fondateur.

    Il est donc évident que l’Islam a un problème, et un gros, dans son rapport avec la violence. Il fallait le courage et la lucidité intellectuelle d’un Benoît XVI pour mettre le problème sur le tapis. On ne peut pas demander à ses remplaçants de faire preuve d’autant de courage et de droiture intellectuelle. Mais ne nous racontons pas d’histoires, par pitié.

    Et, Sainteté, cette violence n’est pas aveugle pour un sou. Elle a un nom, elle est islamique. Et elle voit très bien et elle sait viser loin. Les aveugles, c’est nous.

    Source : Marco Tosatti, journaliste et vaticaniste à La Stampa.

  • Pays-Bas : quand tourner un film porno dans une église n'a rien de répréhensible

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    De Jérôme Lachasse sur le site "Portail SFR" (news.sfr.fr) (via "Le Salon Beige"):

    Hollande: ils tournent un film porno dans une église et s'en tirent à bon compte

    La ville de Tilbourg a rejeté la plainte de l'église, arguant que le blasphème n'était plus répréhensible aux Pays-Bas.Un film pornographique, dont le tournage s'est tenu cette année dans l'église Saint Joseph de Tilbourg, aux Pays-Bas, a causé quelques remous en Hollande. Posté en ligne sur le site de la star du X Kim Holland, il montre deux acteurs en train de copuler dans le confessionnal.

    Outrée, la paroisse a entamé des actions en justice. La ville de Tilbourg a cependant rejeté la plainte, arguant que le blasphème n'était plus répréhensible aux Pays-Bas, rapporte la BBC. "Nous estimons que ce tournage est une offense et un manque de respect, mais après avoir examiné le code civil, ceci n'est pas un crime. Blasphémer n'est pas un crime et l'équipe du tournage n'a pas pénétré illégalement dans l'église", a déclaré un porte-parole.

    Selon Harrie de Swart, un des prêtres de la paroisse, l'équipe de tournage a dû escalader une clôture pour filmer dans le confessionnal. "Le ministère de la justice nous a dit que nous aurions dû accrocher un signe 'défense d'entrer' devant la porte de l'Eglise. Alors nous aurions pu les poursuivre en justice", a-t-il déclaré. Avant d'ajouter: "mais il est absurde de placarder un tel signe sur la porte d'une église".

    Il reste malgré tout une option pour la paroisse: porter l'affaire au civil. Leurs chances de faire condamner les producteurs de la vidéo restent cependant minces. Kim Holland s'est par ailleurs excusée pour la vidéo, qu'elle a retirée de son site.

  • Tout chrétien est spirituellement un Vendéen!

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    Du site de l'hebdomadaire "Famille Chrétienne" :

    Cardinal Sarah : « Nous sommes tous spirituellement des fils de la Vendée martyre ! »

    Invité pour les 700 ans du diocèse de Luçon, du 12 au 15 août, le cardinal Robert Sarah a fait l’éloge de la Vendée et de ses habitants, meurtris sous la Révolution, dans son homélie de la messe anticipée du dimanche 13 août. Texte en intégralité.

    « Mes frères,

    Nous offrons ce soir le sacrifice de la messe pour le repos de l’âme de tous les bénévoles du Puy-du-Fou décédés depuis le début de cette belle œuvre, il ya quarante ans.

    Par votre travail, vous tous qui êtes ici rassemblés, vous réveillez chaque soir la mémoire de ce lieu. Le château du Puy-du-Fou, ruine douloureuse, abandonnée des hommes, s’élève come un cri vers le Ciel. Entrailles ouvertes, il rappelle au monde que, face à la haine de la foi, un peuple s’est levé : le peuple de Vendée !

    Mes chers amis, en donnant vie à cette ruine, tous les soirs, vous rendez la vie aux morts ! Vous rendez la vie à tous les vendéens, morts pour leur foi, pour leurs églises et pour leurs prêtres. Votre œuvre s’élève sur cette terre comme un chant portant le souvenir des martyrs de la Vendée ! Vous faites vivre ces trois cent mille hommes, femmes et enfants, victimes de la Terreur ! Vous donnez une voix à tous ceux que l’on a voulu faire taire, parce qu’ils refusaient de se laisser arracher la liberté de croire et de célébrer la messe ! Je vous le dis solennellement : votre œuvre est juste et nécessaire. Par votre art, par vos chants, par vos prouesses techniques, vous offrez enfin une digne sépulture à tous ces martyrs que la haine révolutionnaire avait voulu laisser sans tombeau, abandonnés aux chiens et aux corbeaux !

    Face au déferlement planifié et méthodique de la Terreur, les Vendéens savaient bien qu'ils seraient écrasés. Ils ont pourtant offert leur sacrifice au Seigneur en chantant.

    Votre œuvre est donc bien plus qu’une œuvre simplement humaine. Elle est comme une œuvre d’Eglise. Votre œuvre est nécessaire ! Car nos temps semblent assoupis ! Face à la dictature du relativisme, face au terrorisme de la pensée qui, à nouveau, veut arracher Dieu du cœur des enfants, nous avons besoin de retrouver la fraîcheur d’esprit, la simplicité joyeuse et ardente de ces saints et de ces martyrs.

    Quand la Révolution voulut priver les Vendéens de leurs prêtres, tout un peuple s’est levé. Face aux canons, ces pauvres n’avaient que leurs bâtons ! Face aux fusils, ils n’avaient que leurs faux ! Face à la haine des colonnes terroristes, ils n’avaient que leur chapelet, leur prière et le Sacré-Cœur cousu sur leur poitrine !

    Mes frères, les Vendéens ont simplement mis en pratique ce que nous enseignent les lectures de ce jour. Dieu n’est pas dans le tonnerre et les éclairs, il n’est pas dans la puissance et le bruit des armes. Il se cache dans la brise légère ! Face au déferlement planifié et méthodique de la Terreur, les Vendéens savaient bien qu’ils seraient écrasés. Ils ont pourtant offert leur sacrifice au Seigneur en chantant. Ils ont été cette brise légère, brise en apparence balayée par la puissante tempête des colonnes infernales. Mais Dieu était là. Sa puissance s’est révélée dans leur faiblesse ! L’histoire – la véritable histoire – sait qu’au fond, les paysans vendéens ont triomphé. Par leur sacrifice, ils ont empêché que le mensonge de l’idéologie ne règne en maître. Grâce aux Vendéens, les prêtres ne sont pas devenus les esclaves serviles d’un Etat totalitaire, ils ont pu demeurer les libres serviteurs du Christ et de l’Eglise. Les Vendéens ont entendu l’appel que le Christ nous lance dans l’Evangile de ce jour : « Confiance ! C’est moi, n’ayez pas peur ! ». Alors que grondait la tempête, alors que la barque prenait l’eau de toute part, ils n’ont pas eu peur, tant ils étaient certains que, par delà la mort, le Cœur de Jésus serait leur unique patrie !

    Mes frères, nous chrétiens, nous avons besoin de cet esprit des Vendéens ! Nous avons besoin de cet exemple ! Comme eux, il nous faut quitter nos semailles et nos moissons, laisser là nos sillons, pour combattre, non pour des intérêts humains, mais pour Dieu !

    Qui donc se lèvera aujourd’hui pour Dieu ? Qui osera affronter les persécuteurs modernes de l’Eglise ? Qui aura le courage de se lever sans autres armes que le chapelet et le Sacré-Cœur, pour affronter les colonnes de la mort de notre temps que sont le relativisme, l’indifférentisme et le mépris de Dieu ? Qui dira à ce monde que la seule liberté qui vaille la peine qu’on meurt pour elle est la liberté de croire ?

    Mes frères, comme nos frères Vendéens d’autrefois, nous sommes aujourd’hui appelés au témoignage, c’est-à-dire au martyre ! Aujourd’hui en Orient, au Pakistan, en Afrique, nos frères chrétiens meurent pour leur foi, écrasés par les colonnes de l’Islamisme persécuteur. Et toi, Peuple de France, toi, Peuple de Vendée, quand donc te lèveras-tu avec les armes pacifiques de la prière et de la charité pour défendre ta foi ? Mes amis, le sang des martyrs coule dans vos veines, soyez-y fidèles ! Nous sommes tous spirituellement des fils de la Vendée martyre ! Même nous, Africains, qui avons reçu de tant de missionnaires vendéens venus mourir chez nous pour annoncer le Christ. Nous nous devons d’être fidèles à leur héritage !

    L’âme de ces martyrs nous entoure en ce lieu. Que nous disent-ils ? Que veulent-ils nous transmettre ? D’abord le courage ! Quand il s’agit de Dieu, aucune compromission n’est possible ! L’honneur de Dieu ne se discute pas ! Et cela doit commencer par notre vie personnelle, de prière et d’adoration. Il est temps, les frères, de nous révolter contre l’athéisme pratique qui asphyxie nos vies ! Prions en famille, laissons à Dieu la première place ! Une famille qui prie est une famille qui vit ! Un chrétien qui ne prie pas, qui ne sait pas laisser de place à Dieu par le silence et l’adoration, finit par mourir !

    De l’exemple des Vendéens, nous devons aussi apprendre l’amour du Sacerdoce. C’est parce que leurs « bons prêtres » étaient menacés qu’ils se sont révoltés. Vous, les plus jeunes, si vous voulez être fidèles à l’exemple de vos aînés, aimez vos prêtres, aimez le sacerdoce ! Vous devez vous poser la question : et moi, suis-je appelé aussi à être prêtre à la suite de tous ces prêtres martyrisés par la Révolution ? Aurai-je moi aussi le courage de donner toute ma vie pour le Christ et mes frères ?

    Les martyrs de Vendée nous apprennent encore le sens du Pardon et de la miséricorde. Face à la persécution, face à la haine, ils o nt gardé au cœur le souci de la paix et du pardon. Souvenez-vous comment le chef Bonchamp fit relâcher cinq mille prisonniers quelques minutes avant de mourir. Sachons affronter la haine sans ressentiment et sans aigreur. Nous sommes l’armée du Cœur de Jésus, comme Lui nous voulons être plein de douceur !

    Enfin, des martyrs vendéens, il nous faut apprendre le sens de la générosité et du don gratuit. Vos ancêtres ne se sont pas battus pour leurs intérêts, ils n’avaient rien à gagner. Ils nous donnent aujourd’hui une leçon d’humanité. Nous vivons dans un monde marqué par la dictature de l’argent, de l’intérêt, de la richesse. La joie du don gratuit est partout méprisée et bafouée.

    Or, seul l’amour généreux, le don désintéressé de sa vie peut vaincre la haine de Dieu et des hommes, qui est la matrice de toute révolution. Les Vendéens nous ont appris à résister à toutes ces révolutions. Ils nous ont montré que face aux colonnes infernales, comme face aux camps d’extermination nazis, face aux goulags communistes, comme face à la barbarie islamiste, il n’est qu’une seule réponse : le don de soi, de toute sa vie. Seul l’amour est vainqueur des puissances de mort !

    Aujourd’hui encore, plus que jamais peut-être, les idéologues de la révolution veulent anéantir le lieu naturel du don de soi, de la générosité joyeuse et de l’amour. Je veux parler de la famille ! L’idéologie du genre, le mépris de la fécondité et de la fidélité sont les nombreux slogans de cette révolution. Les familles sont devenues comme autant de Vendée à exterminer. On planifie méthodiquement leur disparition, comme autrefois celle de la Vendée. Ces nouveaux révolutionnaires s’inquiètent devant la générosité des familles nombreuses. Ils raillent les familles chrétiennes, car elles s’incarnent tout ce qu’ils haïssent. Ils sont prêts à lancer sur l’Afrique de nouvelles colonnes infernales pour faire pression sur les familles et imposer stérilisation, avortement et contraception. L’Afrique, comme la Vendée, résistera ! Partout, les familles chrétiennes doivent être les joyeux fers-de-lance d’une révolte contre cette nouvelle dictature de l’égoïsme !

    C’est désormais dans le cœur de chaque famille, de chaque chrétien, de tout homme de bonne volonté, que doit se lever une Vendée intérieure ! Tout chrétien est spirituellement un Vendéen ! Ne laissons pas étouffer en nous le don généreux et gratuit. Sachons comme les martyrs de Vendée puiser ce don à sa source : dans le Cœur de Jésus.

    Prions pour qu’une puissante et joyeuse Vendée intérieure se lève dans l’Eglise et dans le monde !

  • De la fidélité à Fillon au ralliement à Macron : le dilemme des catholiques français "de droite"

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    De Jérôme Fourquet sur Figaro Vox (lefigaro.fr) :

    Fidèles à Fillon, ralliés à Macron: le dilemme des catholiques de droite

    FIGAROVOX/ANALYSE - À l'occasion de la fête du 15 août, Jérôme Fourquet revient sur la façon dont les catholiques de droite ont vécu l'élection présidentielle. 46% des catholiques pratiquants ont voté Fillon au premier tour. Au second tour, Macron l'a emporté largement, même si on observe une large progression du FN.

    Jérôme Fourquet est directeur du département opinion et stratégies d'entreprise de l'Ifop.

    1 - Le vote au 1er tour de la présidentielle: les catholiques pardonnent à Fillon

    Le dilemme qu'ont ressenti durant la campagne du 1er tour certains catholiques de droite entre, d'un côté, un attachement aux valeurs et au message portés par François Fillon et, de l'autre, une réprobation morale de son comportement supposé révélé par les affaires, a, semble-t-il, été tranché in fine en privilégiant l'aspect politique de l'équation. En effet, d'après un sondage Ifop pour Pèlerin , 46% des catholiques pratiquants ont glissé un bulletin François Fillon dans l'urne au premier tour. Ce chiffre, de quasiment un catholique pratiquant sur deux, témoigne déjà en soi d'un soutien très imposant. Surtout, il correspond à l'étiage qu'atteignait le candidat des Républicains parmi les catholiques pratiquants dans les sondages réalisés au début de l'année 2017, avant le déclenchement du Penelopegate. La chute observée par la suite dans les sondages n'aura donc été que passagère et les catholiques pratiquants qui s'étaient, à ce moment de la campagne, détournés du Sarthois pour des raisons morales sont manifestement revenus vers lui le jour du vote.

    Ce score de 46% correspond par ailleurs, au point près, au niveau atteint par Nicolas Sarkozy au premier tour de l'élection présidentielle de 2012 parmi les catholiques pratiquants: 45%. Cette comparaison est intéressante car elle montre que François Fillon a solidement tenu dans le segment des catholiques pratiquants, alors qu'il a enregistré un net recul dans les autres composantes de l'électorat de droite par rapport à son prédécesseur. Nicolas Sarkozy avait ainsi recueilli au niveau national 27,5% des voix en 2012, contre 19,9% pour son successeur. Ce tassement général de 7,5 points s'observe d'après les données de l'Ifop, à la fois parmi les catholiques non pratiquants (de 32% à 25%, - 7 points) et auprès des sans-religions (de 15% à 9%, - 6 points). Les catholiques pratiquants, auxquels François Fillon avait adressé de nombreux signaux, ont donc constitué le bloc le plus fidèle et le plus solide pour la droite avec un gain symbolique d'un point par rapport à 2012.

    La campagne menée par le candidat des Républicains a ainsi permis à la droite de maintenir ses positions dans cet électorat, en dépit du trouble manifeste suscitée par «l'affaire Fillon», mais elle a également eu comme effet d'y endiguer la poussée frontiste. Lors des régionales de 2015, le FN avait sensiblement progressé au sein de cet électorat. Le choc constitué par l'assassinat du père Hamel s'était par ailleurs traduit par un raidissement supplémentaire d'une partie des catholiques pratiquants vis-à-vis de l'islam, qui laissait potentiellement augurer un gain pour Marine Le Pen dans cette catégorie de la population.

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  • Le cardinal Parolin en Russie pour préparer une visite du Pape ?

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    De Marie Malzac sur le site du journal La Croix :

    En Russie, le cardinal Parolin rencontrera Poutine et le patriarche Kirill

    Le numéro deux du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, à Moscou du 20 au 24 août, pourrait évoquer l’éventualité d’un voyage officiel du pape François en Russie, ce qui constituerait une première historique, a-t-il indiqué mercredi 9 août dans un entretien au quotidien italien Il Corriere della Sera.

    « La préparation d’un éventuel voyage du pape François en Russie ne relève pas des objectifs de ma visite » à Moscou du 20 au 24 août, « mais je souhaite cependant qu’elle puisse contribuer à avancer dans cette direction », a assuré le Secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, dans un entretien au quotidien italien Il Corriere della Sera.

    Dans une interview en mars au journal allemand Die Zeit, le pape François, interrogé sur ses projets de voyages internationaux, avait déclaré : « Je ne peux pas aller en Russie, car alors je devrais aussi aller en Ukraine ».

    Le cardinal Parolin n’est pas interrogé sur ce point. À l’occasion de son voyage en Russie, il doit s’entretenir notamment avec le président russe Vladimir Poutine et de hauts représentants religieux, dont le patriarche Kirill, à la tête de l’Église orthodoxe russe.

    « Dans ce moment historique où nous assistons à une augmentation des tensions et des conflits dans diverses parties du monde, la paix constitue pour le pape François et pour moi personnellement une priorité claire et incontournable », a commenté le secrétaire d’État.

    Le Saint-Siège nourrit « un intérêt particulier » pour la vaste zone de l’Europe orientale qui, « outre des riches traditions culturelles et religieuses, a un rôle à jouer dans la recherche d’une meilleure stabilité du continent et une meilleure unité, y compris dans les relations Est-Ouest », souligne-t-il.

    « Nouveaux horizons »

    « Après la période d’opposition idéologique, qui évidemment ne peut pas s’évanouir du jour au lendemain, et avec les nouveaux horizons ouverts depuis la fin de la guerre froide, il est important de profiter de toutes les occasions pour encourager le respect, le dialogue et la collaboration réciproques afin de promouvoir la paix », a encore relevé le cardinal Parolin dans Il Corriere della Sera.

    En février 2016, après 1 000 ans de séparation, une rencontre historique avait eu lieu à La Havane entre le pape François et le patriarche Kirill. Après de longues négociations entre Rome et Moscou, les deux hommes avaient signé une déclaration commune.

    À LIRE : « La Russie peut donner beaucoup au monde », dit le pape François

    Peu avant cet événement, le pape avait affirmé, dans un entretien au même quotidien italien, que « la Russie (pouvait) donner beaucoup » pour la paix mondiale, évoquant même certaines « convergences » entre le Saint-Siège et Moscou sur les conflits dans le monde arabe.

    Pour les observateurs, cette rencontre à Cuba, dans un lieu neutre, loin de l’Europe, était une première étape vers un voyage du pape en Russie.

    À LIRE : Rome et le Patriarcat de Moscou, des années pour se rencontrer

  • Dans cent ans, l'Europe sera-t-elle musulmane ? La question de l'archevêque de Philadelphie

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    De Daniel Hamiche sur "L'Observatoire de la Christianophobie" :

    Archevêque Chaput : dans 100 ans l’Europe sera-t-elle musulmane ?


    Une remarque terrible – mais bien sentie – de Mgr Charles Chaput, archevêque de Philadelphie (Pennsylvanie), extraite de son discours du 27 juillet dernier au Napa Institute (Californie).

    « Si vous voulez voir le visage de l’Europe dans 100 ans, sauf miracle, regardez les visages des jeunes immigrés musulmans. L’islam a un avenir parce que l’islam croit aux enfants. Sans une foi transcendante qui rend la vie digne d’être vécue, il n’y a aucune raison d’avoir des enfants. Et là où il n’y a pas d’enfants, il n’y a pas d’imagination, pas de raison de faire des sacrifices, pas d’avenir. Au moins six des plus grands dirigeants politiques européens n’ont aucun enfant. Leur monde se termine avec eux. Il est difficile de ne pas avoir le sentiment que, pour une grande part, l’Europe est déjà morte ou est en train de mourir sans le savoir ».

  • Islamiser la cathédrale de Cordoue ?

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    Lu sur JForum.fr, le portail juif francophone :

    L’islamisation de la cathédrale de Cordoue

     
    Photo Getty/Express.co
    Qatar et Arabie Saoudite veulent islamiser l’une des plus grandes Cathédrales d’Europe
    Source : Gatestone Institute
    • Dans l’imaginaire musulman, Cordoue est le Califat perdu. Les élus de Cordoue ont attenté au droit de propriété de l’Église en affirmant que «la consécration du lieu ne faisait pas de l’église son propriétaire». Ainsi fonctionne l’histoire, notamment dans les pays où christianisme et islam ont bataillé pour le pouvoir. Pourquoi les laïcards n’incitent-ils pas le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, à restituer aux chrétiens la cathédrale Sainte-Sophie ? Personne n’a bronché quand «la plus grande cathédrale de la chrétienté a été transformée en mosquée ».
    • La gauche espagnole au pouvoir dans cette région, souhaite transformer cette église en « carrefour des religions ». De jolis mots œcuméniques qui sont autant de pièges mortels pour accélérer la domination islamique sur les autres croyances. Si ces islamistes, soutenus par les militants laïcs, introduisent Allah dans la cathédrale de Cordoue, un tsunami islamique déferlera sur un christianisme déjà défaillant en Europe. Des milliers d’églises vides sont disponibles pour les muezzins.
    • La tentative occidentale de libérer Jérusalem au Moyen Âge a été condamnée comme une forme d’impérialisme chrétien, alors que les campagnes musulmanes pour coloniser et islamiser l’Empire byzantin, l’Afrique du Nord, les Balkans, l’Égypte, le Moyen-Orient et la plus grande partie de l’Espagne, pour ne citer que ces territoires, sont célébrés comme une progression des Lumières.
    Les suprémacistes musulmans ont le fantasme – étayé par de nombreux passages à l’acte – de convertir les sites chrétiens en mosquées. La cathédrale gothique de Saint-Denis, qui porte le nom du premier évêque chrétien de Paris enterré là en 250 et qui abrite le tombeau de Charles Martel – le chef militaire qui a stoppé l’invasion musulmane de la France en 732 – est à cet égard un bon exemple. Selon Gilles Kepel, professeur et chercheur, cette sépulture des rois et reines de France est devenue « la Mecque de l’islam de France ». Les islamistes français rêvent d’investir la cathédrale et de remplacer ses cloches par l’appel du muezzin.

    A Sainte Sophie, la plus grande cathédrale de Turquie, construite au sixième siècle, l’appel du muezzin a résonné pour la première fois depuis 85 ans .

    En France, les dirigeants musulmans ont demandé à convertir les églises abandonnées en mosquées, faisant ainsi écho à la prédiction d’Emile Cioran « Dans cinquante ans Notre Dame sera une mosquée ».

    L’autel principal de la cathédrale de Cordoue. (Source : Wikimedia Commons / © José Luiz Bernardes Ribeiro / CC BY-SA 3.0)

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  • L'activité du pape François sous la loupe d'une journaliste de Libé

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    Une analyse de Bernadette Sauvaget sur le site de Libération.fr :

    François, un pape actif sous tous les cieux

    Caucase, Amérique du Sud… A l’inverse de son prédécesseur, le souverain pontife s’implique dans les affaires terrestres. Et affirme sa volonté de mettre en lumière les pauvres et défavorisés de la planète.

    Il est 17 h 10 ce 2 juin. Le président Emmanuel Macron a rendez-vous au téléphone avec le pape François. C’est la première fois qu’ils vont se parler. L’affaire a été rapidement montée après l’annonce par le président américain, Donald Trump, de son intention de se retirer de l’accord de Paris. Pour le chef de l’Etat français, le timing est serré. Il doit rentrer dare-dare du Centre national d’études spatiales (Cnes) où il s’est entretenu en visioconférence avec le spationaute Thomas Pesquet, à peine redescendu du ciel. Macron arrive à l’heure. L’entretien est bref, une petite dizaine de minutes. «L’objectif était d’avoir l’appui du pape pour éviter que d’autres pays ne suivent l’exemple des Etats-Unis et veuillent aussi se retirer de l’accord de Paris», explique une source diplomatique.

    Le coup de fil signe l’influence diplomatique reconnue à François. «Le pape, c’est un peu l’aumônier des chefs d’Etat», s’amuse un diplomate à Rome. Vieux routier de la curie romaine, l’Uruguayen Guzmán Carriquiry confirme le poids politique pris par le pontife : «Tous les chefs d’Etat latino-américains sont venus le voir ici, à Rome, certains même quatre ou cinq fois.» Assis dans le petit salon qui jouxte son bureau, via della Conciliazione, à quelques centaines de mètres du Vatican, Guzmán Carriquiry sait de quoi il parle. Vice-président de la commission pontificale pour l’Amérique latine, il est l’un des hommes de confiance du pape François, son ami depuis quarante ans. Et François le consulte presque quotidiennement.

    Avec Jorge Mario Bergoglio, l’Eglise catholique a renoué avec la figure du pape politique, l’inverse de son prédécesseur, Benoît XVI, préoccupé essentiellement de théologie et de la remise en ordre de son institution. «Le Saint-Siège a de nouveau un poids géopolitique, comme c’était le cas sous le pontificat de Jean-Paul II», analyse Andrea Tornielli, le responsable du Vatican Insider, le site d’information de référence sur la papauté. «La grande passion de Bergoglio a toujours été la politique»,décrit un de ses anciens collaborateurs à Buenos Aires. Dans son bureau d’archevêque, donnant sur la place de Mai, centre névralgique du pouvoir en Argentine, il avait l’habitude de recevoir syndicalistes et hommes politiques, jouant d’une influence occulte qui irritait, voire inquiétait, le pouvoir en place. A Rome aujourd’hui, de sa fenêtre du Vatican, il s’adresse à la planète entière.

    Regard très critique

    Depuis quatre ans, François a changé le centre de gravité du catholicisme et par là même de la géopolitique de l’Eglise. «Il a sorti le Vatican de l’époque de la guerre froide», analyse le vaticaniste Iacopo Scaramuzzi. Pour Jean Paul II et Benoît XVI, l’avenir du christianisme se jouait essentiellement sur le sol européen. Ce n’est plus le cas. François a même un regard très critique. Le 14 novembre 2014, devant le Conseil de l’Europe, le pape interrogeait : «A l’Europe, nous pouvons demander : où est ta vigueur ? Où est cette tension vers un idéal qui a animé ton histoire et l’a rendue grande ? Où est ton esprit d’entreprise et de curiosité ? Où est ta soif de vérité que jusqu’à présent tu as communiquée au monde avec passion ? De la réponse à ces questions dépendra l’avenir du continent.» Pour le jésuite argentin, l’Europe a trahi ses valeurs. «Cela a créé un contentieux, souligne une source diplomatique européenne à Rome. Depuis, le pontife argentin a tenté de corriger le tir.» Sans trop convaincre. «C’est un défi pour lui d’aller maintenant au cœur de l’Europe», reconnaît Guzmán Carriquiry. Jusqu’à présent lors de ses voyages, le chef de l’Eglise catholique a évité soigneusement les grands pays, préférant l’Albanie, le Caucase ou… la Suède.

    «Le parti des nonces»

    François impose sa vision du monde, les yeux rivés vers le Sud. Et tout particulièrement en direction de l’Amérique latine. «Il y a son réseau et peut prendre directement son téléphone pour joindre tel chef d’Etat»,relève un jésuite français. Cet attrait n’est pas seulement dû aux origines du pape. Désormais, le continent latino-américain est stratégique pour le christianisme. «Plus de 40 % des catholiques vivent en Amérique latine», appuie Guzmán Carriquiry. Et cela, même si la concurrence y est de plus en plus féroce avec les mouvements protestants évangéliques. Avec ceux-ci, François évite une confrontation directe, entretenant de bonnes relations avec certaines de ses mouvances, les plus progressistes.

    Pour se garantir une influence, l’actuel pape a «reprofessionnalisé» la diplomatie vaticane, en déshérence sous Benoît XVI. Il a confié les clés à l’Italien Pietro Parolin, issu du sérail, ancien nonce (ambassadeur) au Venezuela. Salué par ses pairs comme un grand diplomate, Parolin, qui exerce la fonction de secrétaire d’Etat (l’équivalent de Premier ministre), est l’un des hommes influents du pontificat de François. «Grâce à lui, le pape peut s’appuyer sur ce qu’on appelle à Rome le parti des nonces»,explique Iacopo Scaramuzzi. C’est à ce large faisceau d’influences que le Vatican, opposé depuis toujours aux sanctions contre La Havane, doit l’un de ses succès diplomatiques : le rétablissement des relations entre les Etats-Unis et Cuba. En 2014, le pape a joué personnellement les intermédiaires entre Barack Obama et Raúl Castro, et le Vatican a abrité des négociations discrètes entre les deux pays. L’Amérique latine s’affirme indéniablement comme une priorité du moment. En septembre, le chef de l’Eglise catholique se rendra en Colombie pour soutenir l’accord de paix entre le gouvernement et les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie).

    «Périphéries sociales»

    «François, c’est d’abord et avant tout le pape des périphéries. C’est essentiel pour comprendre sa vision du monde, explique l’Argentine Silvina Perez, responsable de l’édition espagnole de l’Osservatore Romano, le quotidien du Vatican. Ces périphéries sont autant géographiques que sociales.» L’un des leitmotivs de Bergoglio (avant même qu’il ne soit pape) a toujours été de dire qu’on ne peut saisir la réalité qu’en se déplaçant hors du centre. Pour appréhender Buenos Aires (sa ville), il lui fallait l’observer à partir des villa miseria, ses immenses bidonvilles. A peine élu, le jésuite argentin a réservé sa première visite à l’île de Lampedusa, symbole à ses yeux de ce qu’il ne cesse de dénoncer comme la «globalisation de l’indifférence». Les périphéries «bergogliennes», ce sont les migrants, les victimes du changement climatique, les pauvres broyés par la financiarisation de l’économie… et les petits pays, qu’il visite en priorité.

    Pour son premier déplacement en Asie en août 2014, il a pris tout le monde de court en choisissant la Corée du Sud. Le pays a été l’une des terres de conquête du pentecôtisme (la mouvance la plus dynamique et la plus controversée du protestantisme évangélique) en pleine guerre froide. Ce n’est plus le cas, bouddhisme et catholicisme y retrouvent de la vigueur. En septembre 2014, le pape surprend encore et se rend à l’extrême périphérie de l’Europe, en Albanie, un des pays les plus pauvres du continent. Cette géopolitique est nourrie de théologie, celle issue de l’Amérique latine et des théologiens de la libération, qui promeuvent ce qu’on a appelé dans les années 70 «l’option préférentielle pour les pauvres». Au jésuite argentin, cela vaut les foudres des milieux conservateurs catholiques américains, qui le voient comme une sorte de cryptomarxiste. «Dans la pensée de Bergoglio, il n’y a pourtant rien de contraire à la doctrine sociale de l’Eglise», corrige Andrea Tornielli.

    Visite à Al-Azhar

    Ce n’est pas le seul contentieux qu’a le pape François avec les milieux chrétiens radicaux, adeptes du clash des civilisations, instrumentalisant la question des chrétiens d’Orient, calés sur leur rhétorique du combat entre le bien et le mal. Avec l’islam, le chef de l’Eglise catholique parie, à l’inverse, sur le dialogue, réfute l’idée de guerre de religion et d’une vision binaire du monde. En avril, le pape François a scellé la réconciliation avec les autorités musulmanes, en se rendant en Egypte et en visitant Al-Azhar, l’une des grandes institutions de l’islam sunnite, en froid avec l’Eglise catholique sous le pontificat de Benoît XVI.

    Dans un récent article, la revue jésuite italienne la Civiltà Cattolica dénonçait, elle, une alliance «entre les fondamentalistes évangéliques et les intégristes catholiques, unis par le même désir d’influence religieuse dans la sphère politique». L’article a été signé par deux personnalités très proches du pape, le jésuite italien Antonio Spadaro (directeur de la revue) et le pasteur évangélique argentin Marcelo Figueroa et interprété par les spécialistes comme un canal officieux pour faire passer le message papal.

    En clair, François condamne une vision théologico-politique du monde et des conflits en cours, promue par l’ultradroite religieuse, influente auprès du président américain (elle le fut déjà sous deux de ses prédécesseurs, George W. Bush et Ronald Reagan). Pour les auteurs de l’article, la clé de compréhension de l’actuelle diplomatie vaticane est «d’établir des relations directes et fluides avec les superpuissances sans entrer dans des réseaux d’alliances ou d’influences déjà constitués». Pour l’heure, c’est sûrement l’une des urgences du pape François.

  • L’Europe de l’Est : une épine dans le pied du pontificat de François ?

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    De diakonos.be, la traduction d'un article de Sandro Magister paru sur son blog "Settimo Cielo" :

    Eglises de l’Est, une épine dans le pied du Pape

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    L’Europe de l’Est est une épine dans le pied du pontificat de François et plusieurs éléments le prouvent.

    Lors du double synode sur la famille, les évêques d’Europe de l’Est ont été parmi les plus ardents défenseurs de la tradition, à commencer par le rapporteur général de la première session, le cardinal hongrois Péter Erdö, par ailleurs l’auteur d’une dénonciation publique des écarts commis par la faction réformiste, celle qui avait été ouvertement appuyée par le Pape.

    Au terme du synode, c’est à nouveau d’Europe de l’Est que sont venues les interprétations les plus restrictives du document papal « Amoris laetitia ». Les évêques de Pologne se sont prononcés en chœur pour une application du document dans la parfaite continuité avec l’enseignement séculaire de l’Eglise depuis ses origines jusqu’à Jean-Paul II et Benoît XVI.

    Les évêques d’Ukraine également – où seuls 10% de la population est catholique – sont parmi les plus engagés à combattre les ruptures avec la tradition en matière de mariage, de pénitence et d’eucharistie.  De plus, ils n’ont pas manqué de critiquer vertement les positions philo-russes du pape François et du Saint-Siège par rapport à la guerre en cours dans leur pays, une guerre qu’ils vivent comme une agression, justement, de la Russie de Vladimir Poutine.

    L’accolade entre le patriarche Cyrille de Moscou à l’aéroport de La Havane le 12 février 2016 suivie de la signature d’une déclaration commune a créé un important élément de friction entre Jorge Mario Bergoglio et l’Eglise catholique ukrainienne qui  se considère injustement sacrifiée sur l’autel de ce rapprochement entre Rome et Moscou.

    Le décès survenu le 31 mai dernier du cardinal Lubomyr Husar, l’avant-dernier patriarche majeur de l’Eglise grecque catholique d’Ukraine,  a attiré l’attention sur cette personnalité de très grande envergure qui a été capable de rebâtir spirituellement une Eglise persécutée depuis des décennies sans jamais céder aux calculs diplomatiques – entre Moscou et son patriarcat – qui ont en revanche repris de plus belle sous le pontificat de François.

    Le successeur de Mgr Husar, le jeune Sviatoslav Shevchuk, est bien connu de Bergoglio grâce à l’une de ses précédentes activités pastorales en Argentine. Mais il forme lui aussi l’une des voix les plus critiques des dérives du pontificat actuel, aussi bien dans le domaine politique que dans le domaine doctrinal et pastoral.

    Et « cela n’est certainement pas un hasard », écrivait il y a trois semaines le pape émérite Benoît XVI à l’occasion de la mort de son ami cardinal Joachim Meisner, qui fut archevêque de Berlin durant le régime communiste, « que la dernière visite de sa vie ait été consacrée à un Confesseur de la foi », un évêque de Lituanie dont on célébrait la béatification, l’un de ces innombrables martyrs du communisme d’Europe de l’Est qui risquent aujourd’hui de tomber dans l’oubli.

    *

    Dans ce contexte, il est légitime de se poser cette question : quel est, dans cette région d’Europe, l’état de santé du catholicisme dont on sait qu’il connaît un sérieux déclin dans d’autres régions du monde et plus particulièrement en Europe occidentale ?

    On trouvera une réponse exhaustive à cette question – ne fut-ce qu’en termes sociologiques – dans une enquête approfondie du Pew Research Center de Washington qui est sans doute l’indicateur le plus fiable au monde sur la présence des religions dans la sphère publique.

    > Religious Belief and National Belonging in Central and Eastern Europe

    L’enquête concerne précisément les pays d’Europe de l’Est qui ont presque tous subi par le passé l’athéisme des régimes communistes. Ce qui frappe d’emblée à la lecture de ce rapport, c’est la renaissance presque partout d’un sentiment fort et diffus d’appartenance religieuse qui, pour les orthodoxes – nettement majoritaires dans ces régions – coexiste avec une faible fréquentation des liturgies dominicales alors que pour les catholiques, elle s’accompagne d’une fréquentation hebdomadaire de la messe plutôt significative : en Pologne, par exemple, 45% des baptisés s’y rendent et 43% en Ukraine tandis qu’en Russie, seuls 6% des fidèles de confession orthodoxe fréquentent la messe dominicale.

    La République Tchèque est le pays qui a été le plus marqué par l’athéisme d’Etat qui, ajouté à une plus ancienne hostilité anticatholique remontant au protestantisme « hussite » et à la recatholicisation imposée par les Habsbourg, ont fait en sorte que dans ce pays près de 72% de la population se déclare étranger à toute foi religieuse. Mais là aussi, parmi les catholiques qui représentent un cinquième de la population, plus de 22% des fidèles se rendent à la messe du dimanche, soit plus ou moins la même proportion qu’en Italie, davantage qu’en Allemagne, en France ou en Espagne, pour ne pas parler de la Belgique ou de la Hollande.

    Et il en va de même pour un autre pays comme la Bosnie où les catholiques sont très peu nombreux, à peine 8%, mais parmi eux 54% pratiquent le dimanche.

    L’enquête du Pew Research Center vaut la peine d’être lue dans son intégralité pour la richesse des données qu’elle contient. Mais bornons-nous ici à remarquer que les catholiques d’Europe de l’Est se démarquent des orthodoxes non seulement par leurs indices de pratique religieuse plus élevés mais également par une vision géopolitique radicalement opposée.

    Alors que pour les orthodoxes, la Russie est considérée comme le rempart de l’Occident et bénéfice d’un capital de sympathie majoritaire, les catholiques considèrent quant à eux la Russie avec beaucoup plus de frilosité, particulièrement en Ukraine et en Pologne qui penchent davantage pour une alliance avec les Etats-Unis et l’Occident.

    On retrouve une division supplémentaire dans le camp orthodoxe entre ceux qui, comme en Russie, reconnaissent le patriarche de Moscou comme la plus haute autorité hiérarchique de l’orthodoxie et ceux qui optent davantage pour le patriarcat de Constantinople que pour celui de Moscou, comme en Ukraine, avec 46% des orthodoxes pour l’un et seulement 17% pour l’autre.

    Sur le mariage, la famille, l’homosexualité et les thèmes qui y sont liés, au moins la moitié des catholiques sont fidèles aux positions traditionnelles de l’Eglise. Et une large majorité de l’ensemble de la population étudiée – avec la seule exception de la République Tchèque – s’oppose à la reconnaissance légale des unions entre personnes de même sexe.

    Mais en analysant les données par tranche d’âge, on s’aperçoit rapidement que parmi les jeunes, la mentalité permissive déjà répandue en Europe Occidentale – y compris dans l’Eglise catholique – progresse déjà.

    Une mentalité contre laquelle le pontificat de François ne fait certainement pas barrage.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

  • Pourquoi de nombreux catholiques allemands abandonnent-ils l'Eglise ?

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    De Delphine Nerbollier sur le site du journal La Croix :

    Allemagne, pourquoi les catholiques quittent l’Eglise ?

    En 2016, 162 000 Allemands ont cessé d’acquitter leur impôt ecclésiastique et ainsi « quitté » les rangs de l’Église catholique.

    Ils étaient un peu plus de 4 000 dans le diocèse d’Essen (Ouest de l’Allemagne), qui a lancé une vaste étude pour comprendre les motivations de ses anciens fidèles.

    En quoi consiste cette étude ?

    Elle cherche à comprendre les raisons qui poussent certains à quitter les rangs de l’Église. Elle a été menée en avril et mai via un formulaire très complet mis en ligne sur le site Internet du diocèse. 3 000 personnes y ont participé, de manière volontaire, dont 305 ayant déjà quitté l’Église catholique. 41 ont ensuite pris part à un entretien qualitatif, par téléphone, d’une durée de 40 à 70 minutes.

    Que ressort-il de cette enquête ?

    « L’éloignement » et « le manque de lien » avec l’Église sont les deux raisons principales motivant les sorties. C’est ce que constate Ulrich Riegel, professeur à l’université de Siegen et l’un des deux théologiens ayant dirigé l’étude.

    « Derrière ces deux notions se cache le fait que l’Église est perçue comme une institution basée sur des intérêts de pouvoir et des manigances », explique-t-il dans les pages du magazine diocésain Bene« Elle est jugée peu crédible alors que les messages et les comportements de certains représentants religieux divergents ».

    A LIRE : L’Eglise allemande aide les femmes à accéder aux postes à responsabilité

    À cela s’ajoutent des « raisons plus concrètes », comme le montant de l’impôt religieux, mais aussi de « mauvaises expériences personnelles ». Par ailleurs, le célibat des prêtres, l’image de la femme, la position de l’Église sur l’homosexualité, ou encore les scandales de pédophilie reviennent aussi en force dans les réponses des participants, sans toutefois « mener directement à un départ », ajoute Ulrich Riegel.

    Pour le théologien, une chose est sûre : « Les sorties d’Église sont le résultat d’un processus de long terme ». Son collègue, Tobias Faix, de l’institut de recherche Empirica à Kassel, a lui aussi codirigé cette étude et rappelle « qu’il n’y a jamais une seule raison » motivant le départ d’un paroissien. « Plusieurs facteurs se combinent jusqu’au jour où on se dit : ça suffit ». Pour Tobias Faix, ces processus sont « longs et émotionnellement difficiles surtout pour les personnes âgées ». La question de l'impôt n’est donc souvent qu’un déclencheur. « Personne ne quitte l'église pour faire des économies », assure Tobias Faix, sur le site www.katholisch.de.

    Lors de cette enquête qualitative, Ulrich Riegel a constaté un autre phénomène. « Certains, même s’ils sont peu nombreux, jugent l’Église insuffisamment pieuse et incapable de s'acquitter de sa mission, à savoir célébrer l’Eucharistie et sauver les âmes. »

    Quelles suites ?

    Compte tenu de la variété des motivations mises en évidence par cette enquête, les mesures à prendre ne sont pas évidentes. Comme le résume le théologien Ulrich Riegel, il est difficile de se contenter de plaider « pour un abandon de l’impôt religieux et pour des prêches plus modernes ».

    D’ici l'automne, les chercheurs vont aussi se pencher sur les raisons qui poussent des dizaines de milliers de paroissiens à rester au sein de l’Église, sans toutefois participer activement à la vie de la communauté. Le diocèse souhaite ensuite développer des stratégies pour mieux répondre aux attentes de ses paroissiens et organisera une conférence sur le sujet en 2018.

    Certaines idées circulent déjà comme la possibilité de créer une permanence destinée aux personnes qui s’interrogent. « Les gens disent souvent ne pas trouver de partenaires pour parler », explique Tobias Faix. « Ils ne se sentent ni écoutés ni pris au sérieux. Quitter l'Église est alors un dernier cri de protestation. »

    Delphine Nerbollier (en Allemagne)

    Les prises de position du cardinal Marx seraient-elles susceptibles de ramener des ouailles à l'église ?

  • Le recours à l’euthanasie s'imposera-t-il demain comme nouveau régulateur démographique ?

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    A L’HORIZON 2050, UNE POPULATION FRANÇAISE VIEILLISSANTE, UN ÉQUILIBRE PRÉCAIRE ENTRE LES GÉNÉRATIONS

    Gènéthique vous informe

    L’Insee vient de publier les résultats d’une enquête prospective qui évalue la population française à l’horizon 2050.

    Dans l’hypothèse de la continuité des tendances démographiques actuelles, la population française devrait croître pour atteindre les 74 millions d’habitant soit 8,2 millions de plus qu’en 2013. Mais selon l’Insee, « l’arrivée aux âges de forte mortalité de générations nombreuses du baby-boom »entraînerait une forte hausse des décès dans les années à venir, jusqu’à dépasser le nombre de naissances pour la plupart des régions, donnant lieu à un important vieillissement de la population. Le solde naturel ne serait plus positif en 2050 que dans quatre régions.

    La classe d’âge des séniors de plus de 65 ans sera celle, à l’échelle nationale, dont la croissance resterait la plus importante : de + 2,5% en moyenne annuelle entre 2013 et 2020 à +0,6% entre 2040 et 2050. La proportion des séniors atteindrait 27,2% soit 9,7% de plus qu’en 2013. Le nombre de personnes âgées de 75 ans ou plus représentera 16 ,4% de la population française en 2050 contre 9,0% en 2013…

    Un vieillissement qui s’explique d’abord par « une baisse du reste de la population » alors même que la croissance du nombre de séniors serait « parmi les plus faibles du pays ». En 2050, seule une personne sur deux compterait parmi les 20-64 ans : soit une diminution de 7,3% par rapport à 2013. Les moins de 20 ans, quant à eux représenteraient 22,3% de la population, soit 2,3 points de moins qu’en 2013. L’Insee précise : «  A l’échelle nationale, il s’établirait en 2050 à 122 personnes de 65 ans ou plus (« seniors ») pour 100 personnes de moins de 20 ans (« jeunes »). En 2013, ce ratio était de 71 séniors pour 100 jeunes ».

    Un scénario alarmant alors que le ministère des solidarités et de la santé vient de publier les chiffres concernant les résidents en établissements d’hébergement[1]. Ils montrent que les personnes accueillies en 2015 sont de plus en plus âgées et plus dépendantes qu’en 2011.

    Ainsi après avoir limé la natalité par l’avortement, il est à craindre que la voie de l’euthanasie ne soit utilisée comme nouveau régulateur démographique, pour rétablir l’équilibre des classes d’âges et limiter les charges financières liées à une population entrée pour moitié dans les troisième et quatrième âges, n’érode la durée de vie... Un calcul cynique et de mauvais aloi qui, sous prétexte de préserver la qualité de vie, ne serait que le constat de notre inhumanité croissante.

    [1] Cf. 728 000 résidents en établissements d’hébergement pour personnes âgées en 2015

  • Des médecins néerlandais protestent contre l’euthanasie de patients déments dans leur pays

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    Lu sur le site d'Ouest-France :

    Pays-Bas. Des médecins s’opposent à l’euthanasie des patients déments

    Pour la première fois depuis 2002, des médecins néerlandais se sont unis pour protester contre la loi sur l’euthanasie dans leur pays. Cette dernière autorise à mettre fin aux jours d’un patient atteint de démence, s’il a signalé sa volonté de mourir dans une déclaration remplie avant de perdre sa lucidité. Certains professionnels refusent cependant de mettre fin aux jours des malades qui n’ont plus conscience de leur situation.

    Publiée dans deux grands journaux quotidiens néerlandais, une pétition s’insurge contre la possibilité de mettre fin aux jours des patients atteints de démence aux Pays-Bas. En une semaine, l’appel lancé par un groupe réunissant 34 médecins a recueilli plus de 350 signatures, dont celles de nombreux acteurs du secteur de la santé concernés par l’euthanasie.

    Tous s’associent à la position des professionnels à l’origine du mouvement : « Donner une injection mortelle à un patient atteint de démence avancée, sur la simple base d’une déclaration anticipée ? À quelqu’un qui n’est pas en mesure de confirmer qu’il veut mourir ? Non, nous nous y refusons. Notre réticence morale à mettre fin à la vie d’un être humain sans défense est trop grande. »

    La démarche simplifiée en 2015

    Comme le rappelle La Croix, la loi encadrant la pratique de l’euthanasie aux Pays-Bas depuis 2002 permet d’abréger les « souffrances insupportables et sans perspectives d’amélioration » des patients capables d’exprimer leur choix, mais aussi des malades inconscients ayant préalablement fait connaître leur volonté. Or, la démence entre dans la catégorie des souffrances psychiques que couvre le texte de loi.

    La démarche létale devait à l’origine être obligatoirement assortie d’une demande écrite par le patient avant que ne s’installe la maladie mentale. Le patient devait aussi être encore en mesure de confirmer son choix. Mais le processus d’euthanasie des personnes démentes a été simplifié en 2015. Le gouvernement hollandais a décidé que ces patients, même devenus incapables d’exprimer leur désir, pouvaient mourir tant qu’une demande préalable avait été déposée par les intéressés quand ils étaient lucides.

    En 2015, 109 Néerlandais atteints de démence ont ainsi été euthanasiés. Une situation qui révolte les signataires de la pétition. C’est la première fois qu’une partie du monde médical se mobilise pour limiter la portée de la loi sur l’euthanasie aux Pays-Bas. Les professionnels qui ont fait entendre leur voix espèrent désormais un débat national sur le sujet.