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Famille

  • Le Parti Communiste Chinois fonctionne toujours comme une police du ventre des mères

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    Les avortements forcés continuent en Chine (source)

    La « politique des deux enfants » a de nouveau fait une victime en Chine : une femme enceinte de son troisième enfant a été forcée d’avorter après qu’on la menace d’envoyer son frère en camp d’internement.

    Bien qu’étendue à deux enfants depuis le 1er janvier 2016, la « politique de l’enfant unique » chinoise (instaurée en 1979) expose les femmes à un choix « imposé » à partir du troisième enfant : avorter ou bien régler des amendes dissuasives et subir des menaces. (Voir Bulletin de l’IEB)

    En effet, la perpétuation des avortements forcés en Chine est attestée par le Rapport de la Commission du Congrès et de l’Exécutif* dans la section « Contrôle de la Population ». Le rapport pointe la loi chinoise, qui « requiert des couples mariés d’avoir des enfants et leur impose de se limiter à deux enfants ». Il note que « des agents du gouvernement ont continué à appliquer les politiques de planning familial en utilisant des méthodes telles que de lourdes amendes, la perte d’emploi, la détention, l’avortement.»

    En effet, des autorités locales chargent les agents du planning familial d’inspecter les femmes pour poser des dispositifs intra-utérins, les stériliser, contrôler les grossesses ou provoquer des avortements, parfois tardifs. En fonction de la province, de la minorité ethnique, du statut matrimonial ou d’autres critères, certains couples sont autorisés à avoir plus d’enfants.

    La loi chinoise permet aussi aux autorités locales de punir les familles qui ne respectent pas la politique des deux enfants en leur imposant des amendes, dénommées « frais de compensation sociale », ce qui oblige les femmes à choisir entre un avortement et une amende souvent supérieure au salaire annuel moyen.

    « Ceci prouve que le Parti Communiste Chinois fonctionne toujours comme une police du ventre des mères », déplore Reggie Littlejohn, présidente de Women’s Rights Without Frontiers. Elle fait aussi remarquer que les femmes seules ne sont pas protégées par la loi et qu’elles peuvent être forcées d’avorter même leurs deux premiers enfants.

    *Commission chargée par le congrès des Etats-Unis de surveiller le respect des droits de l’homme en Chine.

    Sources : RadioFreeEurope, NPR.

  • La vie : à quel prix ?? L'Université de la Vie 2019

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Université de la vie 2019 : la vie à quel prix ??

    Rédigé par Caroline Roux, déléguée générale adjointe & directrice de VITA International, propos recueillis par Adélaïde Pouchol le  dans Religion

    Université de la vie 2019 : la vie à quel prix??

    Depuis plus de 10 ans, l'association Alliance Vita dont l'objectif clairement affiché est de "décrypter pour informer et mobiliser pour protéger", organise des universités de la vie, autrement dit un cycle de conférences sur plusieurs soirées autour de thèmes qui touchent la bioéthique. Caroline Roux, déléguée générale adjointe et directrice de VITA International, présente l'Université de la vie 2018 pour L'Homme Nouveau. 

    Alliance Vita organise en janvier prochain une nouvelle édition de l’Université de la Vie, sur le thème « La vie, à quel prix ? ». Pourquoi ce thème et que recouvre-t-il exactement ?

    Ce thème « La vie, à quel prix ? » englobe les questions éthiques posées au niveau national, alors que la révision de la loi bioéthique est en débat en France, mais aussi à l’échelle internationale. On aurait pu croire que la vie humaine serait progressivement plus protégée avec l’abolition de l’esclavage ou la lutte internationale contre le trafic des êtres humains. Pourtant, à notre époque, la valeur attribuée à la vie est au centre des enjeux liés à la procréation. Quand cette valeur devient relative, on aboutit à l’avortement ou à considérer que certaines vies ne valent pas la peine d’être vécues car le fœtus présente un handicap. Et d’un autre côté, les techniques de procréation artificielle permettent de fabriquer la vie avec une nouvelle forme d’acharnement procréatif qui conduit à une surproduction d’embryons humains, à leur sélection, et à leur destruction en grand nombre. Nous sommes plongés dans une nouvelle forme d’eugénisme largement passée sous silence au nom d’une science toute-puissante. En « déshumanisant » le début de la vie, la non marchandisation du corps est remise en question, comme on le voit dans certains pays avec le commerce des gamètes, des mères porteuses et des enfants nés par GPA. 

    Avec les biotechnologies, on atteint aujourd’hui la racine de la vie avec le pouvoir de faire des manipulations génétiques au stade embryonnaire qui pourraient aboutir à changer la nature humaine elle-même. 

    Cette volonté de maîtriser la vie se retrouve en cas de grande dépendance et de fin de vie avec la tentation de l’acharnement thérapeutique et de l’euthanasie. Plus globalement, l’exclusion grandissante des personnes âgées doit nous alerter sur la manière dont notre société considère la vulnérabilité. À tous les stades de la vie se dessine la même difficulté à appréhender la fragilité humaine.

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  • "Filiation sans père" : un psychanalyste prend position

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    UN PSYCHANALYSTE PREND POSITION À PROPOS DE LA "FILIATION SANS PÈRE"

     

    Le psychanalyste Jean-Pierre Winter, auteur du livre L’avenir des pères[1], s’étend sur les raisons objectives qui lui font craindre la mise en place d’une filiation sans père.

    « Comme clinicien d’enfants notamment, je suis confronté depuis bientôt quarante ans aux dégâts imputables à l’effacement du père », déclare-t-il. « Ces dégâts se manifestent particulièrement à l’adolescence, parce que c’est l’âge du retour de ce qui avait été mal métabolisé dans la petite enfance ».

    Citant le psychanalyste Pierre Legendre, il explique que « l’humain se construit sur la prise en compte de l’altérité », aussi, les enfants privés accidentellement de père ne peuvent être assimilés à ceux qui en sont privés par la loi parce que « la décision légale agit directement au niveau symbolique, elle supprime non un être, mais une place ». Pour lui, cette situation engendre un risque de « ségrégation » entre ceux nés de parents de sexes opposés et ceux nés d’une femme et de « personne ». Car « ce n’est pas la même chose que d’être né de deux personnes différentes par nature », dit-il. « Avoir affaire à l’autre sexe occasionnellement et de l’extérieur n’a certainement pas les mêmes effets que d’être  toujours au contact de leur différence. » Et de « telles répercussions se mesurent sur plusieurs générations. » Avançant le principe de précaution,  Jean-Pierre Winter alerte sur l’importance de prendre connaissance des effets, avant d’ériger légalement la famille sans père au rang de la famille traditionnelle. 


    [1] Jean-Pierre Winter, L’avenir des pères, Albin Michel, 140 pages, 18 €.

     

    Sources: Valeurs Actuelles (3/01/18)

  • La grandeur de la famille (dimanche de la Sainte Famille)

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    La grandeur de la famille

    homélie de la fête de la Sainte-Famille 2018 par l'abbé Christophe Cossement

    Lorsqu’on fait un sondage sur les valeurs des gens, la famille arrive très souvent en tête. Et pourtant, rarement comme de nos jours la famille a été soumise à des épreuves qui la menacent et risquent de la faire couler. Pourquoi alors défendre la famille contre tous les dangers ? Parce que — et c’est ainsi que je résumerai les lectures de ce jour — elle nous permet ni plus ni moins que de devenir quelqu’un, devant les hommes et devant Dieu, un protagoniste de l’avenir, un habitant du ciel.

    La famille est le lieu où on apprend que la vraie vie c’est de s’aimer les uns les autres, comme le Christ nous l’a commandé (1 Jn 3,23). On y est unis dans les bons comme les mauvais moments, comme Marie et Joseph souffrant ensemble dans leur recherche de l’enfant Jésus (Lc 2,48). Dans la famille, on apprend à se donner soi-même, et que le sens de la vie est de se donner. La famille est école d’amour. Et de sacrifice, le sacrifice exigé par l’amour. Dans la famille, on apprend à se consacrer à un autre : les conjoints l’un à l’autre, les parents à leurs enfants, les enfants à leurs parents, et chacun à Dieu. On y apprend à accepter les renoncements imposés par la présence de l’autre, le respect qui lui est dû, ou les renoncements imposés par les épreuves de la vie. Par tout cela, la famille est la « cellule de base de la société »1.

    Par la famille, on peut apprendre à connaître Dieu et découvrir qu’on est son enfant (1 Jn 3,1). Ce n’est pas facile de connaître Dieu dans un monde aseptisé de transcendance comme le nôtre. La famille peut rendre concrète la relation avec Dieu. On peut y apprendre la prière, l’écoute du Saint-Esprit, à vivre dans la présence de Dieu, à tenir compte de lui. C’est une grande chose que de transmettre cela en famille. Quand je célèbre des baptêmes, j’insiste pour que les parents apprennent à leur enfant la prière du Notre Père en même temps que les premiers mots. Quand j’étais enfant, il me semble que nous allions à la messe comme nous allions voir nos grands-parents. Cela ne se discutait pas, cela faisait partie de l’écologie familiale. Dieu était un membre de la famille.

    Les aventures de la sainte Famille au temple nous montrent aussi que la famille est le lieu où on apprend à prendre en compte la vocation de chacun devant Dieu. Chacun compte pour Dieu, chacun est unique. Il y a d’abord la mise en valeur des dons mutuels. Et l’encouragement à se dépasser, à mener le combat spirituel contre le découragement, contre la tendance au dénigrement ou à l’apitoiement sur soi-même. Il faut aussi cultiver la conviction que chacun dans la famille a un avenir immense : il est appelé à servir Dieu et ses frères. C’est bien de rappeler cela aux jeunes. Qu’en cherchant à faire ce qui nous plaît nous puissions voir plus loin et désirer ce qui sert Dieu qui nous aime tant.

    La famille est aussi tout simplement le lieu où chacun vient à la vie. Parfois, c’est pour les époux une attente douloureuse de cette vie qui ne vient pas, comme pour Elcana et Anne. Heureux ceux qui ont l’audace de patienter sans s’engouffrer alors dans toute sorte de techniques médicales très lourdes ! Dieu leur montrera leur fécondité et ils deviendront source de paix, comme le roi Baudouin et la reine Fabiola, comme plusieurs parmi nous.

    Je voudrais terminer cette brève homélie par la prière du pape François à la fin de sa lettre Amoris lætitia :

    Jésus, Marie et Joseph
    en vous, nous contemplons la splendeur de l’amour vrai, 
    en toute confiance nous nous adressons à vous.

    Sainte Famille de Nazareth,
    fais aussi de nos familles
    un lieu de communion et un cénacle de prière,
    d’authentiques écoles de l’Évangile
    et de petites Églises domestiques.

    Sainte Famille de Nazareth,
    que plus jamais il n’y ait dans les familles
    des scènes de violence, d’isolement et de division ; 
    que celui qui a été blessé ou scandalisé 
    soit, bientôt, consolé et guéri.

    Sainte Famille de Nazareth,
    fais prendre conscience à tous 
    du caractère sacré et inviolable de la famille,
    de sa beauté dans le projet de Dieu.

    Jésus, Marie et Joseph,
    Écoutez, exaucez notre prière
    Amen !

    1 Jean-Paul II, exhortation apostolique Familiaris consortio № 46, reprenant le décret Apostolicam actuositatem № 11 du Concile Vatican II.

  • Se consacrer à la Sainte Famille

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    sainte_famille.jpgOn fête aujourd'hui la Sainte Famille, l'occasion rêvée de se consacrer à elle.
     
    Consécration à la Sainte Famille
     
    Auteur : Frère Marc (Fraternité de Tibériade)
     
     
     
    Sainte Famille de Nazareth,
    je me consacre à toi
    pour que tu me conduises à la Sainte Trinité.
    En elle, je renouvelle mon alliance d'amour
    et reçois le don de l'Esprit.

    Je me glisse dans votre très Sainte Famille
    pour aimer et enfanter l'Eglise.
    Avec vous, Joseph, Marie et Jésus,
    je désire cultiver la douceur, l'humilité,
    le pardon, la joie du service.
    Découvrir la force de la vie cachée
    et sa fécondité dans la patience du temps.

    Je me consacre à vous,
    pour être enfant de votre famille,
    recevoir Jésus comme frère,
    Toi Marie, comme maman,
    Et toi, Joseph, comme gardien.

    Votre proximité attire l'Esprit Saint.
    Je vous dépose ma famille
    pour qu'elle devienne un atelier de sainteté,
    une petite église domestique,
    un cénacle où le feu de l'Esprit nous embrase tous.

    Qu'une Pentecôte permanente éclaire notre maison
    et transfigure nos épreuves,
    qu'elle enflamme de douce charité notre quartier et notre paroisse.

    Marie, doux feu de charité,
    Joseph, gardien du foyer,
    Jésus, fleuve d'eau vive,
    je me donne à vous.

    Amen

  • La naissance de Jésus nous invite à adopter un nouveau style de vie : la suggestion d'un jeune couple croyant

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    Invitation à adopter un nouveau style de vie

    CONTRIBUTION EXTERNE publiée sur la Libre le 

    N’est-ce pas surprenant qu’un Dieu naisse dans une mangeoire, dans le dépouillement le plus complet ? Noël serait-elle la promesse qu’un monde nouveau est possible où les puissants se font proches des personnes pauvres ? Une opinion de Hugues et Calixte Bocquet, jeunes mariés.

    Depuis quelques semaines, au cœur du sombre hiver, la Belgique s’illumine de mille feux, les marchés de Noël envahissent les grands places, les sapins sont présents dans nos maisons. À Bruxelles, dans le quartier de Pétillon, des voisins se réunissent chaque semaine pendant l’Avent, pour préparer Noël lors d’une prière de quartier. Ils découvrent les histoires de chacun : l’un vit dans la rue, l’autre est une personne isolée, une jeune fille se prépare à un voyage humanitaire. Ensemble, ils essayent de comprendre ce que signifie la fête de Noël au-delà des traditionnels échanges de cadeaux. Ils se rappellent la joie qui est à l’origine de cette fête : la naissance d’une personne, il y a plus de 2000 ans, un certain Jésus de Nazareth. Alors que, comme tous les Belges, ils sont préoccupés par une actualité difficile et instable, Noël devient pour eux une invitation à chasser les peurs pour s’approcher des plus faibles de notre société. Ils vous révèlent leurs découvertes.

    Aux côtés des pauvres

    "Aujourd’hui, un Sauveur nous est né". C’est cette phrase que nous entendons raisonner dans l’ensemble des églises le soir de Noël. Cette annonce de l’incarnation de Dieu résonne avec force à l’heure où nous ne savons comment apaiser les violences, réduire les inégalités, prendre soin d’une planète malade. Mais qui est donc ce sauveur ? Pour les chrétiens, la fête de Noël offre un signe saisissant, une véritable espérance : pendant cette nuit du 24 au 25 décembre, Dieu se fait petit enfant. Il choisit de naître dans l’amour et l’abnégation d’un couple modeste. Marie et Joseph nous montrent alors que Noël n’est pas la fête de ceux qui mettent leur joie dans "la splendeur apparente" et de "ceux qui ne font confiance qu’à leurs propres forces" mais celle de ceux qui sont capables de recevoir cet enfant.

    Sonnant aux portes pour demander l’hospitalité, ce jeune couple attendant famille est laissé dehors par les habitants de Bethléem. Marie donnera donc naissance dans une grotte, laissant son fils dans une mangeoire. N’est-ce pas surprenant qu’un Dieu naisse dans une mangeoire, dans le dépouillement le plus complet ? Noël serait-elle la promesse qu’un monde nouveau est possible où les puissants se font proches des personnes pauvres ? Ce mystère, seuls ceux qui avaient le cœur ouvert et disponible ont pu le contempler : les bergers les premiers ont reçu l’annonce de la naissance de l’Enfant, et non les notables de la ville. Bien au chaud dans leurs auberges, ils ne pouvaient reconnaître les signes de la venue de Jésus : leur porte était fermée à double tour, comme leurs cœurs à la venue du Sauveur. Jésus passera ensuite toute sa vie à visiter les plus faibles, se faisant proche des veuves, des prostituées, des aveugles et des lépreux.

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  • Faut-il toujours qu'un enfant ait un père ?

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    D'Aline Lizotte sur le site Smart Reading Press :

    FAUT-IL TOUJOURS QU’UN ENFANT AIT UN PÈRE ?

    «Sans père», telle est l’expression souvent accolée au mot PMA quand celle-ci est évoquée par ses opposants dans le cadre du projet d’ouverture de cette technique de procréation aux «couples» de femmes. La privation ainsi désignée est loin d’être anodine, car elle touche à un principe essentiel pour l’identité de l’enfant, sa filiation, sa construction personnelle et son rôle social.

    Monique est la fille de Jessica et de Marlène ; Jessica a donné un ovocyte et Marlène son utérus. Le spermatozoïde provient d’une banque de sperme qui conserve l’anonymat des donneurs. L’opération s’est faite en Belgique. La grossesse de Marlène a été normale ; les deux femmes attendent l’enfant que l’une et l’autre revendiquent secrètement comme étant le sien. Jessica veille sur le ventre de Marlène pour que sa gestation de l’enfant se passe dans les meilleures conditions possibles. Marlène est admise à la maternité, et Jessica l’accompagne ; elle assiste même à l’accouchement de cet enfant, qui est sa fille.

    De retour à la maison, les deux «mères» se disputent le soin de l’enfant. Marlène jouit d’un congé maternité puisque c’est elle qui a accouché ; Jessica a obtenu un congé «paternité et accueil de l’enfant1». Jessica ne peut faire autrement, mais elle trouve cela injuste. N’ont-elles pas toutes les deux les mêmes «droits» de mère sur l’enfant ? Si, évidemment, c’est Marlène qui allaite Monique puisque c’est elle qui l’a enfanté, c’est Jessica qui donne le bain, mais souvent Marlène lui «vole» son geste, surtout quand Jessica, ayant eu un congé plus court, est retenue par son travail. Car l’une et l’autre revendiquent les mêmes soins, les mêmes gestes maternels à donner à cette petite fille dont la relation au parent, même s’il y en a deux, est de même sorte.

    Cette petite fille a donc une double mère, et elle n’a pas de père. Sa double relation à la mère, comportant à peu près les mêmes gestes, entraîne que ce que fait l’une, l’autre le fait en double. Cependant, des petites différences existent : les cajoleries de Jessica ne sont pas celles de Marlène ; l’odeur de Jessica n’est pas l’odeur de Marlène ; la douceur ou l’agressivité des gestes de Jessica n’a rien à voir avec la douceur et l’agressivité de ceux de Marlène. Manifestement, Jessica ne comprend pas Monique comme Marlène la comprend. Monique, elle, en tant que bébé doit s’adapter à deux mères, mais de laquelle est-elle la fille ? Et à laquelle s’attacher ? Ce n’est pas la même chose que la relation à la directrice de la crèche, où les gestes sont répétés selon les besoins physiques à satisfaire et les conditions de sécurité. Ni les mêmes gestes faits par une infirmière de passage.

    Avec laquelle des deux femmes l’enfant formera-t-elle la relation fondamentale constructive de sa personnalité ? Quelle sera la femme qui, pour la vie, sera sa mère? Monique ne peut pas le déterminer elle-même. Peut-être finira-t-elle par accepter cette situation de non-identité personnelle. Elle ne sera, au fond d’elle-même, ni la fille de l’une, ni la fille de l’autre. En fait, n’ayant déjà pas de père, elle n’aura pas non plus de mère !

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  • Un cours sur le mariage chrétien, à Bruxelles, de janvier à juin 2019

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  • Italie : l'effondrement démographique d'un peuple catholique

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    De Sandro Magister en traduction sur diakonos.be :

    Effondrement des naissances et des mariages religieux en Italie. Après deux synodes sur la famille

    Le jour même l’Université pontificale urbanienne organisait une exposition (voir photo) consacrée à l’héroïque famille polonaise Ulma – « cette famille nombreuse », disait le Pape François, « fusillée par les nazis allemands pendant la deuxième guerre mondiale pour avoir caché et aidé des juifs » -, en Italie, l’Institut national des statistiques vient de publier les données des naissances et des mariages pour l’année 2017.

    Et on est loin des familles « nombreuses », comme celle de ces martyrs polonais ou comme tant d’autres familles de l’Italie du siècle dernier. En 2017, l’effondrement de la natalité est à son niveau le plus bas jamais atteint.  Dans un pays de 60,5 millions d’habitants, seuls 458.151 bébés sont nés l’an dernier, soit à peine plus de 7 pour 1.000 habitants, soit 30% sous la moyenne de l’Union européenne qui est déjà la région du monde qui détient le record de la dénatalité.

    Si l’on considère que le taux de fécondité – ou « total fertility rate » – qui permet d’assurer la croissance zéro, c’est-à-dire le maintien de la population, se situe à 2,1 enfants par femme, les statistiques italiennes sont nettement en-dessus depuis des décennies et, en 2017, il s’est écroulé à 1,32 avec des régions où les naissances sont encore plus rares, comme la Sardaigne où ce taux n’est plus que de 1,06.

    Ces chiffres à eux seuls attestent déjà par eux-mêmes de l’inexorable marche vers l’extinction de tout un peuple. Mais les données qui concernent les mariages sont encore plus impressionnantes. Ils y en avait encore 203.000 en 2016 et ils sont tombés à 191.000 en 2017, soit une baisse de 6% en à peine un an, ce qui correspond à une chute qui n’a d’égal dans l’histoire que celle de 1975, l’année de la légalisation du divorce en Italie.

    Mais attention. Les mariages avec au moins un conjoint étranger ne diminuent pas, pas plus que les remariages de divorcés et de veufs. Ce sont les premiers mariages qui s’effondrent – moins 7,3% – et plus encore les mariages religieux qui ont baissé de 10,5% entre 2016 et 2017.Voici comment le démographe Roberto Volpi, qui n’est pas catholique, commente cette dernière donnée dans le quotidien « Il Foglio » du 29 novembre :« La raison pour laquelle ce repli du mariage religieux est encore plus inquiétant que tout le reste s’explique aisément. Aujourd’hui encore, en Italie, 70% des naissances surviennent au sein du mariage mais c’est le mariage religieux qui assure nettement plus de naissances par rapport au mariage civil.  Ce dernier est en effet surtout le mariage contracté par les divorcés, les veufs et les couples mixtes d’italiens et d’étrangers, contrairement au mariage religieux qui reste de loin préféré par les célibataires et les jeunes filles qui sont davantage susceptibles d’avoir des enfants. » 

    Et il conclut :« En Italie, un taux de mariage élevé en Italie a marqué les années de la reconstruction de l’après-guerre, du miracle économique, de l’entreprenariat et de la confiance des italiens en l’avenir. Ce sont les mariages qui nous disent si nous sommes malades ou en bonne santé.  Pour le moment, nous en sommes à un stade quasiment terminal.  Ce ne serait pas un mal si l’Église, qui est la première à en faire les frais, pouvait le comprendre et se bouger un peu. » Cette dernière boutade semble paradoxale après un double synode que l’Église catholique vient justement de consacrer au thème de la famille.

    Paradoxal mais vrai, vu la façon dont ce double synode a été dès le départ intentionnellement détourné vers une controverse sur la communion des divorcés-remariés et sur l’admission à miséricordieuse de ce que le mariage n’est pas, de la cohabitation aux couples homosexuels.

    Une controverse qui a laissé le champ libre aux adversaires du véritable mariage. Comme le dit le célèbre dicton de Tite-Live : « Dum Romae consulitur, Saguntum expugnatur ».  Pendant qu’à Rome on bavarde, l’ennemi est en train d’envahir la ville.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

  • Bruxelles, 27 novembre : Bernard Noirot-Nérin - Vous aviez dit que j'allais mourir !

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    Bernard Noirot-Nérin - Vous aviez dit que j'allais mourir !

    Et toi, que ferais-tu si ton compagnon ou ta compagne était victime d’un grave accident?

    Que ferais-tu s’il tombait dans un coma profond ?

    Que ferais-tu si tous les médecins, l’un après l’autre, la condamnaient ?

    Que ferais-tu si elle se réveillait un jour, subitement ?

    Que ferais-tu si elle n’était plus comme avant ?

    Et si elle t’enjoignait de refaire ta vie ?

    Après cela...

    Comment élever des enfants ?

    Comment gérer ce nouveau quotidien ?

    Comment reconstruire et maintenir en vie son couple ?...

    Directeur Conformité et membre du Comité Exécutif d'une compagnie d'assurance vie, est en charge de la conformité, l'éthique et la responsabilité sociétale de l'entreprise (RSE), Bernard Noirot-Nérin voit sa vie basculer lorsque son épouse, Anne-Claire, est victime d’un grave accident de vélo.

    Enfermée dix mois dans un long coma, la mort frôlée à trois reprises, les médecins ne lui accordent plus de chances de s'en sortir...

    Mais Anne-Claire se réveille soudainement après ces longs mois! C’est amnésique et paralysée qu’elle doit reconstruire sa vie, et lui avec elle. Bernard et Anne-Claire sont parents de quatre enfants...

    Dans deux livres, "Petit Journal d'Espérance", et "Vous aviez dit que j'allais mourir", il témoigne de son combat et de son expérience face à l'incertitude, au chagrin, et enfin au renouveau qui a suivi le retour à la vie de sa femme...

    Nous vous attendons nombreux ce Mardi 27 Novembre 20h15, à l'UOPC (Hermann-Debroux), pour profiter et discuter de cette expérience de vie !

    La conférence sera suivie d'un chaleureux drink, d'une dédicace et vente de livres de l'auteur !

    Au plaisir de vous accueillir nombreux,

    A très bientôt,

    L'équipe des Soirées de la Bioéthique

    - Sponsorisés par l'Institut européen de Bioéthique -

    PAF (à payer sur place) :

    -26 ans et étudiants: 3€

    Adultes : 5€

  • L’amour fidèle du Christ est la lumière pour vivre la beauté de l’affectivité humaine

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    D'Hélène Ginabat sur zenit.org :

    Catéchèse sur le 6ème commandement : « la beauté de l’affectivité humaine » (Traduction intégrale)

    Savoir entrer dans une relation profonde avec les autres

    « L’amour fidèle du Christ est la lumière pour vivre la beauté de l’affectivité humaine », a déclaré le pape François en introduisant sa catéchèse. C’est pourquoi, a-t-il expliqué, l’amour humain s’exprime à son tour « dans la fidélité, dans l’accueil et dans la miséricorde ». Pour « des hommes et des femmes adultes », il s’agit de « prendre sur soi le poids de quelqu’un d’autre », « une attitude globale de la personne qui sait assumer la réalité et qui sait entrer dans une relation profonde avec les autres ».

    Le pape François a poursuivi sa catéchèse sur les Commandements au cours de l’audience générale de ce mercredi matin 31 octobre 2018, Place Saint-Pierre. Il est revenu sur le thème, déjà abordé la semaine précédente, de la sixième Parole : « Tu ne commettras pas d’adultère », pour en développer la signification « sponsale » pour tous les hommes et toutes les femmes.

    « Toute vocation chrétienne est sponsale », a répété le Saint-Père, « car elle est le fruit du lien d’amour avec le Christ » : « Dans le sacerdoce, on aime le peuple de Dieu avec toute la paternité, la tendresse et la force d’un époux et d’un père. Et de même la virginité consacrée dans le Christ se vit avec fidélité et avec joie comme une relation sponsale et féconde de maternité et de paternité ».

    Voici notre traduction de la catéchèse en italien du pape François.

    HG

    Catéchèse du pape François

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    Aujourd’hui, je voudrais compléter la catéchèse sur la sixième Parole du Décalogue : « Tu ne commettras pas d’adultère », en soulignant que l’amour fidèle du Christ est la lumière pour vivre la beauté de l’affectivité humaine. En effet, notre dimension affective est un appel à l’amour qui se manifeste dans la fidélité, dans l’accueil est dans la miséricorde. C’est très important. Comment se manifeste l’amour ? Dans la fidélité, dans l’accueil et dans la miséricorde.

    Mais il ne faut pas oublier que ce commandement se réfère explicitement à la fidélité matrimoniale et il est donc bien de réfléchir plus à fond sur sa signification sponsale. Ce passage de l’Écriture, ce passage de la Lettre de saint Paul est révolutionnaire ! Penser, avec l’anthropologie de cette époque, et dire que le mari doit aimer sa femme comme le Christ aime l’Église : mais c’est une révolution ! C’est peut-être, à cette époque, la chose la plus révolutionnaire qui ait été dite sur le mariage. Toujours sur la voie de l’amour. Nous pouvons nous demander : ce commandement de la fidélité, à qui est-il destiné ? Seulement aux époux ? En réalité, ce commandement est pour tout le monde, c’est une parole paternelle de Dieu adressée à tous les hommes et à toutes les femmes.

    Souvenons-nous que le chemin de la maturité humaine est le parcours même de l’amour qui va de recevoir des soins à la capacité d’offrir des soins, de recevoir la vie à la capacité de donner la vie. Devenir des hommes et des femmes adultes veut dire arriver à vivre l’attitude sponsale et parentale, qui se manifeste dans les différentes situations de la vie comme la capacité de prendre sur soi le poids de quelqu’un d’autre et de l’aimer sans ambiguïté. C’est par conséquent une attitude globale de la personne qui sait assumer la réalité et qui sait entrer dans une relation profonde avec les autres.

    Qui est donc l’adultère, celui qui vit dans la luxure, l’infidèle ? C’est une personne immature qui garde sa vie pour elle-même et interprète les situations sur la base de son propre bien-être et de sa propre satisfaction. Par conséquent, pour se marier, il ne suffit pas de célébrer le mariage ! Il faut faire un chemin du ‘je’ au ‘nous’, de penser tout seul à penser à deux, de vivre tout seul à vivre à deux : c’est un beau chemin, un beau chemin. Quand nous arrivons à nous décentrer, alors tout acte est sponsal : nous travaillons, nous parlons, nous décidons, nous rencontrons les autres avec une attitude accueillante et oblative.

    En ce sens, toute vocation chrétienne – maintenant nous pouvons élargir un peu la perspective et dire que toute vocation chrétienne, en ce sens, est sponsale. Le sacerdoce l’est parce que c’est l’appel, dans le Christ et dans l’Église, à servir la communauté avec toute l’affection, le soin concret et la sagesse que donne le Seigneur. L’Église n’a pas besoin d’aspirants au rôle de prêtre – non, cela ne sert à rien, il vaut mieux qu’ils restent chez eux – mais elle a besoin d’hommes dont le cœur est touché par l’Esprit Saint dans un amour sans réserve pour l’Épouse du Christ. Dans le sacerdoce, on aime le peuple de Dieu avec toute la paternité, la tendresse et la force d’un époux et d’un père. Et de même la virginité consacrée dans le Christ se vit avec fidélité et avec joie comme une relation sponsale et féconde de maternité et de paternité.

    Je répète : toute vocation chrétienne est sponsale, parce qu’elle est le fruit du lien d’amour où nous sommes tous régénérés, le lien d’amour avec le Christ, comme nous l’a rappelé le passage de saint Paul lu au début. À partir de sa fidélité, de sa tendresse, de sa générosité, nous regardons avec foi le mariage et toutes les vocations, et nous comprenons le sens plénier de la sexualité.

    La créature humaine, dans son indissoluble unité d’esprit et de corps, et dans sa polarité masculine et féminine, est une réalité très bonne, destinée à aimer et à être aimée. Le corps humain n’est pas un instrument de plaisir, mais le lieu de notre appel à l’amour, et dans l’amour authentique il n’y a pas de place pour la luxure ni pour la superficialité. Les hommes et les femmes méritent plus que cela !

    La Parole « Tu ne commettras pas d’adultère », même sous une forme négative, nous oriente à notre appel originel, c’est-à-dire à l’amour sponsal plein et fidèle, que Jésus-Christ nous a révélé et donné (cf. Rm 12,1).

    © Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

  • Le père absent et l'ensauvagement des jeunes

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    De Chantal Delsol sur le Figaro relayé sur Magistro.fr :

    Ensauvagement des jeunes, où sont les pères ?

    TRIBUNE - La mort d'un adolescent roué de coups par d'autres mineurs et l'affaire du lycéen braquant un pistolet à bille sur son professeur conduisent à s'interroger sur l'effacement des pères, analyse la philosophe*.

    La stupeur domine à voir un garçon de 13 ans tué à coups de barres de fer par des adolescents de son âge aux Lilas (Seine-Saint-Denis). On a le sentiment - le souvenir ? - que "cela n'arrivait pas avant". Les rixes et les règlements de comptes existent dans toutes les zones urbaines, et certaines en sont coutumières. Mais un jeune ado, presque un enfant !

    Puis, on nous informait que, à Créteil, un lycéen a braqué un pistolet à bille sur son professeur afin d'être marqué présent pendant qu'un de ses camarades filmait la scène et la diffusait sur les réseaux sociaux…

    L'enfant n'est pas le bon sauvage de Rousseau. Il attend son humanisation. Si on ne l'humanise pas d'une manière ou de l'autre il se hâte de demeurer au chaud dans la barbarie primitive. Ainsi, ce ne sont pas de mauvais enfants qui vont chercher la barre de fer pour assassiner le voisin de cité - ce sont des enfants qu'on a renoncé à humaniser. Ou pire encore, qu'on se refuse d'humaniser, par utopisme, par démagogie, par lâcheté d'adulte.

    Dans les sociétés mondiales l'ordre social, celui qui permet d'éviter ce genre d'insupportable meurtre, peut être atteint de deux manières possibles. Ou bien l'enfant est éduqué à la liberté, c'est-à-dire en permanent apprentissage de la responsabilité personnelle, ce qui est en principe le cas dans les sociétés démocratiques qui sont des fabriques de citoyens. Ou bien l'enfant est élevé dans la soumission, et un État autocratique vient réprimer tout écart, en général avec tant de sévérité que finalement l'ordre règne. Dans le premier cas l'enfant n'ira pas chercher la barre de fer parce qu'on lui a appris patiemment à remplacer la violence par les mots, et parce qu'il est contrôlé et accompagné par ses parents. Dans le second cas, il n'ira pas chercher la barre de fer parce qu'il sait que la police sera là avant lui, et que sa vie est ruinée s'il se livre à ce genre d'agression.

    Le problème est que chacun de ces modèles sous-entend des conditions spécifiques. Notre modèle, celui occidental qui préfère l'apprentissage de la liberté et de la responsabilité, et la fabrique de citoyens, requiert une éducation soignée, qui ne s'arrête pas à l'affection et au dressage. Éduquer à la responsabilité exige généralement deux parents, c'est-à-dire deux pôles d'autorité capables de maintenir l'équilibre entre l'affection essentielle et la prise de risque que nécessite tout apprentissage de la liberté. Pour cela, les psychiatres le savent bien, il faut généralement un père. L'affirmation s'entend évidemment de façon générale sans préjuger des exceptions nombreuses. On constatera que dans toutes les sociétés dont les pères sont absents ou lointains (sociétés polygames, sociétés matriarcales), le gouvernement est autocratique. Il n'y a pas de hasard si les sociétés occidentales démocratiques sont en même temps, traditionnellement, des sociétés patriarcales (mais certaines sociétés patriarcales peuvent être en même temps autocratiques, comme la Chine).

    Aussi y a-t-il une grande incohérence à vouloir écarter les pères et récuser l'autorité des parents (interdire la fessée !), ou à vouloir comme c'est le cas des lois en cours, programmer délibérément des enfants sans père. On aura remarqué l'enthousiasme frénétique avec lequel nos médias tentent de nous convaincre des bienfaits du matriarcat. Lors de son 50ème anniversaire, en 1995, les Nations unies ont déclaré que les Moso (une minorité ethnique de Chine, NDLR), une société matriarcale sans père ni mari, étaient un "peuple modèle", une "société parfaite" (je cite) !

    On croit rêver. La société sans père est autocratique, parce qu'il faut bien à un moment donné stopper les méfaits du jeune barbare. Et la mère seule a beaucoup de mal à éduquer à la liberté en même temps qu'elle apporte l'indispensable affection, car l'un et l'autre s'entrechoquent et se contredisent.

    Des études sociologiques américaines et norvégiennes (un abstract de nombre de ces études figure dans Le Coût social de la famille déstructurée, de Paul C. Vitz, in Revue éthique, 1996, no 21) ont été faites depuis vingt ans sur le devenir des enfants élevés par la mère seule. Sur des chiffres importants qui garantissent le sérieux des enquêtes, les résultats sont impressionnants. Les jeunes garçons délinquants sont le plus souvent ceux qui ont été privés de père. En France, on renâcle à publier ces enquêtes, et, placés devant ces chiffres, les sociologues ont tendance à récuser la corrélation, qui pourrait "discriminer" les familles monoparentales… Elle existe pourtant, sur le long terme et dans des pays fort divers (États-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Norvège… des dizaines d'études sont référencées dans l'article cité ci-dessus).

    Si on ne veut pas de pères dans les maisons, on aura un jour prochain la police dans les lycées et une sévérité pénale singapourienne. Aujourd'hui, le garçon de 13 ans est assassiné parce que nous sommes dans une situation politico-sociale de transition : nous avons une société démocratique (et non un État policier) et en même temps l'autorité parentale et paternelle est dénigrée ou récusée. Nous ne pourrons pas demeurer longtemps dans cette situation. Il nous faudra accepter de légitimer une autorité d'un côté ou de l'autre - aucune société ne peut vivre dans une situation anomique, où les enfants s'entretuent.

    * De l'Institut. Dernier ouvrage paru : "Un personnage d'aventure: petite philosophie de l'enfance" (Cerf, 2017).