14/10/2014

La pastorale selon l' "esprit du concile"

... ou comment les exceptions deviennent la règle. L'observation est sur le site du "salon beige":

Voici le fameux paragraphe 47 du rapport intermédiaire du synode extraordinaire, à propos de l'accès des divorcés-remariés à la communion sacramentelle :

"Quant à la possibilité d’accéder aux sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie, certains ont argumenté en faveur de la discipline actuelle en vertu de son fondement théologique, d’autres se sont exprimés en faveur d’une plus grande ouverture à des conditions bien précises, quand il s’agit de situations qui ne peuvent pas être dissoutes sans entraîner de nouvelles injustices et souffrances. Pour certains, il faudrait que l’éventuel accès aux sacrements soit précédé d’un chemin pénitentiel – sous la responsabilité de l’évêque diocésain –, et avec un engagement évident en faveur des enfants. Il s’agirait d’une situation non généralisée, fruit d’un discernement réalisé au cas pas cas, suivant une règle de gradualité, qui tienne compte de la distinction entre état de péché, état de grâce et circonstances atténuantes."

Cet extrait provoque beaucoup de réactions à l'intérieur même de l'Eglise. Ce document a été accueilli avec circonspection par une partie des évêques lundi matin. Les propositions faites sur les cas difficiles ne sont pas partagées par tous. «Ce n’est qu’un document provisoire», temporisait-on à l’issue de la conférence de presse hebdomadaire. «Ce ne sont que des propositions de travail», a insisté le cardinal Erdö, rapporteur. De son côté, le président de la conférence des évêques polonais Mgr Stanisław Gądecki juge ce document"inacceptable".

En France, le journaliste Gérard Leclerc estime à propos du sujet évoqué :

"A mon sens, ce synode va donc provoquer une énorme déception dans l'opinion: beaucoup, influencés par les médias, vont croire que l'Eglise revient sur sa doctrine ; dans la réalité, cependant, on voit bien que toutes les exceptions dépendront de conditions rigoureusement définies."

Malheureusement, l'histoire récente de l'Eglise nous enseigne ce que deviennent les "exceptions". Voici par exemple un extrait de la Constitution conciliaire sur la liturgie :

"L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place. Les autres genres de musique sacrée, mais surtout la polyphonie, ne sont nullement exclus de la célébration des offices divins, pourvu qu’ils s’accordent avec l’esprit de l’action liturgique, conformément à l’article 30."

Et dans le même texte :

"L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins. Toutefois, soit dans la messe, soit dans l’administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple ; on pourra donc lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants, conformément aux normes qui sont établies sur cette matière dans les chapitres suivants, pour chaque cas."

Nous savons ce qu'il en est devenu de ces règles générales...

Un petit dernier pour la route : vous trouverez ici l'Instruction Memoriale Dominide 1969 qui règlemente de façon très restrictive la communion dans la main. Nous savons ce qu'est devenu ce qui n'était considéré alors que comme une "concession", accordée "afin d'aider les Conférences épiscopales à accomplir leur tâche pastorale, devenue souvent plus difficile dans les circonstances actuelles", contre laquelle la très grande majorité des évêques latins avaient alors voté.

Ce document du synode est un rapport intermédiaire. Chargé de synthétiser les débats des congrégations générales, il alimentera les réflexions des « cercles mineurs » linguistiques jusque au jeudi 16 octobre, avant la rédaction d’un rapport définitif samedi 19."

Ref.Pastorale : quand les exceptions deviennent la règle

JPSC

Opinion et Synode : une énorme déception en vue ?

Sur FIGARO VOX VOX SOCIETE (Wladimir Garcin - le 13/10/2014) :

Divorcés remariés: l'Eglise est-elle en train de faire sa révolution

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Gérard Leclerc décrypte les enjeux du synode pour la famille qui se tient actuellement à Rome. Il pense que les débats n'aboutiront pas à de profonds bouleversements théologiques.

Gérard Leclerc est journaliste, philosophe et essayiste. Il est éditorialiste à France catholique et à Radio Notre-Dame.

FigaroVox: Dans un document intermédiaire du synode qui se déroule actuellement à Rome, l'Eglise catholique indique qu'elle serait prête à accepter la communion pour les divorcés remariés, ainsi qu'à accueillir les homosexuels (elle refuse toujours le mariage, mais souhaite leur ouvrir davantage l'Eglise). Elle appelle également à simplifier les procédures d'annulation de mariage. Êtes-vous surpris par ces pistes de réflexion? Comment les analysez-vous?

Gérard LECLERC: En ce qui concerne les divorcés remariés, il faut bien comprendre que ces réflexions ne sont pas surprenantes, dans la mesure où elles sont le fruit de plusieurs mois de débats intenses. Le texte produit par le synode propose à certaines personnes de faire un chemin de pénitence pour avoir à nouveau accès au sacrement de pénitence, ainsi qu'à l'eucharistie. Toutefois, les conditions de cette pénitence ne sont pas encore clairement définies, et le seront ultérieurement. Il ne s'agit, à mon sens, pas d'une révolution: en effet, ce genre d'exceptions, accordant aux divorcés le droit à l'eucharistie, existe en réalité dans les faits depuis longtemps. Certains évêques et confesseurs acceptent déjà les divorcés, par charité au vu de la difficulté de leur situation personnelle. Ainsi, ce texte, en tout état de cause, ne ferait que codifier ce qui relevait jusqu'alors de la dispense personnelle. L'Eglise préciserait, pour la première fois, officiellement, les conditions dans lesquelles une telle dispense pourrait être admise.

Une analyse approfondie du texte sur les personnes homosexuelles nous amène à une conclusion similaire: la position de fond de l'Eglise, et son refus du mariage entre personnes du même sexe, y sont réaffirmés. La théologie traditionnelle n'est donc à mon sens nullement remise en cause. Toutefois, on y perçoit une démarche positive de la part du synode et du pape François: l'Eglise veut aller chercher les gens où ils sont et comme ils sont. Elle souhaite, plus que jamais, les aider, les accompagner, plutôt que les condamner et les excommunier. Elle reconnaît, par exemple, la formidable solidarité entre personnes homosexuelles, et une force, un courage qui tiennent presque de l'héroïsme, ce qu'on a vu par exemple lorsque le SIDA ravageait la communauté gay.

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13/10/2014

La communion aux divorcés remariés : comment mettre un pied dans la porte interdite ?

Quant à l'accès au sacrement de l'Eucharistie pour les divorcés remariés, la "relatio", à mi- parcours du synode, dresse la liste des principales suggestions qui sont ressorties du Synode. Le blog du "Suisse Romain" les résume ainsi: maintenir la discipline actuelle; mettre en oeuvre une plus grande ouverture pour les cas particuliers, insolubles sans entraîner de nouvelles injustices et souffrances; ou bien opter pour un chemin pénitentiel: L'éventuel accès aux sacrements devrait être précédé d'un chemin pénitentiel ? sous la responsabilité de l'évêque diocésain ? , et avec un engagement évident en faveur des enfants. Il s'agirait, selon la « relatio », « d'une situation non généralisée, fruit d'un discernement réalisé au cas par cas, suivant une règle de gradualité qui tienne compte de la distinction entre état de péché, état de grâce et circonstances atténuantes ».

Laissons à la réflexion des « pères » synodaux cette conclusion brumeuse, en forme de compromis casuistique, pour en revenir à la thèse de Kasper que le Père Gerald E. Murray réfute en ces termes sur le site web de « France Catholique » :

 « Le cardinal Walter Kasper a publié pendant la période de préparation du Synode extraordinaire sur la famille un autre article où il propose que la discipline de l’Eglise interdisant d’admettre à la Sainte Communion des catholiques divorcés et remariés civilement soit abandonnée.

Son argument principal est la miséricorde divine. Il déclare : « Nombreux sont ceux qui demandent : si Dieu est toujours miséricordieux, pourquoi l’Eglise ne l’est-elle pas ? Ou bien, pourquoi l’Eglise ne semble-t-elle pas aussi miséricordieuse que Dieu ? » Et il continue : « Le pire reproche qu’on peut faire à l’Eglise – en réalité souvent justifié – est qu’elle ne pratique pas ce qu’elle prêche aux autres. En vérité, bien des croyants trouvent l’Eglise rigide et dénuée de miséricorde. »

Kasper se range clairement lui-même dans la catégorie des « nombreux croyants » qui reprochent son hypocrisie à l’Eglise. Le grief est essentiellement le suivant : Dieu est bon et miséricordieux, l’Eglise ne l’est pas quand elle interdit de recevoir l’Eucharistie à ceux qui ont contracté un second mariage (et vivent donc une relation « adultère »). La discipline eucharistique inébranlable de l’Eglise, qui se fonde sur l’enseignement de Notre Seigneur concernant le mariage, est donc considérée comme une trahison hypocrite de la miséricorde divine.

D’où découle ce qui suit :

« L’Eglise doit proclamer la miséricorde divine ; elle doit dispenser concrètement aux fidèles cette miséricorde sous la forme du sacrement de réconciliation ; et elle doit laisser la miséricorde divine apparaître et se réaliser dans sa propre vie, ses structures et même ses lois. »

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Ce que le pape veut, le synode le veut ?

Dans un précédent article paru sur le site web de « Famille chrétienne »,  Jean-Marie Dumont titrait : Divorcés-remariés : la révolution n’aura pas lieu au synode tout en concluant avec prudence : Reste à savoir ce que pense le pape. »

Et bien c’est tout vu, selon le point de vue exposé ici :  SYNODE. A QUEL POINT EST-IL LIBRE?    par le site Benoît et moi  « (…) Le rapport final est normalement rédigé par le Rapporteur, le cardinal hongrois Erdö, le secrétaire général du Synode, le cardinal Baldisseri, et le secrétaire adjoint, le théologien Bruno Forte.  Mais le pape a décidé, dans un geste sans précédent, d'ajouter six noms pour aider à rédiger ce document: le card. Gianfranco Ravasi, le cardinal Donald W. Wuerl, l'archevêque Victor Manuel Fernandez, et le père Nicolás Pachón Supérieur Général des Jésuites, ainsi que deux autres évêques. Comme l'a observé avec finesse John Thavis, qui fut durant de nombreuses années chef du Catholic News Service à Rome, «au risque de simplifier tout», on peut dire que tous les six sont sur la même longueur d'onde que Kasper. De cette façon, le pape François a accompli un geste fort d'intervention sur le Synode ».

 Entretemps,le cardinal Peter Erdö, rapporteur général,  vient de présenter la « relatio », gros document synthétique résumant les échanges de la première semaine du synode. A sa lecture, Jean-Marie Guénois dans le Figaro de ce matin, estime déjà (un peu vite, car il faut attendre le rapport final engageant l'assemblée) que les pistes mentionnées témoignent d’un véritable changement de paradigme, en prenant en compte notamment les « éléments constructifs » des mariages civils et des situations de cohabitation. Voici son commentaire :

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Synode sur la famille : deuxième et dernière semaine, mode d’emploi

D’après le site « aleteia » :

Les travaux du synode reprennent ce lundi 13 octobre 2014, après la pause du week end. Pause très relative pour ceux qui se sont attelés, pendant ces deux jours, à la rédaction de la Relatio post disceptationem. Ce document (en italien et non en latin), fait la synthèse des interventions (265) et débats qui ont eu lieu, tout au long de la semaine qui vient de s’achever (à ne pas confondre avec la relatio ante disceptationem, document de base des travaux de la première semaine du synode). Il a été rédigé par le rapporteur général, le Cardinal Peter Erdö, assisté d’un certain nombre de Pères synodaux, dont le Secrétaire général du synode, le cardinal Lorenzo Baldisseri, Mgr Bruno Forte, Secrétaire spécial et le cardinal Gianfranco Ravasi. Il sera présenté à la presse ce lundi à 13 h, et servira de base de travail aux travaux de la semaine qui s’ouvre.

Les cardinaux Sarah et Schönborn, modérateurs des deux groupes francophones

Ces travaux vont se poursuivre, non plus quasiment exclusivement à travers les fameuses « congrégations générales », qui réunissent les 253 membres de l’assemblée (10 congrégations la semaine dernière et seulement 5 cette semaine), mais par petits groupes de travail linguistiques : les « Circuli minores », au nombre de 10 : deux groupes de langue française, 3 de langue anglaise, 3 de langue italienne et deux de langue espagnole. Ces groupes ont été constitué vendredi dernier par un système assez complexe de tirage au sort, et leurs membres ont élu, par vote secret, leur modérateur et leur relateur. Les modérateurs des deux groupes de langue française sont le cardinal Robert Sarah et le cardinal Christophe Schönborn. Le cardinal Leo Burk, co-auteur du livre « demeurer dans la vérité du Christ » (cf. plusieurs articles sur aleteia) est modérateur d’un des groupes anglais. Ces Circuli minores ont tenu une première session vendredi après midi. Cette semaine, ils se réuniront encore six fois, jusqu’à jeudi matin.

Paul VI béatifié lors de la messe de clôture

Les « modes », c'est-à-dire les « intégrations » qu’ils apporteront à la Relatio post disceptationem permettront l’élaboration de la Relatio Synodi, document final de cette troisième assemblée extraordinaire du synode des évêques. Elle sera votée samedi et remise au Pape dimanche. Entre temps, le Nuntius, c'est-à-dire le message que le synode veut adresser aux catholiques aura été préparé et publié (samedi matin). Le synode se conclura dimanche matin à Saint-Pierre, par une messe solennelle lors de laquelle sera béatifié le Pape Paul VI, qui a institué le synode des évêques (cf. Aleteia).  Dès le lendemain, le chemin synodal se poursuivra, vers sa prochaine échéance : l’assemblée ordinaire d’octobre 2015. L’année qui sépare ces deux assemblées va permettre de poursuivre les débats (de façon informelle) et de faire avancer la réflexion.

Ref. Synode sur la famille : deuxième semaine, mode d’emploi

Bruxelles, 23 octobre : Quel sera mon avenir ? Une conférence sur l'éthique néonatale

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Hôtel THON, rue de la Loi 75, Bruxelles (Parking rue de Trèves)

Inscription conseillée : contactez-nous

Participation : 5 euros (Rafraîchissements offerts à l'issue de la conférence)

Le 13 octobre 1917, à Fatima

Lu ICI :

Le 13 octobre 1917, soit 33 ans, jour pour jour, après la vision de Leon XIII, fut pour Fatima la journée décisive. C’était le jour annoncé à Lucie, Jacinta et François, par la Dame qu’ils étaient les seuls à voir, que non seulement un miracle allait avoir lieu mais qu’elle allait dévoiler qui elle était et ce qu’elle voulait.

RAPPEL : Le 13 octobre 1884, LEON XIII qui venait de célébrer la Sainte Messe dans la chapelle vaticane, resta alors immobile pendant 10 minutes. Puis, il se précipita vers ses bureaux, livide, pour composer aussitôt une prière à saint Michel Archange, avec instruction qu’elle soit récitée partout après chaque Messe basse. Plus tard, le Pape donnera son témoignage racontant (en résumé) qu’il entendit satan et Jésus avant d’avoir une vision terrifiante de l’enfer : « j’ai vu la terre comme enveloppée de ténèbres et d’un abîme, j’ai vu sortir légion de démons qui se répandaient sur le monde pour détruire les œuvres de l’Eglise et s’attaquer à l’Eglise elle-même que je vis réduite à l’extrémité. Alors, saint Michel apparut et refoula les mauvais esprits dans l’abîme. Puis, j’ai vu saint Michel Archange intervenir non à ce moment, mais bien plus tard, quand les personnes multiplieraient leurs prières ferventes envers l’Archange. »

Le matin même du 13 octobre, le grand journal libre penseur de Lisbonne, « O Seculo », publiait sous la signature de son rédacteur en chef, Avelino d’Almeida, un article ironique sur les apparitions de Fatima, où il ne voyait que superstition et supercherie, tout en reconnaissant que le clergé y gardait une attitude correcte : correcte « au moins en apparence », ajoutait-il malicieusement !

Mais aucune de ces manœuvres d’intimidation et de moquerie n’eut de prise sur la foule : dès la veille, toutes les routes, tous les chemins de Fatima étaient déjà encombrés de voitures, de bicyclettes et d’une foule immense de pèlerins qui allaient passer la nuit dehors, sur le lieu d’apparitions, et qui marchaient en récitant le chapelet et en chantant des cantiques. La journée du samedi 13 octobre commençait pourtant mal : le temps était pluvieux, triste et froid. Mais cela n’arrêta nullement la foule qui affluait de partout. Il n’y manquait même pas les représentants des grands journaux et leurs photographes. 

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Synode sur la famille: témoignages de laïcs

Rencontre à Rome avec Xristilla et Olivier Roussy, responsables d'Amour et Vérité, la branche famille de la communauté de l'Emmanuel, et l'un des 13 couples auditeurs du Synode sur la Famille. Le couple français partage son expérience vécue à travers ce synode.

JPSC

12/10/2014

Synode sur la famille : les périphéries s’élèvent contre les « modèles occidentaux » incompatibles avec leurs cultures et la doctrine catholique

Lu sur News.va le 11 octobre:

Depuis le début, dans la salle du Synode, plusieurs voix africaines se sont élevées pour dénoncer l’importation, voire l’imposition des modèles occidentaux incompatibles avec les cultures locales et la doctrine catholique. Un évêque a indiqué que des sommes colossales étaient dépensées dans les campagnes de planning familial et que des contraceptifs étaient distribués jusque dans les villages les plus reculés. Un autre a affirmé que des organisations internationales avaient menacé de suspendre leur aide si les gouvernements locaux refusaient de légaliser les unions entre personnes de même sexe. Santé reproductive, idéologie du genre… nous sommes soumis à une véritable offensive internationale, a lancé une mère de famille. L’Afrique a ses problèmes et ses préoccupations prioritaires qui ne sont pas ceux de l’Occident. Venus de tous les continents, des pères synodaux et des laïcs ont exhorté l’Eglise à s’engager davantage sur la scène publique pour défendre ses valeurs sur la famille, menacées par certaines législations et par l’ambiguïté des textes des Nations Unies. Une auditrice a regretté que le document de travail du Synode ne contienne qu’une référence timide au dialogue entre l’Eglise et les Etats et garde le silence sur l’urgence pour les catholiques de préserver leur liberté de conscience face aux institution politiques. Les pasteurs doivent parler haut et clair face aux opinions publiques pour défendre la dignité humaine et les droits de la famille. Et alors que la question de l’accès des divorcés remariés aux sacrements revient sans cesse sur la table et monopolise les échanges, alors qu’elle inquiète et divise, une auditrice a interpellé l’assemblée en affirmant qu’il y avait deux types de miséricorde : celle du Bon Pasteur qui soigne et donne la vie et celle du mauvais médecin qui couvre la blessure pour qu’on ne la voie pas ou qui calme la douleur sans soigner le mal.

Ce synode parviendra-t-il à concilier vérité et miséricorde et à réconcilier les points de vue ? Parviendra-t-il à préserver la doctrine tout en montrant que l’Eglise,  qui côtoie la réalité du péché, est proche de ses enfants en difficulté ? C’est tout l’enjeu d’un itinéraire qui, souligne-t-on, prendra le temps qu’il faudra.

Romilda Ferrauto "

 

Ref. La première partie du Synode s'achève

JPSC

Djihadisme : analyse de la cause et de l'avenir

Par un théologien de l'eschatologie, Arnaud Dumouch, oct. 2014, (avec l'aide précieuse du Docteur Philippe Fabry)

Tout système cohérent se structure autour d'une intelligibilité centrale.

Pour le djihadisme actuel, tout se résume à trois points :
1° Un orgueil nationaliste et religion : "Il n'y a pas de meilleure communauté sur terre que vous" (Mohamed).
2° Une constatation d'échec, d'une ruine politique et morale de la civilisation musulmane.
3° Une théorie explicative : ici est apparue une eschatologie complotiste venant du Wahhabisme : "Un Antéchrist Juif complote contre l'islam. Il provoquera les Nations du monde entier pour une grande guerre finale (Gog et Magod). Mais, alors que tout semblera perdu, Allah interviendra et mettra l'islam au-dessus du monde. Ceux qui seront morts pour cette guerre obtiendront la vie éternelle. Ceux qui seront vivant dirigeront le monde entier".

Le Blog de Philippe Fabry : http://historionomie.canalblog.com/ar...

Les éditions Docteur Angélique : http://www.docteurangelique.com/Table...

Tout est prêt, venez au repas des noces éternelles (28e dimanche du T.O.)

Homélie du Père Joseph-Marie Verlinden fsJ (Homelies.fr - Archive 2008)

« Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils » : voilà qui devrait nous rassurer quant aux intentions de Dieu à notre égard ! Conformément au protocole, ceux qui avaient eu l’honneur d’être « invités », sont avertis très officiellement par les serviteurs du roi que le grand jour est enfin arrivé. Stupéfaction : ils refusent de venir ! Chacun d’eux poursuit ses occupations comme si de rien n’était ; certains même passent leur mauvaise humeur sur les pauvres émissaires du roi, trahissant ainsi la vraie raison de leur refus : ils n’ont aucune envie de partager la joie d’un roi pour lequel ils nourrissent plutôt du mépris, du ressentiment, voire de la haine. Aussi la réponse ne se fait-elle pas attendre et les présomptueux vont payer très cher leur insoumission.

On pourrait objecter que la réaction du roi ne fait qu’entretenir la spirale de la violence ; s’il représente Dieu nous avons intérêt à nous tenir à l’écart ! Mais cette interprétation ne respecterait pas le genre littéraire utilisé par Jésus : le sens d’une parabole ne se livre pas au terme d’une étude analytique ; il jaillit plutôt d’une saisie d’ensemble du récit, sur l’horizon annoncé par le narrateur. Dieu à vrai dire n’a pas besoin de sévir contre ceux qui lui résistent : en refusant d’entrer dans la fête en réponse à son invitation, ils choisissent eux-mêmes de demeurer sous « le voile de deuil qui les enveloppe et sous le linceul qui les couvre » ; car c’est à ce banquet de noces où il fait alliance avec son peuple, que « le Seigneur effacera l’humiliation de la mort, et essuiera les larmes sur tous les visages » (1ère lect.). Dieu est le Seigneur de la vie, et il désire la donner en partage à ceux qui s’approchent de lui pour la recevoir ; mais ceux qui refusent de répondre à son appel, s’enferment eux-mêmes dans les ténèbres de la mort.
Cependant, cet échec ne décourage pas le roi, qui tient absolument à ce que la salle de noce soit bondée ! Puisque ceux qui étaient invités de longue date n’ont pas voulu répondre à l’appel, faisant eux-mêmes la preuve de leur indignité, il se tourne vers le tout-venant parmi ses sujets. Il envoie ses serviteurs « à la croisée des chemins », les chargeant d’inviter tous ceux qu’ils rencontreraient, sans faire de tri entre « les mauvais et les bons ». On devine sans peine la surprise de ceux-ci ! Le stratagème semble réussir puisque les serviteurs parviennent à remplir la salle de ces convives improvisés.

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Divorcés-remariés : la révolution n’aura pas lieu au synode

De Jean-Marie Dumont sur le site de « Famille chrétienne » :

« Concernant la question des divorcés remariés, la plupart des Pères du synode privilégient les solutions pastorales à un changement dans la discipline sacramentelle de l’Église. La proposition du cardinal Kasper, très médiatisée, ne semble avoir finalement rencontré qu’un faible écho au sein de l’aula synodale.

Sans surprise, c’est un vif intérêt que le sujet « divorcés remariés » a suscité chez les Pères du synode. La séance qui était consacrée aux « situations pastorales difficiles », dans laquelle le sujet prenait place, a même dû être prolongée le lendemain matin jusqu’en fin de matinée, tant le nombre d’interventions demandées était élevé. Dans une séance théoriquement destinée à aborder des sujets aussi divers que le concubinage, la situation des séparés ou les mères célibataires, la plupart des quarante-cinq interventions demandées aurait porté directement ou indirectement sur le thème des divorcés remariés, sans compter celles qui se sont déroulées au cours de l’heure de débat libre.

Des discussions à huis clos

Comme tous les jours depuis l’ouverture de ce Synode sur la famille , il est difficile de se faire une idée précise du contenu des échanges entre les Pères, dont les discussions se déroulent à huis clos. Du fait du dispositif de communication adopté par le synode, les journalistes sont contraints, depuis lundi, à se livrer à un exercice d’information qu’on pourrait qualifier d’« impressionniste ».

Chaque jour, trois rapporteurs qui assistent au synode présentent lors d’un briefing une synthèse non nominative restituant, chacun à leur manière et avec leur subjectivité, les grandes lignes des interventions, chacun étant responsable des interventions d’une langue (italien, espagnol, anglais).

Deux autres rapporteurs organisent des réunions informelles, après ces briefings, pour les langues française et allemande, présentant à leur tour des éléments de synthèse également non nominatifs et non chiffrés sur l’ensemble des interventions. Enfin, le Bollettino, quotidien du Saint-Siège, publie à son tour un texte unique, traduit en plusieurs langues, qui présente encore une autre synthèse – plus lissée – des échanges. Beaucoup de données, donc, mais générales.

Des raisons théologiques et doctrinales

Pour autant qu’on puisse en juger au vu de ces sources, la révolution annoncée autour de l’accès aux sacrements des divorcés remariés civilement n’aura pas lieu . Présentée par le cardinal Kasper à quelque cent cinquante cardinaux lors du consistoire sur la famille de février dernier, la proposition consistant à permettre aux divorcés ayant conclu un deuxième mariage civil, sous certaines conditions, de recevoir les sacrements de la pénitence et de l’eucharistie, a fait l’objet depuis six mois de prises de position toujours plus nombreuses indiquant qu’elles ne pourraient pas être acceptées par l’Église.

Cette évolution semble se confirmer au synode. Le nombre d’interventions s’opposant directement, pour des raisons théologiques et doctrinales, à cette proposition, entre mercredi soir et jeudi matin, y a été important. Ajoutées à un grand nombre d’interventions ne s’y opposant pas frontalement mais y contribuant de fait, en se limitant à des propositions d’ordre pastoral (mise en place de groupes d’accueil dédiés dans les paroisses, amélioration du processus permettant la reconnaissance d’une nullité de mariage, amélioration de la préparation au mariage), ces interventions mettent en évidence le fait que la proposition du cardinal Kasper rencontre finalement assez peu d’échos chez les Pères du synode. Reste à savoir ce que pense le pape. »

Ref. Divorcés-remariés :  la révolution n’aura pas lieu

JPSC