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Islam

  • Signons la pétition pour exhorter les Nations Unies à protéger les chrétiens au Pakistan

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    Du site "L'Observateur chrétien" :

    Une pétition pour exhorter les Nations Unies à protéger les chrétiens au Pakistan

    La persécution des chrétiens augmente dans le monde entier. La semaine dernière, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) a tenu un plaidoyer devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies au nom des chrétiens persécutés au Pakistan et a lancé une pétition pour défendre la même cause.

    En raison de différents incidents, les minorités religieuses au Pakistan considèrent que leur gouvernement ne veut volontairement pas mettre fin aux attaques violentes et aux autres formes de persécutions dont elles sont régulièrement la cible. Ainsi, la pétition lancée sur BeHeardProject.com vise à exhorter les Nations Unies à rappeler au Pakistan ses obligations à protéger tous ses citoyens ainsi que leurs droits fondamentaux.

    La République islamique du Pakistan, un pays majoritairement musulman, est l’un des pires transgresseurs des droits de l’homme au monde. La violence conjugale, les fausses accusations de blasphème, les conversions forcées à l’islam, la torture policière et d’autres formes de persécution et de discrimination sont des faits communs.

    Avec l’extrémisme croissant, le gouvernement pakistanais ne réussit pas à protéger ses minorités des violences religieuses. En 2013, un groupe de musulmans avait brûlé et vandalisé environ 200 maisons chrétiennes de Joseph Colony après une allégation de blasphème à l’encontre d’un chrétien. Alors que les attaquants musulmans s’en étaient tirés indemnes, l’homme accusé de blasphème avait été quant à lui condamné à la peine de mort.

    Actuellement, près de 40 personnes seraient condamnées à mort ou purgeraient une peine d’emprisonnement à perpétuité dans le cadre des lois sur le blasphème du Pakistan. Asia Bibi, une mère chrétienne de cinq enfants, est en prison depuis près de huit ans. En 2009, elle avait été accusée de blasphème contre le prophète Mohammed. Un tribunal de première instance l’a condamnée à mort en 2010 et un tribunal d’appel intermédiaire a confirmé sa condamnation quatre ans après. Asia Bibi attend actuellement que la Cour suprême entende son recours.

    Les chrétiens persécutés ont besoin d’une voix qui s’élève pour eux.

    SIGNEZ LA PETITION pour que l’ECLJ exhorte l’U.N. à rappeler au Pakistan qu’il est nécessaire de protéger ses minorités religieuses et de protéger leurs droits fondamentaux. Le Pakistan doit traduire les auteurs de violences en justice et fournir un environnement sûr aux chrétiens.

    Lire plus ici: https://chretien.news/une-petition-pour-les-chretiens-au-pakistan/

  • Pour clarifier notre vision de l’islam, sans déni ni passion

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    De François La Choue sur le site de l'Homme Nouveau :

    Clarifier notre vision de l’islam, sans déni ni passion

    Dans son dernier ouvrage L’islam pour ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore), Annie Laurent affirme avec vigueur qu’« entre islam et islamisme, il s’agit d’une différence de degré, mais pas de nature ». Sa démarche pédagogique exclut l’hostilité envers les musulmans qu’elle appelle à respecter comme le font les chrétiens d’Orient fidèles à montrer l’exemplarité évangélique.

    Comment expliquer l’incompréhension actuelle des Occidentaux envers l’islam (et notamment envers sa dimension politique) ? Simple méconnaissance ou manque de courage ?

    Je pense que l’incapacité actuelle des Occidentaux à comprendre vraiment l’islam résulte avant tout de l’ignorance. Celle-ci a, à mon avis, plusieurs causes. Il y a d’abord l’oubli de l’histoire, en particulier de la part des Européens. La conscience d’une identité européenne, enracinée dans la foi chrétienne, s’est pourtant largement forgée dans la confrontation avec l’islam, arabe, berbère et turc. Des épisodes marquants en témoignent : les Croisades pour libérer les Lieux saints, l’occupation musulmane d’une partie de l’Europe du sud (Espagne, Portugal, Italie méridionale, Provence) et de l’est (Grèce, Balkans) et les guerres de Reconquête qui y ont mis un terme, la résistance aux offensives ottomanes arrêtées à Lépante, Belgrade et Vienne, puis aux razzias opérées par les « Barbares » d’Afrique du Nord. Dans la lutte contre les avancées militaires musulmanes, des saints se sont illustrés (le roi Louis IX, Pierre Nolasque et Jean de Matha, respectivement fondateurs de l’Ordre de la Merci et des Trinitaires voués au rachat des captifs, le pape Pie V, initiateur de la Sainte Ligue, Jean de Capistran, Laurent de Brindisi et Marc d’Aviano, aumôniers des armées chrétiennes, Vincent de Paul, etc.). Du VIIIe au XXesiècle, les peuples d’Europe ont su que l’islam est fondé sur une idéologie qui pour être religieuse n’en est pas moins conquérante aux plans politique et culturel.

    Aujourd’hui, l’enseignement de l’histoire à l’école, qui tend à présenter l’islam comme une religion « tolérante » et victime de « l’arrogance » européenne, entretient l’ignorance. Cette amnésie fautive engendre un pacifisme qui anéantit la vertu de force, pourtant éminemment chrétienne. Enfin, les défaillances dans la transmission de la foi, le relativisme doctrinal ambiant et l’apostasie pratique ont achevé d’aveugler l’Europe sur les ambitions de l’islam.

    C’est pour remédier aux confusions qui en résultent qu’avec quelques amis j’ai fondé l’association CLARIFIER (Galaxy 103, 6 bis rue de la Paroisse, 78000 Versailles. Contact). Son objectif est d’abord pédagogique. À travers un périodique informatique, les Petites Feuilles vertes, ou à l’occasion de mes conférences et sessions de formation, qui traitent de l’islam dans toutes ses réalités, j’essaie d’aider ceux qui me lisent ou m’écoutent à adopter un regard lucide et des attitudes responsables.

    Mais, à entendre la plupart des commentateurs patentés, l’islamisme ne serait qu’une scorie de l’islam, voire n’aurait rien à voir avec ce dernier. Qu’en est-il ?

    Jusqu’au milieu du XXe siècle, un seul et même mot, « islamisme », servait aux Occidentaux à désigner la religion et la civilisation musulmanes. Le bienheureux Charles de Foucauld lui-même (1858-1916), dans ses nombreux écrits, ne parle que d’islamisme. La distinction est apparue dans l’Europe post-chrétienne et sécularisée qui a voulu cesser de voir dans l’islam un ennemi héréditaire de la chrétienté.

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  • Ne pas prétendre que l’islam n’a rien à voir avec la violence

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    De reinformation.tv :

    La phrase :
    « Ne prétendons pas que l’islam n’a rien à voir avec la violence »

     
    Maajid Nawaz, ancien dirigeant de la section britannique de Hizb ut-Tahrir, groupe islamiste radical, a prononcé cette phrase sur la radio londonienne LBC en commentaire de l’attentat du pont de Londres. A un contradicteur, il a concédé que « Le contexte est important, l’interprétation (du coran et des hadith) est importante », mais que cela ne doit pas masquer la responsabilité de l’islam : « Quand le prophète Mahomet dit : « J’ai été envoyé pour combattre les gens jusqu’à ce qu’ils déclarent qu’il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah et que Mahomet est son prophète », cela a clairement quelque chose à voir avec la violence, non ? » Exact. Et il y a hélas des commandements de violence bien pires dans le coran et les hadith. Mais c’est déjà bien qu’un musulman commence à reconnaître la violence intrinsèque de l’islam, c’est mieux que ne font Macron, son gouvernement et la quasi-totalité des politiciens français.

     
  • La charia est-elle compatible avec les droits de l'homme ?

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    Du site de l'European Centre for Law & Justice :

    La charia est-elle compatible avec les droits de l’homme ? C’est une question concrète qui se pose de plus en plus en Europe, particulièrement pour les femmes, et à laquelle l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a décidé de chercher à répondre.

    En effet, au sein de la grande Europe, il est des territoires où la charia (ou « loi islamique ») est appliquée. Cela pose un problème au regard des droits de l’homme dans la mesure où ces États sont parties à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et en même temps appliquent ou respectent une justice islamique contraire à la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et la CEDH.

    Trois pays au sein du Conseil de l’Europe ont ratifié à la fois la Convention européenne des droits de l’homme et la Déclaration du Caire sur les droits de l’homme en islam, qui est une déclaration des droits de l’homme compatible avec la charia. Il s’agit de l’Albanie, de l’Azerbaïdjan et de la Turquie. Il faut ajouter que la Fédération de Russie et la Bosnie-Herzégovine n’ont pas signé la Déclaration du Caire mais sont membres observateurs de l’Organisation de la Conférence Islamique et également signataires de la CEDH.

    Cette Déclaration du Caire du 5 août 1990 stipule notamment que « l’islam est la religion naturelle de l’homme ». Elle ne contient pas de droit à la liberté de croyance, ne confirme pas l’égalité en droit de tous les hommes sans égard pour leur religion, et enfin l’article 25 stipule que « [l]a Loi islamique est la seule source de référence pour interpréter ou clarifier tout article de cette déclaration. »

    Certains principes énoncés dans la loi islamique contreviennent aux principes ayant qualité de droits de l’homme, au premier rang desquels la liberté religieuse. Selon la charia, un musulman n’a pas le droit de quitter sa religion pour une autre ou pour l’athéisme. Il s’agit d’un acte d’apostasie qui engendre sa mort civile (ouverture de sa succession) et qui mérite la peine de mort.

    La Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme a eu l’occasion de donner un élément de réponse à cette question de compatibilité en 2003 : Celle-ci « partage l’analyse effectuée par la chambre quant à l’incompatibilité de la charia avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu’ils résultent de la Convention »[1].

    Saisie par plusieurs de ses membres, l’APCE établira dans les prochains mois un rapport sur ces incompatibilités, déterminera sur quels territoires de pays membres du Conseil de l’Europe la charia est appliquée et quelles conséquences il faudra en tirer.

    Mme Meritxell Mateu (ALDE, Andorre) était rapporteur avant de quitter l’APCE et a rédigé une note préliminaire dans le cadre de cette procédure de rapport. Cette note définit la charia de la manière suivante :

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  • Attentat de Londres : le malaise identitaire de notre civilisation

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    De Samuel Pruvot, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Famille Chrétienne, sur le site du Figaro (Figarovox) :

    Attentat de Londres: méditation sur la Pentecôte rouge

    FIGAROVOX/TRIBUNE - La tragédie londonienne témoigne de l'impuissance de nos démocraties occidentales face à la violence terroriste. Entre montée de l'islamisme radical et déclin du christianisme, Samuel Pruvot analyse le malaise identitaire de notre civilisation.

    Le rouge. Couleur liturgique des chasubles de la Pentecôte. Celle du feu. Les flammes reçues par les apôtres donnent de l'audace. Comme le dit une oraison, ce feu consume à la racine le mal enfoui au fond des cœurs. Mais le rouge est aussi synonyme de violence. Couleur du sang. Dans l'anti-liturgie terroriste, verser le sang est un rituel nécessaire et macabre comme cela a été encore le cas au cœur de Londres. Dans le quartier du London Bridge, les islamistes n'ont pas hésité une seconde à prendre la vie des innocents. Fonçant avec leur camionnette dans la foule avant de mener des attaques au couteau. Tuant et blessant au hasard de la haine.

    Cette scène d'horreur est aux antipodes de la première Pentecôte. À Jérusalem, une poignée d'hommes se mirent à parler ouvertement de la résurrection d'un certain Jésus de Nazareth. Chacun comprenait dans son propre dialecte la prédication improvisée de ces gars de condition modeste. C'était le miracle de la glossolalie. À Londres, on a observé le phénomène inverse. Les assaillants parlaient une langue incompréhensible. Et faute de mots, à la fin, ils brandissaient des armes. Après tout, terroriser est une autre manière de se faire comprendre. Une Pentecôte en négatif.

    Acculés par le terrorisme, nous sommes à la croisée des chemins. Et tous les chemins ne mènent pas à Rome… Dans l'opinion publique deux impressions se télescopent au risque de faire des étincelles. Premièrement, le sentiment que le christianisme - qui a porté notre civilisation - est en train de disparaître. Faute de combattants. Une religion meurt sous nos yeux. La nôtre. Deuxièmement, la certitude que la religion montante est désormais l'islam politique sous sa forme la plus radicale. Des hommes qui tuent au nom d'Allah. Bien entendu ce ressenti ne correspond pas exactement à la réalité pour employer le vocabulaire de la météorologie.

    Mais le mélange d'une religion qui meurt et d'une religion qui tue suscite forcément des angoisses profondes. Inarticulées. Bien entendu, le catholicisme connaît un réveil indéniable pour qui sait voir. Bien entendu, les musulmans français ne sont pas tous des terroristes en puissance mais des croyants qui veulent vivre les préceptes de l'islam. Reste que le malaise est présent. Puissant.

    Surtout quand on a devant soi un horizon minimaliste: un consumérisme indéfendable, moralement et financièrement. L'Occident ne veut évidemment pas du rouge du djihad - ni du rouge liturgique d'ailleurs. Et pourtant, il faudra bien qu'il trouve une autre voie. Le multiculturalisme à l'anglo-saxonne se révèle une impasse, le surcroît de laïcité pour cadenasser les religions aussi. Pour rallier les musulmans modérés qui vivent dans nos démocraties occidentales, il ne faut surtout pas mettre Dieu hors jeu. Les musulmans ne sont pas choqués par l'existence des chrétiens mais par tous ceux qu'ils croient encore chrétiens et qui font n'importe quoi. Faute d'Esprit.

    En cette Pentecôte, nous avons rendez-vous avec la grande Histoire. Des deux côtés de la Manche. Notre responsabilité est de vouloir, ou pas, que notre Histoire continue. Car elle pourrait mourir d'elle-même. Par essoufflement.

    À Rome, pour la Pentecôte, le pape François célébrait les 50 ans du Renouveau charismatique au cirque Maxime. Un anniversaire pour célébrer le «courant de grâce» charrié par l'Esprit de Dieu jusque dans nos déserts postmodernes. Cela a commencé aux États-Unis un certain jour de 1967 et cela s'est poursuivi ensuite dans notre vieille Europe en proie au doute. Courant de joie et de prière, courant d'amour véridique qui ne recule pas devant les coups à prendre. Un courant qui ouvre la Mer Rouge. Car le rouge figure sur le drapeau tricolore et aussi sur l'oriflamme de saint Denis. Plus encore, le rouge est la couleur de l'amour. Jusqu'au sacrifice de soi pour les autres.

  • Les chrétiens pakistanais contraints à faire le Ramadan

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    Du site "Portes Ouvertes" :

    Pakistan : les chrétiens se voient imposer le ramadan

    Les autorités pakistanaises imposent le ramadan à toute la population. Pour les chrétiens, c’est un poids supplémentaire dans leur vie où la discrimination est quotidienne.

    Désormais au Pakistan, durant les heures du jeûne du ramadan (de 4h à 19h), quiconque mange, boit ou fume en public risque une peine de trois mois de prison. Les restaurants et les hôtels qui enfreignent la loi sont taxés d’une amende d’environ 250 € et les cinémas risquent une amende de 5 000 € s’ils sont ouverts dans la journée.

    Les chrétiens privés de repas

    Les chrétiens, déjà fortement discriminés, doivent en plus se plier à ces restrictions. « Un chauffeur de taxi chrétien m’a dit qu’il n’avait rien mangé de la journée, faute d’avoir pu trouver de la nourriture en ville. Chacun vit dans la crainte et doit vraiment veiller sur son comportement », dit un responsable d’église de Peshawar. Beaucoup s’inquiètent des conséquences physiques que cela peut entraîner : « Des gens vont mourir de déshydratation à cause de cette loi ridicule », disent-ils.

    Un amendement discriminatoire

    Shams Shamaun, défenseur des droits de l’homme dans le Sud du pays, fait part de son inquiétude face à cet amendement injuste pour les minorités religieuses. Certaines personnalités d’opposition s’élèvent « contre cette loi hypocrite et préjudiciable ».

    La loi sur le ramadan renforcée

    Avec ses mesures répressives, cet amendement décidé début mai vient durcir la loi sur le « respect du ramadan » introduite en 1981, qui interdit de vendre ou de consommer publiquement toute nourriture et boisson du lever au coucher du soleil durant cette période.

    Une autre loi, dite « anti-blasphème », a été décrétée en 1986. Ces législations très sévères placent toute la population, et notamment les chrétiens, sous un joug impitoyable. Portes Ouvertes aide les chrétiens pakistanais au moyen de projets comme l’alphabétisation afin qu’ils sachent se protéger et qu’ils soient mieux considérés dans la société.

  • Rien ne résiste à l'appel de Dieu

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    dom-louis-marie-copie.jpgUn entretien  du mensuel « La Nef » (n° 293, juin 2017) avec Dom Louis-Marie, Père-Abbé de  l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux. Celui-ci nous parle de son abbaye, des vocations, nous offre le regard d’un moine sur l’Église et un monde qui perd toute mesure.

    La Nef – Pourriez-vous d’abord nous dire un mot de la situation de votre abbaye et de votre fondation de La Garde ?

    TRP Dom Louis-Marie – Notre abbaye, fondée en 1970 par Dom Gérard, compte désormais 52 moines profès et deux postulants. Sainte-Marie de la Garde, fondée en 2002, compte 14 moines profès et deux postulants qui prendront le saint habit le 24 juin prochain avant l'office de complies. L'âge moyen est à peu près de 50 ans. Nous consacrons nos journées au Seigneur par la prière liturgique dès la nuit, par le travail (agriculture, maraîchage, moulin à huile, boulangerie et pâtisserie, vie de la maison, magasin et vente par correspondance) et par un apostolat monastique qui comporte confessions, prédications, aumônerie de scouts, des chapitres Sainte-Madeleine, Saint-Lazare et autres. Nous avons aussi en charge la direction et l'aumônerie de l'Institution Saint-Louis, collège d'environ 80 garçons. Enfin nous assurons le ministère monastique habituel auprès des personnes qui font chez nous un séjour à l'hôtellerie. Je suis très heureux de voir que Sainte-Marie de la Garde offre à un certain nombre de prêtres la possibilité de se reposer en profitant de la sainte liturgie. 

    Avez-vous toujours de nouvelles vocations régulièrement ? Leur profil a-t-il changé au fil du temps ? Et comment analysez-vous ce que l’on nomme la « crise des vocations » ?

    Oui, nous avons régulièrement des vocations. Le Seigneur appelle toujours des âmes à la vie consacrée, à une vie cachée en Dieu, ne cherchant que son bon plaisir dans le cloître, à la vie de prière dans la liturgie solennelle. Le profil des candidats change, certainement, mais pas la nature humaine qui est faite pour Dieu. Les jeunes ont soif d'identité et d'une certaine sécurité que ne donne pas le monde actuel en perpétuel changement. Il me semble très important de pouvoir donner un accompagnement personnalisé à nos jeunes en formation afin qu'ils puissent s'enraciner humainement. La crise des vocations a des causes très variées qui se ramènent à un tronc commun : le déracinement. D'où une conception diffuse de la liberté, qui se définit comme la possibilité de changer, une certaine immaturité des tempéraments due aux innombrables et permanentes gratifications de la technologie, une structure mentale abîmée par les mauvaises méthodes d'apprentissage, une image très sécularisée et même salie du sacerdoce. Mais tout cela ne résiste pas à l'appel de Dieu. Preuve en est que les communautés qui gardent le sens du sacré continuent de recruter.

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  • Stop au harcèlement juridique de la Présidente chrétienne de l'Assemblée de l'Etat de Malaisie

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    De citizengo.org :

    Stop au harcèlement juridique de la Présidente chrétienne de l'Assemblée de l'Etat de Malaisie

    La constitution fédérale de la Malaisie stipule que «toute personne a le droit de professer et de pratiquer sa religion».

    Pourtant, à Selangor (l'un des 13 états de la Malaisie), une femme politique chrétienne, Madame Hannah Yeoh, est menacée pour avoir écrit une autobiographie dans laquelle, elle explique comment sa foi chrétienne l'a aidée pour se lancer dans une carrière politique, au service du bien commun.

    Son accusateur, le professeur d'université, Kamarul Zaman Yusoff, a déposé une plainte auprès de la police, alléguant que Madame Hannah Yeoh faisait la promotion d'un «agenda chrétien» dans son livre rédigé en 2015 et intitulé «Devenir Hannah : le voyage personnel de Hannah Yeoh».

    Dans sa plainte officielle, Monsieur Yusoff a déclaré ceci : «Je crois que ce livre est une tentative pour persuader, influencer ou d'inciter les non chrétiens, y compris les musulmans, à embrasser le christianisme ou à s'intéresser au christianisme».

    Le prosélytisme contre l'islam est une infraction en Malaisie. Mais le livre d’ Hannah Yeoh rapporte simplement son expérience, et montre comment sa foi l’accompagne jour après jour. Il n’est pas question de prosélytisme ou d’évangélisation : juste d’un témoignage. Hannah Yeoh n'a, du reste, jamais promu son livre auprès des musulmans.

    En Malaisie, si la constitution fédérale était respectée, rien de cela ne pourrait constituer une infraction pénale. Mais ce harcèlement rappelle étrangement l’affaire de  Monsieur Ahok, ancien gouverneur de Jakarta, qui a été condamné à deux années de prison pour blasphème. Ce type de violation de la Constitution, en ce qui concerne laliberté de religion et la liberté de conscience semble gagner du terrain dans l’ensemble du monde musulman et, en particulier, en Indonésie et en Malaisie. Ces pays étaient, jusqu’à présent, considérés comme relativement «tolérants» envers les minorités religieuses. Il semble que ce soit de moins en moins le cas.

    Cette pétition est adressée au sultan, au ministre de Selangor, ainsi qu’au haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères, au Secrétaire général de l'ONU et au secrétaire d'État américain. Nous demandons à ces personnes d'intervenir en faveur de Mme Yeoh et de défendre la loi contre les abus et les allégations mensongères. Comme Madame Hannah Yeoh est une femme politique de haut niveau, on peut légitimement se poser des questions quant aux motivations de cette plainte. Mais une chose est certaine : nous ferons tout notre possible pour que cette affaire retienne l'attention qu'elle mérite dans le monde occidental afin que le droit des chrétiens à témoigner de leur foi soit respecté.

    Merci pour votre aide,

    PS : la Malaisie ou l’Indonésie vous paraissent peut-être très loin. Mais l’anti-christianisme gagne du terrain jour après jour et Hannah Yeoh a besoin de votre aide.

    SIGNER LA PETITION

    Stop au harcèlement juridique de la Présidente chrétienne de l'Assemblée de l'Etat de Malaisie

    Madame Hannah Yeoh, a été agressée par un professeur d'université musulman qui prétend la faire condamner pour une autobiographie dans laquelle elle raconte comment sa foi chrétienne l'a aidée dans ses choix professionnels.

    Le livre de Madame Yeoh, intitulé «Devenir Hannah : un voyage personnel par Hannah Yeoh», est au centre de certaines accusations de prosélytisme alors qu’il s’agit, en l’espèce, de liberté de conscience et d’expression que la Constitution malaisienne garantit.

    Les minorités religieuses en Malaisie doivent être protégées de ces accusations mensongères. Elles doivent être défendues contre les abus potentiels de la loi.

    En signant cette pétition, Je demande que cette plainte ne soit pas retenue par les tribunaux malaisiens.

    Bien respectueusement,

    Salutations,
    [Votre Nom]
  • Le Ramadan : un "carême musulman" ?

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    Le Ramadan a commencé le 26 mai et s'achèvera le 24 juin. Mais de quoi s'agit-il vraiment ?

    D'Annie Laurent ("Petites feuilles vertes" n°9) :

    Le Carême et le Ramadan :

    L’homme étant âme et corps, l’âme a besoin des actes et des attitudes du corps pour s’engager. Cette réalité se vérifie notamment dans le sens à donner au jeûne que pratiquent chrétiens et musulmans. De profondes différences existent pourtant à ce sujet entre le Carême et le Ramadan, aussi bien quant à la forme des observances religieuses qui y sont requises que quant à la signification spirituelle de ces périodes.

    Dans l’Islam, le culte comporte cinq prescriptions que l’on appelle « piliers » : la profession de foi (chahâda), la prière rituelle (salât), l’aumône légale (zakat), le jeûne du Ramadan (sawm) et le pèlerinage à La Mecque (hajj).

    Le sens du mot « Ramadan »

    « Ramadan », mot dont l’étymologie évoque la chaleur brûlante, est le nom d’un mois sacré, le neuvième de l’année lunaire musulmane, durant lequel « le Coran fut descendu, comme guidance pour les hommes » (Coran 2, 185).

    Un jeûne obligatoire

    Pour le Coran, la prescription du jeûne durant le mois de Ramadan émane de Dieu Lui-même qui énonce aussi deux cas d’exemption, les voyageurs et les malades, quitte à eux de rattraper les jours perdus (2, 183-185). La tradition a étendu ces dispenses aux femmes enceintes (astreintes elles aussi au « rattrapage ») et aux enfants jusqu’à leur puberté.

    Les règles du jeûne

    Le Dieu du Coran précise les modalités de ce jeûne : « Mangez et buvez jusqu’à ce que se distingue pour vous le fil blanc du fil noir, à l’aube. Ensuite, faites jeûne complet jusqu’à la nuit » (Coran 2, 187). Il s’agit, du lever au coucher du soleil, de s’abstenir de toute consommation de nourriture et de boisson, y compris de la moindre goutte d’eau, de tabac et de relations sexuelles, sous peine de « rupture illicite du jeûne ». Même le fait d’avaler la salive est interdit. Dans certains pays musulmans, pendant le Ramadan, les dentistes ne travaillent que la nuit, afin d’éviter ce risque à leurs patients. Les cafés et restaurants sont fermés pendant la journée.

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  • Ce qu'est un imam

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    D'Annie Laurent (via Magistro.fr) :

    L'identité de l'imam

    Le 29 mars dernier, le Conseil Français du Culte musulman (CFCM) a annoncé l’adoption d’une "Charte de l’imam", demandant à tous les imams qui exercent leurs fonctions sur le territoire national de l’accepter et de s’y conformer. Or, dès le lendemain, plusieurs personnalités et fédérations (celles-ci regroupent les musulmans en fonction de leur pays d’origine ou de leur allégeance idéologique) ont protesté contre cette initiative. Pour Kamel Kebtane, natif d’Algérie et recteur de la Grande Mosquée de Lyon, "il s’agit d’un véritable contrat de travail, imposé de façon unilatérale, alors que les statuts du CFCM ne l’autorisent pas à s’ingérer dans les affaires des mosquées" (L’Express, 30/3/2017). Cependant, d’après Anouar Kbibech, qui cumule les présidences du CFCM et du Rassemblement des Musulmans de France, lié au Maroc, les instances de toutes obédiences ont été consultées avant l’adoption de cette charte (La Croix, 31 mars 2017).

    […]

    Dans une société habituée au catholicisme, comme la France, il peut être tentant de considérer l’imam comme l’équivalent du prêtre. Or, l’islam ignorant toute médiation entre Dieu et les hommes, le sacerdoce ne s’y justifie pas. En effet, dans l’Eglise, le prêtre est investi d’un pouvoir sacerdotal qui le rend apte, par l’ordination, à dispenser la grâce divine à travers l’administration des sacrements et à exercer une paternité spirituelle, charisme inconnu dans l’islam.

    On entend fréquemment dire qu’ "en islam il n’y a pas de clergé". Cette affirmation manque de clarté ; elle tend à confondre clergé et sacerdoce. En fait, il existe des personnes exerçant des fonctions dans le domaine de la religion. Mais ce sont des laïcs, des hommes "de religion" et non pas des "religieux" car l’islam méconnaît la vie consacrée (monastique ou apostolique) et donc l’engagement envers Dieu par des vœux (pauvreté, obéissance et chasteté).

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    Lien permanent Catégories : Islam
  • La condamnation pour « blasphème » du gouverneur de Djakarta et la montée d'un populisme islamique en Indonésie

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    Du site "Eglises d'Asie" (Agence d'Information des Missions Etrangères de Paris) :

    De quoi la condamnation pour « blasphème » du gouverneur de Djakarta est-elle le prélude ?

    Près d’une semaine après la condamnation pour « blasphème » à deux ans de prison du gouverneur de Djakarta, les commentaires et les analyses sur l’état de la jeune démocratie indonésienne sont nombreux. Plus qu’une simple mesure destinée à apaiser les éléments les plus radicaux de la scène musulmane indonésienne, le verdict prononcé par les juges Tribunal de Djakarta-Nord le 9 mai dernier inquiète et augure de difficultés profondes à l’approche des élections présidentielles de 2019, analysent certains.

    Le P. Franz Magnis-Suseno est un jésuite d’origine allemande. Arrivé en Indonésie en 1961, il dirige la faculté de philosophie de l’université catholique Driyarkara de Djakarta. Fervent artisan du dialogue interreligieux, il est une voix discrète mais influente de la vie intellectuelle en Indonésie, ce pays dont il a pris la nationalité en adoptant le nom javanais de Suseno.

    Montée d’un « populisme islamique »

    Interrogé par l’agence Fides, le P. Magnis-Suseno réagit avec vigueur à la condamnation et à l’emprisonnement de Basuki Tjahaja Purnama, connu de tous sous le nom de ‘Ahok’. « Il s’agit d’une décision injuste, prise par les juges à cause des fortes pressions des islamistes », explique-t-il à l’unisson des commentateurs « libéraux » du pays. Le 10 mai, l’éditorialiste du Jakarta Post parlait, lui, de la condamnation d’Ahok comme de « l’équivalent d’une erreur judiciaire ».

    Mais, au-delà du verdict du tribunal, le jésuite met en garde contre la montée d’un « populisme islamique » en Indonésie. Selon lui, « les extrémistes chercheront à poursuivre leur campagne en vue des élections présidentielles de 2019 afin de battre le président Joko Widodo ». Le missionnaire précise que « celui qui en bénéficierait serait Prabowo Subianto, l’homme que l’actuel chef de l’Etat a battu lors des élections de juillet 2014 ».

    Agé de 65 ans, Prabowo est loin d’être un inconnu. Ancien général, ancien chef des forces spéciales de l’armée, les Kopassus à la réputation de violence bien établie, Prabowo a laissé un souvenir cuisant lors de l’occupation du Timor-Oriental par l’Indonésie ou bien encore lors des enlèvements et tortures de manifestants pro-démocratie commis à la chute de Suharto en 1998. Lors de la campagne pour les élections présidentielles de 2014, il est intéressant de noter que la stratégie employée par le camp de Prabowo pour discréditer Joko Widodo, qui était alors gouverneur de Djakarta, a été étrangement similaire à celle mise en œuvre lors de la campagne électorale qui vient de s’achever pour l’élection du gouverneur de la capitale indonésienne. Parti avec, selon les instituts de sondage, une confortable avance sur son adversaire Prabowo, Widodo avait dû faire face à une campagne surgie sur les réseaux sociaux le présentant comme un chrétien d’origine chinoise ou bien encore dénonçant de supposées accointances passées avec les communistes. La manœuvre n’a finalement pas réussi, Widodo ayant été élu, mais ce n’était pas la première fois que l’entourage de Prabowo recourait à des rumeurs visant à disqualifier son adversaire en le désignant comme un chrétien. Dans les dernières années du régime Suharto, alors que Prabowo, longtemps marié à l’une des filles de Suharto, était chargé de courtiser les groupes musulmans conservateurs, des rassemblements furent organisés et des brochures distribuées pour affirmer que la crise financière de 1997-98 faisait partie d’un complot antimusulman orchestré par des intérêts chrétiens, sionistes et chinois ; l’adversaire d’alors de Prabowo était le chef de l’armée, Moerdani, un catholique, et Prabowo était dépeint comme la victime malheureuse d’un complot chrétien ourdi par Moerdani.

    Une coalition silencieuse entre les anciens généraux et les islamistes ?

    Près de vingt ans après la chute de Suharto et la mise en place d’un régime démocratique, les tactiques pour discréditer un adversaire politique représentant une perspective de renouveau ne changent donc pas véritablement. Toutefois, pour le P. Magnis-Suseno, le plus inquiétant n’est pas là. Selon lui, l’aspect le plus préoccupant de la scène politique actuelle est que « depuis plus d’un an, semble se mettre en place une coalition silencieuse faite de généraux à la retraite et de militants islamiques. Une montée des désordres et du chaos social pourrait « contraindre » les militaires à prendre le pouvoir, avec l’appui des islamistes ». Les vieux généraux n’ont jamais accepté les réformes démocratiques mises en œuvre après la chute du dictateur Suharto, au pouvoir de 1967 à 1998, explique encore le jésuite.

    Des élections qui viennent d’avoir lieu pour le gouvernorat de Djakarta, élections pour lesquelles les instituts de sondage donnaient le gouverneur sortant Ahok grand favori au départ, on peut tirer deux leçons pour les mois et les années à venir, continue le P. Magnis-Suseno. « La première est que l’extrémisme islamique a été sous-évalué, même par les grandes organisations musulmanes de masse que sont la Muhammadiyah et le Nahdlatul Ulama. Au cours des six derniers mois, derrière le responsable extrémiste Habib Rizieq Shihab [chef de l’organisation radicale, le Front des défenseurs de l’islam - FPI], se sont groupés de manière enthousiaste de jeunes militants du Nahdlatul Ulama et surtout de la Muhammadiyah. A l’avenir, il est possible que se vérifie un changement auquel nous sommes peut-être en train d’assister dans l’islam indonésien : les radicaux, en se proclamant représentants de l’ensemble de l’islam indonésien et en insistant sur l’identité islamique, vont jouer un rôle central sur la scène politique », analyse le missionnaire, qui rappelle que jusqu’à lors, les partis clairement revendiqués comme islamistes n’ont jamais dépassés, ensemble, les 13-14 % de suffrages aux élections nationales.

    La seconde leçon concerne la minorité chrétienne, une minorité représentant 10 % des 240 millions d’Indonésiens. « Les paroles de Basuki Tjahaja Purnama [qui ont conduit à une plainte contre lui pour « blasphème » déposée par le FPI] et sa présence même en tant que candidat [issu d’une double minorité, chrétienne et d’origine chinoise] ont représenté depuis le départ une provocation. » A l’agence Fides, le missionnaire précise que « le temps n’est pas encore venu pour l’Indonésie d’avoir un chrétien comme responsable national, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un chrétien d’origine chinoise – attendu qu’il existe un sentiment antichinois latent au sein de la société ». Le P. Magnis-Suseno ajoute que la personnalité de Basuki Tjahaja Purnama n’a pas aidé : sûr de lui, ce dernier n’a pas pris la mesure du danger en expliquant aux musulmans que ceux qui utilisaient la sourate al maidah du Coran leur mentaient lorsqu’ils leur disaient qu’il était illicite pour eux de voter pour un non-musulman.

    Dans l’immédiat, conclut le P. Magnis-Suseno, les Indonésiens chrétiens ont « offert à Ahok un appui pacifique ; en signe de solidarité, ils l’ont accompagné jusqu’aux portes de la prison, en chantant l’hymne national et en lançant ce message : les baptisés ne sont pas prêts à laisser l’Indonésie tomber entre les mains des fanatiques et des extrémistes ». Ailleurs dans le pays, des musulmans, des chrétiens, des hindous et des bouddhistes ont manifesté pour demander la révision du procès du gouverneur de Djakarta.

    Avant les présidentielles de 2019, le prochain test électoral sera celui des élections locales d’avril 2018 : les habitants de la province de Java-Ouest, la province la plus peuplée du pays et celle qui entoure la capitale Djakarta, seront appelés à élire leur gouverneur. Après deux mandats, Ahmad Heryawan, appartenant au Parti de la Justice et de la Prospérité, un parti islamiste, ne peut pas se représenter, mais sa femme pourrait le faire à sa place ; son adversaire sera l’actuel maire de Bandoung, le très populaire architecte et progressiste Ridwan Kamil. Ces derniers jours, les réseaux sociaux ont colporté l’information – fausse – selon laquelle Ridwan Kamil, qui est musulman, a autorisé en tant que maire de Bandoung la construction de 300 lieux de culte destinés à d’autres religions que l’islam. La campagne électorale est lancée…

  • Les Marocains convertis au christianisme revendiquent désormais leur droit de vivre leur foi au grand jour

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    Lu sur challenges.fr :

    Au Maroc, les convertis au christianisme sortent de l'ombre

    Vivant dans l'illégalité, pratiquant leur culte dans la clandestinité, les Marocains convertis au christianisme revendiquent désormais leur droit de vivre leur foi au grand jour, dans une société majoritairement musulmane où la question reste taboue et l'apostasie réprouvée.

    Dans un appartement d'un quartier populaire d'Agadir (sud), des hymnes liturgiques jaillissent d'une chaîne hi-fi sous un crucifix d'argent accroché au mur: "Je suis Marocain avant d'être chrétien", souffle Rachid, la quarantaine, qui accueille dans son salon une dizaine de convertis pour un "après-midi de prières".

    Issu d'une famille adepte du soufisme, une tradition ésotérique de l'islam, ce pasteur protestant a embrassé la foi chrétienne en 2004. "Enfant, mon père m'obligeait à aller à la confrérie soufie. Mais je ne m'y retrouvais pas", raconte à l'AFP ce père de deux enfants.

    C'est adolescent qu'il commence à s'intéresser au christianisme. Depuis un cyber-café, il entre en contact avec un site qui "prêche la parole de Dieu" et lui fait parvenir une bible. "Je l'ai lue intégralement, étudié la parole de Dieu, suivi des formations. (...) A l'âge de 24 ans, j'ai été baptisé dans un appartement à Casablanca", confie-t-il.

    - 'Remplir un vide' -

    Assis à ses côtés, Mustapha, 46 ans, s'est converti en 1994 pour "remplir un vide spirituel". Ce fonctionnaire, petit-fils d'un religieux musulman de Taroudant, près d'Agadir, a été durant sa jeunesse membre actif du mouvement islamiste Justice et bienfaisance.

    "Lassé par les contradictions de l'islam, je me suis intéressé au christianisme en échangeant une correspondance assidue avec un centre religieux en Espagne". Puis "j'ai franchi le pas", se souvient Mustapha, lui aussi pasteur "diplômé par correspondance des États-Unis".

    Il a vécu secrètement sa foi jusqu'à il y a un an et demi, quand il diffuse sur internet une vidéo dans laquelle il parle à visage découvert de sa conversion.

    La réaction est immédiate: "des proches m'ont tourné le dos, j'ai été mis au placard au travail. Mes enfants ont été harcelés à l'école", déplore-t-il.

    Pour vivre leur foi au grand jour, Mustapha, Rachid, et d'autres, regroupés au sein d'une "Coordination nationale", ont saisi début avril le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) pour demander "la fin de la persécution" contre leur petite communauté.

    "Nous revendiquons le droit de choisir des prénoms chrétiens pour nos enfants, de prier dans les églises, d'être inhumés dans des cimetières chrétiens, de nous marier selon notre religion", énumère Mustapha, également porte-parole de la Coordination.

    Aucun chiffre officiel n'existe sur le nombre de convertis marocains, estimés entre 2.000 et 6.000 par le Département d’État américain. Concentrés entre Marrakech et Agadir, ils sont principalement protestants -baptistes et évangéliques-, d'après les témoignages recueillis par l'AFP.

    Au Maroc, où l'islam est la religion d’État et le roi Mohammed VI le "commandeur des croyants", les autorités aiment vanter leur tolérance religieuse qui permet aux chrétiens étrangers et aux juifs d'exercer librement leur religion.

    - 'Un grand pas!' -

    Reste que pour les Marocains, considérés automatiquement comme musulmans quand ils ne sont pas de la minorité juive, l'apostasie est désapprouvée par la société et le prosélytisme condamné par la loi.

    Si le fait de renoncer à l'islam n'est pas explicitement mentionné dans le code pénal, les convertis risquent la prison s'ils sont soupçonnés d'"ébranler la foi d'un musulman ou de le convertir à une autre religion".

    Ces dernières années, plusieurs cas d'arrestations pour prosélytisme ont défrayé la chronique.

    "Le sujet est ultra-sensible car il renvoie à l'histoire de la colonisation et à l'idée selon laquelle le christianisme constituerait un danger pour l'unité du Maroc", décrypte pour l'AFP un sociologue des religions.

    Mais les lignes bougent: "les arrestations ont presque cessé, c'est un grand pas! Les actes de harcèlement sont devenus rares, et restent le fait de la société", observe Rachid. Sorti de la clandestinité, il "vit normalement sa religion dans un quartier populaire au vu et au su de ses voisins musulmans".

    "Le pays a fait de nombreuses avancées en matière de droits de l'Homme", estime Mustapha, qui loue l'action du roi en faveur du "vivre-ensemble".

    Le "code pénal, les partis politiques et la société n'ont cependant pas suivi", regrette-t-il, pointant une société "schizophrène, pleine de paradoxes, où beaucoup adoptent un mode de vie sécularisé, mais "se crispent dès qu'on parle de conversion".