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Jeunes

  • Abus sexuels cléricaux : les évêques américains vont-ils passer outre l’interdiction faite par le pape François d’avancer dans l’enquête ?

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    François ob_28fe48_pedophilie-le-pape-francois-en-appelle.jpgSelon un article de  Marco Tosatti, dans la « nuova bussola quotidiana », traduit et publié sur le site « Benoît et moi », les évêques américains passeraient outre l’injonction du pape François  :

    Les évêques américains, réunis à Baltimore, n'ont aucune intention de s'arrêter malgré la demande, formulée par la Congrégation pour les évêques, de ne pas voter sur deux points qui constituaient l'élément-clé au coeur de l'assemblée de novembre: un code de conduite pour les évêques en cas d'abus, et une commission dirigée (président et vice-président) par des laïcs pour enquêter. Enquêter, et non pas juger, comme des sources proches du Vatican, dont est partie cette démarche dilatoire l'ont diffusé - avec succès - dès que le président de la Conférence épiscopale, Daniel Di Nardo, a annoncé le stop au vote en provenance de Rome. Les résultats éventuels de l'enquête  devaient ensuite être transmis aux autorités supérieures, et en particulier au Nonce. Ce ne serait donc pas - comme le prétendent les défenseurs du Vatican - une attaque contre la primauté pétrinienne, ni contre les prérogatives pontificales à l'égard des évêques. 

    Ce qui est certain, c'est que les évêques américains, et avec eux le président, le cardinal DiNardo, ont été pour le moins surpris par la requête de la Congrégation pour les évêques, à laquelle siègent également les cardinaux Cupich et Wuerl, directement liés à la "filière" McCarrick. 

    Tous les journalistes présents parlent d'une "surprise visible" de la part des évêques, notamment parce que les projets des deux documents - celui sur la conduite des évêques et celui sur l'établissement d'une commission d'enquête - semblaient nécessaires à tous, pour donner un signal concret aux catholiques et à l'opinion publique que la Conférence épiscopale voulait aborder sérieusement le drame des abus. Ce n'est pas un hasard si les discours du président et du vice-président du National Advisory Council (Conseil consultatif national) sur les abus - un prêtre et une femme - ont été applaudis. Tous deux ont parlé des réformes proposées et bloquées par Rome: un nouveau code de conduite, une enquête sur les séminaires, pour éradiquer les comportements prédateurs homosexuels, une enquête sur le cardinal McCarrick et un système indépendant pour enquêter sur les accusations d'abus. 

    C'est dans cette atmosphère que s'est inséré le bref message de Mgr Carlo Maria Viganò, archevêque (Vigano écrit aux évêques américains)

    Rome demande que le vote sur les propositions concrètes pour faire face à la crise soit reporté après février, c'est-à-dire après le "sommet" des conférences épiscopales du monde entier à Rome pour discuter du problème des abus. Et après la perplexité due à l'annonce de l'inexplicable demande romaine, les évêques ont décidé d'aborder de toute façon les sujets brûlants de la discussion, afin de fournir à la délégation américaine en février des armes et du matériel pour aborder cette question. Comme l'a expliqué un évêque courageux, Thomas Paprocki de Springfield, ce n'est pas un acte de rébellion ou de désobéissance contre le Pape. Mais les évêques ne sont pas des "directeurs de filiales" du Vatican, ni des "vicaires du Pontife romain". La Conférence épiscopale américaine doit "s'occuper de son troupeau". Et, comme plusieurs commentateurs l'ont souligné, la demande romaine entre en conflit avec la synodalité et la décentralisation manifestée avec des mots, sans parler de la nécessité, toujours manifestée de manière démagogique et trahie par des actes, d'un rôle accru des laïcs et des femmes dans l'Église. Tout est parfait, jusqu'à ce qu'on arrive au concret: et alors la structure verticale et cléricale réapparaît immédiatement.

    Et le changement de ton est devenu évident quand le cardinal Di Nardo a annoncé qu'il y aura un vote sur un sujet ajouté à l'ordre du jour. Le cardinal a annoncé que l'ajout proposé serait d'envoyer une demande formelle au Saint-Siège de remettre toute la documentation relative au cas de l'ancien cardinal Théodore McCarrick. Après quoi l'évêque auxiliaire de Los Angeles, Robert Barron, a souligné que la crise actuelle était née précisément à cause du cardinal, et que les gens font pression sur les évêques pour que la clarté puisse être faite jusqu'au bout. Un thème sensible pour Rome et pour le Souverain Pontife, qui a évité de répondre à l'appel de l'archevêque Viganò sur ce thème.

    Barron s'est demandé dans quelle mesure l'examen par le Saint-Siège des documents liés était en cours et s'il ne serait pas possible d'exercer une "pression respectueuse" pour une enquête approfondie. Ce qui, une fois de plus, ne semble pas être dans la volonté du Vatican. La demande d'enquête apostolique faite au Souverain Pontife par les évêques américains avait été abandonnée. Mais le président du Conseil consultatif national, le père David Whitestone, a demandé qu'il y ait une enquête complète et indépendante sur le scandale McCarrick, y compris les détails de l'indemnisation reçue par les victimes et les noms de ceux qui étaient au courant de sanctions contre McCarrick.

    Le problème des sanctions, de ceux qui en étaient au courant, de ceux qui ne les ont pas appliquées et de ceux qui les ont imposées, est comme nous le savons une des questions centrales du témoignage du Viganò. Une requête analogue a été faite par Francis Cesareo, président du National Review Board, l'organisme créé en 2002 pour la défense des mineurs dans l'Église américaine. Cesareo a demandé une enquête sur le scandale McCarrick et a également demandé que les diocèses de Newark, Washington et New York coopèrent à cette enquête. Il est clair que pour les évêques américains - et pour les fidèles américains en général - la clarté sur l'affaire McCarrick est un sujet de grande importance pour rétablir un climat de confiance. Une exigence que le silence du Vatican et du Pontife ne semblent pas comprendre.

    Cesareo a dit: "Il faut répondre aux accusations de l'archevêque Viganò. Rien ne doit être négligé. Ignorer ces accusations laissera un nuage sur l'Eglise, et des questions resteront sans réponse".

    Ref. Les évêques américains se rebiffent

    Le pape veut rester le maître du jeu. Les évêques invoquent la synodalité dont le pasteur suprême s’est fait le chantre. Embrouilles ?

    JPSC

  • La Fraternité Saint-Pierre se porte bien

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    Du site "Riposte catholique" :

    Une belle croissance de la Fraternité Saint-Pierre

    Comme chaque année, début novembre, la Maison Générale de la Fraternité Saint-Pierre à Fribourg a mis en ligne les statistiques annuelles concernant la Fraternité (chiffres complets ici).

    Notre confrère américain, The National Catholic Register (NCR), est revenu sur cette publication en analysant notamment la progression du District nord-américain de la FSSP ces dernières années.

    Entre 2007 et 2017 pour l’Amérique du Nord, la Fraternité, également connue sous le nom de FSSP, est passée de 68 à 104 prêtres et de 48 à 58 paroisses ou autres lieux, selon les données fournies par le bureau provincial. À l’échelle international, le nombre total de prêtres FSSP s’élève à 304, dont 149 ont été ordonnés depuis le début de 2007.

    Ce n’est pas seulement le nombre de prêtres et de paroisses qui augmente. « Dans nos paroisses, nous constatons une augmentation du nombre de fidèles aux messes », a déclaré l’abbé Michael Stinson, nouveau supérieur du district nord-américain de la FSSP. […]

    Une grande partie de l’attrait des paroisses de la FSSP réside dans le fait qu’elles offrent exclusivement la messe en latin. Cela les distingue même des paroisses diocésaines qui l’ont en plus de la forme ordinaire de la messe. En ce qui concerne les paroisses, le FSSP participe à la dynamique de croissance de la messe en latin. En 2014, aux États-Unis, la messe en latin était généralement proposée quotidiennement par 75 paroisses. Sur ce total, 38 étaient gérés par FSSP, 24 par des prêtres diocésains, 13 par l’Institut du Christ Roi et une autre société de la vie apostolique, selon un rapport de la revue Homiletic and Pastoral. Au total, 335 paroisses ont une messe traditionnelle en latin chaque semaine, selon ce rapport.

    Mais l’influence de la FSSP s’étend au-delà de ses paroisses. Après le Motu Proprio, la Fraternité s’est associée à Una Voce pour lancer un programme de formation des prêtres diocésains pour apprendre à célébrer la messe traditionnelle en latin. Au cours de la dernière décennie, environ 200 prêtres ont participé à ce programme, selon l’abbé Berg. La Fraternité a également réalisé des vidéos avec EWTN, propriétaire de NCR, expliquant aussi comment célébrer la messe en latin. Cette série de vidéos a été distribuée aux candidats à la prêtrise au North American College de Rome, a précisé l’abbé Berg.

    Rendons grâce pour cette belle croissance… qui doit aussi amener une croissance pour des grâces pour les âmes.

    Photos FSSP (Une partie des prêtres français lors de la Session des prêtres du District de France de la FSSP à Sées, Octobre 2018)

    NDLR : Nous avons traduit l’expression ‘the latin mass’ par la messe traditionnelle en latin.

  • Le Synode des Jeunes : un synode manipulé d'après l'archevêque de Sydney

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    De Jeanne Smits, sur le site "Réinformation TV" :

    Nouvelle manipulation d’un synode : l’archevêque de Sydney, Mgr Anthony Fisher, a apprécié l’enthousiasme des jeunes mais soulève des objections de fond

    manipulation synode archeveque Sydney Fisher jeunes objections

    Souriant, tout en rondeur, l’archevêque de Sydney a commenté avec finesse le récent synode sur les jeunes au micro d’Edward Pentin du New Catholic Register, ne cachant pas son appréciation de l’enthousiasme des jeunes présents et de l’esprit des pères synodaux, mais se montrant tout aussi franc dans sa dénonciation de ce qu’il appelle lui-même une « manipulation ». Nouveau synode, nouvelles objections de fond : il y a de nouveau, comme après des synodes sur la famille, beaucoup à craindre du document final. Il a notamment dénoncé la manière dont la question de la synodalité a fait son entrée dans le texte. La critique à l’égard du pape François, pour être voilée, n’en est pas moins réelle dans la bouche de ce Dominicain archevêque, Mgr Anthony Fisher.

    La manipulation du synode des jeunes

    D’ailleurs, il a répondu à la première question d’Edward Pentin avec une boutade que tout Anglais un tant soit peu cultivé aura comprise dans toute sa portée. « Etes-vous heureux de ce qui est sorti du synode ? », demandait Pentin. « Comme l’œuf du vicaire, il a été bon pour partie. » Voilà qui fait référence à un dessin de George du Maurier dans le journal humoristique Punch le 9 novembre 1895 : sous le titre La vraie humilité on y voit un jeune vicaire à la table de son évêque (anglican), aux prises avec un œuf pourri.

    L’évêque : « Je crains que votre œuf ne soit mauvais, M. Jones. »

    Le vicaire : « Pas du tout, my Lord, je vous assure que certaines parties sont excellentes ! »

    Le synode, un œuf pourri ? On peut raisonnablement penser que cela reflète le jugement d’ensemble de Mgr Fisher, même s’il a tenu à mettre en évidence le temps et les ressources mises en œuvre par les pasteurs de l’Eglise pour parler des jeunes et de leur vocation, signe du sérieux avec lesquels ils ont abordé cette question, de leur affection pour les jeunes et de leur passion en vue de les amener plus près du Christ et de son Eglise, comme l’a dit le prélat. « Il y eut des moments précieux de prière, de contemplation, de conversation. »

    Mais cela ne l’empêche pas de dénoncer le caractère ambigu de certaines parties du document final, illisible selon lui pour les jeunes : « Ils sont peu nombreux, ceux qui s’aventureront à lire quelque chose d’aussi long et d’aussi alambiqué. Le texte comporte certaines parties très belles, souvent suivies de fatigantes analyses secularo-sociologiques », a-t-il souligné. Il aurait fallu « couper »…

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  • Le Synode des Jeunes : un synode manipulé ?

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    Lu ICI (Pro Liturgia) :

    L’Abbé Javier Olivera Ravasi, professeur d’université, rapporte le récit d’un jeune qui, ayant participé au récent synode, a constaté comment certains ont pu orienter les débats dans un sens incontestablement progressiste.

    Voici un bref résumé du témoignage de ce jeune :

    Certains « auditeurs » qui avaient participé aux sessions et au « pré-synode » n’étaient pas jeunes du tout : il s’agissait de professionnels de l’éducation et de responsables de congrégations religieuses invités pour proposer et promouvoir des modifications progressistes. Tout au long du synode il y avait des « supporters » qui applaudissaient et criaient dans l’aula chaque fois qu’un évêque parlait d’ « ouverture », de la présence des jeunes et des femmes dans « tous » les espaces de décision de l’Eglise, de l’accueil et de l’intégration des homosexuels. D’aucuns ont interprété ces manifestations de joie juvénile comme des « signes de l’Esprit ». Au contraire, on constatait de l’indifférence dès qu’on parlait de Saint Jean-Paul II et de la clarté de la doctrine. 

    Une majorité des évêques officiellement délégués par leurs conférences épiscopales respectives n’étaient pas favorables à ces changements souhaités et les ont beaucoup critiqués. Mais le « staff » du synode ainsi que ces jeunes auditeurs enthousiastes qui constituaient la minorité voulait donner l’impression qu’ils étaient la voix de la majorité et insistaient pour qu’on « approfondisse » les thèmes au goût du jour : l’homosexualité au sein de l’Eglise, le célibat sacerdotal, la communion pour les divorcés remariés, la participation de la femme, etc. Toujours avec les mêmes slogans : « empathie », « ne pas exclure », « valoriser la diversité », « ne pas stigmatiser », etc.

    Les apports au document final ont consisté en des corrections allant dans le bon sens qui n’ont pas empêché de nombreux évêques de faire part en privé de leur propre inquiétude.

    Les jeunes « mandatés » pour assister au pré-synode et au synode avaient été triés sur le volet afin que soient écartés d’autres jeunes à l’esprit plus « traditionnel ».

  • Le père absent et l'ensauvagement des jeunes

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    De Chantal Delsol sur le Figaro relayé sur Magistro.fr :

    Ensauvagement des jeunes, où sont les pères ?

    TRIBUNE - La mort d'un adolescent roué de coups par d'autres mineurs et l'affaire du lycéen braquant un pistolet à bille sur son professeur conduisent à s'interroger sur l'effacement des pères, analyse la philosophe*.

    La stupeur domine à voir un garçon de 13 ans tué à coups de barres de fer par des adolescents de son âge aux Lilas (Seine-Saint-Denis). On a le sentiment - le souvenir ? - que "cela n'arrivait pas avant". Les rixes et les règlements de comptes existent dans toutes les zones urbaines, et certaines en sont coutumières. Mais un jeune ado, presque un enfant !

    Puis, on nous informait que, à Créteil, un lycéen a braqué un pistolet à bille sur son professeur afin d'être marqué présent pendant qu'un de ses camarades filmait la scène et la diffusait sur les réseaux sociaux…

    L'enfant n'est pas le bon sauvage de Rousseau. Il attend son humanisation. Si on ne l'humanise pas d'une manière ou de l'autre il se hâte de demeurer au chaud dans la barbarie primitive. Ainsi, ce ne sont pas de mauvais enfants qui vont chercher la barre de fer pour assassiner le voisin de cité - ce sont des enfants qu'on a renoncé à humaniser. Ou pire encore, qu'on se refuse d'humaniser, par utopisme, par démagogie, par lâcheté d'adulte.

    Dans les sociétés mondiales l'ordre social, celui qui permet d'éviter ce genre d'insupportable meurtre, peut être atteint de deux manières possibles. Ou bien l'enfant est éduqué à la liberté, c'est-à-dire en permanent apprentissage de la responsabilité personnelle, ce qui est en principe le cas dans les sociétés démocratiques qui sont des fabriques de citoyens. Ou bien l'enfant est élevé dans la soumission, et un État autocratique vient réprimer tout écart, en général avec tant de sévérité que finalement l'ordre règne. Dans le premier cas l'enfant n'ira pas chercher la barre de fer parce qu'on lui a appris patiemment à remplacer la violence par les mots, et parce qu'il est contrôlé et accompagné par ses parents. Dans le second cas, il n'ira pas chercher la barre de fer parce qu'il sait que la police sera là avant lui, et que sa vie est ruinée s'il se livre à ce genre d'agression.

    Le problème est que chacun de ces modèles sous-entend des conditions spécifiques. Notre modèle, celui occidental qui préfère l'apprentissage de la liberté et de la responsabilité, et la fabrique de citoyens, requiert une éducation soignée, qui ne s'arrête pas à l'affection et au dressage. Éduquer à la responsabilité exige généralement deux parents, c'est-à-dire deux pôles d'autorité capables de maintenir l'équilibre entre l'affection essentielle et la prise de risque que nécessite tout apprentissage de la liberté. Pour cela, les psychiatres le savent bien, il faut généralement un père. L'affirmation s'entend évidemment de façon générale sans préjuger des exceptions nombreuses. On constatera que dans toutes les sociétés dont les pères sont absents ou lointains (sociétés polygames, sociétés matriarcales), le gouvernement est autocratique. Il n'y a pas de hasard si les sociétés occidentales démocratiques sont en même temps, traditionnellement, des sociétés patriarcales (mais certaines sociétés patriarcales peuvent être en même temps autocratiques, comme la Chine).

    Aussi y a-t-il une grande incohérence à vouloir écarter les pères et récuser l'autorité des parents (interdire la fessée !), ou à vouloir comme c'est le cas des lois en cours, programmer délibérément des enfants sans père. On aura remarqué l'enthousiasme frénétique avec lequel nos médias tentent de nous convaincre des bienfaits du matriarcat. Lors de son 50ème anniversaire, en 1995, les Nations unies ont déclaré que les Moso (une minorité ethnique de Chine, NDLR), une société matriarcale sans père ni mari, étaient un "peuple modèle", une "société parfaite" (je cite) !

    On croit rêver. La société sans père est autocratique, parce qu'il faut bien à un moment donné stopper les méfaits du jeune barbare. Et la mère seule a beaucoup de mal à éduquer à la liberté en même temps qu'elle apporte l'indispensable affection, car l'un et l'autre s'entrechoquent et se contredisent.

    Des études sociologiques américaines et norvégiennes (un abstract de nombre de ces études figure dans Le Coût social de la famille déstructurée, de Paul C. Vitz, in Revue éthique, 1996, no 21) ont été faites depuis vingt ans sur le devenir des enfants élevés par la mère seule. Sur des chiffres importants qui garantissent le sérieux des enquêtes, les résultats sont impressionnants. Les jeunes garçons délinquants sont le plus souvent ceux qui ont été privés de père. En France, on renâcle à publier ces enquêtes, et, placés devant ces chiffres, les sociologues ont tendance à récuser la corrélation, qui pourrait "discriminer" les familles monoparentales… Elle existe pourtant, sur le long terme et dans des pays fort divers (États-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Norvège… des dizaines d'études sont référencées dans l'article cité ci-dessus).

    Si on ne veut pas de pères dans les maisons, on aura un jour prochain la police dans les lycées et une sévérité pénale singapourienne. Aujourd'hui, le garçon de 13 ans est assassiné parce que nous sommes dans une situation politico-sociale de transition : nous avons une société démocratique (et non un État policier) et en même temps l'autorité parentale et paternelle est dénigrée ou récusée. Nous ne pourrons pas demeurer longtemps dans cette situation. Il nous faudra accepter de légitimer une autorité d'un côté ou de l'autre - aucune société ne peut vivre dans une situation anomique, où les enfants s'entretuent.

    * De l'Institut. Dernier ouvrage paru : "Un personnage d'aventure: petite philosophie de l'enfance" (Cerf, 2017).

  • Ce qu'il y a d'inquiétant dans le document final du Synode sur les Jeunes

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    De Jeanne Smits sur son blog :

    Le document final du synode sur les jeunes : larges extraits traduits et analyse critique

    On attendait avec anxiété de savoir si le synode des jeunes allait promouvoir l’homosexualité et l’idéologie LGBT, acronyme de combat mise en avant dans l’Instrumentum laboris qui a servi de canevas au travaux des pères synodaux. Le document final, qui a été publié samedi soir 27 octobre à 21 heures, s'est révélé sur ce plan plus subtil qu'on ne le prévoyait. Mais dans l’ensemble, c'est le document lui-même qui est un instrument au service de la révolution dans l'Eglise – révolution démocratique, liturgique, doctrinale. Son langage, très largement calqué sur les expressions familières au pape François, ouvre multitude de portes. Il donne aux éléments les plus progressistes des armes et des outils de pression affûtés d'avance par l'intégration automatique des travaux du synode dans le « magistère ordinaire » : c'est le tour de passe-passe inventé à son orée, à travers la publication d'une nouvelle constitution synodale, Episcopalis communio.

    Cette arme, c'est la « synodalité », leit-motiv lancinant du texte alors que la notion n'a guère été présente pendant les débats qui ont résonné depuis début octobre. Elle occupe à elle seul un tiers du document final. Elle est l'outil de la révolution en ce qu’elle institue un pouvoir décisionnaire de la base, une participation au pouvoir vertical clairement affirmé pour les jeunes, les femmes, les laïcs…

    A l'ouverture du synode, le pape François avait évoqué les « rêves » des jeunes qu'il allait falloir écouter, accueillir, valoriser. Les jeunes, en exprimant leurs désirs, serviraient de fil rouge  et de référence aux réflexions des évêques et cardinaux. Absurde en soi, l’idée était d’emblée aggravée par le recours à des jeunes qui, dans leur majorité, souffrent du même déficit de formation catholique que l'ensemble de leur génération et de quelques générations de jeunes qui les précèdent, depuis l'écroulement de la catéchèse doublée d'un décervelage délibérément favorisé par tant de méthodes pédagogiques néfastes employées dans un grand nombre d'écoles du monde, et notamment du monde développé. L’« écoute des jeunes » est au cœur du document : mais un jeune, comme un vieux, peut dire n’importe quoi…

    D'ailleurs, le document final reconnaît ce fait, comme nous allons le voir.

    Complaisant envers la modernité, truffé de références à la lutte environnementale au détriment du sens des fins dernières, le document final mérite certainement une analyse serrée que je veux entamer avec vous aujourd’hui. Pour cela, j'ai traduit rapidement nombre des passages les plus contestables, confus, ou tout simplement vides, sachant seul le texte italien officiel existe pour l’heure, complété d’une synthèse qui a été distribuée à la presse et à laquelle je ne ferai pas référence.

    Il faut savoir que les Pères synodaux eux-mêmes se sont heurtés au problème de la langue. Samedi matin, alors qu'ils devaient découvrir l'ensemble du document final à l'aide d'une traduction simultanée orale, en disposant de quelque temps de réflexion pour déterminer leur vote paragraphe par paragraphe, le temps s'est révélé court, rapporte Diane Montagna de LifeSiteNews. De ce fait, la troisième  et dernière partie a été rapidement abordée dans l'après-midi, avec vote immédiat après la traduction simultanée qui était aussi le moment de la découverte du texte. Ainsi s'élabore en octobre 2018 le « magistère ordinaire ».

    Tous les paragraphes ont été adoptés à une majorité des deux tiers au moins, Certains avec plus de voix que d'autres. Sandro Magister détaille les paragraphes le moins bien adoptés.

    Mais de toute façon, mieux qu'une majorité, ce document final serait le résultat de l'action de l’Esprit Saint dans « l'espace protégé » ou Il pouvait agir, notamment parce que rien ne pouvait en sortir qui ne soit contrôlé. L'Esprit soufflant à travers la jeunesse édictant leur conduite aux membres de la hiérarchie de l’Eglise, et qu'il faut donc écouter : c'est à peu près cela, si l’on veut bien comprendre ce qu’a dit le pape François à la fin des votes.

    Bien sûr, il y a  dans le document final des expressions heureuses, des rappels nécessaires de la beauté de la vocation chrétienne… mais ils n'en forment pas l’essentiel. De toute façon, les médias consensuels en parleront amplement. N'est-ce pas La Croix qui annonce en titre un document final « consensuel » ? en vérité, il n'est pas, ou ne le serait pas si on en analysait le détail.

    Je vous propose de découvrir, avec un peu de patience, ce que j'y ai décelé d’inquiétant. A noter avant de commencer : le plus gros des références dans ce document de 60 pages se trouve dans les documents de Vatican II dont on perçoit qu'il cherche à en imposer une sorte d’aboutissement.

    A beaucoup d’égards, on regrette que le document final ne puise pas dans la riche expérience des saints qui ont travaillé auprès des jeunes – car ni les saints ni les jeunes n'ont changé de nature – ni dans celle des environnements catholiques où la foi est effectivement transmise et où les vocations sacerdotales et religieuses éclosent. Il est vrai que les jeunes d'esprit traditionnel se plaignent de n’avoir pas été sollicités ni écoutés lorsqu'il s'agissait de choisir des représentants pour les travaux préparatoires du synode sur les jeunes.

    Lire la suite sur le blog de Jeanne Smits

  • La synthèse du Document final du Synode des Jeunes

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    De Vatican News :

    Synode des Jeunes: la synthèse du Document final

    Trois parties, 12 chapitres, 167 paragraphes, 60 pages : c’est ainsi que se présente le Document final de la XVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, sur le thème “Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel”. Le texte a été voté dans l’après-midi du 27 octobre, en Salle du Synode, et le Document a été remis au Pape, qui en a aussitôt autorisé la publication.

    Paolo Ondarza et Isabella Piro – Cité du Vatican

    L’épisode des disciples d’Emmaus, raconté dans l’Évangile de Luc, est le fil conducteur du Document final du Synode des jeunes. Il a été lu devant les pères synodaux, par le rapporteur général, le cardinal Sergio Da Rocha, en alternance avec les secrétaires spéciaux, le père Giacomo Costa et don Rossano Sala, et Mgr Bruno Forte, membre de la Commission pour la Rédaction du texte. Ce Document est complémentaire de l’Instrumentum Laboris du Synode, dont il reprend la division en trois parties. Accueilli par un applaudissement, le texte, a expliqué le cardinal Da Rocha, «est le résultat d’un vrai travail d’équipe» des pères synodaux avec les autres participants au Synode et «d’une façon particulière avec les jeunes». Le Document rassemble les 364 amendements présentés. «La plupart ont été précis et constructifs», a salué le rapporteur général.

    «Il cheminait avec eux»

    En premier lieu, le Document final du Synode regarde le contexte dans lequel vivent les jeunes, en mettant en évidence les points de force et les défis. Tout part d’une écoute empathique qui, avec humilité, patience et disponibilité, doit permettre de vraiment dialoguer avec la jeunesse, en évitant des «réponses préconçues et des recettes toutes prêtes». Les jeunes, en effet, veulent être «écoutés, reconnus, accompagnés» et désirent que leur voix soit considérée comme «intéressante et utile dans le domaine social et ecclésial». L’Église n’a pas toujours eu cette attitude, reconnaît le Synode : souvent, les prêtres et les évêques, pris par de nombreux engagements, ont du mal à trouver du temps pour le service de l’écoute. Il faut donc former d’un façon adéquate aussi des laïcs, hommes et femmes, qui soient en mesure d’accompagner les jeunes générations. Face à des phénomènes comme la mondialisation et la sécularisation, en outre, les jeunes évoluent vers une redécouverte de Dieu et de la spiritualité, et ceci doit être une stimulation, pour l’Église, à investir le dynamisme de la foi.

    L’école et la paroisse

    Une autre réponse de l’Église aux questions des jeunes vient du secteur éducatif : les écoles, les universités, les collèges, les aumôneries permettent une formation intégrale des jeunes, en offrant en même temps un témoignage évangélique de promotion humaine. Dans un monde dans lequel tout est lié - famille, travail, défense de l’embryon et du migrant -, les évêques rappellent le rôle irremplaçable des écoles et des universités où les jeunes passent beaucoup de temps. Les institutions éducatives catholiques, en particulier, sont appelées à affronter le rapport entre la foi et les questions du monde contemporain, les différentes perspectives anthropologiques, les défis scientifiques et techniques, les changements des habitudes sociales et l’engagement pour la justice. La paroisse a aussi son rôle : «Église dans le territoire», elle doit repenser sa vocation missionnaire, qui souvent semble peu significative et peu dynamique, surtout dans le domaine de la catéchèse.

    Les migrants, paradigme de notre temps

    Le Document synodal s’arrête ensuite sur le thème des migrants, «paradigme de notre temps»en tant que phénomène structurel, et non pas comme une urgence transitoire. De nombreux migrants sont des jeunes ou des mineurs non accompagnés, qui fuient des guerres, des violences, des persécutions politiques ou religieuses, des catastrophes naturelles, ou la pauvreté, et finissent par devenir victimes de la traite, de la drogue, d’abus psychologiques et physiques. La préoccupation de l’Église se situe surtout pour eux dans l’optique d’une authentique promotion humaine qui passe à travers l’accueil de réfugiés, et soit un point de référence pour de nombreux jeunes séparés de leurs familles d’origine.

    Les migrants sont aussi une opportunité d’enrichissement pour les communautés et les sociétés dans lesquelles ils arrivent et qui peuvent être revitalisées par eux, est-il rappelé dans le Document, où résonnent les verbes synodaux «accueillir, protéger, promouvoir, intégrer», indiqués par le Pape François pour une culture qui puisse surmonter les défiances et les peurs. Les évêques demandent aussi plus d’engagement pour garantir à celui qui ne voudrait pas migrer le droit effectif à rester dans son propre pays. L’attention du Synode s’est aussi portée sur ces Églises qui sont menacées, dans leur existence, par l’émigration forcée et par les persécutions subies par les fidèles.

    Abus : faire la vérité et demander pardon

    Le Document développe une large réflexion sur les «différents types d’abus» (de pouvoir, économiques, de conscience, sexuels) commis par certains évêques, prêtres, religieux et laïcs. Pour les victimes, cela provoque des souffrances qui «peuvent durer toute la vie et pour lesquelles aucun repentir n’apporte de remède». Le Synode appelle dont à «un ferme engagement pour l’adoption de mesures rigoureuses de prévention qui puissent empêcher la répétition de ces actes, à partir de la sélection et de la formation de ceux à qui seront confiés des devoirs de responsabilité et d’éducation». Il faudra donc éradiquer ces formes comme la corruption ou le cléricalisme, sur lesquelles se greffent de tels types d’abus, et contrer le manque de responsabilité et de transparence avec lesquels de nombreux cas ont été gérés. Dans le même temps, le Synode remercie tous ceux qui «ont le courage de dénoncer le mal subi», parce qu’ils aident l’Église «à prendre conscience de ce qui est arrivé et de la nécessité de réagir avec décision»«La miséricorde, en effet, exige la justice». Toutefois, le Document n’oublie pas les si nombreux laïcs, prêtres, consacrés et évêques qui se dédient chaque jours avec honnêteté au service du prochain, et qui peuvent offrir «une aide précieuse» pour une «réforme d’une portée historique» dans ce domaine.

    La famille «Église domestique»

    Des thèmes ultérieurs présents dans le document concernent la famille, le principal point de référence pour les jeunes, la première communauté de foi, une «Église domestique». Le Synode rappelle en particulier le rôle des grands-parents dans l’éducation religieuse et dans la transmission de la foi, et met en garde contre l’affaiblissement de la figure paternelle et de ces adultes qui adopte un style de vie marqué par une forme de “jeunisme”. Outre la famille, l’amitié compte beaucoup pour les jeunes, parce qu’elle permet le partage de la foi, et l’aide réciproque dans le témoignage.

    Promotion de la justice contre «la culture du déchet»

    Le Synode s’est arrêté ensuite sur certaines formes de vulnérabilité vécues par les jeunes dans différents secteurs : dans le travail, où le chômage appauvrit les jeunes générations, en minant leur capacité de rêver ; les persécutions jusqu’à la mort ; l’exclusion sociale pour des raisons religieuses, ethniques ou économiques ; le handicap. Face à cette «culture du déchet», l’Église doit lancer un appel à la conversion et à la solidarité, en devenant une alternative concrète face aux situations de malaise. Mais les domaines dans lesquels l’engagement des jeunes réussit à s’exprimer avec originalité ne manquent pas : par exemple, le volontariat, l’attention aux thèmes écologiques, l’engagement en politique pour la construction du bien commun, la promotion de la justice, pour laquelle les jeunes demandent à l’Église «un engagement décidé et cohérent».

    La culture, la musique et le sport sont des «ressources pastorales»

    Le monde du sport et de la musique offre aussi aux jeunes la possibilité de s’exprimer le mieux possible. Dans le premier cas, l’Église invite à ne pas sous-évaluer les potentialités éducatives, de formation et d’inclusion, dans l’activité sportive. La musique peut être une «ressource pastorale» qui interpelle aussi en vue d’un renouvellement liturgique, parce que les jeunes ont le désir d’une «liturgie vivante», authentique et joyeuse, un moment de rencontre avec Dieu et avec la communauté.

    Les jeunes apprécient «les célébrations authentiques dans lesquelles la beauté des signes, le soin de la prédication et l’implication communautaire parlent réellement de Dieu». Ils doivent donc être aidés à découvrir la valeur de l’adoration eucharistique et à comprendre que «la liturgie n’est pas une expression de soi-même, mais une action du Christ et de l’Église». Les jeunes générations, en outre, veulent être protagonistes de la vie ecclésiale, en faisant fructifier leurs propres talents, et en assumant des responsabilités. En tant que sujets actifs de l’action pastorale, ils sont le présent de l’Église, et ils doivent être encouragés à participer à la vie ecclésiale, et non pas bloqués avec autoritarisme. Dans une Église capable de dialoguer d’une façon moins paternaliste et plus directe, en effet, les jeunes peuvent être très actifs dans l’évangélisation de leurs camarades, en exerçant un véritable apostolat qui doit être soutenu et intégré dans la vie des communautés.

    Dieu parle à l’Église et au monde à travers les jeunes, qui sont l’un des «lieux théologiques»dans lesquels le Seigneur se fait présent. Porteuse d’une saine inquiétude qui la rend dynamique, peut-on lire dans la 2e partie du Document, la jeunesse peut être «plus avancée que les pasteurs» et doit donc être écoutée, respectée, accompagnée. Grâce à elle, l’Église peut se renouveler, en abandonnant «pesanteurs et lenteurs». Le Synode rappelle donc le modèle de «Jésus jeune parmi les jeunes» et invite au témoignage des saints, parmi lesquels de nombreux jeunes, prophètes du changement.

    Mission et vocation

    Une autre «boussole sûre» pour la jeunesse est la mission, un don de soi qui mène à un bonheur authentique et durable : Jésus, en effet, ne retire pas la liberté, mais la libère, parce que la vraie liberté est possible seulement en relation à la vérité et à la charité. Le concept de vocation est aussi lié à celui de mission : chaque vie est vocation en rapport à Dieu, elle n’est pas le fruit du hasard ni une bien privé à gérer en propre, et chaque vocation baptismale est un appel à la sainteté. Chacun doit donc vivre sa propre vocation spécifique dans chaque domaine : la profession, la famille, la vie consacrée, le ministère ordonné et le diaconat permanent, qui représente une «ressource» à développer encore pleinement.

    L’accompagnement

    Accompagner est une mission pour l’Église à développer au niveau personnel et en groupe : dans un monde «caractérisé par un pluralisme toujours plus évident et par une disponibilité d’options toujours plus grande», rechercher avec les jeunes un parcours destiné à accomplir des choix définitifs est un service nécessaire. Les destinataires sont tous les jeunes : séminaristes, prêtres ou religieux en formation, fiancés et jeunes époux. La communauté ecclésiale est un lieu de relations, où dans la célébration eucharistique on est touché, instruit et guéri par Jésus lui-même. Le Document final met aussi en évidence l’importance du sacrement de la Réconciliation et d’une bonne connaissance de la Doctrine sociale de l’Église, afin d’avoir des repères dans la prise de responsabilité civile, économique, politique dans un contexte de plus en plus multiculturel.

    Non au moralisme et à une fausse indulgence, oui à la correction fraternelle

    Le Synode promeut un accompagnement intégral centré sur la prière et le travail intérieur, en intégrant à la fois le recours à la transcendance et l’apport de la psychologie et de la psychothérapie. «Le célibat pour le Royaume» doit être compris comme «un don à reconnaître et à vérifier dans la liberté, la joie, la gratuité et l’humilité», avant de poser tout choix définitif.

    Les accompagnateurs doivent être conscients de leurs propres fragilité, et, «sans moralisme et sans fausses indulgences», savoir corriger fraternellement et s’abstenir de toute attitude de manipulation. «Ce profond respect sera la meilleure garantie contre le risque d’abus en tout genre», est-il écrit dans ce texte. Le discernement est un lieu de «lutte spirituelle» qui doit aussi prendre en compte la vie fraternelle et le service des pauvres comme des bancs d’épreuve.

    La synodalité, un style missionnaire

    Dans chaque Église particulière doit se poursuivre ce processus de discernement, cette assemblée synodale n’ayant été qu’une étape. Il faut valoriser les charismes que l’Esprit donne à tous, en évitant à la fois le cléricalisme qui exclut beaucoup de gens des processus décisionnels et la cléricalisation des laïcs qui freine l’élan missionnaire. L’autorité doit être vécue dans une logique de service, en ayant bien conscience du fait que l’expérience concrète de vie est le meilleur témoignage à donner aux jeunes. Sur un plan ecclésial, il faut repenser la pastorale des jeunes et mieux définir les structures de discernement vocationnel, au niveau des conférences épiscopales. Le Document mentionne aussi l’importance des JMJ.

    Le défi numérique

    Le Document rappelle l’importance du monde numérique dans la vie quotidienne des jeunes. Malgré tous les aspects négatifs et les vrais dangers d’internet (solitude, manipulation, exploitation, violence, chantage, pornographie…), ces outils sont appelés à être des outils d’évangélisation. Le Document mentionne aussi l’idée d’un système de certification des sites catholiques, afin de contrer la diffusion de «fake news» concernant l’Église. La protection des mineurs doit aussi être une priorité sur internet.

    Reconnaître et valoriser les femmes dans la société et dans l’Église

    Le Document met aussi en évidence le besoin d’une meilleure reconnaissance et d’une valorisation des femmes dans la société et dans l’Église, parce que leur absence appauvrit le débat et le chemin ecclésial : il faut d’urgence un changement d’attitude de la part de tout le monde, à partir d’une réflexion sur la réciprocité entre les sexes. «Une présence féminine dans les organes ecclésiaux à tous les niveaux, aussi dans des fonctions de responsabilité» et «une participation féminine aux processus décisionnels ecclésiaux, dans le respect du rôle du ministre ordonné» sont souhaités dans ce texte, qui rappelle qu’il s’agit ici d’un «devoir de justice qui trouve son inspiration en Jésus et dans la Bible».

    Corps, sexualité et affectivité

    Le Document s’arrête sur le thème de la sexualité, en évoquant les interrogations éthiques soulevées par certaines évolutions des techniques médicales et en évoquant les dangers de phénomènes comme le tourisme sexuel et la pornographie en ligne, mais surtout en rappelant que les familles et les communautés chrétiennes doivent faire découvrir aux jeunes que la sexualité est un don. L’Église est souvent perçue comme «un espace de jugement et de condamnation», alors que les jeunes recherchent «une parole claire, humaine et empathique», et «expriment un désir explicite de débat sur les questions relatives à la différence entre l’identité masculine et féminine, à la réciprocité entre les hommes et les femmes, ou à l’homosexualité».

    «Il faut proposer aux jeunes une anthropologie de l’affectivité et de la sexualité capable de donner la juste valeur de la chasteté» pour la croissance de la personne, «dans tous les états de vie»«Dieu aime chaque personne et l’Église fait de même en renouvelant son engagement contre toute discrimination et violence sur une base sexuelle». De même, le Synode «réaffirme la portée anthropologique déterminante de la différence et de la réciprocité homme-femme, et considère réducteur de définir les personnes uniquement à partir de leur orientation sexuelle».

    Dans le même temps, il est recommandé de «favoriser les parcours d’accompagnement dans la foi, déjà existant dans de nombreuses communautés chrétiennes» à l’égard des personnes homosexuelles, afin de discerner les formes les plus adaptées pour leur participation à la vie de la communauté. Chaque jeune, sans aucune exclusion, doit être aidé à intégrer toujours plus la dimension sexuelle dans sa propre personnalité, «en grandissant dans la qualité des relations et en cheminant vers le don de lui-même».

    L’accompagnement vocationnel

    Le Document évoque le besoin d’un accompagnement plus structuré avant et après le mariage, et encourage la constitution d’équipes éducatives, qui puissent inclure des figures féminines et des couples chrétiens, pour la formation de séminaristes et de consacrées aussi afin de surmonter les tendances au cléricalisme.

    Un attention spéciale est demandée dans l’accueil des candidats au sacerdoce, qui advient parfois «sans une connaissance adéquate et une relecture approfondie de leur histoire»«L’instabilité relationnelle et affective, et le manque d’enracinement ecclésial sont des signes dangereux. Négliger les normes ecclésiales dans ce domaine constitue un comportement irresponsable, qui peut avoir des conséquences très graves pour la communauté chrétienne.»

    Appelés à la sainteté

    «Les diversités vocationnelles se rassemblent dans l’appel unique et universel à la sainteté. Malheureusement le monde est indigné par les abus de certaines personnes de l’Église plutôt que ravivé par la sainteté de ses membres», est-il écrit dans la conclusion du Document final. L’Église est donc appelée à «un changement de perspective». À travers la sainteté de nombreux jeunes disposés à renoncer à la vie au milieu des persécutions en se maintenant fidèles à l’Évangile, elle peut renouveler son ardeur spirituelle et sa vigueur apostolique.

    La table des matières du document final

  • Synode « des jeunes » : conjoncture oblige, le lobby homosexualiste a été freiné par le pape

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    Synode Pape.jpgNotre confrère  «diakonos.be» titre: «Synode des jeunes: la révolution arc-en-ciel n’aura pas lieu».

    Conjoncture oblige, "sous la pression du Pape, même les cardinaux les plus progressistes font marche arrière toute sur le thème de l'homosexualité, du LGBT et en reviennent au catéchisme ou bottent en touche".

    Sur son site « settimo cielo », Sandro Magister explique pourquoi le mouvement LGBT est demeuré sur la touche par la volonté du chef de l'Eglise. Traduction par les soins de "diakonos.be":

    « Les deux synodes sur la famille de 2014 et 2015 figurent parmi les plus téléguidés de l’histoire, au point qu’au début de la seconde session, treize cardinaux de premier plan ont été jusqu’à écrire une lettre au Pape François dénonçant les manœuvres visant à produire « des résultats décidés à l’avance sur des questions importantes et controversées ».

    En effet, les conclusions de ce double synode avaient été décidées avant même qu’il ne commence. Le couronnement de ce processus, ce fut l’exhortation synodale « Amoris laetitia » dans laquelle François donnait le feu vert à la communion des divorcés-remariés malgré l’opposition d’un bon tiers des pères synodaux.

    Par contre, le synode sur les jeunes qui s’achèvera dimanche 28 octobre prochain semble quant à lui avoir été l’un des plus calmes.

    Calme au point que même le thème le plus explosif de tous ceux qui étaient discutés – celui qui concerne l’homosexualité – a été pratiquement désamorcé.

    Les discussions en séance sont couvertes par le secret. Mais si on s’en tient à ce qui a été rendu public par les sources d’information officielles, il n’y a pas eu une seule intervention en faveur d’un changement de la doctrine catholique sur l’homosexualité.

    Et pourtant, l’« Instrumentum laboris », c’est-à-dire le document de travail sur lesquels les pères synodaux ont été appelés à débattre, semblait promettre monts et merveilles en mentionnant intentionnellement au paragraphe 197 l’acronyme LGBT, l’introduisant par là pour la toute première fois dans un texte officiel de l’Église catholique :

    « Des jeunes LGBT, par l’intermédiaire de diverses contributions parvenues à la Secrétairerie Générale du Synode, désirent ‘bénéficier d’une plus grande proximité’ et expérimenter une plus grande attention de la part de l’Église, tandis que certaines CE s’interrogent sur ce qui peut être proposé ‘aux jeunes qui au lieu de former des couples hétérosexuels décident de constituer des couples homosexuels et, surtout, désirent être proches de l’Église.’ »

    Lire la suite

  • Présentation de la première version du document final du Synode sur les jeunes

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    Le texte, divisé en 173 paragraphes, - a noté le cardinal Da Rocha - est «le fruit d'un travail d'équipe ; les pères synodaux, les participants au Synode et en particulier les jeunes en sont les auteurs. Le projet, toujours confidentiel, a été confié aux pères synodaux qui ont maintenant le temps de le lire et peuvent soumettre des propositions d’ajouts et de modifications. Le premier et principal destinataire du Document final - a rappelé le rapporteur général - est le Pape. Avec l'approbation du Pape, il sera mis à la disposition de toute l'Église, de certaines Églises, de jeunes et de tous ceux qui, impliqués dans la pastorale jeunesse et vocationnelle, le souhaitent.» (source)

    "Eclairage" de Gauthier Vaillant sur le site du journal La Croix :

    Dernière ligne droite pour le Synode sur les jeunes

    Les pères synodaux ont accueilli, mardi 23 octobre, la première version du document final du Synode sur les jeunes par « une longue salve d’applaudissements ». C’est ce qu’a assuré à la presse Paolo Ruffini, préfet du dicastère pour la communication. Le texte a été présenté dans l’hémicycle par le cardinal brésilien Sergio Da Rocha, rapporteur général du Synode, et les deux rapporteurs spéciaux. Près de trois semaines après son ouverture, le Synode est ainsi entré dans sa phase finale. L’après-midi suivant la présentation, les participants au Synode avaient quartier libre. Leur emploi du temps a été libéré pour permettre à chacun de prendre connaissance du document, qui s’annonce substantiel. Mercredi 24 octobre, la matinée sera consacrée à une « discussion libre » en assemblée plénière, lors de laquelle chacun pourra faire part de ses commentaires sur le texte, avant l’étape du dépôt des amendements. La plus grande partie du travail incombera ensuite à l’équipe de rédacteurs, qui devra achever la version finale du document qui sera présentée dans l’aula synodale samedi 27 octobre matin, puis à la presse le soir même.

    Mardi 23 octobre, en début d’après-midi, les journalistes présents au point presse quotidien ont bien sûr cherché à savoir les grands thèmes abordés dans le texte. Les membres du Synode présents, sans entrer dans les détails, ont toutefois donné quelques indices.

    Place des femmes, migrations… quelques indices sur les thèmes du document final

    Interrogé sur la place des femmes dans le Synode, par exemple, le cardinal philippin Luis Antonio Tagle a assuré que « le synode a été particulièrement attentif à écouter les voix féminines ». Et a même relaté une proposition concrète faite lors des débats : « que les femmes présentes dans les Écritures soient davantage présentées comme des figures interprétatives »« De mon point de vue, a poursuivi le cardinal Tagle, le témoignage des femmes, qu’il s’agisse de laïques ou de religieuses, de jeunes ou d’expertes, a apporté un élargissement d’horizon qui était nécessaire. »

    La question des jeunes chrétiens persécutés devrait également figurer dans le document final. « Nous avons entendu le cri de certains patriarches orientaux », a assuré Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, évêque de Dolisie au Congo-Brazzaville, citant l’exemple du cardinal irakien Louis Raphaël Sako, patriarche des Chaldéens. « Le Synode a porté un regard de solidarité, et pourrait initier une sorte de plaidoyer pour l’attention et pour prêter main-forte à ceux qui sont persécutés et qui sont membres de l’Église », a-t-il estimé.

    L’homosexualité et la place des enseignements moraux de l’Église

    L’évêque africain s’est par ailleurs félicité que la question des migrations ait été une préoccupation partagée par l’ensemble des participants au Synode. À ce sujet, il a d’ailleurs indiqué avoir insisté dans l’hémicycle sur les causes environnementales des migrations, notamment dans son pays, au sujet duquel il a souligné le problème de la déforestation, et mis en cause, « l’industrie extractive » et la responsabilité de « certaines multinationales » dont l’activité détruit les terres cultivables et poussent les jeunes paysans à quitter leurs terres.

    Enfin, les participants du jour ont dû faire face à des questions pressantes sur l’homosexualité et la place des enseignements moraux de l’Église dans le document final. « Le sujet a été abordé plusieurs fois », a répondu le cardinal Tagle, assurant que « la posture d’une Église accueillante, qui regarde avant tout l’humanité de chacun, a été toujours présente, et pas seulement comme un thème de discussion, mais comme une atmosphère »« J’ai le pressentiment que le sujet sera présent dans le document, mais je ne sais pas précisément en quels termes », a ajouté l’archevêque de Manille, qui a confié n’avoir pas encore eu le temps de lire tout le document.

    Plus généralement, le cardinal Tagle, qui participe à son septième synode, a d’ores et déjà renvoyé à la suite : « C’est ce qui se passera après la clôture du Synode, dans les Églises locales, dans les paroisses, les écoles, les familles, qui sera le ’vrai’ Synode. »

  • Vocations : la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X bat des records

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    Du site "Riposte catholique" :

    Record d’entrées dans les Séminaires de la Fraternité Saint-Pie X

    Sur l’année 2018, la Fraternité Saint-Pie X a reçu 65 nouveaux séminaristes dans ses séminaires, son nombre d’entrées le plus important depuis sa fondation. La tradition est bien vivante ! Réjouissons nous… mais prions pour que les ouvriers soient nombreux à répondre à l’appel.

    Source la Porte Latine

    Depuis le début de l’année, en comptant les jeunes gens entrés dans les deux séminaires de l’hémisphère sud d’Argentine et d’Australie, ce sont au total 65 candidats au sacerdoce qui ont frappé à la porte de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X : un quasi record, puisqu’il faut remonter à plus de trente ans pour retrouver un tel chiffre.

    Ils étaient 53 en 2017, 57 en 2016, 53 en 2015, 51 en 2014, 43 en 2013, 50 en 2012, 57 en 2011, 48 en 2010, 40 en 2009, 47 en 2008.

  • Synode des Jeunes : on sent d'où vient le vent...

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    De Nicolas Senèze sur le site du journal La Croix (NB : c'est nous qui soulignons) :

    Un Synode en quête de propositions

    Le Synode sur les jeunes aborde lundi 22 octobre sa dernière semaine. Malgré des débats parfois intéressants, les participants ont du mal à aboutir à des propositions concrètes.

    Voilà deux semaines et demie que les participants du Synode sur les jeunes sont au travail. Ces derniers jours, ils ont plus particulièrement axé leur réflexion sur la troisième partie du document de travail consacré aux propositions pastorales en direction des jeunes. Mais à la lecture des rapports des quatorze groupes linguistiques, publiés samedi 20 octobre, il semble que le Synode a du mal à entrer dans le concret.

    Certes, les évêques développent une intéressante réflexion en faveur d’une présence plus incisive de l’Église dans le monde numérique. Ils comptent particulièrement sur l’action des jeunes catholiques qui maîtrisent presque naturellement les nouvelles technologies. Plus largement, d’ailleurs, l’idée que les jeunes sont les premiers évangélisateurs des autres jeunes s’est imposée, certains parlant clairement d’un « ministère » des jeunes pour les jeunes.

    Néanmoins, la plupart des rapports des groupes linguistiques peinent à sortir des généralités : « il faut », « les jeunes ont besoin », « les communautés devront »… Beaucoup de bonnes résolutions mais, au final, peu de propositions concrètes.

    Même sur un sujet comme la formation dans les séminaires, les évêques ont du mal à émettre des intuitions propres. Ainsi, la volonté d’une formation pas seulement universitaire mais aussi plus humaine et spirituelle, ou l’implication de laïcs et de femmes dans cette formation : des idées fortes… mais déjà recommandées par le nouveau programme des séminaires publié il y a deux ans par le Vatican et que les épiscopats locaux sont censés mettre actuellement en œuvre à leur niveau !

    « En fait, 80 % des sujets évoqués n’ont pas de rapport avec les jeunes mais concernent toute l’Église », soupire Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, qui reconnaît que certains de ces thèmes ont été portés par les jeunes eux-mêmes. Ainsi sur la place des femmes dans l’Église et l’idée qu’il faut mettre fin à un certain machisme ecclésial, particulièremùent mise en avant par une génération qui baigne désormais dans la mixité. Ou encore sur l’accueil des personnes homosexuelles dans l’Église. « Dans l’Église, tous doivent se sentir chez eux, sans aucune exclusion. C’est ce que nous demandent avec force les jeunes », explique ainsi le cardinal John Ribat, archevêque de Port Moresby (Papouasie-Nouvelle-Guinée), président délégué du Synode.

    « Je pense que le document final du Synode doit parler à tous les jeunes. Même les jeunes homosexuels doivent se sentir inclus dans ce qui sera proposé », renchérit le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago (États-Unis).

    Mais, au-delà des déclarations, les rapports des groupes de travail affichent une grande prudence. Comme si, après les âpres débats du Synode sur la famille, les évêques craignaient d’afficher des divergences perçues comme des divisions, voire de mettre le pape en difficulté.

    « Les propositions concrètes ne sont pas dans les rapports des groupes de travail,tempère Paolo Ruffini, préfet du dicastère pour la communication et porte-parole du Synode. Elles devraient apparaître dans le débat qui suivra la présentation, mardi, du document final à l’Assemblée. Les pères synodaux pourront alors faire des propositions concrètes. »

    « Les différences culturelles sont si fortes qu’il est difficile de parler concrètement, constate Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de Genève. Les jeunes sont très différents : on ne peut pas appliquer un même modèle partout. » Ce qui interroge sur le modèle même du Synode. En coulisses, certains plaident même pour des synodes continentaux, à l’image de ce qui se fera l’an prochain pour l’Amazonie.

    De fait, sur de nombreux points, le Synode devrait renvoyer les sujets concrets aux conférences épiscopales. Avec le risque de provoquer de fortes déceptions, tant le Synode avait créé des attentes chez les jeunes qui s’y étaient impliqués.

    Craignant peut-être l’écueil d’un document final indigeste, « en général lu par un petit nombre et critiqué par beaucoup », comme le pape l’avait lui-même prévu dans son discours d’ouverture, le Synode a d’ailleurs décidé d’écrire en plus une lettre aux jeunes. Ce devrait être un texte court et entraînant, peut-être aussi décliné sous forme numérique. Une façon de dire aux jeunes que, malgré tout, leur parole a été entendue.

  • Le cardinal De Kesel a ordonné l’unique nouveau prêtre flamand pour l’année 2018

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    Lu sur l'édition de ce jour de La Libre Belgique, p. 2:

    La personnalité : Elia William Cantaert 

    Ce n’est pas un scoop : la crise des vocations bat toujours son plein au sein de l’Église catholique belge. Et cette dernière ordonne surtout, bon an, mal an, un nombre limité de nouveaux prêtres francophones. C’est qu’au nord du pays, l’institution subit encore la sécularisation. En Wallonie et à Bruxelles, l’Église l’affronte depuis quelques lustres. Mais cela n’empêche pas les ordonnés de faire montre d’un beau dynamisme en paroisse ou au sein des mouvements d’Église. Dans ce contexte morose, le cardinal De Kesel a ordonné dimanche après-midi à la cathédrale Saint-Rombaut à Malines, l’unique nouveau prêtre flamand pour l’année 2018. Âgé de 28 ans, Elia William Cantaert est le troisième d’une famille de neuf enfants. Après ses humanités il a obtenu un baccalauréat en pédagogie à l’Université de Gand. Sa foi a toujours été active, nourrie aussi par son engagement social. Pendant ses études, il a ainsi participé à plusieurs pèlerinages à Lourdes comme brancardier. C’est du reste dans la cité mariale pyrénéenne qu’Elie a découvert sa vocation sacerdotale. En 2011, Mgr André-Joseph Léonard l’avait envoyé au séminaire Notre-Dame de Namur pour y suivre la formation sacerdotale proposée par l’archidiocèse de Malines-Bruxelles. Et l’an dernier, Elia Cantaert rejoignit à l’initiative du cardinal De Kesel le séminaire Jean XXIII à Louvain pour y parfaire sa formation sacerdotale.