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Hostilité au christianisme et à l'Eglise

  • Sénégal : un député dénonce les profanations répétées contre des lieux de culte et appelle l'Etat à agir

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    De Charles Senghor sur Africa (site d'actualité religieuse du journal La Croix) :

    Au Sénégal, un député appelle l’État à agir contre la profanation des lieux de culte

    Le député sénégalais Toussaint Manga a invité, mardi 27 novembre 2018, l’État du Sénégal à prendre des mesures fermes pour lutter contre les profanations de lieux de culte dont la multiplication inquiète les fidèles.

    De nombreux lieux de culte, notamment des églises, ont été profanés, ces dernières années au Sénégal. Cette situation inquiète de nombreux fidèles catholiques.

    Lors du vote, mardi 27 novembre, du budget du ministère de l’intérieur et de la sécurité publique, le député Toussaint Manga, de confession chrétienne, a interpellé le ministre Ali Ngouille Ndiaye, sur la question des profanations de lieux de culte. « Je m’inquiète de la récurrence des profanations des églises, a-t-il affirmé. Nous demandons à l’État du Sénégal de prendre des mesures fermes contre ceux qui tenteraient de profaner les églises. » Pour le jeune parlementaire, le Sénégal est une référence en termes de dialogue islamo-chrétien. « Il ne faut pas laisser certaines personnes malintentionnées écorner cette image », a-t-il ajouté.

    Des cas fréquents

    Les cas de profanation de lieux de culte catholiques sont fréquents au Sénégal.

    Le dernier cas remonte au 24 octobre à Kaolack (Centre). Ce jour-là, un homme a fait irruption dans la cathédrale Saint-Théophile, saccageant les deux statues qui se trouvaient au cœur du lieu de culte, traitant les catholiques de païens.

    A lire : Au Sénégal, la cathédrale de Kaolack a été saccagée par un individu qui traite les catholiques de païens

    En mai 2017, une église catholique de Mbao, dans le diocèse de Dakar, avait été profanée par des inconnus. En mars 2016, des cimetières musulmans et catholiques ont été profanés à Rufisque et à Pikine, dans le même diocèse. En 2014, sept actes de cambriolage et de profanation, notamment de tabernacles, avaient été enregistrés au sein des différentes églises du diocèse de Ziguinchor, en l’espace d’un mois, entre le 15 mars et le 15 avril sans que les coupables ne soient identifiés. En 2013, l’église Marie-Immaculée des Parcelles assainies, à Dakar, avait connu le même sort. Un jeune qui avait apostasié est entré dans l’église pour casser des statues.

    Après la profanation de la cathédrale de Kaolack, de nombreux catholiques avaient exigé de l’État le renforcement de la sécurité dans les lieux de culte catholiques.

    Charles Senghor (à Dakar)

  • Asia Bibi tremble pour ses filles

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    D'Adélaïde Patrignani sur Vatican News :

    Asia Bibi craint pour la sécurité de ses filles

    Acquittée le 31 octobre dernier par la Cour Suprême pakistanaise, Asia Bibi est toujours en lieu tenu secret, séparée de sa famille. Ses deux filles reçoivent régulièrement des menaces, comme le rapporte l’Aide à l’Église en Détresse.

    «Nous avons peur. Ces derniers jours ont a tiré sur le portail de la maison où nous nous trouvons. Nous recevons constamment des menaces et plus d’une fois j’ai été suivi», témoigne Joseph Nadeem, le responsable de la Fondation Renaissance Education qui prend soin de la famille d'Asia Bibi au Pakistan depuis la condamnation de cette dernière en 2010.

    La menace des islamistes

    Aujourd’hui Joseph Nadeem et sa famille vivent avec Esha et Eisham, les filles d’Asia Bibi. «À peine Asia a-t-elle été acquittée, nous avons dû fuir », explique-t-il. «Elle et son mari se trouvent dans un lieu sûr protégé par le gouvernement, mais nous ne pouvons pas être avec eux», précise-t-il à l’association Aide à l’Église en Détresse (AED). Depuis le 31 octobre, date de l'acquittement d'Asia Bibi, ils ont changé quatre fois d’habitation. «Les islamistes nous poursuivent, et à chaque fois que nous nous rendons compte que nous sommes en danger, nous nous échappons immédiatement. Nous ne pouvons même pas sortir acheter à manger. Je sors seulement de nuit et le visage couvert», confie le tuteur de la famille d’Asia Bibi.

    Asia Bibi est au courant de cette situation dangereuse pour ses proches : «Je l’ai rencontrée dès sa libération, et chaque jour nous parlons avec elle par téléphone. Elle est très inquiète pour ses filles», poursuit Joseph Nadeem.

    L'espoir d'un Noël à Rome 

    Même si le calvaire de la pakistanaise et de sa famille ne semble pas encore terminé, Asia Bibi garde une foi et une force remarquables : «C’est une femme incroyable !», fait remarquer Joseph Nadeem. «Elle a conservé une foi inébranlable et une confiance infinie dans le Seigneur. Ça peut sembler étrange, mais c’est elle qui nous soutient dans ces moments difficiles. Elle nous invite à ne pas se décourager».  

    «Nous tous, y compris Asia, nous sommes reconnaissants envers ceux qui élèvent leur voix pour dénoncer notre situation», déclare par ailleurs M. Nadeem. Il espère «pouvoir quitter bientôt le Pakistan pour vivre dans un lieu sûr» avec tous ses proches. «Et nous espérons que nos deux familles puissent passer ce Noël à Rome, avec vous», conclut-il dans son témoignage à la branche italienne de l'AED. 

    Rome, où Asia Bibi est évoquée aujourd'hui puisqu'un congrès organisé par l'Alliance Catholique s'y tient sur le thème : «Asia Bibi, plus jamais ! Le Pakistan, la loi sur le blasphème et la liberté religieuse». À l'heure actuelle, 400 personnes sont emprisonnées à cause de cette loi sur le blasphème.

  • La détérioration générale de la liberté religieuse dans le monde et le cas particulièrement inquiétant de l'Inde

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    De Sandro Magister en traduction sur diakonos.be :

    Rapport 2018 sur la liberté religieuse dans le monde. La pire surprise vient d’Inde

    Dans le rapport de presque 900 pages sur la liberté religieuse dans le monde qui vient de sortir ces derniers jours, la fondation de droit pontificat Aide à l’Église en Détresse confirme une détérioration générale de la liberté religieuse.

    Par rapport au dernier rapport datant 2016, la situation a véritablement empiré dans pas moins de 17 des 38 États où l’on a constaté des persécutions ou des discriminations. Et on y retrouve certains des pays les plus peuplés du monde comme la Chine, l’Inde, l’Indonésie, Pakistan, Russie, Nigeria…  Avec pour résultat que presque deux tiers de la population mondiale, soit 61%, vit aujourd’hui dans un pays où la liberté de religion est menacée.

    Et de toutes les confessions, c’est la religion chrétienne qui est la plus touchée. Un chrétien sur sept vit aujourd’hui dans un pays classé « persécution ».

    Le rapport d’Aide à l’Église en Détresse donne une description précise de la situation de chaque pays en commençant par dresser un portrait du cadre juridique relatif à la liberté religieuse en vigueur au sein du pays en question et en poursuivant par une énumération des événements contraires à la liberté religieuse qui se sont produits ces deux dernières années.

    Les 21 pays classés « persécution » dans laquelle la liberté religieuse est la plus opprimée sont les suivants, par ordre alphabétique :

    Afghanistan, Arabie Saoudite, Bangladesh, Chine, Corée du Nord, Érythrée, Inde, Indonésie, Iraq, Libye, Myanmar, Niger, Nigéria, Pakistan, Palestine, Syrie, Somalie, Soudan, Turkménistan, Ouzbékistan, Yémen.

    Tandis que ces 17 autres pays sont classés « discrimination », c’est-à-dire qu’on y enregistre des atteintes à la liberté religieuse un cran en-dessous du précédent :

    Algérie, Azerbaïdjan, Bhoutan, Brunei, Égypte, Iran, Kazakhstan, Kirghizistan, Laos, Maldives, Mauritanie, Qatar, Russie, Tadjikistan, Turquie, Ukraine, Vietnam.

    Dans les 38 États de ces deux listes, ceux dans lesquels Aide à l’Église en Détresse a constaté que les attaques contre la liberté religieuse avaient empiré ces deux dernières années sont :

    Brunei, Chine, Inde, Indonésie, Iran, Kazakhstan, Kirghizistan, Libye, Maldives, Mauritanie, Myanmar, Niger, Pakistan, Somalie, Tadjikistan, Turquie, Yémen.

    Le rapport précise qu’il faudrait également ajouter à cette liste les cinq pays suivants dans lesquels le manque de liberté religieuse « est tellement grave qu’il ne peut empirer » :

    Afghanistan, Arabie Saoudite, Corée du Nord, Érythrée, Nigéria.

    Il n’y a que deux pays dans lequel le rapport note une « amélioration » relative par rapport à la situation précédente : l’Iraq et la Syrie. Même si ceux-ci figurent encore dans les pays classés « persécution ».

    En Iraq, en particulier, le retour des chrétiens à Mossoul et dans la pleine de Ninive de dizaines de milliers de chrétiens qui avaient fui les attaques de l’État Islamique est un signe positif. Beaucoup de leurs maisons ont justement été reconstruites par Aide à l’Église en Détresse.  Mais il est également arrivé qu’ils trouvent leurs propres maisons occupées par des étrangers munis de faux titres de propriété.

    Le problème – comme le fait remarquer le rapport c’est que toutes ces souffrances des communautés religieuses sont largement ignorées par les gouvernements et par les médias occidentaux dans lesquels « la liberté religieuse est en train de subir un glissement vers le bas dans le classement des droits humains, éclipsée par d’autres question comme le gender, la sexualité et la race ». Au Pakistan, l’affaire de la chrétienne Asia Bibi, qui vient d’échapper à la peine capitale après avoir passé neuf ans en prison mais dont la vie et celle de sa famille est toujours menacée, à l’instar de nombreux chrétiens de ce pays, menacés par des foules de fanatiques musulmans, s’est déroulé dans l’indifférence générale, dans l’attente d’un pays qui lui accorde l’asile.

    *

    S’il fallait relever les principaux éléments nouveaux parmi tous les pays examinés dans le rapport, le cas de la Chine est particulièrement frappant. Alors que le Vatican vient justement de signer un accord avec pays, on y constate une recrudescence de l’hostilité envers toutes les confessions et pas seulement la religion chrétienne catholique, une législation de plus en plus restrictive, la destruction de lieux de culte et « au moins cent mille musulmans emprisonnés à durée indéterminée dans des camps de rééducation bondés ».

    Mais la plus grande surprise que réserve le rapport d’Aide à l’Église en Détresse concerne le deuxième pays le plus peuplé au monde, l’Inde.

    Selon le pool international d’experts qui a rédigé le rapport de 2018, l’Inde est effectivement le pays où l’on enregistre la plus forte variation – en pire – par rapport à une situation antérieure déjà très négative.

    Dans la soi-disant « plus grande démocratie du monde », il n’y a pas de religion d’État. Mais depuis que le dernier recensement a relevé une baisse du nombre d’hindous,  l’hostilité envers les minorités musulmanes et chrétiennes s’est par réaction fortement accentuée, et ne nouvelles lois punissant la conversion à des religions autres que l’hindouisme sont entrées en vigueur dans un nombre croissant d’États de la fédération.

    L’arrivée au pouvoir en 2017 du Bharatiya Janata Party, un parti à tendance fortement nationalise qui associe l’identité indienne à la religion hindoue, a encouragé la diffusion des agressions contre les autres religions de la part des extrémistes hindous, bien souvent avec la complaisances des forces de sécurité.

    Selon Persecution Relief, un forum œcuménique qui étudie la persécution antichrétienne, 736 attaques, souvent mortelles, ont été enregistrées depuis 2017, ce qui représente une nette augmentation par rapport aux 348 de l’année précédente. Le prétexte souvent invoqué pour justifier ces agressions est la consommation de viande de boeuf, en violation, selon les extrémistes hindous, des lois qui protègent les vaches sacrées.

    Et tout cela dans l’indifférence du monde occidental qui continue à entretenir l’idée qu’hindouisme est synonyme de pacifisme.

  • Le droit à la liberté religieuse est encore largement bafoué dans au moins 38 pays

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    D'Arnaud Bevilacqua sur le site du journal La Croix :

    21 pays mis en cause pour des atteintes graves à la liberté religieuse

    La fondation internationale Aide à l’Église en détresse (AED) a publié, jeudi 22 novembre, son rapport bisannuel sur la liberté religieuse dans le monde, un droit encore largement bafoué dans au moins 38 pays.

    « Nous constatons une banalisation des atteintes à la liberté religieuse dans une indifférence quasi générale. » Le directeur de l’œuvre catholique internationale Aide à l’Église en Détresse (AED) Marc Fromager a livré cette sombre observation lors de la présentation, jeudi 22 novembre à l’Assemblée nationale, du rapport 2018 sur la liberté religieuse dans le monde, préfacé par l’archevêque de Bangui (Centrafrique), le cardinal Dieudonné Nzapalainga.

    Des violations de la liberté religieuse dans 38 pays

    Cet état des lieux dans 196 pays intervient en 2018 pour le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée en décembre 1948 qui, dans l’article 18, garantit la liberté de religion. Or ce droit n’est pas respecté, selon le rapport rédigé par 21 journalistes et universitaires, dans au moins 38 pays. Des persécutions sont même attestées dans 21 d’entre eux, dont neuf dont la situation a tendance à s’aggraver, comme la Birmanie, la Chine, l’Inde ou encore le Pakistan où la chrétienne Asia Bibi, accusée de blasphème, a été récemment libérée, après huit ans de détention.

    Un pays sur cinq serait menacé par l’extrémisme radical, selon un rapport

    Ils apparaissent en rouge dans la carte du monde qui accompagne le rapport de l’AED présenté sous forme de fiche par pays avec des éléments sur la situation juridique et constitutionnelle, la description d’incidents récents et les perspectives pour la liberté religieuse. Ceux où des discriminations sont constatées apparaissent, eux, en orange, comme l’Algérie, l’Égypte ou la Turquie. La Russie et le Kirghizstan intègrent cette classification. Depuis le dernier rapport, la situation a évolué dans seulement deux pays : le Kenya et la Tanzanie. Ils ne figurent plus sur la « carte de l’intolérance religieuse ».

    « Ultranationalisme agressif » et « islam radical »

    D’après Marc Fromager, les atteintes à la liberté religieuse s’expliquent, d’un côté, par le développement de l’« ultranationalisme agressif » de certains États ou de mouvements plus ou moins soutenus par l’État, et d’un autre côté par la propagation de l’« islam radical » malgré l’affaiblissement de Daech.

    « Le recul militaire de l’État islamique n’a malheureusement pas permis une amélioration de la situation : le fondamentalisme constitue désormais une menace universelle, imminente et omniprésente, et certains acteurs étatiques organisent ou tolèrent des atteintes inadmissibles à la liberté religieuse », affirme le directeur de l’AED.

    Ce dernier a reconnu que la classification de certains pays a pu faire l’objet de débat comme pour l’Égypte, la Russie ou le Maroc. Dans ce dernier cas, Marc Fromager a expliqué que certaines initiatives « positives » récentes du roi Mohammed VI ont été prises en compte. Pour d’autres, notamment en Amérique latine, une inscription sur la carte de la « carte de l’intolérance religieuse » peut s’avérer « contre-productive » à l’instar de Cuba.

    Pour sensibiliser le grand public à la question des atteintes à la liberté religieuse, qui n’est « pas un concept mais que certains vivent dans leur chair », a souligné Marc Fromager, l’AED lance, jeudi 22 novembre à 17 h 30, une campagne d’illumination en rouge – la couleur du martyre, de lieux de culte parisiens : la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, la Grande synagogue, la cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité et la Grande mosquée. En 2017, l’AED avait notamment illuminé le Colisée de Rome et le Christ Rédempteur de Rio.

    Et aussi

    En Chine, les symboles chrétiens remplacés par des portraits de Xi Jinping

    Alors qu’un rapprochement inédit entre le Saint-Siège et la Chine se met en place pour une double exposition commune au printemps 2018, à la Cité interdite et aux Musées du Vatican, Pékin interdit les symboles chrétiens dans la province de Jiangxi. Lire la suite 

  • « Le pape François doit rompre les négociations avec Pékin »

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    De Dorian Malovic sur le site du journal La Croix

    Cardinal Zen  : « Le pape François doit rompre les négociations avec Pékin »

    Recueilli par Dorian Malovic (à Hong Kong) , le 21/11/2018 à 12h35 

    Deux mois après l’accord provisoire signé entre le Vatican et Pékin sur la nomination des évêques chinois, le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, 86 ans, a accordé un entretien exclusif à l’envoyé spécial de La Croix

    Très hostile à l’accord signé avec Pékin le 22 septembre dernier, le cardinal Zen s’interroge sur le destin des évêques, prêtres et fidèles de l’Église souterraine chinoise fidèle à Rome depuis 70 ans.

    La Croix : Il y a quelques jours vous étiez à Rome. Quel était l’objectif de ce voyage ?

    Cardinal Joseph Zen : Je n’avais qu’un seul objectif : remettre une lettre personnelle en main propre au pape François pour partager avec lui mon sentiment à l’égard de l’accord signé le 22 septembre dernier entre le Vatican et Pékin sur la nomination des évêques chinois. Je voulais être certain que cette lettre de sept pages lui parvienne car je ne fais pas confiance à son entourage.

    Quelle est la substance de cette longue lettre ?

    C.J.Z. :Pour moi le pape ne connaît pas la situation de l’Église de Chine et la nature du régime chinois. Je lui ai demandé de mettre un terme au dialogue avec Pékin. Le pape n’a non seulement rien gagné en signant cet accord qui est un « faux », une illusion, mais Pékin lui a fait perdre son autorité. Les autorités chinoises considèrent toujours qu’elles gèrent l’Église de Chine de façon indépendante et qu’elles choisiront toujours les évêques. Le pape n’aura que le dernier mot.

    Vous ne croyez donc pas que Pékin tiendra sa parole ?

    C.J. Z. :Comme cet accord est resté secret, les Chinois pensent que tout le processus est légalisé et qu’ils peuvent choisir les évêques. Ils pensent que le Saint-Siège a signé un chèque en blanc et qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Ils vont dire aux catholiques souterrains de sortir de la clandestinité et rejoindre l’Association patriotique des catholiques chinois de l’Église officielle. « Sortez, sortez, le pape est d’accord ! »vont-ils leur dire. Quant aux évêques, ce seront les autorités chinoises qui pourront les choisir mais le pape n’aura que le dernier mot !

    Le pape aura toujours la possibilité de refuser  ?

    C.J.Z. : Oui mais combien de fois pourra-t-il dire « non » ? À chaque fois le gouvernement proposera un nouveau nom.

    Le Vatican a pourtant bien souligné qu’il s’agissait d’un accord « provisoire » 

    C.J. Z. :Oui certes, il ne s’agit que d’un début mais on voit bien le chemin qui va être pris à l’avenir. Le pape a levé les excommunications de sept évêques et donné une juridiction à Mgr Guo pour le diocèse de Chengde. Le pape va attendre avant de légitimer les six autres. Ce n’est plus qu’une question de temps. Indirectement, le Vatican aide le gouvernement à annihiler l’Église souterraine que Pékin n’a pas réussi à écraser. Peut-on parler d’unité quand, sous la contrainte, on force les souterrains à entrer dans la cage officielle ? Il s’agit pour les souterrains de renoncer à leur fidélité au pape et à l’Église universelle pour rejoindre l’Église officielle et patriotique. Pendant près de 70 ans, beaucoup d’entre eux sont morts et d’autres vivent toujours dans la peur de la répression. Et depuis des années dans l’Église officielle, il y a des évêques qui ne sont pas à la hauteur, indignes de leur fonction. Certains évêques officiels sont même pires que certains évêques excommuniés.

    Un voyage du pape François en Chine serait-il une bonne chose ?

    C.J. Z. :Je ne pense pas. Le pape ne pourrait pas rencontrer les évêques souterrains. Tout serait organisé par le régime de Pékin. Le pape François serait manipulé par le régime alors que Xi Jinping gagnerait une crédibilité sur le plan international.

    Quelle serait pour vous, en ce moment, la meilleure solution ?

    C.J. Z. :La meilleure chose serait de ne rien faire avec le régime mais de renforcer l’Église souterraine chinoise qui a toujours une grande énergie. En ce moment, le régime détruit l’Église souterraine et déçoit les quelques très bons évêques au sein de l’Église officielle. Ces derniers résistent comme ils peuvent mais ils sont marginalisés. Quand une délégation de Rome arrive à Pékin, elle devrait demander à rencontrer les évêques qui sont en résidence surveillée mais maintenant ce n’est plus possible avec cet accord. On s’est agenouillé avant même de négocier. Je ne peux pas me battre contre le pape. Mais lorsqu’il légitimera les six évêques, je prendrai ma retraite dans un couvent pour prier et faire pénitence. Et je ne donnerai plus aucune interview aux journalistes. Je garderai le silence.

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    Repères

    L’accord historique du 22 septembre entre Rome et Pékin

    « L’objectif de cet accord n’est pas politique mais pastoral », avait expliqué Greg Burke, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, pour qui il s’agit « de permettre aux fidèles (12 millions de catholiques en Chine, NDLR) d’avoir des évêques en communion avec Rome mais, dans le même temps, reconnus par les autorités chinoises ».

    Concrètement, le pape a accepté de lever les excommunications qui pesaient sur sept évêques chinois ordonnés sans mandat pontifical, les réintégrant ainsi dans la pleine communion de l’Église.

    Le doute subsiste toutefois sur le sort et l’avenir des évêques reconnus par le Vatican mais non par les autorités chinoises. (35 évêques)

  • République Centrafricaine : précisions concernant le massacre d'Alindao où des prêtres et de nombreux chrétiens ont perdu la vie

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE - Témoignage d'un prêtre sur le massacre perpétré à Alindao par des rebelles

    Bangui (Agence Fides) - "Sur la base de ce que m'ont indiqué mes contacts, les Casques bleus de la MINUSCA (Mission de stabilisation de l'ONU en République centrafricaine) n'ont pas défendu la population contre les rebelles qui ont perpétré une attaque à Alindao. A l'arrivée des guérilleros, les militaires se seraient retirés dans leur base, abandonnant la population à son sort de mort et de destruction" indique à l'Agence Fides le Père Amos Boubas, prêtre centrafricain suivant des études à Rome, se trouvant en contact avec ses confrères en République centrafricaine où, le 15 novembre, des rebelles de l'ancienne Seleka, désormais regroupés sous le nom d'UPS (Unité pour la Paix en Centrafrique) sous les ordres du Général Ali Darassa, d'ethnie peule, ont attaqué la Cathédrale d'Alindao, dans le sud du pays, ainsi que le camp de réfugiés voisin. "Après avoir saccagé et incendié la Cathédrale, les rebelles se sont dirigés vers le camp de réfugiés, où ils ont tué au moins 42 personnes. Parmi les victimes se trouve le Vicaire général du Diocèse d'Alindao, Mgr Blaise Mada, qui a été enterré hier, ainsi qu'un autre prêtre dont le corps a été retrouvé aujourd'hui, le Père Célestin Ngoumbango, Curé de Mingala" indique le Père Boubas. "Les deux prêtres ont été tués par des coups de feu tirés au cours de l'assaut mené contre l'Evêché où ils s'étaient réfugiés en compagnie d'autres personnes".

    "S.Exc. Mgr Cyr-Nestor Yapaupa, Evêque d'Alindao, organise actuellement l'évacuation des survivants en direction de la capitale, Bangui".

    La motivation du massacre serait un acte de vengeance suite au meurtre "d'un musulman", tué par des milices anti balaka. "Je pense que derrière ce grave fait de sang se trouvent des motifs à caractère politique au moment où la France a présenté au Conseil de Sécurité de l'ONU une résolution visant à proroger d'un an le mandat de la MINUSCA" conclut le prêtre. (L.M.) (Agence Fides 17/11/2018)

  • Le calvaire oublié des chrétiens du Kosovo

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    D'Ivana Gajic sur le site de La Nef :

    Kosovo : le calvaire oublié des chrétiens

    Le Kosovo proclamait son indépendance il y a dix ans, en février 2008. Depuis, le sort des chrétiens de l’ex-province serbe n’a cessé de se déteriorer dans une totale indifférence internationale. Petit panorama de la situation sur place.

    Avoir 20 ans au Kosovo en 2018, ce n’est pas avoir l’avenir devant soi. Les perspectives sont bien sombres sur ce territoire le plus pauvre d’Europe, gangrené par la corruption, la partition ethnique, les trafics et l’islamisme radical. La gouvernance non plus n’est pas à la hauteur, plusieurs dirigeants étant liés à des crimes commis durant la guerre avec la Serbie. Dix ans après l’indépendance autoproclamée, le compte n’y est pas et le bilan est une faillite. Dans cet environnement hostile, les chrétiens du Kosovo vivent exclus et discriminés dans un univers parallèle.

    IL Y A DIX ANS LE KOSOVO PROCLAMAIT SON INDÉPENDANCE

    « Depuis aujourd’hui, le Kosovo est fier, indépendant, souverain et libre ! » déclare le 17 février 2008, Hashim Thaci, Premier ministre de l’époque et ancien chef de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK). Dix ans plus tard, c’est un cuisant échec. Pire, le Kosovo de 2018 est tout le contraire des incantions du début, selon le sénateur suisse Dick Marty. « Le Kosovo a une économie inexistante. Il est devenu un centre de criminalité organisée, de trafic de drogue, de trafic d’armes, de trafic d’êtres humains. Il n’y a pas une véritable société civile qui soit à même de faire fonctionner une véritable institution démocratique, et il y a diverses minorités qui vivent protégées par des soldats internationaux. Pendant ces années où le Kosovo était sous protectorat international, des monastères et des églises orthodoxes ont été brûlés dans l’indifférence totale des médias internationaux. Depuis 1999, 250 000 Serbes ont dû quitter le Kosovo. »

    Les chrétiens du Kosovo, largement constitués de Serbes orthodoxes, représentent aujourd’hui moins de 7 % de la population totale du Kosovo évaluée à 1,8 million d’habitants. Une minorité discriminée sur ce territoire des Balkans composé à 90 % d’Albanais musulmans. Un renversement démographique vertigineux qui s’est produit au siècle dernier puisqu’autrefois les chrétiens y étaient majoritaires. Historiquement, rappelons-le, le Kosovo est le berceau de la nation serbe et de sa foi. C’est ici que se trouvent ses plus anciens monastères et c’est ici encore que l’on compte la plus forte densité d’édifices religieux chrétiens en Europe.

    La paupérisation des chrétiens du Kosovo s’explique par la conjugaison de plusieurs phénomènes. Le principal d’entre eux correspond au déplacement massif des communautés. Durant l’occupation ottomane, prolongée jusqu’en 1912, l’immigration intensive des musulmans originaires de l’Albanie voisine a accompagné l’exil du peuple chrétien. La politique démographique des Ottomans visait à mettre en valeur le territoire occupé en faisant basculer le rapport démographique entre musulmans et chrétiens dans un sens favorable aux premiers.

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  • Martyre du sang et "martyre blanc"

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Ordre du Saint-Sépulcre : mettre l’amour évangélique au centre des œuvres

    Discours du pape à l’assemblée (Traduction intégrale)

    « N’oubliez pas que vous n’êtes pas un organisme philanthropique… Vous êtes appelés à mettre au centre et comme but final de vos œuvres, l’amour évangélique pour le prochain, afin de témoigner partout de la bonté et de l’attention avec lesquelles Dieu aime tout le monde » : c’est ce qu’a déclaré le pape François aux membres de la « Consultation » – assemblée quinquennale – de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, qu’il a reçus ce 16 novembre 2018, au Vatican.

    « L’objectif principal de votre Ordre réside dans la croissance spirituelle de ses membres », a aussi rappelé le pape aux participants à l’assemblée qui a eu lieu à Rome du 13 au 16 novembre. « Par conséquent, le succès de vos initiatives ne peut pas faire abstraction de programmes de formation religieuse adéquats, adressés à chaque chevalier et à chaque dame, afin qu’il consolide sa relation indispensable avec le Seigneur Jésus. »

    Le pape a encouragé les dirigeants de l’Ordre à « offrir l’exemple d’une vie spirituelle intense et d’une adhésion concrète au Seigneur : vous pourrez ainsi rendre un service valide d’autorité à tous ceux qui vous sont soumis ». Au fil de son discours, il a clarifié le rôle des évêques, prêtres et diacres dans l’Ordre : pas « un titre honorifique » mais un « service pastoral ».

    Enfin, le pape a évoqué « la situation dramatique des chrétiens qui sont persécutés et tués en toujours plus grand nombre », fustigeant l’indifférence du monde. « Outre le martyre du sang, a-t-il fait observer, il existe aussi le “martyre blanc”, comme par exemple celui qui se vérifie dans les pays démocratiques quand la liberté de religion est limitée. C’est le martyre blanc quotidien de l’Eglise en ces lieux. »

    Voici notre traduction du discours du pape :

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  • L'accord entre la Chine et le Vatican ne semble pas mettre fin aux persécutions anticatholiques

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    De Michael Sainsbury sur le site "Présence-Info.Ca" :

    Malgré l'accord provisoire entre le Vatican et la Chine

    En Chine, une persécution alimentée par les fonctionnaires locaux?

    Bien que la Chine et le Vatican aient signé un accord provisoire sur la nomination des évêques en septembre, la persécution des catholiques chinois se poursuit.

    Certains pensent que l'accord conclu entre le Vatican et la Chine suscite des pressions considérables de l'intérieur du Département du travail du Front uni en Chine, la bureaucratie religieuse contrôlée par le Parti communiste, en particulier au niveau local.

    «De nombreux responsables locaux estiment nécessaire de changer leurs anciennes méthodes de gestion des religions. Cela signifie un travail plus difficile et moins de pouvoir», a déclaré Francesco Sisci, correspondant de longue date des médias italiens à Pékin et aujourd'hui chercheur principal à l’Université Renmin de Pékin.

    «Donc, ils ne sont pas heureux», a-t-il déclaré au Catholic News Service. «Ils bâclent ou essayent de saboter Pékin. S'ils sapent l'accord, ils peuvent récupérer une partie de leur pouvoir perdu. C'est une preuve de la détermination de Pékin dans l'accord selon lequel les problèmes ne sont présents que dans très peu d'endroits et ne sont pas répandus.»

    La plus récente controverse pour les catholiques concerne la détention d'au moins quatre prêtres: les pères Zhang Guilin et Wang Zhong du diocèse de Xiwanzi et les pères Su Guipeng et Zhao He du diocèse de Xuanhua. Les hommes ont été arrêtés en octobre et novembre. Ces deux diocèses se trouvent dans la province de Hebei.

    On semble leur reprocher d’avoir refusé de rejoindre l’Association patriotique catholique-chinoise, une organisation approuvée par le gouvernement qui œuvre pour contrôler les dirigeants d’Église. Un certain nombre de publications ont indiqué que les évêques détenus avaient été placés en détention surveillée et avaient suivi des cours d'endoctrinement.

    De plus, la croix du clocher et les flèches d'une église du comté de Shangcai, dans la province centrale du Henan, ont été détruites. L'église a été scellée, a rapporté Asia News, une agence de presse missionnaire basée à Rome.

    «Siniser»

    La campagne pour «siniser» la religion est officiellement lancée depuis la réunion annuelle du comité central du parti communiste au pouvoir, en octobre 2017. De nouvelles règles et réglementations relatives à la religion ont été introduites en février et mars. L'administration d'État chargée des affaires religieuses, qui supervisait l'Association patriotique catholique-chinoise et la conférence des évêques parrainée par le gouvernement, a été dissoute. Ses activités et son personnel ont été placés sous le contrôle direct du Département du travail du Front uni. Il s’agit du bras du parti responsable de la politique en matière de religion, qui répond directement aux plus hauts dirigeants du parti.

    Beaucoup de gens espéraient que l'accord avec le Saint-Siège mette fin à la série de retrait de croix, de démolitions d'églises et de détentions de clercs.

    «Ce qui se passe actuellement est une application de la nouvelle réglementation en matière d'enregistrement des prêtres et des églises» mise en œuvre plus tôt cette année, a déclaré le professeur Sisci à CNS.

    Lawrence C. Reardon, professeur de sciences politiques à l'Université du New Hampshire, a déclaré que la campagne en cours ne se concentrait pas uniquement sur les catholiques, mais témoignait de la poursuite de la campagne du dirigeant chinois Xi Jinping visant à contrôler toutes les religions.

    «Les niveaux inférieurs ont reçu le feu vert et continuent à renforcer les contrôles sur les communautés officielles et non-officielles islamiques, protestantes et catholiques», a-t-il déclaré, précisant que les communautés bouddhistes et taoïstes ne semblent pas affectées. Le Département du travail du Front uni s'attaque plutôt aux «activités commerciales».

    «Je pense que le centre a toujours la capacité de contrôler leurs organisations à la périphérie, alors vous obtenez un cadre trop zélé pour s'en prendre à des ‘mécréants’ afin de s'assurer que le Département du travail du Front uni ne les cible pas pour laxisme», a-t-il déclaré.

    «Le sommet leur a demandé de serrer la vis et les niveaux provincial et local font du zèle pour assurer la conformité et éloigner Pékin», a-t-il ajouté.

    Il croit que le Département du travail du Front uni est très heureux d'ajouter plus de force car il craint un réveil religieux venant de l'étranger et de l'intérieur.

    Accord entre le Vatican et la Chine

    L'accord du 22 septembre entre le Vatican et Pékin a permis au pape d'accorder son veto aux candidats à l'évêché de Pékin pour la première fois depuis 1951. Sept évêques illicites auparavant – et un mort – ont été pardonnés et reconnus par le pape.

    L'une des surprises concernant l'accord provisoire était l'absence de toute décision de Pékin sur le sort de trente évêques nommés par le Vatican et ne s'étant jamais inscrits à l'association patriotique. Le Vatican a déclaré que les discussions sur le statut officiel de ces évêques souterrains se poursuivaient.

    Auparavant, beaucoup d’entre eux ont juré de ne pas adhérer à l’association patriotique. Mais nombreux sont ceux qui vieillissent et, bien qu’il n’existe pas de liste officielle, le professeur Sisci estime qu’il ne reste peut-être qu'une poignée de personnes âgées de moins de 75 ans, l’âge canonique pour présenter sa démission au pape.

    Le professeur Reardon a déclaré que, même si le Vatican n'a pas oublié ces évêques, «il essaie de trouver un moyen de régler avec finesse leur cas».

    Il a dit que cela allait toujours être «un processus pas à pas, et les deux parties viennent de passer à travers la phase initiale [...] qui sait combien de temps cela va prendre? Je présume que le Vatican cherche une solution globale pour que l’Église continentale puisse se réconcilier et se réunir.»

    Michel Chambon, chercheur au Hanover College d'Indiana, n'est cependant pas de cet avis.

    «Je doute que l'État fasse beaucoup pour les évêques souterrains – du moins officiellement», a-t-il dit. «Je serais surpris si une ‘réconciliation / reconnaissance’ officielle se produisait. Néanmoins, l'État pourrait fermer les yeux sur leur travail, comme il l'a fait par le passé, pour qu'ils continuent leur action pastorale à condition qu’ils restent discrets.»

    Ucanews.com écrivait le 9 novembre que le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque à la retraite de Hong Kong, s'est rendu à Rome fin octobre et a remis une lettre de sept pages au pape François l'invitant à prêter attention à la crise de l’Église dite souterraine en Chine. Il a déclaré à ucanews.com que, certaines parties de l'accord provisoire sur les évêques n'ayant pas été rendues publiques, les catholiques pratiquant leur religion dans la clandestinité n’ont pas su ce qu'ils devaient faire lorsque des responsables gouvernementaux leur avaient dit de rejoindre l'association patriotique à cause de l'accord.

  • De nouveaux martyrs de la Guerre civile espagnole

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    De Marina Droujnina sur zenit.org :

    • Cause des saints : reconnaissance du martyre de 9 séminaristes espagnols

    Ils avaient entre 18 et 23 ans

    Le pape François reconnaît le martyre du serviteur de Dieu Àngel Cuartas Cristóbal et de ses 8 compagnons, étudiants du séminaire d’Oviedo, au nord de l’Espagne, tués « en haine de la foi » à Oviedo entre 1934 et 1937, pendant la Guerre civile. La reconnaissance du martyre ouvre la voie à leur béatification : un miracle ultérieur ne sera pas utile, sauf pour la canonisation éventuelle.

    Le pape a autorisé le mercredi 7 novembre 2018 en tout la publication de 16 décrets de la Congrégation pour les causes des saints, pour 2 miracles, 11 martyres et les « vertus héroïques » de dix baptisés. Le pape a également autorisé la béatification «équipollente» de Michal Giedrojć (XVe s.).

    Ángel Cuartas Cristobal est né en 1910 dans une modeste famille de Lastres. Il est entré au séminaire en 1923. Il était sous-diacre et était en cinquième année de théologie. Il a été fusillé le 7 octobre 1934 à l’âge de 24 ans, pendant la Guerre civile espagnole.

    Le même jour – le 7 octobre 1934 – ont été aussi tués les cinq autres séminaristes âgés de 18 à 23 ans. Il s’agit de : Gonzalo Zurro Fanjul (1912 – 1934), 21 ans, il était tué le premier ; Juan José Castañón Fernández (1916-1934), 18 ans, il était le plus jeune de tous ; José María Fernández Martínez (1915-1934), 19 ans, Jesús Prieto López (1912-1934), 22 ans ; Mariano Suárez Fernández (1910-1934), 23 ans.

    Les deux autres séminaristes – Manuel Olay Colunga, 25 ans, (1911 – 22 septembre 1936) et Luis Prado García, 21 ans, (1914 – 4 septembre 1936) – ont été capturés pendant la guerre et emmenés à Gijón. Manuel Olay Colunga a été abattu à distance à Villafría (San Lazaro) et Luis Prado García a été fusillé à Gijón. Avant la mort, il a crié: « Vive le Christ ! » (Viva Cristo!)

    Enfin, un autre séminariste, Sixto Alonso Hevia, 21 ans, (1916-1937) a été poignardé à mort alors qu’il priait Dieu, le 27 mai 1937.

    • Cause des saints : Marià Mullerat i Soldevila, laïc espagnol, martyr

    Médecin et maire d’Arbeca, en Catalogne

    Le Vatican reconnaît le martyre d’un laïc et père de famille espagnol, un maire, le serviteur de Dieu Marià Mullerat i Soldevila (1897-1936), tué « en haine de la foi » pendant la Guerre civile en Espagne. Il pourra donc être béatifié.

    Le pape a autorisé le mercredi 7 novembre 2018 en tout la publication de 16 décrets de la Congrégation pour les causes des saints, pour 2 miracles, 11 martyres et les « vertus héroïques » de dix baptisés. Le pape a également autorisé la béatification «équipollente» de Michal Giedrojć (XVe s.).

    Fils d’un propriétaire aisé, Marià Mullerat i Soldevila est né à Santa Coloma de Queralt (Espagne) le 24 mars 1897. En 1914, il entre à la faculté de médecine de Barcelone et en 1921, déjà avec le titre de médecin, il s’installe à Arbeca, en Catalogne, où il épouse Dolors Sans i Bové.

    Homme cultivé, il promeut la fondation de L’Escut (1923-1926), un journal d’information local publié en catalan tous les quinze jours. Il publie régulièrement des articles sur des questions morales, civiques et spirituelles.

    En 1924, bien qu’il n’appartienne à aucun parti politique, il est élu maire d’Arbeca et réélu de 1927 à 1930. Durant cette période, il alterne les responsabilités municipales avec celles du médecin titulaire de la ville. Il exerce également à Puiggròs et Floresta.

    En tant que maire, il s’occupe de la promotion socioculturelle d’Arbeca : il crée la bibliothèque municipale et restaure une danse traditionnelle de la ville, « le Bal des Valenciens ». Il contribue à l’amélioration de la qualité de la vie, en renouvelant les machines pour amener l’eau du canal aux réservoirs. Il restaure aussi les cloches de l’église et il installe l’hôtel de ville. Il construit également la caserne de la Garde civile.

    Cet homme profondément religieux et pratiquant catholique convaincu, il est exécuté par des miliciens sur une route près d’Arbeca le 13 août 1936, victime de la persécution religieuse qui s’est répandue dans toute l’Espagne pendant la Guerre civile.

    Le procès de canonisation de Marià Mullerat a commencé en 2003.

  • Clemens August von Galen : un évêque face au nazisme

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    Clemens August von Galen - évêque, opposant, bienheureux

    Du numero 145 de la revue Sedes Sapientiae (Fraternité Saint-Vincent-Ferrier) :

    Le cardinal von Galen, évêque de Münster de 1933 à 1946, a été béatifié par Benoît XVI le 9 octobre 2005. Jérôme Fehrenbach, dans la biographie qu’il lui consacre [1], s’arrête à sa mort en mars 1946 et n’évoque pas du tout la procédure de béatification engagée à la fin des années 1950 et qui a abouti près d’un demi-siècle plus tard. Incompréhensiblement, il n’utilise pas la très abondante source historique et biographique que constituent les témoignages sous serment recueillis lors du procès de béatification [2]. Sans doute a-t-il estimé que les très importantes et intéressantes archives de la famille von Galen auxquelles il a eu accès (correspondances, etc.) suffisaient à dresser un portrait intime, personnel et spirituel à la fois, du grand évêque. Mais, ce faisant, il s’est privé des résultats d’une enquête systématique qui, comme dans tout procès de béatification, a porté, non seulement sur toutes les étapes de la vie du cardinal von Galen, mais aussi sur la façon dont il a pratiqué les différentes vertus (cardinales et théologales) et sur les questions difficiles qui pouvaient donner lieu à des objections.

    Si cette nouvelle biographie de von Galen apporte beaucoup d’éléments nouveaux, elle peut être complétée par d’autres travaux et d’autres sources pour mieux connaître cette grande figure de l’Église allemande contemporaine et mieux comprendre certaines de ses décisions et certains de ses actes.

    Une famille ancrée dans la tradition catholique

    Mgr von Galen était fier de ses séculaires origines terriennes et westphaliennes. Il les revendiqua publiquement dans un sermon prononcé en novembre 1937 : « C’est un fait établi, assorti de preuves documentaires, que mes ancêtres, des hommes de mon nom et de ma maison, dont le sang coule dans mes veines, depuis plus de 700 années, ont leur fief ici en Münsterland et sur les rives de la Lippe, que mes ancêtres en tant qu’allemands et allemandes ont vécu ici et sont morts ici. »

    C’est une famille de grands propriétaires terriens qui a compté de nombreux officiers, des ecclésiastiques et, au XIXe et XXe siècles, des députés. Déjà curé à Münster, Clemens August écrivait à sa sœur Agnès en 1921 : « Souvent je repense à la chance et au privilège que nous avons eus – et qu’ont vos enfants […] d’avoir en partage la foi catholique et la vie de l’Église catholique comme quelque chose de parfaitement naturel, au point que cela signifierait une rupture avec son propre passé, avec les racines natales, avec le foyer familial, si l’on s’en éloignait [3]. »

    La marque commune à tous les membres de cette famille est l’attachement à la foi catholique, non seulement par une pratique régulière (messe quotidienne et prière du soir dans la chapelle du château ancestral de Dinklage), mais aussi par une vie privée conforme à ses convictions et par un engagement public au service de l’Église.

    Né en 1878, Clemens August fit sa première communion, avec son frère Franz, en 1890, à l’âge tardif de 12 ans, selon la coutume de l’époque que Pie X modifiera vingt ans plus tard. À cette occasion, leur mère leur offrit à chacun un exemplaire de l’Imitation de Jésus-Christ, avec comme dédicace un seul mot : Modicum. Tout un programme de vie.

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  • Chine : deux sanctuaires mariaux détruits

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    De Jean-Marie Dumont dans le magazine « Famille Chrétienne » :

    « Un mois après l’accord provisoire entre le Saint-Siège et la Chine sur la nomination des évêques, deux sanctuaires mariaux ont été détruits dans les régions du Shanxi (sud-ouest de Pékin) et du Guizhou (sud-ouest de la Chine), rapporte l’agence Asianews. Les deux lieux accueillant des pèlerins de l’Église officielle comme de l’Église souterraine étaient dédiés à Notre-Dame des Sept-Douleurs et à Notre-Dame des Béatitudes. Les prétextes invoqués seraient la « sinisation » ou l’absence d’autorisation. Selon l’agence, les destructions de sites liés à l’Église auraient augmenté depuis l’accord entre la Chine et le Saint-Siège signé le 23 septembre. Par ailleurs, celui-ci ferait l’objet d’une campagne de certains groupes liés au pouvoir communiste visant à le faire échouer. Dans une longue tribune publiée le 24 octobre par le New York Times (« Le pape ne comprend pas la Chine »), le cardinal Joseph Zen, cardinal émérite de Hong Kong, formule de son côté un certain nombre de questions sur cet accord à l’égard duquel il ne cache pas son scepticisme. Il y critique aussi la présence au synode de deux évêques « connus pour être proches du gouvernement chinois ».

    ︎ À LIRE AUSSI : « Quand la Chine se convertira »

    Ref. Chine : deux sanctuaires mariaux détruits 

    Le Saint-Siège est-il réellement  en position de négocier avec la Chine communiste et vouloir forcer un accord lorsque les conditions ne sont pas réunies peut-il déboucher sur autre chose qu’un marché de dupes ?

    JPSC