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Justice

  • RDC-Religion : Mgr Fridolin Ambongo investi archevêque de Kinshasa

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    Lu sur le site web de scoop RDC:

    Mgr-Ambongo3-1-930x530_c.jpg "Dans une annonce faite le jeudi 1ernovembre, le jour de la Toussaint et des morts selon la tradition de l’église catholique romaine, le cardinal et archevêque sortant de Kinshasa Laurent Monsengwo a cédé le bâton de commandement à son successeur nommé coadjuteur il y a de cela cinq mois par le pape François. A 58 ans, il succède donc à l’un de dignes fils de la RDC et d’Afrique Laurent Monsengwo, le seul prélat africain faisant partie de C9, le comité des neuf cardinaux que consulte le pape tous les trois mois pour gouverner l’Église catholique.

    Kinshasa étant un siège cardinalice, tout laisse à penser que Fridolin Ambongo sera élevé, lui aussi, au rang de cardinal. À ce poste, le futur chef des catholiques congolais mettra-t-il de l’eau dans son vin de messe ? Surtout quand on sait que l’homme tout étudiant qu’il fût, résistait déjà à l’injustice et antivaleurs sous la dictature mobutienne, pourtant son frère du terroir. Son passage à la Commission Justice et Paix de la CENCO, sa nomination comme évêque du diocèse de Bokungu-Ikela en remplacement d’un autre grand, feu Mgr Joseph Kumuondala, qu’il assumera par la suite son intérim comme administrateur apostolique à Mbandaka après la disparition de ce dernier, démontre à suffisance son ascension rapide due à ses valeurs non seulement religieuses, mais également intellectuelles et humaines, alors qu’il n’a que 13 ans d’épiscopat.

    Fils d’un saigneur d’arbre à caoutchouc dans une plantation d’hévéa dans le Sud-Ubangui, Mgr Fridolin Ambongo est un passionné des questions de justice, de droits et de dignité de la personne. En août 1988, il est ordonné prêtre à Kinshasa. Puis il part pour Rome, où il soutient une thèse de doctorat intitulée « La réhabilitation de l’humain, base du développement vrai au Zaïre ». L’opinion devra retenir également qu’en dehors de la Commission Justice et Paix de la CENCO, le dialogue de la Saint Sylvestre, Mgr Ambongo  a témoigné à la Haye en faveur de Jean-Pierre Bemba, car à l’époque le prélat travaillait dans la zone occupée militairement par le Mouvement de Libération du Congo (MLC).

    La cérémonie de son investiture est prévue le 25 novembre, à l’occasion de la fête du Christ-Roi.

    Ref. RDC-Religion : Mgr Fridolin Ambongo investi archevêque de Kinshasa

    Les qualités intellectuelles et humaines du nouvel archevêque de Kinshasa  ne font pas de doute.  Aura-t-il le sens naturel de l’autorité qui fit de Mgr Monsengwo un chef spirituel respecté à la tête de l’Eglise et aux yeux de toute la nation congolaise qui en a grand besoin ? L’avenir le dira.

    JPSC

  • Asia Bibi a été libérée...

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    De Valentine Arama sur le site du Figaro :

    Pakistan : la chrétienne Asia Bibi libérée de prison mais toujours dans le pays

    Pakistan : la chrétienne Asia Bibi libérée de prison mais toujours dans le pays

    Acquittée il y a une semaine après huit ans passés dans les couloirs de la mort pour blasphème, Asia Bibi a finalement été libérée mercredi. Elle reste dans un «endroit sûr» à l'intérieur du pays, où les milieux islamistes représentent toujours une menace pour la vie de cette chrétienne.

    «Elle est toujours au Pakistan», a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Muhammad Faisal, alors que certains médias avaient fait état d'un départ dans la nuit pour l'étranger. La vie d'Asia Bibi est considérée comme en grave danger dans le pays et sa famille avait sollicité ces derniers jours l'aide de plusieurs pays occidentaux pour les accueillir.

    Sa libération a d'ores et déjà provoqué la fureur des nombreux islamistes radicaux qui appellent de longue date à son exécution et ont annoncé une grande manifestation ce jeudi à Karachi, la grande ville du sud du Pakistan. D'autres pourraient suivre vendredi. «#AsiaBibi a quitté la prison et a été transférée dans un endroit sûr! Je remercie les autorités pakistanaises», a tweeté le président du Parlement européen, Antonio Tajani, ajoutant l'attendre «dès que possible avec son mari et sa famille» à Bruxelles. Selon plusieurs sources aéroportuaires, Asia Bibi, qui était emprisonnée depuis des années dans la ville de Multan (centre) a été évacuée mercredi soir à bord d'un avion à destination d'Islamabad. «Elle a été libérée. On m'a dit qu'elle était dans un avion mais personne ne sait où elle va atterrir», avait auparavant indiqué à l'AFP Me Saif ul-Mulook dans un message à l'AFP.

    L'annonce de la sortie de prison d'Asia Bibi a immédiatement suscité la colère du Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), un petit parti radical qui avait bloqué trois jours durant les principaux axes du pays la semaine dernière pour protester contre son acquittement, poussant le gouvernement du premier ministre Imran Khan à signer un accord controversé avec eux. L'exécutif s'était engagé à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement, ce qui lui a valu de nombreuses critiques. Le parti radical va réunir sa direction ce jeudi pour «analyser toute la situation», a indiqué son porte-parole Pir Ijaz Ashrafi à l'AFP. «Je serai clair: nous avons suspendu les manifestations, nous n'y avons pas mis fin», a-t-il dit.

    Requête d'asile

    Le mari d'Asia Bibi avait réclamé samedi l'asile pour sa famille aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada, arguant d'un trop grand danger s'ils restaient au Pakistan. «Je demande au président Donald Trump de nous aider à partir. Après cela, je demande à la première ministre britannique (Theresa May) de faire de son mieux pour nous aider», a déclaré Ashiq Masih dans un message vidéo. Le mari d'Asia Bibi a également sollicité l'«aide» du premier ministre canadien Justin Trudeau.

    Mercredi, une autre vidéo de Ashiq Masih a été mise en ligne par l'association italienne catholique Aiuto alla chiesa che soffre (Aide à l'Eglise qui souffre), dans laquelle il appelle le gouvernement italien à l'aide pour les faire sortir du Pakistan, où les conditions de vie deviennent selon lui très difficiles. Après ce message, le premier ministre italien Matteo Salvini a tweeté qu'il ferait «tout ce qu'il est humainement possible pour garantir un avenir à cette femme». La France «étudie» de son côté sous quelle forme elle pourrait aider ou accueillir la chrétienne «avec (ses) partenaires européens et internationaux», a déclaré sa secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. La maire de Paris Anne Hidalgo s'est dite lundi «prête à l'accueillir» avec sa famille dans la capitale française.

    » LIRE AUSSI - L'appel des intellectuels: «Liberté pour Asia Bibi!»

    L'affaire Asia Bibi divise fortement le Pakistan, pays musulman très conservateur où le blasphème est un sujet extrêmement sensible. Des accusations suffisent à provoquer des lynchages. Asia Bibi, ouvrière agricole chrétienne âgée d'une cinquantaine d'années et mère de famille, avait été condamnée à mort en 2010 pour blasphème à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. Son cas avait ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. L'une de ses filles a rencontré ce dernier à deux reprises.

  • Asia Bibi n'est pas tirée d'affaire; l'espoir de sa libération broyé par la haine

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    Comment ne pas voir dans les évènements du Pakistan où la foule crie "pendez-la, pendez-la !" un rappel tragique de ces évènements fondateurs de notre foi où le Juste fut condamné à mort par la foule aveuglée de haine qui vociférait "crucifiez-le, crucifiez-le !". Ainsi, Asia Bibi nous apparaît comme une authentique figure christique qui révèle en même temps le mystère du mal et l'impuissance de ceux qui s'y opposent sans vraiment oser le dénoncer.

    De RFI - Les Voix du Monde :

    Pakistan: la libération d'Asia Bibi remise en question, son avocat fuit le pays

    Le sort de la chrétienne Asia Bibi, en prison depuis 2009 pour blasphème et symbole national de la lutte contre l'intolérance religieuse, reste incertain malgré son acquittement par la Cour suprême. Un accord conclu vendredi entre le gouvernement et les islamistes compromet sa libération. Son avocat, craignant pour sa vie, a quitté le pays ce samedi.

    Alors que la libération d'Asia Bibi semblait imminente, voilà qu'un accord controversé conclu dans la nuit de vendredi à samedi entre le gouvernement et les islamistes vient tout remettre en cause.Les manifestants islamistes radicaux qui bloquaient le pays depuis trois jours ont obtenu que le gouvernement s'engage à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement déposée jeudi dernier à Lahore par un religieux.Non seulement le gouvernement ne s’oppose pas au dépôt d’une requête en révision du jugement, mais en plus, contrairement à ce qui avait d’abord été assuré, la chrétienne ne pourra plus partir si elle le souhaite. Une procédure d’interdiction de quitter le territoire va ainsi être lancée. Et tant pis pour la crédibilité du Premier ministre Imran Khan, qui avait prononcé un discours de fermeté à l'égard des islamistes mercredi soir.

    Cela signifie qu'Asia Bibi, actuellement incarcérée à Multan, dans le centre du pays, devra soit rester en prison soit dans un autre endroit sûr, en attendant que la requête soit examinée, a estimé son avocat, Saif-ul-Malook, interrogé samedi par l'AFP.

    Son avocat quitte le pays

    Maître Saif-ul-Malook a décidé de quitter le pays craignant pour sa vie. « J'ai besoin de rester en vie, car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi », a-t-il expliqué. S'il s'attendait à la réaction violente des extrémistes, il déplore la réaction du gouvernement. « Ce qui est douloureux, c'est la réponse du gouvernement. Ils ne peuvent même pas (faire) appliquer un jugement de la plus haute cour du pays », a-t-il déclaré.Pendant trois jours, les extrémistes ont bloqué les grands axes routiers et contraint les commerces et les écoles à fermer dans les grandes villes du pays.« Le gouvernement n'aurait jamais dû passer un tel accord », a déploré ce samedi Ashiq Masih, le mari d'Asia Bibi, interrogé par la radio allemande Deutsche Welle. « Il est mauvais de créer un précédent consistant à faire pression sur la justice », a-t-il souligné. « La situation actuelle est très dangereuse pour nous. Nous n'avons aucune protection et nous nous cachons, changeant fréquemment de lieu », a-t-il ajouté. Ashiq Masih a demandé au gouvernement de renforcer « la sécurité » de son épouse « en prison ».

    Pour lui, la Cour suprême pakistanaise s'est montrée « très courageuse » mercredi dernier en acquittant Asia Bibi, une mère de famille illettrée d'une cinquantaine d'années, dont le cauchemar avait commencé en 2009 alors qu'elle travaillait aux champs. Invoquant des raisons religieuses, deux femmes musulmanes avaient refusé de partager un verre d'eau avec elle et une querelle avait éclaté. Quelques jours plus tard, ces femmes avaient relaté l'affaire à un imam local qui avait accusé la chrétienne d'avoir « insulté » le prophète de l'islam, ce que celle-ci a toujours nié. Elle a été emprisonnée, condamnée à mort, avant d'être acquittée le 31 octobre par la Cour suprême.

  • L'épreuve endurée par Asia Bibi améliorera-t-elle le sort des chrétiens pakistanais ?

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    De Marc fromager sur le site du Figaro Vox :

    Au-delà d'Asia Bibi, tous les chrétiens d'Orient se sentent menacés

    Au-delà d'Asia Bibi, tous les chrétiens d'Orient se sentent menacés

    FIGAROVOX/TRIBUNE - Asia Bibi a été libérée. Cette chrétienne avait été condamnée à mort au Pakistan pour blasphème. Tout en se réjouissant de cette décision, Marc Fromager espère que l'épreuve endurée par la jeune femme améliorera le sort des chrétiens pakistanais.


    Marc Fromager est directeur de l'AED (Aide à l'Église en Détresse), qui soutient les chrétiens en danger partout dans le monde.


    Comment ne pas se réjouir de la libération d'Asia Bibi, pour laquelle nous étions mobilisés depuis le départ, depuis neuf ans. L'AED (Aide à l'Eglise en Détresse) avait d'abord lancé une pétition en 2009 avec plus de 11 000 signatures, apportées au Quai d'Orsay. Une large mobilisation avait sans doute sauvé Asia Bibi dans un premier temps mais avait ensuite compliqué sa libération. Entre-temps, elle était devenue une icône, voire une victime expiatoire.

    C'est la raison pour laquelle nous avons plus tard cessé de la médiatiser, sur les conseils de l'Église au Pakistan qui souhaitait la faire oublier. Nous n'avons pas cessé de la soutenir pour autant, notamment à travers la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale pakistanaise qui prenait en charge des frais d'avocat et de soutien financier de la famille.

    Pour revenir à sa libération, nous ne pouvons que nous en réjouir. J'étais moi-même il y a deux semaines à Londres avec le mari et une des filles d'Asia Bibi. Ils avaient l'air assez confiants mais évidemment, il fallait attendre que la décision finale soit rendue publique.

    A ce stade, il est important de saluer le courage des juges pakistanais. On sait que le gouvernement pakistanais souhaitait la libération d'Asia Bibi depuis assez longtemps, pour des raisons d'image internationale, mais la menace de désordre majeur a fait traîner ce cas toutes ces années.

    Il faut dire que de nombreuses personnes ont été assassinées ces dernières années pour avoir publiquement pris position contre la loi anti-blasphème. Je pense notamment à Salman Taseer, gouverneur musulman du Punjab qui a été assassiné en 2011 par son garde du corps pour avoir défendu Asia Bibi. Nous ne les oublions pas en ce jour de sa libération.

    On peut imaginer qu'au-delà de la Cour Suprême, le gouvernement pakistanais a donné son feu vert pour l'acquittement et nous l'en félicitons. Il va maintenant falloir faire face, alors que des émeutes ont déjà éclaté dans le pays. Les groupes islamistes mettent à exécution les menaces proférées en amont du jugement. Ils souhaitent, là comme ailleurs, imposer leur loi.

    Au cours des prochains jours, nous serons particulièrement attentifs au sort des communautés chrétiennes, des cibles faciles pour les représailles des groupes extrémistes musulmans.

    Au-delà de la libération d'Asia Bibi, on ne peut que déplorer le sort des minorités religieuses au Pakistan, en particulier les chrétiens, qui représentent à peu près 3% de la population, souvent marginalisés, discriminés, au plus bas de l'échelle sociale, et qui font régulièrement l'objet d'attentats, surtout au moment des grandes fêtes chrétiennes.

    Pour conclure, nous pouvons espérer que cet acquittement fera jurisprudence et que, dorénavant, la justice pakistanaise surveillera de plus près toute éventuelle accusation de blasphème. À terme, nous espérons que très rapidement, la loi anti-blasphème soit supprimée. Il n'est pas question d'encourager le blasphème mais de supprimer une loi inepte qui est le plus souvent instrumentalisée pour simplement régler des problèmes de voisinage.

    Si les chrétiens au Pakistan pouvaient dorénavant être un peu plus respectés, la dramatique épreuve d'Asia Bibi n'aura pas été vaine.

  • Asia Bibi acquittée et libre

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    A voir sur aleteia.org :

    Sylvain Dorient

    Asia Bibi acquittée, le Pakistan en suspens

    Sylvain Dorient

    Loi anti-blasphème : la jurisprudence Asia Bibi pourrait changer les choses

    Athénaïs Clicquot

    Vidéo : Asia Bibi, une foi indestructible

    ... et sur le site de l'Aide à l'Eglise en Détresse :

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE :

    Innocentée, Asia Bibi est condamnée à l’exil

    L’AED se réjouit de l’acquittement d’Asia Bibi, première femme condamnée à mort au titre de la loi anti-blasphème et emprisonnée depuis 9 ans au Pakistan, mais dépl...

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    PAKISTAN :

    « À l’annonce de la libération d’Asia Bibi, la vie s’est arrêtée ! »

    Deux prêtres au Pakistan témoignent de la joie et de la crainte mêlées qui accompagnent l’acquittement et l’annonce de la libération d’Asia Bibi. La Cour suprême du Pakis...

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    PAKISTAN :

    « La famille d’Asia Bibi a dansé de joie »

    Les proches d’Asia Bibi ont décrit aujourd’hui la nouvelle de l’acquittement de celle-ci comme « le moment le plus merveilleux » de leur vie et ont remercié D...

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  • La Cour Européenne des Droits de l'Homme défend ceux qui blasphèment contre le christianisme, mais condamne ceux qui blasphèment contre l'islam...

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    De Paul Sugy sur le site du Figaro Vox :

    Délit de blasphème : «La CEDH n'est pas Charlie !»

    FIGAROVOX/ENTRETIEN - Selon le docteur en droit Grégor Puppinck, en confirmant jeudi la condamnation d'une Autrichienne qui avait évoqué en public la «pédophilie» de Mahomet, la CEDH reconnaît l'existence d'un délit de blasphème.

     

    Grégor Puppinck est docteur en droit et directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ). Il est membre du panel d'experts de l'OSCE sur la liberté de conscience et de religion. Il est l'auteur d'une étude sur l'objection de conscience et les droits de l'homme, publiée aux éditions du CNRS en 2016. Prochain livre à paraître: Les droits de l'homme dénaturé (Le Cerf, novembre 2018).


    Les faits. En Autriche, lors d'une conférence organisée au sein du FPÖ et intitulée «connaissance élémentaire de l'islam», la conférencière et responsable du FPÖ a été condamnée pour avoir dit, à propos du mariage de Mahomet avec une fillette de 6 ans et de sa consommation sexuelle à l'âge de 9 ans: «Comment appelons-nous cela, si ce n'est de la pédophilie?». Elle voulait notamment alerter sur la pratique du mariage des mineurs dans l'islam, suivant l'exemple de Mahomet. Alors qu'elle a contesté en 2012 cette condamnation devant la Cour européenne des droits de l'homme, cette dernière a confirmé la décision des juges autrichiens dans un arrêt rendu public jeudi 25 octobre. L'ECLJ est intervenu dans cette affaire pour défendre la plaignante.

    FIGAROVOX.- La Cour européenne des droits de l'homme vient de confirmer la condamnation d'une Autrichienne qui avait évoqué lors d'un meeting la «pédophilie» de Mahomet. Sur quel motif s'appuie cette condamnation?

    Grégor PUPPINCK.- Le seul véritable motif de cette décision est la peur des musulmans. La Cour le dit expressément: les autorités autrichiennes ont eu raison de condamner ces propos pour préserver la «paix religieuse» et la «tolérance mutuelle» dans la société autrichienne. Selon la Cour, les États auraient à présent, et c'est nouveau, «l'obligation d'assurer la coexistence pacifique de toutes les religions et de ceux n'appartenant à aucune religion, en garantissant la tolérance mutuelle».

    La Cour développe plusieurs arguments à l'appui de sa conclusion.

    D'abord, elle juge l'intention même de la conférencière, et la condamne en estimant qu'elle n'a pas tant cherché à informer le public qu'à «dénigrer» Mahomet et à démontrer «qu'il n'est pas digne d'être vénéré», et par suite à inciter à la violence. Ainsi, dénigrer Mahomet n'est pas protégé par la liberté d'expression: il ne faudrait en parler qu'avec respect et des bonnes intentions!

    La Cour a jugé ensuite - de façon incroyable - que ces propos n'étaient pas l'expression d'un fait mais d'un jugement de valeur personnel et hostile, car la conférencière n'aurait pas resitué les faits dans leur contexte historique, ni précisé que la première épouse de Mahomet était bien plus âgée que lui. Dès lors, elle aurait «généralisé» la pédophilie de Mahomet de façon malveillante. Pour la Cour, alors, la conférencière était de mauvaise foi, et c'est «légitimement» que les musulmans auraient pu se sentir «offensés» par ces propos et que les juridictions autrichiennes les ont condamnés.

    » LIRE AUSSI - Interdiction de la burqa: bras de fer entre l'ONU et la CEDH

    Cette décision est grave à mes yeux. D'abord parce qu'elle se résigne à l'intolérance et même à la violence des musulmans face à la critique, et qu'elle renonce à défendre fermement la liberté d'expression sur l'islam. En fait, c'est la violence même des musulmans qui justifierait et exigerait que leurs croyances soient davantage protégées contre les critiques.

    Plus profondément, cette décision est aussi très grave car elle fait primer les objectifs de «tolérance mutuelle» et de «coexistence pacifique» sur la liberté de pensée et d'expression en matière religieuse. Elle permet de museler la critique de l'islam au nom du vivre-ensemble. Cela va à rebours de la modernité occidentale qui exige au contraire de soumettre l'islam à la critique historique, sans peur de bousculer les croyances de ses adeptes et même de provoquer des tensions.

    Mais pour estimer et protéger le débat critique et la controverse, il faut encore croire en la vérité et en la vertu. Ce n'est malheureusement pas le cas de cette décision qui est purement relativiste. Faire de la tolérance et de la coexistence des valeurs et des objectifs en soi est une abdication de l'esprit. La société européenne ne doit pas renoncer à être fondée sur la justice et la vertu qui sont, par définition, intransigeantes.

    Ultimement, la logique de la coexistence et du vivre-ensemble repose sur le dogme absurde de l'égalité des religions. Pour ma part, je suis convaincu qu'il est urgent de détruire ce dogme, de critiquer et de comparer les religions par rapport à leur contribution au bien de l'humanité. Quant à la liberté d'expression, je pense que seule la diffusion d'obscénités gratuitement offensantes et inutiles au débat ainsi que les propos incitant à la violence immédiate peuvent être restreints. Tout autre propos - surtout lorsqu'il s'appuie sur des faits réels - devrait être protégé au titre de la liberté d'expression.

    La décision rendue par la CEDH aurait justifié la condamnation des caricatures de Charlie Hebdo, mais aussi de Voltaire, Ernest Renan ou encore Auguste Comte. La Cour européenne des droits de l'homme n'est pas vraiment Charlie...

    N'est-il pas étonnant de voir la CEDH maintenir un «délit de blasphème» alors même que, partout en Europe, il tend à disparaître? Les Irlandais s'apprêtent par exemple à le retirer de leur Constitution.

    Oui, il est vrai que depuis 2009, les instances internationales et européennes se sont toutes déclarées en faveur de l'abolition du délit de blasphème. C'est pourquoi il a été retiré du droit local alsacien en 2016, et que les Irlandais s'apprêtent à faire de même prochainement. Cette décision de Strasbourg va donc à contre-courant.

    En fait, cette tendance est une réaction de défense face à l'offensive menée à l'ONU par l'Organisation de la Conférence Islamique pour créer en droit international un délit de blasphème sous l'appellation de «diffamation de l'islam». Il y a donc eu un conflit en droit international entre les conceptions musulmane et occidentale de la liberté d'expression en matière religieuse. La Cour, dans cette affaire, a opté pour la conception musulmane… conforme à la charia.

    En somme, la CEDH défend ceux qui blasphèment contre le christianisme, mais condamne ceux qui blasphèment contre l'islam...

    Force est de constater que dans deux jugements récents, la Cour a adopté une position inverse en accordant sa protection à des blasphèmes contre la religion chrétienne. Il ne s'agissait pas, dans ces affaires, de débat historique, mais de simples publicités commerciales et d'activisme politique.

    Il y a d'abord eu l'affaire des publicités représentant le Christ et la Vierge Marie comme des junkys tatoués et lascifs. La Cour de Strasbourg n'a pas admis la condamnation de ces publicités, alors même qu'elles choquaient gratuitement, dans un seul objectif commercial. Elle a condamné la Lituanie.

    Il y a ensuite eu l'affaire des «Pussy Riot», ce fameux groupe d'agitatrices punk qui avait été lourdement condamné en Russie pour avoir organisé un concert sauvage dans le chœur de la Cathédrale orthodoxe de Moscou. Ici encore, la CEDH a protégé leur liberté d'expression, reconnaissant tout au plus qu'une réaction au manquement à des règles ordinaires de conduite dans un lieu de culte aurait pu être justifiée.

    On peine à s'expliquer la divergence d'approches de la Cour entre ces différentes affaires.

    Ailleurs dans le monde, une jeune femme, Asia Bibi, a été condamnée à mort pour blasphème. Que font les défenseurs des droits de l'homme?

    L'ECLJ dispose d'un bureau au Pakistan qui y défend courageusement les nombreux chrétiens persécutés, tels qu'Asia Bibi. Face à l'islam, nous avons aussi besoin en Europe de défenseurs courageux des droits de l'homme. Ce n'est pas le signal que donne la Cour européenne avec cette décision... J'espère que cette affaire sera rejugée, en appel, devant la Grande Chambre de la Cour européenne, et que celle-ci saura alors faire preuve du courage qu'exigent les circonstances actuelles.

  • Norvège : une victoire en faveur de l'objection de conscience

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    EN NORVÈGE, UNE VICTOIRE EN FAVEUR DE L'OBJECTION DE CONSCIENCE

    synthèse de presse bioéthique de genethique.org

  • Inadmissible, la peine de mort ? Tel n'est pas l'enseignement constant de l'Eglise.

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    De Cyrille Dounot, Doctorant en histoire du droit et des institutions à l'Université de Toulouse, sur le site de la revue Catholica

    Une solution de continuité doctrinale. Peine de mort et enseignement de l’Église 

    « Si l’Évangile interdit aux États d’appliquer jamais la peine de mort, saint Paul lui-même alors a trahi l’Évangile » Cardinal Journet [1]

    Le 11 mai 2018, lors d’une audience concédée au préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le pape a approuvé une nouvelle version du § 2267 du Catéchisme de l’Église catholique (CEC) indiquant notamment : « L’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que la peine de mort est inadmissible. » Cette modification doctrinale est actée par un simple rescrit, réponse écrite d’ordre administratif, donné lors d’une audience ordinaire, ex Audentia Sanctissimi.

    Daté du 1er août 2018, il indique seulement que le nouveau texte sera promulgué « par impression dans LOsservatore Romano, entrant en vigueur le même jour, et ensuite sera publié dans les Acta Apostolicæ Sedis ». Il s’agit d’un texte juridique de faible envergure, employé ordinairement pour des questions règlementaires, et non doctrinales. De surcroît, l’approbation pontificale de ce nouveau paragraphe n’a pas été faite en « forme spécifique », qui abrogerait toute disposition antérieure traitant du même sujet. Le texte latin porte que le pape en a simplement « approuvé la formulation ». Il s’agit d’une approbation en « forme générique », permettant de soutenir que les dispositions antérieures contraires peuvent être tenues pour toujours valables. Enfin, ce texte de forme juridique mineure cache mal un mépris des formes et des institutions, en établissant que son entrée en vigueur dépend d’une publication dans la presse officieuse du Saint-Siège (dérogeant au principe établi par le can. 8, §1), laissant dédaigneusement au journal officiel du Vatican le soin d’en assurer une copie.

    En cela, cette modification du CEC s’éloigne grandement du formalisme respecté tant pour l’adoption du texte originel, par la constitution apostolique Fidei depositum, le 11 octobre 1992, que pour sa révision en 1997, par la lettre apostolique Laetamur magnopere, aboutissant à l’édition typique en latin, texte faisant foi et non modifié depuis. Le changement opéré n’obéit aucunement à une procédure semblable, et ne respecte aucun parallélisme des formes. Il provient initialement non d’un concile œcuménique, soutenu par un synode des évêques épaulé par une commission de spécialistes, mais d’une idée particulière au pontife régnant, exprimée dès le début de son pontificat dans des textes dépourvus de forte autorité magistérielle. Il s’agit d’une Lettre aux participants au XIXe Congrès de l’Association internationale de droit pénal et du IIIe Congrès de l’Association latino-américaine de droit pénal et de criminologie, le 30 mai 2014, d’un Discours à une délégation de l’Association Internationale de Droit Pénal, le 23 octobre 2014, ou encore d’une Lettre au président de la Commission internationale contre la peine de mort, le 20 mars 2015.

    La formulation nouvelle du paragraphe en question s’en ressent, puisque l’unique autorité doctrinale citée à l’appui du propos est un autre texte du même pontife, un Discours aux participants à la rencontre organisée par le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, daté du 11 octobre 2017.

    Cette approche externe ne doit pas occulter le point le plus délicat, et le plus douloureux de cette expression de la volonté pontificale, à savoir la solution de continuité doctrinale. Quelle que soit la manière d’aborder la question, le catholique est placé devant un mystère, sinon d’iniquité, du moins de l’entendement. Jusqu’au pape actuel, le catéchisme exposait que « l’enseignement traditionnel de l’Église n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort » (CEC, § 2267) ; désormais, le pape affirme que ce recours est inadmissible, « à la lumière de l’Évangile ». Les positions semblent inconciliables, et nous laissons le dénouement de ce problème aux théologiens et aux pasteurs. Contentons-nous d’évoquer d’abord l’enseignement pérenne de l’Église sur la question de la peine de mort, et ensuite d’évaluer les raisons apportées à un tel revirement.

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  • L'"affaire Asia Bibi" serait-elle proche de son terme ?

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    Du site de l'hebdomadaire La Vie :

    Quel avenir pour Asia Bibi ?

    Interview Laurence Desjoyaux

    Au Pakistan, l’affaire Asia Bibi touche peut-être à son terme. Alors que le dernier recours de la chrétienne condamnée pour blasphème en 2009 a été examiné lundi 8 octobre par la Cour suprême du Pakistan, des membres du parti politique islamiste ultra-violent Tehreek-e-Labbaik ont manifesté en hurlant le slogan : « Il faut pendre Asia Bibi » et annoncé qu’ils s’en prendraient aux juges si celle-ci était acquittée. Marc Fromager, directeur de l’Aide à l’Église en détresse (AED), revient cette affaire devenue le symbole de la liberté religieuse.

    Vous venez de rencontrer le mari et la fille d’Asia Bibi. Quel est leur état d’esprit ?

    J’ai effectivement rencontré Ashiq, le mari d’Asia Bibi et Eisham, sa fille de 18 ans, ce week-end en Angleterre, où ils étaient invités par l’AED Grande-Bretagne. Cela fait 9 ans qu’ils espèrent voir leur épouse et leur mère libre, et on sent chez eux une grande lassitude. Mais ils accueillent avec espoir ce jugement qui aurait été rendu lundi mais qui est pour l’instant tenu secret... Il est difficile de savoir si cet espoir est dans la continuité de l’espérance qui les fait s’accrocher, envers et contre tout, depuis toutes ces années, ou si cette fois-ci, vraiment, ils estiment qu’une libération rapide est possible. Pour ma part, je crois que le fait que le jugement soit tenu secret est plutôt le signe d’une bonne nouvelle, même si on doit encore attendre quelques jours probablement pour connaître le verdict. Mais comme tout est possible, il se peut aussi que l’affaire soit encore relancée pour un an ou deux...

    Pouvez-nous nous rappeler justement où en est l’« affaire » Asia Bibi aujourd’hui ?

    Asia Bibi est une mère de famille qui a été arrêtée en juin 2009 et condamnée à mort pour blasphème en juin 2010. Cela fait donc depuis plus de huit ans qu’elle est dans le couloir de la mort. Les instances judiciaires du pays font face à de très fortes pressions venant d’une minorité d’islamistes radicaux au Pakistan, si bien que la menace d’une exécution a réellement plané sur elle pendant toutes ces années. Diverses possibilités de recours ont été successivement épuisées, jusqu’au lundi 8 octobre dernier où la cour suprême du Pakistan s’est réunie pour étudier le dernier appel. C’est la dernière étape de la procédure. Le jugement a été gardé secret, ce qui peut signifier deux choses : soit la condamnation est confirmée et Asia Bibi sera pendue dans les jours qui viennent, soit elle est au contraire libérée et les autorités pakistanaises veulent organiser son exfiltration vers l’étranger avant que le jugement ne soit rendu public, afin d’éviter des représailles contre elle ou sa famille.

    Aujourd’hui, signer par exemple des pétitions pour faire pression sur le gouvernement pakistanais est inutile, voire contreproductif.

    Vous le rappeliez, cette affaire dure depuis bientôt dix ans : pourquoi le cas d’Asia Bibi est-il si compliqué à régler ?

    Je pense que le gouvernement pakistanais aimerait beaucoup se débarrasser de cette affaire qui est vraiment une ombre sur l’image du pays, d’autant plus qu’elle a suscité une importante mobilisation internationale. Mais en interne, il y a au Pakistan une minorité d’islamistes radicaux – on a du mal à savoir ce qu’ils représentent exactement – qui souhaite qu’Asia Bibi soit condamnée au nom de cette loi contre le blasphème et qui n’accepterait pas la clémence. Quel que soit le verdict, il y aura de grandes manifestations de la part de cette minorité agissante. Ce seront des manifestations de joie si elle est pendue, c’est terrible à dire, ou bien des manifestations violentes si elle est libérée, avec le risque que la petite communauté chrétienne pakistanaise soit victime de représailles.

    Faut-il une mobilisation internationale autour d’Asia Bibi pour la faire libérer ?

    La question est compliquée. La mobilisation internationale, au début de l’affaire, a probablement sauvé la vie d’Asia Bibi, et l’AED y a largement participé. Mais cette même mobilisation a fait d’elle une icône, ce qui rend sa libération aujourd’hui presque impossible. La stratégie adoptée par la Commission Justice et Paix au Pakistan, l’organe de l’Église catholique qui suit le dossier, a donc été de demander qu’on en parle le moins possible. Cela ne veut pas dire qu’Asia Bibi a été oubliée, bien au contraire. Cette commission s’est chargée d’apporter un soutien financier à sa famille, de financer les avocats, etc. Mais aujourd’hui, signer par exemple des pétitions pour faire pression sur le gouvernement pakistanais est inutile, voire contreproductif. Cette pression est utilisée par les islamistes pour montrer que toute décision autre que la peine de mort serait dictée par les Occidentaux.

    Si Asia Bibi devait être exfiltrée du Pakistan, où serait-elle accueillie ?

    J’imagine que la seule façon pour que cela se passe bien est qu’Asia Bibi soit exilftrée avec sa famille par l’armée pakistanaise vers un pays occidental. J’ai demandé à son mari où ils iraient et il a répondu : « Dieu y pourvoira ». Je pense que lui-même ne le sait pas encore forcément, et surtout que ce lieu refuge devra être tenu secret pendant longtemps, sûrement plusieurs années, car même sortie de sa prison au Pakistan, Asia sera en danger tant elle est devenue un symbole.

  • Qu'est-ce que le "secret pontifical" ?

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    confidential shutterstock_1176500848.jpgDans le cadre de l’affaire MacCarrrick, le cardinal Ouellet a évoqué le secret pontifical pour s'abstenir de divulguer publiquement certains faits graves. Qu'est donc ce secret pontifical ? Un lecteur du site web « Le Forum Catholique » traduit la réponse à cette question publiée par le « The Catholic World Report » :

    « Traduction :

    Suite aux allégations de l'archevêque Carlo Maria Viganò sur l'affaire de l'archevêque Theodore McCarrick, de nombreuses personnes ont réclamé la publication des archives officielles du Vatican concernant l'ancien cardinal. Bien que cela puisse sembler le moyen le plus simple d’évaluer la véracité des affirmations de Viganò, de nombreux documents en question pourraient être protégés par le «secret pontifical». Mais qu’est-ce que c’est?

    Le secret pontifical, également appelé parfois secret du pape, est une règle de confidentialité protégeant les informations sensibles relatives à la gouvernance de l'Église universelle. Il est similaire au statut «classifié» ou «confidentiel» commun aux sociétés ou aux gouvernements civils.

    Alors que l'utilisation du mot anglais «secret» en relation avec les documents et processus de l'Église est souvent invoquée de manière dramatique, le terme est en réalité emprunté au mot latin «secreto», qui signifie simplement «confidentiel».

    Selon le «Secreta continere», instruction canonique émise par le Secrétariat d’État en 1974, les personnes liées par le secret pontifical prêtent serment au début de leur service dans la Curie ou dans le corps diplomatique, en promettant «en aucune manière, sous n'importe quel prétexte, soit de plus grand bien, soit de raison très urgente et très grave ", de briser le secret.

    Les matériaux couverts par le secret pontifical comprennent les communications diplomatiques établies entre les nonciatures à travers le monde, mais s’appliquent également à divers autres sujets. Ceux-ci comprennent des dossiers privés et des recommandations sur les prêtres et les évêques dont la promotion est envisagée. De manière controversée, le secret couvre également les processus pénaux relatifs aux crimes majeurs traités par la Congrégation pour la doctrine de la foi, y compris les affaires de violences sexuelles sur mineurs.

    Les raisons pour lesquelles le secret est appliqué à différents matériaux dépendent des circonstances. Les communications privées entre ce qui sont en réalité des ambassades papales et le secrétariat d’État du Vatican sont protégées de la même manière par la confidentialité, et pour les mêmes raisons, les autres correspondances diplomatiques sont classées. Les dossiers relatifs aux évêques ou aux futurs évêques sont traités de la même manière que les questions confidentielles relatives au personnel sont traitées dans des entreprises ou d’autres institutions.

    Dans les affaires judiciaires, le secret est censé protéger la vie privée des victimes, la réputation de l'accusé (du moins jusqu'à ce qu'elles soient déclarées coupables) et même la confidentialité des accusateurs, qui pourraient être sous l'autorité d'une personne sous enquête.

    En ce qui concerne le cas de l'archevêque McCarrick, les dossiers du Vatican pourraient contenir des documents couvrant toutes ces catégories. Outre les procédures pénales possibles et les circonstances entourant ses diverses promotions - y compris ce qui était connu de son comportement à différents moments -, les enregistrements pourraient également concerner tout travail entrepris par McCarrick en tant qu'envoyé pontifical dans différents endroits, notamment en Chine.

    Comme son nom l'indique «secret pontifical», seul le pape - ou une personne qu'il habilite - peut le dispenser. Ceux qui espèrent que les autorités curiales agissent de leur propre initiative, même pour le bien supposé de l'Église, risquent d'être déçus. S'ils le faisaient, ils pourraient se voir imposer des mesures disciplinaires au même titre que n'importe quel responsable gouvernemental s'ils devaient divulguer des documents classifiés sans autorisation.

    La gravité de toute violation du secret par les officiers de la magistrature dans l’affaire McCarrick dépendrait de la nature des documents divulgués.

    Fr. Pablo Gefaell Chamochín, avocat canonique et professeur à l'Université pontificale de la Sainte-Croix de Rome, a déclaré à l'AIIC que si une personne est jugée avoir agi en violation du secret pontifical, elle peut être punie.

    Se référant aux instructions du Secrétariat d’État, Gefaell a déclaré: "Si la violation du secret pontifical devient connue, le dicastère compétent pourra infliger une pénalité proportionnelle à l'acte répréhensible et aux dommages qu'elle cause."

    Le droit canonique n'établit pas de sanction spécifique pour une violation du secret. Gefaell a précisé que le choix de la sanction appropriée pour une violation donnée serait laissé à la discrétion de l'autorité compétente du Vatican.

    En ce qui concerne la publication éventuelle de documents relatifs à l'archevêque McCarrick, potentiellement conservés soit à la nonciature apostolique de Washington, soit à la Congrégation pour des évêques à Rome, seul le pape François peut ordonner leur déclassification effective. »

    Ref. Qu'est donc ce secret pontifical ?

    Faut-il le préciser, le secret pontifical ne peut évidemment jamais avoir pour objet de dissimuler des infractions pénales ou des actes que la morale catholique réprouve et -faut-il l’ajouter- le droit canonique est interne à l’Eglise : il n’aucune force contraignante sur les dispositions impératives de la  législation de l’Etat.  

    JPSC

  • Le calvaire d'Asia Bibi n'est toujours pas terminé

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    Lu sur le site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (France) :

    PAKISTAN : Dernier espoir judiciaire pour Asia Bibi

    Aujourd’hui, lundi 8 octobre, la Cour suprême du Pakistan a examiné l’ultime recours judiciaire déposé par Asia Bibi, première femme condamnée à mort au titre de la loi anti-blasphème et emprisonnée depuis 9 ans.

    La Cour suprême du Pakistan a examiné aujourd’hui, lundi 8 octobre, l’ultime recours judiciaire déposé par Asia Bibi, première femme condamnée à mort au titre de la loi anti-blasphème et emprisonnée depuis 9 ans. Elle a indiqué « réserver [sa] décision pour le moment », sans préciser quand celle-ci sera rendue publique.

    Un sujet extrêmement sensible

    Accusée d’avoir « insulté » le prophète Mahomet lors d’une altercation avec des femmes musulmanes de son village qui avaient refusé de boire de l’eau dans un verre que venait d’utiliser Asia Bibi, celle-ci, chrétienne, avait été condamnée à la peine capitale le 11 novembre 2010, sur le fondement de l’article 295-C du code pénal. Cet article, controversé, punit de la peine de mort toute offense faite à MahometCette sentence avait été confirmée par la Cour d’appel de Lahore en octobre 2014.

    Dans ce dossier particulièrement sensible, les audiences ont fait l’objet de renvois à de nombreuses reprises – les magistrats subissant des intimidations de la part des islamistes. En octobre 2016, une précédente audience devant la plus haute instance judiciaire du Pakistan avait été annulée, suite au désistement inattendu de l’un des juges.

    Si la Haute Cour devait confirmer la sentence, seule une grâce présidentielle pourrait sauver Asia Bibi. Le nouveau Premier ministre pakistanais, Imran Khan a déclaré durant la dernière campagne électorale qu’il soutenait la législation en vigueur.

    Dans un pays où l’islam est religion d’Etat, le blasphème constitue un sujet extrêmement sensible et cette affaire, particulièrement médiatisée, divise l’opinion publique. Ainsi, les islamistes exigent l’exécution d’Asia Bibi alors que les défenseurs des droits de l’homme dénoncent une législation souvent instrumentalisée pour régler des conflits personnels. De simples allégations se terminent régulièrement par des lynchages et les chrétiens, minorité persécutée, sont fréquemment visés. Ainsi, selon la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Pakistan, 964 personnes ont été condamnées pour blasphème entre 1986 et 2009. Parmi eux, on compte 479 musulmans, 119 chrétiens, 340 ahmadis, 14 hindous et dix appartenant à d’autres religions.

    Un discret soutien moral, financier et spirituel

    « Il est positif de savoir qu’après tant d’attente, Asia Bibi pourra avoir une audience, a déclaré à Fides le pères James Channan, directeur du Peace Center de Lahore, engagé dans le dialogue entre chrétiens et musulmans. De nombreuses personnes prient pour sa libération, au Pakistan et de par le monde [et] nous espérons fermement que, grâce à la prière incessante, elle pourra être relâchée. »

    L’Eglise catholique au Pakistan avait appelé à adopter une certaine discrétion sur cette affaire, afin de ne pas compromettre l’éventuelle libération d’Asia Bibi et de ne pas mettre en danger ses proches. Le 2 mars 2011, Shahbaz Bhatti, ministre catholique des Minorités religieuses, avait été tué pour avoir apporté un soutien à Asia Bibi et avoir remis en cause les lois anti-blasphème.

    Depuis lors, l’AED apportait un discret soutien moral, spirituel et financier à Asia Bibi et à sa famille. Ainsi, c’est à l’initiative de l’AED qu’en février dernier le pape François avait reçu la famille d’Asia Bibi ; il n’avait alors pas hésité à qualifier celle-ci de « martyr ».

  • Pape François : l’affaire McCarrick est renvoyée à une étude « approfondie ».

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    Lu sur le site de notre confrère « diakonos.be » :

    Mc Carrick 43302789_2156926611231110_6536636235316723712_n.jpg« Après la publication des accusations concernant conduite de l’Archevêque Theodore Edgar McCarrick, le Saint-Père François, bien conscient et préoccupé du désarroi que celles-ci provoquent dans la conscience des fidèles, a demandé que l’on publie le communiqué suivant :

    En septembre 2017, l’Archidiocèse de New-York a signalé au Saint-Siège qu’un homme accusait celui qui était encore le cardinal McCarrick d’avoir abusé de lui dans les années soixante-dix. Le Saint-Père a décidé d’ouvrir une enquête préalable approfondie sur le sujet, qui s’est déroulée à l’Archidiocèse de New-York, et au terme de celle-ci, les documents pertinents ont été transmis à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Entretemps, étant donné que des graves indices étaient apparus au cours de l’enquête, le Saint-Père a accepté la démission de l’Archevêque McCarrick du Collège des cardinaux, en lui interdisant d’exercer publiquement le ministère et en lui ordonnant de mener une vie de prière et de pénitence.

    Le Saint-Siège ne manquera pas de publier en temps voulu les conclusions de l’affaire impliquant l’Archevêque McCarrick. Concernant les autres accusations portées contre le prélat, le Saint-Père a décidé que les informations recueillies au cours de l’enquête préalable devaient être rassemblées avec une étude approfondie ultérieure de tous les documents se trouvant dans les archives des Dicastères et des Bureaux du Saint-Siège concernant l’ex-cardinal McCarrick dans le but de vérifier tous les faits le concernant, de les replacer dans leur contexte historique et de les évaluer objectivement.

    Le Saint-Siège est bien conscient qu’il pourrait ressortir de l’examen des faits et des circonstances des choix qui ne seraient pas cohérents avec l’approche actuelle de ces questions. Toutefois, comme a déclaré le Pape François, « nous suivrons le chemin de la vérité, où qu’il puisse nous conduire » (Philadephie, 27 septembre 2015). Ni les abus ni leur couverture ne sera plus toléré. Traiter différemment les évêques qui les ont commis où qui les ont couverts représente en fait une forme de cléricalisme qui ne sera plus jamais accepté.

    Le Saint-Père François renouvelle son invitation pressante à rassembler les forces pour combattre la grave plaie des abus au sein et hors de l’Église et pour éviter que de tels crimes ne soient encore commis à l’avenir au dépens des innocents et des plus vulnérables de notre société. Comme annoncé précédemment, il a convoqué les Présidents des Conférences épiscopales du monde entier en février prochain alors que résonnent encore les mots de sa récente Lettre au peuple de Dieu : « Le seul chemin que nous ayons pour répondre à ce mal qui a gâché tant de vies est celui d’un devoir qui mobilise chacun et appartient à tous comme peuple de Dieu. Cette conscience de nous sentir membre d’un peuple et d’une histoire commune nous permettra de reconnaitre nos péchés et nos erreurs du passé avec une ouverture pénitentielle susceptible de nous laisser renouveler de l’intérieur. »

    Source: salle de presse du Saint-Siège
     

    Ref. Pape François : l’affaire McCarrick  est renvoyée à une étude « approfondie ». 

    JPSC 

    Le commentaire de Marco Tosatti