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liturgie

  • La nouvelle traduction du Notre Père est-elle satisfaisante ?

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    De l'abbé Guillaume de Tanoüarn, sur Metablog :

    Nouvelle traduction du Notre Père

    Les années passent, la Réforme liturgique a presque 50 ans, mais le malaise persiste à son sujet. Le moins que l’on puisse dire est que son instauration obligatoire n’a pas permis à l’Eglise romaine d’échapper à la plus grave crise de son histoire. Faut-il revenir sur cette réforme ? Dès 1970, un an après son instauration, le pape Paul VI, cédant à la pression des traditionalistes, avait modifié l’Institutio generalis, qui, dans l’article 7 de sa première version, expliquait que la présence eucharistique était celle à laquelle le Christ faisait allusion lorsqu’il déclarait : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je serai au milieu d’eux ». On avait également ajouté la mention du « sacrifice eucharistique » qui ne se trouvait pas dans la première version. En 2002 Jean-Paul II proposa une nouvelle présentation générale du Missel romain, dans laquelle on insistait sur l’exactitude dans l’observation des règles liturgiques et sur le sens du sacré.

    Pour ceux qui ne veulent toujours pas revenir sur cette réforme mais qui reconnaissent que dans l’esprit quelque chose n’allait pas, au moment où elle a été instaurée, reste la question des traductions du latin dans les langues vernaculaires, et pour nous en l’occurrence, reste les problèmes que pose la traduction française. Mgr Aubertin, évêque de Tours, avait promis que la nouvelle traduction serait prête pour le premier dimanche de Carême de l’année… 2017. Pour l’instant, on ne nous parle plus de cette entreprise titanesque. Mais on nous promet (c’est un vote de la Conférence épiscopale dans son assemblée de printemps qui nous le garantit) une nouvelle traduction du Notre Père pour le 3 décembre 2017. Au premier dimanche de l’Avent, on ne dira plus « Ne nous soumets pas à la tentation » mais « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».

    Vous me traiterez peut-être de traditionaliste grincheux, mais, tout comme Mgr Aubertin d’ailleurs, qui s’est exprimé sur la question, je ne crois pas à l’exactitude de cette nouvelle traduction. Cette fois il s’agit de métaphysique. Ce qui est en cause, encore et toujours, c’est le problème du mal. « Dieu est fidèle, dit saint Paul, et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-dessus de vos forces » (Rom. 8). Dieu permet que nous soyons tentés. La tentation est le révélateur de l’amour. La tentation est la matrice de nos libertés réelles. Simplement Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces. C’est ainsi que nous prions Dieu, non pas pour que nous n’entrions pas en tentation : nous ne sommes pas dans le monde des bisounours métaphysiques. Le salut est une lutte ! Il faut engager cette lutte sous peine de ne jamais savoir à quoi elle nous mène, sous peine de ne pas connaître ce salut « qui transformera nos corps de misère en corps de gloire ».

    Dieu permet que nous soyons tentés, mais « Dieu ne tente personne » dit l’apôtre saint Jacques (Jacques 1, 14), parce qu’il n’y a pas en Lui une once de mal. Chacun est tenté ou « amorcé » (c’est le mot de saint Jacques) par sa propre convoitise. Mais en même temps, il faut bien reconnaître que Dieu permet la tentation, même s’il n’en est pas la cause. Autant donc la formule « Ne nous soumets pas à la tentation » est fausse, parce qu’elle laisse penser que Dieu nous obligerait à subir la tentation. Nous devons lui opposer le mot de saint Jacques : Dieu ne tente personne. Autant il est métaphysiquement impossible de ne pas admettre que Dieu, ayant créé le monde esclave de la vanité (Rom. 8, 21), n’ait métaphysiquement pris le risque que sa créature soit exposée à la tentation.

    Nous prions Dieu (c’est la version latine) pour qu’il ne nous laisse pas pénétrer (inducere) dans la tentation, pour qu’il ne nous abandonne pas alors que nous consommons la tentation, pour qu’il ne nous laisse pas succomber à la tentation. Cette dernière version (qui est aussi la plus ancienne en français) est une traduction légèrement périphrastique : pénétrer dans la tentation signifie en bon français y succomber, mais, c’est vrai, l’idée de « succomber » n’est pas indiquée explicitement dans le verbe « entrer dans » ou « pénétrer » qui est utilisé tant en latin que dans l’original grec. Succomber ? Le mot serait-il trop théâtral ? Pas sûr, vu ce qui est en jeu : le péché ou la grâce, la mort ou la vie. "Ne nous laisse pas succomber à la tentation", cela demeure, en tout cas, la traduction la plus exacte. Personnellement en tout cas, je déteste cette idée que l’on puisse demander à Dieu qu’il ne nous fasse même pas entrer… oui qu’il revoie tout son dispositif, pour ne pas nous faire « entrer » en tentation. Comme si nous étions parfaits, avant même d’avoir essayé de l’être.

    Mais il n'y a pas que la métaphysique du mal, il y a la religion, notre relation, notre rapport avec Dieu. J’ai une dernière objection contre la nouvelle traduction du Notre Père (déjà actée d’ailleurs dans la nouvelle Bible liturgique de 2013). Qui de nous est au-dessus de la tentation ? Qui de nous peut se targuer de n’être jamais entré en tentation ? Même le Christ a été tenté au Désert ! C’est le genre de prière, prise à la lettre, que Dieu n’exaucera jamais. Comment lui demander quelque chose qui va contre l’économie de sa Création ? Et pourquoi s’étonner si nous ne sommes pas exaucés ? Quand on multiplie ce genre de demandes absurdes par le nombre de fidèles et par le nombre de fois qu’ils vont réciter cette prière, cela donne légèrement le vertige…. Il y aurait eu « entrer dans la tentation », cela pourrait signifier : "Ne nous laisse pas moisir dans la tentation". on aurait pu se dire que la prière est simplement ambigüe : cela arrive souvent. Mais « entrer en tentation » ne laisse aucune chance à l’équivoque et nous fait retomber du mauvais côté, dans une métaphysique « sans mal », une métaphysique qui n’existe pas. Il me semble qu’il fallait le dire.

    Cet article est paru dans le n°938 du magazine Monde et vie, voici presque un an. Il redevient d'une actualité brûlante...

  • La révolution bergoglienne : à petites doses mais irréversible...

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    Une note de Sandro Magister parue dans « L’Espresso » n. 46 de 2017, à la page d’opinion intitulée "Settimo Cielo", traduite sur le site diakonos.be :

    La révolution de Bergoglio. A petites doses mais irréversible

    L’étoile du Pape François brille aujourd’hui plus fort que jamais sur la scène internationale depuis qu’il joue le rôle de pacificateur nucléaire entre les Etats-Unis et la Corée du Nord.  Mais au sein de l’Eglise aussi il se trouve aux prises avec une guerre mondiale par étapes, une drôle de guerre qu’il a lui-même contribué à déchaîner, archi-convaincu qu’il pourra la mener à bien.

    Si Jorge Mario Bergoglio est indiscutablement un innovateur, il l’est bien davantage en matière de méthode qu’en matière de résultats.

    Il a toujours introduit les nouveautés à petites doses, en catimini, parfois dans une note de bas de page allusive, comme dans le cas de la désormais célèbre note 351 de l’exhortation post-synodale Amoris laetitia, quitte à déclarer ensuite avec candeur, quand on l’interpelle sur le sujet au cours de l’une de ses tout aussi célèbres conférences de presse aériennes, ne même plus se souvenir de cette note.

    Et pourtant, ces quelques lignes sibyllines ont suffi à enflammer au sein de l’Eglise un conflit sans précédent dans lequel s’affrontent des conférences épiscopales entières, en Allemagne en faveur des nouveautés, en Pologne contre, et ainsi de suite dans le monde entier, diocèse contre diocèse, paroisse contre paroisse.  Ce qui se joue, ce n’est pas tant le oui ou le non à la communion des divorcés remariés mais bien la fin de l’indissolubilité du mariage et l’admission du divorce au sein de l’Eglise catholique également, comme c’est déjà le cas chez les protestants et chez les orthodoxes.

    Certains s’inquiètent de cette confusion qui envahit l’Eglise. Mais François ne fait rien pour remettre de l’ordre chez lui.  Il fonce tête baissée.  Sans se préoccuper le moins du monde des cardinaux qui lui soumettent leurs « dubia » et ceux de tant d’autres sur des questions clés de la doctrine qu’ils voient menacée et qui lui demandent de faire la clarté.  Il laisse courir les interprétations les plus disparates, aussi bien conservatrices qu’ultra-progressistes sans jamais condamner explicitement personne.

    L’important pour lui c’est de « jeter la graine pour que la force se déchaîne », et de « mélanger le levain pour que la force fasse grandir », selon les termes qu’il a lui-même utilisés dans une homélie à Sainte-Marthe il y a quelques jours. Et « si je me salis les mains, Dieu soit loué !  Malheur à ceux qui prêchent avec l’illusion de ne pas se salir les mains.  Ceux-là sont des gardiens de musée ».

    Pascal, le philosophe et l’homme de foi que François déclare vouloir béatifier, avait eu des paroles incendiaire pour les jésuites de son époque qui jetaient en pâture leurs thèses les plus audacieuses pour faire en sorte qu’elles prennent peu à peu racine et qu’elles deviennent la pensée commune.

    C’est exactement ce que fait aujourd’hui le premier pape jésuite de l’histoire : il met en route des « processus » dans lesquels il sème les nouveautés qu’il souhaite à terme voir triompher, dans les domaines les plus divers, comme par exemple concernant le jugement sur le protestantisme.

    Quand il était en Argentine, Jorge Mario Bergoglio proférait des invectives terribles contre Luther et Calvin.  Mais depuis qu’il est pape, il fait tout le contraire et n’a plus pour Luther que des éloges.  Au cours d’une visite à l’église luthérienne de Rome, quand on lui a demandé si catholiques et protestants pouvaient communier ensemble malgré que les premiers croient que le pain et le vin deviennent « réellement » corps et sang du Christ au contraire des seconds, il a répondu oui, et puis non, et puis je ne sais pas, et puis faites comme vous le sentez, s’embrouillant dans des propos contradictoires mais donnant en pratique le feu vert.

    La véritable nouveauté du pontificat de François, c’est la liquidité de son magistère. Ce qu’il ne tolère pas c’est que quelqu’un ose le fixer dans des idées claires et distinctes en le dépouillant de ce qu’il contient d’innovant.

    Quand le cardinal Gerhard L. Müller, en tant que Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, s’obstinait à dire qu’il il n’y avait rien de nouveau dans Amoris laetitia par rapport à la tradition, il l’a brutalement limogé.

    Quant au cardinal Robert Sarah, le Préfet de la Congrégation pour le culte divin, qui voudrait se réserver le contrôle total des traductions du missel latin dans les différentes langues, il l’a humilié publiquement, l’obligeant à dire à tous les évêques que le pape laisse au contraire la liberté à chaque Eglise nationale de traduire comme ils l’entendent, embryon d’une future Eglise catholique non plus monolithique mais fédérale, l’un des autres objectifs visés par le redoutable calculateur qu’est le Pape Bergoglio.

  • Traductions liturgiques : le cardinal Muller ne partage pas le point de vue du pape

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    Du Catholic Herald :

    Cardinal Müller: bishops’ conferences cannot have the final word on translations

    by 

    The cardinal said bishops often use translators who 'water down' liturgical texts

    Cardinal Gerhard Müller has said the Vatican must have the ultimate authority over translations of liturgical texts, or else the unity of the Church could be “destroyed”.

    In an interview with Passauer Neue Presse, the former prefect of the Congregation for the Doctrine of the Faith expressed reservations about Pope Francis’s motu proprio Magnum Principium, which gives greater powers to bishops’ conferences over translations.

    “The ultimate authority in the case of doubt cannot lie with the Episcopal Conferences, which would destroy the unity of the Catholic Church in faith, confession and prayer,” the cardinal said.

    He explained that he has “often experienced that the translators used by the bishops have watered down the biblical and liturgical texts on the pretext of better comprehension”.

    Since the introduction of Mass in the vernacular after the Second Vatican Council, bishops and theologians have argued over how faithful to the original Latin the new translations should be.

    One ongoing controversy is over how to translate “pro multis” in the words of Consecration. The phrase literally translates as “for many” but some translators reinterpreted the words as “for all”.

    Last week, however, Pope Francis appeared to come down on the side of the more traditional translation, saying: “The ‘many’ who will rise for eternal life are to be understood as the ‘many’ for whom the blood of Christ was shed.”

    Francis added that “for many” better expresses the idea that people have a choice to make in this life – whether to be for God or against Him.

    Cardinal Müller’s words come just days after he weighed into the row on Communion for divorced and remarried Catholics, clarifying comments he made in a foreword to a book on the subject.

    “The purpose of my intervention was only to state that the one way to interpret Amoris Laetitia is in continuity with the Word of God in the Bible, the previous Magisterium, and with the Tradition of the great Councils of Florence, Trent and Vatican II,” he said.

  • Un site web pour la Fraternité Saint-Pierre à Herstal (Liège)

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    De riposte-catholique.fr :

    La Fraternité Saint-Pierre dessert depuis une dizaine d’année la communauté de la Chapelle Saint-Oremus à Herstal, à la sortie de Liège. Cette communauté composée pendant longtemps essentiellement de fidèles d’origine italienne a été sous la houlette d’un pasteur zélé, l’abbé Jean Longo (1911-2006), pendant près de 50 ans. La Fraternité Saint-Pierre a envoyé un prêtre de Namur pendant quelques années pour assurer la messe dominicale… désormais deux prêtres résident à Herstal et assurent la vie pastorale de la Chapelle Saint-Oremus (en semaine) et de l’église Notre-Dame de la Licourt (le dimanche).

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  • Un hommage vibrant du cardinal Sarah au grégorien et à la liturgie

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Hommage vibrant du cardinal Sarah au grégorien et à la liturgie

    Rédigé par Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements. le  dans Religion

    Hommage vibrant du cardinal Sarah au grégorien et à la liturgie

    Card. Robert Sarah

    Pour le Jubilé d'or à Praglia (Italie) fêtant les 50 ans de fondation de l'Association Saint-Benoit Patron de l'Europe, le Cardinal Robert Sarah a rappelé le lien étroit entre les racines chrétiennes de l'Europe et la liturgie. Dans son propos, le cardinal a rappelé la place importante du latin et du grégorien, chez les bénédictins, mais aussi chez tous les catholiques. Il voit en effet dans ces deux composants la matrice de la liturgie. Pour le cardianl Sarah, le grégorien en tant que chant liturgique par excellence, est le plus à même de faire le lien entre le monde visible et invisible et ainsi de nous permettre de rentrer dans l'extase chrétienne, seule vraie extase, possible uniquement, dit-il, en présence de la croix. 

    Message à l’Association Saint-Benoît Patron de l’Europe à l’occasion de son Jubilé d’or (50 ans de fondation)

    Je suis heureux de saluer toutes les personnes, originaires de divers pays européens, qui participent au Congrès de l’Association Saint Benoît Patron de l’Europe, dans cette magnifique abbaye bénédictine de Praglia, à l’occasion de son Jubilé d’or. En effet, c’est en 1967, il y a tout juste cinquante ans, que votre Association a été fondée à la suite de la proclamation, par le Bienheureux Pape Paul VI, de saint Benoît de Nursie, le « Père » du monachisme en Occident, Saint Patron de l’Europe, le 24 octobre 1964 (1). Les fondateurs de votre Association s’étaient sentis particulièrement concernés par l’appel lancé par le Souverain Pontife depuis l’abbaye du Mont Cassin, symbole du déchirement, puis de la réconciliation des nations qui constituent l’Europe: « Notre vieille société », avait dit Paul VI, « a tellement besoin de puiser dans ses racines chrétiennes une vigueur et une splendeur nouvelles, dont elle est redevable en si grande partie à saint Benoît qui les a alimentées de son esprit » (2), L’objectif principal de l’Association Saint-Benoît Patron de l ‘Europe consiste donc à promouvoir et à diffuser la culture chrétienne dans une Europe spirituellement unie par la foi en Jésus Christ, Rédempteur de l’humanité. Il n’est donc pas étonnant que, dès les premières heures de la vie de votre Association, le Très Révérend Père Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, Dom Jean Roy, vous ait assuré de son soutien spirituel et de sa protection paternelle, une résolution courageuse et une attitude bienveillante, qui ne se sont jamais démenties par la suite sous ses successeurs: le Père Abbé émérite Dom Antoine Forgeot, qui honora de sa présence toutes vos rencontres importantes, et maintenant le Père Abbé Don Jean Pateau, que je salue très cordialement, de même que le Père Abbé de Notre-Dame de Triors, Dom Hervé Courau, qui vous a lu le message de Dom Forgeot.

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  • Quand les soeurs dominicaines de Nashville interprètent le Salve Regina

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    De JP Mauro sur Aleteia.org :

    La magnifique version du « Salve Regina » des sœurs dominicaines de Nashville

    Les chants des "Nashville Dominicans" sont un régal pour les oreilles.

    Les Nashville Dominicans sont un groupe de religieuses de la congrégation des dominicaines de Sainte-Cecile de Nashville, dans le Tennessee, aux États-Unis. Au départ, il s’agissait d’une simple chorale de couvent jusqu’à ce qu’elles enregistrent des chansons dans un studio. Les Nashville Dominicans ont, jusqu’à présent, enregistré deux albums. Vous pouvez écouter gratuitement l’intégralité des chansons sur leur site internet.

    https://soundcloud.com/nashville-dominicans/5-salve-regina?in=nashville-dominicans/sets/800-years-of-gospel-mercy

    Le titre « Salve Regina » est extrait de leur deuxième album, 800 Years of Gospel Mercy, est sorti en 2016 à l’occasion de l’année de la Miséricorde, jubilé voulu par le pape François. L’année 2016 était une année importante car on fêtait également le 800e anniversaire de l’Ordre des dominicains.

    La congrégation de Sainte-Cécile est une grande communauté qui compte 350 religieuses en 2017. Les sœurs, non seulement enregistrent de la musique sacrée, mais écrivent également des livres, fabriquent des objets dévotionnels et travaillent avec des enfants. En 2015, une des religieuses, sœur John Catherine a accordé une interview à un présentateur chrétien, non catholique, qui souhaitait faire comprendre à ses auditeurs ce qu’était une vie consacrée à Dieu. Vous retrouvez cette conversation (en angalis) dans la vidéo ci-dessous.

    Titre: Salve Regina | Artiste: Nashville Dominicans

    Nashville Dominicans

    Courte biographie 

    Ville natale : Nashville, Tennessee, États-Unis 

    Dernier album : 800 Years of Gospel Mercy (2016)

    Anecdote : Les Nashville Dominicans sont une communauté de religieuses catholiques situées à Nashville, dans les Tennessee, aux États-Unis. Ces sœurs, non seulement enregistrent de la musique sacrée, mais elles écrivent également des livres, fabriquent des objets dévotionnels et travaillent avec des enfants. Depuis 2017, leur congrégation compte trois-cent-cinq religieuses.  

    Site internet : nashvilledominican.org 

    Facebook : dominicansistersofsaintcecilia

  • Romano Guardini en voie de béatification

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    Lu sur Aleteia.org :

    Prof de Benoît XVI et sujet de thèse de François, Romano Guardini bientôt béatifié ?

    L'archevêché de Munich et Freising a confirmé le 24 octobre 2017 que le procès de béatification du théologien Romano Guardini serait ouvert le 16 décembre prochain.

    Considéré comme l’un des plus grands théologiens du XXe siècle, ce prêtre italo-allemand a influencé la pensée du pape Benoit XVI et celle du pape François. Né à Vérone en Italie, le père Romano Guardini (1885-1968) a passé presque toute sa vie en Allemagne. Il est considéré comme l’un des théologiens et philosophes des religions les plus importants du XXe siècle. Il est surtout connu pour ses ouvrages sur la liturgie, dont L’esprit de la liturgie, écrit en 1930.

    Dans ce domaine, il a été l’un des protagonistes du mouvement liturgique. Ce courant réformateur catholique est apparu au milieu du XIXe siècle et s’est développé en Allemagne après la défaite de 1918, lorsque les Allemands, en forte recherche de sens, se sont tournés vers les monastères. Ce mouvement liturgique avait pour objectif de développer une meilleure connaissance et l’amour de la liturgie, de la part des laïcs notamment. Il a donné lieu à des études, des revues, et a eu une grande influence sur la réforme liturgique du concile Vatican II.

    Professeur du futur Benoît XVI

    En Allemagne, Guardini a enseigné à Berlin, Tübingen et Munich. Dans cette dernière ville, où il fut co-fondateur de l’académie catholique de Bavière, il a été le professeur du jeune Joseph Ratzinger. Devenu pape, Benoît XVI s’est souvent référé à son ancien maître. Il a repris notamment le titre de L’Esprit de la Liturgie pour l’un de ses propres ouvrages et revendique la concordance de leurs projets.

    Le pape François, quant à lui, avait commencé en 1986 en Allemagne une thèse de doctorat dédiée au théologien, projet qu’il n’aura jamais l’occasion de terminer. Il reviendra néanmoins souvent sur l’idée gardinienne qui avait guidée ce travail, celle de « la vie comme opposition polaire », que l’on retrouvera dans de nombreux passages de son exhortation apostolique Evangelii Gaudium (2013).

  • L'Académie de Chant Grégorien à Liège : déjà 53 inscriptions pour le cycle 2017-2018 ! On peut encore s'inscrire.

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    Cycle de cours 2017-2018

    sigle_noir.jpgUne offre dédiée au chant grégorien qui s’élargit à la formation de la voix, à la lecture musicale et à l’initiation à l’orgue, avec trois professeurs universitaires ou diplômés des conservatoires tant belges qu’étrangers. Les formations se donnent toutes dans les locaux de l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132, 4000 Liège). Elles sont diversifiées et cumulables : chaque élève compose le « menu » de son choix en remplissant le formulaire joint (ci-dessous) à faire parvenir en retour par voie postale ou par e-mail. On peut aussi s’inscrire en ligne ici : http://www.gregorien.be/.

    Pour tout renseignement, n’hésitez pas à téléphoner au n° d’appel 04.344.10.89 ou à adresser un message email à academiedechantgregorienliege@proximus.be

     

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    A ce jour, 53 inscriptions ont déjà été recueillies (23 pour le chant grégorien, 7 pour l' orgue liturgique, 9 pour la lecture musicale, 14 pour la formation de la voix). On peut encore s'inscrire:

    tel. 04.344.10.89 

    email: 

    academiedechantgregorienliege@proximus.be

    ou en ligne: http://www.gregorien.be/

    JPSC

  • Traductions liturgiques : le torchon brûle-t-il entre le pape et le Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements ?

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    De Nicolas Senèze sur le site du journal La Croix :

    Traductions liturgiques, le pape François désavoue le cardinal Sarah

    Alors que le cardinal Sarah cherchait à atténuer la portée du motu proprio Magnum principium, publié début septembre sur les traductions liturgiques, le Vatican a publié dimanche 22 octobre une lettre du pape recadrant le préfet de la Congrégation pour le culte divin. Pour François, les traductions liturgiques peuvent subir des adaptations.

    C’est une sévère mise en garde que le pape François vient d’adresser au cardinal Robert Sarah à propos des traductions liturgiques. Dans une lettre écrite le 15 octobre dernier et publiée – de manière très inhabituelle – par le Saint-Siège dimanche 21 octobre, le pape recadre en effet de manière très claire son préfet de la Congrégation pour le culte divin à propos de la mise en œuvre du motu proprio Magnum principium.

    Redonner la responsabilité des traductions aux conférences épiscopales

    Dans ce texte publié le 9 septembre 2017, François entendait en effet redonner aux conférences épiscopales la responsabilité de la traduction des textes liturgiques. La traduction de ces textes faisait l’objet d’un sévère contrôle romain depuis l’instruction Liturgiam authenticam, publiée en 2001 sous Jean-Paul II, en vertu de laquelle Rome avait fini par imposer ses propres traductions aux épiscopats.

    RELIRE : L’autorité des évêques renforcée en matière liturgique

    Une façon de faire sur laquelle François entendait revenir en redonnant la responsabilité des traductions aux conférences épiscopales, leur travail ne devant plus obtenir que la « confirmation » (confirmatio) du Saint-Siège et non plus son « autorisation » (recognitio) comme c’était le cas jusqu’ici.

    La réforme du pape François n’a rien changé pour le cardinal Sarah (voir ICI)

    Néanmoins, dans un « commentaire » du motu proprio adressé au pape puis publié par certains sites traditionalistes, le cardinal Sarah expliquait que la réforme du pape François n’avait rien changé. « Comme la recognitio, la confirmatio n’est en aucun cas une formalité », écrivait notamment le cardinal, pour qui cette dernière « présuppose et implique un examen détaillé de la part du Saint-Siège, et la possibilité pour ce dernier de conditionner sine qua non la confirmatio à la modification de certains points particuliers qui pourraient être exigés par le fait qu’ils ne répondent pas au critère de “fidélité”. »

    RELIRE AUSSI : Les priorités liturgiques du cardinal Sarah

    Or, rien de tel pour le pape François. « Avant tout, il faut mettre en évidence l’importance de la nette différence que le nouveau motu proprio établit entre recognitio et confirmatio », écrit clairement le pape pour qui son texte « abolit la pratique, adoptée par (la Congrégation pour le culte divin) à la suite de Liturgiam authenticam ». Et de bien préciser qu’« on ne peut donc pas dire que recognitio et confirmatio sont” strictement synonymes” ».

    Au contraire, affirme François, « Magnum principium ne soutient plus que les traductions doivent être conformes en tout point aux normes de Liturgiam authenticam, comme cela arrivait par le passé. » Il explique que « la confirmatione suppose donc plus un examen détaillé mot à mot, excepté dans les cas évidents qui peuvent être faits aux évêques pour leur réflexion ultérieure. Cela vaut notamment pour les formules importantes, comme les prières eucharistiques et en particulier les formules sacramentelles approuvées par le Saint-Père ».

    Désaveu sans ambiguïté pour le cardinal Sarah

    Et il ajoute son propre commentaire du mot « fidèlement », sur lequel le cardinal Sarah s’appuyait pour conserver une complète surveillance sur les traductions liturgiques. Ce mot, explique le pape, « implique une triple fidélité : en premier au texte original, aux langues particulières dans lesquelles il est traduit et, enfin, à la compréhensibilité du texte de la part des destinataires ». Contrairement à la pratique de la Congrégation pour le culte divin, François admet donc des adaptations du texte original latin pour que la traduction soit compréhensible.

    « En ce sens, la recognitio indique seulement la vérification et la sûreté de la conformité au droit et à la communion de l’Église », insiste le pape, qui énonce clairement que « le processus de traduction des textes liturgiques importants »,comme le Credo et le Notre Père, « ne doit pas mener à un esprit d’“imposition” aux conférences épiscopales d’une traduction faite par le dicastère ». S’il concède que « la recognitio n’est pas un acte simplement formel », il rappelle aussi « l’esprit de dialogue » entre Rome et les conférences épiscopales que demandaient son motu proprio.

    Enfin, alors que le texte du cardinal Sarah « a été publié sur de nombreux sites Web, et de manière erronée attribué à votre personne », le pape demande « courtoisement » à son préfet « de veiller à la divulgation de ma réponse sur les mêmes sites ainsi que de l’envoyer à toutes les conférences épiscopales ». Un désaveu sans ambiguïté pour le cardinal Sarah.

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    Repères

    De nouvelles normes pour les traductions liturgiques

    • Le motu proprio Magnum principium

    Publié le 9 septembre 2017, il modifiait le canon 838 du Code de droit canonique.

    • Le paragraphe 3 du canon 838

    Modifié, ce paragraphe prescrit désormais qu’« il appartient aux conférences des évêques de préparer fidèlement les traductions des livres liturgiques en langues vernaculaires, en les adaptant de manière appropriée dans les limites fixées, d’approuver et de publier les livres liturgiques, pour les régions relevant de leur compétence, après confirmation par le Siège apostolique ».

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    Les points de vue liturgiques du cardinal Sarah et du pape Bergoglio s’opposent frontalement. Le premier appelle de ses voeux une réforme de la réforme de Paul VI pour faire converger les deux formes du rite romain, de sorte qu’elles s’enrichissent mutuellement: dans l’espoir avoué de restaurer un jour l’unicité du rite. Le second veut au contraire diversifier encore davantage les célébrations dites ordinaires et barrer la route à toute convergence centripète qui désenclaverait la forme traditionnelle de la messe.

    Il reste donc au cardinal Sarah à se soumettre, à se démettre ou être démis : tôt au tard, comme tous les cardinaux qui osent résister au pasteur suprême.

    JPSC

  • La "messe de Paul VI", une forme rituelle informe ?

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    Du site "paix liturgique" :

    LA MESSE DE PAUL VI, UNE FORME RITUELLE INFORME ?

    Élaborée dans le contexte théologique et des mentalités religieuses de la fin des années soixante, la réforme liturgique de Paul VI, n’a pas rempli, loin s’en faut, ses optimistes promesses. Mais si beaucoup conviennent aujourd’hui qu’elle a largement échoué, peu imaginent possible d'en dresser un bilan réaliste. Nous avons, pour notre part, ponctuellement procédé à l’analyse critique de certains des rituels de cette réforme : celui du baptême (voir notre lettre 413), celui de la confirmation (voir notre lettre 471), et celui des funérailles (voir notre lettre 443). 

    Nous voudrions appliquer ici notre examen au cœur de la réforme, à la messe promulguée par la constitution apostolique Missale romanum du 3 avril 1969. Bien d’autres l’ont fait avant nous, à commencer par les cardinaux Ottaviani et Bacci dans leur Bref examen critique du nouvel Ordo Missæ, en 1969 (nouvelle édition, Renaissance catholique, 2004), mais contribuer à une réactualisation de ces analyses alors que cette réforme va bientôt avoir un demi-siècle nous a paru opportun. 

    Nous y consacrerons une série de trois lettres, considérant tant l’aspect rituel, ou pour mieux dire a-rituel du nouveau missel – c’est l’objet de cette première lettre –, que son contenu proprement dit. Car l’examen du nouveau missel fait en premier lieu apparaître un aspect cérémoniel tout à fait étonnant : en comparaison de celle qui l’a précédée et des autres liturgies catholiques (les liturgies orientales, la liturgie ambrosienne, etc.), la messe romaine nouvelle n’est plus véritablement un rite. Elle est comme une forme sans forme.

    L’ensemble rituel du catholicisme s’était organisé au cours l’Antiquité chrétienne à partir de l’ordre du Christ : « Faites ceci en mémoire de moi ! » et des cérémonies de fraction du pain des communautés apostoliques. Entre le VIe et le XIIe siècle, les ordines romani témoignent du développement considérable du monde cérémonial au cours de l’Antiquité tardive et du Haut Moyen Âge, parallèle à celui du riche trésor de la catéchèse patristique des mêmes époques. Transmis par le Moyen Âge monastique et les cathédrales, cet héritage fut précieusement recueilli par la Rome de la Contre-Réforme. Ayant une conscience aigüe du fait que la liturgie, et très spécialement la liturgie romaine, véhicule une traduction concrète du dogme dans le domaine des sacrements et de la prière (lex orandi, lex credendi), une des spécificités de l'époque tridentine fut, dans le domaine du culte, la clarification et la canonisation de l’Ordo, soit, de l’ordonnancement des cérémonies.

    Au XXe siècle, un double mouvement de « retour aux sources » – c’est-à-dire d’une récupération supposée des formes liturgiques antiques par-delà les « ajouts » et « surcharges » postérieurs – et d’autre part d’adaptation aux temps présents s'en est pris au « fixisme » des règles liturgique, en même temps, d’ailleurs, qu’était attaqué le « fixisme » des formulations dogmatiques. Le soin méticuleux avec lequel les livres liturgiques traditionnels ordonnaient la liturgie dans leurs rubriques (indications concernant l’ordonnancement de la cérémonie imprimées en lettres rouges, rubræ) parut dès lors totalement désuet. L’explosion eut lieu en quelques années seulement. Dès les premières étapes de la réforme conciliaire de la messe, la créativité déborda : celle du sommet (la Commission pour l’Application de la constitution sur la liturgie) était surmultipliée par celle de la base comme l'illustraient parfaitement les fameux « nouveaux prêtres » de Michel de Saint-Pierre. Les modifications continues qui s’étagèrent de 1964 (instruction Inter oecumenici) à 1968 – pensons aux « rubriques de 1965 » tout de suite dépassées par celles de 1967 (instruction Tres abhinc annos) – donnèrent l’impression qu’en matière liturgique toutes les normes étaient évolutives. Sur quoi vint le missel de 1969, qui pulvérisa littéralement l’univers rituel ancien.

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  • Deux, trois petits pas au Livre de Job

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    mag_104-page-001.jpg"Vir erat in terra Hus, nomine Job: simplex et rectus, ac timens Deum: quem Satan petiit, ut tentaret: et data est ei potestas a Domino in facultates et in carnem ejus...

    "Il y avait, au pays de Hus, un homme appelé Job, simple, droit et craignant Dieu. Satan demanda de le mettre à l'épreuve et reçut du Seigneur pouvoir  sur ses biens et  sur son corps..."

    Job, 1 (offertoire du 21e dimanche après la Pentecôte)

     

    job 007.jpg

    Il était un homme, appelé Job...

     

    Un homme simple et droit,

    qui vénérait Dieu

    et veillait à garder ses enfants en son amour.

    ~

    Job était entouré d’estime

    et comblé de biens.

    ~

    Il n’est pas entouré d’estime

    et comblé de biens

    parce qu’il vénère Dieu.

     

    Il ne vénère pas Dieu

    parce qu’il est entouré d’estime

    et comblé de biens.

     

    Simplement Job est Job

    et Dieu, Dieu.

    ~

    Là,

    ni « parce que », ni « pour que ».

    Simplement Job est Job

    et Dieu, Dieu.

    C’est tout.

     

    C’est Tout.

    Il ne faut pas chercher plus loin.

    ~

    Dieu garde l’homme en bienveillante main ;

    il « ne dort ni ne somnole » :

    il veille.

     

    « Regardez les oiseaux du ciel...

    Regardez les lis des champs... »

    Dieu pourvoit à tout

    et au-delà.

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  • La liturgie était une priorité pour Benoît XVI mais ne l'est plus pour François

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    CHRISTOPHE DICKÈS : « LA QUESTION LITURGIQUE ÉTAIT UNE PRIORITÉ POUR BENOÎT XVI. PAS CHEZ FRANÇOIS » (source)

    Le journaliste et écrivain Christophe Dickès vient de sortir un livre qui s’intitule L’Héritage de Benoît XVI. Il explique au micro de Boulevard Voltaire ce qui caractérise le pontificat de Benoît XVI et quelles sont les différences avec celui du pape François.

    Vous venez de sortir L’héritage de Benoit XVI.

    Benoit XVI avait fait beaucoup parler de lui en étant le premier pape à renoncer à sa charge il y a quelques années.

    Que faut-il selon vous retenir de Benoit XVI ?

    Il faut retenir un esprit de réforme. J’ai réfléchi pendant plus de trois ans sur l’esprit de réforme dans l’Eglise à travers 12 papes qui ont bouleversé le monde.

    A travers cette réflexion, j’ai souhaité me pencher plus précisément sur le pontificat de Benoit XVI. Ce pontificat est à placer dans ces pontificats de réforme. Je veux parler de réforme non pas structurelle, mais spirituelle. « Avant de réformer les structures, il faut réformer les coeurs », disait Benoit XVI, c’est-à-dire faire des saints tout simplement, car c’est le rôle de l’Eglise.

    Il a voulu mettre l’intelligence de la foi au centre du pontificat.

    Mais ce n’est pas simplement un pontificat intellectuel, il fut également pastoral.

    On a tendance à l’oublier. Cette « pastoralité » se retrouve notamment à Madrid en 2011, en Europe, lors des Journées Mondiales de la Jeunesse.

    Dans votre livre, vous racontez une rencontre avec Benoit XVI. Vous décrivez un homme très humble, discret finalement, ce qui s’oppose à l’image médiatique de Benoit XVI qui passait pour un homme très dur et radical. Est-ce complémentaire selon vous ou y a-t-il eu une déformation dans la manière de le présenter ?

    Il y a eu une totale déformation dans la manière de présenter ce qu’est cet homme. C’est évident. C’est un homme d’une humilité et d’une douceur extraordinaires. Pour ceux qui connaissent un peu le monde universitaire, ce n’est pas étonnant. Benoit XVI est un homme de débats. Il prend donc toujours ses décisions après avoir consulté son entourage. C’est le cas notamment dans la levée des excommunications de la Fraternité Saint Pie X. Il a demandé à l’ensemble des cardinaux ce qu’ils souhaitaient. Une majorité s’est dessinée pour la levée de cette excommunication.

    Vous pouvez multiplier cet exemple à toutes les décisions qu’il a prises au cours de son pontificat. C’est donc un homme qui sait écouter.

    Chaque fois qu’il est allé dans un pays pour le visiter, il y a eu une cabale médiatique contre lui. Et après le voyage, les médias faisaient leur mea culpa, en reconnaissant que cet homme vaut la peine d’être écouté.

    Nous avons aujourd’hui le pape François. Ils sont souvent regardés différemment et ils ont un caractère très différent. Quelle est selon vous qui avez étudié Benoit XVI la réelle différence entre les deux? S’agit-il d’une rupture ou d’une continuité entre les deux ?

    Il n’y a jamais une rupture ou une continuité. Il y a plutôt des ruptures et des continuités.

    La continuité, c’est la pédophilie, la réforme du Vatican et de ses structures financières.

    Je crois que la rupture la plus importante se trouve dans la question liturgique. Celle-ci est au coeur du pontificat de Benoit XVI. Elle ne l’est pas chez François.

    Est-ce nouveau ?

    Pas vraiment. Un autre exemple, entre Paul VI et Jean-Paul II, il y a une nette différence à l’égard de l’Est, qu’on appelle l’Ostpolitik. Jean-Paul II retourne totalement la question de l’Ostpolitik.

    Il y a inévitablement des charismes différents entre les deux personnes, mais c’est vrai que ce qui était une priorité chez Benoit XVI, la liturgie, ne l’est plus chez François.