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Médias

  • Abus sexuels dans l'Eglise : un débat sans langue de bois sur le plateau de KTO (Deo et Débats)

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    Vu sur KTO :

    Les invités de Deo et Débats ce mois-ci partagent le trouble de beaucoup de catholiques devant les scandales d’abus sexuels dans l’Eglise à travers le monde. Sur le plateau, la tonalité des échanges, franche et amicale, permet de se confronter à ces scandales, de réfléchir aux failles qu’ils révèlent et à la nécessité de vérité et de justice. Ils saluent aussi les prêtres sur qui pèse un soupçon et les remercient pour le don de leur vie.

    Avec Jean-Marie Andrès, Tugdual Derville, Erwan le Morhedec, Dominique Quinio et Jean-Louis Schlegel, animé par Philippine de Saint Pierre.

  • L'intégralité de l'interview du docteur Bertrand de Rochambeau, gynécologue qui refuse de pratiquer des IVG

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    L’interview en intégralité du docteur Bertrand de Rochambeau, gynécologue qui refuse de pratiquer des IVG (source)

    Le mardi 11 septembre, Valentine Oberti interrogeait le docteur Bertrand de Rochambeau, président du syndicat des gynécologues (Syngof) qui ne pratique plus d’IVG. Dans le journal Le Monde, il estimait qu’il « y a eu manipulation » de ce qu’il a dit « pour faire le buzz ». Voici donc l’interview en intégralité, sans montage, pour vous faire votre opinion.

  • Retour sur la célébration traditionnelle de la Fête-Dieu à Liège le 3 juin 2018

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    IMG_6986.jpgComme nous l’avions déjà relayé en son temps (cliquez ici :) plus de 300 Liégeois étaient réunis le dimanche 3 juin 2018 avec l’évêque de Liège en l’église du Saint-Sacrement au Bd d’Avroy pour célébrer la Fête-Dieu selon le rite traditionnel. Un petit reportage vidéo, réalisé en guise de souvenir par l’organiste et chef de chœur Patrick Wilwerth, s'ajoute aujourd'hui à l'information: il évoque ci-dessous les aspects artistiques de cette belle manifestation :  

    JPSC

  • Rome : de nouvelles déflagrations à prévoir ?

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    Lu sur le site Pro Liturgia :

    Jeudi, 13 septembre 2018. 

    Une nouvelle bombe risque d’éclater très prochainement au Vatican

    D’après le site internet « Die freie Welt », le quotidien italien « Il Fatto Quotidiano » aurait annoncé cette semaine être en possession d’une liste des noms de tous les membres du lobbie homosexuel au Vatican. 

    Cette liste serait le résultat d’un travail de recherche entrepris par une commission voulue par Benoît XVI afin de pouvoir enquêter au cas où surgirait une affaire délicate au Vatican. La commission était composée de Julian Herranz, Jozsef Tomko et Salvatore De Giorgi. 

    Le dossier concernant les noms des collaborateurs homosexuels travaillant au Vatican avait été transmis à cette commission à la veille du retrait de Benoît XVI. Il est intéressant de noter que cette liste « gay » ne comporte pas seulement les noms des personnes concernées, mais contient également des preuves de ce qu’elle avance. D’après « Il Fatto Quotidiano », elle cite les noms de prélats aussi bien que de laïcs. Le quotidien annonce qu’il publiera la liste jour après jour, par petites touches. D’autre part, le même quotidien annonce un scandale qui touchera sous peu le Cardinal Kevin Farrell (USA), nommé par François au poste de Préfet du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie.

    A propos du cardinal Farrell, le site "Benoît-et-moi" croit pouvoir avancer de graves allégations : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/une-nouvelle-bombe-en-vue.html

  • "Nous ne sommes pas là pour retirer des vies" : une déclaration du président du syndicat français des gynécologues qui fait grand bruit

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    LE PRÉSIDENT DU SYNDICAT DES GYNÉCOLOGUES : « NOUS NE SOMMES PAS LÀ POUR RETIRER DES VIES »

     de genethique.org

    « Moi je fais un métier avec mes tripes. Je me lève à n'importe quelle heure la nuit. Je fais des opérations très difficiles avec mes tripes, donc aux choses auxquelles je ne crois pas, je ne les fais plus. Nous nous ne sommes pas là pour retirer des vies ».

    Alors que la journaliste lui répond que « les femmes en général ne considèrent pas qu'avoir un embryon dans le ventre, c'est une vie », il reprend : « C'est (leur) opinion. Moi en tant que médecin, je ne suis pas forcé d'avoir (leur) opinion. Et si je ne l'ai pas, la loi me protège, et ma conscience aussi ».

    Source: Huffington Post (12/09/2018)

    « Nous ne sommes pas là pour retirer des vies. »

    Le docteur Bertrand De Rochambeau est président du syndicat des gynécologues et il refuse de pratiquer des IVG. Il a accepté de répondre à @valentineoberti.#Quotidien

  • Des scandales sexuels "utiles" et d'autres qui ne le sont pas...

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    De Laurent Dandrieu sur le site de "Valeurs actuelles" :

    Pour les médias hostiles à l’Église, il y a les scandales sexuels “utiles” et les autres 

    Analyse. Les accusations portées par Mgr Viganò contre le pape n’intéressent guère les grands médias. Qui révèlent que leur intérêt pour les abus sexuels dans l’Eglise est à géométrie variable. 

    « Le pape François est-il homophobe ? » À l’heure où le monde catholique ne bruisse que des accusations portées par un ancien nonce à Washington, Mgr Viganò, contre le pape François, qu’il accuse de complaisance vis-à-vis de certains prédateurs sexuels, mais aussi vis-à-vis des « réseaux homosexuels » qui ont selon lui infiltré l’Eglise, le titre de la page de tribunes publiée par le journal le Monde dans son édition du 11 septembre apparaît pour le moins surréaliste.

    À l’heure où ce qu’on n’appelle plus que l’affaire Viganò a déclenché ce que les observateurs n’hésitent pas à qualifier de « guerre civile dans l’Église »,notamment aux États-Unis, cœur de l’actuel cyclone, où les évêques se déchirent sur la crédibilité des accusations portées contre le pape, la discrétion de la plupart des grands médias sur l’affaire est plus que frappante. Alors que, en temps normal, toute accusation de complaisance de l’Église vis-à-vis des prédateurs sexuels qui défigurent son visage fait les gros titres des médias, ici ils ont préféré s’interroger à longueur de colonne sur la dimension « homophobe », donc, du recours à la psychiatrie suggéré par le pape, dans l’avion qui le ramenait de Dublin le 26 août, aux parents dont de jeunes enfants se découvriraient des tendances homosexuelles. Au point que certains observateurs se demandent si cette « gaffe » du pape François (qui a fait depuis retirer le terme de « psychiatrie » des versions de l’entretien publiées sur le site internet du Vatican) n’était pas en réalité intentionnelle, certain qu’il aurait été que cette sortie provocatrice aurait détourné les médias d’une affaire autrement importante : la réalité des accusations portées par Mgr Viganò.

    Dans un article publié sur le site de l’hebdomadaire Newsweek, le journaliste vedette américain Ben Shapiro s’étonne de ce manque de curiosité médiatique – à laquelle, en France, il n’y a guère que le Figaro pour faire exception, l'hebdomadaire La Vie y consacrant pour sa part son dernier dossier de couverture, mais sans enquêter sur la réalité des accusations, se contentant de déplorer la déstabilisation dont est victime François. L’explication de Ben Shapiro a le mérite de la simplicité, et donc de la clarté : « La honteuse tentative des médias de disculper François à cause de leur amour pour sa politique ne fait que souligner la malignité des motivations de bien des journalistes : ils étaient heureux de pouvoir révéler des comportements scandaleux dans l’Eglise catholique quand le pape était un conservateur ; et ils sont heureux de participer au camouflage de ces comportements quand le pape est un libéral » [« libéral » au sens américain, qui correspond à notre « progressiste », NDLR].

    « Les membres des médias croient que la doctrine traditionnelle de l'Eglise doit être éliminée à n’importe quel prix, même au prix de l’abus sexuel sur des mineurs »

    Et Ben Shapiro de poursuivre : « Si les membres des médias défendent avec constance un pontificat accusé de couvrir des abus sexuels, ce n’est pas par bienveillance à l’égard de l’Eglise, mais bien parce qu’ils croient que la doctrine traditionnelle doit être éliminée à n’importe quel prix, même au prix de l’abus sexuel sur des mineurs. »

    En d’autres termes, la lutte contre les abus sexuels dans l’Église n’intéresserait pas en soi les grands médias, qui n’y verraient éventuellement qu’une arme commode dans leur lutte contre une Eglise perçue comme le dernier verrou résistant encore un tant soit peu à toutes les « libérations » progressistes de la modernité. Dans cette optique, il y aurait des scandales sexuels « utiles », dignes d’une utilisation médiatique massive, car ils permettraient d’affaiblir les éléments conservateurs de l’Église, et de faire pression sur elle pour qu’elle change son regard sur le célibat des prêtres ou l’homosexualité, par exemple. Et puis il y aurait les scandales sexuels « inutiles » ou néfastes, ceux qui au contraire, s’ils étaient mis en avant, menaceraient de fragiliser un pontificat vu par la bien-pensance médiatique comme un pontificat “d’ouverture” : ne parlons donc pas des accusations de complaisance vis-à-vis des prédateurs sexuels portées contre le pape François, car ce serait mettre en danger sa politique d’ouverture de la doctrine catholique sur le mariage, son action en faveur des migrants, ou les efforts de son entourage pour imposer un regard plus bienveillant sur l’homosexualité…

    La vérité ne compte pas 

    Mais, me direz-vous, quid de l’acharnement médiatique contre le cardinal Barbarin, accusé de choses bien moins graves que celles qui visent le pape François ? Mgr Barbarin ne se réclame-t-il pas, pourtant, d’une grande proximité avec François ? Certes, mais c’est aussi, du point de vue des médias dominants, un « conservateur » qui s’est distingué par une opposition sans ménagement au « mariage pour tous » ; ce que certains, sans d’ailleurs trop s’en cacher, sont bien décidés à lui faire payer.

    Et les victimes, dans tout cela, souvent détruites à vie par les abus d’un prêtre en qui elles avaient placé leur confiance spirituelle ? Un coup les grands médias les prennent en pitié, un coup ils les oublient. Car, vous l’aurez compris, pour la bien-pensance dominante, l’important n’est pas là, et la vérité ne compte pas non plus : la seule chose importante est que l’Eglise se conforme au monde de telle sorte qu’elle ne puisse plus jouer son rôle de trouble-fête de la modernité festiviste. Cela vaut bien, sans doute, que quelques scandales sexuels soient gardés sous le boisseau…

  • Mgr Vigano sous le feu des attaques ad hominem

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    De la "Smart Reading Press" :

    MGR VIGANÒ, VICTIME D’ATTAQUES AD HOMINEM

    Suite à son témoignage dénonçant le cover up de certains membres de la Curie et du pape François concernant l’affaire McCarrick, Mgr Carlo Maria Viganò subit de nombreuses attaques ad hominem, qui ne répondent pourtant pas aux questions qu’il a soulevées.

    La revue américaine Commonweal du 5 septembre 2018 affirme dans cette perspective :

    «La lettre de Viganò est un récit subjectif de l’histoire récente de l’Église, remplie de revendications invérifiables. Son ton[…] autoritaire est celui de quelqu’un qui veut régler des comptes personnels. […] En partageant la lettre avec le donateur de droite Timothy R. Busch de l’Institut Napa avant sa publication et en rompant son silence pour accorder des interviews à des médias catholiques conservateurs, Viganò semble avoir orchestré une campagne vindicative contre François au lieu d’essayer honnêtement d’initier la réforme.»

    Le journal La Croix du 2 septembre 2018 décrit Mgr Viganò de belle manière :

    «Le nouveau pape [le pape François en 2013, NDLR] s’est aussi peut-être méfié de Mgr Viganò, homme à la réputation sulfureuse […] et [de] certains mensonges dans ses lettres à Benoît XVI.»

    Dans un article du 3 septembre 2018, Jean-Marie Guénois du Figaro analyse :

    «Les critiques fusent, mais personne n’a encore sérieusement remis en cause la substance de ses propos. […] Même si la prudence est plus que de mise en matière de dénonciation de mœurs, il apparaît, une semaine après, que personne n’a encore radicalement démenti Viganò sur le fond. […] L’affaire est donc plus épineuse qu’une simple cabale conservatrice contre François.»

    Une des attaques contre Mgr Viganò porte sur les propos rapportés par Edward Pentin dans le National Catholic Register, le 4 septembre 2018 :

    «Pentin a rapporté une source proche de Benoît XVI qui lui a dit, aussi loin que le pape émérite puisse se souvenir, que “les instructions étaient essentiellement que McCarrick devait faire ‘profil bas’. Il n’y avait pas ‘de décret formel, simplement une demande privée.’” […] Pour certains commentateurs, le rapport de Pentin semble discréditer l’intégralité du témoignage de Viganò. Les “demandes privées” ne sont pas des “sanctions canoniques”, soutiennent-ils, et l’archevêque Viganò n’a donc pas été sincère quant à l’argument central de sa note. […] Il est fort possible que l’archevêque Viganò n’ait pas compris certaines des distinctions implicites contenues dans la phrase qu’il a choisie et inclut dans sa définition du terme “sanctions” des instructions verbales moins formelles. […] Mais rien de cela ne change les grandes allégations du mémo de l’archevêque Viganò : après avoir reçu plusieurs rapports, le pape Benoît XVI a pris des mesures contre le cardinal McCarrick.»

    Pour résumer, Hubert Champrun dans InfoVaticana affirme :

    «Mais transformer le grand scandale dénoncé par Viganò – celui de la corruption (homo)sexuelle au sein de l’Église et de l’impunité dont elle semble jouir – en petit scandale Viganò, c’est filtrer le moucheron et laisser passer le chameau (cf. Mt 23, 13-24).»

    En un mot comme en cent : «Viganò a dit la vérité. C’est tout !» (Mgr Lantheaume, ancien premier conseiller de la nonciature à Washington)…

    UN SILENCE DE PLOMB AU SOMMET DU VATICAN

    Du côté du Vatican, le pape refuse de commenter les propos de Mgr Viganò, renvoyant les journalistes à leur professionnalisme pour vérifier la véracité des propos de Mgr Viganò et laissant sans réponse les catholiques en quête d’une compréhension de la situation. Dans le New York Times du 4 septembre 2018, nous apprenons que, si le pape ne parle pas lui-même, il a des défenseurs rangés en ordre de bataille qui le font pour lui :

    «S’exprimant lundi matin au Vatican, le pape François a déclaré : “Avec des gens qui n’ont pas de bonne volonté, qui ne cherchent que le scandale, qui ne veulent que la division, qui ne cherchent que la destruction – y compris la famille –, deux solutions : le silence et la prière.” Il a ajouté que « la vérité est humble, la vérité est silencieuse » et a conclu avec la prière : « Que le Seigneur nous donne la grâce de discerner quand nous devrions parler et quand nous devons rester silencieux. » […] Le pape François s’est appuyé sur quelques évêques américains et une armée de catholiques progressistes en ligne pour le défendre.»

    C’est le cas du cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, comme le rapporte Commonweal le 21 août 2018, qui demeure sur la même ligne de défense que le pape critiquant le «cléricalisme» :

    «Le cardinal Cupich a récemment dit que toute l’Église était confrontée à des attitudes de pouvoir, des privilèges et des droits qui caractérisent de nombreux prélats et renforcent une structure qui les protège de toute responsabilité. Cela veut dire que les laïcs devraient être autorisés à participer plus à plusieurs aspects de la vie de l’Église.»

    Le journaliste de Crux John Allen, le 31 août 2018, pense que l’absence de réponse du pape vient du fait que l’affaire Viganò est centrée sur les États-Unis et ne s’étendra pas à l’Église universelle :

    «En résumé, il est clair que, jusqu’à présent, les commentaires épiscopaux favorables à Viganò, à l’exception de Schneider, proviennent entièrement des États-Unis, tandis que les évêques ou groupes d’évêques relativement peu nombreux qui ont parlé ont tous soutenu le pape. Nous devrons voir si ce schéma est valable […]. Voici comment “Il Sismografo”, un blog catholique largement lu basé en Italie, l’a écrit jeudi : “Au fil des jours, de dimanche matin à aujourd’hui, et après de nombreux examens journalistiques intelligents et honnêtes, il semble à présent établi que la dénonciation de Tossati [faisant référence à un journaliste italien connu qui a contribué à l’élaboration de la lettre] et de Mgr Viganò est en réalité quelque chose à contextualiser entièrement aux États-Unis.” Aussi compréhensible que cela puisse être, et que ce soit tout à fait exact ou non, cela va sans doute compliquer la capacité des évêques en dehors de l’espace américain à prendre au sérieux les affirmations factuelles de Viganò au sujet du pape.»

    En ciblant directement le pape et en appelant même à sa démission, Mgr Viganò a déplacé le centre de l’affaire de la nonciature de Washington aux couloirs du Vatican !

  • 12 considérations sur le document Vigano

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    De Hubert Champrun sur le site infovaticana :

    Douze considérations sur le document de Mgr Viganò

    Huit jours après, voici quelques remarques inspirées à la fois par la lettre de Mgr Viganò et par les réactions à ce rarissime acte d’accusation formulé publiquement par un diplomate du Saint-Siège. Elles sont bien incomplètes. Mais transformer le grand scandale dénoncé par Viganò – celui de la corruption (homo)sexuelle au sein de l’Église et de l’impunité dont elle semble jouir – en petit scandale Viganò, c’est filtrer le moucheron et laisser passer le chameau (Mt 23, 13-24).

    Sur l’objet des accusations de Mgr Viganò : les crimes sexuels du cardinal McCarrick

    1. L’immense majorité des agressions pédophiles sont commises au sein des familles : donc, ce n’est pas en mettant fin au célibat des prêtres qu’on diminuera le nombre des agressions qu’ils commettent. Et considérer le mariage comme une sorte de thérapie sexuelle préventive pour déviants est une curieuse conception de la chose.

    2. Rapportées au nombre d’agressions sexuelles, homosexuelles ou non, pédophiles ou non, les agressions commises par les prêtres catholiques sont en petit nombre – ce qui ne diminue en rien leur caractère scandaleux. On peut toujours regretter qu’elles fassent plus les gros titres que celles perpétrées par des religieux d’autres confessions, ou par des représentants d’autres professions (éducateurs, enseignants, magistrats…), ou par d’autres humains, mais ces humains, ces autres professions et ces autres religions n’ont pas la même prétention à la charité universelle. Les prêtres sont justement jugés à hauteur de leurs prétentions et du message chrétien. Le chrétien ne doit pas s’irriter d’une inégalité démocratique dans le traitement de l’information, ni d’un deux poids-deux mesures judiciaires : il n’appartient ni à un parti ni à une fédération professionnelle.

    3. Il est évident que l’Église devrait se doter d’outils de discernement psychologiques pour évaluer les vocations et que toutes les tendances qui incitent à enfreindre le célibat et la chasteté doivent être considérées comme des obstacles au sacerdoce. Il est non moins évident que le cléricalisme, cette tendance qu’ont les clercs à se confondre avec l’Église en profitant souvent de la naturelle confiance des fidèles en l’autorité, a fait des ravages, et que de nombreux pasteurs ont développé une culture de l’excuse et de l’immunité, prétendument pour préserver l’Église, ce qui est une abomination. L’Église devrait aussi se doter d’outils de discernement adaptés pour la promotion des clercs à des positions d’autorité. Elle répondra qu’elle en a, et depuis plusieurs siècles. Force est de constater qu’ils sont inadaptés aux circonstances – surtout si ces circonstances démontrent que ceux qui les manient sont précisément ceux qu’on aurait dû écarter…

    4. Certes, il ne faut pas confondre pédophilie et homosexualité. Dans le cas du cardinal McCarrick, concerné par les accusations de Mgr Viganò, il apparaît toutefois que les harcèlements, les abus d’autorité, les relations homosexuelles sous contrainte aient été souvent à tendance éphébophile et, au moins dans un cas, celui dont la dénonciation a fini par provoquer la démission du cardinal, pédophile. Pourtant, beaucoup des contre-feux allumés contre Viganò (voir cet article d’Andrea Tornielli par exemple) tendent à gommer cette dimension et insistent sur le fait que les prêtres et séminaristes concernés par les déviances de McCarrick étaient majeurs : comme si cela était moins répréhensible… Or, pour un prêtre en position d’autorité, le harcèlement sexuel d’une personne subordonnée constitue dans tous les cas à la fois une violence sexuelle et un manquement au vœu de chasteté. Organiser ce manquement à grande échelle est évidemment encore plus ignoble, surtout quand cette autorité est crossée, mitrée et même cardinalicement pourprée.

    Voilà ce qui fonde l’inquiétude, l’indignation et l’interpellation de Mgr Viganò.

    Sur la réception faite au témoignage de Mgr Viganò

    5. Viganò ne rapporterait que des faits invérifiables, des on-dit, des conversations privées… alors qu’il fait mention de rapports remis et archivés. Dire cela, c’est volontairement oublier ce qui est objectif. Les documents évoqués par Viganò existent – ou pas. Donc, si l’Église veut, elle peut les rendre public. Elle s’y est toujours refusé jusqu’à maintenant, se mettant ainsi, et de plus en plus lourdement à chaque fois, en défaut vis-à-vis des autorités civiles quand il était avéré que les reproches étaient fondés.

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  • Un dossier pour comprendre l'affaire McCarrick

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    De François Dupas sur le site infocatho.fr :

    Edito #91 – “Affaire McCarrick” : le dossier pour tout comprendre

    L’affaire McCarrick a commencé par les accusations portées à l’encontre de Mgr McCarrick, cardinal et archevêque émérite de Washington, selon lesquelles il aurait commis des abus sexuels sur un adolescent dans les années 1970. Le Pape François l’a suspendu en conséquence, le mercredi 20 juin 2018, de tout ministère public.

    Cette sanction a été prise dans le contexte des abus sexuels qui ont été commis partout dans le monde – aux USA, au Chili, en Honduras, en Australie…

    Le 25 août 2018, Mgr Viganò, ancien nonce apostolique aux USA a fait parvenir à LifeSiteNews une lettre témoignage dans laquelle il met en cause le pape François dans la gestion du cas McCarrick. – LIRE LA LETTRE

    Jean-Marie Guénois dans le Figaro identifie quatre thèses développées par Mgr Vigano dans cette lettre :

    • le pape François a choisi, dès son élection en 2013, comme son conseiller personnel pour les USA, le cardinal McCarrick – qui avait joué un rôle décisif dans son élection – alors qu’il savait la pratique homosexuelle de ce prélat ;
    • Benoît XVI, en 2009, informé des moeurs du cardinal McCarrick l’avait sanctionné ; le cardinal ayant refusé d’obtempérer et d’exécuter la sanction ; le pape François, le scandale arrivant, a décidé de faire appliquer la sanction le 28 juillet 2018 en retirant le titre de cardinal et lui imposant une vie de pénitence ;
    • un réseau homosexuel existe dans le clergé catholique ;
    • la politique de nomination des évêques aux USA est dictée par Mgr McCarrick selon un critère simple ; pas de gens de droit.

    Certains commentateurs soutiennent alors que cette accusation est mensongère et qu’elle est ourdie par un “complot de l’ultradroite conservatrice américaine”.

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  • Menace sur la retransmission des messes sur les ondes

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    L'épitre de saint Paul recommandant aux femmes d'être soumises à leurs maris lue dimanche dernier dans les églises a servi de prétexte au ministre flamand de la culture pour mettre en cause la diffusion des messes sur les ondes de la VRT (voir ici). Du côté francophone, on tient également à exploiter cette opportunité pour priver les auditeurs, encore nombreux parmi les plus âgés, de ce service comme on peut le lire dans l'édition du Soir de ce jour (p. 5) :

    La messe diffusée le dimanche, le débat se pose aussi à la RTBF 

    Côté francophone, on est proche du silence… religieux. Pourtant, la même séquence a bien été lue et retransmise en direct dimanche dernier sur les ondes de La Première. Inadmissible pour Daniel Soudant, administrateur (MR) de la RTBF : « Comment peut-on encore lire des choses pareilles ? Je ne peux pas entendre ça sur les ondes de la RTBF ! » Ce membre du CA propose de supprimer purement et simplement la diffusion du culte en radio (actuellement tous les dimanches matins) et en télé (une semaine sur deux). La retransmission de l’office religieux remonte aux années 70 : l’objectif est alors de permettre aux croyants qui ne sont pas en mesure de se rendre à l’église de pratiquer leur culte. Un argument qui n’est plus pertinent aujourd’hui, estime l’administrateur selon lequel la messe ne rassemblerait plus que 10.000 téléspectateurs et 30.000 auditeurs : « A l’époque, il y avait beaucoup plus de pratiquants. Et aujourd’hui, ceux qui le désirent ont à leur disposition des radios catholiques, des chaînes sur Internet, etc. » … Au sein du Conseil d’administration, on ne retrouve pas franchement la même détermination. Tout d’abord, le président du CA, Jean-François Raskin, étiqueté CDH, est formel : « Ce sujet revient fréquemment sur la table du CA, mais ce n’est pas de notre compétence. C’est le gouvernement qui fixe la liste des émissions concédées. » S’il admet que les propos de la Lettre de Saint-Paul le heurtent, il se montre réservé sur l’opportunité de supprimer ces émissions : « Si cela n’intéresse effectivement plus personne, et que les taux d’audience sont si faibles, je veux bien discuter de tout. Mais il me semble que cela nécessite une analyse un peu plus fine que de dire simplement que ça n’a plus de sens aujourd’hui ! »

  • Mgr Vigano dit la vérité...

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    D'Ed. Condon sur le site de Catholic News Agency :

    D'après un ancien fonctionnaire de la Nonciature, Vigano dit la vérité

    Monseigneur Jean-François Lantheaume, ancien premier conseiller à la nonciature apostolique de Washington, a déclaré que l'ancien nonce, l'archevêque Carlo Maria Viganò, avait dit la "vérité" dans sa déclaration explosive communiquée à la presse le 25 août.

    Le document de onze pages contient des allégations spécifiques selon lesquelles des évêques et des cardinaux de haut rang étaient au courant des allégations d'agression sexuelle à l'encontre de l'archevêque Theodore McCarrick depuis plus de dix ans. L'archevêque Viganò a également déclaré qu'en 2009 ou 2010, le pape Benoît XVI avait imposé des sanctions à McCarrick "similaires à celles que le pape François lui imposait" et qu'il lui était interdit de voyager et de parler en public.

    Dans sa déclaration, Viganò dit que celles-ci ont été communiquées à McCarrick lors d'une réunion houleuse à la nonciature de Washington, par le nonce Pietro Sambi. Viganò cite directement Mgr. Lantheaume lui avait parlé de la rencontre, après son arrivée à D.C. en 2011 pour remplacer Sambi comme nonce.

    "Monseigneur Jean-François Lantheaume, alors premier conseiller de la nonciature à Washington et chargé d’affaires par intérim après la mort inattendue du nonce Sambi à Baltimore, m’a dit à mon arrivée à Washington - et il est prêt à en témoigner - à propos de une conversation orageuse qui dura plus d'une heure, entre le nonce Sambi et le cardinal McCarrick, qu'il avait convoqué à la nonciature. Monseigneur Lantheaume m'a dit que «la voix du nonce pouvait être entendue tout au long du couloir».

    CNA a contacté Mgr. Lantheaume et a demandé une entrevue avec lui pour discuter du rôle qui lui a été attribué par l'archevêque Viganò. Lantheaume, qui a maintenant quitté le corps diplomatique du Vatican et sert dans le ministère sacerdotal en France, a refusé de donner une interview et a déclaré qu'il n'avait aucune intention de parler davantage sur le sujet.

    "Viganò a dit la vérité. C'est tout", écrit-il à l'AIIC.

    Le texte intégral de la déclaration de Viganò énumère de nombreux cardinaux de haut rang, au cours des trois derniers pontificats, comme étant au courant du comportement prédateur attribué à McCarrick, et qui ont omis d'agir, ou qui ont agi délibérément pour dissimuler les crimes présumés de McCarrick.

    L’ancien nonce désigne trois secrétaires d’État du Vatican, les cardinaux Angelo Sodano, Tarcissio Bertone et Pietro Parolin, qui n’ont pas réussi à restreindre le comportement de McCarrick ou qui ont agi positivement pour le soutenir.

    "Le cardinal Pietro Parolin, l'actuel secrétaire d'Etat, a également été complice de la dissimulation des méfaits de McCarrick qui, après l'élection du pape François, s'était vanté ouvertement de ses voyages et missions dans divers continents", a écrit Viganò.

    Plus controversé, l’archevêque Viganò allègue que le pape François a agi pour lever les restrictions imposées à McCarrick peu après son élection au pontificat, en 2013.

    Viganò dit avoir rencontré McCarrick en juin 2013 et le cardinal de l'époque lui a dit: "Le pape m'a reçu hier, demain je vais en Chine". Lors d'une réunion ultérieure avec François, Viganò a averti le pape de la longue liste d’allégations contre McCarrick mais que le Saint-Père n’a pas répondu.

    On pense que Mgr McCarrick réside toujours dans l'archidiocèse de Washington, DC, dans des conditions de "prière, pénitence et isolement" imposées par le pape François.

    Cette caution de Monseigneur Lantheaume compte au moment où les inconditionnels du pape François s'efforcent, par tous les moyens, de discréditer Mgr Vigano, comme ici, sur le site d'aleteia.org. Mgr Vigano savait d'avance qu'on s'en prendrait à sa réputation, ce qui ne l'a pas empêché de divulguer les faits pour le bien de l'Eglise.

    Une autre confirmation : http://catholicherald.co.uk/commentandblogs/2018/08/27/vigano-letter-spokesman-confirms-cardinal-wuerl-cancelled-meeting-between-mccarrick-and-potential-seminarians/?platform=hootsuite

  • Retour d’Irlande : le pape François repousse les balles dans tous les coins et encaisse un pénalty.

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    De Jean-Marie Guénois sur le site du Figaro de ce jour :

    Homosexualite-decelee-a-l-enfance-le-pape-recommande-le-dialogue-et-la-psychiatrie.jpgL'affaire de la pédophilie dans l'Eglise n'a pas fini de rebondir. Le tout dans une bataille médiatique où l'opinion publique est directement prise à témoin. Et où le pape François n'hésite pas à monter en première ligne comme il l'a démontré, dimanche soir, lors de la conférence de presse qu'il a donnée dans l'avion qui le ramenait d'Irlande vers Rome.

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    Le point central de cette rencontre du Pape avec les journalistes - habituelle au retour de chaque voyage apostolique - a été les allégations portées par l'ancien nonce aux Etats-Unis, l'italien, Mgr Carlo Maria Vigano, 77 ans, dans une lettre ouverte de 11 pages publiée le 25 août, demandant la démission de François.

    Notamment parce que le Pape aurait été «informé» dès son élection sur le siège de Pierre en 2013 - par Vigano lui-même - des mœurs homosexuelles avec des séminaristes dont il aurait contraint certains, de l'ancien archevêque de Washington, le cardinal Theodore McCarrick. Un prélat aujourd'hui âgé de 88 ans, également visé par des affaires pédophiles, à qui François a retiré, en juillet dernier, sous la pression médiatique, son titre de cardinal en lui imposant une vie de pénitence. Mais dont il aurait fait, jusque-là, l'un de ses principaux conseillers, notamment pour la nomination des évêques aux Etats-Unis, selon la lettre de Vigano. Mgr McCarrick qui, de plus, aurait toujours refusé d'obéir et d'obtempérer à la mise à pied que Benoît XVI aurait exigé de lui, selon Mgr Vigano, dès qu'il avait appris ces affaires de moeurs en 2009.

    Pas de confirmation

    À cet ensemble de questions - et de lourdes accusations mettant en cause la crédibilité de François dans le contexte de lutte de l'Eglise contre la pédophilie - le Pape a choisi de repousser la balle en deux directions: s'il a reconnu avoir lu la lettre ouverte de Mgr Carlo Maria Vigano, il a refusé de confirmer quoi que ce soit de son contenu, laissant simplement entendre, sans dire sur quel point, que ce document comportait des faiblesses en lui-même et qu'il était donc à priori suspect.

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    Second retour de volée, François a pris à parti les journalistes, leur suggérant de faire leur travail pour se rendre compte, eux-même, de la réalité et les provoquant sur leur maturité professionnelle.

    Voici la réponse, mot à mot, du Pape à ce sujet: «J'ai lu ce matin ce communiqué [la lettre ouverte de Mgr Carlo Maria Vigano, ndlr.], je l'ai lu et je dirais sincèrement que je dois vous dire ceci, à vous et à tous ceux d'entre vous qui sont intéressés: lisez attentivement le communiqué et faites-vous votre propre jugement. Je ne dirai pas un mot là-dessus. Je pense que le communiqué parle de lui-même.»

    Puis: «vous avez la capacité journalistique suffisante pour tirer des conclusions. C'est un acte de confiance. Quand passera un peu le temps - et vous avez les conclusions - peut-être, je parlerai mais j'aimerais que votre maturité professionnelle fasse ce travaille. Cela vous fera vraiment du bien.» Ajoutant: «j'attends votre commentaire sur le document, cela me plairait. Merci.»

    Relancé alors sur la question de savoir quand il a été informé des accusations contre le cardinal McCarrick, et donc, s'il savait, oui ou non, François a rétorqué: «Ceci fait partie du communiqué de McCarrick. Etudiez et puis je dirai.»

    Le tribunal spécial «pas viable»

    L'autre nouveauté de cette conférence de presse a porté sur le fonctionnement effectif de la justice interne de l'Eglise à l'encontre des évêques qui auraient couvert des actes pédophiles. Le pape François a en effet décidé en 2016 de créer une sorte de tribunal spécial au Vatican pour juger de ces cas, mais, à ce jour, aucun évêque ne semble avoir été jugé. En Irlande, il a rencontré Marie Collins, une victime de prêtre pédophile, qui fut membre de la commission internationale de lutte contre la pédophilie que le Pape avait monté mais qui en a démissionné pour protester contre l'inaction et le manque de décisions concrètes.

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