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Persécutions antichrétiennes

  • Asie : la liberté religieuse toujours plus menacée

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    La liberté religieuse toujours menacée en Asie selon un nouveau rapport

    Publié le 19/07/2019

    Un rapport du Pew Research Center – un centre de recherche américain qui fournit des statistiques et des informations sociales sous forme de démographie, sondages d’opinion et analyses de contenus – vient de confirmer l’Asie comme le continent où l’on trouve le plus de restrictions et d’obstacles à la liberté religieuse. Le rapport révèle que « durant la décennie 2007-2017, les restrictions gouvernementales contre la religion – par des lois ou des actions destinées à limiter les pratiques et les croyances religieuses – ont considérablement augmenté dans le monde ». Les derniers chiffres montrent que 52 gouvernements – dont plusieurs géants comme la Chine ou l’Indonésie – imposent des restrictions religieuses « élevées » voire « très élevées », par rapport à 2007.

    Selon le dernier rapport du Pew Research Center, un centre américain d’analyses sociales, le nombre de pays dans le monde où la population a subi des formes aggravées d’hostilités sociales contre les religions est passé de 39 pays à 56 pays en dix ans (sur 198 pays étudiés). Dans certains pays, les favoritismes contre certains groupes religieux en particulier se sont particulièrement développés, notamment en Thaïlande, où une nouvelle Constitution est passée en 2017. Une clause de la nouvelle Constitution thaïlandaise élève le statut du bouddhisme theravada à travers l’éducation, la propagation de ses principes et la mise en place de mesures et de dispositifs contre la profanation du bouddhisme sous toutes ses formes. Depuis 2007, les gouvernements asiatiques se sont également davantage référés aux autorités religieuses et aux textes ou aux doctrines religieuses.

    Activités religieuses limitées

    Depuis 2015, l’islam est la religion la plus fréquemment citée au rang de religion d’État ; sur 43 pays ayant une religion officielle, 27 ont adopté l’islam (63 %). En Indonésie, les gouvernements locaux ont continué leurs tentatives de conversions forcées des musulmans ahmadis, en leur demandant par exemple de signer leur renonciation à leurs convictions avant un mariage ou avant de partir en pèlerinage à La Mecque. En Chine, seuls certains groupes religieux sont autorisés à s’enregistrer auprès du gouvernement et à pratiquer des célébrations religieuses. Pour cela, ils doivent appartenir à l’une des cinq « associations religieuses patriotiques » reconnues par l’État (associations officielles bouddhistes, taoïstes, musulmanes, catholiques et protestantes). « Toutefois, des rapports affirment que le gouvernement chinois a arrêté, torturé et abusé physiquement aussi bien des membres de groupes enregistrés et non enregistrés », souligne l’étude. Parmi les pays comptant le plus de limitations contre la religion, de nombreuses mesures ont été appliquées afin de limiter les activités religieuses. Aux Maldives, par exemple, il est interdit de promouvoir toute autre religion que l’islam – un crime qui peut conduire jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Au Laos, les groupes religieux doivent obtenir l’autorisation du gouvernement pour pouvoir se rassembler, organiser des rites religieux, construire des lieux de culte et fonder de nouvelles communautés.

    « C’est le devoir de l’État de protéger tous les citoyens »

    Enfin, l’étude conclut que « globalement, les restrictions gouvernementales contre la religion et les hostilités sociales contre la religion sont restées constantes en 2017 par rapport aux années précédentes. En 2017, il y a également eu peu de changements après deux années de reculs majeurs contre la liberté religieuse, causés par des gouvernements, des groupes privés ou des individus ». « En 2017, près d’un quart des 198 pays étudiés (26 %) a connu des restrictions gouvernementales ‘élevées’ ou ‘très élevées’, contre 28 % en 2016. Ce sont les niveaux les plus élevés depuis 2013, mais cela reste en dessous du pic de 2012 – 33 %. » En 2017, 83 pays (42 %) ont expérimenté des niveaux élevés ou très élevés de restrictions religieuses, dues au gouvernement ou à des actions privées. Ce chiffre s’est maintenu depuis 2016 après deux années d’augmentations, et reste légèrement inférieur à 2012 (43 %). Enfin, comme au cours des années précédentes, la majorité des pays étudiés en 2017 restent à des niveaux de restrictions religieuses considérés comme ‘bas’ ou ‘moyens’. Le 16 juillet, lors de la présentation d’un rapport sur la persécution des chrétiens dans le monde, Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, a dénoncé « la tendance grandissante, même dans les démocraties stables, à la criminalisation ou à la sanction des autorités religieuses sous prétexte qu’elles proclament leur foi ouvertement, en particulier dans les domaines du mariage et de la famille ». Au contraire, affirme-t-il, « c’est le devoir de l’État de protéger tous les citoyens, qu’ils revendiquent une conviction religieuse ou non ».

    (Avec Asianews)

  • Quand des évêques chinois sont accueillis à Liège...

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    Les voici posant devant la Vierge du sanctuaire de Banneux.

    à Banneux (photo du site de La Meuse)

    Ce vendredi 19 juillet, des évêques chinois étaient en visite à Liège comme nous l'apprend ce communiqué :

    Cinq évêques chinois en visite officielle à Liège ce vendredi 19 juillet

    À l’invitation de la Fraternité d'Eglise Liège-Chine et de la Fondation Verbiest de la KULeuven, une délégation de cinq évêques catholiques chinois visite le diocèse de Liège ce vendredi 19 juillet.

    La délégation est présidée par Mgr John Fang Xingyao, évêque du diocèse de Lin yi (Shan dong), président de l’association des catholiques chinois, et par Mgr Joseph Shen Bin, évêque du diocèse de Hai men(Jiang su) et vice-président de la Conférence épiscopale de Chine, qui compte 98 évêques. La délégation est accompagnée par le P. Jeroom Heyndrickx, de la congrégation de Scheut, grand spécialiste de la Chine depuis plus de trente ans et artisan du dialogue entre l’Église de Chine et Rome.

    Cela nous interroge. Une opération de propagande ? En effet, ces évêques n'ont pu quitter leur pays et recevoir les autorisations pour effectuer leurs visites en Occident qu'en accord avec les autorités politiques de la Chine communiste. D'ailleurs, Mgr John Fang Xingyao est président de l'association patriotique des catholiques chinois. Le rôle de cette association qui prône une collaboration avec le régime est, pour le moins, discutable comme on pourra s'en rendre compte en lisant l'article suivant daté du mois de septembre dernier :

    L’Eglise de l’Association patriotique catholique de Chine refait allégeance au Parti communiste après l’accord avec Rome

    Eglise Association patriotique catholique Chine allégeance Parti communiste accord Rome
     
    Au-delà de l’optimisme et du pessimisme qui ont, des deux côtés de l’échiquier, accueilli l’annonce un accord provisoire entre le Vatican et Pékin en vue de la régularisation immédiate de tous les évêques excommuniés et du droit de regard du pouvoir en Chine sur la nomination des évêques catholiques, il est certainement bon de s’attacher avant tout aux faits. Parmi les plus récents concernant le sort de l’Eglise en Chine, celui-ci est sans aucun doute le plus significatif : l’Association patriotique catholique, connue également comme l’Eglise nationaliste, vient de réaffirmer sa loyauté à l’égard du parti communiste au pouvoir, quasiment dans le même mouvement que celui de l’accord Rome-Pekin. Une protestation d’allégeance lourde de menaces pour l’avenir

    Cela ne faisait que quelques heures que l’accord avait été rendu public à la suite de longues négociations entre le Saint-Siège et le régime communiste chinois – longues parce que l’on peut supposer que les accords provisoires sont le résultat de bien des années de contacts et de discussions. C’est donc dans la foulée de l’accord est en quelque sorte pour le ponctuer que l’Association patriotique catholique chinoise a publié un communiqué portant la signature de son porte-parole :

    « Il me plaît d’apprendre que la Chine et le Vatican ont signé un accord provisoire sur la nomination des évêques. L’Association patriotique catholique de Chine et la conférence des évêques catholiques de Chine lui apportent leur soutien sincère. »

    L’Association patriotique catholique de Chine se félicite de l’accord avec Rome

    Rappelons que la conférence des évêques catholiques de Chine désignée ici est celle qui est officiellement reconnue par le pouvoir. Mais le plus important est ce qui suit :

    « L’Eglise catholique chinoise aime profondément sa mère patrie. Nous adhérons à la magnifique tradition de patriotisme et d’amour pour la religion, nous adhérons au principe de l’Eglise indépendante et auto-gouvernante, nous maintiendrons le cap de la sinisation, nous adhérons à la voix de l’adaptation à la société socialiste et, sous la conduite du Parti communiste de Chine, nous travaillerons avec des gens de toutes nationalités dans le pays pour rendre compte de la grandeur de la nation chinoise. »

    On ne saurait être plus clair : cette association patriotique épouse sans réserve les orientations politiques du régime chinois, y compris la construction du socialisme, dans un contexte de religion autocéphale certes disposée à considérer le pape de Rome comme son chef visible, mais de très, très loin.

    Le communiqué poursuit :

    « L’Eglise catholique de Chine partage les mêmes croyances que les Eglises catholiques du monde. Nous sommes disposés à mener à bien des échanges amicaux avec d’autres Eglises catholiques sur la base de l’indépendance, du respect mutuel, de l’égalité et de l’amitié. »

    L’allégeance au Parti communiste suppose l’indépendance par rapport à Rome

    Autrement dit, l’accord s’est fait, du moins dans l’esprit des responsables chinois, dans l’idée que de nombreuses Eglises nationales se côtoient dans le monde, partageant sans doute les mêmes convictions spirituelles mais toutes égales et toutes indépendantes les unes par rapport aux autres.

    Avec tout cela, les catholiques officiels de Chine « espèrent sincèrement » selon leur porte-parole que « les relations entre la Chine et le Vatican continuent de s’améliorer ».

    Faut-il le rappeler ? Le communisme, athée et anticatholique par nature – et Dieu sait s’il continue de l’être en Chine – a été jugé « intrinsèquement pervers » par Pie XI. Serait-ce un enseignement révolu ? Le communisme chinois, qui se veut de plus en plus marxiste, de plus en plus proche de Mao, de plus en plus attaché au culte de la personnalité de Xi Jinping, œuvrant de plus en plus pour la « sinisation » accueillie sans critique par l’Eglise patriotique, accentue aujourd’hui sa pression persécutrice sur les minorités religieuses et en particulier à l’encontre de l’Eglise clandestine.

    L’accord de Rome avec le Parti communiste chinois passe sous silence persécution et génocide

    Faut-il le rappeler ? Par une toute récente loi, il est interdit aux mineurs de fréquenter les églises, fussent-elles officielles, et les parents contrevenants à cette règle risquent gros.

    Faut-il le rappeler ? Ce pouvoir communiste avec lequel Rome compose porte la responsabilité d’innombrables stérilisations et avortements forcés pour mettre en œuvre sa politique de contrôle de la population aussi contraignante que cruelle, et toujours d’actualité, même si des ajustements sont apportés au nombre d’enfants toléré.

    S’il s’agissait vraiment de protéger les catholiques en Chine, et plus encore leur foi, s’il fallait pour cela faire semblant de croire qu’un pouvoir communiste est tenu par sa propre parole, ces réalités sont suffisantes pour rendre la conclusion d’un accord provisoire incompréhensible, et même scandaleuse.

    Jeanne Smits

    L'excellent site Bitter Winter délivre des informations quotidiennes sur la situation des croyants en Chine communiste.

  • Le sacrifice des carmélites de Compiègne (17 juillet)

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    Bheureuses-Carmélites.jpgOn fête aujourd'hui la Bienheureuse Thérèse de Saint-Augustin et ses quinze compagnes, martyres. Cet épisode tragique a inspiré Gertrud von Le Fort, Poulenc, Bernanos, le Père Bruckberger...

    Les Carmélites de Compiègne (par Michel Lafontaine) (source)

    Depuis 1789, la France est en ébullition. Une révolution déchire ses habitants. Compiègne, une cité millénaire du nord, en Picardie, sur les rives de l’Oise, n’est pas épargnée par les différends de la capitale. Ces bouleversements politiques auront des répercussions sur le calme quotidien du Carmel de Compiègne fondé un siècle et demi auparavant. 

    Cette communauté compte vingt et une religieuses à l’aube de la Révolution française et se compose de quinze religieuses choristes, d’une novice, de trois sœurs converses (chargées en principe des travaux ménagers), et deux tourières de l’extérieur (non liées par des vœux). Sous la tutelle maternelle de mère Thérèse de Saint-Augustin, une femme de 37 ans, chaleureuse et gratifiée de grandes qualités humaines et surnaturelles ajustées par un bon jugement, la communauté dont la moyenne d’âge se situe autour de 45 ans, s’épanouit dans l’esprit de leur fondatrice, sainte Thérèse d’Avila, comme un « petit collège du Christ ». La vie communautaire est colorée par les caractéristiques propres à chacune : quelques religieuses se présentent vives et enjouées, d’autres déploient leur forte personnalité, certaines manifestent douceur et modestie, tandis que des soeurs expriment par leur vie cette juste tension évangélique entre « l’action pratique » et « l’esprit de contemplation »… 

    Les événements dramatiques se bousculent. Dès octobre 1789, « l’émission des vœux dans tous les monastères » est suspendue au nom de la liberté individuelle. Constance, la jeune novice, ne peut ainsi prononcer ses vœux. Le lendemain de la Toussaint, afin d’éviter la banqueroute, les biens de l’Église sont « mis à la disposition de la Nation », ce qui entraînera rapidement la sécularisation des religieux au nom de la liberté : « Les droits de l’homme et la vie monastique sont incompatibles. Toutes les institutions sont faites pour la société, et la société peut les détruire quand elles deviennent inutiles. » La « Constitution civile du clergé » ne facilite pas non plus les choses. 

    En août 1790, la clôture du Carmel sera violée par des perquisitions faites par les membres du Directoire du district de Compiègne afin d’établir l’inventaire du monastère. Les officiers municipaux s’ingèrent aussi dans la vie interne du carmel en janvier 1791 en présidant aux élections de la prieure et de l’économe de la communauté. Mère Thérèse de Saint-Augustin sera réélue prieure. Entre temps, deux religieuses sont décédées au couvent, tandis que trois Carmélites s’absentent à Rosières, à Paris et à Sens. C’est d’ailleurs grâce à l’une de ces « échappées », Sœur Marie de l’Incarnation, que nous connaissons aujourd’hui comment les Carmélites ont vécu avec héroïcité leur chemin de la croix. 

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  • Vivons-nous une époque apocalyptique ?

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    Du blog de la lettre d'information de Denis Sureau "Chrétiens dans la Cité" (15 juillet) :

    Vivons-nous des temps apocalyptiques?

    Écrivain et peintre catholique canadien de 71 ans, auteur de nombreux et bons romans (notamment Père Elijah, Une île au cœur du monde...), Michael D. O'Brien se pose la question dans un essai intitulé  L'Apocalypse(Salvator, 156 p., 17 €) :  vivons-nous des temps apocalyptiques? Il n'y répond pas en annonçant la fin imminente du monde (sans l'exclure pour autant), ni en disséquant le dernier livre de la Bible, mais en incitant son lecteur à la vigilance et au discernement. Son diagnostic de l'état présent est sans complaisance : "La Bête qui est maintenant tout autour de nous dévore les innocents à des nombreux niveaux de notre société."  Dans notre époque  sombre et antéchristique, dominée par un matérialisme totalitaire "mou" (quoique parfois aussi violent, comme le montre le regain des persécutions) et une apostasie croissante des anciennes nations chrétiennes, l’Église ne peut qu'être un signe de contradiction, une force de résistance. Et pourtant, déplore Michael D. O'Brien, les chrétiens sont souvent tièdes, et donc vulnérables aux tromperies de l'Adversaire. Il veut les secouer, en les aidant à voir le monde avec lucidité mais sans avoir peur, en cultivant foi, espérance et amour. Un essai tonique.

    Voir aussi : https://www.pierre-et-les-loups.net/l-apocalypse-avertissement-esperance-et-consolation-le-nouveau-livre-de-michael-o-brien-306.html

  • Erythrée : tous les hopitaux catholiques ont été fermés par le régime

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    Du site de France Catholique :

    Persécutions

    Érythrée : le pouvoir ferme le dernier hôpital catholique

    lundi 8 juillet 2019

    Dans le collimateur du gouvernement érythréen, tous les établissements de soins catholiques ont été contraints à l’expropriation. Dernier de la liste, l’hôpital de Zager, placé sous scellés le 5 juillet.

    Irruption des forces de l’ordre, éloignement forcé des religieuses, mise sous scellés. La scène qui s’est déroulée vendredi à Zager, à environ 30 kilomètres de la capitale Asmara, aurait pu se dérouler il y a plus d’un siècle, en France, lors de la querelle des inventaires de 1905. L’hôpital du village, qui assurait des soins généraux ainsi que des services d’obstétriques, se voit donc privé d’un personnel compétent, au prétexte de son appartenance confessionnelle. La matériel, confisqué, est resté sur place. Un processus semblable s’est déroulé la veille dans le sud du pays, rapporte l’agence Fides. En quelques semaines, pas moins de 22 hôpitaux, cliniques et dispensaires ont été contraints de remettre leurs clés aux autorités.

    Ces mesures répressives seraient la conséquence des prises de position de l’épiscopat local qui, à plusieurs reprises, a critiqué le régime dictatorial du président Issayas Afewerki, au pouvoir depuis l’indépendance survenue en 1993. Les évêques ont en effet réclamé la mise en place de réformes en profondeur dans ce pays dépourvu de Constitution et privé d’élections démocratiques. Le 28 avril, dans une lettre pastorale intitulée « Paix à vous qui étiez loin et paix à ceux qui étaient proches », ils avaient ainsi préconisé la mise en place d’un « processus de réconciliation nationale, qui garantisse la justice sociale » ainsi que des réformes économiques et sociales pour lutter contre la pauvreté endémique de l’Érythrée. Ce pays de 117.000 km² occupe actuellement la 185e place sur 192 au classement mondial des pays par PIB/habitant établi par le FMI.

    Considéré comme l’un des pays les plus fermés au monde, marqué par des années de guerre avec l’Éthiopie, l’Érythrée relève de l’autorité d’un parti unique, le Front Populaire pour la Justice et la Démocratie. « Le régime (…) a supprimé la plupart des libertés et la situation des droits de l’homme y est très préoccupante : interdiction des partis politiques ; absence d’indépendance de la justice et des prisonniers politiques toujours plus nombreux ; liberté de la presse et liberté syndicale inexistantes ; liberté de religion fortement encadrée ; arrestations et détentions arbitraires » souligne une synthèse du Quai d’Orsay. Le pays est aujourd’hui l’un des principaux foyers d’émigration en Afrique de l’Est.

    Voir aussi : https://afrique.lalibre.be/38875/le-cardinal-de-kesel-denonce-la-fermeture-dhopitaux-catholiques-en-erythree/

  • Irak : un village chrétien reconstruit grâce aux catholiques hongrois

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    Irak : L’église hongroise reconstruit un village chrétien détruit pendant la guerre contre l’État Islamique

    « Ô vous les esclaves de la croix. Vous n’avez pas de place dans un Etat islamique. Partez, ou nous vous tuerons. »

    Batnaya, village chrétien en Irak dans la pleine de Ninive, a été au coeur de la guerre en Irak contre l’État Islamique. Batnaya avait été complètement détruit par la coalition pour en déloger les djihadistes. Mais en 2017, la Conférence épiscopale catholique hongroise avait lancé une campagne de levée de fonds. Deux ans plus tard, la rénovation a commencé.

    Au lendemain de la guerre, les murs de ce village fantôme continuaient de proférer les menaces des islamistes. Les mines et les tunnels creusés par les djihadistes n’invitaient pas au retour.

    « Ô vous les esclaves de la croix. Vous n’avez pas de place dans un État islamique. Partez, ou nous vous tuerons. »

    En mai 2018, un chrétien, Deacon Marcus, se faisait le témoin de la ruine et la désolation.

    « J’ai visité le village chrétien de Batnaya, un village au nord de l’Irak, à proximité de Mosul. Le village a été pris par l’État Islamique quelques années auparavant et a été pratiquement détruit par les frappes aériennes. Par conséquent, de nombreux villageois n’ont pas pu y retourner et restes déplacés. »

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    Mais les chrétiens hongrois ont décidé de se mobiliser pour leurs frères et soeurs d’Irak. À ce jour, 500 000 $ ont été récoltés. C’est dans des « circonstances difficiles » que la reconstruction a pu recommencer.

    Le communiqué du secrétariat de la conférence des évêques catholiques hongrois indique qu’il est question de « solidarité fraternelle de la communauté chrétienne » :

    « Le soutien financier n’est pas seulement une aide concrète pour les familles déplacées, mais aussi une expression de la solidarité fraternelle de la communauté chrétienne. Il est basé sur l’espoir que Dieu préparera l’avenir et la paix pour ceux qui se trouvent dans la situation la plus difficile. »

    M.C.

    Crédit Image : answer5 / Shutterstock.com

    Faire un don pour les chrétiens persécutés

    © Info Chrétienne

  • 97% des chrétiens tués en 2018 l'ont été en Afrique

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    De Malik Acher sur le site de RT France :

    Afrique : l'inexorable montée en puissance des violences contre les chrétiens

    L'histoire est là pour témoigner du fait que ces populations ont toujours vécu ensemble sans pour autant qu'il y ait eu des tensions et des guerres interreligieuses

    Outre les violents conflits opposant éleveurs nomades et sédentaires, les Africains de confession chrétienne sont également victimes, à l'instar des autres communautés religieuses, de l'expansion des activités terroristes. Récent épicentre de ces violences, la bande sahélienne, vaste territoire de plusieurs milliers de kilomètres, souffre en premier lieu de l'incapacité des Etats «à imposer leur autorité» et de facto à assurer la sécurité des populations, selon Bakary Traore, spécialiste de la géopolitique du Sahel. 

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  • Le Saint-Siège regrette que le terrorisme anti-chrétien ne soit pas explicitement nommé

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    Du site aleteia.org :

    Le Saint-Siège déplore que le terrorisme anti-chrétien ne soit pas explicitement nommé

    I.Media | 25 juin 2019
    La nature « spécifiquement anti-chrétienne » de certaines violences est souvent passée sous silence par de nombreux médias et dirigeants, a déploré Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies.

    Pour lutter contre le fléau du terrorisme, les États doivent garantir « l’égalité de tous les citoyens devant la loi, quelle que soit leur identité religieuse ou ethnique, en tant qu’exigence fondamentale de justice », a plaidé Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies, à l’occasion d’une table ronde sur le terrorisme. Invitant les dirigeants politiques, sociaux et religieux à condamner l’utilisation de la religion comme vecteur de haine, il a appelé à une « une séparation positive et respectueuse de la religion et de l’État ».

    Attention aux « nouveaux euphémismes »

    Si les Nations unies ont adopté une résolution condamnant explicitement la « christianophobie » – aux côtés de l’islamophobie et de l’antisémitisme – le prélat a regretté que ce ne soit pas le cas de nombreux dirigeants et médias. En effet, a-t-il dénoncé, de « nouveaux euphémismes » sont utilisés pour éviter d’évoquer la nature « spécifiquement anti-chrétienne » de certaines violences. Le diplomate a ainsi cité les récentes attaques au Sri Lanka où selon lui certains ont parlé « d’adorateurs de Pâques » pour éviter de nommer les chrétiens. Il faut avoir « le courage d’appeler les choses par leur nom », a insisté Mgr Auza. Le nonce apostolique a également rappelé à l’assemblée l’ensemble des attaques récentes, se disant horrifié par chacune d’elles. Il a ainsi mentionné celles contre les juifs aux États-Unis ou en France, celles contre les musulmans notamment à Londres (Angleterre) et à Christchurch (Nouvelle-Zélande) ou encore celles contre les chrétiens en Irak et en Syrie. Pour faire face au terrorisme, les « meilleurs instruments internationaux ne suffisent pas », a-t-il considéré. C’est pourquoi, les États doivent s’attaquer avec vigueur aux « facteurs culturels » nécessaires à la promotion de la tolérance et de l’inclusivité.
  • Chine : les autorités s'acharnent contre les évêques non reconnus même après leur mort

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    De Sandro Magister en traduction française sur le site "Diakonos.be" :

    La Chine persécute les évêques « souterrains » même après leur mort.  Inquiétude au Vatican

    Comme on le sait, avant de signer avec la Chine l’accord secret du 22 septembre 2018 sur la nomination des évêques, le pape François a dû auparavant gracier huit évêques installés par les autorités chinoises sans l’accord de Rome et qui étaient donc frappés d’excommunication.

    L’un de ces évêques était mort deux ans plus tôt mais le gouvernement de Pékin avait également exigé et obtenu cette anormale amnistie posthume.

    Mais en échange, François n’a pas obtenu la même reconnaissance, de la part de la Chine, des évêques soi-disant « souterrains », consacrés par Rome sans l’accord du gouvernement.

    L’un d’entre eux, Mgr Étienne Li Side, l’évêque de Tien-Tsin, est mort la veille de la Pentecôte à l’âge de 93 ans mais même après sa mort, les autorités chinoises n’ont pas fait preuve de clémence.

    Elles sont même allées jusqu’à lui refuser des funérailles dans sa propre cathédrale.

    C’est ce que fait remarquer, avec des mots bien pesés, la nécrologie officielle publiée par la Secrétairerie d’État du Vatican le 24 juin, seize jours après le décès de Li :

    « Les messes commémoratives, les condoléances et les cérémonies de deuil se sont déroulées dans un funérarium du district de Jizhou et non à la cathédrale Saint-Joseph de Tien-Tsin ».

    Et ce malgré la vie exemplaire du défunt, non seulement comme ministre de Dieu mais également en tant que citoyen :

    « Mgr Li Side vivait dans la pauvreté et dans une profonde humilité.  Il exhortait toujours les fidèles à respecter les lois du pays et à aider les pauvres.  Même dans les douloureuses vicissitudes en tout genre qui ont émaillé sa vie longue, il ne s’est jamais plaint, acceptant toute chose comme la volonté du Seigneur ».

    Les « douloureuses vicissitudes » en question ont consisté en quatre années de prison de 1958 à 1962, dix-sept années de travaux forcés de 1963 à 1980 plus deux autres années de prison de 1989 à 1991.  Après quoi, l’évêque consacré sans avoir été reconnu par le gouvernement a dû passer le reste de sa vie – pour le dire encore avec les mots de la nécrologie vaticane – « aux arrêts domiciliaires dans le village perdu dans les montagnes de Liang Zhuang Zi, dans le district de Jixian, à 60 kilomètres de Tien-Tsin, où il est resté jusqu’à sa mort, n’étant autorisé à s’éloigner que pour se rendre à l’hôpital ».

    Mais « malgré l’exil et l’éloignement – poursuit la nécrologie – les fidèles qui allaient le trouver étaient toujours nombreux.  Le prélat a défendu les principes de l’Église catholique avec cohérence et a témoigné de l’Évangile du Christ en demeurant héroïquement en communion avec le successeur de Pierre ».

    Pour les détails du traitement surréaliste réservé à Mgr Li après sa mort – les autorités chinoises ayant continué à lui refuser jusqu’au titre même d’évêque – nous renvoyons à ces deux articles d’Asia News, l’agence spécialisée sur la Chine de l’Institut pontifical pour les mission étrangères :

    > Niente funerali pubblici per mons. Stefano Li Side, vescovo di Tianjin

    > Il funerale di mons. Li Side, un ‘affare di Stato’ nelle mani di polizia, personale di sicurezza, controlli

    Pour la diplomatie vaticane, cet ostracisme opiniâtre de la part des autorités chinoises n’est pas très encourageant pour les futurs développements de l’accord du 22 septembre.  À Rome, les gestes d’ouverture se succèdent, comme par exemple la longue et irénique interview donnée par le cardinal secrétaire d’État Pierre Parolin au « Global Times », un version anglophone du « Quotidiano del Popolo », l’organe officiel du parti communiste italien.  Mais il se fait que l’interview n’a pas été traduite en mandarin, pas même une petite partie, dans aucun journal de Chine.

    Et puis il y a l’écueil de Hong Kong et de la rébellion d’une grande partie de la population contre la loi – à présent suspendue – qui autoriserait l’extradition sur le territoire chinois, même des opposants politiques, une rébellion surtout emmenée par les catholiques de la ville, à commencer par leurs derniers évêques et cardinaux, non seulement l’intrépide cardinal Joseph Zen Zekiun, critique irréductible de l’accord du 22 septembre entre le Vatican et la Chine mais également son successeur, John Tong Hon, plus modéré.

    Mgr Tong étant sur le départ pour dépassement de la limite d’âge, la désignation du nouvel évêque de Hong Kong sera un véritable casse-tête pour le pape François qui, entre rébellion et dialogue, penchera tout naturellement pour le second mais il devra également tenir compte de la soif de liberté et de dignité de nombreux catholiques – et d’évêques – de Hong Kong et de toute la Chine.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    Lire aussi : « Arrêtés, maltraités, torturés » : un rapport du département d’Etat dénonce la persécution religieuse en Chine

  • 14 religieuses espagnoles massacrées par les Rouges espagnols en 1936 ont été béatifiées

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    Ritratto delle martiri Concezioniste francescane - Monastero di Madrid

    De Vatican News :

    Le cardinal Becciu béatifie 14 contemplatives espagnoles

    Pour le préfet de la Congrégation pour les Causes des saints, ces 14 sœurs de l’Ordre de l’Immaculée Conception tuées «in odium fidei» au début de la guerre civile espagnole, représentent «un encouragement à poursuivre, avec joie, le témoignage de la miséricorde de Dieu».
     
    Roberta Barbi – Cité du Vatican«Dieu ne nous abandonne jamais, surtout au moment de la défaite et de l’échec». Les quatorze religieuses béatifiées ce samedi le savaient très bien, a assuré le cardinal Angelo Becciu. Elles ont été tuées durant la guerre civile en divers lieux mais, toutes en raison de leur foi et de leur appartenance à l’Église et, jusqu’au dernier moment, elles ont senti la présence de Dieu. 

    La présence de Dieu

    Lors de la cérémonie de béatification de Mère Maria Carmen Lacaba Andia et de treize compagnes martyres, le préfet a mis en exergue la force que Dieu offre à chacun, Lui qui est présent à chaque instant de la vie, en particulier lors des épreuves les plus difficiles. «Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort», peut-on lire dans la seconde Lettre aux Corinthiens (2 Co 12:10). Les lieux et les dates des décès ne sont pas les mêmes, mais il s’agit d’un unique sacrifice, le plus extrême, affronté avec la même générosité et le même courage. Dans son homélie, le cardinal Becciu évoque les trois guet-apens lors desquels les 14 religieuses furent tuées à la fin de 1936.

    Trois guet-apens

    Il décrit «l’assaut lancé contre le monastère de Madrid par des agresseurs qui criaient: ‘Mort aux religieuses’ ; et celle-ci qui moururent en s’exclamant: ‘Vive le Christ Roi ! » Le monastère d’El Pardo avait, lui, déjà été abandonné et les sœurs avaient trouvé refuge dans les maisons voisines. Quand elle furent découvertes, lorsqu’il leur fut demandé si elles étaient religieuses, elles répondirent: «Oui, par la grâce de Dieu». Des paroles qui les condamnèrent à mort. Enfin, le cardinal Becciu se souvient des victimes du monastère d’Escolana. «Expulsée par la mairie et des miliciens locaux, elles furent envoyées à la Direction générale de la Sécurité à Madrid pour les contraindre à abandonner leur foi et faire d’elles des apostats». A ces fins, les agresseurs tuèrent les plus âgées devant les plus jeunes, sans résultat.

    Un exemple pour les consacrés et les laïcs

    Toutes ces bienheureuses ont été tuées «en raison de leur état de vie religieuse et de leur adhésion totale au Christ et à l’Église, et ce fut bien l’aversion pour Dieu et pour la foi chrétienne qui détermina le martyre» explique le cardinal Becciu. La rapidité avec laquelle a été scellée, avec le sacrifice de leurs vies, la Vérité qu’elles annonçaient «associant leur martyre de foi, d’espérance et de charité», fait d’elles un modèle de vie pour tous. Elles sont un exemple «pour les religieuses de leur ordre et pour toutes les consacrées qui dédient leur vie entière à la prière et à la contemplation ; elles qui sont appelées à témoigner combien l’amour de Dieu est enveloppant» affirme le cardinal. Quant aux laïcs, elles leur enseignent «la nécessité d’écouter et d’adhérer docilement à la parole de Dieu».

    Le martyre, révélation du mystère pascal

    L’expérience des martyres montre combien «la force de la foi, de l’espérance et de l’amour est plus fort que la violence». Le martyre «est une révélation particulière du mystère pascal qui continue à œuvrer et à s’offrir aux hommes de tout temps comme promesse de vie nouvelle», a expliqué le cardinal Becciu.Les bienheureuses n’avaient pas la frénésie d’être des acteurs de premier plan. Elles étaient simplement fidèles à leur vocation de croyantes qui aiment Jésus sans réserve, jusqu’au prix de leur vie. «Voilà un signe éloquent qui montre comme la vitalité de l’Église ne dépend pas de projets ou de calculs humains mais jaillit d’une adhésion totale au Christ et à son message de salut» a conclu le Préfet. 
  • Notre simple existence est un défi pour le monde

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    De Samuel Pruvot et Théophane Leroux, avec Erwan de Botmiliau sur le site de Famille Chrétienne :

    Rémi Brague : « Notre simple existence est un défi pour le monde »

    Entretien avec le philosophe Rémi Brague, pour qui la Passion reste la profanation majeure.

    Qu’est-ce qu’un sacrilège ?

    On ne peut pas faire pire que crucifier Dieu. Tout sacrilège perd son pantalon par rap­port à la Passion ! Tout sacrilège est ridicule par rapport à ce qui s’est réellement passé.

    Mesurer la gravité des actes

    Pour le Catéchisme de l’Église catholique, il ne faut pas sous-estimer, d’un point de vue moral, la gravité des actes de profanation même si l’intention des profanateurs n’est pas toujours claire. « Il y a des actes qui par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances […], sont toujours illicites en raison de leur objet : ainsi le blasphème et le parjure, l’homicide et l’adultère » (§ 1756).

    Les actes antichrétiens ont augmenté de plus de 220 % en dix ans… Les vols dans une église, c’est une vieille histoire : de simples larcins, avec peut-être un petit frisson blasphématoire. Les tags, profanations, etc., restent de l’ordre de la bêtise. La recrudescence de ces dix dernières années est curieuse : qu’est-ce qui a pu se passer dans le cerveau de certains détraqués dans les années 2010 ?

    Les chrétiens sont-ils persécutés sous nos latitudes ?

    Il y a une persécution mais qui est soft, ou plutôt une décision de la part des gens qui ont le pouvoir politique ou médiatique de ne pas nous écouter : nous comptons pour du beurre. Toute mention de ce qui est chrétien est accompagnée d’un ricanement. Que faire contre ? Peut-être montrer que nous sommes plus malins qu’eux et que nous avons à dire quelque chose de plus intéressant. Ça suppose que nous soyons deux fois meilleurs pour réussir à nous faire pardonner le fait que nous sommes chrétiens.

    ▶︎ À LIRE AUSSI. Rémi Brague : « Le christianisme déculpabilise »

    Pourquoi le christianisme suscite-t-il la haine ?

    Jésus l’a dit : le disciple n’est pas plus grand que le maître. Il est tout à fait normal que ce qui arrive au maître arrive aux disciples. Notre simple existence est un défi pour le monde : la transgression que représente l’idée d’un Dieu incarné est énorme. Cela gêne moins de supposer une sorte de division du travail comme dans le psaume : le Ciel est à Dieu, la Terre est aux hommes (1). Les religions païennes – dont l’islam – respectent cette division. Le christianisme, lui, suppose une aventure de Dieu avec l’humanité, laquelle est rendue à son tour capable d’une caractéristique divine : la sainteté. Le paganisme, c’est le refus de l’alliance entre Dieu et son peuple, qui culmine dans l’Incarnation. Et c’est l’usage idolâtrique du divin qui en fait le miroir de nos propres désirs : être tout-puissant, écraser ses ennemis, etc. C’est le rêve de chaque homme pécheur, donc notre rêve à tous si on n’y fait pas attention.

    N’y a-t-il pas aujourd’hui une perte du sens du sacré ?

    C’est un phénomène intéressant de la culture contemporaine : il devient de plus en plus difficile de blasphémer. Où trouver quelque chose de sacré dont on pourrait se moquer ? Toutes les différences sociales étant arasées, il n’y a plus rien d’inviolable.

    Le christianisme passe pour être l’un des derniers lieux du sacré, par contresens, puisqu’il est le lieu de la sainteté, pas de la sacralité. Les chrétiens sont considérés comme étant les seuls à pouvoir être choqués. C’est devenu un fonds de commerce.

    Les chrétiens sont considérés comme étant les seuls à pouvoir être choqués. C’est devenu un fonds de commerce.

    Quelle est la différence entre le sacré et le saint ?

    Le sacré, c’est ce par quoi vous vous soumettez à quelque chose qui demande votre vie. On le reconnaît à ce qu’il se nourrit de sang : la Nation, le prolétariat, la race… Les dieux ont soif. Le saint, c’est ce qui fait vivre, ce qui vous donne la vie, pas ce qui vous la prend. Nous employons le mot « sacré » tous les jours, mais ce qui est vraiment visé, c’est plu­tôt le saint. Le sacré se concentre dans l’individu et ne fait que le ramener à sa vérité de pécheur, puisque ce que je cherche dans l’idole, c’est l’idéal de ce que je devrais être. Cet individu qui n’a d’autres points de fuite que lui-même se trouve obligé de tourner en rond si la contemplation devient impossible : « Circulez, y’a rien à voir… »

    C’est la liberté individuelle qui devient sacrée…

    Nous nous imaginons libres, mais la liberté de l’homme moderne, c’est celle de l’esclave. Aristote dit que les hommes libres sont plus liés que les esclaves. Lorsque le fouet du garde-chiourme s’éloigne, les esclaves font ce qu’ils veulent. Les hommes libres ont la responsabilité, une conscience, un code d’honneur, les règles de la chevalerie et de la courtoisie, etc. Certaines choses se font et d’autres ne se font pas : d’une certaine manière, ils sont moins libres, puisqu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi. Une autre image, c’est la liberté du taxi : un taxi libre est vide, ne va nulle part et peut être pris d’assaut par ceux qui peuvent payer.

    Samuel Pruvot et Théophane Leroux, avec Erwan de Botmiliau

    (1) «  Le Ciel, c’est le Ciel du Seigneur ; aux hommes, Il a donné la Terre  » (Ps 113b, 16).

  • Retour sur Kongolo et l’Eglise martyre au Congo indépendant

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    Pour ceux qui souhaiteraient connaître le contexte du massacre des missionnaires à Kongolo, Paul Vaute a publié l'an dernier un article sur ce sujet, basé sur l'ouvrage que lui a consacré le professeur Dries Vanysacker (KULeuven).

    A noter que le mémorial de Gentinnes ne contient pas les noms de 217 spiritains, comme le dit Kerknet, mais bien de 216 hommes et femmes, dont 156 prêtres, religieuses et religieux de différents ordres et congrégations, victimes des troubles qui ont suivi l'indépendance congolaise.

    Voici le lien:

            https://lepassebelge.blog/2018/01/29/leglise-martyre-au-congo-independant/