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Philosophie

  • Rien n’est plus sain que la recherche de la gloire car il s’agit d’un appétit très naturel

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    D'Eugénie Bastié sur le site du Figaro Vox :

    Fabrice Hadjadj: «La recherche de la gloire est saine, c’est un appétit naturel»

    FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Le dernier livre du philosophe Fabrice Hadjadj est une ode à la gloire qui - loin de s’y opposer - va de pair avec l’humilité. Il réhabilite la recherche de la gloire comme remède au règne de l’utilitaire et moyen de célébrer la vie sous toutes ses formes.

    11 octobre 2019
     
    Fabrice Hadjadj.
    Fabrice Hadjadj. Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

    Fabrice Hadjadj est écrivain et philosophe. Il est le directeur de l’université Philantropos. Il vient de publier À moi la gloire aux éditions Salvator (septembre 2019).


    FIGAROVOX.- Les catholiques ont tendance à mettre en avant l’humilité plutôt que la gloire. Est-ce une erreur?

    Fabrice HADJADJ.- Lorsqu’un prédicateur monte en chaire et se place bien sous les projecteurs pour prôner l’effacement, on peut à bon droit penser qu’il y a quelque chose qui cloche… L’humilité est une vertu spécifiquement chrétienne, ignorée des païens, car elle suppose la révélation tragicomique d’un Dieu qui s’abaisse jusqu’à se faire ce charpentier juif qu’on crucifie comme malfaiteur à 33 ans.

    Rien n’est plus sain que la recherche de la gloire, car il s’agit d’un appétit très naturel.

    À l’opposé, la vertu païenne majeure est liée au désir de gloire: Cicéron l’appelle «magnanimité» (de magna anima, la «grande âme»). Dans La Conjuration de Catilina, Salluste affirme que l’aspiration à la gloire, c’est-à-dire le désir de distinction, est précisément ce qui nous distingue des bêtes. Sans elle, il n’y aurait pas de sens du sacrifice et donc pas de république, puisqu’on ne viserait rien de plus grand que son intérêt immédiat. D’ailleurs, en grec, «vertu» se dit arétè, qui peut se traduire par excellence.

    La question est donc double. Premièrement, elle concerne le rapport du paganisme au christianisme: y a-t-il entre eux une totale contrariété, ou bien le second dépasse-t-il le premier en l’assumant pleinement? Secondement, si l’humilité n’a rien à voir avec le désir de gloire, on n’échappe pas à la critique de Nietzsche: soit l’humilité est négation de soi, et le christianisme n’est plus qu’un nihilisme ; soit elle est un désir de gloire honteux - une stratégie des faibles pour supplanter les forts -, et le christianisme n’est plus qu’hypocrisie.

    La recherche de la gloire n’est donc pas forcément malsaine?

    Rien n’est plus sain, car il s’agit d’un appétit très naturel. Et rien n’est plus humble même. Car il n’y a pas de gloire sans un autre qui nous rend gloire. Bossuet, dans son discours de réception à l’Académie française, observe que la gloire se dédouble en gloire des héros et gloire des poètes, et que les uns ne peuvent être sans les autres.

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  • Synode en Amazonie : la marche sur Rome des théologiens de la libération

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    Amazonie 3367163792.jpgLu sur le site web « atlantico » cette salve d’Edouard Husson publiée le 6 octobre 2019 contre le document préparatoire du "synode amazonien ", le jour même ou le pape François ouvre les portes de cette assemblée à Rome:

    « Un texte d’une extrême indigence intellectuelle

    Ce n’est pas seulement le panthéisme naturaliste; ce n’est pas seulement la négation de l’élection d’Israël qui signent un texte non chrétien. C’est aussi son extrême indigence intellectuelle. Le christianisme est né au sein d’une des cultures les plus lettrées de l’Antiquité dans la zone la plus alphabétisée du Bassin méditerranéen, où l’on parlait quatre langues: l’hébreu, l’araméen, le grec et le latin. La religion du Christ s’est ensuite répandue autour du Bassin méditerranéen avec une grande rapidité, parce que les élites y adhéraient, nombreuses: c’est bien pourquoi la résistance du pouvoir romain et la persécution des chrétiens furent si marquées durant les trois premiers siècles de notre ère. Contrairement à ce que nous a raconté une exégèse allemande du XIXè siècle passablement antijuive, sinon antisémite (et colportée par Renan en France), les empereurs romains furent rapidement terrifiés non par une bande d’illuminés sectaires mais par le basculement massif des élites antiques vers une religion qui comblait leurs attentes.  

    Les premiers siècles du christianisme ont permis une extraordinaire floraison culturelle, en particulier, grâce à la rencontre de l’Evangile avec le corpus intellectuel et culturel gréco-romain. Tandis que la chrétienté orientale profitait de l’essor byzantin, qui dura onze siècles, le monde chrétien occidental conserva précieusement les trésors de la latinité après la chute de l’Empire romain. Et c’est en Europe puis dans l’ensemble de l’Occident, n’en déplaise aux auteurs de l’Instrumentum laboris, qu’eut lieu la plus formidable mutation politique, économique et technique de l’histoire humaine. A-t-on jamais égalé le jaillissement philosophique qui mène de saint Augustin (au Vè siècle de notre ère) au Bienheureux Jean Duns Scot (au XIVè siècle), en passant par Saint Anselme (XIè siècle), Saint Bonaventure (XIIè siècle) et Saint Thomas D’Aquin (XIIIè siècle)? Le bon gouvernement pensé par Aristote et Cicéron, mais aussi l’art, la culture, l’éducation devinrent, grâce au christianisme, progressivement accessibles à tous, hommes et femmes de toute condition sociale, et non plus uniquement, comme dans le monde antique, à une minorité de citoyens masculins. 

    Depuis ses origines - et contrairement au cliché répandu par l’époque des Lumières - le christianisme a passé alliance avec ce qu’il y a de meilleur dans l’esprit humain. Et c’est une réalité qui va bien au-delà des renaissances culturelles et artistiques successives qu’a connues l’Europe entre le IXè et le XVIè siècle. Au XIXè siècle, alors que la philosophie allemande s’obstinait, de Kant à Schopenhauer, à rogner les prérogatives de la raison, le Concile Vatican I a réaffirmé solennellement la puissance de l’intellect humain. Au XXè siècle, l’Eglise a été de tous les combats contre les totalitarismes, pour préserver la liberté et la dignité humaines. Aujourd’hui comme hier, on reconnaît un texte chrétien à ce qu’il veut hisser l’humanité au-dessus d’elle-même, lui donner espoir, la persuader qu’aucune situation n’est jamais totalement désespérée. Aucun doute, le Document de Travail du Synode, véritable attentat contre l’intelligence, n’éclaire rien; au contraire, il est fondé sur un pessimisme sombre concernant la civilisation. Il est rempli de jargon bureaucratique et de clichés affligeants. Le niveau de ses descriptions géographiques, sociologiques, anthropologiques ne conviendrait pas à un manuel scolaire. Il prône une régression intellectuelle et civilisationnelle profonde: alors que le monde doit faire face - et aurait besoin d’être guidé spirituellement - à l’ère digitale, au monde de l’intelligence artificielle, l’Instrumentum Laboris nous donne pour modèle un « paradis imaginaire » antérieur à toutes les cultures qui ont façonné et modèlent encore aujourd’hui les relations entre les hommes à l’échelle mondiale. Alors que nous avons besoin d’être guidés face aux progrès fulgurants des biotechnologies, le Document de Travail voudrait plonger les fidèles de l’Eglise catholique dans un regard infantilisant le monde. Au moment où les catholiques français attendent un soutien sur des sujets comme la PMA, on leur propose une phraséologie obscurantiste sur le « cri de la terre ».

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  • Bruxelles, 29 octobre : Philo à Bruxelles avec Stéphane Mercier pour penser avec et comme saint Thomas

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  • Les nouveaux droits de l’homme nient l’homme réel en le coupant de tout enracinement naturel et culturel

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    De Guillaume Bernard sur le site du Figaro (VOX) :

    «Vers une nouvelle génération de droits de l’homme… sans homme»

    02/10/2019

    «Vers une nouvelle génération de droits de l’homme… sans homme»

    FIGAROVOX/TRIBUNE - Une nouvelle génération de droits de l’homme voit le jour, argumente l’historien du droit Guillaume Bernard, qui n’est plus appuyée sur une conception naturelle de l’homme mais seulement sur sa capacité à s’émanciper et se déconstruire lui-même.

     

    Guillaume Bernard est Maître de conférences HDR (ICES), Professeur associé (Université Laurentienne) ; Président du think tank «Amitié politique». Dernier ouvrage paru: La guerre à droite aura bien lieu. Le mouvement dextrogyre, (DDB, 2016).


    Les droits de l’homme consistent en des droits universels inhérents à l’homme. Ils sont supposés être des prérogatives existant quel que soit le droit positif en vigueur. C’est parce qu’il appartient à l’espèce humaine que l’homme est déclaré intrinsèquement digne. Depuis le XVIIIe siècle, plusieurs générations des droits de l’homme se sont succédé. Cependant, cet empilement n’a pas conduit, jusqu’à récemment, à remettre en cause leur fondement anthropologique commun: c’est l’homme en tant qu’il appartient à l’espèce humaine qui est susceptible de faire valoir ces droits. Or, l’évolution doctrinale, législative et jurisprudentielle permet de corroborer la naissance d’une nouvelle génération de droits de l’homme fondée sur une dignité non plus tirée de la nature de tout être humain, de tous les êtres humains, mais de la capacité de chacun d’eux à l’usage de sa puissance.

     

    En effet, la première génération, celle du XVIIIe siècle, était destinée à protéger les individus contre les abus des pouvoirs publics. Ces droits de l’homme sont des «droits de», des droits sur l’État: l’être humain peut être propriétaire ou encore exprimer ses idées publiquement. Mais, au XXe siècle, après la Seconde Guerre mondiale, une deuxième génération des droits de l’homme est apparue sous l’influence socialiste. Dès le siècle précédent, les droits-libertés avaient été dénoncés comme n’étant que «formels», et non pas «réels», puisque tous les individus ne peuvent pas les exercer pleinement. Comment construire un patrimoine si les revenus du travail sont à peine suffisants pour survivre? Il apparut donc nécessaire de reconnaître des droits-créances en particulier dans les domaines économiques et sociaux. Il s’agit, là, de «droits à», de droits contre l’État qui doit fournir certaines prestations. Les libéraux considèrent ces nouveaux droits comme liberticides puisqu’ils ne peuvent être satisfaits qu’en en limitant d’autres: le droit au logement n’entre-t-il pas en contradiction avec le droit de propriété?

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  • Chantal Delsol : une pensée libre

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    Vu et entendu sur KTO cette conversation philosophique en forme de propos de table parisienne :

    Chantal Delsol, professeur émérite de philosophie politique et morale, membre de l´Académie des Sciences morales et politiques, est la deuxième invitée des sept conversations philosophiques programmées  par KTO, un jeudi sur deux de septembre à décembre 2019. Elle est reçue par François Huguenin, essayiste et éditeur : à la brasserie Le Charivari, en plein coeur de Paris (26.09.2019)

    Chantal Delsol a beaucoup travaillé sur la souveraineté, la République, l´État dans l´Europe actuelle et cette modernité tardive de plus en plus difficile à décrypter. Comment concevoir le bien commun dans une société dont le primat est l'individu ? Comment l'influence du christianisme a-t-elle été remplacée en Occident par une résurgence d'une forme de paganisme ? Sur quoi fonder notre réflexion politique ? Comment concilier vérité et liberté ? Comment proposer une vision de la personne humaine qui ne réduise pas l'homme à un individu réclamant toujours des droits nouveau ? Autant de questions à laquelle la philosophe répond avec clarté et parfois hardiesse :

    JPSC

  • Un beau plateau sur KTO avec Fabrice Hadjadj et Rémi Brague

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    De KTO :

    Mon premier est malicieux. Prenant le contre-pied des injonctions à l´humilité, il n´hésite pas à proclamer, entonnant le cantique, « A moi la gloire ! » (Fabrice Hadjadj, À moi la gloire, Éditions Salvator). Mon deuxième abandonna brutalement ses connections numériques pour une perfusion, après qu´une mauvaise tumeur l´ait envoyé réviser, à l´hôpital, sa vie intérieure (Père Pierre Amar, Hors service, Éditions Artège). Mon troisième discute la modernité en partant d´auteurs médiévaux (Rémi Brague, Des vérités devenues folles, Éditions Salvator). Mon tout, magnifiquement animé par Jean-Marie Guénois constitue le rendez-vous de septembre de L´Esprit des Lettres. Mieux qu´une charade : 90 minutes de bonheur authentique, grâce au partenariat KTO / La Procure / Le Jour du Seigneur.

  • Pourquoi faut-il un père ? Réponse à une question d’actualité pour Occidentaux sans (re)pères

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    Le Père Olivier Bonnewijn, docteur en théologie, professeur à l’Institut d’études théologiques de Bruxelles, professeur à l’IKW vous répond :

    Ref. Pourquoi faut-il un père ? “La paternité dans la Bible”

    JPSC

  • "On peut tout à fait critiquer le pape et son action : il n’y a pas de pensée unique dans l’Église”

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    pape sadresse-journalistes-avion-retour-Madagascar_0_729_486.jpgLors de la conférence de presse organisée dans l’avion qui le ramenait à Rome après son voyage en Afrique de l’Est, le pape François, parlant de schisme, a réagi avec vigueur à l’égard de certains qui contestent des actes de son gouvernement.

    En réplique, le site web du « Salon beige » reproduit, sous la signature de Philippe Carhon,  ces extraits de l’interview accordée à Anne-Bénédicte Hoffner, pour le journal « La Croix », par le père Sylvain Brison, ecclésiologue, maître assistant à la faculté de théologie de l’Institut catholique de Paris à propos de ce qu’est un schisme pour la théologie catholique :

    • « Est-on schismatique lorsque l’on critique le pape ? Ou lorsque l’on écrit au pape ses dubia (doutes), comme l’ont fait quatre cardinaux après le synode sur la famille ?
    • « Père Sylvain Brison : Dans sa conférence de presse donnée dans l’avion qui le ramenait de Madagascar, le pape rappelle bien que le schisme est une atteinte à l’unité du peuple de Dieu, pas seulement à sa hiérarchie. On peut tout à fait critiquer le pape et son action : il n’y a pas de pensée unique dans l’Église. Celui qui dit que le pape est « communiste » n’est pas à proprement parler schismatique. De même que ces cardinaux qui ont exprimé au pape leurs dubia, tant qu’ils restent avec lui dans un dialogue ouvert (…)
    • « Qu’est-ce qu’un schisme pour la théologie catholique ?
    • « Père Sylvain Brison : Le schisme est une rupture de communion avec l’Église. Cette définition est à la fois la plus simple et la plus traditionnelle. Les pères de l’Église, qui ont été très tôt confrontés à ce problème, étaient particulièrement sensibles aux ruptures de communion sur le contenu de la foi. À leur époque, tout schisme est une hérésie et toute hérésie est un schisme. Ceci tient au fait que l’unité de l’Église repose sur l’unité de la foi et non l’unité de la pratique. Les catholiques croient tous la même chose mais ils ne pratiquent pas tous de la même façon partout (…)
    • « À quel moment les critiques deviennent-elles dangereuses pour la communion de l’Église ?
    • « Père Sylvain Brison : Le problème surgit lorsqu’elles en viennent à porter atteinte à l’unité du peuple de Dieu et donc de la foi. Autrement dit, mettre en cause de manière continue et répétée l’autorité du pape, l’accuser d’hérésie peut déboucher sur un schisme. Au fond, et comme le dit le pape, le problème n’est pas tant la critique mais l’attitude qui est derrière : s’agit-il de construire l’unité ou de diviser ? Aujourd’hui, il y a incontestablement entre le pape et certains courants catholiques – américains, allemands ou autres – des différences doctrinales, disciplinaires et idéologiques. Ces différences d’appréciations sont normales, et on ne considère pas qu’il y a un schisme dès lors qu’un groupe entre en résistance contre le pape… sinon, il y en aurait eu beaucoup dans l’histoire de l’Église ! (…) Le devoir du pape mais aussi de tout chrétien est de préserver l’unité de la foi, coûte que coûte parce que nous croyons qu’il n’y a pas de Salut en dehors de la communion de l’Église. Un schisme est donc toujours un échec, des deux côtés. »

    Ref. On peut tout à fait critiquer le pape et son action : il n’y a pas de pensée unique dans l’Église

     Mais que chacun s’examine loyalement: de part et d'autre.

    JPSC

  • Faut-il à tout prix "être de son temps" ?

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    De Gaël Nofri sur le site du Figaro Vox :

    Devons-nous à tout prix «être de notre temps»?

    FIGAROVOX/TRIBUNE - À la suite de G.K. Chesterton, l’historien Gaël Nofri dénonce l’injonction moderne à «être de son temps» notamment dans les débats politiques qui gagneraient, selon lui, à se garder des effets de mode.


    Gaël Nofri est historien et conseiller municipal de la Ville de Nice. Il a notamment écrit Une histoire des révolutions en France (éd. du Cerf, juin 2018).


    C’est à G.K. Chesterton que l’on doit l’expression: la «dégradante obligation d’être de son temps». Beaucoup d’hommes politiques, d’acteurs du débat public, ou prétendus tels, devraient méditer cette citation.

    En effet, dans notre société, rien n’est plus présent face à celui qui s’interroge, qui réfléchit, qui tente de comprendre que cette injonction à «être de son temps». Face aux débats éthiques, aux enjeux législatifs, face à la question de la place de l’Homme dans la société et dans l’Histoire, chacun est désormais invité à «être de son temps». Comme si la formule, répétée à l’envi comme une évidence, permettait de tout résoudre sans jamais rien interroger. Totalitarisme que cet argument irréfragable de l’effet de mode.

    L’Homme de raison est remplacé par l’Homme de mode.

    Or, rien n’est plus dégradant, au sens littéral du terme, que cette démarche d’esprit. Voici l’Homme de raison remplacé par l’Homme de mode. L’air du temps, c’est ce qui place le discours de comptoir, le dernier «buzz» médiatique ou la passion émotionnelle du moment au-dessus de la réflexion pérenne, des données établies, de la quête d’une réponse vraie et durable.

    La mode c’est ce qui se démode. On peut fonder dessus des habitudes de consommation, des passions passagères, sûrement pas des réformes législatives, des modèles de société, et un projet de civilisation. Au contraire, tout cela c’est ce qui résiste à la mode et au temps qui passe, c’est ce qui s’adapte sans jamais se dénaturer, qui se réforme en cherchant à retrouver les formes inchangées d’une Humanité elle-même inchangée. C’est une conception pérenne et durable de l’Homme et de la vie. Antoine de Saint-Exupéry aimait à dire «Il faut autour de soi, pour exister, des réalités qui durent».

    Charles Péguy ne prétendait pas autre chose lorsqu’il constatait «Homère est nouveau ce matin et rien n’est peut-être aussi vieux que le journal d’aujourd’hui». Le monde des héros et des hommes engendré par L’Iliade et L’Odyssée n’est pas un monde moderne ; il est une idée de l’Homme intemporel. Si cette idée engendra des civilisations, c’est justement parce que ce qu’elle résiste au temps. «Le mythe n’est pas une préhistoire, il est une réalité intemporelle qui se répète dans l’Histoire», rappelait Ernst Jünger dans le Traité du Rebelle.

    Adopter l’esprit du moment, c’est adopter un prêt à penser commode et confortable.

    Évidemment, la tentation est grande pour les législateurs et ceux qui, engagés dans le débat public, sont appelés à se positionner, d’adopter l’esprit du moment. C’est une façon confortable de fuir le débat, d’éviter le travail de réflexion et de remise en cause si souvent nécessaire... c’est adopter un prêt à penser commode et confortable.

    C’est aussi se donner l’illusion d’une démocratie: céder à l’onde frémissante, pour éviter l’océan populaire qui peut faire peur. Mais si dans «démocratie», le terme dêmos - peuple - est bien présent, le terme kratein - pouvoir - l’est tout autant. Or que serait un pouvoir qui ne résiste pas à l’air du temps? Quelle serait la réalité de celui-ci s’il devait être soumis à chaque mode? Qui parlerait encore de pouvoir, lorsqu’il s’agit en fait de se trouver sans autorité face au premier mouvement d’opinion venu?

    À la veille de débats essentiels, les défenseurs de la démocratie, et plus généralement tous ceux qui entendent redonner ses lettres de noblesse à la politique, devraient sans doute y penser aussi et reconquérir leur liberté face à l’esprit du temps!

  • Vient de paraître : le magazine trimestriel « Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle », n° 111, été 2019

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    Le magazine trimestriel « Vérité & Espérance – Pâque Nouvelle » édité par l’association « Sursum Corda » (responsable de l'église du Saint-Sacrement à Liège) a publié sa livraison de l’été 2019. Tiré à près de 4.000 exemplaires, ce magazine abondamment illustré parcourt pour vous l’actualité religieuse et vous livre quelques sujets de méditation. Les articles mentionnés en bleu sont disponibles sur le blog de l'église du Saint-Sacrement (cliquez sur les titres ci-dessous pour y accéder). 

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    Au sommaire de ce numéro n° 111 (été 2018) : 

     

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    Paul Vaute : plaidoyer pour le vrai

    Quand les rois guérissaient les malades…

    Sermon sur l’Espérance 

    contrat Delta ingenieur stabilité340.jpg 

    Rome et le monde : 

    Notre-Dame de Paris : le service public de la transcendance

    Pèlerinage de Chrétienté Paris-Chartres 2019 : homélie de Mgr Léonard

    Abus sexuels dans l’Eglise : le cléricalisme, voilà l’ennemi ?

     

    Belgique : 

    Non, la fin du célibat ne fera pas revenir les prêtres

    Nominations récentes

    Une semaine eucharistique réussie (16-23 juin) :

    Liège a aussi célébré la Fête-Dieu 2019 en l'église du Saint-Sacrement au Bd d'Avroy

     

    Secrétaires de Rédaction : Jean-Paul Schyns et Ghislain Lahaye

    Editeur responsable: SURSUM CORDA a.s.b.l. ,

    Rue Vinâve d’île, 20 bte 64 à B- 4000 LIEGE. 

    La revue est disponible gratuitement sur simple demande :

    Tél. 04.344.10.89  e-mail : sursumcorda@skynet.be 

    Les dons de soutien à la revue sont reçus  avec gratitude au compte IBAN:

     BE58 0016 3718 3679   BIC: GEBABEBB de Vérité et Espérance 3000, 

    B-4000 Liège

    JPSC

  • Prouver l'existence de Dieu ?

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    De Charles Becquérieux sur le site de France Catholique :

    Peut-on prouver l’existence de Dieu ?

    mercredi 28 août 2019

    La création d’Adam Chapelle Sixtine, Vatican

    Nous avons tous appris que c’était impossible ! Qu’en est-il ?

    Pourquoi impossible ? On ne nous l’a pas vraiment expliqué… Cela a été présenté comme un « acquis de la pensée moderne ». La simple évocation de quelques noms suffisait à nous impressionner : « Après Kant, Nietzsche, Marx et Freud, plus rien ne sera jamais comme avant »... Mais alors, que faire de tous les grands métaphysiciens qui ont passé leur temps à prouver rationnellement l’existence d’une cause première : Platon, Aristote, Plotin, Anselme, Thomas d’Aquin, Duns Scot, Descartes, Leibniz se seraient-ils tous trompés ? Nos professeurs auraient été bien en peine de le démontrer. L’essentiel était que la question soit écartée. Pourquoi ? Soyons clairs : il s’agissait moins d’une impossibilité logique que d’un interdit idéologique.

    Une foi en Dieu subjective ?

    En Europe, et particulièrement en France, la modernité a eu besoin, pour émerger, de s’opposer à la religion, et de la chasser hors de l’espace public. Elle l’a fait manu militari, mais elle l’a aussi fait sur le plan intellectuel. Dans ce contexte, il convenait de considérer que la croyance en l’existence de Dieu – qui constitue le préambule de la foi religieuse proprement dite – ne relève pas du constat rationnel, accessible à tout esprit attentif, mais du sentiment subjectif, individuel, privé. Des goûts et des couleurs, en d’autres termes. L’enseignement philosophique – comme appareil idéologique d’État – s’est donc beaucoup consacré à discréditer la raison dans les matières métaphysiques, en tenant pour acquis que les philosophes des « Lumières », Hume et Kant, disons. Puis, plus tard, les philosophes du « soupçon » (Nietzsche-Marx-Freud) ont définitivement évacué la question. C’est généralement ce qu’un lycéen retient de sa courte année de philo. Quand il en retient quelque chose...

    L’abandon de l’apologétique

    À partir des années 1960, l’enseignement catholique lui-même, dans sa pastorale, a semblé rallier le mouvement général, en abandonnant l’apologétique, c’est-à-dire la défense rationnellement argumentée de la crédibilité de la vraie religion. Saint Thomas d’Aquin a disparu des séminaires, les vieux manuels ont été vendus au marché aux puces. Le fidéisme, c’est-à-dire l’attitude consistant à séparer complètement la foi de la raison, qui était jusqu’ici un trait typique du protestantisme, a fini par gagner le clergé – sans parler des fidèles. En contradiction formelle avec la doctrine la mieux établie.

    Car le magistère est sans ambiguïté sur ce sujet : « La Sainte Église tient et enseigne que par la lumière naturelle de la raison humaine Dieu peut être connu avec certitude au moyen des choses créées » (Constitution dogmatique Dei Filius). Autrement dit, il n’est pas nécessaire d’avoir la foi pour savoir qu’il existe un Dieu. Même sans la Révélation, par le simple usage de leur entendement, les hommes sont capables d’apercevoir la nécessité d’un Dieu créateur. Le Livre de la Sagesse (XIII, 1) ne disait pas autre chose : « Ils sont inconsistants tous ces gens qui restent dans l’ignorance de Dieu : à partir de ce qu’ils voient de bon, ils n’ont pas été capables de reconnaître Celui qui est ; en examinant ses œuvres, ils n’ont pas reconnu l’Artisan. » Quant à la foi proprement dite, c’est autre chose ! C’est la confiance en Dieu. Ce n’est pas une affaire philosophique.

    Recours à la métaphysique

    Mais alors, dira-t-on, comment doit-on s’y prendre pour démontrer l’existence de Dieu ? Là aussi, le magistère nous montre la voie. Pie XII, dans Humani generis, nous donne la méthode : « Pour démontrer avec certitude l’existence d’un Dieu personnel, il faut recourir aux principes inébranlables de la métaphysique, à savoir le principe de raison suffisante, le principe de causalité et le principe de finalité. »

    Vaste programme me direz-vous ! Eh bien ! c’est celui de nos trois prochaines chroniques. J’essaierai de montrer que l’usage de ces trois principes fondamentaux n’a pas perdu de sa vigueur ni de sa légitimité, et qu’il est possible, en s’appuyant sur eux, de retrouver les grandes conclusions de la métaphysique classique. Nous verrons bien si la philosophie nous conduit, comme le dit saint Jean-Paul II dans son catéchisme (§31), à « de vraies certitudes concernant l’existence de Dieu ».

  • KTO : le Sens de la vie, enseigner la religion en Belgique

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    L´enseignement de la religion occupe une place toute particulière dans les écoles belges, qu´elles soient publiques (réseau officiel) ou privées (réseau libre). Malgré les attaques dont il a été l´objet au fil de l´histoire, le cours de religion a gardé toute sa place dans le réseau libre et l´enseignement catholique n´a cessé de se développer partout sur le territoire belge. Il totalise à ce jour plus d´un millier d´écoles et une cinquantaine d´internats- Fait exceptionnel en Europe, L´enseignement catholique en Belgique représente environ 50% des écoles et scolarise la moitié des élèves belges appartenant à des profils sociaux, culturels et religieux différents. Comment l´enseignement de la religion catholique se vit-il au sein des écoles, en Belgique francophone ? Quels en sont les enjeux dans un monde en plein bouleversement, une société en quête de valeur et de sens ? Telle sont les questions auxquelles le documentaire se propose de répondre en allant, sur le terrain, à la rencontre d´enseignants et d´élèves de tous âges. UNE COPRODUCTION KTO/GRAND ANGLE PRODUCTION 2017 - Réalisé par Christine Stromboni

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