Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Sexualité

  • D'après Mgr Aupetit, "Humanae Vitae" reste une encyclique prophétique

    IMPRIMER

    Du site de France Catholique :

    Mgr  Michel Aupetit

    Humanæ vitæ, une encyclique prophétique 

    Propos recueillis par Aymeric Pourbaix

    mercredi 22 janvier 2020

    Mgr Michel Aupetit © Michel Pourny

    Fortement opposé au projet de loi bioéthique présenté au Sénat, Mgr  Michel Aupetit, archevêque de Paris et ancien médecin, publie au même moment un petit livre qui présente à nouveaux frais l’encyclique de Paul VI, Humanaæ vitæ, sur la contraception. Hier présentée comme un outil de libération des femmes, la pilule est vue par une part grandissante de la génération actuelle comme un asservissement au service des hommes.

    Quel lien faites-vous entre la contraception artificielle, enjeu d’Humanæ vitæ (1968), et le débat actuel qui porte sur la «  PMA pour toutes  » ?

    Mgr Michel Aupetit : La difficulté de fond est la même dans tous les cas. On la désigne par «  la morale de l’autonomie  ». Le premier péché manifeste à quel point l’homme veut être autonome, il veut être à lui-même sa propre loi. Il veut décider de son bonheur qu’il considère dès lors comme un dû. C’est alors qu’il devient esclave de ses propres désirs, de ses illusions et de ses fantasmes. Or il nous faut reconnaître et confesser combien c’est l’alliance qui rend l’homme heureux, le fait de recevoir la vie des autres, du Tout Autre. Cette dépendance au Créateur et à l’humanité lorsqu’elle est assumée fait de nous des êtres libres et responsables, des êtres capables d’aimer et de donner la vie en vérité.

    «  Un enfant comme je veux et quand je veux  » est un slogan illusoire et égoïste… Heureusement, l’enfant nous surprendra toujours… mais à quel prix ? Qui sommes-nous pour le priver volontairement de ses origines ? C’est une violence inouïe qu’on lui inflige et dont on aura à rendre compte, inévitablement…

    À l’époque, Humanæ vitæ a été mal reçue par les épiscopats, sous prétexte que c’était irréaliste. Faut-il réintégrer le document dans la préparation au mariage ?

    La question n’est pas d’abord d’intégrer telle ou telle encyclique, mais d’être fidèle au dépôt de la foi et à la tradition vivante qui en découle. «  Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile  » (1 Co 9,16). Oui, le don de la vie est une bonne nouvelle !

    Comment aidons-nous les couples à s’ajuster à la grâce du salut et non pas à s’enfermer dans l’épreuve de la convoitise et de la concupiscence ? Il s’agit d’un chemin à parcourir pas-à-pas.

    L’horizon du discernement doit être le Salut, et non pas notre faiblesse. Comment ce Salut m’éclaire-t-il sur le petit bien que je peux accomplir maintenant ?

    Il ne faut pas vouloir régler toutes les difficultés en même temps, mais il s’agit d’avancer «  humblement avec ton Dieu  » (Mi 6, 8) qui t’éclaire sur le petit pas à poser pour avancer.

    L’enjeu est d’accompagner ce pas-à-pas qui est aussi très évangélique pour les pasteurs et ceux qui enseignent la catéchèse… Il convient de reconnaître à quel point le courage des couples, des familles nous édifie. Leur témoignage nous aide à redécouvrir toujours plus profondément le sens de notre sacerdoce. Qu’ils en soient remerciés !

    Il existe, dites-vous, deux conceptions de la maternité : possessive ou oblative. Et de la réponse à ce choix dépend toute la civilisation ?

    Accueillir la vie comme un don, l’éduquer en respectant ce don, c’est être disposé à accueillir son jaillissement comme il vient. C’est une grâce féminine que d’être conduite à percevoir combien la vie peut surgir même à travers la souffrance et la mort. Si le Christ apparaît d’abord aux femmes, n’est-ce pas parce qu’elles sont particulièrement disposées à accueillir la vie pour l’annoncer ? Avons-nous assez respecté et honoré cette vocation proprement féminine ou selon les mots de Jean-Paul II ce «  génie féminin  » ?

    Cette vocation «  hors hiérarchie  » nous éduque à la hiérarchie, c’est-à-dire à nous ordonner au Salut, à la vie. La question ne se pose pas seulement dans l’Église, mais dans la société tout entière.

    Le pape François ne cesse de le rappeler : «  Ne vous laissez pas voler votre espérance, ni votre joie.  » Notre société retrouvera une culture de vie, une réelle fécondité missionnaire si la femme ose être femme et si l’homme ose être homme.

    Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

    Lire aussi l'interview de Mgr Aupetit sur aleteia.org

  • Jean-Marie Guénois (Le Figaro) : Benoît XVI démontre que l’Eglise a toujours voulu le célibat sacerdotal

    IMPRIMER

    unnamed (4).jpg

     

    Les astuces et les notes de bas de page pour dire « en même temps » une chose et son contraire, ce n’est pas le genre de Benoît XVI dont, faut- il le rappeler, la devise :  « cooperatores Veritatis », (coopérateurs de la Vérité) illustre parfaitement le témoignage que le cardinal Sarah et lui apportent dans le livre qui provoque  aujourd’hui l’ire de l’establishment « bergoglien »

    Et alors ?  Une raison de plus de l’acquérir de toute urgence.

    Ref. Jean-Marie Guénois: “Benoît XVI démontre que l’Eglise a toujours voulu le célibat sacerdotal”

    JPSC

  • Christophe Dickès : « Ce n’est pas la première fois qu’a lieu un débat au sommet de l’Église »

    IMPRIMER

    Lu sur le site "aleteia":

    "Le pape émérite Benoît XVI et le cardinal Sarah co-signent un livre intitulé « Des profondeurs de notre cœur », à paraître le 15 janvier, dans lequel ils reviennent sur l’importance du célibat sacerdotal. Pour Christophe Dickès, historien et journaliste, « ce n’est pas la première fois qu’a lieu un débat au sommet de l’Église ».

    la-rencontre-entre-benoit-xvi-et-le-pape-francois_article_large.jpg

    Espéré pour certains, redouté pour d’autres mais attendu par tous, le livre intitulé Des profondeurs de nos cœurs à paraître ce mercredi, co-signé par le pape émérite Benoît XVI et le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, constitue « une surprise », assure à Aleteia Christophe Dickès, historien, journaliste et auteur de plusieurs ouvrages dont Le Vatican, vérités et légendes et L’héritage de Benoît XVI. « Mais ce n’est vraiment pas la première fois dans l’Église qu’a lieu un débat au sommet de l’Église ». Réaffirmant l’importance du célibat sacerdotal, les deux hommes « supplient » le pape François de ne pas s’engager sur la voie de l’ordination presbytérale d’hommes mariés. « L’Église a trop souffert et souffre encore du silence de ses membres sur certaines questions », affirme Christophe Dickès. « Pourquoi n’en serait-il pas aussi question en matière d’ecclésiologie, de théologie et de foi ? ». Entretien.

    Aleteia : Un livre co-signé par Benoît XVI et le cardinal Sarah vous surprend-t-il ?

    Christophe Dickès : Oui et non. Les deux personnages sont tellement proches l’un et l’autre qu’il n’est pas étonnant qu’ils aient voulu apporter leur contribution à un débat essentiel, posé à l’occasion du synode sur l’Amazonie. Par ailleurs, ils sont tous les deux experts en la matière. Faut-il le rappeler, le cardinal Sarah est à la tête de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements. Quant au pape émérite, ce serait lui faire injure que de dire son expertise. Tout le monde semble par exemple avoir oublié qu’un synode ordinaire sur l’Eucharistie a eu lieu en 2005 et que l’exhortation apostolique Le Sacrement de l’Amour publiée en 2007 a rappelé le « sens profond du célibat sacerdotal ». Synode auquel a participé un certain cardinal Bergoglio qui a traité de la question de la loi de la foi et de la loi de la prière. Cependant, il est vrai que nous avons tous été surpris par le fait que le pape émérite Benoît XVI prenne une telle position publique. Provoquant la colère de certains, une grande joie chez d’autres.

    « La similitude de nos soucis et la convergence de nos conclusions nous ont décidés à mettre le fruit de notre travail et de notre amitié spirituelle à la disposition de tous les fidèles à l’instar de saint Augustin. En effet, comme lui nous pouvons affirmer : “Silere non possum ! Je ne peux pas me taire !” », écrivent les deux hommes. La situation est-elle inédite ?

    Oui forcément. Pour la première fois un pape émérite se prononce sur un sujet qui fait débat à la veille de la publication de l’exhortation apostolique qui doit conclure les travaux du Synode. Or le document final du synode sur l’Amazonie, qui s’est tenu en octobre 2019 au Vatican, recommandait, en raison du manque de prêtres dans la région, de permettre à des hommes mariés « idoines et reconnus par la communauté » ayant un « diaconat permanent fécond » d’accéder à l’ordination sacerdotale. L’exhortation peut remettre en cause la discipline du célibat par la création d’une nouvelle charge : les fameux viri probati. Mais ce n’est vraiment pas la première fois qu’a lieu un débat au sommet de l’Église. Faut-il rappeler la querelle de Pierre et de Paul à Antioche ?

    Lire la suite

  • Les visites papales auraient-elles un effet contraceptif ?

    IMPRIMER

    Des considérations pour le moins surprenantes à prendre cum grano salis...

    De Jarl van der Ploeg sur le site du Volkskrant :

    La visite du pape comme contraceptif?

    Les scientifiques ont découvert que le nombre d'avortements dans les provinces italiennes diminue après une visite du Pape. La question de savoir si le chef religieux en est vraiment la cause reste vague.

    8 janvier 2020

    L'étude aura été accueillie avec enthousiasme à Rome. Une étude portant sur 85 provinces italiennes où Jean-Paul II et son successeur Benoît XVI se sont rendus entre 1979 et 2012 suggère que le pape est un agent contraceptif assez efficace.

    Les scientifiques distillent de leurs données que les Italiens ont moins de relations sexuelles après la visite du Saint-Père dans leur ville. Les économistes Egidio Farina de l'Université de Belfast et Vikram Pathania de l'Université de Sussex ont constaté que, dans les mois qui ont suivi la présence du Pape, 10 à 20% d'avortements en moins ont été pratiqués.

    Moins d'avortements ...
    Ce n'était pas une grande surprise pour les scientifiques. L'Église catholique est tout simplement un adversaire franc des avortements - "Amener un homme à l'avortement, c'est comme engager un tueur à gages pour résoudre un problème", tels étaient les mots de l'actuel pape François l'année dernière - et 71% des Italiens se disent catholiques.

    ... avec le même taux de natalité ...
    Ce qui a surpris les deux économistes, cependant, c'est que le taux de natalité n'a pas augmenté au cours de la même période, comme on pourrait s'y attendre quand moins d'avortements ont été pratiqués, mais est simplement resté le même.

    Leur conclusion, qu'ils ont publiée dans le Journal of Population Economics la semaine dernière: soit les Italiens qui ont rencontré le pape utilisent soudainement plus de contraceptifs, soit ils ressentent temporairement moins le besoin de satisfaire leur désir. Et puisque que le pape refuse toujours de plaider pour l'utilisation du préservatif (...), les deux chercheurs ont conclu que l'option deux (moins de sexe) l'emportait.

    "Certains couples pourraient décider, après une visite papale, que le recours aux contraceptifs pourraient être" le moindre mal ", dit Farina. Moins grave qu'un avortement. "Mais comme l'Église catholique est aussi un adversaire franc de la contraception, l'abstinence semble l'option la plus plausible."

    ... ou plus d'avortements illégaux?
    Une autre conclusion possible est que le nombre d'avortements illégaux a augmenté après une visite papale. Chaque année, environ 10 à 20 000 avortements illégaux ont lieu en Italie, contre 100 000 légaux. Pourquoi? Parce que 7 gynécologues italiens sur 10 refusent toujours de pratiquer un avortement. Notoire est l'exemple de cette femme originaire de la ville de Padoue, dans le nord de l'Italie, qui a dû visiter 23 hôpitaux différents avant de finalement trouver un médecin sans objection de conscience. Il y a donc une chance que non seulement les femmes, mais aussi leurs gynécologues aient changé de comportement après que le pape ait béni leur ville d'une visite.

  • Lumière sur le mouvement pro-pédophile des années '70

    IMPRIMER

    Sur le site de France Culture, voici un article qui montre que les médias "mainstream" découvrent - enfin - l'étonnante tolérance dont la pédophilie a bénéficié dans l'intelligentsia des années '70 et '80. Bien sûr, on continuera de nous seriner que cette perversion est liée à la culture patriarcale ou à l'omerta pratiquée au sein de l'Eglise catholique, mais on se félicite tout de même que cette culture marquée par une libération sexuelle incontrôlée et par des dérives perverses soit enfin mise en lumière.

    De Cécile de Kervasdoué et Fiona Moghaddam sur le site de France Culture :

    Quand des intellectuels français défendaient la pédophilie

    Lire la suite

  • La notion de genre et les identités homme-femme

    IMPRIMER

    2020_01_01_10_06_19_Greenshot.pngà découvrir sur "La question du Mardi"

  • Des parents s'insurgent contre des lectures scandaleuses imposées à leurs enfants dans un collège catholique de Bruxelles

    IMPRIMER

    Image associée

    Communiqué :

    "L'école de notre fille, Saint ..., est malmenée par quelques professeurs néerlandophones qui souhaitent imposer aux élèves de 17 ans la lecture d'un livre pervers, Het Smelt de Lize Spit, dont je vous confie quelques extraits traduits (voir le pdf ci-dessous).

    C'est extrêmement pernicieux, vulgaire et insoutenable. 

    Le livre a eu un grand succès en Flandre à coups de communication marketing innovants.. 

    Et, les professeurs s'arrogent le droit d'aborder ces thèmes en néerlandais ou en anglais sous prétexte que ce sont des phénomènes d'actualité ou de société et qu'en Flandre la culture aborde très librement ces sujets.

    Un petit comité de parents informés et désemparés est en train de se constituer dans l'urgence pour que le hola soit mis par la direction. Actuellement la direction, qui pourtant avait une approche chrétienne (à la belge), cherche à ménager la chèvre et le chou..."

    Het smelt - Débâcle de Lize Spit - extraits (1).pdf

  • Le Pape abolit le secret pontifical pour les cas d’abus sexuels

    IMPRIMER

    Lu sur le site web « Vatican News », ce 17 décembre 2019 :

    Rescrits François cq5dam.thumbnail.cropped.1000.563.jpeg

    « Cette décision se traduit par deux documents qui feront date: dans un premier rescrit, le Pape François abolit le secret pontifical dans les cas de violences sexuelles et d’abus sur mineurs commis par des membres du clergé; dans un second, il change la norme concernant le délit de pédopornographie, faisant tomber dans la catégorie des «delicta graviora», -les délits les plus graves-, la détention et la diffusion d’images pornographiques montrant des mineurs âgés de moins de 18 ans.

    Le premier document, le plus important, est un rescrit signé par le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, qui communique que, le 4 décembre dernier, le Souverain Pontife  a ordonné l’abolition du secret pontifical sur les plaintes, les procès et les décisions concernant les délits cités dans le premier article du récent Motu Proprio, «Vos estis lux mundi» (Vous êtes la lumière du monde), à savoir: les cas de violences ou d’actes sexuels accomplis avec menace ou abus d’autorité ; les cas d’abus sur mineurs et sur personnes vulnérables ; les cas de pédopornographie ; les cas de non-dénonciation et de couverture des abuseurs de la part d’évêques et de supérieurs généraux d’instituts religieux.

    La nouvelle instruction spécifie que les «informations sont traitées de manière à en garantir la sécurité, l’intégrité et la confidentialité» établies par le Code de Droit Canon afin de protéger «la bonne réputation, l’image et la sphère privée» des personnes impliquées. Mais ce «secret professionnel», peut-on encore lire dans cette instruction, «n’empêche pas l’accomplissement des obligations établies par les législations nationales», y compris les éventuelles obligations de signalement, «ainsi que l’exécution des requêtes exécutives des autorités judiciaires civiles». En outre, «aucun devoir de silence sur les faits ne peut être imposé» à celui qui effectue une signalement, à la victime et aux témoins.

    Dans un second rescrit, toujours signé par le cardinal Parolin et par le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal Luis Ladaria Ferrer, sont rendues publiques les modifications appliquées à trois articles du Motu proprio « Sacramentorum sanctitatis tutela » (daté de 2001 et modifié une première fois en 2010). Sont désormais considérés comme relevant de la catégorie des délits les plus graves: «l’acquisition ou la détention ou la divulgation, à des fins sexuelles, d’images pornographiques de mineurs de moins de 18 ans par un membre du clergé, de quelque manière que ce soit et quel que soit l’instrument utilisé». Jusqu’à aujourd’hui, la limite d’âge était fixée à 14 ans.

    Enfin, dans un autre article, il est permis que, dans les affaires concernant ces crimes les plus graves, «le rôle d'avocat et procureur» puisse également être assumé par des fidèles laïcs titulaires d'un doctorat en droit canonique et non plus seulement par des prêtres. "

    Ref. Le Pape abolit le secret pontifical pour les cas d’abus sexuels

    Lire aussi :

    17/12/2019

    Abolition du secret pontifical pour les abus: une décision historique

    Levée du secret pontifical pour les abus : les explications d’un expert en droit canon

    Et encore :

    abus.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    JPSC

  • Le regard plus très catholique des évêques allemands sur l'homosexualité et l'adultère

    IMPRIMER

    De Dorothy Cummings McLean sur le site LifeSiteNews.com :

    Les évêques allemands proclament que l’homosexualité est «normale», et l’adultère «pas grave»

    BERLIN, 9 décembre 2019 (LifeSiteNews) - La Commission du mariage et de la famille de la Conférence épiscopale allemande est parvenue à un consensus sur le fait que l'homosexualité est une «forme normale de prédisposition sexuelle».

    Deux prélats allemands ont également affirmé qu'Amoris Laetitia enseigne que les relations sexuelles formées après un divorce ne sont ni gravement coupables ni un obstacle à la réception de la sainte communion.

    Le 5 décembre, la Conférence épiscopale allemande a publié un communiqué de presse détaillant les résultats d’une «consultation d’experts sur le thème « La sexualité de l’homme: comment en discuter scientifiquement et théologiquement et comment l’évaluer ecclésiastiquement? »

    La consultation, qui comprenait un panel d'évêques, de sexologues, de théologiens moralistes, de théologiens dogmatiques et d'avocats en droit canon, s'est déroulée à Berlin et s'est terminée le 4 décembre. Le moment de l'événement a coïncidé avec le départ des évêques allemands sur leur propre «voie synodale».

    Selon le communiqué de presse, les experts ont convenu que «la sexualité humaine englobe une dimension de désir, de procréation et de relation».

    Ils ont également convenu que l'homosexualité est aussi «normale» que l'hétérosexualité et qu'aucune attirance sexuelle ne devrait être modifiée.

    «Il a également été convenu que la préférence sexuelle de l'homme s'exprime lors de la puberté et suppose une orientation hétéro ou homosexuelle. Les deux appartiennent aux formes normales de prédisposition sexuelle, qui ne peuvent ou ne doivent pas être modifiées à l'aide d'une socialisation spécifique », a déclaré le communiqué de presse.

    Le communiqué proposait ce statut de normalité comme la raison pour laquelle "toute forme de discrimination à l'égard des personnes ayant une orientation homosexuelle doit être rejetée", un enseignement qui, selon lui, a été demandé "pendant un certain temps" par le bureau d'enseignement de l'Église et a été «explicitement souligné par le pape François» dans Amoris Laetitia.

    L'accord a cependant ses limites : il n'y a pas de consensus sur le fait de savoir «si l'interdiction magistrale de l'homosexualité pratiquée est toujours actuelle». Les experts ne sont pas non plus d'accord sur le fait que les personnes mariées et non mariées devraient ou non être autorisées à utiliser des contraceptifs artificiels.

    Le communiqué de presse des évêques allemands mentionne en particulier l’archevêque Heiner Koch de Berlin, le chef de la Commission de la famille, et l’évêque Franz-Joseph Bode d’Osnabrück. Tous deux étaient présents au Synode sur la famille à Rome en 2015. Selon le communiqué, les deux hommes ont souligné «l'importance d'une discussion solide basée sur les sciences humaines et la théologie et ont souligné les développements qui peuvent déjà être trouvés dans Amoris Laetitia».

    Comme exemple d'un «développement» à Amoris Laetitia, les évêques allemands déclarent que le document dit «une relation sexuelle après un divorce et un remariage n'est plus généralement considérée comme un péché grave et, par la suite, une exclusion générale de la réception de l'Eucharistie n'est pas prévue. »

    Les autres prélats allemands du panel étaient Mgr Wolfgang Ipolt de Görlitz, Mgr Peter Kohlgraf de Mayence et plusieurs évêques auxiliaires de la Commission pour la famille.

    Le Catéchisme de 1992 de l'Église catholique déclare clairement que les actes homosexuels sont «intrinsèquement désordonnés» et «contraires à la loi naturelle» (CCC 2357).

    «Ils ferment l'acte sexuel au don de vie», poursuit-il. «Ils ne procèdent pas d'une véritable complémentarité affective et sexuelle.»

    "En aucun cas, ils ne peuvent être approuvés."

    Cependant, le Catéchisme souligne en effet que la souffrance des personnes ayant une attirance pour le même sexe ne devrait pas être augmentée par un traitement dur:

    "Le nombre d'hommes et de femmes ayant des tendances homosexuelles profondément ancrées n'est pas négligeable. Cette inclinaison, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart une épreuve. Ils doivent être acceptés avec respect, compassion et sensibilité. Tout signe de discrimination injuste à leur égard doit être évité. Ces personnes sont appelées à accomplir la volonté de Dieu dans leur vie et, si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer de leur condition." (CEC 2358)

    Le Catéchisme souligne également que «les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté» et peuvent «approcher la perfection chrétienne» par la maîtrise de soi, l'amitié, la prière et la grâce sacramentelle (CEC 2359).

    Cependant, il y a une rébellion généralisée dans l'Église catholique en Allemagne contre la doctrine constante de l'Église sur les questions sexuelles, y compris parmi les membres de la Conférence épiscopale allemande. L’insistance de la Conférence épiscopale allemande à tenir son propre synode, ou «voie synodale», sans la permission du Vatican, inquiète les catholiques allemands plus traditionnels.

    Le cardinal Walter Brandmüller, président émérite du Comité pontifical des sciences historiques, a averti qu'avancer sur cette voie - une question qui remet en question les enseignements de l'Église sur le sacerdoce célibataire et masculin; sur l'homosexualité et le mariage - pourrait conduire à une «église nationale» sans «presque aucun lien avec Rome». Le cardinal des dubia a déclaré que ce serait «certainement le chemin le plus sûr vers le déclin final» de l'Église allemande.

  • Procès Barbarin en appel : non à la justice du bouc émissaire

    IMPRIMER

    De Gérard Leclerc sur le site web de « France Catholique » :

    palais_de_justice_lyon-5ac5a.jpg

     « Le premier procès Barbarin fut un grand procès pour les victimes du Père Preynat. Celui en appel pourrait être un grand procès pour le droit. » C’est Pascale Robert-Diard, de la rédaction du Monde, qui émet cette appréciation fondée sur une analyse précise de l’intervention de Joël Sollier, représentant du ministère public au Palais de justice de Lyon. Pour l’avocat général, l’archevêque de Lyon ne saurait être condamné pour non dénonciation d’agressions sexuelles, comme le voulait un certain nombre de victimes du Père Preynat. Ainsi dément-il le verdict du précédent procès, où le cardinal Barbarin avait été condamné à six mois de prison avec sursis. Pascale Robert-Diard affirme même que Joël Sollier s’est montré sévère à l’adresse des juges de première instance. N’a-t-il pas parlé d’une « chimère » juridique « qui ne répondrait qu’à un impératif idéologique dont les conséquences dévastatrices n’ont, à l’évidence, pas été suffisamment pesées » ?

    Reconnaissons-le, les membres de La Parole libérée sont aussi durement frappés par cette déconstruction d’un premier verdict. De quoi s’agissait-il pour eux, sinon d’obtenir une condamnation dont la nature symbolique frapperait l’opinion ? Il est extrêmement dangereux d’étendre outre mesure la notion de délit de non-dénonciation dans le but de faire un exemple, est-il répondu. Dès lors la condamnation du cardinal Barbarin devient des plus improbables. Nous sommes ici dans le domaine du droit dans toute sa rigueur, et l’on s’éloigne du climat du premier procès Barbarin.

    Ce premier procès avait bel et bien été ce qu’écrit Pascale Robert-Diard, un grand procès pour les victimes. Mais n’était-ce pas plutôt un procès Preynat, où Philippe Barbarin tenait le rôle d’un présumé coupable à la place de l’intéressé ? En choisissant l’archevêque de Lyon comme principale cible de leur colère, les victimes avaient pris un sérieux risque. La justice ne pouvait les suivre, en termes de droit. Cependant, la logique inhérente à la désignation d’un bouc émissaire, sur lequel on fait peser toutes les responsabilités, va continuer ses ravages, avec le déferlement d’une haine dans les médias et les réseaux sociaux, qui ne fera rien pour apaiser les souffrances des victimes

    »Ref. « Un grand procès pour le droit »

    JPSC

  • Lyon, procès Barbarin : en appel le parquet requiert la relaxe

    IMPRIMER

    L’avocat général rappelle qu’on ne peut demander à quelqu’un de dénoncer des faits prescrits alors que l’auteur de ces faits ne pourra être condamné puisque bénéficiant de cette même prescription ! « Qui peut souscrire à un tel système ? » conclut le ministère public. De Bérengère Dommaigné sur le site web « aleteia », le 29 novembre 2019 : 

    Barbarin 000_1mn1pk.jpg

    "La deuxième journée du procès du cardinal Barbarin devant la Cour d’appel de Lyon a pris fin vendredi avec les plaidoiries du ministère public et de la défense. Le parquet requiert la relaxe du prélat ne voulant pas ajouter « de l’injustice à l’injustice ». La cour rendra son arrêt le 30 janvier 2020.

    L’ambiance était concentrée et technique dans la salle de la Cour d’appel de Lyon où s’est tenu pendant deux jours le procès du cardinal Barbarin. Celui-ci faisait appel de sa condamnation en première instance, le 7 mars dernier, à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les agressions commises sur des scouts, avant 1991, par le père Bernard Preynat. En interjetant appel, le cardinal conteste cette conclusion, reconnaissant des erreurs mais pas un délit, et niant toute volonté de cacher « ces crimes odieux », lui-même n’étant arrivé dans le diocèse de Lyon qu’en 2002.

    Dans cette affaire, il y a avant tout des victimes. Les victimes du père Preynat qui, courageusement, inlassablement demandent justice et crient leurs douleurs et leurs souffrances. Par le biais de l’association la Parole libérée qui a fait un énorme travail de mise en lumière, ces victimes ont pu mettre à jour les drames subis par de nombreux scouts dans les années 1970 et 1980 du fait d’un prêtre, Bernard Preynat. En première instance comme lors de cet appel, c’est donc d’abord cette souffrance qui saute aux yeux ainsi qu’une certaine incompréhension. « Pourquoi donc n’est-ce pas Bernard Preynat qui est assis sur le banc des accusés ? » Cette question va enfin avoir sa réponse puisque le procès du père Preynat doit avoir lieu du 13 au 17 janvier prochain.

     Lire aussi : Procès de Mgr Barbarin : « les feuilles mortes du buzz se ramassent à l’appel »

    Les témoignages bouleversants qui se succèdent à la barre suscitent peu de questions de la part des parties civiles comme de la défense pendant ces deux jours d’appel. « Si j’avais parlé à 10 ans, jamais on ne m’aurait cru », témoignait au premier jour du procès l’un d’entre eux Christian Burdet. « Si le diocèse avait agit à l’époque, nous n’en serions pas là ». « Ma vie a changé le jour où j’ai enfin parlé, en janvier 2015, cela m’a libéré d’un fardeau que j’ai porté seul pendant quarante ans ! ». Les neuf victimes qui témoignent les unes après les autres, laissent la salle glacée et silencieuse. Beaucoup pensaient être « le seul à subir cela » et disent pourtant connaître aujourd’hui d’autres victimes qui n’ont pas ou ne veulent pas encore parler au grand jour. Des vies brisées, le poids du silence et de la culpabilité qui sort enfin aujourd’hui dans un cri « qu’il faut entendre », estime le ministère public dans son réquisitoire ce matin, en ce deuxième jour d’appel.

    « La justice ne doit pas faire du symbolique »

    « Il n’y a pas, de la part du ministère public, le moindre aveuglement ou la moindre distance en ce qui concerne la douleur des victimes », a commencé l’avocat général Joël Sollier avant de requérir la relaxe du cardinal Barbarin. Pour lui une condamnation présente un risque juridique : « La justice ne doit pas faire du symbolique. Le système juridique ne peut être soumis à de telles torsions pour servir une cause, aussi juste soit-elle « . Et d’expliquer ces torsions. Si on rend le cardinal Barbarin coupable d’une non-dénonciation, cela signifierait que d’autres témoins directs ou indirects des agressions sexuelles du père Preynat à la fin des années 1980 pourraient en être également tenus responsables : l’Église, les parents et les proches des victimes, et les victimes elles-mêmes parce qu’elles n’auraient pas cherché à protéger d’autres victimes potentielles. « Qui veut souhaiter vouloir créer une telle chimère (…) aux conséquences dévastatrices ? »

     Lire aussi : Comment protéger les enfants des abus sexuels ?

    Autre question de droit incontournable pour l’avocat général, le caractère intentionnel de la non-dénonciation. Mgr Barbarin a-t-il eu conscience qu’il entravait la justice ? L’avocat général en doute, citant un mail du cardinal à Alexandre Hezez, suite à leur rencontre où celui-ci a confié les agressions subies. Dans ce mail, le cardinal lui suggère par écrit de porter plainte, bien qu’il pense que les faits soient prescrits. Peut-on « courir le risque d’ajouter de l’injustice à l’injustice » conclut l’avocat général rappelant qu’on ne peut demander à quelqu’un de dénoncer des faits prescrits alors que l’auteur de ces faits ne pourra être condamné puisque bénéficiant de cette même prescription ! « Qui peut souscrire à un tel système ? » , conclut le ministère public. La cour d’appel de Lyon doit rendre son arrêt le 30 janvier 2020.  À sa sortie, le cardinal a rapidement pris la parole : Je m’en remets à la décision de la justice et je veux dire aux victimes que je ne pense qu’à elles ".

    Ref. Procès Barbarin : en appel le parquet requiert la relaxe

    JPSC

  • La règle du célibat des prêtres, une simple question de discipline ?

    IMPRIMER

    L’attachement de l’Église latine à la règle du célibat sacerdotal est bien souvent mal compris. Pourquoi l’Église maintient-elle cette discipline ? Quel en est son fondement ? Comment des jeunes peuvent-ils aujourd’hui s’y préparer ? Voici, puisés dans le Magistère et la pratique de l’Église, quelques éléments de réponse apportés ici par la Communauté Saint-Martin  (France) :

    lourdes (1).jpg

    Le célibat: une loi ecclésiastique à remettre en cause ?

    L’affirmation que la pratique du célibat « n’est pas exigée par la nature du sacerdoce » (Concile Vatican II, décret Presbyterorum Ordinis n°16) a souvent été utilisée pour ne faire du célibat qu’une question purement disciplinaire. Le célibat ne serait qu’une contrainte imposée aux prêtres par l’Église latine, contrainte de plus en plus incompréhensible au vu de la mentalité actuelle et du manque de prêtres pour célébrer l’Eucharistie. Cette façon de présenter les choses, relayée par les médias, ne rend pas compte des vraies motivations de l’Église quand elle parle des « multiples convenances » du célibat avec le sacerdoce.

    iLe vrai fondement du célibat sacerdotal

    Mettre en valeur l’argument de la totale disponibilité à la mission comme motif du célibat fait naître rapidement des objections. Des gens mariés pourront être très disponibles et des prêtres célibataires fort peu tant ils seront préoccupés d’eux-mêmes. Le vrai fondement du célibat est ailleurs.

    Il est dans la consécration de toute une vie au Christ. En effet, le prêtre annonce la Bonne Nouvelle du Royaume comme quelqu’un qui ne craint pas de sacrifier les joies du mariage et de la famille dans le but de témoigner de sa foi dans les réalités qu’on ne voit pas. Saisi par le Christ, le prêtre devient « l’homme pour les autres », tout disponible au Royaume, sans cœur partagé, capable d’accueillir la paternité dans le Christ. Le célibat n’est nullement en marge de la vie du prêtre ; il témoigne d’un Amour modelé sur l’Amour du Christ lui-même pour son Père et notre Père, son Église et notre Église et tous les hommes. Cette manière d’aimer dans et par le célibat est le langage du don de soi. Son parfait symbole est pour toujours la Croix du Christ. Comme pour le Christ, le renoncement n’est pas premier dans le célibat. Le célibat est l’expression, le signe, la conséquence du désir de se donner. Finalement, le motif véritable et profond du célibat consacré est « le choix d’une relation personnelle plus intime et plus complète au mystère du Christ et de l’Église, pour le bien de l’humanité tout entière » (Paul VI, encyclique Sacerdotalis coelibatus, n°54).

    Le célibat : un charisme a choisir librement

    C’est une des grandes richesses du Concile Vatican II et de la réflexion des derniers papes de ne pas présenter le célibat seulement comme une loi, mais d’abord comme un don, un charisme profondément lié à la grâce de l’appel et de l’ordination : « Parmi les conseils évangéliques, il y a en première place ce don précieux de grâce fait par le Père à certains (cf. Mt 19, 11 ; 1 Co 7,7) de se consacrer plus facilement et avec un coeur sans partage à Dieu seul dans le célibat. Cette continence parfaite à cause du royaume de Dieu a toujours été l’objet, de la part de l’Église, d’un honneur spécial, comme signe et stimulant de la charité pastorale, et comme une source particulière de fécondité spirituelle dans le monde » (Jean-Paul II, exhortation Pastores dabo vobis n°29).

    Lire la suite