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Sexualité

  • L'Eglise a aussi sa justice

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    Après le concile Vatican II, il était de bon ton de s’interroger, dans le climat post-soixante-huitard, sur l’opportunité pour l’Eglise d’avoir encore un code de droit canonique. Une version revue et largement corrigée de l’édition de 1917 vit néanmoins le jour en 1983. Mais qu’en est-il dans ce nouveau contexte de l’exercice réel du droit de punir ?  Une réflexion de Denis Sureau sur son blog « Chrétiens dans la Cité » :

    « La difficulté de la hiérarchie à sanctionner les comportements de ses membres révèle une méconnaissance du rôle de la justice dans l'Eglise.

    Un magistrat retraité, Denis Salas, vient de déclarer que le juge est « le garant de la morale commune, sans laisser aucune autre institution se substituer à lui. Y compris l’Église. » Et d’ajouter : « ce n’est pas à l’Église d’apprécier la gravité des fautes commises par ses membres, ni de définir ce qui est prescrit et ce qui ne l’est pas » (La Croix, 6 mars). C’est son point de vue, mais certainement pas celui de l’Église. En effet, l’Église dispose de son propre droit pénal, de sa propre justice, qu’elle exerce sur ses membres, et cela depuis ses origines. C’est l’enseignement même du Christ : si un frère vient à pécher et refuse d’écouter la communauté, c’est à l’Église de l’exclure, elle qui a reçu pouvoir de lier et délier (cf. Mt 18,15-18). Face à un cas d’un chrétien incestueux, saint Paul demande aux Corinthiens qu’il soit jugé et excommunié : Enlevez le mauvais du milieu de vous (1Co 5,13).

    Or c’est une leçon qui n’a pas été retenue par les évêques qui, confrontés aux scandales sexuels du clergé, ont cru pouvoir se passer de la justice canonique et préféré étouffer les affaires. Cette politique contraire à la discipline de l’Église s’est révélée fort imprudente et se retourne aujourd’hui contre eux. Le cas du pédophile Père Bernard Preynat est ici exemplaire : bien que dénoncé dès 1991, Mgr Albert Decourtray s’était contenté de le mettre à l’écart un semestre avant de lui confier d’autres ministères, y compris auprès d’enfants ; son procès canonique n’a été ouvert que 25 ans plus tard et – pis encore – gelé en attente du jugement civil.

    Pourtant l’Église dispose de ressources judiciaires adaptées à ce type de péchés : les manquements au célibat sacerdotal sont visés par Code de droit canonique (canon 277), qui précise notamment que l’évêque doit « porter un jugement sur l’observation de cette obligation ». En effet, « L’Église a le droit inné et propre de contraindre par des sanctions pénales les fidèles délinquants » (can. 1311). Au fil des siècles (la corruption des clercs ne datant pas d’hier), les tribunaux ecclésiastiques ont mis en œuvre toute une série de mesures : suspense, enfermement dans des monastères pour faire pénitence, privation de ressources, renvoi de l’état clérical, excommunication… Et s’il fallait aller plus loin, l’Église livrait le coupable au bras séculier afin que l’autorité civile le punisse à partir de ses propres lois. Où l’on voit que la justice de l’Église n’est pas exclusive de celle de la cité. Mais elle est toutefois première : saint Paul reproche vertement aux Corinthiens de faire appel, pour trancher leurs litiges, aux tribunaux païens, des gens que votre Église méprise. Plus encore, saint Paul écrit que ce sont les saints qui jugeront le monde (cf. 1Co, 6). Autrement dit : c’est à l’Église de juger le monde et non l’inverse. Prétention que lui refuse évidemment l’État séculier.

    « L’Église doit être une contre-discipline face à la discipline du monde », affirme le théologien américain William Cavanaugh, qui a finement analysé l’affaiblissement de la visibilité de l’Église comme corps social, la tentation de la réduire à un pur royaume spirituel. Face aux scandales sexuels, l’épiscopat a été inspiré par un mauvais anti-juridisme. Dans la catéchèse, la notion même de jugement a été évacuée, comme si l’Église n’enseignait pas l’existence après la mort d’un double jugement : particulier puis général. Or si les sanctions pénales ont dans l’Église pour but de rétablir la justice (rendre à chacun ce qui lui est dû : ce qui implique de ne pas oublier les victimes), elles ont aussi une valeur médicinale : d’inciter le pécheur au repentir, à la réconciliation nécessaire au salut. La sanction la plus grave qu’est l’excommunication formelle revient moins à exclure le pécheur notoire de l’Église que de manifester qu’il s’est lui-même exclu, tout en offrant la possibilité de se réconcilier, moyennant des actes de pénitence. Cette séparation conforte ainsi la visibilité de l’Église. Pour sortir du bourbier où elle se trouve avec l’accumulation de scandales sexuels en tous genres, elle doit à nouveau affirmer et pratiquer son droit. »

    Ref. L'Eglise a aussi sa justice 

    Avec sa clarté d’expression coutumière, Benoît XVI déclarait ceci dans « Lumière du monde », l’un de ses derniers livres d’entetiens avec le journaliste Peter Seewald :

    « Ce ne sont pas seulement les abus qui bouleversent. C'est aussi la manière dont on a procédé avec eux. Les faits eux-mêmes ont été tus et camouflés pendant des décennies. C'est une déclaration de faillite pour une institution qui a inscrit l'amour sur sa bannière.

    À ce sujet, l'archevêque de Dublin m'a dit quelque chose de très intéressant. Il a dit que le droit pénal ecclésiastique avait fonctionné jusqu'à la fin des années 1950 ; il n'était certes pas parfait — il y a là beaucoup à critiquer — mais quoi qu'il en soit : il était appliqué. Mais depuis le milieu des années 1960, il ne l'a tout simplement plus été. La conscience dominante affirmait que l'Église ne devait plus être l'Église du droit mais l'Église de l'amour, elle ne devait pas punir. On avait perdu la conscience que la punition pouvait être un acte d'amour. Il s'est produit aussi à cette époque, chez des gens très bons, un étrange obscurcissement de la pensée.

    Aujourd'hui, nous devons de nouveau apprendre que l'amour pour le pécheur et l'amour pour la victime sont maintenus dans un juste équilibre si je punis le pécheur sous une forme possible et adaptée. Il y a eu dans le passé une altération de la conscience qui a provoqué un obscurcissement du droit et masqué la nécessité de la punition. En fin de compte est aussi intervenu un rétrécissement du concept d'amour, qui n'est pas seulement gentillesse et amabilité, mais qui existe aussi dans la vérité. Et que je doive punir celui qui a péché contre le véritable amour fait aussi partie de la vérité. »

    JPSC

  • Les évêques allemands veulent revisiter l'enseignement catholique en matière de sexualité... Bientôt un schisme ?

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    De "Lifesitenews" (en traduction rapide) :

    «Besoin de changement»: le cardinal Marx dit que les évêques allemands revisiteront l'enseignement sexuel catholique

    14 mars 2019 (LifeSiteNews) - Le cardinal Reinhard Marx a annoncé aujourd'hui que l'Église catholique en Allemagne était ouverte à une révision de l'enseignement sexuel catholique qui interdit la contraception, la cohabitation et les relations homosexuelles.

    Lors de leur assemblée de printemps à Lingen, en Allemagne, du 11 au 14 mars, la Conférence des évêques allemands a examiné les causes et les raisons possibles de la crise actuelle des sévices sexuels commis en Allemagne. Les orateurs invités ont évoqué l'idée d'ordonner ceux qu'on appelle les viri probati ainsi que d'accepter la contraception, la cohabitation, les relations homosexuelles, ainsi que la théorie du genre.

    Les évêques allemands ont maintenant décidé de poursuivre la discussion sur ces thèmes dans une série de discussions qu’ils qualifient de «voie synodale».

    Le cardinal Marx, président de la Conférence des évêques allemands et archevêque de Munich-Freising, a donné une conférence de presse à l'issue des travaux de l'Assemblée de printemps. Il a souligné que les évêques allemands traitaient des problèmes «systémiques» liés à la crise des abus, ce qui «n'a pas été discuté à Rome» lors du récent sommet sur les abus sexuels. Ici, il s'agit de «dangers de nature systémique». Pour autant qu'il sache, Marx a ajouté: «Nous sommes la seule Eglise locale à affronter cette question maintenant».

    La conférence de presse avait été retardée parce que, comme l'a révélé Marx, les évêques allemands n'ont pu se mettre d'accord sur le lancement d'un «processus synodal» en Allemagne que dans les trente dernières minutes de leur rassemblement. Pour y arriver, trois forums de discussion seront dirigés par Mgr Felix Genn (sur le célibat), par Mgr Franz-Josef Bode (sur la morale sexuelle) et par Mgr Wiesemann (sur les questions de pouvoir et de participation). En septembre, les premiers résultats devraient être présentés. Ce processus doit être entrepris "avec le Comité central des catholiques allemands" (ZdK), a expliqué le cardinal Marx, très satisfait du résultat de cette assemblée de printemps. Il a ensuite déclaré au public qu'il avait rapidement appelé le professeur Thomas Sternberg, responsable du ZdK, afin de recevoir son engagement à collaborer.

    Sternberg est connu pour avoir promu l'idée de mariage pour les prêtres, de communion pour les divorcés «remariés» et d'autres thèmes progressistes.

    En expliquant les sujets proposés qui seront discutés plus en détail par les évêques allemands, le cardinal Marx a souligné trois aspects: la question du pouvoir, du célibat et de la morale sexuelle de l'Église.

    "La question est autorisée: le célibat doit-il toujours être imposé?", a-t-il expliqué, ajoutant que "l'Eglise catholique a déjà accepté des prêtres mariés". Marx s'est également référé à la communication d'un des orateurs qui s'est exprimé durant la rencontre des évêques, le Professeur Eberhard Schockenhoff qui a proposé un assouplissement de l'enseignement moral de l'Église pour inclure l'acceptation de la contraception, de la cohabitation, de la théorie du genre et des couples homosexuels. Le cardinal Marx a commenté avec sympathie la contribution de cet orateur, affirmant que Schockenhoff "l'a très bien présentée [le débat sur la morale sexuelle]". Il a également ajouté "qu'il est nécessaire de discuter du Catéchisme".

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  • Christine Pedotti et Anne Soupa veulent décanoniser Jean-Paul II et censurer ses enseignements

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    Sur le site de "Témoignage chrétien", cette tribune dont nous vous laissons le soin d'apprécier le ton et le contenu :

    Décanonisez-le !!!

    La journée des droits des femmes de l’an 2019 sera pour nous, femmes, catholiques ou non, une journée de deuil et d’indignation. Nous crions notre horreur en découvrant le documentaire Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Église sur les abus et viols de femmes religieuses par des prêtres.

    Nous manquons de mots pour condamner ces prêtres et religieux prédateurs et violeurs. Au motif que les religieuses donnaient leur vie pour « servir », ils se sont eux-mêmes servis, servis sur le corps de ces femmes, niant leurs vœux, leur parole, leur dignité – pourtant si souvent invoquée par l’Église ! –, leur personne même d’être humain libre et responsable de son corps. Entre leurs griffes, ces femmes ont été dépossédées et réduites à une fonction sexuelle, un usage que l’on s’accorde, puis que l’on jette ou que l’on « refile » à un autre pour qu’il « en profite », en toute impunité.

    Nous nous indignons du système dans lequel s’inscrivent ces faits. Non, ce ne sont pas de simples abus isolés perpétrés par quelques pervers. Force est de constater qu’ils ressortissent à cette « culture de l’abus », dénoncée par le pape François. Oui, il s’agit d’un système et d’une culture qui nient le corps de l’autre, celui des enfants comme celui des femmes. Ce système s’enracine dans l’entre-soi masculin et se perpétue grâce à l’idolâtrie dans laquelle est tenue la fonction du prêtre.

    Mais il y a pire. Il y a le concept que l’Église catholique a forgé et qu’elle nomme « la Femme ». Nous en dénonçons la pauvreté et l’indigence ainsi que la manœuvre de domination qui anime cette vision. Sous l’influence déterminante du pape Jean Paul II, « la Femme » devient une idée, conçue exclusivement par des hommes – célibataires de surcroît. Son unique vocation, sa raison d’être est d’aider l’homme par le mariage et la maternité ou de servir l’Église dans la chasteté religieuse ; vision sans lien avec les femmes de chair, de sang, d’esprit et d’âme qui constituent, faut-il le rappeler, la moitié du genre humain et au moins les deux tiers des catholiques pratiquants.

    Nous osons dire que le premier abus commis à l’encontre des femmes est cette idéalisation, cette tromperie qui masque les discriminations sans nombre dont les femmes sont l’objet dans leur propre Église. C’est sur l’autel de cette femme-idée que sont sacrifiées les vies des vraies femmes.

    Dans l’Église catholique, « la Femme » doit répondre à une double vocation « vierge ou mère ». Elle est assignée à son corps sexué ; son « non-usage » dans la virginité ou son « usage » dans la maternité, sans qu’aucune place soit laissée aux autres dimensions de l’être humain !

    Nous dénonçons le mensonge et l’hypocrisie de cette idéologie qui pèse sur nous. C’est elle que révèlent les abus sur les corps des femmes religieuses. Elles ont fait vœu de chasteté et leur parole est violentée en même temps que le corps. Lorsque ces viols conduisent à une grossesse, elles sont avortées de force ou leur enfant est cyniquement abandonné, sur ordre exprès de la responsable de la communauté. La violence faite à leur corps est alors à son comble puisque même la maternité, leur « autre » vocation, leur est interdite.

    Ainsi, non seulement les responsables de l’Église catholique imposent à toutes les femmes leur idéologie de « la Femme », mais – aidés par quelques femmes acquises au système – ils violent eux-mêmes les règles qu’ils imposent à toutes.

    Notre accusation ne porte pas sur les seuls criminels et violeurs. Elle vise la conspiration du silence qui a entouré ces monstrueux agissements. « On lave son linge sale en famille », dit-on pour justifier la mise à distance des médias et de la justice. Mais ce linge sale est simplement déplacé, sans jamais côtoyer lessiveuse ou savon. Serait-on dans une armée qui gère son BMC (bordel militaire de campagne) comme un moindre mal ?

    En ce 8 mars, fortes de l’Évangile et de l’attitude de Jésus lui-même à l’égard des femmes, nous réaffirmons les droits imprescriptibles des femmes, qui sont ceux de tout être humain, partout et spécialement dans l’Église.

    Nous demandons la décanonisation du pape Jean Paul II, protecteur des abuseurs au nom de la « raison d’Église » et principal artisan de la construction idéologique de « la Femme* », ainsi que l’interdiction d’enseigner, de propager ou de publier la « théologie du corps » qu’il a prêchée au cours de ses catéchèses du mercredi.

    Christine Pedotti et Anne Soupa, cofondatrices du Comité de la jupe.

    * Jean Paul II a été la voix décisive qui a conduit le pape Paul VI à condamner la contraception (encyclique Humanae Vitae). Il a ensuite élaboré une théologie de la Femme, toujours référée à la Vierge Marie, figure de silence et d’obéissance.

  • L'Eglise en état de siège

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    De Sandro Magister ("Settimo Cielo") en traduction française sur le site diakonos.be :

    Après les condamnations des cardinaux Pell et Barbarin. Une Église assiégée et déboussolée

    En Australie, le cardinal George Pell vient de finir en prison. En France, l’archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, vient d’être condamné à trois mois de prison avec sursis.  Et il n’est pas à exclure que d’autres cardinaux et évêques haut placés se retrouvent bientôt sur le banc des accusés des tribunaux civils pour avoir perpétré ou « couvert » des abus sexuels sur mineurs.

    Pour l’Église catholique, cela qui ouvre une question très grave devant laquelle on dirait qu’elle ne sait plus très bien comment agir.En particulier en ce qui concerne les trois questions suivantes.

    1. Un tribunal spécial pour juger le Pape ?

    Le cardinal Pell et le cardinal Barbarin ont été condamnés sur base de preuves discutables, tous deux au cours d’un second procès alors que le premier n’avait débouché sur aucune condamnation. Dans le cas de Barbarin, le parquet avait d’ailleurs demandé sa relaxe.  Tous deux clament leur innocence et ont fait appel de la décision.

    Mais en attendant, au sein de l’Église, le premier a reçu l’interdiction d’exercer tout ministère public et d’entrer en contact avec des mineurs pendant que son procès était encore en cours.  Et le second vient d’annoncer sa démission il y a quelques jours, certain que le Pape l’accepterait.

    En ce qui concerne le cas du cardinal Pell, l’information a été donnée que la Congrégation pour la doctrine de la foi allait ouvrir un procès canonique. Et il est probable que ce sera pareil pour Barbarin.

    Mais quel procès ? Et comment ?  La règle générale concernant les évêques présumés coupables ou négligents en matière d’abus se trouve dans la lettre apostolique « Comme une mère aimante » publiée par le pape François a publié en juin 2016 dans laquelle – comme il l’a ensuite expliqué pendant la conférence de presse de retour d’Irlande le 26 août 2018 – «  on prétendait qu’il fallait un tribunal spécial pour juger les évêques », le même pour tous.  Mais rapidement, le même pape François a considéré « qu’en pratique, ce n’était pas possible » et il a préféré recourir à un jury constitué au cas par cas.  Comme dans le cas – a-t-il donné en exemple – de l’archevêque de Guam, Anthony Sablon Apuron, condamné en première instance par la Congrégation pour la doctrine de la foi mais dont l’appel a été traité par François lui-même avec l’aide d’une commission de canonistes.

    Tout cela montre bien que les procédures continuent à être incertaines. En novembre dernier, François interdisait à la Conférence épiscopale des États-Unis de voter la création d’un organisme indépendant de laïcs chargé d’effectuer les devoirs d’enquêtes préliminaires sur les évêques mis en cause.  Mais même la solution de rechange soutenue par le cardinal Blase Cupich, et par le Pape à travers lui, consistant à confier l’enquête préliminaire au métropolite de la province ecclésiastique de l’accusé, est loin d’être codifiée, malgré qu’elle ait été à nouveau présentée par Cupich en personne au sommet du Vatican des 21-24 février consacré à la façon de combattre le fléau des abus sexuels.

    Certains objectent entre autre à cette proposition de Mgr Cupich que confier l’enquête préliminaire au métropolite – ou à un autre évêque – de la province de l’accusé, c’est risquer de confier le jugement à des clercs qui appartiennent souvent au même sérail et qui seront donc tentés de s’entraider.

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  • Sur l'actualité récente de l'Eglise et les principes de la morale catholique

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    L'abbé Guillaume de Tanoüarn s'exprime sur l'actualité récente de l'Eglise et les principes de la morale catholique :

    Un entretien paru dans Présent

    Je republie ici, avec l'accord bienveillant du Quotidien Présent, l'entretien qu'il a publié lundi dernier (4 mars 2019), sur l'actualité récente de l'Eglise et les principes de la morale catholique .


    Anne Le Pape : Le film d’Ozon, Grâce à Dieu, sortant alors que le procès du père Preynat n’est pas terminé, la sortie du livre Sodoma de Martel : des éléments de nature différente (nous y reviendrons), mais ne doit-on pas noter cette convergence ?
    Guillaume de Tanoüarn : Si vous voulez parler d’un complot contre l’Eglise, je ne crois pas qu’il n’y en ait qu’un. Frédéric Martel a tenu à faire paraître son livre, Sodoma (comprenez : Sodome à Rome) au moment où s’ouvrait à Rome le sommet contre les abus sexuels sur mineurs, avec les présidents des conférences épiscopales françaises. Quant à François Ozon, il avait pour son film Grâce à Dieu une fenêtre de tir avant le rendu des jugements concernant le cardinal Barbarin (pour non-dénonciation) et surtout le Père Preynat (pour agressions sexuelles en série). La convergence entre les deux agendas, celui du film et celui du livre, me paraît, elle absolument fortuite. Mais elle marque un trop plein. Je pense que les désordres sexuels ont fleuri depuis que ce que j’ai appelé jadis la religion de Vatican II prêche l’Evangile selon Polnareff : Nous irons tous au paradis. La question du pardon divin est fondamentale et magnifique. Mais on détruit la doctrine de la miséricorde et on tombe dans le laxisme quand on rend le pardon divin automatique.
    Anne Le Pape : « De nature différente », a-t-on dit : le film dénonçant les abus sexuels, l’autre l’hypocrisie de l’Eglise qui devrait ne plus condamner l’homosexualité. Le but est-il le même, fragiliser l’Eglise (malgré les dénégations répétées des auteurs) ?
    Guillaume de Tanoüarn : Je pense qu’il y a dans le film comme dans le livre, et je dirais dans le film plus encore que dans le livre, une sorte de militantisme athée, qui en limite la portée. En Ozon et en Martel, il nous faut voir d’abord des artistes engagés, qui veulent à tout prix crédibiliser cet agnosticisme, qui constitue aujourd’hui, dans le vaste domaine de la mondialisation, en Chine, aux Etats unis et en Europe, comme une anti-religion d’Etat. Mais je n’ai jamais cru à l’art pour l’art. Le fait d’être des artistes engagés n’interdit pas que l’on puisse, avec cet engagement même, faire un bon film ou un bon livre. Ainsi Sodoma est l’un des rares essais de ce calibre (630 pages) qui se lise aisément. Cela peut ne pas nous plaire mais il y a une écriture. Quand Martel nous raconte sa visite manquée au cardinal Burke, et son expédition dans ses toilettes, on ne peut s’empêcher de sourire, même si Martel n’a pas l’ombre d’un vrai grief à faire valoir contre le pauvre cardinal, auquel il reproche simplement d’être un conservateur et de trop aimer l’apparat dans lequel, comme cardinal, il vit.

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  • L'identité gay ou lesbienne, bisexuelle, transsexuelle ou transgenre ne peut ni effacer ni remplacer la distinction de sexe

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    LE CORPS HUMAIN SOUMIS À LA LOI DU MARCHÉ ?

    une synthèse de presse bioéthique de généthique.org 

    Interrogée au sujet du féminisme, Sylviane Agacinski estime que « le plus redoutable, aujourd'hui, c'est l'emprise que l'économie tend à exercer sur l'ensemble des individus - et pas seulement sur les femmes - au nom de la croissance, de la compétitivité et de la course sans fin au profit. La vie de tous est menacée lorsqu'elle est convertie en ‘ressource’ et en ‘capital humain’ ».

    A l’heure de la confusion des sexes, la philosophe rappelle que l'identité gay ou lesbienne, bisexuelle, transsexuelle ou transgenre ne peut « ni effacer ni remplacer la distinction de sexe. Elles la confirment au contraire, car il n'y aurait aucun sens à se dire bisexuel, par exemple, s'il n'y avait pas au moins deux sexes ». Elle poursuit : « Le désir de déterminer soi-même son genre traduit (…) une volonté d'échapper aux limites de notre condition humaine : celle d'un être charnel et vivant, auquel le sexe et la mort signifient sa finitude ».

    A propos de la polémique autour des « parent 1 » et « parent 2 », elle explique que « les philosophes aiment dire, avec Hegel, que ‘c'est dans les mots que nous pensons’. Mais les mots ont le pouvoir ambigu de montrer le réel - ou de le dissimuler. La distinction lexicale entre père et mère tient au fait que l'un ne peut se substituer à l'autre, car leurs rôles ne sont pas équivalents ». Et dans le réel, « deux parents du même sexe, cela ne suffit pas, en tout cas pas pour faire un enfant. Il faut la participation d'une troisième personne, ce que j'appelle un tiers-corps ». Précisant qu’ « en Californie, ce corps humain parcellisé est devenu une ressource biologique disponible sur le marché ».

    Sources: Le Figaro, Eugénie Bastié (07/03/2019)
  • Abus sexuels et propagande : quand Arte lance notre Carême...

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    De Michel Janva sur le Salon Beige :

    Abus sexuels et propagande : Arte lance notre Carême…

    Abus sexuels et propagande : Arte lance notre Carême…

    Les accusations gratuites, sans procès, se multiplient contre des prêtres, ici décédés.

    La chaîne ARTE diffusera le mardi 5 mars à 20h50, un documentaire intitulé “religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise” (déjà visible en ligne), qui comporte différentes accusations sur les personnes des Pères Marie-Dominique (fondateur de la Communauté Saint Jean) et Thomas Philippe, deux frères décédés depuis de nombreuses années. La chaîne se fonde sur un unique témoignage introduit parmi d’autres affaires auxquelles les Pères Philippe ne sont aucunement liés.

    Marie Philippe, leur nièce, souhaite faire connaitre sa totale désapprobation pour la mise en cause de ses oncles alors même qu’aucun tribunal civil ni canonique n’a établi les faits allégués. Elle s’étonne ainsi du silence de l’institution catholique face à ce « procès »  qui vient atteindre deux hommes qui sont aujourd’hui dans l’incapacité de pouvoir se défendre.

    Les faits allégués sont peu crédibles pour ne pas dire grotesques. Qui plus est, par le truchement d’une personne qui n’est plus religieuse depuis… 1974. Vous trouverez sur son site construit spécialement à cet effet toutes les raisons et les pièces qui conduisent à son intervention.

    Un ancien frère de la communauté Saint-Jean, aujourd’hui incardiné dans un diocèse, dénonce aussi un article paru dans Famille chrétienne, lequel s’appuie… sur cette émission.

    Il ne s’agit pas de nier les graves abus sexuels commis par des clercs. Mais on ne peut pas croire n’importe quelle histoire, n’ayant donné lieu à aucun procès, reposant sur des témoignages douteux, et pratiquer l’amalgame. La famille du père Marie-Dominique Philippe est favorable à la mise en place d’une politique de transparence sur les faits présumés que celle qui a motivée les dénonciations controversées, avec la mise en place d’une véritable commission d’enquête qui aurait pour mission d’infirmer ou de confirmer les faits ayant conduit à la « condamnation » des défunts. Et en attendant, il serait souhaitable que les autorités de l’Eglise protestent contre les violations constantes dans la presse du principe de présomption d’innocence dont devraient bénéficier les défunts Pères Marie-Dominique et Thomas Philippe. Et en particulier au cours de l’émission de télévision d’ARTE prévue le 5 mars.

  • Avec Martin Steffens, décrypter le piège de la pornographie (2/2) et réapprendre à regarder

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    Le piège de la pornographie 2/2 Réapprendre à regarder

    Une émission de RCF présentée par Bénédicte Draillard

    LA VIE EST UN ART

    Le piège de la pornographie 2/2 Réapprendre à regarder

    © Stéphane OUZOUNOFFCIRIC

    Stop à la pornographie, c'est le cri du coeur d'un jeune père de famille, philosophe, Martin Steffens.

    Une colère sourde se perçoit à la lecture de "L'amour vrai - Au seuil de l'autre" (éd. Salvator) : celle d'un homme et sans doute aussi celle d'un père "révolté" par la façon dont la pornographie "défigure" l'amour. Le philosophe Martin Steffens nous aide à déjouer les pièges de la pornographie.

    "Ayant touché le cœur de l'homme, ce qu'il y a en lui de plus profond, la pornographie vient tuer ce qu'il y a en nous d'humain." 

    L'AMOUR DANS LA SOCIÉTÉ DU DIVERTISSEMENT

    "Ce qui me fascine c'est cette idée du divertissement qu'a inventée l'homme : endormir les gens en les excitant." Le jeu, l'excitation, le fun et la sexualité sont à l'œuvre dans bien des œuvres dystopiques. Avec subtilité et sans manichéisme, l'essai de Martin Steffens a pour objectif de "nous sortir de cette excitation dans laquelle nous mettent nos vies trop occupées et où on passe d'un travail angoissé à des loisirs débridés".

    "Il y a quelque chose de vrai là-dedans." Et c'est sans doute ce qui est le plus dramatique dans la pornographie : elle "offre une image fausse d'un désir qui est profondément bon et vrai en nous". Ce désir, celui "de se donner absolument", est mis en scène dans la pornographie, où "on voit des gens qui se donnent dans un entremêlement des corps". Il y a donc quelque chose "qui vient toucher le cœur de l'homme", et même "ce qu'il y a de plus profond en lui". "Ce désir-là, la pornographie en donne une traduction immédiate, ce qu'elle nous propose, elle nous l'impose et, à partir de là, ayant touché le cœur de l'homme, ce qu'il y a en lui de plus profond, elle vient tuer ce qu'il y a en nous d'humain."

    L'ACCÈS À LA PORNOGRAPHIE, DE PLUS EN PLUS TÔT

    Il y a quelques années, Martin Steffens a constaté qu'à neuf ans son fils avait la possibilité d'accéder à des vidéos pornographiques sur internet. Pourquoi les jeunes garçons en particulier sont-ils attirés par ce type de contenus ? Il y a un interdit qui plane sur ces vidéos, interdit qui suggère l'idée d'un "secret des adultes". "Et donc on a l'impression que c'est ce que les adultes gardent secret comme on pourrait garder secret quelque chose de précieux : ils accèdent au secret des adultes." Là où l'enfant est supposé grandir avec cette idée que l'adulte est quelqu'un de libre, maître de sa vie, il perçoit au contraire que l'adulte est quelqu'un qui "se perd dans son plaisir, dans son désir".

    Enseignant, Martin Steffens a connu un étudiant addict, qui quittait les cours pour aller regarder des images pornographiques. Conscient de son addiction, il confiait lui-même ne plus pouvoir "voir une femme sans la déshabiller et sans même l'imaginer humiliée". Parmi les conséquences néfastes de l'addiction à la pornographie : le "regard blessé". "La grille de lecture que j'aurai de l'autre sera sur-déterminée par la pornographie." Le philosophe parle de "traumatisme pornographique", qui opère comme "une blessure purulente" et se met "à produire en nous des images". Et pousse certains à commettre des viols ou des agressions à caractère sexuel.

    LA PORNOGRAPHIE FAIT DISPARAÎTRE LE DÉSIR

    Autre conséquence de l'addiction à la pornographie, la disparition du désir. Cette "sur-stimulation du désir" et sa satisfaction immédiate provoquent un épuisement et une exténuation du désir. "Ce qui donne des gens qui n'ont tout simplement plus de désir." Ne plus avoir de désir, est-ce là la sagesse ? Non, c'est "absolument terrible", affirme Martin Steffens.

    INVITÉ : Martin Steffens , philosophe

    BIBLIOGRAPHIE : L'amour vrai - Au seuil de l'autre par Martin Steffens aux éd. Salvator (2018)

  • KTO : Bilan du « sommet » sur la lutte contre les abus sexuels dans l'Église

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    JPSC

  • "Rien ne nous préparait à devoir un jour regarder l’Église catholique comme un lieu du mal commis sur des enfants ou des adolescents..."

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    L'archevêque de Reims commente la crise des scandales sexuels (sur le site de l'archidiocèse de Reims) :

    Réflexions sur le climat ecclésial présent – par Mgr Eric de Moulins-Beaufort

    Le 27 février 2019

    Je peux me représenter que ce que vous découvrez au fil des semaines depuis cet été, s’ajoutant à bien d’autres faits révélés auparavant, suscite en vous du dégoût et du découragement. Rien ne nous préparait à devoir un jour regarder l’Église catholique comme un lieu du mal commis sur des enfants ou des adolescents, du mal dissimulé, camouflé, non traité. Je suis baptisé depuis 1962, prêtre depuis 1991, évêque depuis 2008 : rien ne m’avait laissé même pressentir que j’aurai à constater tant de faits graves et inadmissibles commis par des prêtres à l’encontre de ceux et de celles qui leur étaient confiés ; rien ne me permettait d’imaginer que les autorités de l’Église pouvaient s’être montrées si peu attentives, si peu responsables, si peu soucieuses de tout tirer au clair face à de tels faits. Depuis mars 2016, mes responsabilités parisiennes m’ont obligé à regarder ces faits sans faiblir ; j’ai rencontré des personnes victimes ou des parents de personnes victimes ; j’ai rencontré des prêtres qui se sont rendus coupables de crimes ou bien qui se sont laissés aller à des gestes qui, sans être des délits, sont des gestes inadmissibles qui représentent des abus du sacerdoce qu’ils ont reçu du Christ.

    Bien sûr, dans notre contexte actuel pèse un effet d’accumulation. Tous les abus sexuels et tous les abus de pouvoir commis un jour quelque part sur notre planète par un prêtre catholique sont d’un coup déposés tous ensemble sur la table commune sous le regard effaré de tous les hommes, des catholiques au premier chef.

    Du jeudi 21 au dimanche 24 février, le Saint-Père a réuni à Rome les présidents des Conférences épiscopales du monde entier. Les exposés tenus sont accessibles sur internet, sans difficulté. Nous verrons les décisions qui seront prises. Le Pape est tout à fait déterminé à faire sortir l’Église des attitudes, des pratiques, des silences, des ombres, qui ont rendu possibles non seulement les crimes et les délits dont il est question mais aussi que ceux-ci ne soient pas vraiment repérés, nommés, jugés, que leurs auteurs ne soient pas sanctionnés et que leurs victimes ne soient pas écoutées et consolées. Pour nous, il est clair que la collaboration avec les autorités judiciaires de notre pays doit être sans faille. Il est des situations que ces autorités ne peuvent sanctionner. Elles ne sauraient faire échapper à l’œuvre de vérité nécessaire.

    Nous savions que l’Église avait connu des abus de la part de ses dirigeants, mais nous pensions avoir vu le pire avec les papes Borgia et certains de leurs successeurs immédiats. Les réformes du concile de Trente avaient lancé un immense travail dans la formation des prêtres mais aussi dans la vie spirituelle des prêtres qui paraissait garantir la haute qualité du clergé, quelques abbés libertins du XVIIIème étant mis à part. Nous estimions qu’avec Vatican II les relations entre prêtres et fidèles laïcs s’étaient profondément renouvelées, qu’elles s’étaient simplifiées, qu’elles étaient de service commun dans la mission donnée par le Christ et non plus de contrôle social et d’encadrement. Nous étions naïfs. Sans cesse, l’humanité retourne à ses démons ; elle a peur de la liberté spirituelle que le Christ lui ouvre.

    Permettez-moi de vous dire là-dessus encore deux choses.

    Ma conviction profonde est que le travail qui s’accomplit est un don de la miséricorde divine. Dieu n’abandonne pas son Église, au contraire, il travaille à la purifier, y compris du mal qui était en elle et qu’elle s’obstinait à ne pas voir. Il nous donne la possibilité de nous dégager de la gangue d’ambiguïtés et d’aveuglements qui a rendu possibles les faits qui conduisent à la crise que nous connaissons. Le Seigneur permet aussi aux coupables de se repentir. L’épître aux Hébreux signale qu’il est redoutable de tomber entre les mains du Dieu vivant. L’auteur veut dire qu’il est redoutable d’affronter le jugement de Dieu sans s’être repenti, sans avoir appris à le faire. Le plus déroutant, à mon sens, dans un certain nombre de faits portés à la connaissance du monde entier, est la capacité de déni d’un grand nombre de coupables, déni non pas des faits mais de leur portée, et la capacité de prêtres et même d’un évêque de vivre comme si Dieu ne voyait rien et ne jugeait rien, jusqu’à accepter d’accumuler les plus hautes responsabilités et les plus grands honneurs.

    Ma deuxième conviction est que le travail de vérité que l’Église doit vivre concerne tous ses membres et est un service à rendre à l’humanité. Nous pouvions penser être la part la plus sainte de l’humanité. Assurément, il y a des saints parmi nous et beaucoup de sainteté dans le peuple de Dieu. L’ivraie est pourtant plus nombreuse et plus enracinée que nous ne voulions ou ne pouvions le voir. Mais ce qui est mis sous les yeux de tous est l’extrême délicatesse des relations humaines, et très spécialement de la relation éducative. Facilement, elle peut être corrompue en une relation d’abus. Le piège serait de renoncer à avoir des relations intenses, de renoncer à nous mettre au service des enfants et des jeunes, de renoncer à travailler pour les aider à s’ouvrir à la beauté et à la bonté de la vie et de l’univers, à la beauté et à la bonté de leur humanité faite pour être aimée et plus encore pour aimer. Mais, pour cela, il nous faut plus de délicatesse, plus de décentrement de nous-mêmes, plus de sens du service, plus de prudence à l’égard de tout pouvoir, plus de conscience que le seul Maître digne de l’être humain est Dieu lui-même, venu en notre chair en Jésus de Nazareth. Nous essayons de vivre l’amour du prochain jour après jour, avec humilité mais aussi avec détermination. Nous portons une haute idée de la dignité de l’être humain qui n’est pas un consommateur et un producteur seulement mais, avant tout, une image de Dieu chaque fois unique et irremplaçable, méritant d’être infiniment respectée. Nous osons croire que la sexualité n’est pas qu’une affaire de pulsions mais est un don qui peut permettre des relations profondes, durables, bienfaisantes au long des années. Ne renonçons pas jamais à vivre à la hauteur de cette idée-là de l’homme, voulu par la bonté du Père et appelé à en être le porteur.

    + Éric de Moulins-Beaufort,
    Archevêque de Reims

  • La théorie du genre gagne du terrain dans les écoles

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    Ce qui vaut pour la France vaut aussi pour la Belgique. (La figure de proue de la mobilisation des lycéens belges pour le climat en est un témoignage.) :

    D'Esther Pivet sur Aleteia.org :

    Comment se poursuit l’expansion de la théorie du genre à l’école

    La coordinatrice du collectif VigiGender a mené l’enquête sur l’expansion sournoise et régulière de la "théorie du genre" à l’école. Comment réagir auprès des professeurs ? Comment aider les enfants à se construire sous la pression de ce formatage déstabilisant ?

    L’abandon de « parent 1 – parent 2 » sur les formulaires scolaires semble envisagé au profit d’une formulation plus consensuelle. Faut-il pour autant se limiter à pousser un « ouf » de soulagement devant le retrait de cette mesure absurde privant pères et mères de leur dignité ? Réveillons-nous ! Ouvrons les yeux ! Toute l’Éducation nationale et la culture sont imprégnées de la théorie du genre sous-jacente à cette mesure, selon laquelle toutes les différences entre hommes et femmes ne seraient qu’une construction sociale. Les enfants et les adolescents sont formatés au goutte-à-goutte par des messages fondés sur ce postulat. L’objectif est de leur faire penser qu’il n’y aurait aucun problème à « changer de sexe », et que l’hétérosexualité et l’homosexualité seraient équivalentes, puisque notre corps sexué n’aurait aucune influence, aucune signification, ne dirait rien de ce que nous sommes, simple source de plaisir.

    Changer de sexe

    Des séries télévisées commencent à mettre en scène des jeunes qui décident de subir une réattribution sexuelle. Internet regorge d’informations sur le sujet. Comment s’étonner que de plus en plus d’enfants qui présentent un trouble dans leur identité demandent à « changer de sexe » (Le Point, 15 septembre 2018), alors que de tels troubles disparaissent pour la plupart après la puberté ? Leur « réveil » dans dix ans sera douloureux et, pour beaucoup, le suicide un jour peut-être la seule issue1Des médecins tirent la sonnette d’alarme2, mais crient encore dans le vide, car le marché est prometteur. Chaque jour, un adolescent entre dix et quinze ans change de sexe anatomique au Royaume-Uni (The Telegraph, 8 juillet 2017).

    Le trou noir de la théorie du genre est en train de happer une génération de jeunes. Des enfants sont formatés à l’école, à l’insu des parents, et par tout ce qu’ils voient sur Internet, si facilement accessible. Beaucoup de jeunes sont désespérés, blessés dans leur identité, dans leur sexualité, après des expériences sexuelles diverses, encouragés par les discours ambiants niant toute signification au corps et illustrés par la pornographie en accès libre, qui les poussent à assouvir leurs pulsions et à consommer du sexe.

    L’alibi des stéréotypes

    Dans ce contexte, les parents et les enseignants doivent comprendre cette théorie idéologique, pour l’identifier et résister...

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  • La dualité des sexes constitue l’un des plus précieux trésors de l’humanité

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    Du site "Ecologie humaine" :

    ÉLOGE DE LA DUALITÉ

    Accueillir et respecter la complémentarité entre les sexes : c’est ce à quoi nous invite Tugdual Derville, co-initiateur du Courant pour une écologie humaine, dans cet entretien réalisé par Aurore Chaillou et Anne de Mullenheim pour la revue Projet.

    « La dualité des sexes constitue l’un des plus précieux trésors de l’humanité » 

    Que représente pour vous la notion de « genre » ?

    T. Derville – J’y vois une notion sémantique détournée en dangereux amalgame. On mélange deux choses : d’un côté des stéréotypes sexistes injustes à dénoncer et à combattre pour respecter l’égale dignité entre l’homme et la femme et favoriser leur respect mutuel ; de l’autre, l’idéologie mortifère de la neutralisation du genre. Les études de genre fourmillent de ce parti pris : le rejet de toute idée de différence ou de complémentarité homme-femme, comme si masculin et féminin étaient identiques. Or, cette dualité des sexes constitue l’un des plus précieux trésors de l’humanité.

    Nous avons tous séjourné dans le corps d’une femme. Si on ne reconnaît pas cette « maternité corporelle » comme mur porteur de l’écologie humaine, on ne pourra pas apprendre le vivre ensemble entre garçons et filles. Par ailleurs, la technicisation de la reproduction se fait au détriment des femmes : on veut autoriser le prélèvement des ovocytes pour rendre possible une grossesse tardive. Mais les fécondations in vitro ont un faible taux de succès. J’ai même entendu certaines féministes expliquer qu’elles voulaient se libérer de la grossesse, considérée comme une aliénation. C’est un déni de l’identité des femmes et cela m’étonne qu’elles ne se rebellent pas plus contre cette emprise de la technique sur leur corps.

    Quel rôle doit jouer l’éducation par rapport aux inégalités entre hommes et femmes ?

    L’éducation doit permettre l’alliance entre homme et femme pour une compréhension mutuelle et une égale dignité. Je suis stupéfait d’entendre certains discours féministes expliquer les différences corporelles par la seule construction sociale. Des militantes m’ont soutenu que les hommes étaient plus grands parce qu’ils avaient été mieux nourris que les femmes, au cours des derniers siècles. On m’a aussi dit qu’étant un homme, j’étais forcément dominant et que je ne pouvais donc pas comprendre ces questions. Dans ces arguments, je vois une forme de résurgence marxiste : on n’oppose plus les classes mais les femmes aux hommes. En réalité, hommes et femmes ont besoin d’explications pour mieux se comprendre. Cela ne nous empêche pas du tout de reconnaître qu’il y a une dimension féminine chez l’homme et masculine chez la femme.

    Finalement, faut-il voir la différence comme un atout ou un obstacle ? Doit-on asséner qu’elle est entièrement construite et défendre une équivalence absolue, ou la faire aimer comme merveilleuse ? Je crains qu’envisager la différence de façon uniquement critique ne se fasse au détriment de la paix sociale.

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