Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Idées

  • Le pape François se dit favorable à la béatification de Blaise Pascal

    IMPRIMER

    Du site d'Ouest France :

    Blaise Pascal béatifié ? Le pape François y est favorable

    Le pape François s'est déclaré samedi favorable à une béatification de Blaise Pascal, philosophe, mathématicien, polémiste et théologien français du XVIIe siècle qui s'était vivement opposé aux jésuites à son époque.

    Blaise Pascal sera-t-ilm béatifié ? « Je pense moi aussi qu'il mérite la béatification. J'envisage de demander la procédure nécessaire et l'avis des organes du Vatican chargés de ces questions, en faisant part de ma conviction personnelle positive », a déclaré le pape François, répondant à une question en forme de plaidoyer d'Eugenio Scalfari, le fondateur de La Repubblica, dans un entretien publié samedi par le quotidien italien.

    Pascal, catholique tourmenté

    Autodidacte surdoué né en Auvergne en 1623, rivalisant dès l'adolescence avec les plus grands mathématiciens, polémiste efficace, Blaise Pascal est devenu un catholique tourmenté après une expérience mystique à l'âge de 31 ans.

    Malade et sujet à de violentes migraines, il est mort en 1662, à 39 ans, sans avoir eu le temps de finir son apologie de la pensée chrétienne, dont l'ébauche a été publiée après sa mort sous le titre Pensées. Dans cet ouvrage, il a exposé son « pari », expliquant qu'il n'y avait rien à perdre et tout à gagner à croire en Dieu. De manière moins connue, ce raisonnement s'accompagnait aussi d'un appel à une conversion du coeur et un choix de la pauvreté susceptible d'avoir touché le pape argentin.

    Un obstacle ? 

    Outre une jeunesse plutôt prétentieuse et mondaine, les féroces « Provinciales » de Pascal en faveur des jansénistes dans leur lutte théologique et politique contre les jésuites pourraient cependant faire obstacle à une éventuelle béatification.

    Mais l'élection en mars 2013 de François, le premier pape jésuite, pourrait avoir modifié la donne. « Trop de contentieux traînaient entre l'auteur des Provinciales (et les jésuites) pour qu'un pape tiers à l'affaire puisse se sentir légitime à mettre sur les autels (...) le vibrionnant adepte de l'apostrophe ironique », écrivait Xavier Patier, auteur d'un livre sur l'expérience mystique de Pascal, dans le magazine Famille Chrétienne en mai 2013. « Nous avons ce pape, et de surcroît un pape ami de la pauvreté, cette pauvreté que Blaise disait avoir décidé d'aimer », ajoutait-il.

  • Selon des chercheurs de l'UCL, les athées auraient l'esprit moins ouvert que les croyants

    IMPRIMER

    D'Anne Dolhein sur le site "RéinformationTV" :

    Les athées ont l’esprit moins ouvert que les croyants, découvre l’Université catholique de Louvain

    Ils ont beau se croire plus ouverts, plus tolérants, plus capables de respecter les exigences de l’intellect, les athées sont en réalité plus bornés que les croyants. Cette mauvaise nouvelle pour les esprits forts nous parvient de l’université catholique de Louvain, où une étude réalisée par le Dr Filip Uzarevic a permis de constater que les sans religion et les sceptiques ont tendance à être moins tolérants à l’égard d’opinions qui diffèrent des leurs que la moyenne des personnes adhérant à une foi déterminée.

    La recherche trouve son origine dans un constat. Avec son équipe, Uzarevic avait constaté que dans le débat public, « bien que les groupes conservateurs et religieux d’une part, et les groupes progressistes et laïcistes d’autre part faisaient montre d’une forte animosité à l’égard de leurs opposants sur l’échiquier idéologique, c’était généralement les premiers qui étaient désignés comme ayant l’esprit étroit ».

    L’Université catholique de Louvain s’intéresse à l’intelligence des athées

    L’équipe de psychologues s’est interrogée d’abord de manière informelle sur le fait de savoir si cela est toujours exact : en somme, la religion vous met-elle des œillères ? D’où l’enquête.

    L’étude a été menée sur un échantillon de 788 adultes provenant du Royaume-Uni, d’Espagne et de France, et comportant 302 athées, 143 agnostiques et pour le reste, des chrétiens, des musulmans, des bouddhistes, des juifs ou des personnes se réclamant d’autres religions.

    Sans surprise, ceux qui s’affichent chrétiens sont plus enclins à avoir un tour d’esprit dogmatique que les participants non religieux : ils étaient par exemple plus nombreux en proportion à être en désaccord avec l’idée selon laquelle « il y a tant de choses qui restent à découvrir que personne ne devrait être absolument certain de la véracité de ses croyances ». C’est l’attitude de celui qui se croit ou se sait dans la vérité.

    Plus surprenant était le constat à propos des athées : en moyenne, ils se sont montrés plus intolérants par rapport à leurs contradicteurs et, chose plus intéressante encore, ils ont eu plus de mal à envisager la pertinence d’arguments contredisant les leurs.

    Les croyants et les chrétiens ont l’esprit plus ouvert que les sceptiques

    « Les non religieux, en comparaison avec les personnes ayant une foi religieuse, semblaient être moins étroits d’esprit en ce qui concerne la certitude en leurs propres croyances. (…) Mais pour ce qui est de la mesure fine de la propension à accepter des points de vue divergents ou contraires à leurs propres perspectives, ce sont les personnes religieuses qui se sont montrées les plus ouvertes. »

    En fin de course, on est bien obligé d’accepter que l’étroitesse d’esprit n’est pas l’apanage des croyants religieux, les athées et les sceptiques étant tout à fait capables de les dépasser dans ce domaine.

    Les chercheurs ont souligné les limites de l’étude, à la fois par le nombre des cas étudiés et par l’origine occidentale de l’échantillon. D’autres recherches sont envisagées.

     
  • A quelles conditions pratiquer le dialogue interconvictionnel ?

    IMPRIMER

    De l'abbé Stéphane Seminckx sur didoc.be :

    Les conditions du dialogue interconvictionnel

    Que pouvons-nous attendre d’un dialogue interconvictionnel ? Voilà le titre d’un colloque organisé le 13 mai dernier, à l’ULB, par « La Pensée et les Hommes ». Il a réuni des représentants des grandes religions et de la laïcité. Dans son intervention, l’abbé Stéphane Seminckx a voulu présenter trois brèves réflexions sur les conditions de ce dialogue. 

    Vérité et dialogue

    Le dialogue n’est pas un simple échange d’idées, au risque de se réduire à un bavardage. Le dialogue vise à se comprendre, sur base d’une ambition commune de recherche de la vérité.

    Il est risqué — voire déplacé — d’évoquer ici la notion de vérité comme condition essentielle du dialogue. Aujourd’hui, se réclamer de la vérité — au singulier — est plutôt perçu comme un affront au dialogue, comme de la prétention et de l’arrogance, comme un manque d’ouverture à l’autre et à sa vérité.

    Nous parlons bien entendu ici de convictions, c'est-à-dire de vérités fondamentales (Dieu existe ou n’existe pas ; Jésus-Christ est Dieu ou ne l’est pas ; après la mort, soit il y a quelque chose, soit il n’y a rien). Dans ces domaines, la vérité est une, non modulable, et elle nous précède : nous ne la produisons pas. On peut dire de façon tout à fait légitime « Pour moi, Dieu n’existe pas » ou « Pour moi, il existe », mais le fait est que soit il existe, soit il n’existe pas : c’est la réalité qui nous intéresse, pas la perception que nous en avons. En bonne philosophie, la vérité est l’adaequatio rei et intellectus.

    Si quelqu’un est prêtre de l’Eglise catholique — avec tout ce que cela suppose comme engagement —, ce n’est pas en vertu d’une perception subjective ou d’un vague sentiment, mais en vertu d’une ferme adhésion à une réalité que l’intelligence, éclairée par la foi, perçoit comme certainement vraie.

    Cet homme de Dieu est-il pour autant un être arrogant, fondamentaliste, intolérant, foyer potentiel de conflit et de violence ? Si quelqu’un peut le penser, c’est probablement dû à différents malentendus, très répandus aujourd’hui.

    Le premier : pourquoi la revendication de la vérité est perçue aujourd’hui comme arrogante ? La réponse est bien connue : le climat post-moderne, écœuré par les grandes idéologies des derniers siècles, qui ont provoqué des désastres, est devenu allergique à cette revendication. La seule vérité admise dans beaucoup de cercles aujourd’hui est celle des sciences dites exactes. Les convictions sont réduites au rang des opinions, elles relèvent du goût et des couleurs.

    On est donc écœuré par les idéologies. Mais la religion relève-t-elle de l’idéologie ? Les idéologies sont des constructions humaines, alors que les grandes religions revendiquent pour elles-mêmes d’être une révélation venue d’en haut. S’il en est vraiment ainsi, accueillir la vérité d’en-haut n’est pas de l’arrogance, mais de l’humilité, et la partager devient un devoir de solidarité.

    C’est ici qu’intervient une réflexion fondamentale de Benoît XVI, cité ici non pas tant comme autorité religieuse que comme l’un des plus grands penseurs de notre époque. La religion peut prêter le flanc à l’idéologie. Nous le savons : on déclenche des guerres et on pose des bombes au nom de Dieu. Pour éviter ce danger, dit le pape, la religion doit être passée au crible de la raison. Ce qui est authentiquement divin est conforme à la raison, car Dieu se révèle comme le Logos, la parole, la raison créatrice. C’est le sens de son discours à Ratisbonne (12-9-06).

    Un corollaire de ce premier malentendu : la raison ne doit pas exclure la possibilité de la vérité qui vient d’en haut. Ce serait irrationnel, car il est raisonnable de penser qu’il y a des vérités qui sont au-delà de la raison, tout en restant conformes à la raison. Et non seulement ce serait irrationnel, mais cette exclusion du fait religieux serait un nouveau foyer de violence. On connaît tant de régimes qui, au nom de leur athéisme, ont déclenché — et fomentent aujourd’hui — de terribles persécutions religieuses.

    Benoît XVI ajoute encore une troisième considération propre à la foi catholique : la foi, dit-il, n’est pas un simple package de vérités à croire, elle est une grâce, une force divine, une lumière surnaturelle, un pouvoir de guérison pour notre raison humaine, souvent si faible et limitée. La foi permet à la raison de redevenir pleinement elle-même, ce qui est un message porteur d’une énorme espérance.

    La foi sauve. Elle sauve aussi la raison. C’est le message exactement opposé à ce que pense une certaine laïcité, mais aussi une certaine frange d’hommes de science qui vont jusqu’à penser que la foi empoisonne la raison et qu’elle doit donc être bannie de l’espace public ou du travail académique.

    Enfin, il faut lever un dernier malentendu : proclamer et vivre une conviction religieuse, quelle qu’elle soit, tant qu’elle ne porte pas atteinte au bien commun, constitue une liberté fondamentale, le premier droit de l’homme, car l’aspiration la plus profonde de l’homme est précisément de pouvoir adhérer librement à la vérité, et en premier lieu à la vérité la plus haute. Et donc, comme Voltaire, il nous faut être disposés à donner notre vie pour que chacun puisse vivre sa conviction, même si nous ne la partageons pas, avec comme seule réserve qu’elle ne porte pas atteinte au bien d’autrui.

    Liberté et autonomie

    Ceci nous amène à ma deuxième réflexion, sur le statut de la liberté. On vient de parler de liberté religieuse et de vérité sur l’homme.

    Les grands débats bioéthiques sont par essence très liés au dialogue entre convictions. Or ce dialogue est pratiquement impossible aujourd’hui, par exemple sur les questions de l’euthanasie et de l’avortement.

    Benoît XVI, parlant au Bundestag, le 22-9-11, en évoquant l’écologie, a précisé : Je voudrais cependant aborder avec force un point qui aujourd’hui comme hier est — me semble-t-il — largement négligé : il existe aussi une écologie de l’homme. L’homme aussi possède une nature qu’il doit respecter et qu’il ne peut manipuler à volonté. L’homme n’est pas seulement une liberté qui se crée de soi. L’homme ne se crée pas lui-même. Il est esprit et volonté, mais il est aussi nature, et sa volonté est juste quand il respecte la nature, l’écoute et quand il s’accepte lui-même pour ce qu’il est, et qu’il accepte qu’il ne s’est pas créé de soi. C’est justement ainsi et seulement ainsi que se réalise la véritable liberté humaine.

    Si la liberté est comprise comme une sorte d’autonomie absolue, d’émancipation de la nature humaine pour réinventer l’homme, comme dans l’idéologie du gender, si cette émancipation permet d’ériger notre désir en norme du bien et du mal, il n’y a plus de nature commune entre les hommes, il n’y a plus de vérité ni de liberté, plus de bien commun. Il n’y a plus que des individualités qui s’affrontent, il n’y a plus de force de loi, mais la loi du plus fort.

    Le droit à la vie n’est pas le fruit du dialogue ou d’un consensus démocratique. Il en est le préalable, la condition sine qua non. Si on ne dit pas « Un homme, une vie », on ne peut pas dire « Un homme, une voix ».

    Amitié

    La dernière considération est peut-être banale, mais sans doute pas inutile.

    Une conviction n’est pas un simple donné intellectuel dont on peut débattre. Une conviction configure une personne : on ne peut comprendre un croyant en faisant abstraction de la foi qui l’habite. Le contraire est vrai aussi : on ne peut comprendre une conviction qu’à travers son fruit, c'est-à-dire la personne que cette conviction a forgée. De fait, le chrétien n’est pas en première instance l’homme qui a été conquis par la puissance intellectuelle d’un catéchisme, mais par la personne de Jésus-Christ.

    Nos convictions s’échangent et nous enrichissent mutuellement par le dialogue académique — comme dans ce colloque — mais aussi par des expériences communes, par le temps partagé ensemble, par le travail conjoint au service d’idéaux communs, par l’appréciation sincère de l’autre, par la bienveillance, en un mot par l’amitié. Les grandes amitiés peuvent déplacer des montagnes.

    C’est une chose que, personnellement, j’ai apprise du fondateur de l’Opus Dei, saint Josémaria. Dès la fin des années 1940, il a demandé au Saint-Siège de pouvoir admettre comme coopérateurs de l’institution des non-catholiques, des juifs, des musulmans, des bouddhistes, des athées, etc. Il a dû insister par trois fois pour obtenir cette permission, car c’était inédit dans l’Eglise. Saint Josémaria était persuadé qu’au-delà des convictions, on pouvait toujours travailler et vivre ensemble entre hommes et femmes de bonne volonté.

    Stéphane Seminckx est prêtre, docteur en médecine et en théologie.

  • Pourquoi distinguer éthique et morale ?

    IMPRIMER

    ETHIQUE OU MORALE : POURQUOI LES DISTINGUER ?

    Gènéthique vous informe

    Faut-il invoquer l’éthique ou la morale ? Si l’hésitation n’est pas nouvelle, la distinction revient en force chaque fois qu’il est question d’élargir le champ d’action de la science. Comme pour justifier certaines pratiques transgressives. François-Xavier Putallaz[1], professeur de Philosophie à l’université de Fribourg en Suisse, Membre de la Commission nationale d’éthique suisse, fait le point pour Gènéthique sur un procédé arbitraire. 

    Gènéthique : Certaines prises de position s’appuient sur une distinction entre l’éthique et la morale, pourquoi la morale est-elle jugée différente de l’éthique ?

    François-Xavier Putallaz : Aujourd’hui, la morale a mauvaise presse, alors que l'éthique est à la mode. Dans un cas comme dans l’autre, ce n'est pas une bonne nouvelle. En effet, c’est exactement la même discipline, seulement, le terme « morale » a une étymologie latine, alors que l’étymologie du mot « éthique » est grecque. Imaginez n’importe quel philosophe, tel Aristote et sa remarquable « Ethique à Nicomaque », à qui on proposerait la distinction arbitraire entre « morale » et « éthique » ; il en serait pour le moins étonné, et trouverait matière à rire de cette bizarrerie irrationnelle.

    Je croirais volontiers que la raison de telles distinctions relève d’un manque de cohérence : d’un côté, chacun se rend compte de l’urgence à trouver des normes indispensables pour réguler les techniques biomédicales : car la technique n’est pas autorégulatrice. D’un autre côté, on rechigne à accepter de telles normes, car leur exigence propre remettrait trop radicalement en question notre mode de vie. En clair, on aspire à une régulation pas trop régulatrice, à des normes pas trop normatives, à des exigences pas trop exigeantes. On trouve alors ce subterfuge, en rejetant les normes du côté de la morale, en privatisant cette dernière, et en émasculant l’éthique pour en faire une sorte de bien-pensance, un consensus autour du « plus petit dénominateur commun ».

    Le résultat, c’est que « l’éthique » a tendance à cautionner les mœurs et les techniques : elle est à la mode, à la solde des intérêts les plus puissants. Tandis que la « morale » se privatise, n’ayant aucun impact social. Ce sont deux faces d’une même idéologie, qui me semble erronée.

    Lire la suite

  • Troisième lunch débat 2017 de l'Union des étudiants catholiques à l'Ulg: la crise de l'Union Européenne et la chute de la République Romaine, par le Pr. David Engels le 15 juin à 18h00

    IMPRIMER

    La crise de l’Union européenne

     

    et la chute de la République romaine

    A l’Ulg, le jeudi 15 juin 2017 à 18h00 : troisième lunch débat du cycle organisé par l’Union des étudiants catholiques de Liège sur le thème : « L’Europe, ses fondements, aujourd’hui et demain »

    Après Mgr Delville, le 17 janvier ( « Le Christianisme médiéval, creuset de l’Europe ») et Madame Annie Laurent le 4 avril (« Immigration, identité et multiculturalité »), l’Union et le groupe éthique sociale accueillent ce jeudi 15 juin à 18h un nouveau conférencier à la Salle des Professeurs de l’Ulg. L’invité est cette fois le professeur David Engels, professeur ordinaire à l’université libre de Bruxelles et titulaire de la chaire d’histoire romaine. A travers une étude comparative de textes, il établit un parallèle troublant entre la crise de l’Union européenne et la chute de la République romaine  tardive (au 1er siècle avant J.-C).

    De la question de la citoyenneté, des frontières et des flux migratoires à celles de la morale, de religion, ou de l’art, cette époque antique qui débouche sur l’absolutisme de l’empire « universel » d’Auguste apparaît stupéfiante d’actualité et de modernité. Le livre que David Engels a publié sur ce sujet brûlant aux éditions du Toucan sous le titre "Le Déclin" est devenu un bestseller du genre:  il vient de faire l’objet d’une réédition. Des exemplaires de l’ouvrage seront mis à la disposition du public lors de la conférence. 

    La réunion a lieu le jeudi 15 juin 2017 de 18h00 à 20h30 à la Salle des professeurs dans le bâtiment du Rectorat de l’Université de Liège, Place du 20 Août, 7, 1er étage (accès par l’entrée principale). Horaire apéritif à 18h00 ; exposé suivi d’un lunch-débat : de 18h15 à 20h30. (P.A.F : 15 € par réunion buffet compris – 5 € pour les étudiants).

    Inscription obligatoire trois jours à l’avance par tel. 04.344.10.89 ou par  e-mail info@ethiquesociale.org ou via le site internet  www.ethiquesociale.org

    lunch_debat_juin2017.jpg 

    Union  des étudiants catholiques de Liège –Jean-Paul Schyns – Quai Churchill, 42/7 - 4020  Liège - Tél 04.344.10.89 – jpschyns@skynet.be

    Groupe de réflexion sur l’éthique sociale – Elio Finetti – Quai Orban, 34 – 4020 Liège – Tel. 0475 83 61 61 – finetti@ethiquesociale.org

    Calpurnia – Forum de conférences – Philippe Deitz – Rue Henri Maus, 92 – 4000 Liège – Tel. 04.253.25.15 – calpurnia.musee@gmail.com 

    JPSC

  • Le « pape noir » ne croit pas au diable

    IMPRIMER

    Lu sur le site « diakonos.be » 

    Arturo_Sosa_Lviv.jpg« Le Général des Jésuites vient de déclarer au journal El Mundo que Satan n'existait pas et qu'après avoir ouvert la porte au diaconat féminin, d'autres portes s'ouvriront pour une Eglise dotée d'une autre structure avec une hiérarchie différente grâce à la créativité féminine.

    "De mon point de vue, le mal fait partie de la liberté de l'homme. Si l'être humain est libre, il peut choisir entre le bien et le mal. (...) Nous avons créé des personnages symboliques comme le diable pour exprimer le mal. Ce sont aussi nos conditionnements sociaux qui représentent ce personnage."

    Il y a peu, il avait appelé à relativiser l'Evangile sous prétexte "qu'il n'y avait pas d'enregistreur à l'époque et que donc personne ne pouvait savoir ce que Jésus avait dit".

    Pourtant, saint Ignace avait longuement écrit sur le discernement des esprits et il qualifiait le Malin, Satan, d'ennemi de la nature humaine et lui reconnaissait une identité précise et une volonté de nuire. "Tel le capitaine d'une armée qui, après avoir planté sa tente de commandement et observé les positions ennemies ou l'emplacement d'un château, l'attaque par le point le plus faible, ainsi l'ennemi de la nature humaine nous encercle, examine toutes nos vertus théologales, cardinales et morales et nous attaque en cherchant à nous prendre par là où nous sommes le plus faible et en défaut par rapport à notre salut éternel."

    A l'Eglise du Gesù à Rome, au quartier général des Jésuites, on pratiquait jusqu'à il y a peu des exorcismes et des prières de libération et il est probable qu'on en pratique encore aujourd'hui."

    Sources: Marco Tosatti vaticaniste à La Stampa, El Mundo
    ...

    El único 'jefe' del Pap

    Ref. Le « patron » du pape ne croit pas au diable mais à une église féminine

    Foi de sociologue...

    JPSC

  • Lefébvristes: Rome, c’est encore loin ?

    IMPRIMER

    Sous peine de finir comme Port-Royal et les Jansénistes au XVIIIe siècle, la Fraternité Saint-Pie X  et les Lefébvristes conscients savent qu’ils doivent trouver l’accord avec Rome. Mais rien n’est simple : quarante ans de controverses les séparent. De Marie Malzac dans le journal « La Croix »:

    « Alors que la Fraternité Saint-Pie-X semble ne jamais avoir été aussi proche d’une réintégration dans le giron romain, les tensions en son sein entre partisans et adversaires du ralliement se font de plus en plus vives.

    Début avril, le pape François décidait de rendre publique la reconnaissance de la légitimité des mariages « de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité (Saint-Pie-X, NDLR) ». Ce geste, considéré comme un nouveau pas en direction d’un rapprochement, avait suscité des remous chez les lefebvristes.

    Ainsi, tandis qu’un accord entre Rome et les héritiers de Mgr Marcel Lefebvre, trente ans après son excommunication, semble à portée de main, le processus plonge la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) dans une importante crise entre les membres favorables à une réintégration dans le giron romain et ceux qui s’y opposent.

    À LIRE : Rome va reconnaître les mariages de la Fraternité Saint-Pie-X

    En réaction à la décision pontificale sur les mariages, plutôt bien accueillie par les responsables de la Fraternité, plusieurs prêtres du district de France ont rédigé et publié le 7 mai une lettre à l’intention des fidèles, exposant leurs doutes et critiquant la position de la Maison générale. Parmi eux, l’abbé Patrick de La Rocque, « curé » de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, emblématique église du centre de Paris occupée depuis 1977 par les traditionalistes.

    Un procédé « inacceptable » et « subversif »

    « Qu’il nous soit permis d’exprimer notre grand étonnement au sujet de cette décision romaine et de l’écho qu’elle a reçu, écrivent ces prêtres.La prélature personnelle que l’on fait miroiter à la FSSPX était censée nous reconnaître tels que nous sommes, et nous garder dans l’indépendance à l’endroit des ordinaires du lieu. Or les premières décisions prises consistent à soumettre injustement nos mariages à ces ordinaires, avant de conditionner demain l’ouverture de nos nouvelles Maisons à leur approbation. »

    À LIRE : Pour Rome, un accord en vue avec la Fraternité Saint-Pie-X

    Du côté de la hiérarchie lefebvriste, la réponse ne s’est pas fait attendre. Par un courrier daté du même jour, le supérieur du district de France, l’abbé Christian Bouchacourt, a dénoncé un procédé « inacceptable » parce que « subversif ». Trois jours plus tard, il a annoncé avoir relevé de ses fonctions l’abbé de La Roque ainsi que les doyens signataires du courrier incriminé.

    Une politique d’ouverture « minoritaire »

    Cette mise à l’écart s’inscrit dans le cadre plus général de divergences profondes au sein de la Fraternité. Ancien de la FSSPX revenu dans le giron romain, l’abbé Guillaume de Tanoüarn voit un intérêt personnel, pour le supérieur de la Fraternité, à conclure rapidement un accord. Le prélat suisse arrivera en 2018 au terme d’un deuxième mandat de douze ans, or « sa politique d’ouverture à Rome est minoritaire » au sein de la FSSPX, a-t-il indiqué à l’AFP. « Il n’est pas sûr d’être réélu. Si on lui érige une prélature, il sera prélat à vie. C’est une forme de coup d’État qui ne dit pas son nom. »

    La reconnaissance canonique actuellement discutée à Rome pourrait prendre la forme d’une « prélature personnelle », qui ferait dépendre la FSSPX directement du pape, hors du contrôle des évêques. Certains évoquent la date du 13 mai, jour des apparitions de Fatima, à laquelle les traditionalistes sont particulièrement attachés, pour qu’elle soit officiellement annoncée, mais aucun calendrier n’a pour le moment été précisé, ni par le Vatican, ni par la Fraternité. » 

    Ref. En France, la FSSPX relève de leurs fonctions les prêtres résistants au rapprochement avec Rome

    Le dialogue avec un pape peu regardant sur les questions doctrinales sera-t-il la chance paradoxale d’un mouvement qui leur accorde beaucoup d’importance ? Vous avez dit bizarre…

    JPSC

  • Emmanuel Macron, un Président télévangéliste

    IMPRIMER

    emmanuel macron.jpg

    De Samuel Pruvot avec Hugues Lefèvre et Pierre Jova sur le site de « Famille Chrétienne » :

    « Elu avec plus de 65% des voix Emmanuel Macron devient le plus jeune président de la Ve République. Retour sur l’ascension éclair d’une personnalité atypique qui doit encore tout prouver après sa victoire électorale sans appel.

    « Ce soir, c’est le monde qui regarde cette pyramide ! » La pyramide du Louvre évidemment. Du haut du podium érigé devant le Carrousel, on peut voir une marée de drapeaux tricolores qui ondule aux premières minutes de la victoire d’Emmanuel Macron. Certains verront la pyramide de François Mitterrand, d’autres la façade du musée français le plus prestigieux. Un moment de liesse pour les militants mais qui ne fait pas l’économie de la grande Histoire. Du temps long. Situé sur la rive droite de la Seine, le Louvre a été un lieu de pouvoir depuis le roi Charles V jusqu’au roi Louis XIV. Et il le redevient l’espace d’une nuit. Le nouveau Président promet justement d’ouvrir une « nouvelle page de notre longue histoire. »

    Dans son premier discours, Emmanuel Macron a voulu rassurer : « Je sais les divisions de notre nation, la colère, les doutes. Je veux les entendre. Je veux garantir l’unité de la nation. » Emmanuel Macron, comme étonné de sa propre victoire, semble vouloir se fondre dans une aventure plus grande que lui. « Nous sommes une grande histoire. Ce message il faut le transmettre à nos enfants. Je défendrai la France, ses intérêts vitaux, son image. C’est notre civilisation qui est en jeu. » Et surtout le jour d’après.

    La fin du cycle... et de la Ve République ?

    Pour Emmanuel Macron, ce fut une victoire au pas de charge. Il a traversé la présidentielle comme un jeune météore de 39 ans. De la basilique Saint-Denis où il faisait halte après sa déclaration de candidature jusqu’à la cathédrale de Rodez choisie pour clore sa campagne. Etrange géographie pour un candidat du « progressisme ». L’essayiste André Bercoff s’en étonne à moitié : « Emmanuel Macron est un télévangéliste. Il prétend incarner le camp du bien et lutter contre les forces du mal ! Il a un charisme de pasteur américain de province revu et corrigé à l’heure de facebook. Sa victoire coïncide avec la fin d’un cycle et peut être avec la fin de la Ve République... »

    Lire la suite

  • L’Egypte du pape François. Entre mythe et réalité

    IMPRIMER

    pape en egypte.jpg

    Lu sur le site « diakonos.be » :

    "Après le père Henri Boulad, c’est un autre jésuite et islamologue égyptien qui recadre en des mots politiquement incorrects la visite imminente du pape François en Egypte.  Il s’appelle Samir Khalil Samir, il a 79 ans et il enseigne à l’Institut Pontifical Oriental de Rome à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.

    Settimo Cielo avait publié un compte-rendu de l’interview du père Boulad à « L’Osservatore Romano » il y a une dizaine de jours:

    > « Islam, religion de l’épée ».  L’alarme d’un jésuite égyptien

    De son côté, l’entretien-fleuve que le père Samir à accordé à Giuseppe Rusconi a été publiée ce matin sur le blog italien Rossoporpora:

    > Papa in Egitto. Intervista al gesuita Samir Khalil Samir

    Sa lecture est indispensable pour bien comprendre ce qu’il y a derrière la visite du Pape François.

    Par exemple, voici ce que déclare le père Samir au sujet de l’université Al-Azhar qui est souvent portée aux nues:

    « Avant tout, elle n’a rien d’une université au sens occidental du terme puisque son rôle est de former des imams.  C’est en quelque sorte une grande faculté de théologie islamique.  L’aspect le plus problématique et le plus grave c’est qu’au cours du temps, le contenu de l’enseignement n’a pas changé: les livres sont toujours les manuels d’il y a sept cent ans ».

    Au sujet de la violence dans le Coran et de la nature musulmane de Daesh:

    « Tout ce que fait l’Etat Islamique se trouve dans le Coran ou la Sunna, c’est-à-dire le recueil des faits et gestes de la vie de Mahomet.  Je vous donne un exemple.  Quand Daesh a capturé un pilote jordanien, il l’a enfermé dans une cage et l’a brûlé vif.  Al-Azhar a réagi en affirmant que cet acte n’était pas islamique parce qu’il y a une citation de Mahomet qui affirme que le châtiment par le feu est réservé à Allah.  Malheureusement, il y a aussi une autre citation, du même Mahomet.  On s’approcha de lui avec deux hommes surpris en train d’entretenir une relation sexuelle entre eux.  Et il dit: « Brûlez-les et jetez leurs corps dans le désert ».  Cette diversité de citations possibles et contradictoires entre elles est une tragédie pour l’islam. »

    A propos des intentions du pape François et de sa connaissance de l’islam:

    « Son but est de tout faire pour se réconcilier publiquement avec le monde musulman.  Pour lui, toutes les religions sont des religion de paix et toutes les religions ont leurs fondamentalistes.  On peut également le déduire de certaines de ses déclarations à l’emporte-pièce.  Comme cette fois où, au retour d’un voyage apostolique en Pologne, il avait mis sur le même plan la violence des fondamentalistes musulmans avec celle de ceux qui, en Italie, pays catholique, tuent leur fiancée ou leur belle-mère.  Le fait est que le pape a connu l’islam à travers un brave imam de Buenos Aires.. ».

    *

    Un autre point sur lequel le père Samir insiste, c’est l’islamisation croissante, selon les canons imposés par l’Arabie Saoudite, non pas dans des franges extrémistes mais au sein de la population égyptienne dans son ensemble.

    Les données recueillies il y a deux ans par le Pew Research Center de Washington le confirme:

    Ce sondage mené dans de nombreux pays musulmans révèle en fait que l’Egypte est le pays le plus enclin au radicalisme.

    75% de la population égyptienne considère que la charia – c’est-à-dire la loi tirée du Coran et de la sunna – est la parole de Dieu révélée.

    74% souhaitent que la charia devienne la loi de l’Etat.

    75% voudraient que la charia s’applique non seulement aux musulmans mais également aux non-musulmans.

    95% voudraient que les conflits en matière de famille et de propriété soient tranchés par des juges religieux.

    70% sont en faveur de châtiments corporels pour punir des crimes comme le vol.

    81% sont en faveur de la lapidation de celui qui se rend coupable d’adultère.

    86% sont favorables à la peine de mort pour ceux qui abandonnent l’islam."

    Ref. L’Egypte du pape François. Entre mythe et réalité

    Voir aussi, sur le site « Benoît et moi »,  la traduction française de  l’interview du Père Samir publiée en italien sur blog « rossoporporato » :  LE PAPE EN ÉGYPTE: ENTRETIEN AVEC LE JÉSUITE SAMIR KHALIL SAMIR  

    JPSC

  • Les 90 ans de Benoît XVI : le philosophe Rémi Brague rend hommage au théologien Benoît XVI

    IMPRIMER

    De Radio Vatican :

    Le philosophe Rémi Brague rend hommage au théologien Benoît XVI

     

    (RV) Entretien - Le Pape émérite Benoît XVI fête ses 90 ans, ce dimanche 16 avril 2017, jour de Pâques. Du monde entier, lettres et cadeaux affluent vers le monastère « Mater Ecclesiae », ce couvent niché au cœur des jardins du Vatican, où Benoît XVI vit depuis sa renonciation au trône de Pierre, en 2013. Le Pape François lui a rendu visite, ce mercredi 12 avril 2017. Comme chaque année, le Saint-Père est venu présenter au Pape émérite ses voeux pour Pâques, et il lui a également souhaité un heureux anniversaire.

    De nombreux ouvrages ont été publiés à l’occasion de cet anniversaire : biographies fouillées, analyses, ou hommages appuyés à l’homme, au Pape, mais aussi au théologien. La théologie, c’est en effet le fil-rouge de la vie de Josef  Ratzinger, lui qui fut universitaire et professeur au sein de prestigieuses facultés allemandes, expert au Concile Vatican II, où il se fit remarquer par la clarté de sa pensée,  puis préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi pendant 24 ans, avant d'être le 265e Successeur de Pierre, de 2005 à 2013, soit huit années d’un pontificat fécond en encycliques, discours et textes de références.

    La théologie, c’est aussi l’un des traits essentiels de la personnalité de cet intellectuel brillant mais discret, homme de contemplation qui est cependant toujours resté  attentif au monde et à ses questionnements. Le philosophe français Rémi Brague, lauréat du Prix Ratzinger en 2012, revient avec Manuella Affejee, sur les points centraux de la théologie de Benoît XVI. Il s’attarde notamment sur l’importance du dialogue possible et nécessaire entre foi et raison, sur cette quête de la vérité, cette recherche du bon et du bien, si caractéristiques de cette théologie ratzingérienne tournée vers Dieu et au service de l’homme. 

    C’est une chose dont nous souffrons, c’est une épidémie qui se répand en Occident, ce raz-de-marée, ce tsunami affectif qui fait qu’on a de plus en plus de mal à proposer des arguments, lesquels sont remplacés le plus souvent par l’exhibition  de ses sentiments, surtout lorsque ces sentiments sont tristes. Bon, celui qui souffre vraiment mérite effectivement toute notre compassion, mais cela n’autorise pas à dire n’importe quoi. Il faut que je puisse transformer mon impression en  quelque chose que je vais pouvoir communiquer vraiment, mais pas seulement faire ressentir dans la compassion, dans une empathie d’ailleurs souvent illusoire… Il va falloir exprimer ce que je pense et pas seulement ce que je sens. Et de ce point de vue-là, le Pape émérite était passé virtuose. Il est parfaitement capable de rendre une impression qu’il repère dans l’opinion contemporaine et de la transformer en quelque chose avec quoi on peut argumenter. Et de ce point de vue-là, je crois que ses interventions étaient un très grand bienfait, parce qu’elles nous ramenaient à la sobriété, à une vision dégrisée des choses, et précisément parce qu’elle est dégrisée, on pouvait la transmettre.

    Un autre point saillant de la théologie ratzingérienne, et du pasteur Benoît XVI, c’est cette quête et cet amour de la Vérité. Comment résumeriez-vous cette quête, et selon vous, de quelle manière l’a –t-il imprimée à son pontificat ?

    La Vérité doit être réaffirmée comme ce en quoi il faut nous mettre en quête, à une époque où, justement, la Vérité devient elle-même, pour reprendre un titre célèbre, suspecte. On entend des gens dire : « bon, la vérité c’est bien joli, mais vous voulez m’asséner votre vérité, j’ai ma vérité à moi que je préfère à la vôtre et je ne vois pas pourquoi la vôtre serait meilleure que la mienne ». C’est un renoncement à l’idée même de Vérité ! S’il existe une Vérité que nous devons non seulement rechercher mais aimer, et bien c’est cette Vérité qui va nous dire à nous-mêmes ce que nous sommes, qui va nous éclairer sur ce que nous sommes…Ce qui n’est pas toujours très agréable ! Alors je crois qu’il faut faire très attention lorsque l’on prétend se passer de l’idée de Vérité ou la relativiser, et se demander ce que l’on cherche vraiment. Est-ce que l’on cherche vraiment davantage de liberté ? Ou au contraire, est-ce qu’on ne cherche pas à se débarrasser d’une instance désagréable parce qu’elle nous jugerait ?  Je crois que c’est cet examen de conscience essentiel auquel il faut se livrer à laquelle l’œuvre entière du Pape émérite nous invite.

    Parlant de son prédécesseur, le Pape François a dit que Benoît XVI était l’exemple même du « théologien à genoux ». Qu’est-ce que cette expression évoque pour vous?

    D’une certaine manière, une tautologie ! On se représente un peu trop souvent le théologien debout, faisant une conférence. On se le représente parfois assis, comme le professeur qui enseigne avec autorité, du haut de sa chaire.  Mais ce qui est beaucoup plus intéressant, c’est le prie-Dieu ! C’est ce qui assure que l’on ne parle pas de soi-même. Si on se prêche soi-même, la parole vaudra exactement ce que vaudra la petite personne qui y sera assise. Si en revanche, le théologien est avant tout quelqu’un qui cherche le contact avec Dieu, quelqu’un qui cherche à se soumettre à Dieu, alors son discours aura une toute autre tonalité. Alors, pourquoi cela doit se faire à genoux ? Et bien ce n’est pas le rapport de l’esclave prosterné devant son maitre, c’est l’attitude de l’hommage de celui qui a compris la parole du Christ : « Je ne vous appelle plus serviteur mais amis (Jn 15,15). Le théologien à genoux, c’est celui qui exprime justement cette amitié avec un Dieu qui a bien voulu condescendre à nous prendre comme amis et qui essaie d’exprimer avec ses pauvres mots humains ce dont il s’agit.

    Est-ce qu’il vous vient en tête un texte, ou une homélie, ou un livre de Benoît XVI-Ratzinger qui vous marque particulièrement et qui vous inspire ?

    Et bien j’ai été marqué par le discours qu’il a prononcé aux Bernardins (ndlr : rencontre avec le monde de la culture au Collège des Bernardins, 12 septembre 2008), qui parlait de « Quaerere Deum », de « chercher Dieu », qui expliquait que la culture n’était pas une fin en soi, que ce n’était pas une manière de se faire plaisir à soi-même, mais une manière de chercher le Bien, de chercher le Vrai, de chercher le Beau, qui est la splendeur du Vrai. Tout cela, j’ai essayé de m’en inspirer. 

    (HD-MA)

  • La posture adoptée par nos évêques à l'égard de Stéphane Mercier est-elle acceptable ?

    IMPRIMER

    Par Arnaud Dumouch, 9 avril 2017

    Est-il vrai que les évêques francophones de Belgique ne sont pas concernés par la défense du professeur Stéphane Mercier, parce que son cours définissant l’enfant comme une personne et l’avortement comme un homicide était philosophique (et non théologique) ? C’est l’argument principal développé par Monseigneur Harpigny et Monseigneur Delville pour se déclarer incompétents.

    Réponse :

    Il s’avère que l’argument épiscopal est très discutable. En effet, il existe en théologie catholique deux « préambules de la foi - preambula fidei », c’est-à-dire deux propositions philosophiques que, de manière dogmatique, la foi catholique déclare accessible à la raison seule (donc à la philosophie). Il s’agit de l’existence de Dieu et de l’existence de l’âme humaine immortelle.

    1° L’existence de Dieu : Cette première proposition est presque complètement oubliée des formations théologiques et m’a valu, très récemment, d’être qualifié de « créationniste » par une inspectrice en religion (Madame Myriam Gesché) avant qu’elle ne prenne conscience que le « déisme philosophique » n’a rien à voir avec le « créationnisme évangélique », qu’il est encouragé par le Concile Vatican II (Dei Verbum 2), car défini solennellement par le Concile Vatican I :« La même sainte Mère Église tient et enseigne que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu par les lumières naturelles de la raison humaine, au moyen des choses créées (Rom. 1, 20) ; "car les choses invisibles de Dieu sont aperçues au moyen de la création du monde et comprises à l'aide des choses créées. » Mais force est de constater, à la décharge de Madame Gesché, que la plupart des formations théologiques actuelles sont marquées d’une erreur théologique appelé « fidéisme » et dont on trouvera le remède ici : Sagesse 7 ─ L'origine du premier vivant. Epistémologie du Dessein intelligent (60 mn). http://youtu.be/EwI1jHJrBrs

    2° L’existence de l’âme spirituelle, créée par Dieu au moment de la conception : Mais c’est ce second préambule de la foi qui nous intéresse ici. Le voici, enseigné par le catéchisme de l’Eglise Catholique au n° 33 : « L’homme : avec son ouverture à la vérité et à la beauté, son sens du bien moral, sa liberté et la voix de sa conscience, son aspiration à l’infini et au bonheur, l’homme s’interroge sur l’existence de Dieu. A travers tout cela il perçoit des signes de son âme spirituelle, germe d’éternité qu’il porte en lui-même, irréductible à la seule matière (GS 18, § 1 ; cf. 14, § 2), son âme ne peut avoir son origine qu’en Dieu seul. »

    Mais le Magistère va plus loin. L’accès de la raison philosophique à l’existence de l’âme spirituelle des enfants a été rappelé le 25 mars 1995 par saint Jean-Paul II dans Evangelium Vitae 60 : « A cette évidence de toujours (l’âme des enfants), la science génétique moderne apporte de précieuses confirmations. Elle a montré que dès le premier instant se trouve fixé le programme de ce que sera ce vivant : une personne, cette personne individuelle avec ses notes caractéristiques déjà bien déterminées. Dès la fécondation, est commencée l'aventure d'une vie humaine. Même si la présence d'une âme spirituelle ne peut être prouvée par aucun moyen expérimental, les conclusions de la science sur l'embryon humain fournissent « une indication précieuse pour discerner rationnellement une présence personnelle dès cette première apparition d'une vie humaine : comment un individu humain ne serait-il pas une personne humaine ? ».

    Un peu d’humour

    Permettez-moi de rêver un peu et avec humour : Imaginons que, demain, par un retournement venant de la grâce, nos évêques reconsidèrent leur vocation et s’établissent de nouveau dans une de leur fonction, celle de protecteurs de la foi catholique. Il se passera deux choses :

    D’abord, ils rappelleront à l’UCL, en tant que Pouvoir Organisateur, que des arguments philosophiques faisant parti des « préambules de la foi » méritent d’être débattus en cours de philosophie, car des futurs ingénieurs de 18 ans ne sont pas des enfants de 6° primaire et savent débattre.

    Ensuite, et parce que la théologie et la pastorale sont leur ministère propre, un décret épiscopal viendra licencier sans préavis ni indemnité (c’est une habitude semble-t-il dans l’Eglise de Belgique, dans sa pressente attention aux personnes) la direction de l’UCL pour sa déclaration publique par la voix de Tania Van Hemelryck, conseillère du recteur « pour la politique du genre » (sic), engageant l’Université Catholique de Louvain en faveur de l’avortement.

    Monseigneur Delville pourra ainsi commenter dimanche prochain à la RTBF, quand lui sera montré la photo de ces nouvelles personnes au chômage : « Pas contentes ! ». Il est certain que ce trait d’humour de Monseigneur les fera beaucoup rire, comme il a dû faire rire Stéphane Mercier (attention aux personnes oblige).