Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Idées

  • Quand les idéologies nouvelles menacent les fondements de la famille

    IMPRIMER

    De zenit.org (Hélène Ginabat) :

    ONU: le fondement de la famille menacé par les nouvelles idéologies, par Mgr Jurkovic (traduction complète)

    Encourager la solidarité au sein de la famille

    Mgr Jurkovic a averti que la base anthropologique de la famille, « sa constitution fondée sur l’engagement mutuel “libre et complet” d’un homme et d’une femme, sa dynamique intergénérationnelle et sa finalité de générer, nourrir et chérir la vie » sont menacées « voire carrément refusée » par des idéologies nouvelles.

    Mgr Ivan Jurkovič, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et d’autres organisations internationales à Genève (Suisse), est intervenu lors d’un séminaire d’une journée sur « le rôle de la famille dans la protection et la promotion des droits de l’homme des personnes âgées ».

    Il a pris la parole sur le thème : « Vers une plus grande protection de la famille et des droits de l’homme des personnes âgées », à Genève, le 11 juin 2018 (panel 4).

    Le représentant du Saint-Siège a fait valoir que la famille est « une communauté de personnes », « la cellule fondamentale de la société, où le principe de la solidarité est vécu au quotidien. Par conséquent, afin de défendre les droits humains des individus, la propre identité de la famille doit, de la même manière, être protégée ».

    Voici notre traduction de la déclaration de Mgr Jurkovič, faite en anglais.

    HG

    Déclaration de Mgr Ivan Jurkovič

    Monsieur le Président,

    Comme l’indique la Déclaration politique de Madrid, nous devons « renforcer la solidarité entre les générations […] en encourageant des relations mutuellement réceptives entre » les personnes âgées et les plus jeunes (1). C’est le rôle unique et irremplaçable de la famille, où se vit « l’amour de tous ses membres – des tout-petits aux aînés » (2).

    Ce que les personnes âgées peuvent donner et recevoir de l’environnement familial est au cœur de la vie d’une société florissante où les droits de l’homme sont précieux. De plus, en tant qu’unité naturelle et fondamentale de la société, la famille a droit à la protection de la société et de l’État (3).

    Trop souvent, cependant, nous voyons que la base même anthropologique de la famille, sa constitution fondée sur l’engagement mutuel « libre et complet » (4) d’un homme et d’une femme, sa dynamique intergénérationnelle et sa finalité de générer, nourrir et chérir la vie, sont constamment menacées, voire même carrément refusées.

    Sans aucune évidence dans la nature ou dans l’histoire, malgré les différences de vie familiale en raison de chaque contexte social, les idéologies nouvelles promeuvent une idée de la famille fondée sur l’hypothèse que la famille ne repose pas sur la raison humaine et l’amour, « comme une forme de simple satisfaction émotionnelle qui peut être construite de n’importe quelle manière ou modifiée à volonté » (5)

    Pourtant, une société basée uniquement sur les besoins se transformera inévitablement en une société égoïste, qui n’est certainement pas l’environnement où la vie est accueillie et protégée, surtout quand elle est faible et a besoin d’aide, comme à un âge avancé.

    Monsieur le Président,

    Le Saint-Siège considère la famille comme une communauté de personnes, comme la cellule fondamentale de la société, où le principe de la solidarité est vécu au quotidien. Par conséquent, afin de défendre les droits humains des individus, la propre identité de la famille doit, de la même manière, être protégée.

    La famille, après tout, est, à bien des égards, la première école sur la manière d’être humain et le centre et le cœur d’une « civilisation de l’amour » (6).

    Merci, Monsieur le Président.

    ***

    NOTES

    1. Deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement, Madrid, Espagne, 8-12 avril 2002, Déclaration politique, article 16.
    2. Pape François, Lettre encyclique, Amoris Laetitia, n. 88
    3. Cf. Déclaration universelle des droits de l’homme, Art. 16,3.
    4. Déclaration universelle des droits de l’homme, Art. 16,2.
    5. Pape François, Lettre encyclique, Evangelii Gaudium, n. 66.
    6. Pape Paul VI, Message pour la Journée mondiale de la Paix, 1er janvier 1977.
  • Bruxelles, 19 juin : L'école de saint Thomas à travers les siècles; un cours de philo avec Stéphane Mercier

    IMPRIMER

    7tcw9tagive.jpg

    La pensée de saint Thomas s’est retrouvée au cœur de débats importants qui ont vu naître le droit international (Bartolomé de las Casas et la controverse de Valladolid) ou ont servi à creuser le mystère des rapports entre la liberté humaine et la grâce divine (Cajetan contre Luther, ou plus tard les affrontements entre Jésuites et Dominicains à l’âge baroque). Aujourd’hui encore, ils contribuent à éclairer les débats éthiques et permettent d’ancrer solidement la pensée dans le réel face aux tentations idéalistes toujours promptes à refaire surface. À travers les siècles et mille défis à relever, la philosophie thomiste a montré à la fois sa vigueur et sa capacité à proposer des réponses aux questions que ne cesse de se poser l’homme sur lui-même, sur le monde qui l’entoure et sur Dieu.

    Conférence : mardi 19 juin à 19h30.

    INSCRIPTION

    Adresse

    Maison du Roy d’Espagne
    Grand-Place 1, 1000 Bruxelles
    salle à l'étage

  • Le christianisme n’est pas un humanisme

    IMPRIMER

    Entretien de Gérard Leclerc avec Laurent Fourquet publié sur le site « France Catholique »:

    Le-christianisme-n-est-pas-un-humanisme.jpg« Il y a deux semaines, les trois quarts des professeurs – soutenus par de nombreux parents – du collège Sainte-Marie à Meaux se sont mis en grève durant une heure et ont fait signer une pétition de défiance parce que figurait parmi les candidats à la direction de cette école catholique, pour l’année prochaine, une personne parfaitement compétente mais membre de l’Opus Dei, ce qui à leurs yeux contrevenait aux «  valeurs humanistes  » de l’établissement (cf. Le Parisien, 4 juin 2018). Il faudrait leur faire lire Laurent Fourquet…

    Votre titre à lui-seul constitue une provocation. Pensez-vous qu’elle est vraiment nécessaire et même urgente ?

    Laurent Fourquet : Le fait même de percevoir mon titre comme une «  provocation  » témoigne du caractère hégémonique de l’humanisme dans la société occidentale, faisant de celui-ci l’une de nos ultimes vaches sacrées. Or, comme je tente de le démontrer dans mon ouvrage, l’humanisme procède d’une logique profonde qui, non seulement est différente de celle du christianisme, mais qui est à l’opposé de la parole chrétienne. Là où celle-ci valorise le don pur, libre et gratuit, l’humanisme, au contraire, est l’idéologie d’une appropriation généralisée du monde, et des choses au sein de ce monde, par le savoir qui les détermine, pour les classer et les ordonner au service d’une utilisation technique et/ou économique. L’humanisme constitue ainsi l’une des formes les plus systématiques de la volonté de puissance dont on sait, dès le récit de la Genèse, comment elle contrevient au verbe de Dieu.
    Dès lors, toutes les tentatives, naïves ou intéressées, pour «  sauver  » le christianisme en faisant de celui-ci une anticipation de l’humanisme, ou une forme spiritualisée de celui-ci, aboutissent au résultat contraire de celui souhaité par leurs promoteurs : non seulement parce qu’il n’est au pouvoir de personne de rendre un cercle carré, mais surtout parce que, en l’espèce, ce cercle et ce carré s’apparentent surtout à l’eau et le feu : deux principes qui s’excluent. Dès lors, toutes les tentatives de «  conciliation  », de limage des aspérités du christianisme pour ramener celui-ci à une simple sagesse humaniste vaguement spiritualisée ne seront jamais assez : il faut que le christianisme aille toujours plus loin dans la dénégation de soi et la soumission à une logique qui lui est étrangère ; il faut qu’il meure pour être accepté.

    Voilà pourquoi il y a urgence à dénoncer de telles tentatives et une urgence de plus en plus urgente : c’est l’essence même de notre foi qui est en cause, et la possibilité d’entendre encore, en tout cas en Occident, une parole qui mette en cause l’appropriation nihiliste du monde, qui constitue le grand mouvement de notre époque.

    Lire la suite

  • Thibaud Collin :"Non à l'agenda de l'individualisme libéral !"

    IMPRIMER

    Vu sur le blog "salon beige":

    JPSC

  • Les fruits pourris de mai 68

    IMPRIMER

    Du Frère Clément-Marie (Famille missionnaire de Notre-Dame), lors du Grand rassemblement annuel des jeunes amis de Notre-Dame des Neiges à Saint-Pierre-de-Colombier (Pentecôte 2018) :

    Il est interdit d’interdire ? Raisons et conséquences de la crise de 1968

    Introduction

    Nous avons dans nos têtes et dans nos mémoires les images de 1968 que nous avons pu voir dans nos livres d’histoire, où des jeunes aux cheveux abondants jettent des pavés sur les forces de l’ordre… Cet événement social, particulièrement marqué en France, n’est pas arrivé par hasard.

    Cinquante ans après, il nous revient, avec le recul, de nous interroger sur la fécondité de ce mouvement. Quelles en sont les raisons ? Quelles en sont les conséquences ? Dans quelle mesure l’Église en a-t-elle été affectée ? Ces trois question pourraient chacune être l’objet d’un livre… Mais dans les quelques minutes que nous avons, nous allons essayer de les prendre pour plan, et de leur donner une réponse très succincte.

    I.   Les raisons

    Pour comprendre l’esprit qui a animé ce mouvement, on peut regarder les slogans qu’il a revendiqués, ou utilisés. Deux en particulier peuvent retenir notre attention : le premier est le suivant : « il est interdit d’interdire ». Dans son énoncé même il est évidemment contradictoire et révèle la contradiction intrinsèque à ce mouvement. « Il est interdit d’interdire » révèle un rapport erroné à la loi et à l’autorité. Plus que cela : c’est une revendication d’autonomie (au sens étymologique du terme : être à soi-même sa propre loi). C’est donc un refus de tout ce qui se situe au-dessus de l’homme, de tout ce qui pourrait contraindre son autonomie. Poussé à son terme, nous arrivons ainsi à un second slogan utilisé, reprenant le titre d’une chanson : « Ni Dieu ni maître ». On peut même en trouver une version plus développée : « Ni maître ni Dieu. Dieu, c’est moi. » Cette expression est encore révélatrice en ce sens qu’elle est, elle aussi, contradictoire. Mais de plus, elle permet de remonter à sa plus ancienne utilisation : « Vous serez comme des dieux » (Gn 3, 5). Nous reconnaissons le serpent de la Genèse, qui invite l’homme à se débarrasser des interdits, des commandements de Dieu ; autrement dit des limites de la créature, pour devenir autonome.

    C’est donc toute une conception de l’homme et de la vie qui est sous-jacente à ce mouvement de 68. Où prend-il sa source ? Dans le père du mensonge, présent dans le jardin de la Genèse, nous l’avons vu. Mais à l’époque moderne, un mouvement avait déjà été amorcé pour s’émanciper de Dieu : il s’agit des Lumières. En soi, tout n’est pas négatif dans cette pensée des Lumières. Et à plusieurs égards, certains idéaux de ces philosophes sont compatibles avec le christianisme, auquel ils ont puisé en réalité. Mais, selon l’expression de Mgr de Moulins Beaufort, leur « souci premier était de se passer de toute lumière venant d’en haut. »[1]Anticipons un peu, puisque nous faisons le parallèle entre l’époque des lumières et la crise de 1968, en citant un texte saisissant de Joseph Ratzinger soulignant les points de ressemblance entre ces deux époques, dans l’Église : « Les tensions que nous vivons ne sont que la reprise d’un processus depuis longtemps entamé. L’analogie est donc à trouver avec la situation de l’Église et de la théologie au temps de l’Aufklärung. À y regarder de plus près, on ne peut qu’être étonné devant l’extraordinaire similitude entre cette époque et la nôtre. » Il évoque ensuite un célèbre vicaire général de Constance de ce temps, Wessenberg : « À lire ses œuvres on croirait avoir affaire à un progressiste de 1969 : on y réclame la suppression du célibat, les sacrements seront formulés en allemand, les mariages mixtes bénis sans qu’il y ait engagement au sujet de l’éducation religieuse des enfants. »[2]

    Lire la suite

  • Quand Eric de Beukelaer tacle le philosophe (UCL) Jean Leclercq

    IMPRIMER

    On le savait déjà, l'UCL n'est plus catholique que de nom. Une de ses éminences, interrogée sur les ondes de la RTBF trop heureuse de lui offrir une tribune médiatique, s'est faite l'apôtre d'un libre-examinisme rejetant toute croyance religieuse. A un Stéphane Mercier qui a été exclu en raison de la claire affirmation de ses positions éthiques strictement catholiques, la dite université "catholique" préfère très certainement un Jean Leclercq qui prêche le rejet de toute conviction religieuse. Bravement, le chanoine de Beukelaer monte au créneau.

    Lu sur le blog du chanoine Eric de Beukelaer :

    Pas de libre-examen pour les croyants…

    Qu’un professeur en philosophie de l’UCL (Université Catholique de Louvain) déclare ce jour sur les ondes de la radio publique RTBF Première, dans l’émission « Et Dieu dans tout ça », que le libre-examen (dans le sens du bon usage de la raison qui « fait advenir la vérité ») n’est pas à proprement parler accessible aux croyants, voilà qui a le mérité de la franchise et de la clarté.  Je le cite: « On ne peut pas faire coexister le libre-examen et la croyance religieuse, parce que le deux termes relèvent de la pure contradiction (…) Le libre-examen c’est un affranchissement, c’est une libération, c’est une élucidation. Et je crois donc qu’il demande de se libérer des modes de la croyance religieuse ». 
    Evidemment, étant croyant, je ne suis pas pleinement légitime pour lui répondre, vu que qu’il jugera que mon esprit est voilé par un certain a-priori dogmatique. 
    Et que moi, de mon côté, je pense que son esprit est voilé par un certain parcours de vie.
     
    Je me contente donc de tirer ici trois conclusions d’une prise au sérieux de ce qu’il énonce : 
    1. Cela signifie que son université de tradition catholique, a longtemps été une forme d’imposture, du moins à chaque fois que la croyance chrétienne irriguait le savoir qu’elle prodiguait. 
    2. Cela signifie que Gandhi, Martin Luther King, Mandela et l’abbé Pierre, tous croyants, n’usaient pas totalement lucidement de leur raison.
    3. Cela signifie qu’un croyant est potentiellement moins bon démocrate qu’un non-croyant, la démocratie se fondant sur l’usage de la raison. Et qu’il est donc dans l’intérêt de la démocratie d’empêcher la croyance de s’étendre, au nom du bien commun. Le libre-examinisme non-religieux est, dès lors, appelé à devenir la nouvelle fondation philosophique du contrat social. Bref,… la nouvelle religion d’état.
     
    Qu’il existe un libre-examinisme propre aux personnes qui ne sont pas croyantes, je serai le dernier à le contester. 
    Déclarer, cependant, que seul celui qui n’est pas croyant, est capable d’un libre examen de la réalité, me semble une affirmation fort peu… libre-exaministe.   
  • Le philosophe Denis Moreau : "j'assume une foi intéressée"

    IMPRIMER

    Lu sur La Libre Belgique du 2 juin (p. 50-51) :

    “Il faut des catholiques de droite et de gauche”

    Le philosophe Denis Moreau :

    « Si je suis catholique, précisément, c’est parce que cela m’aide à bien vivre. Je le reconnais : je défends l’idée d’une religion intéressée, sans négliger non plus la question des “fins dernières”. Si je suis catholique, c’est aussi pour gagner la vie éternelle, et jouir du bonheur promis au Paradis. J’assume cette foi intéressée.  Si je suis chrétien, c’est parce que je suis convaincu que c’est bon pour moi, que cela m’aide à mieux vivre, et à affronter certains problèmes de l’existence. » … « Il y a une tradition de progrès social de la gauche, la défense des opprimés notamment, des plus faibles. Et, sur ces sujets, le catholicisme a aussi des choses à dire. Il faut pouvoir s’intéresser aux pauvres ; les inégalités sont insupportables. Le pape François répète cela en boucle… Le catholicisme doit irriguer toute la société, donc il est souhaitable qu’il y ait des catholiques de droite et des catholiques de gauche. Mais je trouve un peu dommage que le catholicisme de gauche ait quasiment disparu. Alors certes, la gauche française est en perte de repères, mais le catholicisme pourrait sans doute lui apporter quelque chose. D’ailleurs, il est souhaitable que les croyants s’engagent en politique pour participer à la vie du monde dans lequel ils évoluent. Et il me semble que cet engagement doit se faire différemment de la manière dont on le concevait dans les années 1950-1970 : on parlait alors du modèle de “l’enfouissement” du “levain dans la pâte”(les chrétiens devaient agir sans se signaler comme chrétiens, de manière discrète). » 

    Pour lire l'article in extenso : page 50page 51

  • Les Lumières portent en elles les germes de la Terreur et du totalitarisme

    IMPRIMER

    De Guillaume Desvignes sur aleteia.org :

    Bertrand Vergely : « Les Lumières nous rendent tranquillement sadiques » 

    Dans son dernier essai, le philosophe — professeur en classe préparatoire et à l’Institut Saint-Serge — entreprend de révéler les ressorts profonds des Lumières et d’en décortiquer l’héritage. Loin de libérer l’homme, pense-t-il, elles l’ont amputé d’une part essentielle de son identité et portent en elles les germes de la Terreur et du totalitarisme. Entretien avec un penseur orthodoxe… iconoclaste. 

    Aleteia : Le point de départ de votre réflexion porte sur la substitution par les « Lumières » du concept d’origine par celui de commencement. Quelle est la nuance ?

    Bertrand Vergely : L’origine n’est pas temporelle : elle est métaphysique. Certes, nous sommes ce que nous sommes parce que nous avons un commencement temporel : lorsque nos parents se sont unis, puis quand nos mères nous ont mis au monde. Mais nous venons d’ailleurs. Nous venons de la Vie, de la Création, de l’Absolu : telle est notre origine. Jusqu’à l’abolition de la monarchie en 1792, on considérait que la naissance du Christ permettait la datation de l’humanité, car elle rappelait qu’elle peut être sauvée. Mais avec la Révolution française, le salut n’est plus le Christ : c’est le droit. La politique va sauver l’humanité, et non plus la religion.

    Pourtant, dites-vous, 1792 marque l’avènement d’une nouvelle religion…

    On assiste en effet à une captation de l’origine. Les « Lumières » se proposent d’en finir avec la religion, mais c’est en fait la matrice d’une nouvelle religion qui va déboucher sur le positivisme au XIXe siècle et les mouvements révolutionnaires du XXe siècle, du communisme au nihilisme en passant par l’anarchisme. Pour imposer cette nouvelle religion, les révolutionnaires établissent un nouveau calendrier, font de 1792 l’an I de l’humanité et liquident tous les symboles qui renvoient au passé, en particulier les nobles et les prêtres. Plus tard, Staline, Mao ou Pol Pot procéderont de même en éradiquant toute trace du passé par le génocide.

    Lire la suite de cet entretien sur aleteia.org

  • Après le référendum irlandais, inventer une nouvelle culture de la vie

    IMPRIMER

    De Gérard Leclerc sur le site « France catholique » :

    « Est-il possible de tirer des leçons raisonnables à la suite du référendum qui vient d’approuver en Irlande, à une majorité des deux tiers, la fin de l’interdiction de l’avortement ? Face à un tel raz-de-marée, les défenseurs de la vie risquent de sombrer dans le découragement. Et cela d’autant plus que les mécanismes qui ont entraîné un vote aussi massif semblent, à vue humaine, irrépressibles. Comment résister à une tendance qui a déjà emporté toute l’Europe, conquis la plupart des moyens d’information avec des arguments qui portent, eu égard à leur charge affective très forte ? Toute la presse a également mentionné la baisse d’influence de l’Église dans ce pays de longue tradition catholique, à la suite d’une série de scandales, notamment en matière de pédophilie. On se souvient encore de la lettre adressée par Benoît XVI aux fidèles irlandais plongés, disait-il, dans la plus sombre des situations.

    Il est incontestable aussi que, depuis les années soixante, une révolution s’est produite dans les mentalités, qui ne s’explique pas seulement par l’effondrement de la pratique religieuse. C’est la morale commune qui s’est trouvée dévalorisée, jusqu’à la déconstruction de la conscience éthique de la personne. Ce qui était, autrefois, objet d’interdit a été décrété archaïque, non seulement par les courants les plus extrêmes du gauchisme culturel mais aussi par des courants libéraux libertaires qui ont autorisé toutes les transgressions. Et nous savons que cela continue aujourd’hui, avec l’instrumentalisation technique de la reproduction et la justification du suicide assisté, avec des provocations qui vont jusqu’à l’obscénité. On l’a vu récemment en Suisse.

    Les défenseurs de la vie sont donc face à un formidable défi. Ils n’ont aucune chance de gagner sur le terrain législatif, dès lors qu’ils ont perdu l’opinion. Or, toute évolution ne peut s’opérer que par la sensibilisation de l’opinion, qui, aujourd’hui, ne ressent que certains dommages, d’ailleurs non contestables, de l’interdiction de l’avortement. En France, au moment de l’élaboration de la loi Veil et de la bataille d’opinion qui l’avait précédée et accompagnée, nous avions déjà connu cette objection massive de la souffrance des femmes, des drames causés par la clandestinité des pratiques abortives. À l’époque, ces arguments avaient tout emporté, les défenseurs de la vie apparaissant comme des esprits rigides, bardés de principes cruels. Par la suite, les choses se sont aggravées, puisqu’on est passé d’une loi de tolérance et de compassion à un impératif rigoureux. L’exception est devenue la règle et l’opposition dénoncée comme attentatoire aux droits des femmes. C’est au point où même l’objection de conscience se trouve délégitimée, ce qui est gravissime dans un État de droit. Inventer une nouvelle culture de la vie, tel est le seul objectif raisonnable. Mais il faudra du temps pour rendre évidente à la conscience la réalité de la vie naissante. Une vie naissante qui, quoi qu’on en dise, se trouve cruellement interrompue par l’acte abortif. »

    Ref. Après le référendum irlandais, inventer une nouvelle culture de la vie

    « Oui, non, je ne sais pas » : l’anthropologie  chrétienne présente trop souvent de nos jours une image brouillée entre les excès idéologiques rigides ou incantatoires et un libéralisme libertaire abdiquant toute conviction sérieuse. Plus que de l’avenir de Dieu, qui est éternel, c’est du fondement même de la nature de l’homme et de son existence comme tel qu’il est question. Si un prochain concile devait voir le jour, après l’aggiornamento  raté de Vatican II, la réponse à ce défi gigantesque suffirait à sa raison d’être: guérir l’âme du monde, rien de moins. Car la question reste posée : si la société, l’économie, la culture, la politique, toutes ces dimensions humaines fondamentales et toutes en crise manifeste, se tournaient vers la figure de l’homme qu’offre le christianisme pour s’y ressourcer trouveraient-elles aujourd’hui dans l’Eglise un discours vraiment crédible à la fois pour le coeur et l'esprit ? La réponse ne s’improvise pas.

    JPSC

    Voir aussi :

    Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA et directrice de VITA International, était l’invitée de l’émission À la Source, le 29 mai 2018 pour décrypter les résultats du référendum irlandais sur l’avortement.

  • Bertrand Vergely : La fin de l’homme a-t-elle commencé ?

    IMPRIMER

    Vu sur le blog du Salon Beige

    JPSC

  • Mai 68 : un projet de déconstruction désastreux

    IMPRIMER

    De Jean-Michel Castaing sur aleteia.org :

    Mai 68, ou les mauvaises surprises de la déconstruction

    Incontestablement, Mai 68 a libéré la subjectivité des Français. Personne ne veut plus que le Bien ou le Vrai lui soit imposé de l'extérieur sans qu'il ne se l'approprie. L'individu s'est rendu maître de la place et s'est érigé en maître des élégances en matière de vérité comme en celle des « pratiques bonnes ». En ce domaine, le terrain était préparé de longue date.

    Subjectivité versus objectivité

    La remise en question du « discours du Maître » par Foucault est antérieure aux « événements ». Mai 68 ne fera qu’accélérer le processus de délégitimation de l’enseignement dans sa prétention à dispenser un savoir péremptoire. L’intelligence ne pouvait que gagner à ce que la matière de l’enseignement « fasse sens » pour ceux auxquels il était dispensé.

    Ce changement de paradigme ne tarda pas à se répercuter sur le plan des relations interpersonnelles. Peu à peu le vouvoiement céda la place à un tutoiement à visée égalitariste, un peu comme sous la Révolution française, lorsque l’apostrophe directe entre « citoyens » se substitua aux codes de politesse de l’Ancien Régime. Plus globalement, Mai 68 aura entériné la défiance envers les institutions, soupçonnées d’être des lieux de pouvoirs coercitifs, ou bien de reproduction des élites, selon la terminologie de Bourdieu.

    Rupture de la transmission

    La libération de la subjectivité de l’individu n’a pas eu que des effets négatifs. Mais que lui a-t-il manqué pour tenir ses promesses d’affranchissement de la jeunesse ? Tout simplement le souci de transmettre le savoir objectif qui était la matière des cours magistraux d’avant la rupture. Le résultat de cette omission ne s’est pas fait attendre : la subjectivité, privée d’objets substantiels sur lesquels exercer son travail d’assimilation, s’est rabattue sur l’exercice de ses propres désirs spontanés. Ce qui a entraîné l’émergence, du côté de l’offre, d’une sous-culture de laquelle furent exclues les exigences de jadis.

    Les baby-boomeurs n’ont pas pâti de cette situation : ils possédaient les codes et le bagage culturel de la société d’avant. En revanche, leurs enfants se sont retrouvés dépossédés d’un formidable héritage. Ces derniers ont dû s’orienter dans l’existence munis de boussoles peu fiables : une morale facile, de la musique, des concerts et des engagements politiques manipulés par des vieux briscards qui essayaient de masquer leurs échecs en matière de justice sociale par des surenchères sociétales suspectes.

    Lire la suite sur aleteia.org

  • L'humanisme, un fourre-tout conceptuel qui n'a rien à voir avec le christianisme

    IMPRIMER

    De Radio Notre-Dame :

    Décryptage : L’humanisme est-il chrétien ?

    L’humanisme serait issu du christianisme. Cette thèse, Laurent Fourquet, auteur de « Le christianisme n’est pas un humanisme » (Pierre Guillaume) la remet totalement en question. Il en débat avec Frédéric Guillaud, auteur de « Dieu existe » (Cerf) qui lui même raison et existence de Dieu en adéquation.

    L’idée commune largement enseignée est que l’humanisme est un dérivé du christianisme. Une vision totalement remise en cause par Laurent Fourquet qui déclare : « c’est en gros pour l’humanisme, une manière de liquider le christianisme en faisant de celui-ci un simple commencement d’une histoire qui s’écrit sans lui ». Et de poursuivre en taclant les penseurs chrétiens qui participent à cet amalgame : « un certain nombre de d’intellectuels chrétiens ont cédé à la tentation de vouloir raccrocher le christianisme en se disant comme ça ‘on va le sauver’. Je pense que c’est un jeu perdant ».

    Une aliénation du christianisme

    Pour Laurent Fourquet, définir le christianisme par rapport à l’humanisme relève de l’aliénation la plus pure« Penser le christianisme à partir des termes humanistes qui sont aujourd’hui dominants dans en Occident, c’est accepter de le définir par rapport à ce qu’il n’est pas. Ce qui est une définition la plus pure me semble-t-il du terme d’aliénation ». Une analyse partagée par Frédéric Guillaud. Il précise quand même qu' « aujourd’hui, humaniste c’est un fourre-tout conceptuel qui sert de carte d’identité spirituelle à l’occidental cultivé de nos grandes villes ». Laurent Fourquet le pense comme une idéologie qui valorise l’appropriation  des choses du monde par l’homme, à partir de la raison. Le problème, selon lui, c’est que cela débouche forcément sur du nihilisme, une négation du monde autour de l’Homme. A la fin, c’est l’Homme lui-même qui est nié. Une approche nuancée par Frédéric Guillaud, qui ajoute « il y a là la question de la définition. La raison dont vous parlez qui mène au nihilisme, c’est la raison technique, c’est la science mathématisée ».