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Société

  • Affaires et scandales ecclésiatiques : le regard d'un observateur lucide

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    Des propos de Jean-Marie Guénois recueillis par Christophe Geffroy sur le site de la Nef :

    Eglise : retour sur les « affaires »

    Fondateur de l’agence I.Média à Rome où il a passé une dizaine d’années, puis chef du service religion à La Croix, Jean-Marie Guénois est maintenant rédacteur en chef au Figaro, responsable des affaires religieuses. Il est l’un de nos meilleurs « vaticanistes » et il nous parle ici des « affaires » qui secouent l’Église : « procès Barbarin », témoignage de Mgr Vigano, réorganisation de la « com » du Vatican…

    La Nef – Quelle signification a selon vous le « procès Barbarin » ?
    Jean-Marie Guénois
     – Le procès « Barbarin », il faut le rappeler avec netteté, est avant tout le procès du Père Bernard Preynat, ce prêtre pédophile lyonnais. Il a reconnu les faits. Son jugement est attendu en 2019. Le cardinal Decourtray, informé de ce cas, l’avait déplacé mais ne l’a jamais mis hors course comme cela se pratiquait à l’époque. C’est donc lui le premier responsable hiérarchique de cette affaire. L’honnêteté intellectuelle impose de reconnaître que le cardinal Barbarin a donc hérité de cette situation confirmée, avant lui, par deux autres archevêques de Lyon, Mgr Ballland et Mgr Billé. Il faut aussi intégrer dans l’analyse le fait indéniable que ni les familles, ni les victimes n’avaient jamais porté plainte au civil et ne voulaient pas le faire. Le procès « Barbarin » n’est donc pas tout à fait le sien. Il est vrai – et c’est l’autre volet de l’analyse – que le cardinal Barbarin, très probablement informé du problème, n’a pas réagi assez vite sur le dossier Preynat comme lui reproche l’association de victimes de ce prêtre constituée quand ils ont vu qu’il était toujours en fonction et qu’il avait des responsabilités. Mais il faut aussi observer que le cardinal Barbarin, hormis ce cas ancien, n’a rien à se reprocher dans la gestion de ce type d’affaires depuis qu’il est évêque. Il a toujours immédiatement sanctionné et encouragé l’action de poursuite au civil. Barbarin n’est donc pas le cardinal Law, l’archevêque de Boston qui déplaçait sans vergogne des prêtres pédophiles sans avertir les paroisses suivantes du danger. Il n’est pas non plus Mgr Pican ou Mgr Fort, deux évêques français qui ont été condamnés avec sursis pour cette pratique de « couverture » de prêtres pédophiles selon les consignes de l’époque pour « éviter le scandale ». Mais Barbarin est devenu un symbole. Il est primat des Gaules. Il est cardinal. Il a manifesté contre le mariage pour tous. Sa position ecclésiale, sociale et médiatique fait qu’il a concentré sur lui le procès d’une société contre l’Eglise catholique. Bien qu’il ait été acquitté en août 2016, il n’est donc pas étonnant qu’il soit ainsi poursuivi parce que notre société n’accepte pas, avec raison, que l’Eglise catholique ait pu organiser un tel système de couverture de prêtres catholiques pédophiles. Ils sont une minorité, certes, les jeunes évêques paient pour leurs ainés certes, mais comme aux USA avec le cardinal Law, c’est un moment de vérité pour la France et l’Eglise de France. Il y en aura d’autres dans d’autres pays. L’Eglise d’Italie commence seulement par exemple à se demander pourquoi elle ne connaît quasiment pas d’affaires de pédophilies alors que beaucoup de situations ont été étouffées. Cela pose évidemment la question des limites de la société dite de « transparence » mais il y a aussi derrière cette indignation face à des prêtres pervers, l’attente consciente ou non, de prêtres saints. De l’Eglise, les gens attendent un exemple.

    Certains voient cette épreuve contre l’Eglise comme une agression, d’autres comme une purification. Mais j’ai toutefois toujours été frappé dans ces affaires par l’insensibilité de certains prêtres pour les victimes. Il est pourtant inadmissible et criminel, de manipuler l’innocence et la confiance d’un enfant pour sa propre jouissance. Et encore plus insupportable de mentir pour couvrir cela. Et, encore pire, d’instrumentaliser Dieu par la confession de la victime… Comment minimiser de tels actes ? Que révèlent-ils de l’état moral du clergé ? La violence de « l’attaque » de l’Eglise est aussi proportionnelle à cette insensibilité cléricale – se sont des enfants, des petits, que l’on a broyé – et au souci des clercs de se protéger comme une caste d’intouchables. On fait trop vite le procès des médias dans cette affaire. L’Eglise doit regarder son péché en face et en sortir avec les moyens qui lui sont propres. Quels fruits porterait-elle autrement ?

    Comment voyez-vous l’avenir sur ces affaires d’abus sexuels dans l’Église ?
    En France, nous sommes dans l’âge III des affaires de pédophilies. Et cela va durer très longtemps. Parce que certains pays emblématiques du catholicisme comme l’Italie, commencent à peine l’âge I : celui de la mise à jour des affaires de pédophilie, au simple niveau des prêtres. D’autres pays, comme le Chili, traverse l’âge II : celui de la mise en cause de tel ou tel évêque dans telle ou telle affaires précises. D’autres vivent l’âge III, France, Etats-Unis, Allemagne, Irlande : avec le procès global, systémique de l’Eglise catholique, de son droit canonique, de sa responsabilité hiérarchique, du Vatican aussi. Tout cela, et à une échelle mondiale, va donc durer longtemps : plusieurs dizaines d’Etats aux Etats-Unis ont lancé des enquêtes publiques comme celles de la Pennsylvanie rendue publique le 15 août dernier. Nous allons avoir comme cela, à dates régulières, des litanies de chiffres sordides, ici et là dans le monde. Sans oublier la nouvelle campagne qui vient de commencer sur un plan mondial avec les sœurs violées par des prêtres. Mais le plus ravageur à présent – et c’est aussi l’enjeu de l’affaire Barbarin qui sera probablement acquitté le 7 mars – n’est pas tant le crime de l’abbé untel que l’incompréhensible faute morale d’une hiérarchie qui a fermé les yeux quand elle n’a pas accusé de diffamation les victimes comme dans l’affaire Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ, ou acheté le silence des familles. Aux Etats-Unis : il y avait un « prix », autour de 25 000 dollars, par affaire pour obtenir le silence quand l’accusation de diffamation lancée aux victimes ne suffisait pas à « calmer » les plaignants… Il va donc falloir du temps à l’Eglise pour retrouver sa crédibilité. Cette crédibilité n’a d’ailleurs qu’un seul nom : la sainteté. Et en particulier aux yeux du « monde ».

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  • "Sodoma" : prendre de la hauteur...

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    Une tribune du Frère Thomas Michelet o.p. sur Aleteia.org :

    « Sodoma » : les pécheurs sont dans l’Église

    L’Église est sans péché, mais les pécheurs sont dans l’Église. La boue révélée sur le visage de l’Église par le livre militant « Sodoma » appelle les chrétiens à croire davantage dans la sainteté du Corps mystique, malgré les défaillances de ses membres. « Toute âme qui s’abaisse, abaisse l’Église, toute âme qui s’élève, élève l’Église. »

    Encore un pavé dans la mare. Un de plus, dans une actualité déjà chargée et pesante pour l’Église catholique qui n’avait vraiment pas besoin de ça. Pour les fidèles, un motif supplémentaire de dégoût, de colère ou de désarroi. Cette fois, il s’agit d’un livre dont le titre, Sodoma, fleure bon le scandale (c’est là son principal argument de vente). Relayé par une presse grand public complaisante, il prétend nous livrer le secret jusque-là le mieux gardé du Vatican (le bon vieux mythe du complot) : l’existence au sommet de l’Église non pas d’un lobby gay, comme le pape François l’a déjà reconnu, mais d’une homosexualité omniprésente qui atteindrait des proportions inimaginables à mesure que l’on s’élève dans la hiérarchie. Les chiffres avancés vont de 20% à 80% selon les témoins (un tel écart laisse douter de leur fiabilité).

    Un livre militant

    « Le Vatican, c’est “Fifty Shades of Gay”. » Nos cardinaux et prélats de Curie seraient quasiment tous homosexuels : pratiquants ou pénitents, assumés ou refoulés, latents ou occultes. Plus ils le nieraient, plus ils le seraient. À preuve l’esthétisme de leurs costumes liturgiques, leurs robes ecclésiastiques et leurs calottes roses, soutanes et vieilles dentelles. La condamnation des pratiques homosexuelles ne servirait qu’à donner le change pour éviter d’être démasqué. Ce serait la clef de lecture principale de toutes les grandes décisions du magistère récent de l’Église, l’explication ultime de sa rigidité morale et de son obsession du sexe : rejet de la pilule et du préservatif, misogynie, célibat ecclésiastique…

    L’auteur, Frédéric Martel, ne cache pas son militantisme LGBT. Plusieurs publications à son actif vont dans ce sens : La Longue Marche des gays(2002) ; Le Rose et le Noir, Les Homosexuels en France depuis 1968 (2008) ; Global Gay (2013). Quel est le propos affiché du présent ouvrage ? Non pas de dénoncer ces pratiques en elles-mêmes, qu’il juge légitimes, mais leur hypocrisie. Changer la morale de l’Église pour passer d’un simple état de fait à un état de vie reconnu comme tel. Bref, le « mariage pour tous », jusque pour les clercs et même entre eux.

    La marque de l’idéologie

    Il serait injuste de mettre en doute le professionnalisme et le souci d’objectivité d’une telle enquête (quatre années dans trente pays, 1500 personnes interrogées dont 41 cardinaux, 52 évêques et 45 nonces) en l’accusant de se confondre avec une quête existentielle un peu obsessionnelle. Néanmoins, on peut s’interroger. Lorsqu’un discours est à la fois totalisant, univoque et infalsifiable, c’est souvent la marque de l’idéologie. Les témoins eux-mêmes peuvent être conduits à grossir un phénomène en décrivant la réalité non pas telle qu’elle est mais telle qu’ils se la projettent en fonction de leur propre existence, par des mécanismes souvent inconscients d’autojustification. Pour un marteau, tout problème finit par ressembler à des clous. N’y a-t-il pas aussi quelque contradiction à affirmer d’un côté le lien étroit entre l’existence de ce « bastion gay » au Vatican et l’omertà sur les affaires de pédophilie, et de l’autre côté nier tout rapport entre pédophilie et homosexualité ? Est-ce bien un hasard de calendrier si ce livre sort juste au moment où les évêques du monde entier sont rassemblés à Rome pour discuter de ces affaires ?

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  • Être missionnaire en Chine aujourd’hui

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    La diversité de l’engagement des chrétiens se révèle à travers de grands évènements ou des projets locaux, auprès des personnes fragiles, au service du Bien commun ou par l’évangélisation. Un regard d’espérance sur le monde. Ci-dessous, dans la grande Tradition missionnaire : « se faire chinois parmi les chinois », c´est la vie quotidienne du père Nicolas de Francqueville, prêtre des Missions Etrangères de Paris et envoyé à Hong Kong. Après trois années intensives d'études du cantonnais, la langue locale, il découvre les joies et défis de la mission en paroisse. Portrait d'un jeune prêtre dynamique qui nous emmène à la découverte de son quotidien de missionnaire ! Un reportage en partenariat avec les Missions Etrangères de Paris.

    JPSC

  • Comment l'immigration et le multiculturalisme changent le monde

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Exodus de Paul Collier, comment l'immigration et le multiculturalisme changent le monde

    Exodus: l’immigration et le multiculturalisme au XXIe siècle est un livre de 2013 de l’économiste Paul Collier sur la manière dont la migration affecte autant les migrants que les pays d’origine et de destination de ces migrants. L’ouvrage se penche sur les effets économiques de l’immigration internationale et la lutte contre la pauvreté. Le livre de Collier affirme également que l’exode des cerveaux est l’un des inconvénients, souvent négligés, de la migration. Selon Colin Kidd, Collier soutient que la politique d’immigration occidentale a été guidée non par la raison, mais par des réactions émotionnelles face à la culpabilité postcoloniale occidentale « tout en étouffant la prise en compte de problèmes plus vastes de pauvreté dans le monde ».

    L’ouvrage qui vient d’être traduit en français est déjà considéré comme un classique dans le monde anglo-saxon. Sans céder à l’émotion, le professeur à Oxford y décrypte les conséquences de l’immigration, aussi bien pour les pays d’accueil que de départ. Loin d’être une chance, celle-ci fragilise l’Europe et appauvrit l’Afrique.

    Pour Collier, si l’immigration ne frappe pas les nations d’obsolescence, son accélération continue, conjuguée à une politique de multiculturalisme assumé, pourrait menacer leur viabilité. L’absorption s’est révélée plus difficile que prévu. Tout indiquerait que l’accroissement continu de la diversité pourrait, à un moment ou à un autre, mettre en péril les accomplissements fondamentaux des sociétés modernes. 

    Si beaucoup d’économistes vantent les bienfaits de l’immigration, pour Collier c’est en grande partie une position incantatoire. Ces économistes répondent à la mauvaise question : « L’immigration est-elle une bonne chose ? » plutôt que « Quel est le meilleur niveau d’immigration ». Nous ajouterions une question sur le type d’immigration, toutes les immigrations à même effectif ne se valant pas. Deuxièmement, ces économistes mettent généralement en avant les effets à court terme sur le PIB, alors que les effets à long terme importent davantage. Troisièmement, les recherches les plus fiables sur l’effet de l’immigration sur les salaires moyens ont montré qu’il est nul, ou très proche de zéro. Quatrièmement, cela a un coût social, notamment en matière de logement. Cinquièmement, les effets économiques sont probablement moins importants que les effets sociaux, qui n’ont pas fait l’objet de suffisamment de recherches.

    L’un des messages que ce livre tente de véhiculer, c’est que les cultures, ça compte. La culture, c’est ce qui sépare les diasporas des autochtones, et certaines cultures sont plus que d’autres éloignées de celle de la population indigène.

    Paul Collier
    Exodus 
    Immigration et multiculturalisme au XXIe siècle
    aux éditions L’ARTILLEUR,
    en février 2019, 
    411 pages

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  • La théologie de la libération réhabilitée ?

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    social.jpgDe Vatican News :

    Conversation entre le Pape François et les jésuites d’Amérique Centrale

    Le 26 janvier dernier, au cours de son voyage au Panama à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse, le Pape François s’est entretenu avec trente jésuites, dont dix-huit novices, de la province d’Amérique centrale. Le Saint-Père a répondu aux questions qui lui étaient posées en faisant plusieurs fois référence à ses expériences personnelles.

    Divers thèmes ont été abordés au cours de cette conversation à la nonciature apostolique, parmi lesquels la théologie de la libération, l’éducation actuelle des jeunes et le lien qui peut exister entre les jésuites et la politique.

    Trois problèmes politiques

    Le Pape François, à partir de l’expérience vécue aux cours de ces JMJ à Panama, a mis en évidence trois problèmes contemporains d’ordre politique. Le premier concerne les nouvelles formes de colonisation en particulier «idéologiques et culturelles»; le Saint-Père a invité les jésuites à déterminer celles auxquelles «sont soumis nos peuples» d’Amérique latine. Le second est celui de l’habitude préoccupante au climat de cruauté et de haine qui façonne la société. Le troisième est relatif à la justice, une justice qui selon François cherche seulement la «peine sans l’espérance».

    Les jésuites et la politique

    Le Pape a affirmé que «l’Évangile est une expression politique, parce qu’il vise la polis, la société, toute personne en tant qu’elle appartient à la société». Dans cette perspective, «l’engagement politique pour un religieux ne signifie pas militer dans un parti politique… son devoir est celui d’être au-dessus des partis. Mais pas comme celui qui s’en lave les mains, plutôt comme quelqu’un qui accompagne les partis pour qu’ils parviennent à une maturation, en apportant le point de vue de la doctrine chrétienne»«En Amérique latine, il n’y a pas toujours eu de maturité politique», a ajouté le Saint-Père.

    La théologie de la libération

    Le Pape François a aussi voulu rappeler que les jésuites ont été des «pionniers pendant les années de luttes sociales chrétiennes» en Amérique. Il a évoqué en particulier le sacrifice du prêtre jésuite Rutilio Grande, et son influence sur saint Oscar Romero. «À cette époque-là, a-t-il affirmé, il y avait des évêques, dont quelques-uns très proches des régimes du moment, qui pensaient que canoniser Romero signifierait ‘canoniser le marxisme’». Mais «l’important est de ne pas se faire submerger par l’idéologie, ni d’un côté ni de l’autre», et encore moins par l’«idéologie ascétique» du «ne te mêle de rien: c’est l’idéologie la pire», selon le Saint-Père.

    Inculturation de la foi et de la sainteté

    Réagissant aux préoccupations d’un jeune jésuite maya, le Pape François a rappelé que «chacun doit conserver la culture dont il provient, parce que la sainteté que l’on veut atteindre doit se baser sur cette culture, pas sur une autre. Toi qui viens de ces cultures, n’amidonne pas ton âme, s’il te plait!», s’est exclamé François. «Sois maya jusqu’à  la fin. Jésuite et maya», lui a-t-il demandé. Le Souverain Pontife a par ailleurs confié qu’il travaillait pour la cause de béatification de Matteo Ricci, et il a parlé de l’importance de de l’amitié de ce dernier «avec Xu Guangqi, le laïc chinois qui l’accompagnait et qui est resté laïc et chinois, en se sanctifiant en tant que chinois et non pas en tant qu’italien comme l’était Ricci».

    Transparence et prise de risque

    Se souvenant de son expérience de maître des novices et de supérieur, le Pape François a mentionné quelques attitudes selon lui fondamentales: la transparence de la conscience, la vertu du concret, «la vertu qui est demandé à tous aujourd’hui, et encore plus à un jésuite»«Ça suffit avec la tête dans les nuages… Dehors les trucs éthérés. La vie spirituelle concrète. La vie engagée, concrète. La vie d’amitié, concrète», a demandé le Saint-Père. Mais le Pape s’est surtout plu à élargir l’horizon: «Mettre sa vie en jeu: c’est une des choses les plus risquées qui soit aujourd’hui. En effet, nous sommes à une époque où le provisoire prévaut sur le définitif»,a-t-il affirmé.

    Le virtuel et la rencontre

    Le domaine numérique est un défi, a rappelé le Saint-Père: «il aide à créer des contacts, mais pas des ‘rencontres’», dans la mesure où «il ne te tient pas uni aux racines. Il t’envoie en orbite. Il t’enlève la dimension concrète» de la vie, a-t-il expliqué.  Le Pape a pointé, d’une manière plus générale, une crise de notre capacité à rencontrer. Le dialogue entre les jeunes et les anciens reste d’après lui le remède: «les racines, ce sont les personnes âgées qui les donnent. C’est pour cela que, quand je dis que les jeunes doivent rencontrer les plus vieux, je n’exprime pas une idée romantique. Faites-les parler».

    Davos et une économie sans racines

    Le Pape a enfin commenté une nouvelle entendue à propos du Forum de Davos, c’est-à-dire «que la dette globale des pays est plus élevée que leur produit brut à tous». Pour François, «c’est comme l’escroquerie de la chaine de saint Antoine: les chiffres sont gonflés, des millions et des milliards, mais dessous il n’y a rien d’autre que de la fumée, tout est liquide, gazeux, et tôt ou tard cela s’écroulera».   

    L’intégralité de cet entretien est à retrouver dans le numéro 4048 de La Civiltà Cattolica, la revue jésuite italienne, qui sort le samedi 16 février 2019.

  • Rien de tel que d'y mettre du sien...

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    UN MÉDECIN NÉERLANDAIS ACCUSÉ D’AVOIR ENGENDRÉ AU MOINS 200 ENFANTS DANS SA PROPRE CLINIQUE DE FERTILITÉ

     de genethique.org 

    De son vivant, il a toujours nié, refusant de se soumettre aux tests ADN, sous couvert de respect de son intimité et de sa vie privée. Mais les faits sont têtus, au moins 47 personnes nées de don de sperme dans les années 80 au centre médical Blijdorp de Karbaat à Barendrecht, au sud de Rotterdam, ont un « haut degré de probabilité » d’être liés génétiquement à Jan Karbaat, le directeur du centre. Les estimations comptabilisent au moins 200 enfants potentiellement concernés.

    En 2017, vingt-deux de ces personnes ont porté plainte, exigeant un test ADN. « Tout enfant a le droit de savoir d’où il vient », martèle Merel-Lotte Heij, l’un des plaignants. « Je travaille moi-même dans le secteur de la santé. Avant de faire venir un enfant au monde, je veux savoir s’il existe un risque de développer certaines maladies génétiques graves », ajoute-t-il. A l’époque, sa mère avait choisi l’option d’un don non anonyme pour que son enfant puisse contacter son père génétique à 18 ans, « mais une fois la demande faite, le nom est resté inconnu ». Quand la clinique a fermé en 2009, « d'importantes irrégularités administratives ont été constatées. On pense qu'il a falsifié des données et des descriptions de donneurs ».

    Jan Karbaat est décédé en avril 2017, à 89 ans, juste un mois avant l’ouverture du procès. Sa veuve et ses héritiers, ainsi que l’avocat du médecin se sont « farouchement battus contre toute vérification ADN », affirmant que « la vie privée du défunt et de ses proches devait être respectée ». Mais mercredi dernier, le juge en charge de l’affaire a jugé que les intérêts des enfants l’emportaient sur les intérêts de la famille de Jan Karbaat. « S'il a [utilisé son propre sperme], sans l'annoncer à ce moment-là, sa veuve et les autres héritiers ne peuvent pas prétendre que l'anonymat du médecin doit être respecté ».

    L’ADN des plaignants va donc être comparé à celui de Jan Karbaat, présents sur 27 objets personnels gardés sous scellé depuis 2007, dont sa brosse à dent.

    La loi néerlandaise interdit à un même donneur d’engendrer plus de 25 enfants.

    Pour aller plus loin :

  • Contre la science, l'Eglise ?

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    De Philippe Maxence sur le site de l'hebdomadaire "Famille Chrétienne" :

    Idées reçues (1/4) : « L’Église est contre la science »

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    L'Église est-elle contre la science ? ©M.LINCOLN-CULTURA-GETTYIMAGES

    Contrairement à l’un des clichés les plus tenaces, c’est le christianisme qui a favorisé la naissance et le développement de l’esprit scientifique en Occident.

    C’est l’histoire d’un mariage raté. Ou, plutôt, que l’on s’acharne à présenter ainsi et dont le divorce aurait été prononcé définitivement : celui de la religion et de la science. Qui le dit ? Tout le monde et personne. C’est une idée reçue, un air que l’on respire et, à ce titre, on ne le discute pas.Donc, c’est entendu : l’Église est contre la science. Non seulement hier en condamnant le savant Galilée (1564-1642), mais aussi aujourd’hui en refusant les expérimentations sur les cellules-souches ou en combattant la théorie du genre. Et si elle ne s’oppose pas frontalement à la démarche scientifique, la sienne s’appuie sur des fadaises. Des exemples ? Comment, après Darwin, imaginer que nous puissions descendre d’un couple unique ?

    Depuis le siècle dit « des Lumières », la foi catholique est assimilée à l’obscurantisme. « L’ignorance et la peur, voilà les deux pivots de toute religion », affirme ainsi le baron d’Holbach. Mais avec le mépris qui les caractérise, les philosophes des Lumières bégayaient déjà de vieilles rengaines. Dans son célèbre Discours contre les chrétiens, le philosophe Celse (IIe siècle), par exemple, les accuse de recruter parmi les incultes : « Ils ne veulent et ne savent gagner que les niais, les âmes viles et imbéciles, des esclaves, de pauvres femmes et des enfants ».

    Plus près de nous, le biologiste Richard Dawkins affirme que « la religion est corrosive envers la science ». Un état d’esprit que résume bien ce propos de Nietzsche : « En réalité, il n’existe ni parenté, ni amitié, ni même hostilité entre la religion et la vraie science : elles vivent sur des planètes différentes ».

    Mais est-ce si sûr ? Bien avant les Lumières, les moines copistes transmettent le savoir. Les bâtisseurs de cathédrale témoignent d’une connaissance inégalée en matière de résistance des matériaux. C’est dans une Europe chrétienne que Léonard de Vinci déploie son génie universel. Auteur des Pensées, Blaise Pascal est aussi l’inventeur de la première machine à calculer. Il publie également un traité de géométrie projective et développe une méthode de résolution qui donnera naissance par la suite aux calculs des probabilités. Hasard ? Pas vraiment ! En se dégageant peu à peu d’une interprétation littérale de la Bible, en distinguant les modes de procéder propres à chaque science, l’Église a fait éclore un climat favorisant la recherche. Tout simplement parce qu’elle cultive le goût de la vérité.

    « L’affaire Galilée » est complexe

    Oui, mais il y a « l’affaire Galilée » ! Rompant avec la théorie géocentrique du système solaire, qui place la Terre en son centre, au profit d’une théorie héliocentrique, qui postule que le Soleil en constitue le centre, le savant renverse entièrement les schémas intellectuels de l’époque. Mais il n’est pas le premier. Avant lui, le chanoine Nicolas Copernic avait défendu la théorie de l’héliocentrisme. Lui-même avait des prédécesseurs. C’est ainsi que le philosophe et historien des sciences Thomas S. Kuhn remarque que « du fait que Copernic commença là où Ptolémée s’était arrêté, beaucoup de gens conclurent que la science fut inexistante au cours des siècles qui séparent la vie de ces deux hommes. En fait, l’activité scientifique, bien qu’intermittente, fut très intense et joua un rôle essentiel dans la préparation du terrain qui permit à la révolution copernicienne de commencer et de s’imposer ». Or, tous les scientifiques ne furent pas, comme Galilée, condamnés par l’Église.En fait, « l’affaire Galilée » est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Le savant n’a pas seulement affirmé une théorie scientifique. Très vite, à partir de celle-ci, il a débordé sur le champ théologique. Sortant de son domaine d’excellence, il a rencontré une forte opposition cléricale qui a conduit à sa condamnation.

  • Le gouvernement français sommé de reconnaître la christianophobie

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    Le gouvernement doit reconnaître la Christianophobie

    6.996 personnes ont signé. Aidez-nous à augmenter ce nombre 10.000 signatures.

     

    Une fois n’est pas coutume, Mgr Ginoux est le seul à s’étonner du « peu de réactions » sur le plan national alors qu’il s’agit bien d’une « attaque directe contre la foi catholique ». Il aurait apprécié que le ministre de l’Intérieur et des Cultes, Christophe Castaner exprime un message de soutien aux catholiques. Aucun message de la part de Christophe Castaner…

    Il est temps que le gouvernement cesse d’ignorer ou de mépriser la religion catholique en France. La 1re religion en France mérite le même traitement que toutes les autres communautés religieuses. Il est étonnant de constater que le gouvernement ne réagit pas face à une vague de haine à l’encontre du catholicisme. Le gouvernement ne se prive pas de commenter (et à juste titre) les attaques contre l’Islam, le judaïsme, le bouddhisme, etc. Mais aucune réaction afin de soutenir les catholiques (et les chrétiens d’une manière générale).

    Nous saluons la déclaration d’Ariel Goldmann, président du Fonds social juif unifié, a dit sa « solidarité envers l’Église catholique et nos frères et sœurs. Ces profanations sont scandaleuses et doivent être punies ».

    Le gouvernement doit reconnaître la Christianophobie

    A l'attention du ministre de l'Intérieur, Monsieur Christophe CASTANER, 

    Monsieur le Ministre,

    Entre le 28 janvier et le 10 février 2019, 9 lieux de cultes catholiques ont été vandalisés et profanés en France. Ces dégradations ont été médiatisées, mais c’est le quotidien de la religion catholique en France. L’Église catholique et les Églises chrétiennes détiennent le record d’atteintes aux lieux de culte : 878 sur les 978 actes recensés en France, selon votre ministère en 2017.

    Nous savons que l’actualité est riche pour votre ministère ces dernières semaines. Mais, nous nous étonnons de l’absence de réaction face à ces actes de haine à l’encontre de la religion catholique.

    Nous attendons une réponse de votre part, aussi bien écrite que publique afin de dénoncer la montée de la christianophobie en France.

    Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération la plus distinguée.

    POUR SIGNER LA PETITION, SE RENDRE SUR CETTE PAGE

  • "Blasphème contre Mahomet" : demande de reexamen devant la Grande Chambre de la CEDH

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    "BLASPHÈME CONTRE MAHOMET" :
    DEMANDE DE RÉEXAMEN DEVANT LA GRANDE CHAMBRE

    La conférencière autrichienne condamnée pour avoir "dénigré" Mahomet demande le renvoi de l'affaire à la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l'homme.

    Peut-être vous souvenez-vous de la décision E. S. contre Autriche de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui, le 25 octobre dernier, avait choqué de nombreuses personnes ? La Cour de Strasbourg avait alors, contre toute attente, validé la condamnation d’une conférencière autrichienne pour avoir « dénigré » Mahomet en assimilant son union avec la jeune Aïcha à de la « pédophilie ».

    La Cour a donné à ce jugement la qualité « d’affaire phare », c’est-à-dire de référence éclairant sa jurisprudence future. J’ai eu l’occasion d’attirer l’attention sur cette décision et de la critiquer ici même.

    Or, cette affaire vient de connaître un nouveau développement. La requérante, Mme Elisabeth Sabaditsch-Wolff, a demandé à la Cour européenne de bien vouloir rejuger l’affaire en Grande Chambre, c’est-à-dire devant la formation la plus solennelle de cette Cour. Fait rare, elle est soutenue dans cette démarche par plus de 50 000 signataires d’une pétition pour le droit de critiquer l’islam en Europe.

    Il s’agit là d’une procédure exceptionnelle qui n’est acceptée que dans 5% des cas, lorsque la Cour estime qu’est en jeu « une question grave relative à l’interprétation ou à l’application de la Convention [européenne des droits de l’homme] ou de ses Protocoles, ou encore une question grave de caractère général ». Or, c’est clairement le cas dans l’affaire E.S. c. Autriche. La décision quant au renvoi sera prise prochainement. Il faut espérer que la Cour l’acceptera, car plusieurs motifs graves plaident en ce sens.

    Signer la pétition pour le droit de critiquer l'islam en Europe

    Rappel des faits

    En 2013, la Cour suprême d’Autriche a condamné une femme pour s’être interrogée publiquement en ces termes : « un homme de cinquante-six ans avec une fille de six ans (...) De quoi s’agit-il, si ce n’est de pédophilie ? ». La conférencière, rappelant des faits historiques avérés, s’exprimait devant une trentaine de personne lors d’un séminaire intitulé « Connaissance élémentaire de l’islam ». Elle souhaitait notamment alerter sur la pratique du mariage des filles prépubères dans la culture musulmane, suivant l’exemple de Mahomet qui a épousé Aïcha âgée de six ans puis consommé ce mariage lorsqu’elle a atteint 9 ans. Elle a été dénoncée par un journaliste présent dans la salle, puis condamnée sur le fondement d’une disposition pénale interdisant en substance le blasphème.

    Elle s’est alors tournée vers la CEDH qui, à la surprise générale, a accepté l’argumentation des juridictions autrichiennes et validé cette condamnation par un jugement adopté à l’unanimité le 25 octobre 2018. Les sept juges européens ont alors estimé que cette femme n’a pas tant cherché à informer objectivement le public qu’à « démontrer que Mahomet n’est pas digne d’être vénéré ». À l’appui de cette condamnation, la Cour a considéré qu’insinuer que Mahomet était « pédophile » serait une « généralisation sans base factuelle »au motif qu’il a poursuivi sa relation avec Aïcha des années durant et épousé d’autres femmes plus âgées.

    Selon la Cour, ces propos étaient de « nature à susciter une indignation justifiée » des musulmans et constituent « une violation malveillante de l’esprit de tolérance à la base de la société démocratique » susceptibles « d’attiser les préjugés » et « de mettre en danger la paix religieuse ». Ces propos pouvaient donc être condamnés pour incitation à l’intolérance religieuse. Dit simplement, la conférencière a été condamnée pour des propos jugés islamophobes.

    Lire la suite de l'article de Grégor Puppinck sur Le Figaro

    L'ECLJ avait récemment organisé un séminaire sur la jurisprudence récente de la Cour européenne relative à la liberté d'expression en matière religieuse. Un avocat s'y est notamment exprimé pour le renvoi en Grande Chambre de cette affaire E.S. c. Autriche. Vous pouvez retrouver sur cette page son intervention vidéo (Anglais) ainsi que les autres interventions. 

  • Que penser du film "Grâce à Dieu" de François Ozon ?

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    D'Antoine Pasquier sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Que faut-il penser du film « Grâce à Dieu » ?

    MAGAZINE – Le film du réalisateur François Ozon sur l’affaire Preynat sort en salle le 20 février. Que faut-il en penser ?

    François Ozon a hésité. Son film Grâce à Dieu, qui raconte la naissance de l’association La Parole libérée, créée en 2015 par d’anciens scouts de Lyon abusés par le Père Bernard Preynat, devait d’abord s’appeler L’homme qui pleure. Ce titre aurait été d’une infinie justesse, tant ce long-métrage s’attache à dépeindre, avec une mise en scène sobre, la souffrance de ces hommes qui, devenus adultes, ont enfin réussi à mettre des mots sur des agressions qui les marquèrent à jamais.

    François Ozon raconte tour à tour les conséquences de cette libération de la parole pour Alexandre (Melvil Poupaud), François (Denis Ménochet) et Emmanuel (Swann Arlaud). Pour leurs familles aussi. Avec tout ce que cette libération implique : soulagement, justice, vérité, mais aussi incompréhension.

    Car il n’y a jamais d’un côté les bons et de l’autre les méchants. Le silence et l’inaction, tant reprochés à l’Église, concernent aussi les proches des victimes, à commencer par leurs parents. François Ozon n’a pas eu peur de le montrer. Ni de faire état des divisions au sein de La Parole libérée. Divergences sur la stratégie de communication, mais aussi sur le rôle de l’association : être un appui pour les victimes ou devenir le fer de lance de la dénonciation de l’impéritie de l’Église catholique ?

    Finalement, Ozon a opté pour un titre plus provocateur. « Grâce à Dieu » a été choisi en référence au mot malheureux du cardinal Barbarin prononcé à Lourdes en mars 2016 (« La majorité des faits, grâce à Dieu, est prescrite »), dont il fit amende honorable aussitôt – ce que le film expose bien.

    Ce choix pouvait laisser craindre un scénario à charge. Il n’en est rien, ou si peu. La première partie s’appuie sur les lettres et les mails – authentiques – échangés entre Alexandre et les autorités diocésaines.

    ▶︎ À LIRE AUSSI : La justice saisie contre le film « Grâce à Dieu »

    On y voit un cardinal Barbarin et une Régine Maire, sa collaboratrice, attentifs, prenant conscience de la gravité de la situation, recevant, téléphonant. Même si cela n’a pas suffi pour les victimes. Grâce à Dieu n’est pas un film sur l’affaire Barbarin, mais sur l’affaire Preynat. Ce dernier est omniprésent, que ce soit au travers de flash-back – où il est représenté en prêtre mutique au regard glaçant – ou dans ses confrontations avec les victimes devenues adultes, sous les traits d’un homme âgé et hagard. Une atteinte à la présomption d’innocence, selon son avocat.

    Grâce à Dieu aurait pu réussir un parcours sans faute si Ozon n’avait pas forcé le trait à certains endroits, faisant dire à tel ou tel personnage que « l’Église de Lyon est très puissante », ou prêtant à l’archevêque des formulations expéditives. Autant d’attaques sans fondement. Pourquoi n’a-t-il pas pris la peine de rencontrer Mgr Barbarin et ses collaborateurs comme il l’a fait avec les victimes ? Son souci de vérité n’en aurait été que plus probant.

  • Harcèlement, heures supplémentaires, humiliation ouverte et népotisme : l'insupportable culture de travail qui sévit chez Amnesty International

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    De Dominique Dewitte sur le site de L'Express.live :

    Amnesty International est soumise à une culture de travail «toxique» depuis un quart de siècle

    Ce problème peut entacher gravement la réputation de l'organisation

    L’organisation de défense des droits humains Amnesty International souffre d’une culture de travail toxique depuis des années. C’est la conclusion d’un rapport du consultant Konterra Group. Amnesty International avait demandé au consultant de procéder à un audit de son organisation après le suicide de deux employés l’an dernier. Le rapport décrit un environnement de travail dans lequel règnent une culture de harcèlement, d’heures supplémentaires, d’humiliation ouverte et de népotisme.

    Le groupe Konterra mentionne un problème qui dure depuis au moins un quart de siècle. Amnesty International a été créée au début des années 1960 par l’avocat britannique Peter Benenson.

    Plan de réforme

    « De nombreux employés ont souvent déclaré qu’ils se sentaient exclus des discussions importantes« , indique le rapport. « Le personnel entendait souvent dire qu’il ne servait à rien. Il y avait aussi régulièrement des menaces qui sortaient du cadre des procédures disciplinaires normales. Ces problèmes semblent dominer la culture du travail depuis plus de vingt-cinq ans. »

    Le rapport, qui a principalement porté sur le secrétariat international de l’organisation à Londres, mentionne également un grave manque de confiance dans la direction de l’organisation.

    « De nombreux employés considèrent leur emploi comme une vocation », indique le rapport. « Les employés disent que la nature de leurs tâches peut avoir des effets traumatisants. Cependant, la plupart des problèmes de bien-être ne sont pas liés à l’exposition aux traumatismes ou à la souffrance. Ils proviennent bien davantage de la culture et de la charge de travail, qui ont un effet particulièrement néfaste. »

    Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty International, a reconnu que l’étude avait abouti à des conclusions alarmantes. Il a promis de présenter un plan de réforme d’ici la fin mars.

    Atteintes à la réputation

    « Amnesty International n’est en aucun cas la seule grande organisation confrontée à de tels problèmes », commente l’étude publiée dans le journal britannique The Times. « Oxfam a également récemment publié les conclusions provisoires d’un rapport sur une série de scandales sexuels au sein de son organisation. »

    « Là encore, les faits établis étaient symptomatiques d’un plus large éventail de problèmes dont l’organisation a souffert. Comme c’est le cas pour Amnesty International, de nombreux employés d’Oxfam ont également mentionné le harcèlement et un environnement de travail toxique. »

    « De nombreuses personnes du secteur bénévole et communautaire décrivent des difficultés dans la gestion de leurs organisations », note le Times. « Les employés et les dirigeants de ces organisations peuvent probablement compter davantage sur l’engagement que sur le professionnalisme. »

    « La conviction du droit moral peut avoir des conséquences dévastatrices. Cela peut conduire à une attitude caractérisée par l’impatience et l’intolérance à l’égard de ses collègues. Cependant, ces organisations ont de puissants ennemis et sont donc particulièrement vulnérables aux atteintes à la réputation. En conséquence, leur mission risque également de perdre de la crédibilité. »

  • Quand "père" et "mère" deviennent "parent 1" et "parent 2"

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    Lu sur le site "Pour une école libre au Québec" :

    France — « père » et « mère » à l'école, des « modèles sociaux et familiaux un peu dépassés », « arriérés »

    Malgré l’opposition du gouvernement Macron qui estimait que la mesure ne relevait pas du ressort législatif, un amendement à la loi sur la réforme de l’école a été voté, remplaçant « père et mère » par « parent 1 et parent 2 » sur les formulaires scolaires.

    L’Assemblée a adopté le 12 février en première lecture un amendement qui consacre l’homoparentalité dans les formulaires scolaires qui devront porter les mentions « parent 1 et parent 2 » et non plus « père et mère », dans le cadre du projet de loi sur « l’école de la confiance ».

    « Cet amendement vise à ancrer dans la législation la diversité familiale des enfants dans les formulaires administratifs soumis à l’école », a expliqué la député La République en marche (LREM, parti de Macron) Valérie Petit, à l’origine du texte.

    L’élue du Nord a rappelé que nombre de formulaires d’état civil, d’inscription à la cantine ou d’autorisation de sortie scolaire portent toujours les mentions père et mère, en ne tenant pas compte du vote de la loi pour le « mariage pour tous » [terme novlangue, autant de gens pouvaient se marier avant son passage, certains mariages sont toujours interdits] et de l’existence de familles homoparentales.

    « On a des familles qui se retrouvent face à des cases figées dans des modèles sociaux et familiaux un peu dépassés. Aujourd’hui, personne ne devrait se sentir exclu par des schémas de pensée un peu arriérés. Pour nous, cet article est une mesure d’égalité sociale », a défendu dans l’hémicycle sa collègue Jennifer de Temmerman (LREM, parti de Macron).



    Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer et le rapporteur Anne-Christine Lang (LREM) ont donné un avis défavorable à cet amendement, estimant que le changement réclamé ne relevait pas du domaine législatif.

    Le député Les Républicains Xavier Breton a dénoncé un amendement relevant « d’une pensée unique et politiquement correcte qui ne correspond pas à la réalité ». « Quand j’entends dire que c’est un modèle dépassé, je rappelle qu’aujourd’hui, dans les unions célébrées, mariages ou PACS, plus 95 % qui sont des couples homme-femme », a-t-il dit.

    En revanche, pour son collègue socialiste Joaquim Pueyot, cette réforme « est une question de respect et de dignité ». « Vous n’imaginez pas les conséquences lorsque des enfants ne se sentent pas traités comme les autres », a-t-il lancé.