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Société

  • Les évêques de Belgique commentent à leur tour l’exhortation pontificale « Amoris Laetitia »

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    Dans une Lettre pastorale (à lire intégralement ici )  adressée, hier 24 mai, «  aux prêtres, diacres et animateurs pastoraux » , les évêques de Belgique commentent à leur tour l’exhortation apostolique « Amoris Laetitia » publiée  par le pape François le 19 mars 2016.

    Du commentaire des évêques, nous extrayons ce passage consacré au point le plus « sensible » de l’exhortation pontificale :

    « [...] Nous voulons ici répondre plus longuement à une question particulière, plus précisément à la question et au désir de personnes divorcées remariées de pouvoir recevoir la communion durant l’eucharistie. Dès les temps apostoliques, recevoir l’eucharistie a été perçu comme quelque chose de très sérieux. C’est ainsi que Paul fait remarquer dans sa première lettre aux chrétiens de Corinthe : « Celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, se rendra coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun s’éprouve soi-même, avant de manger ce pain et de boire à cette coupe. » (1 Cor 11,27-28) Qu’est-ce que cela signifie pour des personnes divorcées remariées ? Au chapitre huit d’Amoris Laetitia, le pape François traite explicitement de cette question. L’indissolubilité du mariage appartient au trésor fondamental et irrévocable de la foi de l’Eglise. Dans Amoris Laetita, le pape François ne laisse planer aucun doute sur ce sujet. Mais pas plus sur le fait que toutes les situations devraient être abordées de la même manière. « Il faut éviter des jugements qui ne tiendraient pas compte de la complexité des diverses situations ; il est également nécessaire d’être attentif à la façon dont les personnes vivent et souffrent à cause de leur condition. » (AL 296) Les divorcés remariés continuent à faire partie de l’Eglise : « Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Evangile ! » (AL 297) Dieu ne leur retire pas son amour. Ils restent appelés à aimer Dieu de tout leur cœur et à aimer leur prochain comme eux-mêmes. Ils restent envoyés pour témoigner de l’évangile et prendre à cœur leur rôle dans la communauté d’Eglise. « Non seulement ils ne doivent pas se sentir excommuniés, mais ils peuvent vivre et mûrir comme membres vivants de l’Eglise, la sentant comme une mère qui les accueille toujours, qui s’occupe d’eux avec beaucoup d’affection et qui les encourage sur le chemin de la vie et de l’Evangile. » (AL 299) Le ‘discernement’ est le concept central dans l’approche de cette problématique par le pape François. « L’Eglise a une solide réflexion sur les conditionnements et les circonstances atténuantes. Par conséquent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘irrégulière’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. » (AL 301) Amoris Laetitia ne formule aucune directive générale, mais demande le discernement nécessaire. Il arrive que quelqu’un qui n’a commis aucune faute soit abandonné par son conjoint. Mais il arrive aussi lors d’un divorce qu’une lourde faute ait été commise. Il reste également vrai que, quelles que soient les circonstances qui ont conduit au divorce, le nouveau mariage civil est en opposition à la promesse du premier mariage chrétien. Pourtant, le pape écrit : « Si l’on tient compte de l’innombrable diversité des situations concrètes, on peut comprendre qu’on ne devait pas attendre du synode ou de cette exhortation une nouvelle législation générale du genre canonique, applicable à tous les cas. Il faut seulement un nouvel encouragement au discernement responsable personnel et pastoral des cas particuliers .» (AL 300) On ne peut donc pas décréter que tous les divorcés remariés peuvent être admis à la communion. On ne peut pas non plus décréter qu’ils en sont tous exclus. Le cheminement de chaque personne demande le discernement nécessaire en vue d’une décision pastorale prise en conscience. Toute notre pastorale doit être orientée vers l’accompagnement, le discernement et l’intégration. Ce sont les trois concepts de base qui sont comme un refrain dont le pape François nous imprègne le cœur. La ligne directrice est celle d’un discernement (‘discretio’) personnel et de la communauté. Le pape appelle les divorcés remariés à « un examen de conscience, grâce à des moments de réflexion et de repentir. » (AL 300) Dans cette démarche de discernement, ils doivent pouvoir compter sur une aide et un accompagnement pastoral, plus précisément sur un dialogue avec un prêtre, un diacre ou un autre agent pastoral. Nous aussi, comme évêques, nous voulons être prêts à aider. Amoris Laetitia ouvre bien clairement une porte aux divorcés remariés pour qu’ils puissent recevoir « l’aide des sacrements » (cf. 5 AL 305, note 351). Mais cette décision, ils ne peuvent – pas plus que les autres croyants – la prendre à la légère. Le pape avance quelques critères : « Les divorcés remariés devraient se demander comment ils se sont comportés envers leurs enfants quand l’union conjugale est entrée en crise ; s’il y a eu des tentatives de réconciliation ; quelle est la situation du partenaire abandonné ; quelle conséquence a la nouvelle relation sur le reste de la famille et sur la communauté des fidèles ; quel exemple elle offre aux jeunes qui doivent se préparer au mariage. Une réflexion sincère peut renforcer la confiance en la miséricorde de Dieu, qui n’est refusée à personne. » (AL 300) Dans une telle démarche de discernement, juger en conscience est important de la part des personnes impliquées, tout comme des responsables pastoraux. Il est frappant de voir quel poids le pape François reconnait à la décision prise en pleine conscience par les croyants. A ce propos, il indique qu’(e comme évêques) « Il nous coûte de laisser de la place à la conscience des fidèles qui souvent répondent de leur mieux à l’Evangile avec leurs limites et peuvent exercer leur propre discernement dans des situations où tous les schémas sont battus en brèche. Nous sommes appelés à former les consciences, mais non à prétendre nous substituer à elles. » (AL 37) Une démarche de discernement ne conduit pas à un oui ou un non automatique à pouvoir communier. Il peut arriver que quelqu’un décide de ne pas recevoir l’Eucharistie. Nous avons le plus grand respect pour une telle décision. Il se peut aussi que quelqu’un décide en conscience de bien recevoir l’Eucharistie. Cette décision mérite aussi le respect. Entre le laxisme et le rigorisme, le pape François choisit la voie du discernement personnel et d’une décision prise soigneusement et en conscience. Comme évêques de notre pays, nous voulons exprimer notre grande appréciation et notre reconnaissance pour Amoris Laetitia et pour le chemin que nous indique le pape François. Dans Evangelii Gaudium, il nous pressait déjà : « sans diminuer la valeur de l’idéal évangélique, il faut accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour. » (EG 44) En se référant à ce texte, il écrit maintenant : « Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion. Mais je crois sincèrement que Jésus Christ veut une Eglise attentive au bien que l’Esprit répand au milieu de la fragilité : une Mère qui, en même temps qu’elle exprime clairement son enseignement objectif, ‘ne renonce pas au bien possible, même si elle court le risque de se salir avec la boue de la route’. » (AL 308) Chers amis, C’est sur ces mots du pape François que nous voulons conclure notre lettre [...] ».

    Tenir les deux bouts de la chaîne n'est pas facile.

    Nous connaissons tous de nombreuses personnes en situation matrimoniale objectivement irrégulière qui communient au Corps du Seigneur en toute bonne conscience anesthésiée par une pastorale qui court aujourd’hui les rues : celle  d’une miséricorde de Dieu éludant la question de sa justice.  Molina n’est pas la réponse adéquate à Jansénius et le primat du jugement de la conscience personnelle n’est pas le fondement légitime de celui-ci. Dans les « Pastoralia » de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles Mgr Léonard écrivait en juin 2012 :

    « Dire que j’agis bien quand j’agis conformément à ma perception du bien ou, en d’autres termes, reconnaître que la raison pratique ne m’oblige qu’à travers le prisme de ma conscience personnelle pourrait sembler conduire au subjectivisme et nous conduire aux impasses d’une pure morale de la sincérité. Il n’en est rien. Ma conscience est, certes, la norme subjective ultime de ma vie morale, mais à la condition expresse que je cherche honnêtement à rejoindre les exigences objectives de la loi naturelle. Agir autrement reviendrait à considérer que le sujet est l’auteur même de la valeur morale. Or ma conscience est bien le juge qui apprécie en dernière instance la valeur, mais elle n’est pas pour autant son fondement ! Un peu comme en droit un juge apprécie, en dernière analyse, le comportement d’un prévenu, mais sans être la source du code qui inspire son jugement.

    Pour être dans la vérité (et pas seulement dans la sincérité) et faire effectivement le bien, je dois donc éclairer ma conscience et l’éduquer afin que mon jugement personnel se rapproche autant que possible du jugement idéal de la raison droite, se soumette ainsi à la loi morale et, de la sorte, se conforme à la volonté de Dieu. Comme chrétiens, nous aurons donc à nous laisser éclairer non seulement par notre réflexion, mais encore par l’enseignement de Jésus, du Nouveau Testament et de l’Église. À cette condition seulement, je puis dire que j’agis bien si je me décide à l’action selon ma conscience. »

    Appliquant les préceptes de ce commentaire à la banalisation contemporaine du remariage et du concubinage dans notre pays, Mgr Léonard déclarait conséquemment, dans une conférence donnée le 28 janvier 2015 à l’Université de Liège (extrait):  

    « [...] J’ai déjà parlé un instant du soutien à apporter aux couples et aux personnes qui se retrouvent seules dans la vie. Je voudrais dire un mot  -cela reviendra peut-être dans les questions tout à l’heure- sur le fait que je suis partisan d’une pastorale très chaleureuse et proactive à l’égard des personnes qui se sont remariées civilement après un divorce civil ou qui vivent en concubinage. L’Eglise doit chercher le contact avec ces personnes, comprendre ce qui s’est passé dans leur vie et les aider à assumer leur situation, en conjoignant, comme le fait un psaume, amour et vérité.

    Autrement dit, je décourage les pastorales qui font comme si cette nouvelle union civile ou ce concubinage étaient ou pouvaient être un mariage sacramentel : non. Et il ne faut pas faire des choses qui y ressemblent car c’est autre chose. Oui, il y a, bien sûr, des éléments positifs qui se vivent mais ce ne sont pas des situations qu’il faut demander au Seigneur de bénir sacramentellement.

    Il n’y a que deux manières de répondre à ce que le Seigneur attend lorsqu’on se trouve dans une situation qui ne correspond pas à ce qu’il demande. Quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvions, pécheurs que nous sommes, il y a toujours un chemin de salut, mais il n’y a que deux manières tout à fait acceptables, comme chrétiens, de vivre cette situation :

    D’abord, c’est de se dire : au fond, l’homme ou la femme avec qui je vis n’est pas mon conjoint dans le Seigneur puisque mon conjoint, avec lequel je suis marié sacramentellement, est toujours là. Je ne peux pas en avoir deux. Cette seconde union ne peut pas être un signe sacramentel de l’alliance nouvelle et éternelle.

    Alors, première solution possible : j’en tire les conséquences. Je suis un chrétien à part entière, je participe à l’Eucharistie mais au moment d’exprimer sacramentellement, publiquement, objectivement, l’alliance nouvelle et éternelle, librement je m’abstiens de poser le geste sacramentel, parce que celui-ci est un geste objectif que contredit publiquement ma situation objective d’alliance rompue. Et je connais des gens qui font cela en sachant pourquoi, qui le font par amour et qui, dans cette abstention même, communient à la personne du Seigneur avec une intensité qui souvent m’émeut. En voyant cela, je me dis qu’ils communient au Seigneur peut-être plus profondément que moi quand il m’arrive (le plus rarement possible) d’être distrait en communiant et de me rendre compte que j’ai communié au Corps du Seigneur en pensant à ce qui allait suivre dans l’heure prochaine. Eh bien, cela, c’est une conclusion qu’on peut tirer : si elle est tirée avec amour, en ayant compris la profondeur de ce geste d’abstention, elle porte du fruit. J’en ai fait l’expérience chez toutes les personnes qui vivent cela.

    Il existe une autre voie possible, plus exceptionnelle et qui n’est pas recommandable sans une grande préparation, mais je la cite parce que cela existe et je connais des couples qui ont en effet tiré cette conclusion : après une conversion, ils se sont dit voilà, je vis avec une personne qui n’est pas mon conjoint dans le Seigneur. Je vais continuer de vivre avec cette personne, car on ne peut pas se séparer, il y a les enfants etc., mais je vais vivre avec mon conjoint une amitié qui s’exprime autrement que si c’était ma femme ou mon mari, qui trouve une autre forme d’expression, une tendresse qui n’est pas typiquement conjugale. Mais pour cela, il faut être bien préparé, bien motivé.

    Être dans d’autres situations qui ne sont pas telles que le Seigneur et l’Eglise le demandent cela ne veut pas dire que l’on est abandonné. Quand je reçois des personnes que ne peuvent vivre aucune des deux choses  que j’ai évoquées, je vis avec ces personnes avec respect, car je suis aussi un pécheur et je vis avec elles un chemin de conversion, d’espérance et de supplication adressée à la miséricorde de Dieu dans ma vie. Cela peut aussi se vivre positivement ».

    Paraphrasons l’archevêque émérite pour conclure: toujours, il faut l’amour et la vérité. L’amour sans la vérité flatte les gens mais cela ne les construit pas et la vérité sans l’amour les détruit, les écrase et ce n’est pas bon non plus. Tout l’art dans la formation des consciences, c’est de conjuguer les deux : le cœur et la vérité, avec cela je pense qu’on peut aller loin.

    JPSC 

  • Plus de dix mille manifestants pour la Vie dans les rues de Rome

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    "Des drapeaux colorés et des ballons avec des slogans glorifiant la vie. Des milliers de personnes se sont rassemblées aujourd'hui (20 mai) sur la Piazza della Repubblica à Rome pour prendre part à la Marche pour la Vie organisée par toutess les associations Pro Life. Une marche pacifique pour attirer l'opinion publique sur les questions qui ont toujours divisé le pays: l'euthanasie et l'avortement. « Ne touchez pas à la Vie » et même « Euthanasie, parlementaires, vous servez le diable. » Tel est le message qui vient de Rome et est destiné aux institutions." (source)

    Pour la Nuova Bussola Quotidiana, cet évènement a été snobé par la presse et très modérément soutenu par l'Eglise : http://www.lanuovabq.it/it/articoli-marcia-per-la-vitaun-oscuramento-che-comincia-dalla-chiesa-19926.htm

  • Non à l'euthanasie au sein des institutions des "Frères de la charité"; signons la pétition

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    Non à l'euthanasie au sein des institutions des "Frères de la charité"

     

    Le 24 avril 2017, les institutions psychiatriques des Frères de la Charité ont décidé d’autoriser l'euthanasie au sein de ses établissements. Cette décision est à l’opposé de la politique qui prévalait jusqu’à présent ; à l’opposé aussi de ce qu’enseigne l’Eglise catholique.

    C’est que les institutions psychiatriques des Frères de la Charité ont décidé de suivre la loi belge plutôt que l’Evangile. Or la loi belge permet l'euthanasie…

    Cette volte-face a immédiatement été dénoncée à Rome, par le supérieur général  de l’ordre, René Stockman. Mais, tandis qu'il déclarait son opposition véhémente à cette décision inique, le provincial belge des Frères de la Charité, responsable des institutions psychiatriques des Frères, a choisi de ne pas tenir compte de l'intervention de Stockman. En Belgique, l’obéissance, c’est comme la vérité, ce n’est guère dans l’air du temps.

    Au total, treize personnes siègent au conseil d'administration de l'association qui gère les établissements psychiatriques, dont trois frères de l'Ordre. Or l'art. 2. §1 des lois provinciales déclare ceci :

    "Le but de l'organisation est de fournir des conseils aux personnes en ce qui concerne leur développement humain, indépendamment de leur origine, de leur genre, de leur conviction ou de leur situation financière. Nous travaillons dans un esprit évangélique qui était celui de Pierre Joseph Triest, le fondateur de la congrégation des Frères de la Charité ".

    En outre, l'article 4. §4 des membres du conseil d'administration dit:

    "Les membres du Conseil contribuent à l’œuvre de l’ordre selon l’inspiration chrétienne de la mission générale des Frères de la Charité".

    Et qu'est-ce que dit cette déclaration de mission ?

    «En tant que membres et employés des Frères de la Charité, nous voulons approcher les personnes à travers une attitude de fidélité et d’amour. Nous trouvons notre inspiration dans les valeurs de l'Évangile et agissons à l'imitation de Jésus, notre Sauveur. Dans cette société, nous voulons créer des balises d'espoir et être les témoins de l'amour de Dieu. De cette façon, nous voulons améliorer la qualité de vie et contribuer à une société plus humaine où les pauvres et les plus fragiles puissent trouver leur place".

    Il est vraiment inadmissible de voir le Provincial des Frères de la Charité contredire maintenant ses propres valeurs, en décidant d'injecter des substances létales à certains de ses patients «faibles» plutôt que de leur procurer de la tendresse.

    Que le Conseil des Frères de la Charité ait pu prendre la décision de transformer leurs institutions en centres d’euthanasie au nom de l’Evangile est absolument invraisemblable.

    Le supérieur de l'Ordre à Rome et le Vatican ont indiqué leur intention de lutter contre cette décision.

    Cette pétition est adressée au conseil d'administration de la Province des frères de la charité afin qu’il suive l’Evangile et respecte la décision du Supérieur général de l’Ordre.

    A l'attention du conseil d'administration de la Province des frères de la charité

    Cette pétition est adressée au conseil d'administration de la Province des frères de la charité afin qu’il suive l’Evangile et respecte la décision du Supérieur général de l’Ordre.

    Nous sommes extrêmement inquiets quant à votre décision d'autoriser l'euthanasie dans les établissements psychiatriques qui vous ont été confiés. Et cette inquiétude, ne pourra disparaitre qu’à la seule condition que vous reveniez à l’Evangile et écoutiez ce que le Supérieur général de votre ordre vous demande.

    Par votre mission, vous êtes chargé au sein de votre communauté de  témoigner de l'amour de Dieu, et d’améliorer la qualité de vie des personnes en contribuant à la construction d’une société plus humaine où les pauvres et les plus fragiles trouvent leur place.

    Par conséquent, nous vous encourageons à revoir votre décision et à revenir à votre mission première.

    Bien respectueusement,

    SIGNER la PETITION

  • 20.000 Croates dans la rue pour défendre la vie

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    Du site du Monde.fr :

    Croatie : 20 000 manifestants contre l’avortement

    Pour la deuxième année consécutive, des groupes conservateurs ont organisé une marche contre l’avortement à Zagreb, et dans la deuxième ville du pays, à Split. 

    Environ 20 000 personnes ont participé samedi 20 mai en Croatie à une marche anti-avortement organisée par des groupes conservateurs pour la deuxième année consécutive dans ce pays majoritairement catholique.

    Cette « Marche pour la Vie » a attiré environ 15 000 personnes à Zagreb selon la police et 5 000 autres, selon les médias locaux, à Split, deuxième ville du pays sur la côte adriatique. L’an dernier pour sa première édition cette marche s’était déroulée dans la capitale seulement.

    Pour les organisateurs, l’objectif est « d’attirer l’attention sur le respect dû à chaque vie humaine, de la conception jusqu’à la mort naturelle ». « Choisissez la vie » ou « La vie est toujours un cadeau » pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants. Les participants à la marche chantaient des airs religieux et des chansons populaires croates, agitant des drapeaux aux couleurs nationales et tenant des ballons blancs et bleus. (...)

    Une pression grandissante des groupes anti-avortement

    La question de l’avortement divise profondément la Croatie, membre de l’Union européenne, où les militants pro-avortement dénoncent la pression grandissante de groupes soutenus par l’Eglise catholique croate et le refus de nombreux médecins des hôpitaux publics de pratiquer des avortements.

    La législation existante depuis 1978, lorsque la Croatie faisait partie de la Yougoslavie, autorise l’avortement jusqu’à 10 semaines de grossesse. En mars, la Cour constitutionnelle de Croatie a rejeté une demande, soutenue par l’Eglise catholique (90 % des 4,2 millions de Croates sont catholiques), de révision de cette loi.

    La Cour a toutefois ordonné au Parlement de préparer dans les deux ans une nouvelle législation sur l’avortement, estimant la loi en vigueur dépassée. Les associations des droits de l’homme craignent une remise en cause de la loi.

  • Rien ne peut justifier la destruction d'embryons humains

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    LE PAPE FRANÇOIS INTERPELLE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE SUR LE RECHERCHE SUR L'EMBRYON HUMAIN

    Synthèse de presse bioéthique de genethique.org

    Lors d'une rencontre visant à sensibiliser à la maladie de Huntington qui s’est tenue ce jeudi à Rome, le Pape a encouragé les scientifiques à mener à bien leurs recherches sans contribuer à nourrir la « culture du déchet » qui peut parfois se glisser dans le monde scientifique. Il a précisé qu’ « aucune fin, même noble comme l'attente d'un bénéfice pour la science, pour d'autres humains ou pour la société, ne peut justifier la destruction d'embryons humains ». 

    En Belgique, plus de 12.000 embryons ont été utilisés pour la recherche de 2008 à 2012. Mais on ne connaît pas le nombres d’embryons surnuméraires qui s’amoncellent chaque année dans les congélateurs des 18 centres de PMA en Belgique ou dans les frigos des universités...

  • Belgique : appel urgent pour financer les soins palliatifs

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    Du Bulletin de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Belgique : appel urgent pour financer les soins palliatifs

    Alors que la Ministre des affaires sociales et de la santé publique, Maggie De Block, prépare un nouveau plan de financement hospitalier, les trois fédérations des soins palliatifs (bruxelloise, wallonne et flamande) demandent à ce qu’elle se positionne en faveur des soins palliatifs par la réaffectation des moyens du secteur curatif vers le secteur palliatif.

    Cela permettrait une véritable mise en application de la loi sur les soins palliatifs de 2016 qui bannit le prescrit légal de trois mois d’espérance de vie pour l’instauration des soins palliatifs et prône une introduction plus précoce et progressive en fonction des besoins du patient.

    En effet, d’après une enquête PICT de 2015, 16% des patients atteints de cancer en Belgique reçoivent une chimiothérapie au cours de leur dernier mois de la vie, alors que ces soins sont à ce stade souvent inutiles et très coûteux. En Belgique, plus qu’ailleurs en Europe, un grand nombre de personnes décèdent à l’hôpital, bien qu’elles préfèreraient généralement vivre leurs derniers instants chez elles.

    Alors que les soins palliatifs ont prouvé leur valeur et que les équipes soignantes croulent sous la charge de travail, il est grands temps d’investir dans les soins palliatifs, affirment les Fédérations.

     Source :  communiqué de presse des Fédérations des Soins Palliatifs

    Voir aussi Dossier de l'IEBStructure et évolution des soins palliatifs en Belgique

  • Euthanasie : une forme de barbarie pseudo-humani­taire ?

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    Une opinion de Mathieu Bock-Côté sur le site du Journal de Montréal :

    Le suicide assisté n’est pas un droit fondamental 

    On le sait, depuis 2014, le Québec s’est ouvert aux soins de fin de vie. Ils permettraient de mourir dans la dignité.

    C’est-à-dire que le Québec a reconnu un droit au suicide­­ assisté. Ou pour le dire plus brutalement, il a légalisé­­ l’euthanasie.

    Certes, on a cherché à encadrer­­ cette pratique avec des balises rigoureuses. Il ne fallait pas banaliser une mesure­­ devant demeurer exceptionnelle­­.

    Certaines personnes nous mirent pourtant en garde: une fois que l’on consentait au principe du «suicide assisté», on verrait ces balises tomber peu à peu.

    Exception ?

    L’exception serait de moins en moins exceptionnelle. Les candidats au suicide assisté se multiplieraient. C’est exactement ce qui est en train de se passer.

    Le Devoir nous mettait au courant hier d’une inquiétude présente dans la communauté médicale. Cette dernière­­ s’inquiète de la pression qui monte pour qu’on élargisse les conditions d’accès au suicide assisté.

    Chacun a ses raisons, mais une tendance­­ lourde se dégage: dans notre société qui entretient un véritable culte de l’autonomie, l’individu veut de plus en plus être maître de sa propre mort.

    Depuis toujours, le suicide représente l’ultime défi lancé par l’individu à l’existence: c’est lui qui décidera à quel moment et dans quelles conditions il la quittera. C’est surtout l’ultime­­ recours des désespérés.

    Avec les «soins de fin de vie», notre société a tendance à le banaliser inconsciemment­­.

    Ce qui est aussi particulier, c’est que dans notre société encore com­mandée par la logique de l’État-providence­­, on veut faire de l’accès au suicide assisté un des symboles de la justice sociale.

    «J’ai le droit» : telle est la phrase que l’homme contemporain préfère.

    Mais on se demandera: jusqu’où ira le droit à la mort assistée?

    Tout porte à croire qu’un jour, on verra dans le suicide assisté une réponse­­ convenable au malaise existentiel ou à la lassitude de vivre.

    On devine l’argument: qui est mieux placé que l’homme qui souffre pour savoir si sa vie vaut la peine d’être vécue­­ et poursuivie? Et qui sommes-nous pour juger de la souffrance d’un homme?

    Notre relativisme, à ce sujet, nous conduira un jour à voir dans l’euthanasie une manifestation supérieure d’humanisme.

    Houellebecq

    J’ai déjà parlé dans cette chronique du livre La carte et le territoire, un chef d’œuvre de l’écrivain français Michel Houellebecq.

    On y trouve une scène essentielle. Le père du personnage principal, un jour, en a assez de vivre. Tout simplement. Il trouve que son temps est venu­­.

    Alors il se rend dans une clinique en Suisse et demande qu’on le tue. La clinique est hygiénique et on le tue hygiéniquement. C’est terminé. Ainsi va la mort.

    Comment ne pas voir dans cela une forme de barbarie pseudo-humani­taire? Le marché s’est aussi emparé de la mort. Il l’offre à la manière d’un service comme un autre.

    C’est vers ce monde que nous nous dirigeons. Qui y résiste vraiment? Les pessimistes nous diront que nous y sommes déjà et qu’il faut nous y faire.

  • Le lien entre religion chrétienne et identité nationale dans les pays d'Europe orientale autrefois dirigés par des dictatures athées

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    D'Olivier Bault sur le site "Réinformation-TV" :

    Christianisme et identité nationale en Europe centrale et orientale : catholiques à l’ouest, orthodoxes tournés vers la Russie à l’est

    Une étude publiée par l’institut Pew Research le 10 mai met en évidence le lien entre religion chrétienne et identité nationale dans des pays autrefois dirigés par des dictatures athées. Selon cette étude, une majorité des habitants d’Europe centrale et orientale affirment désormais croire en Dieu, même si la pratique religieuse reste faible, surtout chez les orthodoxes qui ne sont que 10 % à se rendre à l’église chaque semaine, tandis que la proportion est généralement nettement plus élevée chez les catholiques de la région. Le retour du christianisme est néanmoins particulièrement net dans les pays à majorité orthodoxe, dont beaucoup sont des républiques issues de l’éclatement de l’URSS en 1991. En revanche, le catholicisme n’a pas connu la même progression, mais c’est aussi parce que même à l’époque communiste, la population de pays comme la Pologne ou la Hongrie était restée croyante et pratiquante.

    Un retour de l’Église plus marqué mais une pratique religieuse plus rare dans les pays orthodoxes

    D’une manière générale, la pratique religieuse en Europe centrale et orientale est plus élevée qu’en Europe occidentale. La République tchèque fait ici figure d’exception car c’est un des pays les plus sécularisés d’Europe, avec près des trois-quarts des adultes qui se considèrent athées, agnostiques ou sans religion particulière. Entre 1991 et 2015, la part de Tchèques qui s’identifient eux-mêmes comme catholiques est passée de 44 à 21 % tandis que cette proportion passait de 96 % à 87 % en Pologne et de 63 % à 56 % en Hongrie (qui compte par ailleurs 13 % de personnes s’identifiant comme protestants). Inversement, la part de Russes s’identifiant comme orthodoxes est passée de 37 % à 71 % dans le même temps. Chez les Bulgares et les Ukrainiens, cette proportion a connu un bond respectivement de 59 % à 75 % et de 39 % à 78 %.

    Le lien perçu entre christianisme et identité nationale plus fort en Europe centrale et orientale qu’en Europe occidentale

    Dans les pays de la région, christianisme et identité nationale sont souvent perçus comme allant de pair. C’est particulièrement vrai avec la notion de « Polonais catholique » et de « Russe orthodoxe » ou encore de « Grec orthodoxe ». En moyenne, 70 % des habitants des pays à majorité orthodoxe considèrent l’orthodoxie comme étant une composante essentielle de leur identité nationale contre 57 % des habitants des pays catholiques qui pensent de même pour le catholicisme.

    Pas le même rapport à la Russie dans les pays catholiques d’un côté et orthodoxes de l’autre

    Un autre enseignement intéressant de cette étude, c’est le rapport à la Russie et à l’Occident. Contrairement aux habitants des pays catholiques d’Europe centrale et orientale, les habitants des pays à majorité orthodoxe sont une majorité à considérer qu’il y a « conflit entre les valeurs traditionnelles de [leur] pays et celles de l’Occident » et aussi qu’une « Russie forte est nécessaire pour équilibrer l’influence de l’Occident ». En ce qui concerne cette dernière affirmation, l’Ukraine fait figure d’exception tandis que les Grecs, membre de l’OTAN mais majoritairement chrétiens orthodoxes, sont d’accord à 70 %. Côté russe, 77 % des gens interrogés pensent que la Russie a le devoir de protéger les orthodoxes ethniquement russes vivant hors de Russie. Par ailleurs, 68 % des habitants des pays de la région à majorité orthodoxe considèrent leur culture comme supérieure aux autres contre 45 % dans les pays non-orthodoxes.

     
  • Antichristianisme ou christianophobie : un blogue aux aguets

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    Du site de l'Homme Nouveau (Blandine Fabre) :

    La christianophobie : un phénomène mondial et en hausse constante

    Rédigé par Blandine Fabre le dans Religion

    La christianophobie : un phénomène mondial <br>et en hausse constante

    Le 24 mars dernier s’égrenaient à Notre-Dame de Paris les noms des martyrs de la foi à travers le monde tandis que sous les voûtes résonnaient les témoignages de catholiques ayant frôlé la mort en raison de leur foi, décrivant cette persécution en hausse constante. Le blogue « Observatoire de la christianophobie », tenu par Daniel Hamiche, rend compte de cet antichristianisme souvent insoutenable qui n’épargne pas nos nations d’ancienne chrétienté.

    Vous rédigez le blogue « Observatoire de la christianophobie ». Dans quel but ?

    Daniel Hamiche : C’est un blogue d’informations quotidiennes (1) sur les manifestations d’antichristianisme en France et dans le monde, qui a été lancé en mai 2010. Il doit beaucoup à la réflexion que nous avait inspirée la parution, en 2005, de l’Enquête sur la christianophobie de Michel De Jaeghere (Renaissance Catholique, 228 p., 15 €), un mot dont il est peut-être le « père » mais assurément le vulgarisateur. Nous avons estimé que le phénomène était suffisamment grave et ample pour qu’on s’efforce d’en rendre compte au quotidien dans un blogue dédié.

    Le public a-t-il suivi votre initiative ?

    Je pense que oui, si j’en crois les chiffres. En bientôt huit années d’existence, notre blogue a mis en ligne plus de 10 000 articles et il a enregistré 12 millions de pages lues. Nous avons ajouté à ce blogue une page Facebook qui compte 32 000 abonnés, et un compte Tweeter qui en rassemble pas loin de 7 900.

    Il y a eu des réserves voire des critiques sur le concept même de christianophobie. Qu’en pensez-vous ?

    Je pense que devant la gravité du phénomène on devrait s’abstenir de finasser sur le mot qui a désormais des transcriptions dans toutes les langues. On comprend bien que le concept de christianophobie recouvre les différents types de manifestation de haine contre les chrétiens. Qu’on le veuille ou non, les faits sont têtus : le christianisme est aujourd’hui la religion la plus persécutée dans le monde.

    Comment peut-on l’affirmer ?

    Par quelques chiffres qui sont régulièrement diffusés par des ONG chrétiennes comme « Aide à l’Église en détresse », chez les catholiques, et « Portes Ouvertes », chez les protestants, ou encore par des organismes universitaires comme le Centro Studi Nuove Religioni (CESNUR) qui estime à 90 000 le nombre de chrétiens tués dans le monde en 2016 à cause de leur foi, et entre 500 et 600 millions celui des chrétiens qui sont, avec plus ou moins d’intensité, empêchés de pratiquer ou de professer librement leur foi.

    Ce sont des chiffres qui peuvent bien sûr être contestés et qui le sont… Mais la réalité demeure, et personne ne la conteste, que les chrétiens constituent le groupe religieux le plus persécuté dans le monde.

    Cette tendance est-elle en récession ou en augmentation ?

    Tous les observateurs sur le terrain s’accordent à ­dire que la persécution des chrétiens est en hausse constante : elle a doublé entre 2014 et 2015 (ici), et a encore progressé en 2016 (ici).

    Quelle est la cause principale de cette persécution ?

    Il y a plusieurs causes. Les chrétiens sont persécutés en Occident par le laïcisme. Dans d’autres pays, c’est le système communiste qui les persécute. Dans d’autres encore, c’est la religion dominante (hindouisme et même bouddhisme…) qui s’en prend aux chrétiens. Mais la cause principale, sur laquelle on s’accorde, c’est l’extrémisme islamiste (ici et ici) tel qu’il est pratiqué dans certains États musulmans ou par des groupes djihadistes dans d’autres pays musulmans ou ailleurs, notamment en Afrique.

    Peut-on espérer un infléchissement de cette tendance en 2017 ?

    Pas selon de nombreux observateurs. On craint plutôt une croissance globale de la persécution cette année selon les prévisions de Release International (ici), et même en Europe, comme le craint le Saint-Siège (ici).

    Mais qu’en est-il en France ?

    La christianophobie en France est évidemment celle que nous suivons avec le plus d’attention. Les statistiques que nous tirons des cas que nous évoquons dans notre blogue, montrent que le phénomène est en progression constante année après année. Nous ne prétendons pas à l’exhaustivité, car tous les actes christianophobes ne sont pas signalés, mais la tendance que nous avons mise à jour « colle » parfaitement avec les statistiques du ministère de l’Intérieur qui a, évidemment, des moyens d’investigation autrement plus importants que ceux, bien modestes, dont nous disposons… Lors d’une conférence de presse, le 1er février dernier (ici et ici), celui qui était encore ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, a signalé qu’en neuf ans (de 2008 à 2016), les atteintes aux lieux de culte chrétiens avaient augmenté de 245 % ! Alors que les atteintes aux lieux de culte et aux sites confessionnels juifs et musulmans avaient respectivement baissé de 54 % et 37,6 % en 2016 par rapport à 2015, les atteintes aux lieux de culte chrétiens eux ont augmenté de 17,6 % !

  • Aider le pèlerinage du diocèse de Liège à Lourdes

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    Un appel du chanoine Eric de Beukelaer que nous relayons bien volontiers :

    Aider à Lourdes cet été, pourquoi pas ?
    Le pèlerinage du diocèse de Liège à Lourdes, qui se déroule du 17 au 23 août 2017, souhaite renforcer son équipe d’hospitaliers/ières pour accompagner, soigner et seconder les pèlerins moins valides, que ceux-ci résident en accueil hospitalier ou à l’hôtel.
    Agés de 18 ans au moins et encadrés par des professionnels de la santé, ces bénévoles (eux-mêmes professionnels ou non) s’engagent à vivre la semaine au service des moins valides en accomplissant toutes les tâches quotidiennes (du lever au coucher), en ce compris divers moments de détente.
    Il s’agit d’une expérience humaine unique qui permet également aux hospitaliers/ières de se retrouver de manière conviviale en-dehors de la mission qu’ils ont à assurer.

    Infos et prix : Bernadette Charlier, 04 367 72 39,

     bernacharlier@skynet.be
    www.liegealourdes.be

     

    JPSC

  • La condamnation pour « blasphème » du gouverneur de Djakarta et la montée d'un populisme islamique en Indonésie

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    Du site "Eglises d'Asie" (Agence d'Information des Missions Etrangères de Paris) :

    De quoi la condamnation pour « blasphème » du gouverneur de Djakarta est-elle le prélude ?

    Près d’une semaine après la condamnation pour « blasphème » à deux ans de prison du gouverneur de Djakarta, les commentaires et les analyses sur l’état de la jeune démocratie indonésienne sont nombreux. Plus qu’une simple mesure destinée à apaiser les éléments les plus radicaux de la scène musulmane indonésienne, le verdict prononcé par les juges Tribunal de Djakarta-Nord le 9 mai dernier inquiète et augure de difficultés profondes à l’approche des élections présidentielles de 2019, analysent certains.

    Le P. Franz Magnis-Suseno est un jésuite d’origine allemande. Arrivé en Indonésie en 1961, il dirige la faculté de philosophie de l’université catholique Driyarkara de Djakarta. Fervent artisan du dialogue interreligieux, il est une voix discrète mais influente de la vie intellectuelle en Indonésie, ce pays dont il a pris la nationalité en adoptant le nom javanais de Suseno.

    Montée d’un « populisme islamique »

    Interrogé par l’agence Fides, le P. Magnis-Suseno réagit avec vigueur à la condamnation et à l’emprisonnement de Basuki Tjahaja Purnama, connu de tous sous le nom de ‘Ahok’. « Il s’agit d’une décision injuste, prise par les juges à cause des fortes pressions des islamistes », explique-t-il à l’unisson des commentateurs « libéraux » du pays. Le 10 mai, l’éditorialiste du Jakarta Post parlait, lui, de la condamnation d’Ahok comme de « l’équivalent d’une erreur judiciaire ».

    Mais, au-delà du verdict du tribunal, le jésuite met en garde contre la montée d’un « populisme islamique » en Indonésie. Selon lui, « les extrémistes chercheront à poursuivre leur campagne en vue des élections présidentielles de 2019 afin de battre le président Joko Widodo ». Le missionnaire précise que « celui qui en bénéficierait serait Prabowo Subianto, l’homme que l’actuel chef de l’Etat a battu lors des élections de juillet 2014 ».

    Agé de 65 ans, Prabowo est loin d’être un inconnu. Ancien général, ancien chef des forces spéciales de l’armée, les Kopassus à la réputation de violence bien établie, Prabowo a laissé un souvenir cuisant lors de l’occupation du Timor-Oriental par l’Indonésie ou bien encore lors des enlèvements et tortures de manifestants pro-démocratie commis à la chute de Suharto en 1998. Lors de la campagne pour les élections présidentielles de 2014, il est intéressant de noter que la stratégie employée par le camp de Prabowo pour discréditer Joko Widodo, qui était alors gouverneur de Djakarta, a été étrangement similaire à celle mise en œuvre lors de la campagne électorale qui vient de s’achever pour l’élection du gouverneur de la capitale indonésienne. Parti avec, selon les instituts de sondage, une confortable avance sur son adversaire Prabowo, Widodo avait dû faire face à une campagne surgie sur les réseaux sociaux le présentant comme un chrétien d’origine chinoise ou bien encore dénonçant de supposées accointances passées avec les communistes. La manœuvre n’a finalement pas réussi, Widodo ayant été élu, mais ce n’était pas la première fois que l’entourage de Prabowo recourait à des rumeurs visant à disqualifier son adversaire en le désignant comme un chrétien. Dans les dernières années du régime Suharto, alors que Prabowo, longtemps marié à l’une des filles de Suharto, était chargé de courtiser les groupes musulmans conservateurs, des rassemblements furent organisés et des brochures distribuées pour affirmer que la crise financière de 1997-98 faisait partie d’un complot antimusulman orchestré par des intérêts chrétiens, sionistes et chinois ; l’adversaire d’alors de Prabowo était le chef de l’armée, Moerdani, un catholique, et Prabowo était dépeint comme la victime malheureuse d’un complot chrétien ourdi par Moerdani.

    Une coalition silencieuse entre les anciens généraux et les islamistes ?

    Près de vingt ans après la chute de Suharto et la mise en place d’un régime démocratique, les tactiques pour discréditer un adversaire politique représentant une perspective de renouveau ne changent donc pas véritablement. Toutefois, pour le P. Magnis-Suseno, le plus inquiétant n’est pas là. Selon lui, l’aspect le plus préoccupant de la scène politique actuelle est que « depuis plus d’un an, semble se mettre en place une coalition silencieuse faite de généraux à la retraite et de militants islamiques. Une montée des désordres et du chaos social pourrait « contraindre » les militaires à prendre le pouvoir, avec l’appui des islamistes ». Les vieux généraux n’ont jamais accepté les réformes démocratiques mises en œuvre après la chute du dictateur Suharto, au pouvoir de 1967 à 1998, explique encore le jésuite.

    Des élections qui viennent d’avoir lieu pour le gouvernorat de Djakarta, élections pour lesquelles les instituts de sondage donnaient le gouverneur sortant Ahok grand favori au départ, on peut tirer deux leçons pour les mois et les années à venir, continue le P. Magnis-Suseno. « La première est que l’extrémisme islamique a été sous-évalué, même par les grandes organisations musulmanes de masse que sont la Muhammadiyah et le Nahdlatul Ulama. Au cours des six derniers mois, derrière le responsable extrémiste Habib Rizieq Shihab [chef de l’organisation radicale, le Front des défenseurs de l’islam - FPI], se sont groupés de manière enthousiaste de jeunes militants du Nahdlatul Ulama et surtout de la Muhammadiyah. A l’avenir, il est possible que se vérifie un changement auquel nous sommes peut-être en train d’assister dans l’islam indonésien : les radicaux, en se proclamant représentants de l’ensemble de l’islam indonésien et en insistant sur l’identité islamique, vont jouer un rôle central sur la scène politique », analyse le missionnaire, qui rappelle que jusqu’à lors, les partis clairement revendiqués comme islamistes n’ont jamais dépassés, ensemble, les 13-14 % de suffrages aux élections nationales.

    La seconde leçon concerne la minorité chrétienne, une minorité représentant 10 % des 240 millions d’Indonésiens. « Les paroles de Basuki Tjahaja Purnama [qui ont conduit à une plainte contre lui pour « blasphème » déposée par le FPI] et sa présence même en tant que candidat [issu d’une double minorité, chrétienne et d’origine chinoise] ont représenté depuis le départ une provocation. » A l’agence Fides, le missionnaire précise que « le temps n’est pas encore venu pour l’Indonésie d’avoir un chrétien comme responsable national, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un chrétien d’origine chinoise – attendu qu’il existe un sentiment antichinois latent au sein de la société ». Le P. Magnis-Suseno ajoute que la personnalité de Basuki Tjahaja Purnama n’a pas aidé : sûr de lui, ce dernier n’a pas pris la mesure du danger en expliquant aux musulmans que ceux qui utilisaient la sourate al maidah du Coran leur mentaient lorsqu’ils leur disaient qu’il était illicite pour eux de voter pour un non-musulman.

    Dans l’immédiat, conclut le P. Magnis-Suseno, les Indonésiens chrétiens ont « offert à Ahok un appui pacifique ; en signe de solidarité, ils l’ont accompagné jusqu’aux portes de la prison, en chantant l’hymne national et en lançant ce message : les baptisés ne sont pas prêts à laisser l’Indonésie tomber entre les mains des fanatiques et des extrémistes ». Ailleurs dans le pays, des musulmans, des chrétiens, des hindous et des bouddhistes ont manifesté pour demander la révision du procès du gouverneur de Djakarta.

    Avant les présidentielles de 2019, le prochain test électoral sera celui des élections locales d’avril 2018 : les habitants de la province de Java-Ouest, la province la plus peuplée du pays et celle qui entoure la capitale Djakarta, seront appelés à élire leur gouverneur. Après deux mandats, Ahmad Heryawan, appartenant au Parti de la Justice et de la Prospérité, un parti islamiste, ne peut pas se représenter, mais sa femme pourrait le faire à sa place ; son adversaire sera l’actuel maire de Bandoung, le très populaire architecte et progressiste Ridwan Kamil. Ces derniers jours, les réseaux sociaux ont colporté l’information – fausse – selon laquelle Ridwan Kamil, qui est musulman, a autorisé en tant que maire de Bandoung la construction de 300 lieux de culte destinés à d’autres religions que l’islam. La campagne électorale est lancée…

  • Pour les députés roumains, le mariage consacre l'union d'un homme et d'une femme

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    Lu sur le site "Orthodoxie" :

    La Chambre des députés de Roumanie vote à une majorité écrasante la définition constitutionnelle du mariage comme étant celui d’un homme et d’une femme

    La Chambre des députés de Roumanie, chambre basse du Parlement roumain, a voté à une majorité écrasante en faveur de l’amendement de la Constitution nationale, définissant explicitement le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. Son vote, par 232 voix sur 270, incluait également le renforcement des droits parentaux. Ce vote a eu lieu suite à la récolte de 3,1 millions de signatures sur l’initiative du mouvement « Coalition pour la famille », alors que seulement 500.000 signatures sont requises pour soumettre un projet législatif au parlement. « C’est un moment historique » a déclaré Mihai Gheorghiu, l’un des leaders de cette initiative, laquelle était soutenue par l’Église. « C’est une manifestation de solidarité sans précédent. Trois millions de Roumains ont signé l’amendement proposé », a-t-il ajouté. L’amendement concerné modifie l’article 48,1 de la Constitution roumaine qui dispose dans sa nouvelle rédaction : « La famille est fondée sur le mariage librement consenti entre un homme et une femme, leur pleine égalité et le droit et le devoir des parents d’assurer l’éducation et l’instruction des enfants ». La Cour constitutionnelle de Roumanie a approuvé la proposition législative de révision de la Constitution initiée par la Coalition pour la Famille le 20 juillet 2016, mentionnant que celle-ci était conforme à toutes les exigences constitutionnelles. L’initiative a trouvé un large soutien auprès de l’Église orthodoxe roumaine, les Églises catholique-romaine et évangélique, de même que des groupes juridiques internationaux comme ADF International, Liberty Counsel et European Center for Law and Justice. Toutefois, afin que l’amendement soit entériné, il faut encore l’approbation du Sénat. Si celui-ci se prononce en faveur de l’amendement, un référendum aura lieu automatiquement le dernier dimanche de la période de trente jours suivant le vote sénatorial.