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Solidarité

  • Le cardinal nigérian Arinze et les migrations

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    Cela date du 4 août mais n'a rien perdu de son actualité :

    Un Cardinal nigérian exhorte les pays occidentaux à cesser d’encourager les Africains à quitter leur pays et immigrer en Europe (source)

    ROME – Le Cardinal nigérian Francis Arinze exhorte les Européens à cesser d’encourager les Africains à immigrer en Europe, insistant sur le fait que les gens sont mieux lotis dans leur pays d’origine.

    Dans une interview accordée au Catholic Herald la semaine dernière, le cardinal Arinze, 86 ans, autrefois considéré comme l’un des principaux candidats à la papauté, a déclaré que lorsque des pays africains perdent leurs jeunes à cause des migrations, ils perdent les personnes qui peuvent le mieux construire l’avenir de leur pays.

    « Ainsi, les pays d’Europe et d’Amérique peuvent parfois aider au mieux, non pas en encourageant les jeunes à venir en Europe comme s’ils considéraient l’Europe comme un paradis – un endroit où l’argent pousse sur les arbres – mais en épaulant les pays d’où ils viennent » a-t-il dit.

    « Il est préférable pour une personne de rester dans son propre pays et d’y travailler », dit-il, tout en reconnaissant que cela n’est pas toujours possible. Il a également déclaré que les chefs de gouvernement des pays africains où le taux d’émigration est élevé devraient examiner leur conscience pour déterminer pourquoi tant de personnes quittent ces pays.

    « Chaque gouvernement doit déterminer le nombre de personnes qu’il est capable d’accueillir », a dit le cardinal. « Ce n’est pas de la théorie. C’est du factuel », a dit M. Arinze. « Où est leur avenir : travail, vie familiale, culture, religion ? Pensez à tout ça. »

    « Ce sont donc toutes ces considérations que nous devons prendre en compte lorsque nous mentionnons le mot « migrant », a-t-il dit.

  • Migrations : éviter de tout confondre

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    De Pierre de Lauzun sur son blog :

    Christianisme et migration : la grande illusion (via Liberté Politique) :

    11 août 2019

    Christianisme et migration : la grande illusion

    Les migrations en cours sont un phénomène majeur et sans précédent qui mérite un examen réfléchi. On sait que l’Eglise a pris des positions parfois extrêmement offensives sur le sujet, et notamment le pape François. C’est même le point sur lequel il diverge le plus fortement par rapport au sentiment spontané de nombreux fidèles, au point de donner l’impression d’un véritable dialogue de sourds. 

    Notamment du côté officiel, même si le pape nuance à l’occasion. On y martèle un supposé devoir évangélique absolu et sans réplique d’accueillir et d’intégrer toutes les personnes qui se présentent, et on ne tient aucun compte des soucis et objections. On cherche même à les disqualifier en mettant leurs réactions exclusivement sous le compte de l’individualisme, de la peur et de l’égoïsme, comme vient encore le faire le pape dans son dernier message sur les migrants. Sans donc répondre aux soucis qui sont à la base, autrement plus substantiels.

    Au vu des données disponibles, il paraît pourtant que la position actuellement dominante dans l’Eglise ne repose pas sur une analyse compréhensive et objective de la réalité. Confondant le migrant économique avec le réfugié, elle privilégie un seul facteur : le besoin du migrant - une fois qu’il a migré ou est en train de le faire. On en déduit alors ce qui malgré les dénégations est un droit à l’immigration illimitée et à l’égalité de droit entre migrants et citoyens du pays d’accueil. Certes le pape François admet (dans ses commentaires oraux) une limite : la capacité économique du pays d’accueil. Mais il est clair que celle-ci est compatible avec des migrations de grande ampleur. Or le goulot d’étranglement, le risque majeur de la migration, n’est pas d’abord là, mais dans la disruption profonde des équilibres socio-politiques et culturels du pays d’accueil. Plus que ses prédécesseurs, le pape donne l’impression de sous-estimer ce facteur, comme il paraît sous-estimer les problèmes considérables posés par l’Islam, essentiels dans le cas de l’immigration en Europe. Comme il paraît négliger par ailleurs le très grave effet de saignée des pays d’origine que signifie la migration.

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  • Le courage des chrétiens de Bassora

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    De Vatican News :

    Les chrétiens de Bassora : un témoignage de courage

    Autrefois «Venise de l’Orient», Bassora, troisième ville d’Irak, gangrenée par la corruption et l’insalubrité, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Entre ses murs, la petite communauté chrétienne réduite à peau de chagrin offre, par sa présence, un témoignage de courage et de persévérance.
     

    Entretien réalisé par Manuella Affejee- Cité du Vatican

    Cette ville portuaire du sud de l’Irak est située sur le Chatt-el-Arab, fleuve formé par la réunion du Tigre et de l’Euphrate ; et le réseau de canaux qui la traverse lui a valu le surnom bien évocateur de «Venise de l’Orient».

    Très fertile, la région est aussi riche en pétrole et produit près de 80% de l’or noir du pays tout entier. Elle est au faîte de son rayonnement et de son abondance dans les années 1960-1970 ; la prospérité qu’elle tire de ses revenus pétroliers et son foisonnement intellectuel attire alors de nombreux Irakiens, et pas seulement.

    Corruption et déliquescence

    Des décennies de guerre, de corruption et de désengagement de l’État signeront toutefois le déclin de Bassora. La ville est aujourd’hui envahie par les immondices, ses belles bâtisses datant de l’époque ottomane décrépissent à vue d’œil. L’électricité n’est fournie que quelques heures par jour, la pollution de l’eau est devenue un problème de santé publique ; quant aux services publics, ils sont inexistants. Cet état de déréliction, entretenu par l’incurie notoire des autorités locales, a donné lieu à d’importantes manifestations, au cours de l’été 2018. Des milliers de Basraouis étaient descendus dans les rues pour dénoncer une corruption omniprésente et réclamer de meilleures conditions de vie. La répression policière avait causé la mort de plusieurs manifestants.

    Une communauté minoritaire mais active

    Immergée dans ce chaos, la petite communauté chrétienne ne peut compter sur l’appui d’aucune milice, -une cinquantaine se partage le contrôle de la ville-, ou d’aucun parti politique. Difficile dans un tel contexte pour les jeunes de trouver un travail ; beaucoup ont préféré partir à Bagdad ou au Kurdistan, parfois même à l’étranger. Sur les 1 000 familles chrétiennes recensées dans les années 2000, on n’en compte aujourd’hui que 300.

    Minoritaire depuis des siècles dans cette région essentiellement chiite, cette communauté, composée essentiellement de chaldéens et de syriaques, veut malgré tout apporter sa contribution à la société. C’est ainsi qu’une école multiconfessionnelle a pu voir le jour, grâce au soutien de l’association Fraternité en Irak ; elle accueille tant chrétiens que chiites, sunnites ou mandéens, attirés par la qualité de son éducation et son esprit d’ouverture.

    Sœur Suzanne dirige le jardin d’enfants. Cette religieuse irakienne arrivée à Bassora en 2001 nous témoigne des espoirs et des défis des chrétiens de la région, fidèles et  et pasteurs.

    Entretien avec Soeur Suzanne, religieuse irakienne
  • Prêtres – Quelle formation ?

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    Les séminaires  pour la formation du clergé séculier de l’Eglise Romaine n’ont pas toujours existé. Institués à l’époque du Concile de Trente, au temps de la contre-réforme catholique, leur création est- elle devenue obsolète ? Un article de Bevil Bramwell, omi, traduit et publié par « France Catholique » (19 août 2019) :

    JP II 1565230-49094.jpg« Les prêtres ont fait ces derniers temps l’objet de nombreux récits — y-compris d’histoires qu’on aurait aimé n’être pas survenues. On pourrait sans doute retrouver un peu de bon sens en reconnaissant la petite proportion d’affaires de mœurs concernant des prêtres — et en mesurant mieux le parcours de la grande majorité des prêtres jusqu’à leur ordination.

    Il y eut au cours du temps nombre de programmes de formation des prêtres Américains. L’actuel Programme de Formation des Prêtres ("PPF," 5ème édition) organise la formation de tous les prêtres, diocésains et religieux, aux États-Unis. Il a été lancé en 2006, peu après la première vague de révélations d’abus sexuels commis par des prêtres. Un nouveau "PPF", vraisemblablement destiné à combler les lacunes de la version précédente, est en cours d’élaboration.

    Le Programme actuel est bien rédigé, faisant appel à ce qu’on a appris de la prêtrise Catholique au cours des siècles, tant dans les domaines historique que théologique. L’axe théologique se trouve dans Pastores dabo vobis (1992) de Jean-Paul II. Le titre est inspiré de Jérémie « Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur... » (Jr, 3-15).

    Deux publications, moindres, de Jean-Paul II, contribuent par ailleurs au programme : Tertio millennio adveniente (sa lettre apostolique pour le nouveau millénaire) et Ecclesia in America son exhortation de 1999 publiée deux ans après le Synode sur "L’Église en Amérique".

    Le Programme implique, même avant l’entrée au Séminaire, que le candidat "soit voué au dialogue de prière avec Dieu et l’Église pour la mise au clair de sa vocation". L’admission comporte l’intervention de personnes le connaissant et la conclusion d’entretiens et d’évaluations psychologiques.

    Bien sûr, il n’y a encore aucun moyen d’identifier un agresseur potentiel d’enfants ou d’adultes fragiles. La formation en séminaire ne peut pas non plus être totalement organisée pour prévenir ce genre d’agression. Bien d’autres questions doivent être traitées, c’est évident, dans le cadre de la formation. Cependant, les candidats sont issus d’une culture comportant nombre de cas d’abus au sein de familles ou autres milieux.C’est donc, depuis quelques décennies devenu une question , un souci urgents. Et nous savons bien, hélas, que ce genre de souci n’a guère été traité au cours des dernières années.

    Après approbation du comité de sélection, le candidat entre dans la vie du séminaire. Selon Jean-Paul II, cette vie est « dans le droit fil de l’Église de communauté apostolique rassemblée autour de Jésus, à l’écoute de Sa parole, en marche vers la Pâque, attendant la venue de l’Esprit pour l’accomplissement de la mission. »

    Le programme du séminaire est établ pour aider les séminaristes à suivre le Christ, Tête et Pasteur de l’Église, et à s’unir à Lui dans Sa mission de par le monde. Manquer cette vérité fondamentale de recherche de sainteté risque d’entraîner des abus et nombre de problèmes sérieux.

    Jean-Paul II poursuit : « De plus, entraînés par la grâce, les séminaristes s’ouvrent à l’œuvre divine de leur évolution. Et la préparation en nous d’un espace consacré au Seigneur est la base d’une formation. » Pour mener à sa fin cette transformation complexe, le programme traite du développement du séminariste dans les quatre domaines de l’existence — humain, spirituel, intellectuel et pastoral. Chacun de ces domaines est soigneusement découpé en étapes pour guider le séminariste dans leur franchissement, année après année.

    Un exemple dans le domaine du développement humain : le candidat devrait avoir "un solide caractère moral et une conscience morale fort développée, être ouvert à la conversion".

    Un tel candidat devrait être apte à la vie en communauté et être pour tous un exemple car on attend des Catholiques laïcs qu’ils suivent le même chemin vers la sainteté.

    Au sujet de la sexualité, la riche interprétation catholique précise « Les divers aspects du comportement humain — physique, psychologique et spirituel — se réunissent en maturité affective, y-compris dans le domaine sexuel.

    Voici un aspect de la sexualité humaine : « La sexualité englobe tous les aspects de la personne humaine dans l’union de l’âme et du corps. Elle concerne particulièrement l’affectivité, la faculté d’aimer et de procréer, et, plus généralement, le comportement nécessaire à la formation de liens avec autrui. » En fait, malgré le côté ironique de la situation présente avec les affaires sexuelles au sein du clergé, les laïcs peuvent beaucoup apprendre en ce domaine auprès des prêtres.

    Dans le domaine du développement spirituel, les règles pour la prière comportent : la participation du séminariste à l’Eucharistie lors de l’Office Divin ; le Sacrement de Pénitence ; la prière en privé ; et bien sûr une profonde dévotion pour l’Eucharistie et envers notre bienheureuse Mère.

    Sur le plan intellectuel, la formation fait un appel fondamental à l’intelligence de l’homme, avec la participation de la lumière divine, et tente d’acquérir la sagesse qui en retour ouvre l’esprit à la volonté de Dieu. Ceci implique l’attente du développement par le candidat de sa connaissance de Jésus Christ et des mystères de la foi.

    Être prêtre implique lors des offices le partage avec le Christ, prêtre, prophète et roi. Chaque office comporte une leçon d’amour des Écritures, d’écoute du Magistère, et de profonde pénétration dans la tradition.
    Peu de gens mesurent le besoin pour l’Église de former les prêtres dans de nombreux domaines nécessitant divers talents individuels. Le Programme comporte une forte part de prévision et de gestion — deux domaines souvent moqués car jugés trop importants dans la vie de l’Église. Mais que deviendraient une paroisse ou un diocèse sans prêtres capables de les administrer — par une bonne gestion ?

    Une lueur spirituelle éclaire ces questions car « Le séminaire est le premier et plus important établissement d’enseignement pour les disciples de Jésus. En même temps, le séminaire est une communauté de charité et d’amitié. En définitive, le séminaire est une communauté d’adoration et de prière dont la source trouve son sommet dans la célébration de l’Eucharistie.

    Malgré les nombreux problèmes dont nous ne sommes que trop conscients, le séminaire est un composant de l’Église du lieu et mérite l’amour, la prière et le soutien des fidèles.

    Photo : Karol Wojtyla (au centre) avec des frères séminaristes, (1944).

    Source : https://www.thecatholicthing.org/2019/06/16/priests-where-do-they-come-from/

    Ref. Prêtres – Quelle formation ?

    JPSC

  • Dans la gazette : les préoccupations du pape sur l'Europe, les migrations, le populisme, l'environnement, l'Amazonie...

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    Du site de La Stampa, cette nouvelle interview du pape :

    Pape François: "Le souverainisme me fait peur, mène à la guerre"

    Le Pontife: "L’Europe ne doit pas fondre, il faut la sauver, elle a des racines humaines et chrétiennes. Une femme comme Ursula von der Leyen peut faire revivre la force des pères fondateurs "

    09 août 2019

    CITÉ DU VATICAN. Le pape ouvre la porte à 10h30 avec son sourire aimable. On entre dans l'une des pièces utilisée pour recevoir les gens, meublée avec l'essentiel, sans distractions ni luxe, juste un crucifix accroché au mur. Nous sommes arrivés à l'entrée du Perugino, la plus proche de la Casa Santa Marta. Scénario habituel: quelques soutanes, gendarmes et gardes suisses. À l'arrière-plan, le dôme de Saint-Pierre. Au Vatican, la routine habituelle est ralentie par la chaleur et le climat des vacances. Pour le pape François, ce n’est pas un jour ordinaire: c’est le 6 août, le 41e anniversaire de la mort de saint Paul VI, un pontife auquel il tient particulièrement: "En ce jour, j’attends toujours un moment pour descendre aux cryptes sous la basilique et rester seul dans la prière et le silence devant sa tombe. C'est bon pour mon coeur ». Les plaisanteries ne durent pas longtemps, nous sommes au coeur de la conversation.

    François est gai et détendu. Et concentré. Ses capacités d'écoute sont impressionnantes. Il regarde toujours dans les yeux. Jamais la montre. Il prend les moments de réflexion nécessaires avant d'exprimer un avis délicat. On évoque l'Europe, l'Amazone et l'environnement. L'entretien est intense et ininterrompu. Le pape ne boit même pas une gorgée d'eau. Nous le lui signalons, il secoue les épaules et répond en souriant: "Je ne suis pas le seul à ne pas avoir bu."

    Votre Sainteté, vous avez exprimé l'espoir que "l'Europe sera à nouveau le rêve des pères fondateurs". Qu'attendez-vous?

    "L'Europe ne peut et ne doit pas se dissoudre. C'est une unité historique, culturelle et géographique. Le rêve des pères fondateurs était cohérent car il s'agissait d'une mise en œuvre de cette unité. Maintenant, nous ne devons pas perdre cet héritage ".

    Comment voyez-vous cela aujourd'hui?

    "Il s'est affaibli au fil des ans, en partie à cause de problèmes administratifs et de désaccords internes. Mais vous devez le sauver. Après les élections, j'espère qu'un processus de relance va démarrer et qu'il se poursuivra sans interruption ".

    Êtes-vous satisfait de la nomination d'une femme à la présidence de la Commission européenne?

    « Oui. Aussi parce qu'une femme peut être apte à raviver la force des pères fondateurs. Les femmes ont la capacité de rapprocher, d'unir ».

    Quels sont les principaux défis?

    "Un par-dessus tout: le dialogue. Entre les parties, les hommes. Le mécanisme mental doit être "d'abord l'Europe, puis chacun de nous". Le "chacun de nous" n'est pas secondaire, c'est important, mais l'Europe est plus importante. Dans l'Union européenne, nous devons parler, comparer et savoir. Parfois, nous ne voyons que des monologues de compromis. Non: il faut aussi écouter ».

    De quoi avez-vous besoin pour dialoguer?

    "Nous devons partir de notre propre identité".

    Ici, les identités: pour combien comptent-elles? Si nous en faisons trop avec la défense des identités, ne risquons-nous pas l'isolement? Comment réagissons-nous aux identités génératrices d'extrémisme?

    "Je vous donne l'exemple du dialogue œcuménique: je ne peux faire de l'œcuménisme que si je pars de mon catholicisme, et l'autre qui pratique l'œcuménisme avec moi doit le faire en tant que protestant, orthodoxe ... Son identité n'est pas négociable, elle est intégrée. Le problème avec les exagérations est que l'on se ferme sur son identité, on ne s'ouvre pas. L'identité est une richesse - culturelle, nationale, historique, artistique - et chaque pays a la sienne, mais elle doit être intégrée au dialogue. Cela est décisif: de sa propre identité, il faut s’ouvrir au dialogue afin de recevoir quelque chose de plus grand de l’identité des autres. N'oubliez jamais que le tout est supérieur à la partie. Globalisation, l'unité ne doit pas être conçue comme une sphère, mais comme un polyèdre: chaque peuple conserve son identité dans l'unité avec les autres ".

    Quels sont les dangers du la souverainisme?

    "Le souverainisme est une attitude d'isolement. Je suis inquiet parce que nous entendons des discours qui ressemblent à ceux d'Hitler en 1934. «D'abord, nous. Nous ... nous ... ": ce sont des pensées effrayantes. Le souverainisme est la fermeture. Un pays doit être souverain, mais pas fermé. La souveraineté doit être défendue, mais les relations avec les autres pays et avec la Communauté européenne doivent également être protégées et promues. Le souverainisme est une exagération qui finit toujours mal: il conduit à des guerres ».

    Et les populismes?

    "Même discours. Au début, j’ai eu du mal à comprendre parce que, en étudiant la théologie, j’ai approfondi le popularisme, c’est la culture du peuple: une chose est que les gens s’expriment, un autre est d’imposer une attitude populiste au peuple. Le peuple est souverain (il a une façon de penser, de s’exprimer et de ressentir, d’évaluer), mais les populismes nous mènent à des souverainismes: ce suffixe, "isme", n’est jamais bon ".

    Comment parler des migrants?

    «Tout d'abord, n'oubliez jamais le droit le plus important: le droit à la vie. Les immigrants arrivent principalement pour fuir la guerre ou la faim, du Moyen-Orient et d'Afrique. Sur la guerre, nous devons nous engager et lutter pour la paix. La faim concerne principalement l’Afrique. Le continent africain est victime d'une malédiction cruelle: il semble être exploité dans l'imaginaire collectif. Une partie de la solution consiste plutôt à investir sur place pour résoudre leurs problèmes et mettre un terme aux flux migratoires. "

    Mais puisqu'ils viennent à nous, comment devrions-nous nous comporter?

    "Les critères doivent être suivis. Premièrement: recevoir, qui est aussi une tâche évangélique chrétienne. Les portes doivent être ouvertes et non fermées. Deuxièmement: accompagner. Troisièmement: promouvoir. Quatrième intégrer. Dans le même temps, les gouvernements doivent penser et agir avec prudence, ce qui est une vertu du gouvernement. Qui administre est appelé à dire combien de migrants peuvent être reçus ».

    Et si le nombre est supérieur aux possibilités de réception?

    «La situation peut être résolue par le dialogue avec d'autres pays. Il y a des États qui ont besoin de gens, je pense à l'agriculture. J'ai vu quelque chose comme cela qui s'est passé récemment face à une urgence: cela me donne de l'espoir. Et puis, savez-vous à quoi cela servirait aussi? "

    A quoi ?

    « La créativité. Par exemple, ils m'ont dit que dans un pays européen, il y a des villes à moitié vides en raison du déclin démographique: certaines communautés de migrants pourraient y être transférées, ce qui pourrait, entre autres, relancer l'économie de la région ".

    Sur quelles valeurs communes devrait reposer la relance de l'UE? L'Europe a-t-elle encore besoin du christianisme? Et dans ce contexte, quel rôle ont les orthodoxes?

    «Le point de départ, ce sont les valeurs humaines de la personne humaine. Avec les valeurs chrétiennes: l'Europe a des racines humaines et chrétiennes, c'est l'histoire qui la raconte. Et quand je dis cela, je ne sépare pas catholiques, orthodoxes et protestants. Les orthodoxes ont un rôle très précieux pour l'Europe. Nous avons tous les mêmes valeurs fondamentales ».

    Nous traversons mentalement l'océan et pensons à l'Amérique du Sud. Pourquoi convoquer un synode sur l'Amazone en octobre au Vatican?

    "Il est le" fils "de" Laudato si '". Ceux qui ne l'ont pas lu ne comprendront jamais le Synode sur l'Amazonie. Laudato si ’n’est pas une encyclique verte, c’est une encyclique sociale qui repose sur une réalité" verte ", la garde de la Création".

    Y at-il un épisode significatif pour vous?

    "Il y a quelques mois, sept pêcheurs m'ont dit:" Ces six derniers mois, nous avons collecté 6 tonnes de plastique". L'autre jour, j'ai lu un article sur un immense glacier d'Islande qui avait presque complètement fondu: ils lui avaient construit un monument funéraire. Avec l'incendie de la Sibérie, certains glaciers du Groenland ont fondu par tonnes. Les habitants d'un pays du Pacifique sont en mouvement parce que dans vingt ans, l'île où ils vivront ne sera plus. Mais les données qui m'ont le plus choqué en sont une autre ».

    Lequel?

    «The Overshoot Day: le 29 juillet, nous avons épuisé toutes les ressources régénérables de 2019. À partir du 30 juillet, nous avons commencé à consommer plus de ressources que celles que la planète parvient à régénérer en un an. C'est très grave. C'est une situation d'urgence mondiale. Et le nôtre sera un synode d’urgence. Mais faites attention: un synode n'est pas une réunion de scientifiques ou d'hommes politiques. Ce n'est pas un Parlement, c'est autre chose. Cela vient de l'Eglise et aura une mission et une dimension évangélisatrices. Ce sera une œuvre de communion guidée par le Saint-Esprit ".

    Mais pourquoi se concentrer sur l'Amazone?

    «C'est un lieu représentatif et décisif. Avec les océans, il contribue de manière décisive à la survie de la planète. Une grande partie de l'oxygène que nous respirons provient de là. C'est pourquoi la déforestation signifie tuer l'humanité. Et puis, l’Amazonie implique neuf États et ne concerne donc pas un seul pays. Et je pense à la richesse de l'Amazonie, de la biodiversité végétale et animale: c'est merveilleux ».

    Le Synode discutera également de la possibilité d'ordonner des "viri probati", hommes âgés et mariés, qui peuvent remédier au manque de clergé. Sera-ce l'un des thèmes principaux?

    "Absolument pas: il s'agit simplement d'un point de l'Instrumentum Laboris (le document de travail, éd). L’important sera les ministères de l’évangélisation et les différentes façons d’évangéliser ".

    Quels sont les obstacles à la sauvegarde de l'Amazonie?

    "La menace de la vie des populations et du territoire découle des intérêts économiques et politiques des secteurs dominants de la société".

    Alors, comment la politique devrait-elle se comporter?

    «Éliminer leurs propres connivences et corruptions. Il doit assumer des responsabilités concrètes, par exemple en ce qui concerne les mines à ciel ouvert, qui empoisonnent l’eau et causent tant de maladies. Ensuite, il y a la question des engrais ".

    Votre Sainteté, que craignez-vous le plus pour notre planète?

    «La disparition de la biodiversité. Nouvelles maladies mortelles. Une dérive et une dévastation de la nature pouvant mener à la mort de l’humanité ".

    Voyez-vous une prise de conscience de la question de l'environnement et du changement climatique?

    "Oui, en particulier dans les mouvements de jeunes écologistes, comme celui dirigé par Greta Thunberg, "Fridays for future". J'ai vu un de leur panneau qui m'a frappé: "Nous sommes l'avenir!" ».

    Notre conduite quotidienne - recycler, faire attention à ne pas gaspiller l’eau à la maison - peut affecter ou est insuffisante pour contrer le phénomène?

    "Cela concerne tout, car il s’agit d’actions concrètes. Et surtout, cela crée et diffuse la culture de ne pas souiller la création ».

  • Pakistan : le curé de la paroisse de Pansara lance un appel à la solidarité afin de l’aider à libérer des esclaves

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Il libère les chrétiens esclaves au Pakistan

    Rédigé par Odon de Cacqueray suite à un entretien avec le père Emmanuel Parvez le 

    Il libère les chrétiens esclaves au Pakistan

    Au Pakistan, l’esclavage existe encore. De nombreux pauvres pakistanais, n’ayant pas les moyens de se loger, sont au service de propriétaires terriens qui les exploitent contre un salaire de misère et un abri. Face à cette réalité qui touche bon nombre de chrétiens, le père Parvez curé de la paroisse de Pansara, a lancé un appel à la solidarité afin de l’aider à libérer ces esclaves et leur fournir un toit. L’association Sos Chrétiens d’Orient  a répondu présent et aide depuis le mois de janvier 2017. Ils ont permis la construction de deux églises, l'acquisition d'un terrain afin de réaliser un villages pour les chrétiens et les sortir d'une situation de dépendance (esclavagisme économique). Ils ont également financé 25 maisons à Karachi et Faisalabad ainsi qu'un centre éducatif pour la jeunesse. Le père Parvez étant de passage à Paris, nous avons fait un point avec lui sur la situation du Pakistan et des chrétiens sur place. 

    Père Parvez, vous êtes prêtre au Pakistan, vous êtes déjà venu deux ans auparavant en France. Quelle est la situation actuellement dans votre pays ? 

    Le Pakistan a un nouveau gouvernement qui goûte au pouvoir pour la première fois. Notre Premier ministre, Imran Khan, qui est un ancien joueur de cricket international, semble être vraiment honnête. Il veut renforcer le Pakistan, en éliminant beaucoup de problèmes comme la corruption. La corruption est ce qui a envoyé notre précédent président et son Premier ministre en prison. 

    Ce nouveau gouvernement essaye de créer un Pakistan maître de son territoire. Il veut faire payer l’impôt à beaucoup de ceux qui n’en ont jamais payé. À cause de cette imposition, beaucoup de Pakistanais ne l’aiment pas. L’inflation a augmenté la crise du Pakistan, la valeur de notre devise est en baisse. Tout devient très cher, spécialement le pétrole, les légumes, etc. Nous sommes dans un nouvel état d’urgence. Le Premier ministre a beau vouloir améliorer les choses, beaucoup d’obstacles l’en empêchent.

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  • RDC : à la demande des évêques congolais, le président Museveni (Ouganda) accepte d’intervenir pour démanteler les milices musulmanes et autres infiltrées au Kivu et dans l’Ituri.

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    Lu ce 24 juillet sur le site web de « La Libre Afrique » :  

    Mgr Utembi R56A4723.JPG« L’épiscopat congolais a obtenu mardi du président ougandais Yoweri Museveni sa collaboration au démantèlement des groupes armées actifs depuis plus de deux décennies dans l’est de la République démocratique du Congo particulièrement les milices de Forces démocratiques alliées (ADF), selon un communiqué. Le président de l’épiscopat congolais, Mgr Marcel Utembi (photo), et sa délégation qui participaient à une assemblée plénière des évêques d’Afrique et Madagascar tenue à Kampala, ont été invités à une audience auprès du président Museveni, à sa demande.

    « Le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a saisi cette occasion pour transmettre au président de l’Ouganda la préoccupation de l’épiscopat congolais sur la présence des rebelles étrangers », dont des milices du groupe armé ougandais musulman Forces démocratiques alliées, selon le communiqué.

    En réaction, « le président Museveni a affirmé sa détermination à collaborer avec les autorités de la RDC pour le démantèlement de ces groupes armés qui sont aussi un danger pour son pays », peut-on lire dans ce communiqué, soulignant « l’importance de l’implication de la population concernée dans cette lutte ».

    « Mgr Marcel Utembi a réitéré la disponibilité de l’épiscopat congolais à accompagner, comme autorités morale, avec les Eglises soeurs, les États concernés dans la lutte contre l’insécurité dans la région des Grands Lacs africains, pour l’édification de la paix », poursuit le communiqué.

    Opposés au président Museveni, ces miliciens musulmans ougandais présents dans l’est de la RDC depuis 1995 ne s’attaquent pas à l’Ouganda, mais commettent des exactions sur des populations congolaises.

    Ils sont accusés par le gouvernement congolais et la mission de l’ONU, la Monusco, d’être responsables de massacres des civils dans la région de Beni ayant fait plus de mille morts depuis octobre 2014.

    Selon un rapport du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) de l’Université de New York, les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries, mais au côté d’autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l’armée régulière.

    Densément peuplé et riche en ressources, l’est de la RDC subit guerres, violences des groupes armés, enlèvements, exactions, viols, actes de banditisme… depuis la fin du génocide des Tutsis au Rwanda voisin en 1994 et le renversement du maréchal Mobutu en 1997. »

    Ref. RDC: l’épiscopat sollicite Museveni pour le démantèlement des groupes armés dans l’est

    Voir aussi : Malédiction sur l’Est du Congo

    JPSC

  • Malédiction sur l’Est du Congo

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    Depuis l’indépendance immature donnée au Congo en 1960, les guerres endémiques, tribales ou autres, n’ont jamais cessé dans l’Est de ce pays : de l’Uélé au Maniéma, en passant par l’Ituri et le Kivu. Leur histoire, celle d’un chemin de croix jalonné d'un nombre incalculable de morts parmi les populations, reste à écrire : elle crie vengeance au ciel.

    Et voici qu’à la folie des hommes, la nature implacable, sous le regard toujours inquiétant du Nyiragongo surplombant la ville de Goma, ajoute un fléau dont le nom porte aujourd’hui la terreur dans toute la région transfrontalière des Grands Lacs : Ebola. Que fait exactement aujourd’hui la Belgique, ancienne puissance tutélaire de ces régions, pour  leur venir en aide, généreusement et sans calcul ?

    Lu sur le site Afrikarabia, sous la signature de Christophe Rigaud :

    « Le virus tueur poursuit sa route mortelle dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Ces derniers jours, une vingtaine de décès a été enregistrée, portant à 1728 le nombre de morts victimes de l’épidémie d’Ebola, déclarée en août 2018 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Cette crise sanitaire, la plus grave enregistrée en RDC depuis 1976, a été décrétée « urgence sanitaire mondiale » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), preuve de l’extrême inquiétude que suscite la rapidité de propagation du virus. L’alerte rouge mondiale fait craindre une épidémie proche de celle qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016… avec plus de 11.000 morts.

    Une propagation éclair

    L’OMS avait refusé à trois reprises de déclarer « l’urgence mondiale » au Congo, mais le cas d’un prêtre signalé à Goma, la capitale du Nord-Kivu de plus d’un million d’habitants, a clairement changé la donne. L’histoire de ce prêtre congolais est un cas d’école, et éclaire de la rapidité de diffusion du virus. Le pasteur, originaire du Sud-Kivu, prêchait dans les églises de Butembo, épicentre du virus, « où il apposait régulièrement ses mains sur ses fidèles », ont expliqué les autorités congolaises. Les premiers symptômes sont apparus le 9 juillet. Il se rend alors à Goma en bus le 14 juillet et passe les contrôles sanitaires en dissimulant son identité. A Goma, il est diagnostiqué positif à Ebola et décède le 15 juillet lors de son transfert dans un centre spécialisé de Butembo. L’homme d’église n’a survécu que 7 jours après l’apparition des premiers symptômes.

    Risque d’épidémie transfrontalière

    L’inquiétude gagne alors la métropole de Goma, jusque-là épargnée par l’épidémie. Une liste de 97 personnes, entrées en contact avec le pasteur, est établie par le ministère de la Santé. Elles seront toutes rapidement vaccinées, mais le risque de contagion dans cette ville-frontière avec le Rwanda préoccupe autorités et habitants. Si la ville de Goma était touchée, le risque de diffusion aux pays de la région est considérable selon les spécialistes de l’OMS. La proximité avec le Rwanda voisin, un pays à très forte densité de population, augmenterait considérablement le risque de contagion régionale au Soudan du Sud et à l’Ouganda. « Plus la transmission est longue, plus il est probable qu’il atteindra l’un de ces pays » estime Ray Arthur, directeur du CDC’s Global Disease Detection Operations Center au site The New Humanitarian. Chaque mois, 100.000 personnes traversent la frontière avec le Rwanda.

    Soudan, Rwanda, Ouganda menacés

    Si les autorités rwandaises semblent avoir pris la mesure du danger en identifiant 15 zones où le virus pourra être traité, ce n’est pas le cas du Sud-Soudan, englué dans un conflit sans fin. La mauvaise qualité des infrastructures, l’insécurité et la crise politique, font craindre une mauvaise prise en charge de l’épidémie. En Ouganda, qui possède une longue frontière avec la RDC, les autorités ont mis en place des scanners de températures aux entrées du pays et des milliers d’agents ont été vaccinés. Chaque mois, près d’un million de personnes passent la frontière entre les deux pays. En dehors du risque sanitaire, la menace de la fermeture des frontières entre la RDC et ses voisins de l’Est pourrait également provoquer une importante crise économique. La zone du Nord-Kivu et de Goma constitue en effet un noeud commercial régional vital pour les populations de l’Est congolais. L’Union africaine, consciente des risques économiques, « déconseille toute restriction de voyage dans la zone ».

    Gagner la bataille de la confiance

    Mais pour l’instant, le plus grand danger de propagation du virus se situe à l’intérieur des frontières congolaises, et s’appelle… la rumeur et la désinformation. Depuis le début de l’épidémie en août dernier, la population se montre extrêmement méfiante envers la maladie et les personnels de santé, surtout lorsqu’ils viennent de pays étrangers. Plus de 120 « incidents » et attaques d’agents de santé ont été recensés dans la région, rendant l’épidémie encore plus difficile à contrôler. De nombreux congolais pensent que le virus « n’existe pas » et que les vaccins proposés par la communauté internationale sont « dangereux » et uniquement destinés à enrichir les laboratoires pharmaceutiques occidentaux. Certaines familles préfèrent également enterrer leurs morts clandestinement pour procéder à des funérailles « traditionnelles », mais extrêmement dangereuses pour la propagation du virus. La confiance des populations constitue l’une des principales batailles à gagner pour l’OMS. Lorsque que l’on rajoute à cela des dizaines de groupes armés qui pullulent dans la région et entravent la circulation des ONG et des personnels de santé… la guerre contre Ebola prendra du temps au Congo. Un temps précieux, puisque plus la crise dure, plus il est probable qu’elle se propage dans les autres pays de la région… reste à savoir quand.

    Christophe Rigaud – Afrikarabia ».

    JPSC

  • Vincent Lambert : un impardonnable silence de l'Eglise

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    Du site "Benoît et moi" :

    Vincent: Quel silence de l'Eglise!

    Du Pape aux évêques de France, plus un mot, plus une voix qui essaie de se faire entendre pour inverser son destin. Sauf celle du cardinal Burke. Article de Luisella Scrosati (8/7/2019)

    >>> Vincent: une voix française venue d'Italie

    VINCENT AGONISE DANS LE SILENCE DU MONDE (ET DE L'ÉGLISE)

    Luisella Scrosati - www.lanuovabq.it - 8 juillet 2019

    Ma traduction
    * * *
    Depuis une semaine, le Français handicapé de 42 ans est privé d'eau et de nourriture. Les médias sont maintenant presque muets, attendant que Vincent meure de faim et de soif pour répéter les mêmes mensonges pro-euthanasie. Aujourd'hui, les avocats des deux parents prendront la parole à Paris pour crier la vérité au monde entier. Les évêques français sont silencieux, et même le Pape François n'a pas voulu lancer un appel pour Lambert, tout comme Mgr Paglia, président de l'Académie pontificale pour la vie. Pourtant, l'Église devrait crier aux quatre vents qu'une injustice est commise contre la vie d'une personne sans défense, comme l'a rappelé le cardinal Burke dans une interview. Aussi parce que le salut des âmes est en danger.

    ---
    Nous en sommes au septième jour de barbarie autorisée contre Vincent Lambert et le récit médiatique est désormais presque muet sur le sujet. Quand Vincent - à Dieu ne plaise - mourra, ils parleront, ou plutôt vocaliseront à nouveau les choses habituelles jusqu'à plus soif, pour s'assurer que l'hébétude de l'opinion publique a atteint une bonne marge de sécurité. (...)

    Les évêques français sont désormais silencieux. Il est vrai qu'à l'occasion de la tentative d'euthanasie de Vincent, arrêtée par la Cour d'appel de Paris le 20 mai dernier, ils se sont fait entendre: d'abord les plus directement concernés, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, évêque de Reims, et son auxiliaire, Mgr Bruno Feillet; et puis aussi l'archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, et d'autres évêques. Mais il est vrai aussi que la condamnation a été répétée et que Vincent agonise depuis une semaine; il faudrait donc que l'épiscopat français compact dénonce à nouveau et avec plus de force qu'il s'agit d'un meurtre, dont les auteurs sont des hommes politiques, des médecins et des membres de famille qui ont des noms et prénoms bien précis; que c'est une volonté précise de faire entrer l'euthanasie par la fenêtre, puisque par la porte, c'est encore trop tôt (jusque quand?).

    Il faut aussi mobiliser les catholiques et toutes les personnes de bonne volonté pour résister, prier, et dénoncer la désinformation continue et martelante des médias. C'est le moins que l'on puisse et que l'on doive faire, pour soutenir le cri continu de la maman, Viviane et du papa, Pierre, cet homme de quatre-vingt-dix ans qui souffre de pathologie cardiaque, qui voit un fils handicapé tué, et qui, hier après-midi encore, en allant à l'hôpital de Reims pour rendre visite à son fils, disait au monde la vérité: «C'est un meurtre maquillé, une euthanasie».

    Malheureusement, rien n'est venu non plus du Saint-Père, qui a eu à sa disposition l'audience générale de mercredi dernier et l'Angélus d'hier pour lancer un appel qui tente d'arrêter la main du bourreau, ou du moins qui mette devant les yeux du monde le fait qu'en France, un homme est sur le point d'être tué, uniquement parce qu'il est handicapé, et que les normes élémentaires des droits humains sont violées, reconnues en paroles et ignorées dans les faits.

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  • Irak : un village chrétien reconstruit grâce aux catholiques hongrois

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    Irak : L’église hongroise reconstruit un village chrétien détruit pendant la guerre contre l’État Islamique

    « Ô vous les esclaves de la croix. Vous n’avez pas de place dans un Etat islamique. Partez, ou nous vous tuerons. »

    Batnaya, village chrétien en Irak dans la pleine de Ninive, a été au coeur de la guerre en Irak contre l’État Islamique. Batnaya avait été complètement détruit par la coalition pour en déloger les djihadistes. Mais en 2017, la Conférence épiscopale catholique hongroise avait lancé une campagne de levée de fonds. Deux ans plus tard, la rénovation a commencé.

    Au lendemain de la guerre, les murs de ce village fantôme continuaient de proférer les menaces des islamistes. Les mines et les tunnels creusés par les djihadistes n’invitaient pas au retour.

    « Ô vous les esclaves de la croix. Vous n’avez pas de place dans un État islamique. Partez, ou nous vous tuerons. »

    En mai 2018, un chrétien, Deacon Marcus, se faisait le témoin de la ruine et la désolation.

    « J’ai visité le village chrétien de Batnaya, un village au nord de l’Irak, à proximité de Mosul. Le village a été pris par l’État Islamique quelques années auparavant et a été pratiquement détruit par les frappes aériennes. Par conséquent, de nombreux villageois n’ont pas pu y retourner et restes déplacés. »

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    Mais les chrétiens hongrois ont décidé de se mobiliser pour leurs frères et soeurs d’Irak. À ce jour, 500 000 $ ont été récoltés. C’est dans des « circonstances difficiles » que la reconstruction a pu recommencer.

    Le communiqué du secrétariat de la conférence des évêques catholiques hongrois indique qu’il est question de « solidarité fraternelle de la communauté chrétienne » :

    « Le soutien financier n’est pas seulement une aide concrète pour les familles déplacées, mais aussi une expression de la solidarité fraternelle de la communauté chrétienne. Il est basé sur l’espoir que Dieu préparera l’avenir et la paix pour ceux qui se trouvent dans la situation la plus difficile. »

    M.C.

    Crédit Image : answer5 / Shutterstock.com

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    © Info Chrétienne

  • Malgré la maladie, "vivre à fond " grâce aux soins palliatifs !

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    Du Bulletin de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Malgré la maladie, "vivre à fond " grâce aux soins palliatifs !

     Auteur / Source : www.knmg.nl

    « On reçoit beaucoup d'aide des infirmières qui viennent par exemple s'assoir près de votre lit, qui vous prennent la main, pour vous aider à gérer ce moment difficile… Vous êtes pris en charge si chaleureusement… Ils sentent d'une manière ou d'une autre que vous vivez dans une monde d'angoisse et d'histoire terminale. Les soins palliatifs, ce n'est pas seulement de bien vivre sur le plan physique, mais aussi de trouver comment traverser la journée, comment vivre plus joyeusement. »

    Voilà le témoignage que livre Joop, atteint d'un cancer à l'âge de 80 ans, dans la campagne créée par le ministère de la Santé néerlandais destinée à mieux faire connaître les soins palliatifs : « On m'a dit que j'allais mourir. Mais jusqu'à ce moment-là, je vivrai. »

    A cette campagne de sensibilisation, se raccroche un livret en ligne composé de 9 fiches très accessibles. Une réalisation conjointe de la Fédération des Patients aux Pays-Bas, l'association Soins Palliatifs Pays-Bas et la Société Royale Néerlandaise pour l'avancée de la médecine (KNMG), pour rappeler que les soins palliatifs visent à procurer une qualité de vie aussi élevée que possible aux personnes dont la vie est menacée par la maladie. Pas à pas, le manuel explique comment parler de la fin de vie avec ses proches, avec son médecin, quelles aides et quels soins sont disponibles, l'endroit où la personne peut être soignée, comment manifester et concrétiser ses derniers souhaits, …

    Les soignants sont invités à recommander ce livret à leurs patients et aux proches de ceux-ci, afin de favoriser la communication autour de l'accompagnement en fin de vie.

    Le texte est basé sur les accords auxquels sont parvenus en 2017 des représentants de patients, de proches, de personnes âgées, de soignants et d'assureurs santé, sur la qualité des soins palliatifs. Ces accords sont maintenant petit à petit en train d'être mis en pratique par les différentes organisations de soins palliatifs et les soignants.

    Malgré la proximité de la mort, tout respire la vie dans ces deux projets. La vie à fond, la volonté de redonner goût à la vie jusqu'au bout … Tout, sauf à un endroit, dans le manuel aussi bien que sur le site de la campagne : l'option de l'euthanasie surgit de façon assez dissonante : « Si vous souffrez de façon insupportable et que vous ne voulez plus vivre, vous pouvez demander l'euthanasie à votre médecin : le fait de mettre fin à votre vie par des médicaments ». On a du mal à comprendre comment la mort provoquée s'articule au sein des soins palliatifs. Hâter la mort ne risque-t-il pas de couper l'élan propre des soins palliatif, qui est d'accompagner la vie jusqu'à la mort ?

  • Les sanctions financières prises contre la Syrie font grandement souffrir la population

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    Du site de l'Oeuvre d'Orient :

    Les sanctions financières prises contre la Syrie font "grandement souffrir" la population, estime Mgr Gollnisch (entretien)

    Les sanctions financières prises par l’Union européenne à l’encontre de la Syrie sont « inacceptables » et contre-productives, a confié à I.MEDIA Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’Œuvre d’Orient, le 11 juin 2019. Il s’exprimait en marge de la 92e assemblée plénière de la Réunion des associations catholiques d’aide aux chrétiens d’Orient (ROACO) à Rome (Italie).

    Le pape s’est réjoui de la “voix d’espérance et de consolation” qu’apportent les associations de la ROACO. Quelles sont les décisions prises lors de cette 92e assemblée plénière pour que le travail continue ?

    Nous n’avons pas nécessairement pour but de prendre des décisions mais parfois cela nous permet des prises de conscience. Je peux en relever deux. En Syrie, l’Union européenne a pris des sanctions économiques. Elles font grandement souffrir une population déjà meurtrie par neuf ans de guerre, comptant plus de 300.000 morts et un million de blessés. On est en train de faire souffrir la population syrienne pour parvenir à des démarches politiciennes qu’on n’a pu obtenir ni par la diplomatie ni par l’intervention militaire.

    De telles sanctions économiques sont inacceptables. Elles resserrent en outre la population derrière le président Assad, lui permettant de nourrir un discours anti-occidental. De plus, elles font davantage dépendre la Syrie de l’Iran, seul pays par lequel un certain nombre de denrées peuvent circuler. C’est complétement contre-productif. Beaucoup de nos agences sont prêtes à demander à leur pays respectifs de repenser la question de ces sanctions. Notre démarche est d’être aux côtés de la population, pas de la sanctionner.

    Une deuxième prise de conscience est celle des pratiques financières des Eglises orientales. Ces dernières sont très diverses quant à leurs finances. Dans un même lieu, il peut y avoir des diocèses riches et d’autres pauvres. Donc, le soutien que nous pouvons apporter de la part des chrétiens d’Occident suppose aussi plus d’information, plus de clarté et une pratique financière plus rigoureuse sur la destination des fonds. Cette rigueur, largement répandue en Europe, doit aussi se pratiquer dans les Eglises orientales car nous sommes contrôlés et nous devons rendre compte de la destination des fonds.

    Comment comprenez-vous le coup de sang du pape François lorsqu’il dit que “la colère de Dieu éclatera contre les responsables de pays qui parlent de paix et vendent les armes pour faire des guerres” ?

    Le pape est dans son rôle pour lutter contre les marchands d’armes. Cela ne date pas d’hier, on pourrait rappeler les déclarations des précédents pontifes à ce sujet. Cela s’inscrit dans une longue tradition. Ce serait bien que ces appels soient entendus. Ce ne sont pas simplement des doux rêves. Il est cependant difficile d’évaluer exactement pour le conflit syrien qui fournit les armes et quoi comme armes. Il y a beaucoup de rumeurs qui circulent et les évaluations précises sont difficiles. Quels sont les pays qui ont donné des armes à qui et à quel camp, rebelles ou camp du président Assad ? Il y a aussi le conflit au Yémen avec le problème d’armes qui servent à alimenter ce conflit.

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