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Spiritualité

  • La pensée de l'Église sur la femme

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    Sur le site web « Salon beige » on peut lire l'homélie, brève et dense à la fois, rédigée pour la Fête de l'Assomption par Dom Courau, père abbé de l'abbaye bénédictine de Triors: un texte écrit à lumière de la véritable anthropologie  chrétienne...

    « + Signum magnum, mulier.

    Marie et le serpent 540b09a981652e55619bd2599d965696--quito-blessed-mother.jpgÀ partir du mystère de la gloire de Notre Dame au ciel, nous voulons contempler celui de la Femme, grand signe aussi sur la terre. Pourtant Ève, victime de confusions diverses, porte souvent le rôle de l’accusée. Guerric d’Igny au XIIème s. s’en fait l’écho amer : On l’appelle “mère des vivants” ; en réalité, elle est plutôt meurtrière des vivants, mère de ceux qui vont mourir. Pour elle, engendrer n’est rien d’autre que de communiquer la mort (Assomption, Serm. 2). Il ose l’appeler ‘marâtre’ plutôt que ‘mère’, alors que d’autres à l’inverse vantent la mère comme la relation protégée malgré la chute. Ces outrances verbales obligent donc à regarder de près le mystère de la femme sur la terre comme au ciel. Dieu ne fait rien en vain ; en créant, il ne nous tend pas de piège.

    Au début du siècle passé Charles Péguy aurait pu être tenté de le croire : sa conversion à la foi n’eût pas son prolongement sacramentel à cause du refus que lui imposait la femme qui partageait sa vie. Pourtant, derrière la femme-obstacle, il a respecté, patienté, allant à pied confier son souci à Notre Dame de Chartres peu avant sa mort, et de façon posthume, il fut exaucé. Il y a heureusement une foule de signes positifs en faveur de la femme sur la terre. Marie Goretti a fait des émules. Anne-Lorraine assassinée dans le RER il y a 10 ans avait écrit peu avant son désir du martyre pour la dignité féminine, Jeanne-Marie Kegelin est encore dans notre mémoire. Des chrétiennes irakiennes revenues à Qaraqosch après que Daech eût quitté la ville l’an dernier, veulent redonner la vie après la guerre : dans l’église vandalisée elles s’encouragent mutuellement selon leur vocation à refonder la vie sociale : Tout est difficile ici, dit l'organisateur, mais nous voulons reconstruire les femmes avant de reconstruire les maisons; car si nous reconstruisons les femmes, alors nous pouvons reconstruire les enfants, puis la famille, et après cela toute la communauté. Ces exemples héroïques donnent du crédit à la pensée de l’Église concernant la femme unie à l'homme dans le mariage.

    Sa pensée est-elle préhistorique ou prophétique, a-t-on ironisé à propos des 50 ans d’Humanae Vitae (La Croix, 27 juillet 2018) ? Avec sa lucidité tranquille, le Cardinal Sarah vient de répondre dans sa conférence à Kergonan (4 août 2018). En voici quelques passages : Dieu lui-même a pris soin de nous révéler les voies du bonheur et du Bien pour le couple humain... Accueillir 'Humanæ Vitæ' n’est pas d’abord une question de soumission et d’obéissance au Pape, mais d’écoute et d’accueil de la Parole de Dieu, de la bienveillante révélation de Dieu sur ce que nous sommes et sur ce que nous avons à faire pour correspondre à son amour. L’enjeu est en fait celui de notre vie théologale, de notre vie de relation avec Dieu... Annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile sur la sexualité et le mariage, c’est ouvrir aux couples la voie d’une vie heureuse et sainte ! C’est notre devoir de pères, de guides, de pasteurs ! Bien entendu, plus nous prêcherons avec force la vérité, plus nous saurons accompagner les personnes avec 'patience et bonté'. On le voit bien l'enjeu est à la hauteur de la crise qui étreint notre société au-delà de ses faux débats.

    L'encyclique de 1968 répond au désarroi contemporain sur la sexualité qui n’a fait que s’accentuer depuis : l’actualité en la matière ressemble à d’impuissants soins palliatifs face à des affectivités déconnectées du réel. Seul contre presque tous, Paul VI voyait venir ces désastres, il fut réellement prophétique, comme l’ont dit ses successeurs. L’intuition profonde se ramène à cette notion toute simple de chercher dans le mariage à marcher au pas de Dieu, tandis que l’athéisme feutré agresse l’intimité des personnes. De plus en plus, il fait du plaisir sans sagesse une drogue qui asservit, tel un nœud coulant. Et c’est le piège. Ne regarde pas le vin, prévient le Proverbe du Sage (Prov. 23,31-35) : comme il est vermeil; comme il brille dans la coupe, comme il coule suavement. Mais il finit par mordre comme un serpent, et par piquer comme une vipère. Tes yeux percevront des choses étranges, et ton cœur s’exprimera de travers. Tu seras comme un homme couché en haute mer, ou couché au sommet d'un mât. On m'a battu, et je n'ai point de mal ! On m'a rossé et je n’ai rien senti ! Et à mon réveil j’en redemanderai encore ! Quel contraste avec l’harmonie conjugale et la paix qu’elle rayonne : les époux s’aiment dans la durée sans chercher à échapper au rythme périodique ; l’homme considère le cycle féminin comme une richesse, heureux de s’y adapter et de se mettre à son école (Cf. G. Vialla, Billings F, recevoir le féminin).

    Oui, il y a un joug, Jésus le dit et ajoute aussitôt qu’il est doux et léger (Mt. 11,30). Humanae Vitae cite le verset et insiste sur cette douceur (HN 25) : les époux qui entrent ainsi dans le beau projet de Dieu rendent visibles aux hommes la sainteté et la douceur de la loi qui unit leur amour mutuel. Coopérer ainsi à l'amour de Dieu auteur de la vie humaine sème la paix. Paul VI évoque bien sûr le prix à payer, l’effort moral, cet heureux piment de la vie. Il le confie au réalisme de la vie théologale et liturgique, spécialement au beau duo sacramentel que forment ensemble la Réconciliation et l’Eucharistie (Cf. HN 25 & 29). »

    Ref. La pensée de l’Eglise sur la femme

    JPSC

     

  • L’Assomption : Marie en son royaume

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    Pourquoi l’Assomption occupe-t-elle une place si importante dans le calendrier liturgique… et spécialement en France ? De Jean-Michel Castaing sur le site « Aleteia » :

    assomption.jpg« La fête de l’Assomption tombe au beau milieu de l’été. Le 15 août : cette date ne doit rien au hasard. La montée de Marie à la gloire céleste, « avec son corps et son âme » selon les termes de la définition dogmatique de Pie XII, arrive lorsque les temps sont mûrs. L’Assomption marque en effet la fin de la moisson du mystère pascal. Il en constitue le couronnement, le fruit achevé, avec la Toussaint (le dogme fut d’ailleurs proclamé le premier novembre 1950). Avec l’entrée de Marie au ciel, la rédemption dans le Christ atteint sa pleine consommation.

    Cependant, malgré sa notoriété, beaucoup de nos contemporains se demandent pourquoi cette fête possède une telle importance dans le calendrier liturgique. Quatre raisons (plus une en France), — mais il en existe bien d’autres — justifient la place de ce mystère marial dans le catholicisme.

    La maternité universelle de la Vierge

    Tout d’abord, la montée de Marie à la gloire céleste est la condition de possibilité de l’exercice de sa maternité spirituelle à notre égard. L’Assomption est une investiture : la maternité de la Vierge y prend toute son efficacité. Au ciel, la Vierge nous entoure de sa sollicitude, tout en menant le combat de Dieu contre Satan, car nul ne se bat mieux qu’une mère pour ses enfants.

    L’Assomption, en consacrant la maternité de Marie, révèle la vérité ultime du corps humain. Qu’est-ce que le corps ? Il est ce qui, en nous, est tourné vers le monde, vers les autres et vers Dieu. Le corps exprime cette faculté de sortir de nous-mêmes. Aussi Marie, assumée au ciel en son corps et son âme, est-elle maintenant en relation continuelle avec le monde et tous les hommes.

     

    Lire aussi :

    Quelles sont les fêtes mariales majeures ?

    Le mystère du corps humain au Ciel

    L’Assomption, en portant au jour la dimension centrale du corps humain dans la personne de la Mère du Christ, nous révèle également le mystère intime de nos personnes. Le corps constitue en effet comme le sacrement de notre intimité, l’épaisseur de notre être appelé à ressusciter avec le Christ. De ce point de vue, la montée de Marie à la gloire céleste, en tant qu’icône prophétique de l’Église appelée à vivre en et avec Dieu, signale qu’aucune dimension de nos personnes ne sera laissée de côté dans l’éternité. Dieu les recueillera au contraire toutes, en les intégrant les unes aux autres.

    Là où la postmodernité morcelle les individus, les saucissonne en tranches (haut, bas, milieu, intelligence, affect, corps, âme, spirituel, amour, plaisir, etc.), le mystère de l’Assomption nous met devant les yeux ce qui fait la grandeur de la divinisation de l’être humain : l’intégration en Dieu de toutes ses composantes. Par ailleurs, l’Assomption est prophétique du règne de l’homme sur le cosmos : le corps glorieux institue une relation nouvelle de nos personnes à la matière.

    Lire aussi :

    Que se passe-t-il à notre mort ?

    Icône de l’Église éternelle

    L’Assomption nous dévoile également notre destinée finale. Nous ne savons plus quoi penser de l’au-delà. Privés d’enseignements sur les fins dernières, les esprits se retrouvent parfois livrés aux mains inquiétantes de prédicateurs jouant sur les peurs et les ignorances. La transfiguration de la Vierge dans la gloire nous présente le ciel sous un jour nouveau. Le monde céleste n’est plus une réalité désincarnée. À la droite du Ressuscité du jour de Pâques, se tient sa Mère glorifiée en son corps. « La terre nouvelle et les cieux nouveaux » salués par l’Apocalypse, sont habités par des êtres humains de chair et de sang. Comment mieux dire cette vérité que la grâce ne détruit pas la nature, mais la porte à son accomplissement ? Toujours les temps de la maturité du 15 Août…

    Le mystère de la femme

    « Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme ! » (Ap 12, 1). L’Assomption révèle enfin le mystère de la femme. Le moment est venu de s’interroger pour savoir si le christianisme ne détiendrait pas la clé de compréhension de ce mystère. « Plus une femme est chrétienne, plus elle est femme » disait Léon Bloy. On devine les haussements d’épaules des bien-pensants face à une telle affirmation. Sans se laisser intimider, les chrétiens auraient tout intérêt à explorer cette piste afin de confondre les faux-sages de la postmodernité à ce sujet.

    La suite ici : L’Assomption : Marie en son royaume

    JPSC

  • Liège: fêter le 15 août 2018 à l'église du Saint-Sacrement au Boulevard d’Avroy

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    Affiche_15 aout2018.jpg

    A Liège, en Outremeuse le 15 août de chaque année, la piété mariale se mêle volontiers au folklore populaire et c’est très bien ainsi !

    Plus insolite: sur l’autre rive du fleuve, au Centre-Ville, un groupe de chanteurs issu des conservatoires royaux de Liège et de Mons a aussi voulu se réunir cette année pour célébrer la Madone de l’Assomption avec les plus beaux motets mariaux du répertoire classique. Au programme: William Byrd, Arcadelt, Aichinger, Arcadelt, César Franck et Diogo Dias Melgas.

    Cela se passe au cours de la messe célébrée le mercredi 15 août 2018 à 10h en l’église du Saint-Sacrement, Bd d’Avroy, 132: avec les solistes du plain-chant et l’Ensemble polyphonique « VocA4 » réuni par Arnaud François, avec l’appui de l’association Foliamusica pour la promotion des jeunes talents (dir. C. Leleux). A l’orgue: Patrick Wilwerth, chef du chœur universitaire de Liège et professeur au conservatoire de Verviers.

    Bienvenue à tous (libre et gratuit). Plus de détails sur l’affiche reproduite ci-dessus et heureuse fête de Sainte Marie à chacun. Rens. Tel. 04.344.10.89 email sursumcorda@skynet.be

    LES ORIGINES DE LA FÊTE DE L’ASSOMPTION

    Très tôt, les premiers chrétiens ont eu le pressentiment que la Mère de Dieu, préservée de tout péché, ne pouvait pas avoir connu la corruption de la mort. Une intuition qui sera ensuite approfondie par les Pères de l’Eglise. Au VIe siècle, la fête de la Dormition est déjà célébrée en Orient, vers la mi-janvier. Plus tard, l’empereur byzantin Maurice (582-602) la fixera définitivement au 15 août.

    La fête arrive à Rome grâce au pape Théodore (642-649), originaire de Constantinople. Elle se diffuse petit à petit en Occident : en 813, le concile de Mayence l’impose à l’ensemble de l’Empire franc. Peu à peu, la fête va prendre le nom d’Assomption mais l’Eglise ne ressent pas le besoin d’ériger en dogme cette croyance.

    C’est après la proclamation par Pie IX du dogme de l’Immaculée Conception, dans le grand courant de dévotion mariale du XIXe siècle, que des pétitions commencent à affluer à Rome pour que  soit officiellement défini le dogme de l’Assomption.

    C’est ce que fit solennellement le pape Pie XII le 1er novembre 1950 sur la place Saint-Pierre à Rome: « Nous affirmons, Nous déclarons et Nous définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la vie céleste » (constitution apostolique « Munificentissimus Deus »).

    Quelques extraits du programme des chants

    Jacques Arcadelt (Namur,1507- Paris,1568):  Ave Maria

    William Byrd (Londres,1539- Stondon Massey, Esses, 1623):

     messe à 3 voix

    Gregor Aichinger (Ratisbonne,1564- Augsbourg,1628): Regina Caeli

     

    Diogo Dias Melgas (Cuba, Portugal,1638-Evora, 1700): Salve Regina 

    Plain-chant de la messe de l'Assomption

    Plus de renseignements : tel 04 344 10 89  ou email : sursumcorda@skynet.be

    __________

    Une initiative de "Sursum Corda" asbl, Association pour la sauvegarde de l’église du Saint-Sacrement au Boulevard d’Avroy, 132 à Liège.Tel. 04.344.10.89.

    E-mail : sursumcorda@skynet.be. Web : http://eglisedusaintsacrementliege.hautetfort.com

    Faire un don ? Compte bancaire : IBAN BE58 0003 2522 9579 BIC BPOTBEB1 de Sursum Corda asbl, Rue Vinâve d'île, 20 bte 64, 4000 Liège.

    JPSC

  • Homélie pour la fête de l'Assomption

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    L'assomption, homélie du Père Simon Noël

    Dans l'orient antique, circulaient de pieuses légendes, des récits apocryphes sur le départ de cette terre vers le ciel de la Mère de Dieu, et elles sont reprises dans la deuxième homélie sur la dormition de saint Jean Damascène. Ces traditions inspirent les textes de l'office byzantin de ce jour ainsi que la grande fresque de cette fête, que j'ai sous les yeux dans la nef de cette église. Vous aurez tout loisir d'admirer cette fresque après la liturgie.

    Marie, dans les dernières années de sa vie, était revenue à Jérusalem et elle passait son temps dans la prière et la contemplation en visitant les lieux où son divin Fils avait opéré notre salut : le cénacle, le chemin de la croix, le calvaire et le saint sépulcre. Elle aspirait de plus en plus à rejoindre son fils dans le ciel et elle sentit sa fin approcher.

    Les apôtres, dispersés au quatre coins du monde, désiraient revoir une dernière fois la douce mère de leur Seigneur et ils revinrent tous à Jérusalem. Dans le haut de la fresque nous voyons quatre nuages, chacun portant trois apôtres. Cela représente les apôtres revenant près de la Mère de Dieu des quatre coins du monde. Dans le bas de la fresque, nous voyons la Sainte Vierge couchée sur un lit et autour de celui-ci, les douze apôtres en pleurs. Marie fait ses dernières recommandations aux choisis de son Fils, c'est le dernier entretien de Notre-Dame avec les disciples de Jésus. Elle leur demanda de déposer son corps dans un tombeau à Gethsémani. Ce tombeau existe toujours et est un grand lieu de pèlerinage pour les orthodoxes. Puis avant d'expirer, la Vierge pria ainsi : « Et toi, mon Fils, reçois mon esprit ». A ce moment, les apôtres eurent une vision magnifique, celle de Jésus dans toute sa gloire, qui tenait dans ses bras sa propre mère, sous la forme d'une toute petite fille. Cette apparition est représentée au centre de la fresque juste au-dessus du lit de la Vierge. Jésus descendait du ciel, pour venir chercher sa mère et la prendre avec lui dans sa gloire de ressuscité.

    Et tout en haut de la fresque, plus haut que les quatre nuages dont je viens de parler, on voit deux anges ouvrir toutes grandes les portes du ciel, prêt à accueillir la Mère de Dieu. Les anciens récits se poursuivent ainsi. On enterra Marie à Gethsémani, mais l'apôtre Thomas, encore lui comme à Pâques, n'était pas là, car il était arrivé trop tard. Trois jours plus tard il rejoint les autres et demanda la faveur de faire ouvrir le sépulcre de la Vierge, afin de pouvoir lui aussi revoir le visage bien-aimé une dernière fois. On ouvrit donc le tombeau et miracle, il était vide ! Le corps immaculé était lui aussi monté au ciel. Il n'était pas possible que le corps de celle qui était la Mère de Dieu, toute sainte et sans aucun péché, connût la corruption du tombeau. Marie est déjà ressuscitée et est au ciel avec son âme et son corps. Comme nous le chantons dans le tropaire, elle est passée de la vie à la vie et ainsi la Vierge de l'assomption est le gage de la gloire future de toute l'humanité.

    Il y a dans cette fresque, un symbolisme particulièrement fort. Si nous regardons l'icône de la Mère de Dieu, comme celle qui est sur l'iconostase, que voyons-nous ? Une femme qui porte un petit garçon. Ici, il y a un renversement : c'est un homme qui porte une petite fille. Le symbolisme de ce renversement est simple à comprendre. En ce monde, Marie est celle qui a donné la vie au Fils de Dieu fait homme. Mais dans l'éternité, c'est le Fils, ressuscité et glorifié, le Fils de Dieu dans toute sa gloire, qui donne la vie éternelle à sa propre mère.

    Cette fête de l'assomption est pour nous une invitation à accueillir dans notre vie de tous les jours la Sainte Vierge, Mère de Dieu et notre Mère, notre avocate toute-puissante sur le cœur de son Fils et la médiatrice de toutes les grâces. La prière à Marie est indispensable pour un chrétien. Prions-là beaucoup, de toute notre âme et avec la confiance d'un enfant. Prenons en main le chapelet et saluons-là inlassablement et avec beaucoup d'amour. En la mettant ainsi au cœur de notre vie de prière, nous verrons très vite que nous ne serons pas déçus dans cette dévotion, car elle nous apportera grâce sur grâce. Et surtout au moment de la mort, Marie sera là pour nous assister et faire en sorte que Jésus, comme il le fit pour elle, vienne nous chercher pour nous emmener dans son saint paradis.

  • "Je suis le pain vivant descendu du ciel"

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    hostie 01.jpgUne belle homélie prononcée par le Cardinal Josef Tomko lors de l’envoi en mission à la réunion de Montée Jeunesse à Québec le 21 mai 2007 (en préparation du Congrès eucharistique), parfaitement adaptée à l'Evangile de ce 19e dimanche:

    "Je dois vous parler de l’Eucharistie et je me trouve simplement désarmé devant la tâche. Je ne peux utiliser ni les raisonnements, ni la sagesse humaine, ni l’analyse scientifique, ni même le langage brillant. Parce que je dois m’approcher avec vous de ce que nous acclamons après la consécration: «Il est grand le mystère de la foi». C’est pourquoi je me sens comme Moise sur la montagne de Horeb devant le buisson ardent. Nous devons enlever les sandales, fermer nos yeux et écouter Celui qui a inventé l’Eucharistie. 

    Nous pouvons comprendre le grand mystère de la foi seulement par moyen d’une grande foi! Foi qui requiert une libre écoute et un accueil, mais aussi une profonde humilité quand c’est Dieu Lui-même qui nous parle. Il s’agit d’un discours qui peut sembler «dur», difficile, et provoquer l’abandon de quelques-uns, mais nous voulons l’affronter avec la foi de Pierre et des Douze apôtres: «Seigneur, à qui irons-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle» (Jn 6, 68). C’est la foi de la première Église qui reste la même jusqu’à aujourd’hui grâce à la jalouse et fidèle transmission, dont saint Paul est le témoin quand il présente aux Corinthiens l’institution de l’Eucharistie: «Pour moi, en effet, j’ai reçu du Seigneur ce qu’à mon tour je vous ai transmis»(1 Co 11, 23). Et alors, écoutons le Seigneur qui nous parle dans la synagogue de Capharnaüm.

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  • RDC: Kabila s'incruste

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     Natikali, natikala, j’y suis, j’y reste .  Un regard pertinent sur la fausse sortie de Kabila : le point de vue de l’ancien ministre Antipas Mbusa interviewé par Hubert Leclerq :

    « Antipas Mbusa Nyamwisi est un homme discret. Ancien rebelle devenu ministre des Affaires étrangères du gouvernement Gizenga en 2007, il est un des tout premiers à avoir claqué la porte de la « Kabilie ». L’homme apparaît peu dans les médias mais ses mots sont souvent choisis…

    Le nom d’Antipas Mbusa Nyamwisi a été évoqué dans l’Accord de la Saint-Sylvestre. Il est un des opposants en exil qui a été autorisé à rentrer au pays. Pourtant, il n’est toujours pas revenu. « Ce n’est pas parce que mon nom s’est retrouvé sur cette liste que je ne suis plus une cible pour le pouvoir. Je ne tiens pas à m’exposer inutilement. Aujourd’hui, je suis plus utile à l’extérieur. Il faut voir du monde, il faut mobiliser la communauté internationale, nos frères africains, nos voisins. Je ne chôme pas, croyez-moi », nous disait-il début du mois d’août 2017, il y a pratiquement un an jour pour jour, lors d’un passage à Bruxelles. Deux mois plus tard, en octobre 2017, il se retrouve au centre d’une histoire rocambolesque alors qu’il est de passage en Ouganda. A peine arrivé sur le tarmac d’Entebbe, il est emmené par la police de l’aéroport. « Problème de passeport », lui explique-t-on. Selon divers témoignages recueillis quelques semaines après les faits, l’officier qui l’a arrêté avait été corrompu et devait « exfiltrer » le « passager » vers la RDC voisine. Mbusa Nyamwisi évitera ce retour précipité au pays grâce à ses bonnes relations avec les plus hautes autorités ougandaises. L’affaire a été suivie de plusieurs arrestations à Kampala.

    Il y a un an, Mbusa Myamwisi nous expliquait qu’il ne croyait pas aux élections en RDC. Si des élections devaient se tenir, ce serait au service et en faveur de Kabila.

     Nyamwisi avez-vous changé d’avis sur la tenue d’élections libres et démocratiques en RDC en décembre prochain ?

    « Pas le moins du monde. Je reste sur mes positions et malheureusement, car j’aurais préféré me tromper, je vois que plus en plus de personnes pensent comme moi. Kabila n’organisera des élections que s’il est certain de demeurer au pouvoir lui-même ou à travers un président fantoche qui n’aura pas les mains libres. Tous les appareils répressifs, sécuritaires ou judiciaires sont à ses ordres. Il vient de remodeler l’armée en rappelant les pires criminels. Il a bâti une cour constitutionnelle sur mesures. Il a tout en main pour rester au pouvoir. En tout cas, ce n’est pas l’attitude d’un homme qui s’apprête à partir. »

    Rien à attendre des élections à venir, alors ?

    « Rien, si ce n’est le chaos. Vous avez vu, comme le monde entier, ce qu’il a pu faire pour empêcher Moïse Katumbi de rentrer au pays. Il n’a pas hésité à fermer une frontière. En fait, il a fait bloquer tous les postes frontières entre le Katanga et la Zambie. C’est de la folie. Pour un seul homme. Cela en dit long sur la crainte que lui inspire Katumbi, ça en dit long aussi sur les actions auxquelles ce Monsieur est prêt à recourir pour conserver son pouvoir. Il ne veut prendre aucun risque. Il veut éliminer de la course à la présidence tous ceux qui pourraient lui faire de l’ombre. Moïse Katumbi est privé de retour au pays, la candidature de Jean-Pierre Bemba pourrait être invalidé, Félix Tshisekedi ne peut ramener le corps de son père sur la terre de ses ancêtres, autant de subterfuges intolérables signés par la Kabilie. Sans ces plans machiavéliques , sans la machine à voter, Kabila, ou son représentant, n’a aucune chance de passer. En agissant comme il le fait, le pouvoir invalide lui-même le processus électoral. Il se moque de la Constitution, il se moque de l’Accord de la Saint-Sylvestre, il se moque des organisations régionales et internationales… Et, évidemment, il se moque éperdument de 80 millions de Congolais. » 

    Le tableau que vous dressez est particulièrement sombre. Que reste-t-il comme marge de manoeuvre ? 

    « Ce Monsieur ne nous laisse pas le choix ! On doit se prendre en charge. L’article 64 de la Constitution est là pour nous pousser à réagir. On ne peut laisser un homme s’approprier le pays. »

    Le fameux article 64 de la Constitution, qui appelle le peuple congolais à s’opposer à tous ceux qui voudraient confisquer le pouvoir, est mis à toutes les sauces depuis des mois. Vous croyez vraiment qu’un mouvement populaire peut apparaître du jour au lendemain ? 

    « Pourquoi pas. Regardez la foule dans la rue à Kinshasa pour le retour de Bemba. Regardez la mobilisation à Lubumbashi et Kasumbalesa pour Katumbi. Un mouvement peut naître à la suite d’événements comme ceux-ci. Regardez aussi le ras-le-bol généralisé dans le nord-est du pays où les gens sont confrontés quotidiennement aux massacres depuis de longues années. Ici aussi, on peut aussi voir des mouvements naître face à ces tueries ou aux excès de pouvoir du régime. Et croyez-moi, ces mouvements vont aller en s’ntensifiant au fil des semaines. Quand les Congolais comprendront qu’ils n’ont rien à espérer de ce passage par les urnes, la situation va devenir très critique. La moindre étincelle pourra mettre le feu aux poudres dans n’importe quel coin du pays. »

    C’est une menace ? 

    « Pas du tout, c’est une analyse et je sais que beaucoup la partagent et s’interrogent : pourquoi ce Monsieur ferait-il dans l’avenir ce qu’il n’a pas fait en 17 ans. La communauté internationale, notamment via la Monusco, a investi des milliards de dollars pour la paix chez nous. Est-on prêt à sacrifier tous ces investissements, ces casques bleus qui sont morts, pour permettre à un seul homme de continuer à s’enrichir sur le dos de son peuple et du monde entier ? C’est à nous, le peuple congolais de dire non et de nous mobiliser pour mettre fin à ces dérives. »

    On a vu ces derniers temps que certains voisins se montraient plus insistants à l’égard de Kabila ?  

    « Il est évident que la pression monte. Vous savez, si ce Monsieur est un obstacle majeur pour le Congo et le peuple congolais, c’est aussi un frein catastrophique pour le développement de l’Afrique centrale et de tout le continent. Il faut que tout le monde en tire les conséquences. On a suffisamment constaté ses méfaits, on a suffisamment essayé de discuter, il ne veut rien entendre. Il ne laisse guère d’alternative. Il faut envisager d’autres pistes de solution. Mais, je le répète, c’est à nous, Congolais de nous organiser pour trouver la solution à cette situation et on y travaille. »

    Ref. Mbusa Nyamwisi : « Face au blocage des urnes, il faut envisager d’autres pistes de solution »

    La Belgique et la CENCO (conférence épiscopale nationale du Congo) réclament un processus « inclusif » sérieux.

    JPSC

  • Portrait de saint Dominique

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    08_Angelico_detail_visage_pied_croixdpr26.jpgPortrait de St Dominique (source : missel.free)

    Le culte qui s'était spontanément développé, à Bologne, autour du corps de Dominique (mort le 6 août 1221), grandit encore lors de la translation (23-24 mai 1233) où l'on sentit un parfum surnaturel et où l'on vit de nombreux miracles. Les autorités de Bologne obtinrent de l'ouverture de son procès de canonisation où l'on entendit trois cents témoins (Bologne, Prouille et Pamiers). Saint Dominique fut canonisé par Grégoire IX le 3 juillet 1234. Le portrait qui suit est tiré des actes de canonisation.

    Dominique avait une telle intégrité morale, il était emporté par un tel élan de ferveur qu'on découvrait en lui de façon évidente un chef-d'œuvre de noblesse et de grâce. Il régnait en lui une parfaite égalité d'esprit, sauf quand il était bouleversé de compassion et de miséricorde. Et puisque le cœur en joie se reflète dans la gaîté du visage, il manifestait au dehors l'équilibre paisible de sa vie intérieure par l'amabilité et la sérénité de ses traits.

    En toute circonstance, par ses paroles et sa conduite, il se montrait un homme évangélique. Pendant la journée, avec ses frères ou ses compagnons, personne n'était plus simple et plus joyeux. Pendant la nuit, personne n'était plus adonné à toutes sortes de veilles et de prières. Il ne parlait guère qu'avec Dieu, dans l'oraison, ou de Dieu, et il exhortait ses frères à en faire autant.

    Il adressa fréquemment à Dieu cette demande particulière : qu'il daignât lui accorder une vraie charité, capable de rechercher et d'obtenir le salut des hommes ; il estimait qu'il serait véritablement un membre du Christ, s'il se dépensait avant tout, totalement et de toutes ses forces, à gagner des âmes, de même que le Seigneur Jésus, Sauveur de tous, s'est offert sans réserve pour notre salut. Et c'est pour cette œuvre que, selon le dessein prémédité par la Providence, il institua l'Ordre des Frère Prêcheurs.

    Il exhortait souvent les frères de cet Ordre, de vive voix et par lettres, à étudier sans cesse le Nouveau et l'Ancien Testament. Il portait toujours sur lui l'évangile de saint Matthieu et les lettres de saint Paul, et il les étudiait tellement qu'il les savait à peu près par cœur.

    Il fut désigné deux ou trois fois pour l'épiscopat et il refusa toujours, préférant vivre dans la pauvreté avec ses frères, plutôt que d'avoir un évêché. Il garda intacte jusqu'à la fin la délicatesse d'une chasteté absolue. Il désirait être flagellé, coupé en morceaux, et mourir pour la foi du Christ. Le pape Grégoire IX a dit de lui : Je l'ai connu comme un homme qui suivait parfaitement la règle des Apôtres, et je ne doute pas qu'il soit au ciel associé à leur gloire.

    Voir aussi : une très belle évocation par une soeur dominicaine de Chalais

  • Ce que le cardinal Sarah pense d'Humane Vitae

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    D'Antoine Pasquier sur le site de Famille Chrétienne :

    Humanae vitae : ce qu’en pense le cardinal Sarah

    À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’encyclique Humanæ Vitæ, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, a donné une conférence le 4 août à l’abbaye sainte Anne de Kergonan intitulée « Humanæ Vitæ, voie de sainteté ». Extraits choisis.

    « Paul VI n'a pas pu se taire »

    « Il y a exactement 50 ans le Pape Paul VI a signé sa dernière et plus importante Lettre Encyclique, Humanæ Vitæ . C’était le 25 juillet 1968. Si l’on replace cet enseignement du Bienheureux Paul VI dans son contexte historique, on mesure quel courage, quelle grande foi en Dieu et quelle docilité à l’Esprit-Saint, il a fallu au Pape pour oser un tel acte. Alors que de nombreux théologiens, et parfois même des évêques le poussaient à mettre l’Église à la remorque du monde et des médias, le Pape a rappelé avec force que l’Église ne peut enseigner autre chose que ce qu'elle a reçu du Christ : la vérité révélée, qui est la seule voie de bonheur et de sainteté pour les hommes.

    Ainsi, malgré la tempête qu’a suscité Humanæ Vitæ, nous pouvons voir de nos yeux combien puissamment l’Esprit Saint a assisté et soutenu l’Office Pétrinien : au milieu d’un monde rendu esclave et dominé par les perversions de la révolution sexuelle, abandonné et isolé par beaucoup de cardinaux, évêques et théologiens, Pierre s’est tenu seul et Pierre est resté fort. Non seulement Paul VI a réaffirmé la doctrine historique et apostolique, mais il s’est surtout montré immensément prophétique. Cinquante ans après sa publication, cet enseignement magistériel manifeste non seulement sa vérité immuable, mais il révèle également la clairvoyance avec laquelle le problème fut affronté (…).

    Paul VI n'a pas pu se taire, la grâce du successeur de Pierre lui a donné le courage de parler avec clarté et fermeté. Il n’a pas pu en faire autrement car il en va de la Révélation, du message du Christ. Il n’a pas pu se taire car ce qui est en jeu dans l'encyclique Humanæ Vitæ, c'est, ni plus ni moins, la sainteté des couples chrétiens. »

    Humanæ Vitæ n’est pas une question d’interdit

    « Le refus d’Humanæ Vitæ, la méfiance vis à vis de cet enseignement vient souvent d’une erreur de perspective. On entend souvent dire : "la règle de l’Église est dure", ou "L’Église manque de miséricorde" ou encore "la règle est impossible à observer dans les faits".

    Comme si, Paul VI, en condamnant la contraception, avait arbitrairement décidé du permis et de l’interdit. Il y a là une erreur fondamentale ! Paul VI n’a pas, "un beau jour", décidé d'interdire la contraception, par pur caprice ou volonté d’imposer une opinion personnelle. C’est vraiment, après quatre longues années d’étude, de réflexion, de consultation, de lecture de documents scientifiques de qualité sur la question, après avoir longuement prié et s’être totalement livré à l’Esprit Saint, et mu par le sentiment aigu de sa grave responsabilité de père et de pasteur devant Dieu, devant l’Eglise et devant l’humanité, absolument fidèle à sa foi catholique et docile au magistère pérenne de l’Eglise, que Paul VI a pris la décision d’expliquer les circonstances et les raisons qui l’ont motivé à rappeler l’enseignement ferme de l’Eglise.

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  • Vingt-cinq ans après sa publication : lire ou relire Veritatis Splendor, une encyclique très actuelle

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    Du frère Clément-Marie sur Blog Domini, Blog officiel de la Famille Missionnaire de Notre-Dame :

    Il y a 25 ans, Veritatis Splendor…

    Il y a 25 ans, Veritatis Splendor : une encyclique à redécouvrir

    Le 6 août 1993, Jean-Paul II publiait l’encyclique Veritatis Splendor, adressée d’abord aux évêques, portant sur l’enseignement moral de l’Église. Ce texte prophétique, auquel avait collaboré de près le Cardinal Joseph Ratzinger, est aujourd’hui à redécouvrir…

    C’est en la fête de la Transfiguration, vingt-cinq ans après l’encyclique Humanae Vitae, du pape Paul VI, que Jean-Paul II a signé l’encyclique Veritatis Splendor. Adressée d’abord aux évêques, elle porte « sur quelques questions fondamentales de l’enseignement moral de l’Église ». Débutant par une admirable méditation de l’évangile du jeune homme riche, Jean-Paul II approfondit la réponse de Jésus à la question morale : « Que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » Si le pape Jean-Paul II a estimé nécessaire cette encyclique, c’est, ainsi qu’il l’écrit lui-même, en raison de « la discordance entre la réponse traditionnelle de l’Église et certaines positions théologiques, répandues même dans des séminaires et des facultés de théologie, sur des questions de première importance pour l’Eglise et pour la vie de foi des chrétiens… »[1]

    La théologie morale d’aujourd’hui en question…

    Par ce texte, le pape a voulu s’opposer, au nom même de l’évangile, à une certaine théologie morale déployée ces dernières décennies, et qui n’a eu de cesse de nier le péché ou, pour le moins, son existence concrète – cette tendance s’est manifestée dans les réactions de membres de l’Église contre l’encyclique Humanae Vitae, et demeure aujourd’hui très prégnante.

    Pour beaucoup, en effet, on ne peut jamais – ou presque – déclarer qu’un acte concret est un péché, parce que nous ne pouvons pas juger les intentions de son auteur, ou encore parce qu’il peut exister bien des circonstances atténuantes qui diminuent ou suppriment la responsabilité de l’auteur de l’acte. Le cardinal Joseph Ratzinger le remarquait : « De nos jours, la discussion morale consiste, pour une grande part, à libérer les hommes de la faute, en la faisant dépendre de conditions qui ne sont jamais réunies. Le mot caustique de Pascal nous vient à l’esprit : « Ecce patres, qui tollunt peccata mundi ! » (« Voici les pères qui enlèvent les péchés du monde ! »). D’après ces « moralistes », il n’y a tout simplement plus aucune faute. »[2]

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  • Ne trompons pas notre faim! (18e et 19e dimanches du temps ordinaire)

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    L'évangile de ce dimanche prolonge celui de la semaine dernière où Jésus se présente comme le Pain de Vie. L'homélie proposée par l'abbé Cossement pour le 18e dimanche reste donc d'actualité pour ce 19e dimanche:

    à bas les amuse-gueule!

    (homélie du 18e dimanche B, 2 août 2015)

    Il y a en nous une grande faim de vie, qui nous pousse en avant et se traduit par la recherche d’expériences nouvelles. Ces expériences nous nourrissent quand elles nous permettent de rencontrer des personnes, de les rencontrer vraiment, mais dans les autres cas elles nous déçoivent, et nous croyons trouver la solution à notre faim dans des expériences toujours plus intenses, qui s’avèrent finalement toujours plus vides. Les uns courent dans les pays les plus lointains, recherchent la vitesse la plus folle, tandis que d’autres se lancent dans de nouvelles aventures amoureuses. Pour un temps.

    Heureux qui s’aperçoit de sa faim et de la difficulté à l’assouvir. Car Dieu se révèle dans la faim de l’homme, dans cette expérience d’un manque fondamental qui nous atteint un jour ou l’autre. C’est pourquoi le peuple hébreu découvre ce que Dieu peut faire pour lui lorsqu’il est dans le désert depuis longtemps et qu’il y meurt de faim. C’est pourquoi aussi Dieu a tant de mal à parler au cœur de l’homme d’aujourd’hui, à qui la société de consommation offre tant d’occasion pour tromper sa faim. Et l’homme d’aujourd’hui se nourrit d’amuse-gueule tout au long de sa vie. C’est tragique. Mais heureux qui s’aperçoit de sa faim !

    C’est ce que font les interlocuteurs de Jésus, et il veut leur révéler les vrais besoins de leur cœur. La vie, ce n’est pas manger du pain à satiété, ce n’est pas avoir une bonne part de ce qu’on pourrait souhaiter. La vie, c’est de croire en celui que Dieu a envoyé ! Quelle surprise ! En quoi croire nourrit-il à ce point la personne ? Bien des gens trouvent un guide en prenant Jésus comme référence, comme un sage qui leur indique le bon chemin. Un chemin qui leur permettra de jouir de l’existence sans faire trop de mal et en ayant la conscience plutôt en paix. Parfois même — cerise sur le gâteau — ils viennent à la messe. Mais ce n’est pas encore ce que Jésus veut dire.

    Dieu ne donne pas un exemple, un modèle, il « donne le pain de Dieu, celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde » (Jn 6,33). C’est quelque chose qui vient du ciel, de Dieu, de la source de vie, et qui donne la vie. Qui ne donne pas seulement de vivoter, d’avoir une consolation, mais d’avoir le cœur rempli de vie d’une façon aussi vaste que le ciel. Un goût d’infini dans nos vies. Une révélation que nos vies sont taillées à la mesure de l’infini, qu’elles s’y destinent et que dès aujourd’hui elles sont nourries en proportion d’infini.

    Et alors, qu’est-ce qui donne d’avoir le cœur ainsi nourri et débordant ? C’est quelqu’un à qui on va, quelqu’un pour qui nous sortons de nous-mêmes pour nous ouvrir à lui personnellement : « moi, dit Jésus, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6,35). Croire en Jésus, c’est aller à lui. Aller à lui, c’est nous ouvrir à son être à la fois divin et humain. Nous ne pensons pas à lui comme à quelqu’un de bien, mais comme à un ami qui est là présent et qui veut nourrir notre cœur, le combler, le faire déborder. Le Christ, le Fils de Dieu, est vivant et veut nous remplir d’une vie débordante : celle du cœur visité, saisi, aimé par l’auteur du monde.

    Quand nous avons faim, que nous faisons l’expérience du manque, allons à Jésus par la prière. À l’église ou à la maison, et même au milieu de la nature, entrons en nous-mêmes pour dire au Seigneur : tu es là ! Tu m’aimes ! Apprends-moi à t’aimer ! Je veux passer du temps à te regarder et à capter ton regard sur moi ! Toi, le Fils de Dieu, de l’auteur de la vie ! Et puis prenons quelques phrases de l’Évangile, apprenons-les par cœur, laissons-les tourner en nous et nous bercer. Cette prière est un moyen pour faire grandir la vie en nous.

    Pour terminer je voudrais raconter ma dernière rencontre avec des pauvres qui ont faim. C’était la semaine passée, avec des personnes mariées séparées de leur conjoint et qui ont choisi de lui être fidèle au nom du mariage, de ce que le Christ a fait dans leur mariage(1). Elles connaissent la trahison, la solitude, l’incompréhension, elles sont vraiment affamées. Mais le Christ les nourrit, il y a en elles une vie qu’on voit rarement ailleurs. J’ai entendu des témoignages que je n’ai jamais entendu autre part, d’une présence discrète et efficace du Seigneur dans une vie, au cœur même des difficultés. Ce sont des personnes en qui la vie de Dieu a pris une proportion importante par rapport aux satisfactions habituelles. Elles m’ont fait comprendre cet évangile. Elles me donnent d’espérer la vie éternelle où notre cœur sera débordant de joie et de lumière.

    (1) La Communion Notre-Dame de l’Alliance, www.cn-da.org

    Lire l'homélie de l'abbé Cossement pour le 19e dimanche : la foi

  • Saint Ignace de Loyola (31 juillet) ou l'art de choisir sa vie

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    Du Père Dominique Salin sur le site "Notre histoire avec Marie" :

    SAINT IGNACE DE LOYOLA, OU L’ART DE CHOISIR SA VIE

    Saint Ignace de Loyola, ou l’art de choisir sa vie
    Inigo (1491-1556), qui deviendra saint Ignace de Loyola, changea radicalement de vie à la suite de la lecture de la vie de grands saints. Noble chevalier espagnol, il se dépouilla de sa fortune avant d’entreprendre sur le chemin de Jérusalem une mission qui sera celle d’une vie : « aider les âmes ». Proche ami de François-Xavier qu’il rencontra lors de ses études à Paris, il fonda avec lui et quelques autres la Compagnie de Jésus.
    Père Dominique Salin, sj Professeur de théologie spirituelle au Centre Sèvres (Paris)
    Père Dominique Salin, sj Professeur de théologie spirituelle au Centre Sèvres (Paris)

    Neuf mois pour une nouvelle vie. Inigo est né en 1491, à Azpeitia (actuelle province de Guipúzcoa), dans une famille de la noblesse basque espagnole, peu avant que Christophe Colomb n’aborde aux Antilles. Il reçoit une éducation conforme à son rang, celle d’un chevalier. À 26 ans, il est haut fonctionnaire auprès du vice-roi de Navarre. C’est un homme de cour et un politicien au service de l’unité espagnole en train de se construire, non un militaire, contrairement à la légende souvent entretenue par les jésuites eux-mêmes. Rien n’annonce chez lui le mystique fondateur d’un ordre religieux d’un genre totalement nouveau. Il a 30 ans lorsque ses rêves de gloire sont brisés par un boulet de canon. Les Navarrais de France ont assiégé Pampelune pour récupérer la Navarre espagnole (c’est l’époque de la lutte entre François Ier et Charles Quint). La partie est perdue. Le chevalier de Loyola refuse de se rendre. Un boulet lui broie le genou. Le voilà condamné à neuf mois de convalescence au manoir familial. Neuf mois, le temps d’une nouvelle naissance. Neuf mois suffiront pour transformer l’hidalgo bouillant et calculateur en un « fol en Christ », pèlerin mendiant son pain et prédicant spirituel sur les routes d’Espagne. Neuf mois pour choisir une nouvelle vie.   


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  • Lourdes : ville étape du Tour de France 2018

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