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Témoignages

  • L'évêque de Gand sur KTO

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    De KTO :

    Mgr Luc Van Looy, ancien missionnaire en Corée du Sud, est évêque de Gand depuis 2003. Sa démission a été acceptée par le pape en 2018 : Mgr Van Looy continue d'administrer le diocèse en attandant la nomination de son successeur. Présent sur le plateau de La Vie des Diocèses pour la deuxième fois, il aborde les différents projets portés par son diocèse pour permettre aux catholiques d'être témoins de l´Evangile au milieu d´une société fortement sécularisée. Nous avons suivi une retraite de familles gantoises avec leurs jeunes enfants à l´abbaye d´Orval : des temps de formations et de réflexions étaient proposés aux adultes ; des activités et des jeux aux plus petits. Pour Mgr Van Looy la formation des laïcs est le véritable enjeu de l'Eglise d'aujourd'hui. Nous écoutons ensuite le père Collin, recteur de la cathédrale de Gand. Il parle du grand projet de construction du centre d´accueil de la cathédrale autour de l´oeuvre de l´Agneau Mystique de Van Eyck. Mgr Van Looy rappelle le message spirituel de cette oeuvre : c'est l'occasion pour l'Eglise d'interpeller les visiteurs de passage dans la cathédrale.

    Diffusé le 16/09/2019 / Durée : 26 minutes

  • Allemagne : béatification d'un prêtre martyr du nazisme

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    Le père Richard Henkes (1900-1945).

    De Vatican News :

    Béatification en Allemagne d’un prêtre martyr du nazisme

    Le père Richard Henkes, prêtre de la société de l’Apostolat catholique (Congrégation des Pallotins), né à Ruppach (Rhénanie-Palatinat, Allemagne) en 1900 et décédé à Dachau en 1945, a été béatifié ce dimanche lors d’une messe célébrée à Limbourg sous la président du cardinal Kurt Koch.

    Entretien réalisé par Mario Galgano – Cité du Vatican

    Interrogé par Mario Galgano, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des chrétiens et envoyé spécial du Pape François pour cette béatification, nous explique le parcours de ce prêtre qui fut confronté au totalitarisme du régime national-socialiste.

    Avant tout, qui était Richard Henkes ?

    Le père Henkes était un père de la communauté des pallottins. Il était enseignant, et aussi directeur d’exercices spirituels. À cette époque, il a vu que l’idéologie des nazis était une idéologie qui ne portait pas en elle les valeurs humaines et chrétiennes, mais qui était une idéologie anti-chrétienne et néo-païenne. Il a fait aussi des déclarations publiques contre cette idéologie, surtout en faveur des handicapés, contre le programme d’euthanasie. C’est pour cela que les nationaux-socialistes l’ont emprisonné à Ratibor, et l’ont ensuite transporté au camp de concentration de Dachau, près de Munich. Fin 1944, il y a eu une grande épidémie de typhus dans le camp de concentration, mais le père Henkes était prêt à soigner les malades, et c’est ainsi qu’il a contracté la maladie et il est mort le 22 février 1945. C’est pourquoi le Pape François a déclaré que le père Henkes est un «martyr de l’amour pour le prochain».  

    Il est allemand, mais vous l’avez souligné dans sa biographie, il a eu des relations avec la population tchèque. Comment a-t-il contribué à la médiation entre les Allemands et la population tchèque ?

    La réconciliation entre les Allemands et les Tchèques lui tenait beaucoup à cœur. Il s’est occupé du soin pastoral de la population dans les régions tchèques, et ensuite dans le camp de concentration, il a appris la langue tchèque car il était convaincu qu’après la guerre il aurait pu travailler pour la réconciliation entre ces deux peuples. En décidant de soigner les malades, aussi ceux de nationalité tchèque, il a beaucoup contribué à la réconciliation, aussi avec son martyre.

    Vous êtes responsables pour le dialogue œcuménique, ici au Vatican. Pouvons-nous aussi interpréter cette béatification aussi comme un signe œcuménique ?

    Le père Richard Henkes est un martyr de l’amour pour le prochain et, en ce sens, il est un exemple pour tous les chrétiens, et non seulement pour les catholiques. Il a vécu une condition très actuelle dont parle souvent le Pape François : l’œcuménisme du sang, l’œcuménisme des martyrs. Dans ce monde, aujourd’hui, la majorité des chrétiens qui sont persécutés au nom de la foi est constituée des chrétiens, et les chrétiens ne sont pas persécutés parce qu’ils sont catholiques, orientaux, orthodoxes, protestants, mais ils sont persécutés parce qu’ils sont chrétiens. En ce sens, le Pape François a dit une fois une chose très forte : les persécuteurs des chrétiens ont une meilleure vision de l’œcuménisme. Eux, ils savent que les chrétiens sont une seule chose.

  • Friedrich Hutterman, missionnaire et martyr en Chine

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    De site Bitter Winter :

    L’histoire du père Friedrich Hüttermann, missionnaire et martyr

    12/09/2019

    Voici l’histoire d’un prêtre allemand qui est devenu une figure clé dans les activités missionnaires catholiques à Shandong avant d’être tué en 1945.

    par Johannes Fleckner et Helmut Moll

    La seule photo connue du père Hüttermann.

    La seule photo connue du père Hüttermann.

    La naissance d’un missionnaire

    Friedrich Hüttermann est né le 30 mars 1888. Il était le fils d’un tourneur sur bois prématurément retraité de la Gute-Hoffnungs-Hütte à Sterkrade près d’Oberhausen (Rhénanie). Déjà, lorsqu’il était enfant de chœur, il avait exprimé le désir de devenir prêtre. En 1902, il intégra la maison des Missionnaires du Verbe divin (Verbites) à Steyl, aux Pays-Bas, passa son Hausabitur (l’examen requis de l’institut religieux) en 1907, et se rendit au noviciat St Gabriel de Mödling, près de Vienne, où il commença sa formation le 12 septembre 1910. Après le noviciat, il commença à étudier la philosophie et la théologie dans le même institut. Le 28 septembre 1913, il fut ordonné prêtre. Après sa dernière année d’études, il commença à forger avec détermination son projet de devenir missionnaire dans la Chine lointaine.

    Le déclenchement de la Première Guerre mondiale l’empêcha de s’installer en Asie. Après avoir reçu une formation d’ambulancier, Hüttermann servit d’abord en 1915 comme aumônier à l’hôpital militaire pour les Grenadiers avant de devenir aumônier sur le terrain. Il était grand, mince et désireux de servir. Il a reçu la croix de fer pour ses exploits de guerre. En 1919, il réussit l’examen d’État connu sous le nom d’Abitur. Par la suite, il devint l’assistant des maîtres des novices, le père Karl Friedrich à Steyl, et le père Alois Kaufhold à Sankt Augustin en Rhénanie, pendant deux ans. Contre son gré, il dut étudier la théologie catholique à l’Université Friedrich-Wilhelms de Bonn de 1921 à 1925. C’est à cette épode qu’il a terminé sa thèse, Untersuchungen zur Geschichte der altlateinischen Evangeliumsübersetzung (der br-Text des Jo.) (Enquêtes sur l’histoire de la traduction de l’Évangile en latin archaïque (le texte de Jean) dont l’approche méthodique, la certitude de l’objectif, l’exécution exacte ont été reçues avec la distinction magna cum laude, la plus grande mention honorifique universitaire. Sa promotion solennelle eut lieu le 8 juillet 1925.

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  • Apostat, une fatwa ordonne de le tuer

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    De Jean-Baptiste Mendès sur Sputniknews.com :

    Joseph Fadelle, apostat: «Il y a une fatwa qui ordonne de me tuer»

    13.09.2019

    Réfugié en France depuis dix-huit ans, après seize mois de prison à Bagdad et s’être fait tirer dessus par sa famille, Joseph Fadelle coule enfin des jours heureux. Son crime? Avoir quitté l’islam pour se convertir au christianisme.

    «Oui bien sûr que je suis toujours menacé. Il y a une fatwa qui ordonne de me tuer. Je ne communique pas mon adresse et demeure très prudent dans mes déplacements. Même en France, j’ai été menacé de mort.»

    Rendez-vous avait été fixé dans une église à Paris, discrétion oblige face à ces perpétuelles menaces. Deux mois que cet entretien était arrêté. Et nous voilà enfin devant Joseph Fadelle, auteur de Le prix à payer, (Éd. L’œuvre). Préférant s’exprimant en arabe, il est ainsi accompagné de son interprète afin de nous raconter ses terribles épreuves.

    L’apostasie de l’islam

    Tout commence en Irak dans les années 80. Pendant son service militaire, durant la guerre contre l’Iran, Mohamed Moussaoui (désormais Joseph Fadelle), appartenant à un illustre clan chiite, fait la connaissance de Massoud, son camarade de chambrée, un chrétien. Sitôt passée la méfiance réciproque, chacun essaie de convertir l’autre à sa religion. Massoud enjoint ainsi Mohamed à relire le Coran et à chercher à le comprendre. Et là, il tombe des nues.

    «J’ai alors compris, en poussant mes recherches, que le Coran ne pouvait être la parole de Dieu, que Mahomet ne pouvait avoir aucun rapport avec Dieu et ne saurait être prophète. C’est alors que j’ai quitté l’islam.»

    Puis Massoud lui prête un exemplaire du Nouveau Testament, qu’il trouve bien plus convaincant. Il devient alors progressivement chrétien. Jusque-là, pas de problème pour nos esprits occidentaux, habitués à la liberté religieuse depuis belle lurette. Il ne s’agit pas de nier en Occident, l’Inquisition, la croisade contre les cathares, les Morisques en Espagne et les pogroms dans l’empire tsariste. Sauf qu’il s’agit de ce qui se passe actuellement en Irak, avec ses traditions claniques et qu’il s’agit surtout de quitter l’islam, ce qui est considéré comme un crime dans de nombreux pays musulmans, et en tout état de cause un parcours personnel complexe. Les cinéphiles se souviennent d’ailleurs de L’apôtre, de Cheyenne Carron, film remarquable traitant d’une difficile conversion en France d’un musulman au catholicisme.

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  • "Tout ce que vit une future maman pendant sa grossesse et pendant les neuf mois qui suivent l'accouchement, le bébé le ressent"

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    TOUT CE QUE VIT UNE FUTURE MAMAN PENDANT SA GROSSESSE ET PENDANT LES NEUF MOIS QUI SUIVENT L'ACCOUCHEMENT, LE BÉBÉ LE RESSENT

  • Y a-t-il des preuves historiques de l'existence du Christ ?

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    D'Agnès Pinard Legry  sur aleteia.org :

    Jésus-a-t-il existé ? Les preuves dont disposent les historiens

    11 septembre 2019
    Que sait-on de Jésus ? S’il est impossible de prouver l’existence de Dieu, il n’en va pas de même pour celle de son Fils. « Indépendamment des sources chrétiennes, son existence se trouve attestée par plusieurs auteurs extérieurs au christianisme », affirme à Aleteia Jean-Christian Petitfils, historien et écrivain français. « Tacite, ancien gouverneur de la province d’Asie, Pline le Jeune, proconsul de Bithynie au début du IIe siècle, Suétone, chef du bureau des correspondances de l’empereur Hadrien un peu plus tard… ».

    Aleteia : Quelles preuves a-t-on, sur le plan historique, de l’existence de Jésus ?
    Jean-Christian Petitfils : L’existence historique au Ier siècle de notre ère d’un rabbi juif nommé Ieschoua (Jésus) — contraction de Yehoshoua (Josué), « Dieu sauve » —, qui attirait les foules par son charisme et son enseignement, et sa crucifixion à Jérusalem par ordre de Ponce Pilate, préfet de Judée de 26 à 36, à la demande des grands prêtres Hanne et de son gendre Joseph dit Caïphe, est un fait que tout historien sérieux, qu’il soit croyant ou non, juif, agnostique ou athée ne peut nier. Indépendamment des sources chrétiennes, son existence se trouve attestée par plusieurs auteurs extérieurs au christianisme : Tacite, ancien gouverneur de la province d’Asie, Pline le Jeune, proconsul de Bithynie au début du IIe siècle, Suétone, chef du bureau des correspondances de l’empereur Hadrien un peu plus tard…

    Un texte très important est celui d’un écrivain juif romanisé du Ier siècle, Flavius Josèphe, qui avait connu à Jérusalem les premières communautés judéo-chrétiennes : il parle d’un « sage » nommé Jésus qui fit un grand nombre d’adeptes. « Pilate le condamna à être crucifié et à mourir. Mais ceux qui étaient devenus ses disciples continuèrent de l’être. Ils disaient qu’il leur était apparu trois jours après sa crucifixion et qu’il était vivant : ainsi, il était peut-être le Messie au sujet duquel les prophètes ont raconté des merveilles. » Le Traité Sanhédrin du Talmud de Babylone évoque également son nom : « La veille de la Pâque, on pendit (à la croix) Yeshû ha-notsri (Jésus le Nazaréen) parce qu’il a pratiqué la sorcellerie, a séduit et égaré Israël. » Même le philosophe platonicien Celse (IIe siècle), violent polémiste qui haïssait le Christ, ne contestait nullement son existence.

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  • Saint Jean-Gabriel Perboyre, martyr en Chine (11 septembre)

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    Jean-Gabriel Perboyre (1802-1840) 
    martyr, de la Congrégation de la Mission  (source)

    Jean Gabriel Perboyre (1802-1840)

    Les années de formation

    Rien n'arrive par hasard. Ni la vie, ni la mort, ni la vocation. JEAN-GABRIEL PERBOYRE naquit à Mongesty, près de Cahors, dans la France méridionale, le 6 janvier 1802, dans une famille qui donna à l'Église trois Lazaristes et deux Filles de la Charité. Dans un tel environnement, il respira la foi, il reçut des valeurs simples et saines et comprit le sens de la vie comme un don.

    Dans l'adolescence, celui " qui appelle chacun par son nom " semblait l'ignorer. Il s'adressa à son frère cadet pour qu'il entre au séminaire. On demanda à Jean-Gabriel d'accompagner le petit frère durant quelque temps, en attendant qu'il s'habitue à son nouveau cadre. Il y était arrivé par hasard et il aurait dû en sortir vite. Mais le hasard révéla aux yeux étonnés du jeune homme des horizons insoupçonnés et que sa voie était ici au séminaire.

    L'Église de France était alors à peine sortie de l'expérience de la Révolution française, avec les vêtements empourprés du martyre de quelques-uns et avec la souffrance de l'apostasie d'un certain nombre. Le panorama offert par les premières années du XIX` siècle était désolant: édifices détruits, couvents saccagés, âmes sans pasteurs. Ce ne fut donc pas un hasard si l'idéal sacerdotal apparut au jeune homme, non comme un état de vie agréable, mais comme le destin des héros.

    Ses parents, surpris, acceptèrent le choix de leur fils et l'accompagnèrent de leurs encouragements. Ce n'est pas un hasard si l'oncle Jacques était Lazariste. Cela explique qu'en 1818 mûrit chez le jeune Jean-Gabriel l'idéal missionnaire. À cette époque la mission signifiait principalement la Chine.

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  • L'héroïsme des chrétiens d'Irak

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    Du site : "La sélection du jour" (7 septembre) :

    L’HÉROÏQUE RÉSILIENCE DES CHRÉTIENS D’IRAK

    En Irak, c’est toujours l’année zéro ! La défaite militaire de Daesh, achevée au début de cette année au terme de près de cinq ans de combats, a certes écarté le plus grand péril sur l’ensemble du territoire. Mais le pays est loin d’être sûr, notamment pour les chrétiens qui restent des citoyens de rang inférieur selon la Constitution irakienne, comme en tout pays musulman régi par la Charia. Avant la guerre lancée par les Etats-Unis contre l’Irak, les chrétiens étaient près d’un million et demi, soit environ 6% de la population irakienne. Aujourd’hui, il en reste moins de 250 000.

    Ceux qui sont revenus dans les régions où ils ont leurs racines depuis l’aube du christianisme, non seulement ont tout à reconstruire, mais ne savent pas de quoi demain sera fait. Ainsi parmi les quelque 125 000 chrétiens qui avaient fui la plaine de Ninive, au nord de Mossoul, investie par Daesh en août 2014, beaucoup avaient trouvé refuge autour de la ville kurde d’Erbil. Après la libération de ces territoires, fin 2016, par les forces irakiennes et leurs alliés, des dizaines de milliers de chrétiens -presque la moitié selon certaines estimations- sont revenus dans leurs villes ou villages ruinés. Les autres sont restés à Erbil ou ont émigré.

    Ces chrétiens ont retrouvé des voisins à majorité sunnite qui ont collaboré ou, en tout cas, peu résisté à Daesh. Ils restent à la merci des groupes de djihadistes qui resurgissent et frappent à l’improviste. Une autre menace pour les minorités religieuses vient des milices Shabak, de confession chiite et patronnée par l’Iran, qui ont lutté contre Daesh, puis assuré la sécurité des régions frontalières entre l’Irak et le Kurdistan irakien. Elles refusent à présent de quitter la zone comme l’ordonne le gouvernement de Bagdad qui semble d’autant plus impuissant à se faire obéir qu’il est lui-même sous l’influence de Téhéran. Après avoir figuré en bonne place dans les « dégâts collatéraux » causés par l’invasion américaine de l’Irak, les chrétiens irakiens n’ont rien de bon à attendre du regain de tensions entre les Etats-Unis et l’Iran.

    Néanmoins, les presque 10 000 familles chaldéennes revenues dans la plaine de Ninive font preuve d’une résilience qui étonne les organisations humanitaires qui les assistent. Déjouant tous les pronostics, des jeunes reviennent d’exil pour aider à la reconstruction avec l’intention de rester au pays. Plutôt que de leur résilience, on pourrait parler de l’esprit de résistance qui les anime, car beaucoup ont pris conscience de l’enjeu civilisationnel, culturel et spirituel, attaché à leur survie : « Nous, chrétiens d’Irak, qui avons fait face à 1400 ans de persécution, de violence et de génocide, sommes prêts à élever la voix et à témoigner face à nos oppresseurs et au monde, quelles que soient les conséquences » témoigne dans un entretien à l’association Aide à l’Eglise en détresse (AED) l’archevêque catholique chaldéen d’Erbil, Mgr Bashar Matti Warda.

  • RDC : le mensonge et la corruption toujours au pouvoir après les élections truquées de janvier 2019

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    Sous le titre « L’affaire des 15 millions de dollars qui embarrasse le pouvoir » , cette analyse de Christophe Rigaud sur le site web « Afrikarabia »  (9 sept. 2019)

    Kamerhe-Tshisekedi-2018.jpg« Depuis plusieurs semaines, les soupçons de détournement de 15 millions de dollars des caisses de l’Etat empoisonnent le climat politique congolais. Il faut dire que le sujet est d’autant plus sensible que le nouveau président Félix Tshisekedi a fait de la lutte contre la corruption son principal marqueur politique. L’affaire porte sur une somme de 100 millions de dollars versée par l’Etat aux entreprises pétrolières « pour compenser leur manque à gagner ». Sur ces 100 millions, 15% de « décote » devaient revenir au Trésor public congolais. Mais le 17 juillet dernier, un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) se penche sur la transaction et affirme que l’Etat n’a jamais vu la couleur des 15 millions de dollars, qui ont été versés sur un autre compte bancaire, contrevenant ainsi « aux dispositions légales et règlementaires régissant les finances publiques », affirme l’IGF.

    Kamerhe s’enmêle

    Suite à ce rapport, qui fuite sur les réseaux sociaux, comme l’essentiel des documents officiels depuis l’élection controversée de Félix Tshisekedi, les regards se tournent inévitablement sur l’omniprésent directeur de cabinet de la présidence, Vital Kamerhe. Car le 24 août, le très puissant directeur de cabinet, demande par une lettre, qui se retrouve aussi sur les réseaux sociaux (décidément !), l’arrêt de l’enquête menée par l’Inspection générale des finances sur la gestion de l’État depuis l’investiture de Félix Tshisekedi. Deux inspecteurs de l’IGF sont également auditionnés par le bureau du conseiller spécial en matière de sécurité de la présidence, François Beya. Visiblement, le contrôle de l’Inspection générale des finances dérange au plus niveau.

    « Où sont passés les 15 millions ?»

    Depuis le début de l’affaire, Vital Kamerhe, comme la présidence sont restés silencieux, alimentant la machine à rumeurs qui ne manque pas de s’emballer, notamment sur les réseaux sociaux, où tout le monde se demande « où sont passés les 15 millions ? » Il faudra attendre ce dimanche pour que le directeur de cabinet de la présidence décide de briser le silence et de se confier à Jeune Afrique. Pour Vital Kamerhe, l’affaire est simple : « il n’y a pas eu détournement (…), cet argent n’a pas disparu et le ministre de l’économie qui a autorité sur le comité de suivi des prix pétrolier pourra vous l’expliquer ». Le hic, c’est que le ministre des finances, tout juste nommé, n’a toujours rien dit et que Vital Kamerhe ne sait donc visiblement pas où se trouve cet argent. Seul aveu gênant du directeur de cabinet : il a bien demandé la suspension de l’audit et écrit en ce sens au ministère des finances, ce qui prouve que le courrier qui a fuité sur internet n’était pas un faux. Un aveu qui met en doute la sérénité de la présidence dans cette affaire.

    Comment en est-on arrivé-là ? « L’affaire des 15 millions » résume à elle seule les 8 premiers mois de mandat de la présidence Tshisekedi, dont 7 passés sans gouvernement. Pendant ce long temps de tractations à l’infini pour tenter de composer une liste gouvernementale qui convienne à la fois à l’UDPS, à l’UNC et aux dizaines de partis composant le FCC, la présidence a dû enclencher dans la précipitation ses premières mesures d’urgence, sans passer directement par les ministères concernés. Des décisions et des décaissements d’argent ont été prises de manière peu orthodoxes, bousculant les administrations. C’est en tout cas le message que souhaite faire passer la présidence. Mais pour croire cette petite musique que tente de faire passer la présidence, il faudrait mener une enquête sérieuse et indépendante pour faire la lumière sur les 15 millions. Pour cela, pourquoi ne pas avoir laisser travailler l’IGF, visiblement capable de tracer la somme, qui aurait ensuite été retirée en plusieurs fois par des cadres du ministère de l’économie ?

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  • Asia Bibi demande justice pour les victimes innocentes de la loi sur le blasphème

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    Du site AsiaNews.it (2 septembre):

    Asia Bibi, parlant pour la première fois, demande justice pour les victimes innocentes de la loi sur le blasphème

    La chrétienne, qui a été acquittée de l'accusation d'avoir insulté le prophète Mahomet, s'est réfugiée au Canada. Elle se rappelle la douleur d'avoir vu ses filles grandir sans elle, notant qu'elle pensait souvent qu'elle ne sortirait pas de prison vivante. Les prisons pakistanaises détiennent actuellement 77 personnes pour blasphème, principalement musulmanes.

    Islamabad (AsiaNews / Agencies) - Asia Bibi veut que justice soit rendue pour les victimes de la loi sur le blasphème emprisonné sans inculpation ni jugement, selon son premier entretien avec le Sunday Telegraph depuis son exil au Canada.

    Mme Bibi, une chrétienne pakistanaise, est devenue célèbre après avoir été faussement accusée d'avoir insulté le prophète Mahomet. Initialement reconnue coupable et condamnée à mort, elle a ensuite été acquittée par la Cour suprême du Pakistan.

    Malgré des délais légaux et des menaces de mort contre elle et sa famille, elle a passé neuf ans en prison. Désormais libre, mais obligée de fuir son pays, elle rappelle au monde «qu’il existe de nombreux autres cas dans lesquels les accusés restent en prison depuis des années et que la décision [en justice] les concernant reste en attente. Le monde devrait les écouter. "

    Selon le département d'État américain, 77 personnes accusées de blasphème, principalement des musulmans, se trouvent dans des prisons pakistanaises. Leurs avocats et les défenseurs des droits de l'homme affirment que les accusations qui leur sont reprochées sont fausses, souvent portées pour régler des conflits privés et faire taire leurs rivaux.

    Le blasphème est une infraction capitale et le simple soupçon suffit à déclencher des lynchages de la foule. Jusqu'ici, personne n'a été exécuté au Pakistan pour blasphème, mais les procès et les appels peuvent durer des années en raison des menaces qui pèsent sur les juges et les enquêteurs.

    L’affaire Asia Bibi est un exemple classique de justice retardée par des pressions extrémistes. Dénoncée par une collègue et par un imam en 2009, cette chrétienne de 54 ans a été jugée, condamnée et finalement acquittée le 31 octobre 2018.

    Après avoir été déclarée "non coupable" en novembre dernier, le parti extrémiste Tehreek-i-Labbaik Pakistan (TLP) a bloqué les principales villes du Pakistan, menaçant de tuer les juges de la Cour suprême et l'avocat de Bibi, Saiful Malook.

    Pour éviter de nouvelles violences, le gouvernement d’Imran Khan a été contraint de s’entendre avec les manifestants, accordant ainsi une révision du verdict de la Cour suprême. Finalement, Asia Bibi a été libérée mais n'a pas pu quitter le pays à cause de cet accord avec les manifestants. Pendant ce temps, ses filles ont voyagé au Canada.

    L'affaire a pris une tournure différente grâce aux juges de la Cour suprême Saqib Nisar et Asif Saeed Khan Khosa qui ont prouvé que toutes les charges et les preuves retenues contre elle étaient fausses.

    Le 8 mai 2019, après sept mois, elle a quitté le Pakistan pour le Canada. En pensant à ce moment, Bibi est toujours triste de ne pouvoir dire au revoir à son père ou à sa ville natale. «Mon cœur était brisé quand je suis parti de cette façon sans rencontrer ma famille. Le Pakistan est mon pays, j'aime mon pays, j'aime ma terre », a-t-elle expliqué.

    Parlant de son séjour en prison, elle déplore: «Parfois, j'étais tellement déçue et perdais courage que je me demandais si je sortirais de prison ou non, que se passerait-il ensuite, si je resterais ici toute ma vie».

    «Lorsque mes filles me rendaient visite en prison, je n'ai jamais pleuré devant elles, mais après leur départ, je pleurais seule, pleine de douleur et de chagrin. Je pensais à elles tout le temps, à leur mode de vie. ”

    Pour cette raison, personne ne devrait être traité comme elle l'était. «Je demande au monde entier d’être attentif à cette question. La façon dont une personne est accusée de blasphème sans aucune enquête appropriée, sans aucune preuve avérée, devrait être signalée.

    «Cette loi sur le blasphème devrait être réexaminée et des mécanismes d'enquête adéquats devraient être mis en place lors de l'application de cette loi. Nous ne devrions pas considérer quiconque pécheur pour cet acte sans aucune preuve. "

  • Hong Kong : les chrétiens fer de lance des manifestations mais Rome se tait…

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    Hong Kong c8613729ff429ea23048ce32771b230ce1dfd64f84c97cff3cafb9def82ae067.jpegLe retrait du texte à l’origine des manifestations ne suffira pas à enrayer la mobilisation populaire mais, cœur de la révolte, les chrétiens sont gênés par les accords à hauts risques que le pape François a, pour le moins imprudemment, négociés avec le gouvernement communiste de la Chine continentale. Décryptage de Jean-Baptiste Noé sur le site web « Aleteia » (6 septembre 2019) :

    « Les chrétiens jouent un rôle important dans les manifestations qui se déroulent à Hong Kong en opposition au gouvernement actuel de la cité. Ils représentent environ 10% de la population de la ville, mais leur puissance d’action dans le mouvement de protestation est beaucoup plus importante que cette simple statistique démographique. C’est en effet eux qui contribuent à donner une âme et un souffle au mouvement de protestation.

    « Chante Alléluia au Seigneur »

    Des prières œcuméniques sont régulièrement organisées avant les départs des manifestations, auxquelles se joignent des Hongkongais non-chrétiens. Les paroisses accueillent et cachent les manifestants poursuivis par la police, leur assurant ainsi des lieux de protection. Plusieurs prêtres ont encouragé les manifestations lors de leurs homélies, justifiant la moralité de leur combat politique en faveur de la démocratie et des libertés. Les manifestants sont soutenus par le cardinal Zen, l’archevêque émérite de la ville depuis 2009, qui a toujours été un opposant farouche au gouvernement communiste de Pékin. Les évêques auxiliaires de la ville, dont Mgr Joseph Ha, encouragent également les manifestations et apportent soutien et réconfort aux personnes blessées. Cela en fait des figures tutélaires appréciées y compris par les non-chrétiens. C’est ainsi que le chant « Chante Alléluia au Seigneur » est devenu l’un des chants de ralliement des manifestants, qui reprennent ce cantique devant le siège du gouvernement et dans les avenues de la cité.

    Lire aussi :

    Hong Kong : « La mobilisation de l’Église s’incarne d’abord par la prière »

    L’un des leaders du mouvement, Joshua Wong, de confession luthérienne, revendique le fait que sa foi soit un moteur essentiel de son engagement politique. Quant aux écoles catholiques, elles ont implicitement encouragé les lycéens à manifester en disant que les élèves ne seraient pas sanctionnés pour absentéisme s’ils n’étaient pas présents en cours. Ceux-ci ont ainsi pu être libérés pour rejoindre les cortèges de protestation.

    Un soutien dans la continuité des manifestations de 2014…

    Cet engagement n’est pas nouveau, il avait débuté dès 2014 avec « la révolte des parapluies » qui avait été le premier mouvement de masse de Hong Kong en opposition à la politique de Pékin. Le cardinal Zen avait activement soutenu ce mouvement, accompagnant les manifestants et se joignant au cortège. Déjà les paroisses avaient apporté un soutien logistique et moral, ainsi que spirituel avec des prières organisées pour les manifestants. Pékin comme Hong Kong gardent en mémoire ce qui s’est passé dans le bloc soviétique au cours de la décennie 1980, quand les chrétiens s’étaient levés pacifiquement contre le régime communiste, provoquant son effondrement. Xi Jinping redoute que la Chine du PCC finisse comme l’URSS, alors que cet exemple historique est au contraire un modèle pour les manifestants.

    … mais qui est embarrassant pour Rome

    Mais cela n’arrange ni les affaires de Rome ni celle des chrétiens de Chine continentale. Pékin a effet accentué la répression à l’égard des minorités religieuses, musulmanes et chrétiennes. Xi Jinping a annoncé sa volonté de siniser la religion chrétienne, ce qui signifie la soumettre à l’idéologie du Parti communiste chinois. Depuis plusieurs mois, la répression s’est accentuée, avec destruction de croix, d’églises, arrestation de prêtres, interdiction de pratiquer le culte catholique. La présence chrétienne n’est pas compatible avec le monopole intellectuel du Parti communiste qui perçoit le christianisme comme une menace. Le rôle majeur joué par les chrétiens dans la révolte de Hong Kong apporte une justification négative à son argumentaire. Il est donc à craindre que le gouvernement de Pékin n’en profite pour renforcer davantage la répression à l’égard des chrétiens de l’intérieur. Si celle-ci a pour l’instant lieu dans les zones de l’intérieur de la Chine, elle pourrait arriver jusque dans les villes du littoral. D’où l’inquiétude de certains chrétiens de Hong Kong, qui aimeraient que les ecclésiastiques de la cité soient moins en première ligne.

    Qui sera le futur évêque ?

    Le cardinal Zen ne se prive pas pour dire tout le mal qu’il pense de l’accord conclu entre le Saint-Siège et Pékin. Nombreux sont les catholiques de Hong Kong à estimer que Rome s’est fait berner par le PCC et que cet accord est un texte de dupe. La répression actuelle semble leur donner raison. Mais des voix discordantes s’élèvent pour demander plus de modération chez les chrétiens. Carrie Lam, le chef de l’exécutif hongkongais, revendique elle aussi sa foi catholique et se reconnaît comme une chrétienne fervente.

    Un autre problème va rapidement se poser avec le choix épineux de la nomination du futur évêque de Hong Kong. Le siège est actuellement occupé par le cardinal Tong qui, âgé de 80 ans, devrait laisser sa place. Il était parti en 2017, mais son successeur étant décédé en janvier 2019, il a été nommé administrateur apostolique le temps de trouver un nouvel évêque. Son héritier naturel est Mgr Ha, fervent soutien des manifestants. Même si Rome est libre dans la nomination de l’évêque de Hong Kong, il apparaît difficile au Saint-Siège d’y nommer un adversaire résolu de Pékin. Mais ne pas nommer Mgr Ha serait perçu par les catholiques de la cité comme une soumission de Rome à Pékin, accroissant leurs craintes déjà grandes quant à l’accord conclu entre les deux pays. L’agitation de Hong Kong illustre les éternelles difficultés à concilier dans le monde l’ordre temporel et l’ordre spirituel…

    Lire aussi :

    À Hong Kong, « les Églises défendent la liberté et la démocratie »

    Ref. Hong Kong : le rôle délicat des chrétiens dans les manifestations

    JPSC

  • Irak : six martyrs victimes de l'islamisme en voie de canonisation

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    De Jean-Marie Dumont sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Six martyrs irakiens de l'islamisme en voie de canonisation

    Le caractère spectaculaire des exactions de Daech à partir de 2014 a eu tendance à faire oublier les violences qui frappaient déjà l’Irak depuis les guerres du Golfe et l’invasion américaine de 2003. Des violences dont de nombreux chrétiens locaux ont fait les frais. Le procès de canonisation de six d’entre eux vient de franchir une étape importante.

    Le 27 août, l’éparchie catholique chaldéenne Saint-Thomas-Apôtre des États-Unis a clôturé sa phase diocésaine. « En présence du Père Luis Escalante, postulateur de la cause basé à Rome, Mgr Francis Kalabat, évêque en charge de cette éparchie, a scellé les dossiers et les a présentés devant l’autel de la chancellerie », a indiqué l’Église chaldéenne. Le dossier devait être remis à la Congrégation pour les causes des saints début septembre, afin que le procès puisse entrer dans sa phase romaine.

    Les six futurs saints sont un évêque, Mgr Faraj Raho, une religieuse, la Sœur Cecilia Hanna, un prêtre, le Père Ragheed Ganni, et trois sous-diacres, Basman Daoud, Wahid Isho et Gassan Bidawid. Tous les six ont été tués dans les années 2000 en haine de la foi par des groupes islamistes. Évêque chaldéen de Mossoul, Mgr Faraj Raho a été enlevé après avoir célébré le chemin de croix en mars 2008 et retrouvé mort. Membre de la Congrégation du Cœur de Jésus, Sœur Cecilia Hanna a été assassinée en 2002 à 71 ans par trois hommes armés qui s’étaient introduits dans le monastère de sa communauté à Bagdad, où elle vivait après avoir été responsable du monastère de Mossoul. Prêtre de 34 ans, curé de la paroisse du Saint-Esprit de Mossoul, le Père Ragheed Ganni a été abattu en 2007 près de son église, juste après avoir célébré la messe dominicale. Il avait été menacé plusieurs fois et son église avait fait l’objet de plusieurs attaques. À ses côtés, sont tombés le même jour Basman Daoud, Wahid Isho et Gassan Bidawid, trois jeunes sous-diacres qui avaient insisté pour rester auprès de lui afin de le protéger.