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La messe de Paul VI est-elle réformable ?

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Lu ce jour sur le site « Pro Liturgia » :

« Une chose qu’il faudrait impérativement supprimer dans les messes actuelles : le “mot d’accueil”.
Contrairement à ce beaucoup pensent, le missel romain actuel, en effet, ne prévoit nulle part de “mot d’accueil”. A la messe, le célébrant n’est pas chargé d’accueillir les fidèles ; ce sont les fidèles réunis sous la présidence du prêtre qui “accueillent” dans leur cœur, par le “Confiteor”, le Christ. Le “mot d’accueil”, tel qu’il est fait un peu partout, est donc totalement contraire à la raison d’être de la liturgie. En outre, les “mots d’accueil” sont souvent une mini-homélie ou, dans certains cas, une marque de courtoise à l’adresse de tel concélébrant de passage. Quel intérêt d’annoncer ce qui sera développé au cours de l’homélie qui suit l’Evangile ou de présenter tel ou tel ministre de l’autel comme s’il était la vedette du moment ?
Mais alors, que prévoit le missel ? Dans la Présentation générale, on lit : « Lorsque le chant d’entrée est fini, le prêtre, debout à son siège, fait le signe de la croix avec toute l’assemblée. Ensuite, en saluant la communauté rassemblée, il lui signifie la présence du Seigneur. Cette salutation et la réponse du peuple manifestent le mystère de l’Eglise rassemblée.
Après la salutation au peuple, le prêtre, ou le diacre, ou un ministre laïc, peut, par quelques mots très brefs, introduire les fidèles à la messe du jour. »
On peut - ce ne doit pas être fait de façon systématique - par quelques mots très brefs, introduire... Les mots doivent être “très brefs” pour ne pas casser le rythme de la célébration ; ils doivent “introduire à la messe du jour” : c’est-à-dire éclairer la raison d’être de la célébration. Par exemple, le 17 mars : « Nous célébrons saint Patrick qui, au Ve siècle et selon la tradition, fut sacré évêque par S. Germain d’Auxerre. Il passa sa vie à christianiser l’Irlande, notamment en prêchant le mystère de la Sainte Trinité. »
Conclusion : demandons à nos prêtres de ne plus faire ces “mots d’accueil” que les fidèles, généralement, n’écoutent que d’une oreille distraite en espérant que la messe puisse reprendre le plus vite possible son cours normal. »

[...]

"Le Missel romain issu de Vatican II laisse parfois la porte ouverte “options” : « On fera... on pourra aussi faire... ». Or cette idée d’ “option” est très souvent mal comprise. Aussi faut-il en préciser le sens lorsqu’elle s’applique à la liturgie.
Contrairement à ce qu’on croit, l’optionnel, en liturgie, ne signifie jamais - insistons sur le mot “jamais” - un choix laissé au célébrant.
En effet, la liturgie obéit à une règle essentielle qui est celle-ci : il y a une “norme” objective qui doit impérativement être suivie. C’est seulement lorsque cette norme ne peut pas être suivie, pour des raisons indépendantes du célébrant, que des “options” peuvent entrer en jeu.
L’erreur la plus courante que font aujourd’hui de très nombreux célébrants est celle-ci : ils commencent par considérer les “options”, les “choix” possibles, puis, à partir de là, reconstruisent ou agencent la liturgie. Ce qui a pour résultats d’obtenir des célébrations plus ou moins conformes à la norme, des célébrations bancales et hybrides faite de bric et de broc et dépourvues d’unité.
Or, c'est exactement le contraire qu’il faut faire : il faut partir de la norme et, dans la mesure où celle-ci ne peut pas être suivie, voir au cas par cas ce qu’autorisent les “options” légitimes. Telle a toujours été la règle de base en liturgie. Elle a du reste été rappelée dans la Lettre “Dominicae Cenae” de S. Jean-Paul II.
Des “options” ont toujours existé, même bien avant le Concile Vatican II. Seule différence : on ne parlait alors pas d’ “options” mais de “permissions” ou de “dérogations” ponctuelles à la règle générale.
Pour encore mieux comprendre cette notion d’ “option”, prenons la Présentation générale du Missel romain et voyons comment doit se dérouler le début d’une messe (cf. nn. 47 à 52) :
Texte : « Lorsque le peuple est rassemblé, tandis que le prêtre entre avec le diacre et les ministres, on commence le chant d’entrée (introït). (...) Il est exécuté alternativement par la chorale et le peuple ou, de la même manière, par le chantre et le peuple, ou bien entièrement par le peuple ou par la chorale seule. On peut utiliser ou bien l’antienne avec son psaume qui se trouvent soit dans le Graduale romanum soit dans le Graduale simplex ; ou bien un autre chant accordé à l´action sacrée, au caractère du jour ou du temps, et dont le texte soit approuvé par la Conférence des évêques. »
Commentaire : on voit ici qu’il y a une gradation. Il est d’abord demandé de chanter l’antienne d’entrée grégorienne donnée dans le “Graduel romain”. Si personne ne peut l’exécuter, on prendre l’antienne donnée le “Graduale simplex”. Et si cette dernière antienne est encore trop difficile à exécuter, alors - mais seulement alors - on peut prendre un chant dont les paroles, est-il précisé, doivent être accorées au sens de la liturgie du jour et approuvées par la conférence des évêques.
La gradation se poursuit dans le texte de la Présentation générale : « S’il n’y a pas de chant pour l’entrée, on fait réciter l’antienne que propose le Missel, soit par les fidèles, soit par certains d’entre eux, soit par un lecteur ou, autrement, par le prêtre lui-même, qui peut aussi l’adapter sous forme de monition d’ouverture. »
Conclusion : il faut commencer par faire son possible pour que l’antienne grégorienne soit chantée et non pas se contenter systématiquement d’un cantique faisant office de chant d’entrée. La norme est le chant grégorien : on doit tout faire pour le favoriser.
Cette fausse compréhension de l’idée d’ “option” montre qu’un missel, quel qu’il soit, mis entre les mains de prêtres peu ou mal formés, conduit à la création de liturgies fausses, décousues, ennuyeuses car manquent d’unité et de cohérence.

Ref « Pro Liturgia »

Trop d’options, même déclinées sous forme de priorités graduées, engendrent inévitablement des dérives qui nuisent à l’aspect  répétitif et codifié sacralisant un rit(e) quel qu’il soit, le comble étant qu’actuellement le rit romain comporte désormais deux formes, l’une ordinaire et l’autre extraordinaire. De la messe de Paul VI, le fidèle lambda retient finalement l’impression qu’elle n’est pas très ritualisée et de la messe de Pie V,  celle qu’elle est trop rigide.

In medio virtus. Pour mettre un peu d'ordre, le pape Benoît XVI et le Cardinal Sarah ont plaidé pour une  « réforme de la réforme » réunifiant en ce sens les deux formes du rite romain. Mais le pape actuel, peu ritualiste, ne partage pas ce point de vue, craignant qu’il soit porté atteinte à l’esprit libéral prévalant aujourd’hui dans les célébrations ordinaires de la messe, qui sont l’immense majorité.    

JPSC

Commentaires

  • Quelle tranquillité d'esprit avec la messe de St Pie V: non seulement pas de mot d'accueil, mais pas de discussions non plus autour de l'opportunité de prononcer un mot d'accueil, d'effectuer ou non l'aspersion, de prendre tel chant ou telle prière eucharistique (qu'on transforme ou non), de s'agenouiller à la consécration ou non, de se donner ou non le baiser de paix, avec ou sans déplacement au bout de l'église, de tremper ou non l'hostie dans le calice, de de prendre la communion dans la main ou sur la langue, à genoux, couché ou debout.

    Rien que cela m'apporte une sorte de repos mental qui me permet justement de me concentrer davantage sur la messe: n'est-ce pas ce qu'on appelle la "participation active des fidèles"?

  • Par chez nous c'est le brouhaha avant le début de la messe qui me rend malade. Bises par ci, bises par là, certains mettent les potins de la semaine à jour, aucun respect pour le St-Sacrement qui se trouve au Tabernacle, ça courre dans tous les sens, ça crie, s'apelle, etc...
    Bon, vous me direz, les jeunes aujourd'hui, c'est comme ça...sauf que ce sont des vieux de la veille qui assistent à l'office... et par le passé, ils savent que cela n'était pas permis. On se lève à peine, toujours assis, en attendant anxieusement la fin le plus tôt possible. Aucun moment de silence, aucun moment possible d'intimitée avec Dieu, impossible. Bref, c'est identique au théatre,
    Quand le prêtre congolais n'oublie pas de venir, ou se trompe de chapelle, la messe est dite en 25 minutes, sonnerie des cloches comprise.
    Franchement, je préfére participer à la Messe dans une Abbaye de la Stricte Observance ou dans une Fraternité, où le respect du Sacré est la norme.
    Je pensais que la quantité aurait remplacé la qualité... mais on en est loin.

  • Oh oui, qu'il est bon d'avoir une messe où tout est prévu, où les enfants n'ont qu'à la fermer, où les relations fraternelles sont réduites au strict minimum, où le curé nous tourne le dos et s'exprime en une langue tellement sacrée que peu nombreux sont ceux qui la comprennent, à part nous, les initiés. Oh oui, le salut du monde passe véritablement par là au troisième millénaire. Nous ne serons bientôt plus qu'un îlot de survivants, mais nous serons les purs, qui regarderons les autres qui ne sont pas comme nous, menteurs, adultères, voleurs, priant en langue vernaculaire et cherchant à faire des disciples qui puissent "accéder" à la messe... Oh oui, merci mon Dieu!

  • Il est bon de participer aux deux formes. Cela permet de voir le bon côté des deux. Et de voir aussi que peut trouver des insatisfactions dans les deux.
    Cela va sans dire, la sacralité et la verticalité est plus manifeste dans la forme extraordinaire.
    Cependant, la messe Paul VI a apporté quelques améliorations que les pères conciliaires avaient senties nécessaires, dans la droite ligne des réformes de Jean XXIII.

    Mais qui voudra de la réforme de la réforme ? Est-ce que les tradis accepteront de l'adopter ? Est-ce que les ordis accepteront ces changements ? Cela demande une conversion de chacun pour le bien de l'unité.

  • Non, fr Benoît, votre ironie n'empêchera pas de considérer les choses autrement.
    La Messe où "tout est prévu", est une Messe où les fidèles peuvent se concentrer sur le Sacrifice du Christ et n'ont pas à appréhender en tremblant les caprices et parfois les hérésies du célébrant (que de fois j'ai entendu des prêtres conciliaires nier soit l'Immaculée Conception, soit la primauté romaine, soit la Présence réelle elle-même, ou d'autres dogmes définis par l'Eglise, et rappelés d'ailleurs au 2d Concile du Vatican !).

    Les "enfants n'ont qu'à la fermer": les adultes aussi, on entre au temple, comme dans le temple de Sion ou dans celui du Ciel pour adorer et prier; les juifs ne toléraient aucune parole profane dans le Temple ni dans les synagogues, les musulmans non plus dans leurs mosquées; les bavardages (ce surtout les adultes qui sont visés, pas les petits enfants, dans les commentaires précédents) ne sont pas opportuns sur les lieux de culte. Les relations fraternelles existent même sans bavardage.

    Le curé "ne tourne pas le dos au peuple", mais se tient comme le peuple vers le Crucifix; en matière de tourner le dos, il est temps que vous regardiez la poutre au lieu de la paille: les prêtres Novus Ordo, dans la plupart des églises, tournent le dos au Tabernacle, c'est-à-dire au Christ, et se mettent en face des fidèles, comme l'antéchrist "dans le Temple à la place du Seigneur" (2e Epître aux Thessaloniciens, II, 4).

    Pour le latin, aux arguments traditionnels que tout le monde connaît (stabilité, uniformité, antiquité, traductions disponibles et, pour les illettrés, gestes multiples du célébrant, aujourd'hui pour la plupart supprimés), il me suffit d'ajouter cette remarque: pourquoi la traduction française (et les autres vernaculaires) du nouveau Missel romain s'est faite dans un langage parfois trivial au lieu des traductions plus belles du XIXe siècle (je préfère d'ailleurs celle-ci au texte latin lui-même)? Pourquoi a-t-on supprimé ou modifié des phrases entières (comme pour l'Orate fratres, qui est pourtant le même dans le Missel latin moderne que dans le Missel tridentin)? Pourquoi a-t-on supprimé les phrases politiquement incorrectes des lectures dominicales (voir des exemples bien documentés sur le lien https://rorate-caeli.blogspot.com/2018/03/a-case-study-of-rupture-in-lex-orandi.html)?

    En tant que Byzantin, je sais que le problème est moins visible dans les rites orientaux auxquels j'assiste. Mais le problème est là: la Messe latine moderne - ou plutôt les dérives qu'on en fait, car nulle part en Belgique on ne lit ni respecte la Constitution de S. Jean-Paul II REDEMPTIONIS SACRAMENTUM sur les abus liturgiques (sauf chez ceux qui célèbrent en Tridentin) ! - n'apporte plus les garanties nécessaires à la pureté de la foi, qui consiste à adhérer à cette Vérité dont, selon le mot de Saint Paul, l'Eglise est "la colonne" (1e épître à Timothée, III, 15).

  • Fr Benoit, je suppose et j'espère que c'est par ironie que vous exprimez tout cela ! Au "second degré" !

    La messe prônée par Vatican II est bien autre chose que cela en bien des paroisses. Je peux en témoigner ...
    Pour cela, oh oui, merci mon Dieu !

  • Cher Jacques, je vous rassure, c'était bien de l'ironie. Car j'en ai assez que l'on remette sur le dos du concile Vatican II et de la messe de Paul VI, un problème qui est bien plus sociétal qu'ecclésial.
    J'aime l'Église de Vatican II en laquelle subsistent la plénitude des moyens du salut. J'aime le formidable effort des chrétiens issus de Vatican II qui s'engagent pour évangéliser un monde qui les raille et ne veut plus de Dieu.
    Et puis, missionnaire en RDC, engagé dans le combat pour la reconnaissance de la dignité et des droits des personnes, ce genre de querelle me paraît tellement loin de la préoccupation quotidienne des gens que je côtoie et de bien d'autres. Il s'agit d'ailleurs d'un "problème" très euro et nord-américano-centré. Pourquoi ne pas demander leur avis aux catholiques africains, asiatiques ou océaniens? L'Afrique est l'avenir de l'Église et je doute fort qu'elle se retrouve dans le rite de saint Pie V avec sa joie, ses chants, ses danses qui sont finalement l'expression de leur adoration véritable. Oui, chaque jour et plus spécialement chaque dimanche, je suis ému de voir cet immense peuple des pauvres du Seigneur jeter en Dieu ses soucis et chanter sa confiance et sa reconnaissance. C'est cela aussi le fruit de Vatican II.

  • Cher Hage,
    Je comprends bien votre grand amour pour le Christ et la célébration des saints mystères dans ce que vous écrivez. Mais il me semble que les défauts ou dérives que vous décrivez ne relèvent pas tant de la manière de célébrer que d'un climat sociétal d'individualisme, de relativisme, de goût du "happening" qui affecte même certains prêtres. Mais est-ce réellement lié à la façon de célébrer? J'en doute fort. C'est une question de formation spirituelle et intellectuelle avant tout, d'attachement à la personne du Christ et par lui à la Trinité, de vie intérieure renouvelée et d'humble soumission à l'Église et aux dogmes, qui sont l'espace dans lequel la pensée et la réflexion sont appelées à se déployer sans déborder.
    Cessons donc d'en vouloir à Vatican II et de croire que tout ira mieux si l'on en revient au concile de Trente.
    Ce qui est le plus urgent aujourd'hui, c'est d'en revenir au Concile lui-même, à ses textes et pas à "son esprit" si facilement galvaudé. C'est d'aimer et de faire aimer Jésus et son Église. Le monde s'éloigne de plus en plus de Dieu et il nous faut résolument aller vers lui avec en mains l'évangile et au coeur la douceur et l'humilité du Christ.

  • Par chez nous c'est le brouhaha avant le début de la messe qui me rend malade. Bises par ci, bises par là, certains mettent les potins de la semaine à jour, aucun respect pour le St-Sacrement qui se trouve au Tabernacle, ça courre dans tous les sens, ça crie, s'apelle, etc...
    Bon, vous me direz, les jeunes aujourd'hui, c'est comme ça...sauf que ce sont des vieux de la veille qui assistent à l'office... et par le passé, ils savent que cela n'était pas permis. On se lève à peine, toujours assis, en attendant anxieusement la fin le plus tôt possible. Aucun moment de silence, aucun moment possible d'intimitée avec Dieu, impossible. Bref, c'est identique au théatre,
    Quand le prêtre congolais n'oublie pas de venir, ou se trompe de chapelle, la messe est dite en 25 minutes, sonnerie des cloches comprise.
    Franchement, je préfére participer à la Messe dans une Abbaye de la Stricte Observance ou dans une Fraternité, où le respect du Sacré est la norme.
    Je pensais que la quantité aurait remplacé la qualité... mais on en est loin.

  • "ce qui est le plus urgent aujourd'hui, c'est d'en revenir au Concile lui-même, à ses textes ..."

    ... avec un préambule, celui de Mgr Sarah : "faire silence".
    Surtout à l'église, surtout avant la Messe, d'après mon expérience.
    Père Marie-Eugène dit : "Dieu parle dans le silence et seul le silence paraît pouvoir exprimer Dieu. Aussi, pour retrouver Dieu, où l'homme pourrait-il aller sinon dans les profondeurs les plus silencieuses de lui-même."

    C'est tellement plus "respectueux" quand on s'est bien préparé, dans le silence pour nous unir à l'événement qui va se passer: le St Sacrifice de la Messe et aussi avec nos frères tout proches dans l'église ou plus éloignés dans nos pensées et notre cœur.
    C'est pour moi un point important ...
    Si je veux parler à des personnes, on peut le faire ailleurs autour d'un petit verre de l'amitié.
    On arrive bien à faire "silence" face à une personne décédée, par respect, ai-je remarqué souvent.

  • Oui, comme vous l'écrivez, fr Benoît, "Ce qui est le plus urgent aujourd'hui, c'est d'en revenir au Concile lui-même, à ses textes et pas "à son esprit" si facilement galvaudé". A cet égard, le cardinal Sarah est un exemple à suivre et si tous les prêtres de la terre célébraient et parlaient comme lui, il n'y aurait bien sûr strictement rien à redire. Hélas, il n'en est rien et les évêques restent muets face à toutes les dérives doctrinales et liturgiques. Vous écrivez également: "Le monde s'éloigne de plus en plus de Dieu". La liturgie et la catéchèse s'en éloignent aussi. Quand l'homme devient le centre, quand de la foi il ne reste plus qu'un message philanthropique, c'est de coeur des pauvres, de ces mortels que nous sommes tous, qui n'est plus rassasié. Dieu seul est notre véritable richesse; Lui seul est la réponse aux questions fondamentales de l'existence humaine (D'où venons-nous? Qui sommes-nous? Pourquoi sommes-nous? Où allons-nous?) Si l'Eglise de Jésus-Christ ne répond plus à de telles interrogations, non seulement elle renie le coeur de sa prédication, le fondement du message apostolique, mais elle n'a tout simplement plus aucune raison d'être et pour la remplacer, une ONG fera aussi bien l'affaire. A l'heure où Dieu Lui-même finit par devenir le premier des exclus, je crois qu'il est plus qu'urgent d'en revenir à une catéchèse étayée par des arguments solides, par une apologétique qui, en priorité sur les points fondamentaux (existence de Dieu, rédemption et résurrection du Christ, vie après la mort), nous montre qu'il y a de sérieuses raisons de croire en la véracité du contenu de notre foi.. Sans cela, je ne donne pas cher de la peau du christianisme.

  • Je suis triste de voir des "crêpage de chignons" entre catholiques.

    Or, les influences maçonniques (progressistes, libérales, rationalistes, humanistes, matérialistes, capitalistes, socialistes, …) étaient présentes de manière sournoise bien avant Vatican II. Il suffit de lire Mgr Delassus (la Conjuration anti chrétienne, 1910) pour s'en convaincre. Vatican II est l’œuvre de prélats et théologiens d'avant Vatican II, est-il besoin de le dire ?

    Selon moi, ce Concile a eu le mérite de les faire sortir du bois, d'exposer leurs idées au grand jour. Il ne faut pas avoir peur de diagnostiquer une maladie ; ne pas le faire est pire.

    Mais le diagnostic ne suffit pas, il faut trouver un remède. Or, le remède proposé par le courant dit traditionaliste ne me semble pas le plus approprié. Car la tradition millénaire de l'Église ne repose pas sur telle ou telle liturgie, mais sur les vertus évangéliques : foi, espérance charité, humilité, unité, patience, fidélité, … L'Église a connu des crises bien plus graves depuis 2000 ans. Elle n'a jamais utilisé le combat entre liturgies comme remède.

    Les fruits actuels du remède traditionaliste ne me disent non plus rien qui vaille : désunion de l'Église catholique, conflit avec les autres catholiques et isolation par rapport aux autres religions. Ces fruits ne peuvent hélas réjouir que ceux qui veulent affaiblir l'Église, en la divisant à l'intérieur et en l'isolant à l'extérieur.

    Bref, je pense que les catholiques dits progressistes et dits traditionalistes sont deux extrêmes opposés, influencés et instrumentalisés par ceux qui ne veulent pas du bien à l'Église.

  • In petto, je n'aime pas les classifications.

    Mais puisque vous y adhérez à ces divisions, je dis clairement que je suis un "progressiste" !
    Mais pour moi cela ne veut rien dire.

    Selon vous, je ne veux pas du bien à l'Eglise !

    Puisque vous l'avez décrété !!!
    Je m'en voudrais de vous créer quelque désillusion ...

  • @Jacques Delen

    Le soi-disant « progrès » est un slogan absurde brandi par les francs-maçons contre le « conservatisme » de l'Église catholique.

    Absurde, car le mot « progrès » seul ne veut rien dire. On peut « progresser » vers un sommet ou vers un abîme, vers le bien ou vers le mal.

    Un catholique peut se prétendre à bon droit « progressiste », si c'est un progrès en foi, espérance et charité.

    L'Église catholique conserve ce qui vaut d'être conservé, tout en progressant sur le chemin montré par le Christ.

    Je suis donc d'accord avec vous que les classifications ne valent que par le sens que chacun donne à des mots.

  • Excusez-moi mais au point où nous en sommes aujourd'hui entre "catholiques", il ne s'agit même plus d'une question de Concile. Il s'agit avant tout de savoir si nous partageons encore le même Credo (le symbole des apôtres) et dans l'affirmative, de savoir si nous sommes d'accord de payer de notre personne pour aider rationnellement les autres à y croire et cela en dépit de ceux qui, ne voulant pas choquer, voudraient réduire le christianisme à du sentimentalisme. En publiant son livre intitulé "Les raisons de croire", Mgr Léonard avait bien compris que la foi chrétienne a besoin d'arguments pour être crédible et que sans eux, elle n'est que vagues sentiments qui ne résisteront en rien à la critique de ceux qui n'y croient pas.

  • Mères porteuses, droit à l'enfant, avortement des trisomiques et autres, aide au suicide ....., IL FAUT ( je croyais qu'il était interdit d'interdire ? ) ALLER AVEC SON TEMPS .....
    ET à propos ,l'euthanasie - tout ce poison dans le sol - c'est bon pour le milieu ? ( la loi interdit d'enterrer un chat euthanasié dans le jardin ....

  • La morale sans Dieu est un arbre sans racine. Tout part de Celui qui seul est stable et qui seul donne sens à l'existence.. Sans Lui, tout n'est plus qu'absurdité, sables mouvants et désespoir. "Dieu ou rien", comme le dit le titre du livre du cardinal Sarah. Et sur le rien, sur un monde qui, comme l'écrit Bertrand Russel, "est une machine sans âme qui suit une trajectoire aveugle dans l'infini de l'espace et du temps", aucune morale ne peut être construite.

  • @Jean-Pierre Snyers

    C'est plutôt Bertrand Russel qui est "un pseudo philosophe suivant une trajectoire aveugle dans le néant de son espace et de son temps". :-)

    Une morale dit le bien et le mal. Elle est donc comme un guide de bon et mauvais usage de quelque chose. Or, seul le créateur de quelque chose est habilité à rédiger et à publier le mode d'emploi de ce qu'il a créé. Si un utilisateur ne le suit pas, c'est à ses risques et périls.

    Comme Dieu est le Créateur de notre monde, c'est donc lui seul qui peut en rédiger le mode d'emploi. Nous ne sommes que des utilisateurs.

    Un athée veut pouvoir utiliser le monde comme il lui plaît, en poussant au hasard sur n'importe quel bouton. Il doit donc nier le Créateur, pour réfuter l'existence d'un mode d'emploi qu'il ne veut pas suivre.

  • oui, Fr Benoît, vous êtes impressionné par le peuple africain, là-bas en Afrique, le dimanche à la Messe, qui s'extériorise par le chant, la danse pour exprimer sa confiance et sa reconnaissance envers le Seigneur. Vatican II ...

    Perso, je suis édifiée par les africains qui viennent se joindre à nous à la Messe, en Belgique, par leur grande intériorité, leur tenue digne et silencieuse, aussi des jeunes enfants, le respect " les genoux par terre" souvent lors de la Consécration et réception du Corps du Christ très pieuse.
    Mgr Sarah disait un jour, en Belgique, - " nous sommes ce que vous nous avez appris, vous les missionnaires."

    C'est nous qui avons changé en fait ... Vatican II ici et là c'est selon. Ce qui est sûre c'est que nos amis africains réussissent à venir à la Messe avec leurs enfants silencieux et en confiance. Ils savent ce qu'est la MESSE, dirait-on.
    Cela nous évangélise ...

  • Jean-Pierre, du dis
    " La morale sans Dieu est un arbre sans racine ".

    Je suis heureux, pour moi, d'avoir une morale qui peut s'accrocher à Dieu.

    MAIS ce n'est pas pour autant que je dénie la morale de ceux qui ne la cherchent pas en Dieu.

    Il y a dans l'histoire humaine, bien des hommes et des femmes "athées" qui ont un profond respect de leurs semblables. Ne les jugeons donc pas ...

  • @Jacques Delen
    Personne ne juge un athée en particulier.
    Mais on peut juger néfaste que l'athéisme ne propose aucune morale à ses adeptes.
    Un athée peut faire ce qu'il veut.
    Personne ne pourra jamais lui dire : « Un bon athée ne fait pas ça. »
    L'amoralité de l'athéisme n'est pas moins dangereuse que l'immoralité du satanisme.

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