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BELGICATHO

  • Une retraite à l’abbaye bénédictine de Fontgombault

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    280px-Fongombault2.jpgQuelques fidèles de l’église du Saint-Sacrement à Liège ont commencé leurs vacances d’été par une semaine de retraite à l’abbaye Notre-Dame de Fontgombault (située entre Poitiers et Châteauroux, au bord de la Creuse, dans l’Indre). Ils ont eu l’heureuse surprise d’arriver  à l’abbaye en même temps que le cardinal Robert Sarah, préfet de la congrégation romaine du culte divin, venu y séjourner trois jours, et de rencontrer cette  personnalité attachante.

    Participant  avec piété à tous les offices2010-11-20_Courtesy_visits_20.jpg monastiques et joignant sa messe matinale à celles de tous les moines, le prélat a aussi  célébré pontificalement, le 22 juillet,  la grand’ messe de la fête de sainte Marie-Madeleine. A cette occasion, il a donné une belle homélie, simple et profonde à la fois. Un jeune Liégeois présent a eu l’honneur de se joindre aux servants de cette messe. Ce fut aussi l’occasion pour le prêtre qui accompagnait les retraitants de saluer le prélat et de l’inviter à venir à Liège lors d’une prochaine occurrence.

    Fondée au xie siècle, Notre-Dame de Fontgombault  est un joyau de l’art roman. Elle est redevenue abbaye « vivante » en 1948, une communauté monastique venue de Solesmes y ayant alors rétabli l’office divin . C’est aussi un lieu de tradition où les vocations affluent. Elle compte aujourd’hui une petite centaine de moines et a déjà fondé quatre autres abbayes : Notre-Dame de Randol (1971), Notre-Dame de Triors (1984), Notre-Dame de Gaussan (1994) et Notre-Dame de l’Annonciation de Clear Creek, aux Etats-Unis (1999).

    Le 11 octobre 2013, elle a aussi refondé l’abbaye Saint-Paul de Wisques (Pas-de-Calais), qui à compter de cette date a adopté les rite et coutumes de Fontgombault, y compris la célébration de la forme extraordinaire du rite romain.

    En 2001, le cardinal Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI, était venu à Fontgombault pour donner deux conférences dans le cadre d’un grand colloque destiné à « amorcer un nouveau mouvement liturgique ». 

    JPSC

  • Quand un Dominicain écrit dans la revue des Jésuites

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    Cottier-Georges.jpgLe cardinal suisse Georges Cottier o.p.(photo),théologien émérite de la Maison pontificale, s’est confié ce mois-ci à la revue jésuite « Civilta Cattolica » dirigée par le P. Antonio Spadaro, l’un des proches conseillers du pape François. Il dénonce notamment les excès de légalisme de l’Eglise concernant les divorcés remariés et en appelle, à la miséricorde (celle-ci est le thème de l’article) dans les termes suivants, dont rend compte le journal « La Croix » :  

    « Le cardinal Georges Cottier juge la question des « divorcés remariés », formulée « en termes  « trop générique » et s’appliquant à des situations fondamentalement différentes. Il distingue le cas d’une personne abandonnée par son conjoint, qui conserve la charge des enfants et contracte un mariage civil avec un nouveau compagnon qui l’aide et la sécurise, d’une autre qui laisse sa famille pour épouser « une personne plus jeune et brillante » en se laissant « transporter par la passion ».

    « Dans le second, il y a un "scandale", dans le premier au contraire nous percevons le poids de la solitude, la difficulté à aller de l’avant, la faiblesse et même la nécessité d’une compagnie », note le cardinal. Il propose le« jugement prudentiel de l’évêque » comme solution, non sans avouer ses doutes face à la division de l’épiscopat sur la question.

    « Mon avis s’applique d’abord à certaines situations où il y a une probabilité sérieuse de nullité du premier mariage, mais pour laquelle il est difficile de fournir des preuves canoniques », précise-t-il. Cependant il appelle plus généralement à rester attentif « aux mutations historiques et aux évolutions des mentalités. Certainement pas pour s’y soumettre mais pour surmonter les obstacles qui peuvent s’opposer à l’accueil de ses conseils et de ses directives ».

    Il évoque aussi « la responsabilité des confesseurs » dans le rejet ressenti par certains fidèles face à « un jugement négatif émis d’une manière impersonnelle et privée d’âme ».« Toujours et partout, quel que soit le jugement exprimé, il doit être présenté et expliqué dans un langage qui fasse entendre clairement la sollicitude maternelle de l’Église », défend le théologien dominicain, pour qui il ne fait aucun doute que l’année de la miséricorde illuminera le travail du synode de 2015. »

    Tout l’article ici : Le cardinal Cottier regrette la brutalité « inhérente » au rigorisme sur le cas des divorcés remariés.

    Le concile Vatican II nous a habitués à un certain nombre de formules « pastorales » qui pour franchir l’obstacle énoncent une règle assortie, un peu plus loin dans la phrase, d’une échappatoire qui la transforme finalement en exception. Lorsque la Parole du Seigneur lui-même est en cause, cette méthode serait d'autant moins acceptable.  

    La position défendue par notre archevêque, Mgr Léonard dans sa conférence du 28 janvier dernier à l’Université de Liège, me parait plus clairement conforme au double souci de la vérité et de la miséricorde en ces matières difficiles que constituent les conflits matrimoniaux :

    « Que d’attention on doit avoir pour les personnes divorcées. La première chose que le Seigneur leur demande, si elles le consultent, c’est d’assumer la fidélité au mariage et au conjoint, même s’il n’est plus làsi on a été « plaqué » par lui. Mais aucune solitude ne peut être vécue si l’on est seul. Il y a beaucoup de solitudes. On peut vivre une situation de solitude d’abord avec le Seigneur, et avec des frères et sœurs qui nous soutiennent.  

    Il y a une certaine solitude dans le célibat du prêtre. Pas dans mon cas : comme beaucoup de confrères, je souffrirais plutôt du manque de solitude, mais certains souffrent aussi de solitudes. On ne peut la vivre positivement qu’avec le Seigneur et si vous aimez vos prêtres, d’une manière adaptée à leur situation de célibataires. Les prêtres ont besoin de votre affection, de votre soutien pour vivre positivement leur célibat sacerdotal, avec la compagnie de leurs confrères et celle du Seigneur.  C’est la même chose pour une personne qui se retrouve veuf, veuve ou célibataire sans l’avoir choisi, parce que la vie n’a pas présenté une âme sœur, ou séparé ou divorcé. On ne peut assumer cette solitude qu’avec le Seigneur dans la solitude de la croix. Jésus est mort dans la solitude, abandonné des hommes et abandonné, apparemment, de Dieu son Père. On ne peut vivre cette solitude qu’avec le soutien de frères et sœurs ou dans une communauté, sinon ce n’est pas tenable.

    Je voudrais dire un mot  -cela reviendra peut-être dans les questions tout à l’heure- sur le fait que je suis partisan d’une pastorale très chaleureuse et proactive à l’égard des personnes qui se sont remariées civilement après un divorce civil ou qui vivent en concubinage. L’Eglise doit chercher le contact avec ces personnes, comprendre ce qui s’est passé dans leur vie et les aider à assumer leur situation, en conjoignant, comme le fait un psaume, amour et vérité.  

    Autrement dit, je décourage les pastorales qui font comme si cette nouvelle union civile ou ce concubinage étaient ou pouvaient être un mariage sacramentel : non. Et il ne faut pas faire des choses qui y ressemblent  car c’est autre chose. Oui, il y a, bien sûr, des éléments positifs qui se vivent mais ce ne sont pas des situations qu’il faut demander au Seigneur de bénir sacramentellement.

    Il n’y a que deux manières de répondre à ce que le Seigneur attend. Lorsqu’on se trouve dans une situation qui ne correspond pas à ce qu’il demande,quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvions, pécheurs que nous sommes, il y a toujours un chemin de salut. Mais il n’y a que deux manières tout à fait  acceptables, comme chrétiens, de vivre cette situation :

    D’abord,  c’est de se dire : au fond, l’homme ou la femme avec qui je vis n’est pas mon conjoint dans le Seigneur puisque mon conjoint, avec lequel je suis marié sacramentellement, est toujours là. Je ne peux pas en avoir deux. Cette seconde union ne peut pas être un signe sacramentel de l’alliance nouvelle et éternelle.

    Alors, première solution possible : j’en tire les conséquences. Je suis un chrétien à part entière, je participe à l’Eucharistie mais au moment d’exprimer sacramentellement, publiquement, objectivement, l’alliance nouvelle et éternelle, librement je m’abstiens de poser le geste sacramentel, parce que celui-ci est un geste objectif que contredit publiquement ma situation objective d’alliance rompue. Et je connais des gens qui font cela en sachant pourquoi, qui le font par amour et qui, dans cette abstention même, communient à la personne du Seigneur avec une intensité qui souvent m’émeut. En voyant cela, je me dis qu’ils communient au Seigneur peut-être plus profondément que moi quand il m’arrive (le plus rarement possible) d’être distrait en communiant et de me rendre compte que j’ai communié au Corps du Seigneur en pensant à ce qui allait suivre dans l’heure prochaine. Et bien, cela, c’est une conclusion qu’on peut tirer : si elle est tirée avec amour, en ayant compris la profondeur de ce geste d’abstention, elle porte du fruit. J’en ai fait l’expérience chez toutes les personnes qui vivent cela.

    Il existe une autre voie possible, plus exceptionnelle et qui n’est pas recommandable sans une grande préparation, mais je la cite parce que cela existe  et je connais des couples qui ont en effet tiré cette conclusion : après une conversion, ils se sont dit voilà, je vis avec une personne qui n’est pas mon conjoint dans le Seigneur.  Je vais continuer de vivre avec cette personne,  car on ne peut pas se séparer, il y a les enfants etc., mais je vais vivre avec mon conjoint une amitié qui s’exprime autrement que si c’était ma femme ou mon mari, qui trouve une autre forme d’expression, une tendresse qui n’est pas typiquement conjugale. Mais pour cela, il faut être bien préparé, bien motivé.

    Être dans d’autres situations qui ne sont pas telles que le Seigneur et l’Eglise le demandent cela ne veut pas dire que l’on est abandonné.Quand je reçois des personnes que ne peuvent vivre aucune des deux choses  que j’ai évoquées, je vis avec ces personnes avec respect, car je suis aussi un pécheur et je vis avec elles un chemin de conversion, d’espérance et de supplication adressée à la miséricorde de Dieu dans ma vie. Cela peut aussi se vivre positivement ».

     Réf. Monseigneur Léonard à l'Université de Liège: Enjeux des synodes sur la famille

    JPSC

  • Saint Alphonse de Liguori (1er août)

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    81alphonsus.jpgA Castel Gandolfo, lors de l'audience générale du mercredi 1er août 2012, Benoît XVI évoquait la figure de saint Alphonse Marie de Liguori :

    Chers frères et sœurs!

    Nous célébrons aujourd’hui la mémoire liturgique de saint Alphonse Marie de’ Liguori, évêque et docteur de l’Eglise, fondateur de la Congrégation du Très Saint Rédempteur, les Rédemptoristes, patron des chercheurs en théologie morale et des confesseurs. Saint Alphonse est l’un des saints les plus populaires du XVIIIe siècle, en vertu de son style simple et immédiat et de sa doctrine sur le sacrement de la Pénitence: à une période de grand rigorisme, fruit de l’influence janséniste, il recommandait aux confesseurs d’administrer ce Sacrement en manifestant le baiser glorieux de Dieu le Père qui dans sa miséricorde infinie ne se lasse jamais d’accueillir le fils repenti. L’anniversaire d’aujourd’hui nous offre l’occasion de nous arrêter sur les enseignements de saint Alphonse sur la prière, plus que jamais précieux et riches de souffle spirituel. Son traité Le Grand Moyen de la Prière, qu’il considérait comme le plus utile de tous ses écrits, remonte à l’année 1759. En effet, il décrit la prière comme «le moyen indispensable et sûr d’obtenir le salut éternel et toutes les grâces dont nous avons besoin» (Introduction). Dans cette phrase est résumée la façon propre à saint Alphonse de concevoir la prière.

    Avant tout, en disant qu’il s’agit d’un moyen, il nous rappelle l’objectif à atteindre: Dieu a créé par amour, pour pouvoir nous donner la vie en plénitude; mais cet objectif, cette vie en plénitude, à cause du péché s’est, pour ainsi dire, éloignée — nous le savons tous — et seule la grâce de Dieu peut la rendre accessible. Pour expliquer cette vérité fondamentale et faire comprendre de façon certaine combien le risque est réel pour l’homme de «se perdre», saint Alphonse avait forgé une célèbre maxime, très élémentaire, qui affirme: «Celui qui prie se sauve certainement, celui qui ne prie pas se damne certainement!». Pour commenter cette phrase lapidaire, il ajoutait: «Sans la prière, il est très difficile et même impossible, de faire son salut... mais, par la prière, ce salut devient assuré et très facile» (II, Conclusions). Il dit encore: «Si nous ne prions pas, nous sommes inexcusables, parce que la grâce de la prière est accordée à chacun... si nous ne faisons pas notre salut, ce sera entièrement de notre faute, et pour la seule raison que nous n’aurons pas prié!» (ibid.) En disant donc que la prière est un moyen nécessaire, saint Alphonse voulait faire comprendre que dans toutes les situations de la vie, on ne peut se passer de prier, en particulier dans les moments d’épreuve et de difficultés. Nous devons toujours frapper avec confiance à la porte du Seigneur, en sachant qu’en tout Il prend soin de ses fils, de nous. C’est pourquoi nous sommes invités à ne pas craindre d’avoir recours à Lui et de lui présenter avec confiance nos requêtes, dans la certitude d’obtenir ce dont nous avons besoin.

    Chers amis, telle est la question centrale: qu’est-ce qui est véritablement nécessaire dans ma vie? Je réponds avec saint Alphonse: «La santé et toutes les grâces que celle-ci exige» (ibid); naturellement, il entend non seulement la santé du corps, mais surtout aussi celle de l’âme, que Jésus nous donne. Plus que toute autre chose, nous avons besoin de sa présence libératrice qui rend notre existence véritablement et pleinement humaine, et donc riche de joie. Et ce n’est qu’à travers la prière que nous pouvons l’accueillir, ainsi que sa Grâce, qui, nous illuminant en chaque occasion, nous fait discerner le véritable bien et, en nous fortifiant, rend également efficace notre volonté, c’est-à-dire la rend capable de réaliser le bien connu. Souvent, nous reconnaissons le bien, mais nous ne sommes pas capables de le faire. Avec la prière, nous pouvons y parvenir. Le disciple du Seigneur sait qu’il est exposé à la tentation et ne manque pas de demander de l’aide à Dieu dans la prière, pour la vaincre.

    Saint Alphonse rapporte l’exemple de saint Philippe Néri — très intéressant — qui «dès son réveil, disait à Dieu: “Seigneur, protégez bien Philippe aujourd’hui; sinon, Philippe va vous trahir”» (III, 3). Quel grand réaliste! Il demande à Dieu de garder sa main posée sur lui. Nous aussi, conscients de notre faiblesse, nous devons demander l’aide de Dieu avec humilité, en ayant confiance dans la richesse de sa miséricorde. Dans un autre passage, saint Alphonse dit: «Nous sommes dépourvus de tout mais, si nous prions, nous ne sommes plus pauvres. Si nous sommes pauvres, Dieu est riche» (II, 4). Et, sur les traces de saint Augustin, il invite chaque chrétien à ne pas avoir peur d’obtenir de Dieu, à travers les prières, cette force qu’il n’a pas, et qui lui est nécessaire, pour faire le bien, dans la certitude que le Seigneur ne refuse pas son aide à celui qui le prie avec humilité (cf. III, 3). Chers amis, saint Alphonse nous rappelle que la relation avec Dieu est essentielle dans notre vie. Sans la relation avec Dieu, manque la relation fondamentale et la relation avec Dieu se réalise en parlant avec Dieu, dans la prière personnelle quotidienne et à travers la participation aux sacrements, et ainsi, cette relation peut croître en nous, et peut aussi croître en nous la présence divine qui oriente notre chemin, l’illumine et le rend sûr et serein, même au milieu des difficultés et des dangers. Merci.

  • Imbroglio politico-militaire au moyen-orient : et les chrétiens dans tout cela ?

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    S’il s’attaque enfin à l’État islamique, le président turc Erdogan s’en prend aux Kurdes, pourtant ennemis de Daesh, en Syrie, en Irak, et sur le sol turc. C’est que la résistance des Kurdes à l’EI conforte également leur position  face à la Turquie dans le jeu de pouvoir au moyen orient. Et les chrétiens dans tout cela ? De Philippe Oswald sur le site « aleteia » :

    Ankara ne veut à aucun prix d’un Kurdistan indépendant dont le territoire serait à cheval sur le Kurdistan turc et le Nord de la Syrie. Erdogan profite de son entrée en guerre contre l’État islamique pour relancer l’offensive contre le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Des tirs d’artillerie et de chars turcs postés à la frontière et des raids aériens visent les bases de Daesh et celles de leurs ennemis kurdes, le PYD, branche syrienne du PKK, ainsi que les monts Kandil, bastion du PKK en Irak. En Turquie, des vagues d’arrestations mêlent habilement quelques cellules djihadistes et une majorité d’activistes kurdes, mis devant l’opinion publique dans le même panier sous l’étiquette "terroristes" – non usurpée pour Daesh comme pour le PKK.

    Au nom de la lutte contre le terrorisme

    L’occasion, il est vrai, était à saisir : "La Turquie est confrontée à une flambée de violence depuis l’attentat, attribué à un kamikaze turc d’origine kurde ayant effectué des séjours en Syrie, qui a fait 32 morts lundi 20 juillet à Suruç (Sud-Est), non loin de la frontière avec la Syrie. Deux jours plus tard, le PKK se vengeait en assassinant deux policiers, complices selon lui de complaisance envers les djihadistes, à Ceylanpinar (Sud-Est)" (Le Monde).

    Erdogan compte bien ainsi affaiblir le Parti démocratique des peuples, le HDP, parti politique d’origine kurde dont le succès électoral a coûté au parti d’Erdogan, l’AKP, sa majorité le 7 juin dernier. "Le pouvoir cherche à délégitimer l'opposition et à redorer son blason", constate Le Point : "En créant un climat militariste et nationaliste, tout en donnant l'impression qu'il mène un combat global contre le terrorisme, le pouvoir en place espère s'assurer la victoire de l'AKP lors des élections anticipées".
    Un jeu dangereux, estime Ali Kazancigil, politologue et directeur de la revue de géopolitique Anatolie, interviewé par Radio Vatican : "On peut revenir à la situation catastrophique des années 90 avec des attentats et des assassinats" (le conflit aurait fait 40 000 victimes en 30 ans).

    "Changer l’équilibre dans toute la région"

    "La présence d'une Turquie susceptible d'utiliser efficacement la force peut permettre de changer l'équilibre en Syrie, en Irak et dans toute la région. Tout le monde doit en être conscient", a déclaré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu (Le Figaro). Tel est le "deal" conclu ces dernières semaines entre Ankara et Washington.

    sources: Revue de presse

    Ref. Turquie : Erdogan frappe l’EI mais vise surtout les Kurdes

    JPSC

  • Ignace, fondateur des jésuites (31 juillet)

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    Lst_ignatius_of_loyola_1491-1556_founder_of_the_jesuits.jpge mercredi 31 juillet 2013, le pape François a prononcé cette homélie en l'église du Gésu à Rome à l'occasion de la fête de saint Ignace :

    En cette Eucharistie au cours de laquelle nous célébrons notre Père Ignace de Loyola, à la lumière des lectures que nous avons écoutées, je voudrais proposer trois pensées simples, guidées par trois expressions : mettre au centre le Christ et l’Église ; se laisser conquérir par Lui pour servir ; ressentir de la honte pour nos limites et nos péchés, pour être humbles devant Lui et devant nos frères.

    1. Notre blason à nous, jésuites, est un monogramme, l’acronyme de Iesus Hominum Salvator (ihs). Chacun de vous pourra me dire : nous le savons parfaitement ! Mais ce blason nous rappelle constamment une réalité que nous ne devons jamais oublier : la place centrale du Christ pour chacun de nous et pour toute la Compagnie, que saint Ignace voulut précisément appeler « de Jésus » pour indiquer le point de référence. Du reste, même au début des Exercices spirituels, il nous place face à notre Seigneur Jésus Christ, à notre Créateur et Sauveur (cf. ee, 6). Et cela nous conduit, nous jésuites et toute la Compagnie, à être « décentrés », à avoir devant nous le « Christ toujours plus grand », le Deus semper maior, l’intimior intimo meo, qui nous fait sortir de nous-mêmes en permanence, qui nous conduit à une certaine kenosis, à « sortir de notre amour, de notre volonté et de notre intérêt » (ee, 189). Pour nous, pour nous tous, cette question n’est pas évidente : le Christ est-il le centre de ma vie ? Est-ce que je place vraiment le Christ au centre de ma vie ? Parce qu’il y a toujours la tentation de penser que c’est nous qui sommes au centre. Et quand un jésuite se met lui-même au centre et non pas le Christ, il commet une erreur. Dans la première lecture, Moïse répète avec insistance au peuple d’aimer le Seigneur, de marcher dans ses voies, « parce qu’Il est ta vie » (cf. Dt 30, 16.20). Le Christ est notre vie ! À la place centrale du Christ correspond aussi la place centrale de l’Église: ce sont deux feux que l’on ne peut séparer: je ne peux pas suivre le Christ sinon dans l’Eglise et avec l’Eglise. Et dans ce cas également, nous, jésuites, et l’ensemble de la Compagnie, nous ne sommes pas au centre, nous sommes, pour ainsi dire, « déplacés », nous sommes au service du Christ et de l’Église, l’Épouse du Christ notre Seigneur, qui est notre Sainte Mère l’Église hiérarchique (cf. ee, 353). Être des hommes enracinés et fondés dans l’Église : c’est ainsi que nous veut Jésus. Il ne peut pas y avoir de chemins parallèles ou isolés. Oui, des chemins de recherche, des chemins créatifs, oui, cela est important : aller vers les périphéries, les nombreuses périphéries. Cela exige de la créativité, mais toujours en communauté, dans l’Église, avec cette appartenance qui nous donne le courage d’aller de l’avant. Servir le Christ, c’est aimer cette Église concrète et la servir avec générosité et dans un esprit d’obéissance.

    2. Quelle est la voie pour vivre ce double caractère central ? Regardons l’expérience de saint Paul, qui est également l’expérience de saint Ignace. Dans la deuxième lecture que nous avons écoutée, l’apôtre écrit : je m’efforce de courir vers la perfection du Christ « ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus » (Ph 3, 12). Pour Paul, cela a eu lieu sur le chemin de Damas, pour Ignace dans sa maison de Loyola, mais le point fondamental est commun : se laisser conquérir par le Christ. Je cherche Jésus, je sers Jésus parce que lui m’a cherché en premier, parce que j’ai été conquis par Lui : et c’est là le cœur de notre expérience. Mais lui est premier, toujours. En espagnol, il existe un mot qui est très éloquent, qui l’explique bien : lui nous « primerea », « El nos primerea ». Il est toujours le premier. Quand nous arrivons, Il est arrivé et il nous attend. Et ici, je voudrais rappeler la méditation sur le Royaume pendant la Deuxième Semaine. Le Christ notre Seigneur, Roi éternel, appelle chacun de nous en nous disant : « Qui veut venir avec moi doit travailler avec moi, afin qu’en me suivant dans la souffrance, il me suive aussi dans la gloire » (ee, 95) : être conquis par le Christ pour offrir à ce Roi toute notre personne et tous nos efforts (cf. ee, 96) ; dire au Seigneur de vouloir tout faire pour son plus grand service et sa louange, l’imiter dans sa façon de supporter même les insultes, le mépris, la pauvreté (cf. ee, 98). Mais je pense à notre frère en Syrie en ce moment. Se laisser conquérir par le Christ signifie être toujours tendus vers ce qui se trouve devant moi, vers l’objectif du Christ (cf. Ph 3, 14) et se demander en vérité et avec sincérité : Qu’est-ce que j’ai fait pour le Christ ? Qu’est-ce que je fais pour le Christ ? Que dois-je faire pour le Christ ? (cf. ee, 53).

    3. Et j’en viens au dernier point. Dans l’Évangile, Jésus nous dit : « Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera »... « Celui qui aura rougi de moi...» (Lc 9, 23). Et ainsi de suite. La honte du jésuite. L’invitation que fait Jésus est de ne jamais rougir de Lui, mais de le suivre toujours avec un dévouement total, en se confiant et en se fiant à Lui. Mais en regardant Jésus, comme saint Ignace nous l’enseigne dans la Première Semaine, surtout en regardant le Christ crucifié, nous ressentons le sentiment si humain et si noble qu’est la honte de ne pas être à la hauteur ; nous regardons la sagesse du Christ et notre ignorance, sa toute-puissance et notre faiblesse, sa justice et notre iniquité, sa bonté et notre méchanceté (cf. ee, 59). Demander la grâce de la honte, la honte qui vient du dialogue constant de miséricorde avec Lui, la honte qui nous fait rougir devant Jésus Christ, la honte qui nous met en harmonie avec le cœur du Christ qui s’est fait péché pour moi, la honte qui met notre cœur en harmonie dans les larmes et qui nous accompagne dans la sequela quotidienne de « mon Seigneur ». Et cela nous conduit toujours, en tant qu’individus et en tant que Compagnie, à l’humilité, à vivre cette grande vertu. Une humilité qui nous fait prendre conscience chaque jour que ce n’est pas nous qui construisons le Royaume de Dieu, mais que c’est toujours la grâce du Seigneur qui agit en nous, l’humilité qui nous pousse à nous placer de tout notre être non pas au service de nous-mêmes ou de nos idées, mais au service du Christ et de l’Église, comme des vases d’argile, fragiles, inadéquats, insuffisants, mais dans lesquels se trouve un immense trésor que nous portons et que nous communiquons (2 Co 4, 7). J’ai toujours aimé penser au crépuscule du jésuite, lorsqu’un jésuite finit sa vie, quand il est à son crépuscule. Et me viennent toujours à l’esprit deux icônes de ce crépuscule du jésuite : l’une, classique, celle de saint François-Xavier, regardant la Chine. L’art l’a peint tant de fois ce crépuscule, cette fin de Xavier. Même la littérature, dans ce beau texte de Pemán. À la fin, sans rien, mais devant le Seigneur ; cela me fait du bien de penser à cela. L’autre crépuscule, l’autre icône qui vient comme un exemple, est celle de Père Arrupe lors de son dernier entretien dans le camp de réfugiés, quand il nous avait dit — ce que lui-même disait — « Je dis ceci comme si c’était mon chant du cygne : priez ». La prière, l’union avec Jésus. Et après avoir dit cela, il a pris l’avion, est arrivé à Rome et a eu cet ictus, qui a marqué le début de ce crépuscule si long et si exemplaire. Deux crépuscules, deux icônes qu’il sera bon pour nous tous de regarder, et d’y revenir. Et demander la grâce que nos crépuscules soient comme les leurs.

    Chers frères, tournons-nous vers Nuestra Señora, Elle qui a apporté le Christ dans son sein et qui a accompagné les premiers pas de l’Église, qu’elle nous aide à mettre au centre de notre vie et de notre ministère le Christ et son Église. Elle qui a été la première et la plus parfaite disciple de son Fils, qu’elle nous aide à nous laisser conquérir par le Christ pour le suivre et le servir dans toutes les situations. Elle qui répondit avec la plus profonde humilité à l’annonce de l’Ange : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m'advienne selon ta parole ! » ( Lc 1, 38), qu’elle nous fasse ressentir la honte de notre insuffisance face au trésor qui nous a été confié, pour vivre l’humilité devant Dieu. Que nous accompagne sur notre chemin l’intercession paternelle de saint Ignace et de tous les saints jésuites, qui continuent de nous enseigner à tout faire, avec humilité, ad maiorem Dei gloriam.

  • L'Eglise évangélique allemande présente ses excuses pour l'iconoclasme de la Réforme protestante

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    Destruction_of_icons_in_Zurich_1524.jpgD'Anita Bourdin sur ZENIT.org :

    Eglise évangélique : des excuses pour l'iconoclasme de la Réforme
     

    Une déclaration sans précédent de l'Eglise évangélique allemande contre l'iconoclame, lors d'une rencontre avec une délégation orthodoxe, saluée par L'Osservatore Romano.

     

    L’Eglise évangélique d’Allemagne (Evangelische Kirche in Deutschland, EKD) exprime ses excuses pour l’iconoclasme de la Réforme protestante, dans un communiqué de ce 29 juillet, salué par L’Osservatore Romano en italien du 30 juillet.

     

    Orthodoxes et protestants se sont réunis à Hambourg pour discuter et approfondir le sens de l'image pour leurs traditions lors d'une réunion de la délégation de l'EKD et du patriarcat œcuménique de Constantinople, tenue ces derniers jours à Hambourg.

    Le patriarche œcuménique Bartholomaios et l'évêque Heinrich Bedford-Strohm, président de l’Eglise évangélique d’Allemagne, ont envoyé leurs salutations pour bénir la réunion.

    La communauté protestante allemande exprime ses excuses à la destruction généralisée des images religieuses mises en œuvre durant la période de la Réforme, explique L’Osservatore Romano.

    La communauté protestante condamne fermement la pratique destructrice des « images », a déclaré l'évêque Petra,  Bosse-Huber.
    Les icônes sont en effet depuis longtemps devenues « une expression de la piété protestante », ont-ils reconnu.

    Cette déclaration, sans précédent, est d’autant plus importante dans le cadre de la préparation au 500e anniversaire de la Réforme de Martin Luther (1517-2017).

    Dans la première moitié du XVIe siècle, les statues de la Vierge et des saints, ainsi que des vitraux représentant des images religieuses, des événements miraculeux et surnaturels ont été enlevés des églises et chapelles catholiques, et souvent détruites, rappelle L’Osservatore Romano qui cite différents exemples.

    La Suisse, les Pays-Bas, l'Angleterre et le sud de l'Allemagne ont souffert des effets les plus importants de cette pratique destructrice.

  • La prière comme école de l'espérance (*)

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    249450_114385705385135_25045056_n.jpgUne méditation du pape Benoît XVI extraite de « Spe salvi », la plus personnelle de ses trois encycliques consacrées aux vertus théologales : la charité (« Deus caritas est », 25 janvier 2006), l’espérance (« Spe salvi », 30 novembre 2007) et la foi (« Lumen fidei », en collaboration avec son successeur François auquel elle est officiellement attribuée, 5 juillet 2013). JPSC.

    Celui qui prie n’est jamais seul

    Un premier lieu essentiel d'apprentissage de l'espérance est la prière. Si personne ne m'écoute plus, Dieu m'écoute encore. Si je ne peux plus parler avec personne, si je ne peux plus invoquer personne, je peux toujours parler à Dieu. S'il n'y a plus personne qui peut m'aider, là où il s'agit d'une nécessité ou d'une attente qui dépasse la capacité humaine d'espérer, Lui peut m'aider. Si je suis relégué dans une extrême solitude...

    Celui qui prie n'est jamais totalement seul. De ses treize années de prison, dont neuf en isolement, l'inoubliable Cardinal Nguyên Van Thuan (**) nous a laissé un précieux petit livre: Prières d'espérance. Durant treize années de prison, dans une situation de désespoir apparemment total, l'écoute de Dieu, le fait de pouvoir lui parler, devint pour lui une force croissante d'espérance qui, après sa libération, lui a permis de devenir pour les hommes, dans le monde entier, un témoin de l'espérance – de la grande espérance qui ne passe pas, même dans les nuits de la solitude.

    Le cœur doit d’abord être élargi

    De façon très belle, saint Augustin a illustré la relation profonde entre prière et espérance dans une homélie sur la Première lettre de Jean. Il définit la prière comme un exercice du désir. L'homme a été créé pour une grande réalité – pour Dieu lui-même, pour être rempli de Lui. Mais son cœur est trop étroit pour la grande réalité qui lui est assignée. Il doit être élargi. « C'est ainsi que Dieu, en faisant attendre, élargit le désir; en faisant désirer, il élargit l'âme; en l'élargissant, il augmente sa capacité de recevoir ».

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  • Planning familial américain : les accusations de trafic d'organes et de tissus de foetus avortés sont de plus en plus accablantes

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    Lu sur le blog de Jeanne Smits :

    Une nouvelle vidéo publiée par le Center for Medical Progress est venue ce mardi apporter une confirmation supplémentaire du trafic d’organe auquel se livre, en pleine violation de la loi américaine, le Planned Parenthood Federation  des Etats-Unis. Le troisième film mis en ligne par les enquêteurs provie à la fin de 30 mois de tournage clandestin montre une nouvelle responsable du Planning familial discuter le prix des éléments de fœtus qui peuvent être négociés à la suite d’avortements. Il montre aussi comment des responsables du Planning font le compte d’organes utilisables dans une coupelle de laboratoire à la suite d’un avortement, avec des acheteurs potentiels : attention, les images peuvent heurter profondément. La vidéo propose enfin le témoignage d’une jeune femme spécialisée dans les prélèvements sanguins racontant comment elle a été embauchée, sans le savoir d’emblée, pour prélever des organes « intéressants » pour la revente.

    Voir la video et lire la suite sur le blog de Jeanne Smits

  • Belgique : un tiers des demandes d'euthanasie pour souffrances psychiques aboutit

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    De Christophe Herinckx sur info.catho.be :

    En Belgique, un tiers des demandes d’euthanasie pour souffrance psychique aboutit

    Sur 100 patients introduisant, en Belgique, une demande d’euthanasie pour souffrance psychique insurmontable, 35 sont effectivement euthanasiés.

    D’après une étude belge, publiée dans le Journal du Médecin et relayée par l’agence Belga, les requêtes d’euthanasie fondées sur des souffrances psychiques inapaisables restent cependant minoritaires: 100 personnes auraient formulé une telle demande entre octobre 2007 et décembre 2011.

    L’échantillon se composait de patients de 21 à 80 ans, pour un âge moyen de 47 ans, alors que la moyenne tourne autour des 60 ans pour l’ensemble des demandes d’euthanasie. Quant à la répartition selon le sexe, 77 demandes provenaient de femmes, ce qui « contraste très nettement avec la distribution 50-50 pour les demandes émanant de patients en phase terminale« , selon cette étude.

    Nonante personnes présentaient des troubles psychiatriques déjà diagnostiqués, en particulier un état de dépression et/ou un trouble de personnalité.

    Quarante-huit pour cent des demandes fondées sur des raisons psychiques étaient recevables mais 35 patients ont effectivement été euthanasiés au cours des quatre années étudiées. Deux personnes se sont suicidées avant les interventions médicales. Onze autres se sont finalement abstenues, dont deux ont retiré leur candidature.

    La procédure est généralement décrite dans cette étude comme « un acte calme et digne« . Sur l’ensemble des 35 patients euthanasiés, 30 d’entre eux étaient entourés par leurs proches et 28 sont décédés à domicile.

    Une situation interpellante

    Les chiffres publiés par l’étude en question nous rappellent d’abord que la loi belge dépénalisant l’euthanasie, telle que votée en 2002, prévoit effectivement la possibilité d’accéder à des demandes d’euthanasie émanant de personnes vivant des souffrances psychiques qu’elles éprouvent comme insurmontables. Selon L’Institut Européen de Bioéthique (IEB), les travaux parlementaires préparatoires à cette loi contenaient une volonté expresse de ne pas accéder à des demandes émanant de tels patients, qui ne sont pas en fin de vie. Par la suite, la loi a néanmoins prévu d’ouvrir la voie à une possibilité d’euthanasie pour ce type de patients.

    Toujours selon l’IEB, cet aspect de la loi est particulièrement contestable, car on décide de reconnaître aux personnes concernées la pleine possession de leur jugement et de leur libre arbitre. Alors que, par définition, l’état psychique du patient soigné pour des troubles relevant de la psychiatrie ne permet pas de prise de décision véritablement libre et autonome.

    Ne peut-on dès lors pas parler d’une forme de renoncement à soigner les personnes qui vivent des souffrances psychiques intolérables? A quel moment peut-on dire que ce type de souffrance est insurmontable à moyen ou long terme ou, en d’autres termes, inguérissable? La possibilité d’une euthanasie effective pour ces patients, effectivement prévue par la loi belge, ne risque-t-elle pas de mettre un frein au progrès des soins psychologiques ou psychiatriques que l’on peut offrir aux pesonnes qui vivent de telles situations?

  • Homélie pour la fête de sainte Marthe (29 juillet)

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    ParSA08.JPGDu Père Joseph-Marie Verlinde fsJ sur homelies.fr :

    Marie ne manque pas d’audace : elle reproche ouvertement à Jésus de ne pas être venu plus tôt au chevet de son frère : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Ne formule-t-elle pas à haute voix, ce que tous nous avons pensé un jour ou l’autre devant les événements déconcertants de nos vies ou du monde ? « Si Dieu existait, il n’y aurait pas d’enfants qui meurent de faim ; s’il y avait un Dieu, il n’y aurait pas de raz de marée tuant des milliers de personnes en quelques instants ». Comment concilier la souffrance et la mort avec l’idée d’un Dieu bienveillant ? Serait-il donc impuissant ? Mais alors il n’est pas Dieu. Pire encore : s’il est Tout-Puissant et qu’il n’intervient pas, serait-ce donc qu’il se désintéresse de nous ? A quoi bon dès lors nous tourner vers lui ?

    Depuis que l’homme s’est délibérément coupé de Dieu par le péché, ces reproches ne font que ressurgir à chaque époque. Mais ce faisant, nous oublions un peu vite notre part de responsabilité dans la diffusion du mal dans l’univers : que resterait-il de notre liberté si Dieu se contentait d’annuler les conséquences de nos actions négatives ? Mais notre propos n’est pas de tenter de « justifier » Dieu face au mal, puisque son propre Fils ne s’engage pas dans cette voie.

    La conversation aurait pu en rester là, Marthe tournant les talons après avoir mis Jésus devant sa responsabilité devant la mort de son frère. Elle complète tout au contraire son intervention par une affirmation pleine d’espérance : « Je sais que maintenant encore, Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas ». Telle est l’attitude que le Seigneur attend de nous : nous ne parviendrons pas à comprendre le mystère du mal à la lumière naturelle de notre raison enténébrée par le péché ; ce n’est qu’à la lumière de la foi que nous pouvons pressentir le projet de Dieu sur notre pauvre humanité égarée. Or la foi consiste précisément à reconnaître en Jésus l’Envoyé de Dieu en qui nous est offert le salut, celui qui ouvre devant nous le chemin qui nous donne à nouveau accès à la vérité et à la vie dont nous nous sommes délibérément éloignés par le péché.

    Se mettant au niveau de son interlocutrice, Jésus commence par l’aider à formuler son espérance conformément au « catéchisme de la synagogue » : « Ton frère ressuscitera ». Marthe approuve et renchérit : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection ». Elle renvoie à un lointain avenir la victoire définitive de la vie sur la mort pour le moment encore triomphante.

    Reprenant l’initiative, Jésus lui annonce solennellement qu’il est en personne, ici et maintenant, l’accomplissement de cette espérance : « Moi je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

    Cette dernière question est bien sûr posée à chacun de nous : croyons-nous que par la foi en Jésus, nous participons dès à présent à sa vie de Ressuscité, et que dès lors la mort n’a sur nous plus aucune emprise ? Certes, un jour prochain nous fermerons définitivement les yeux de ce côté-ci du voile ; mais pour les ouvrir instantanément sur l’autre monde, où nous vivrons de la vie même de Dieu. Telle est notre espérance, qui s’enracine dans cette belle confession de foi :

    « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ».

    Père Joseph-Marie

  • Pape François : l’icône et l’homme

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    L’image d’une personne publique ne correspond pas toujours à ce qu’elle est réellement. Les papes n’échappent pas à la règle. Pie IX, que l’on se représente toujours majestueux et sévère, était dans son comportement ordinaire un homme chaleureux et spontané, tandis que le « bon pape » Jean XXIII était, dit-on, moins facile à vivre pour ses proches. Jean-Paul II était, par contre, toujours égal à lui-même et sans calcul. Qu’en est-il des comportements du pape actuel ? La célèbre revue "National Geographic" rapporte quelques indications données par le Père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, sur la personnalité de François, pas aussi simple ni limpide qu’il y paraît. Sandro Magister l’évoque sur son site « Chiesa ». Extrait :

    […] « Les opinions du père Lombardi sont exprimées dans un long article, consacré au pontificat de François, qui a été publié dans le numéro du mois d’août de la célèbre revue internationale "National Geographic" :

    > Will the Pope Change the Vatican? Or Will the Vatican Change the Pope?

    Le journaliste américain Robert Draper, auteur de l’article, rapporte quelques phrases d’une conversation que le père Lombardi a eue, à Rome, avec l’un de ses collègues, l’Argentin Federico Wals, qui a été l’attaché de presse de Jorge Mario Bergoglio lorsque celui-ci était à Buenos Aires.

    "Comment te sens-tu quand tu travailles avec mon ancien patron?", demande Wals. Et Lombardi de répondre : "Désorienté".

    Il n’existe pas d’équipe parallèle, petite mais compacte, qui travaillerait au service personnel et direct du pape. Lombardi explique que chacun des collaborateurs de François, y compris les plus proches, connaît seulement une partie des décisions et des actes du souverain pontife.

    À titre d’exemple, le père Lombardi cite une rencontre, à la Maison Sainte-Marthe, entre François et quarante personnalités juives, dont le bureau de presse et lui-même n’ont eu connaissance qu’une fois la rencontre terminée. "Personne n’est informé de la totalité de ce que le pape est en train de faire", explique Lombardi. "Pas même son secrétaire personnel. Je dois toujours passer une série de coups de téléphone : telle personne connaît une partie de son agenda, telle autre une autre partie".

    Il découle de tout cela que Bergoglio utilise l'un ou l’autre de ses confidents les plus intimes en fonction de ce qu’il souhaite et de leurs capacités respectives.

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  • La logique du marché n'est pas celle de l'Evangile

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    De ZENIT.org :

    « Que s’affirme la logique du partage et de l’amour » : c’est le vœu exprimé par le pape François qui a commenté l’Evangile du dimanche avant l’angélus du 26 juillet, depuis la fenêtre du bureau, qui donne place Saint-Pierre.

    « Que notre prière soutienne notre engagement commun à faire en sorte que nul ne manque de ce Pain du Ciel qui donne la vie éternelle et de ce qu’il faut pour avoir une vie digne, et que s’affirme la logique du partage et de l’amour », a dit le pape.

    Il a lancé un appel pour les otages en Syrie et, grâce à une tablette tactile, le pape s’est inscrit en direct à la JMJ Cracovie 2016, invitant les jeunes à s’inscrire à sa suite.

    Voici notre traduction intégrale des paroles du pape François.

    Paroles du pape François avant l’angélus

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    L’Evangile de ce dimanche (Jn 6,1-15) présente la grande symbolique de la multiplication des pains, racontée par l’apôtre Jean. Jésus se trouve sur la rive du lac de Galilée, il est entouré d’une «  grande foule » attirée par « les signes qu’il accomplissait pour les malades » (v. 2). La puissance miséricordieuse de Dieu, qui guérit de tout mal du corps et de l’esprit, agit en lui.

    Mais Jésus n’est pas seulement un guérisseur, il est aussi un maître: en effet il gravit la montagne et il s’assied, se mettant dans la position typique du maître lorsqu’il enseigne: il monte sur cette «  chaire » naturelle créée par son Père céleste.

    Il sait ce qu’il a à faire et met ses disciples à l’épreuve. Que faire pour donner à manger à tous ces gens? Philippe, un des Douze, fait un rapide calcul : en organisant une collecte, on pourra recueillir au maximum 200 deniers, qui ne peuvent suffire à nourrir  5 000 personnes.

    Les disciples raisonnent en termes de «  marché », mais Jésus remplace cette logique de l’achat par celle du don.

    Et voici qu’André, un autre apôtre, frère de Simon Pierre, présente un jeune garçon disposé à offrir tout ce qu’il a : cinq pains et deux poissons ; mais bien entendu – dit André – cela n’est rien pour nourrir toute cette foule (cf. v. 9).

    C’est pourtant ce que Jésus attendait. Il ordonne aux disciples de faire asseoir les personnes, puis il prend ces pains et ces poissons, rend grâce au Père et les distribue (cf. v. 11). Ces gestes anticipent ceux de la Cène. Ils donnent au pain de Jésus son vrai sens. Le pain de Dieu est Jésus lui-même.

    En faisant la communion, nous recevons sa vie en nous, nous devenons les enfants du Père céleste et des frères entre nous. En faisant la communion, nous rencontrons Jésus réellement vivant et ressuscité! Participer à l’Eucharistie signifie entrer dans la logique de Jésus, dans la logique de la gratuité, du partage. Et peu importe si on est pauvre, nous pouvons tous donner quelque chose. « Faire la communion » signifie aussi puiser en Jésus-Christ la grâce qui nous rend capables de partager avec autrui ce que nous sommes et ce que nous avons.

    La foule est frappée par le prodige de la multiplication des pains; mais ce que Jésus donne à l’homme affamé c’est une vie pleine. Jésus assouvit la faim, mais pas seulement la faim matérielle, il assouvit aussi une faim plus profonde, la faim du sens de la vie, la faim de Dieu. Face aux souffrances, face à la solitude, face à la pauvreté et aux difficultés de tant de personnes, que pouvons-nous faire? Se plaindre ne résout rien, mais nous pouvons offrir le peu que nous avons, comme le jeune garçon de l’Evangile.

    Nous avons certainement une petite heure, un talent, une quelconque compétence à donner... Qui parmi nous n’a pas ses « cinq pains et deux poissons »? Nous en avons tous! Si nous sommes prêts à les mettre dans les mains du Seigneur,  le monde se remplira d’un peu plus d’amour, de paix, de justice mais surtout de joie. Ô combien le monde a besoin de cette joie ! Dieu est capable de multiplier nos petits gestes de solidarité et de nous faire participer à son don.

    Que notre prière soutienne notre engagement commun à faire en sorte que nul ne manque de ce Pain du Ciel qui donne la vie éternelle et de ce qu’il faut pour avoir une vie digne, et que s’affirme la logique du partage et de l’amour. Que la Vierge Marie nous accompagne de son affection maternelle en intercédant pour nous.