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Comment la gauche polonaise tente de discréditer l'Eglise

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“Kler”, film engagé : en Pologne, la gauche intensifie sa campagne contre l’Eglise catholique accusée de pédophilie endémique

Profitant des scandales affectant l’Eglise catholique dans le monde, et notamment des scandales homosexuels et pédophiles (mis ensemble dans le même sac de la pédophilie) aux Etats-Unis, au Chili et en Allemagne, en Pologne la gauche politico-médiatique part de nouveau à l’assaut de l’Église avec comme arme lourde – faute sans doute de munitions suffisantes dans le monde réel – le film d’un réalisateur ouvertement athée et anticlérical. Ce film est censé, pour reprendre les mots du journal français Le Monde, « dénoncer les péchés de l’Eglise » et « créer un électrochoc en Pologne ». « Dans le dernier bastion catholique d’Europe », écrit Le Monde associé au journal libéral-libertaire et anticlérical polonais Gazeta Wyborcza, « le film, qui se veut le miroir de l’hypocrisie de l’Eglise polonaise face, notamment, aux scandales de pédophilie, est en passe de devenir un véritable phénomène de société. » D’après Le Monde, qui mérite d’être cité ici en ce que sa description du film reflète parfaitement ce qu’en disent les médias de gauche en Pologne, le film Kler (Le clergé) du réalisateur Wojciech Smarzowski « est une œuvre sur les coulisses d’une institution, dont bien des Polonais, même croyants, ont du mal à accepter la toute-puissance. Si le réalisateur prétend vouloir montrer ce qui se passe “de l’autre côté de l’autel”, le film met paradoxalement à l’écran ce qu’une large partie de la population pense tout bas : l’avidité, les abus de pouvoir du clergé, la corruption, une pédophilie endémique. »

Un film qui reflète l’image qu’ont de l’Eglise une partie des Polonais qui ne vont jamais à l’église

Le journaliste catholique polonais Tomasz Terlikowski note dans l’hebdomadaire Do Rzeczy du 1er octobre que si l’œuvre de Smarzowski est un condensé de stéréotypes et de préjugés haineux contre les catholiques en général et le clergé polonais en particulier, il a le mérite de refléter la vision qu’a de l’Eglise catholique une partie de la population polonaise. C’est sans doute majoritairement cette partie de la population, avec certainement dans ses rangs de nombreux lecteurs du quotidien Gazeta Wyborcza et des hebdomadaires de gauche Polityka et Newsweek Polska, qui va voir ce film pour se conforter dans ses sentiments anticatholiques et antireligieux. Car les trois prêtres et l’évêque mis en scène dans le film Kler ont la particularité de réunir à eux seuls tous les défauts et toutes les déviances possibles : pédophilie et autres déviances sexuelles, mépris pour la loi, corruption, hypocrisie, fascisme, vulgarité, alcoolisme et brutalité.

Comme l’écrit l’hebdomadaire conservateur Gazeta Polska dans son dernier numéro, même les communistes n’avaient jamais osé aller si loin dans leur propagande antichrétienne et anticatholique. Le journal relève le fait qu’un des prêtres héros du film est un chapelain du syndicat Solidarité et un pédophile qui, après avoir passé la nuit avec un jeune garçon, dit une messe pour la patrie. La police politique des années 80, quand elle cherchait à faire cesser les messes pour la patrie du bienheureux père Jerzy Popiełuszko, n’attribuait à ce dernier qu’une maîtresse majeure.

 

Parmi les premiers qui ont vu le film “Kler” et l’ont applaudi, Jerzy Urban, le Goebbels du régime communiste des années 1980

Il n’empêche que le film, bien fait sur le plan technique de l’aveu même de ceux qui le critiquent, et bénéficiant d’une couverture médiatique exceptionnelle, a attiré près d’un million de spectateurs le week-end de sa sortie sur les écrans, c’est-à-dire entre le 28 et le 30 septembre. C’est un record dans l’histoire du cinéma polonais.

Jerzy Urban, l’attaché de presse du gouvernement communiste à l’époque de la campagne de haine qui précéda l’assassinat du père Popiełuszko par la police politique en 1984, était présent à la première du film Kler. Celui que l’on a surnommé « le Goebbels de l’état de siège » (état d’exception prononcé en 1981 par la junte militaire dirigée par le général communiste Wojciech Jaruzelski) et qui avait orchestré la campagne des communistes contre Jerzy Popiełuszko, applaudit le film de Smarzowski des deux mains. Il est aujourd’hui à la tête d’un magazine, Nie (Non), également violemment anticlérical et anticatholique et d’une grande vulgarité.

Appel aux dénonciations pour alimenter une carte de la pédophilie dans l’Église en Pologne

Parallèlement à la sortie de ce film violemment anticlérical et anticatholique, une ONG, la Fondation Nie lękajcie się (« N’ayez pas peur », appellation reprenant les paroles de saint Jean-Paul II) a publié sur Google une « Carte de la pédophilie dans l’Église polonaise », avec 60 points sur des lieux où des membres du clergé ont été à un moment ou à un autre condamnés par la justice polonaise pour des faits d’abus sexuels sur mineurs. S’y ajoutent 51 points correspondant à des affaires décrites dans les médias (sans qu’il y ait forcément eu de condamnation ni même le moindre début de preuve), 35 points correspondant à des dénonciations de victimes auprès de l’ONG (sans garantie de vérification ; cette ONG appelle les Polonais à dénoncer encore les faits de pédophilie dans l’Église). On y trouve enfin 300 points correspondant aux précédents mais avec une répartition des victimes en fonction du type d’auteur des faits d’abus sexuel sur mineur (prêtre, sacristain, …). De quoi créer l’image d’une carte de la pédophilie dans l’Église polonaise très fournie alors que dans la réalité, si l’on s’en tient aux faits reconnus par la justice, les prêtres, en tant que catégorie professionnelle, sont, tout comme les enseignants plus rarement des pédophiles que, par exemple, les maçons, les serruriers et les agriculteurs. Cela, même le site anticlérical libéral-libertaire natemat.pl (créé par le rédacteur en chef de Newsweek Polska) le reconnaît. Ainsi, en 2013, sur environ 6.000 personnes condamnées pour pédophilie au cours des dix années précédentes en Pologne, il n’y avait « que » 27 prêtres.

L’extrême gauche et les libéraux demandent la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur la pédophilie dans l’Eglise depuis… 1945

Néanmoins, dès le lendemain de la publication de la carte de la Fondation Nie lękajcie się, une élue du parti libéral-libertaire Nowoczesna invitait à la Diète les leaders politiques et ONG à discuter de l’éventualité de la mise en place d’une commission parlementaire pour enquêter sur la pédophilie dans l’Eglise polonaise. Outre Nowoczesna qui a des députés à la Diète, les seuls partis à avoir envoyé des représentants à cette réunion étaient des partis d’extrême gauche sans représentation parlementaire : les Verts et le parti Razem, qui réclament une enquête sur la pédophilie dans l’Église polonaise depuis… 1945. Vont-ils demander au « Goebbels de l’état de siège » de les aider, mettant à profit sa riche expérience acquise dans la campagne de dénigrement contre le martyr de la foi Jerzy Popiełuszko ?

Olivier Bault, correspondant à Varsovie

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