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Europe - Page 3

  • L’Europe revient dans le discours politique et social

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    La Salle des Professeurs, qui est l’une des deux salles de prestige de l’Université de Liège, était bienIMG_8232.JPG remplie, hier soir, pour accueillir un échange remarquable sur l’avenir de l’Europe qui eut lieu entre Pierre Defraigne (Collège de l’Europe, ancien directeur général à la Commission européenne, ci-contre à droite) et Alfred Steinherr (directeur académique du John F. Welsch College of Business à Luxembourg et ancien directeur général de la Banque Européenne d’Investissement, ci-dessous à gauche).

    IMG_8231.JPGL’enregistrement intégral de cette rencontre, organisée par le Groupe Ethique sociale et  l’Union des étudiants catholiques de Liège sera bientôt disponible.

    Dans la même perspective, le site web « cath.net » publiait, hier aussi, cette interview que le Père Olivier Poquillon, secrétaire général de la COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté européenne, a accordée à Bernard Litzer (extraits) :

    « L’Europe revient dans le discours politique, notamment chez Emmanuel Macron et Angela Merkel. L’esprit européen fait-il un retour contraint ou bienvenu?

    O. Poquillon: Les Allemands et les Français n’ont peut-être pas oublié les carnages des deux dernières guerres mondiales. Dans une période anxiogène comme la nôtre, il est vital de mettre en place un cadre qui permette d’éviter aux égoïsmes nationaux et corporatistes de prendre le pas sur la recherche du bien commun. Qu’ils le veuillent ou non, nos pays et nos peuples sont en Europe, même la Suisse!

    «L’Union européenne est partie assez loin dans l’économie de marché en donnant souvent l’impression de privilégier les profits financiers au détriment d’une économie au service des personnes», estime Olivier Poquillon. 

    La question n’est donc pas de savoir si nous voulons en faire partie ou pas, mais comment nous voulons y vivre ensemble. C’est sans doute ce constat qui explique le retour de ce thème sur le devant de la scène. Pour l’Eglise, la construction européenne est d’abord vue comme un projet de paix. Et c’est dans cet esprit que la COMECE et le Saint Siège organisent un dialogue entre politiques et religieux de haut niveau, fin octobre au Vatican.

    La poussée migratoire a plongé le Vieux-Continent dans une crise politique, entre les tenants de l’ouverture et les pays de l’Est, réticents. Comment concilier ces deux positions

    Cette crise est surtout politique avant d’être migratoire. Si on regarde les chiffres, l’Europe a connu des mouvements migratoires bien plus importants au cours du siècle passé, notamment autour des deux guerres mondiales et des décolonisations. Aujourd’hui, on entretient dans les populations un sentiment d’impuissance face à des «hordes» allogènes qui déferleraient sur nous pour bouleverser nos sociétés, piller nos biens et faire de nous des étrangers dans notre propre pays. Comme l’ont montré de récentes études, ce sentiment est d’autant plus fort qu’on n’a pas de contact direct avec les migrants. Lorsqu’on connait un visage, un nom, une histoire, on peut sortir de la confrontation de masse pour rencontrer l’autre comme une personne et trouver avec lui des solutions.

    L’Eglise catholique n’est pas utopique sur la question des migrants et réfugiés. Elle rappelle seulement aux politiques leurs propres engagements à considérer tous les hommes libres et égaux en droit, comme ils le sont aux yeux de Dieu. Face aux peurs et au sentiment de perte de contrôle de nos concitoyens, à l’Est comme à l’Ouest, cela implique de trouver de nouvelles façons de gouverner, non pas pour les gens mais avec les gens.

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  • Le Pape voudrait-il que des terroristes utilisent les voies de l'immigration?

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    Du Père Xavier Dijon s.J., en opinion, sur le site de la Libre :

    Le Pape veut-il que des terroristes utilisent les voies de l'immigration? (OPINION)

    Une opinion de Xavier Dijon S.J., père jésuite, auteur du livre "Que penser des réfugiés?"

    Renvoyer un étranger dans son pays où il sera maltraité au nom de l’exemple à donner à ses compatriotes ? Non !

    Le message que le pape a publié le 15 août dernier en vue de la célébration de la prochaine Journée mondiale du migrant et du réfugié (14 janvier 2018) contient une phrase qui a pu faire sursauter pas mal de lecteurs puisque François ose dire : "Le principe de la centralité de la personne humaine […] nous oblige à toujours faire passer la sécurité personnelle avant la sécurité nationale." Là-dessus se sont levées des vagues de protestation : alors que de nombreux pays européens ont été pris pour cibles des attentats revendiqués par les islamistes, comment le pape peut-il se permettre de minimiser la nécessité de garantir la sécurité nationale ? Veut-il que des terroristes utilisent encore les voies de l’immigration et de l’asile pour exercer à nouveau leurs violences chez nous ?

    On peut comprendre le saisissement suscité par cette phrase choc du pape François mais, une fois passée l’émotion, vient le temps de la réflexion. De quoi s’agit-il ? Il s’agit de l’accueil du migrant, du réfugié, du demandeur d’asile. Le pape ne dit pas qu’il faut ouvrir toutes les frontières à tous les étrangers sans plus désormais se soucier de la sécurité nationale. Deux alinéas plus haut, le message dit d’ailleurs qu’il faut répondre aux nombreux défis posés par les migrations contemporaines en mobilisant deux qualités, "générosité, rapidité", mais aussi deux autres, "sagesse et clairvoyance". Dans le texte, la responsabilité des autorités à l’égard de la sécurité nationale n’est pas niée, ni même diminuée : elle est seulement mise en perspective pour qu’elle ne devienne pas une implacable "raison d’Etat".

    Car les responsables du maintien de l’ordre peuvent connaître la tentation qu’exprimait déjà le grand prêtre Caïphe, à propos de l’arrestation de Jésus : "Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas"(Jean 11, 50). Certes, la responsabilité de la sécurité du pays contre les menaces meurtrières est une tâche lourde et délicate, mais elle ne peut pas justifier les atteintes que le pouvoir serait tenté de commettre (ou de laisser faire) contre la sécurité des personnes qui cherchent refuge chez nous. Laisser couler une frêle embarcation dans la mer sans porter secours à ses occupants, au nom de la garde des frontières; renvoyer un étranger dans son pays d’origine où il sera maltraité, au nom de l’exemple à donner à ses compatriotes; faire peser sur des familles la menace d’une détention en centres fermés pour les chasser de leur campement improvisé, autant de dérapages qui portent atteinte au principe de la "centralité de la personne humaine".

    D’où les suites que le pape François tire de ce principe et qui viennent aussitôt après la phrase contestée : d’abord la mesure à garder dans la défense du territoire : "Par conséquent, il est nécessaire de former adéquatement le personnel préposé aux contrôles de frontière." Ensuite, l’accueil décent des étrangers : "Les conditions des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés postulent que leur soient garantis la sécurité personnelle et l’accès aux services élémentaires." Enfin, la recherche de solutions autres que les centres fermés qui causent tant de dommages aux personnes détenues : "Au nom de la dignité fondamentale de chaque personne, il faut s’efforcer de préférer des solutions alternatives à la détention pour ceux qui entrent sur le territoire national sans autorisation."

    L’insistance manifestée par le pape sur le thème de l’étranger qu’il faut à la fois - selon les quatre verbes détaillés dans le message pour la Journée mondiale 2018 - accueillir, protéger, promouvoir et intégrer, appelle de notre part (croyants, mais aussi hommes et femmes de bonne volonté) une conversion du cœur, pour que la nécessaire vigilance quant à la sécurité nationale ne se retourne pas contre la sécurité de chacune des personnes humaines, fût-elle étrangère.

  • Quand les Polonais prient aux frontières de leur pays

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    Lu sur rt.com :

    Contre «l'islamisation de l'Europe», des milliers de catholiques polonais prient à leurs frontières

    Des Polonais participant à la prière du «rosaire aux frontières», suppliant Dieu de «sauver la Pologne et le monde», dans le sanctuaire du village de Koden, dans l'Est polonais.

    Des milliers de catholiques polonais ont formé le 7 septembre des chaînes humaines aux frontières de leur pays, récitant ensemble le chapelet et priant Dieu de «sauver la Pologne et le monde», à l'appel de la fondation Dios Solo Basta.

    «Le rosaire aux frontières» est une initiative de prière purement religieuse aux yeux de l'épiscopat, mais pour les milieux politiques catholiques et nombre de participants, la récitation du rosaire serait une arme spirituelle contre ce qu'ils considèrent comme l'islamisation de la Pologne et de l'Europe.

    L'objectif était d'avoir des points de prière aussi nombreux que possible sur les 3 511km des frontières polonaises avec l'Allemagne, la République tchèque, la Slovaquie, l'Ukraine, la Biélorussie, la Lituanie, la Russie et la mer Baltique.

    En mer, des marins sur des bateaux de pêche s'y sont joints. Sur des rivières, des kayaks et des voiliers ont aussi formé des chaînes, selon les médias publics qui ont largement suivi l'évènement.

    Prier pour les autres nations européennes, pour qu'elles comprennent qu'il faut retourner aux racines chrétiennes, pour que l'Europe reste l'Europe

    Lors d'une messe retransmise en direct par la chaîne catholique conservatrice Radio Maryja, l'archevêque de Cracovie Marek Jedraszewski a déclaré prier notamment «pour les autres nations européennes, pour qu'elles comprennent qu'il faut retourner aux racines chrétiennes, pour que l'Europe reste l'Europe».

    L'objectif principal de cette manifestation est de prier pour la paix

    Cependant, «l'objectif principal de cette manifestation est de prier pour la paix», a rappelé le président de la conférence épiscopale de Pologne, l'archevêque Stanislaw Gadecki, interviewé par la chaîne RMF FM.

    La date du 7 octobre n'a pas été choisie au hasard. C'est celle de la fête du Rosaire de la Vierge Marie, célébrant la victoire, en 1571, de la chrétienté sur les Turcs lors de la bataille navale de Lépante.

    Une victoire attribuée à l'époque par l'Eglise à la récitation du chapelet «qui a sauvé l'Europe de l'islamisation», rappellent les organisateurs – la fondation Solo Dios Basta créée par deux jeunes vidéastes – sur la page web de l'événement.  

    L'islam est perçu comme une menace par bon nombre de Polonais, tandis que le gouvernement de droite conservatrice, soutenu par une partie importante de l'opinion, refuse d'accueillir des migrants sur le sol national, où les musulmans sont extrêmement peu nombreux (quelque 20 000 individus, sur une population totale de près de 38 millions de personnes).

    Au total, 22 diocèses jouxtant les frontières participent à l'événement. Les fidèles se sont rassemblés dans quelque 200 églises pour assister d'abord à une conférence et à une messe, avant de se rendre à la frontière même pour y réciter leur chapelet.

    Des prières ont aussi été dites dans les chapelles de quelques aéroports internationaux. Des paroisses polonaises à l'étranger, jusqu'en Nouvelle-Zélande, ont annoncé leur participation à distance.

  • Le monde moderne : une barbarie nouvelle

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    Lu sur aleteia.org :

    Matthieu Giroux (PHILITT) : « Le monde moderne est une barbarie nouvelle

    À l'occasion de la sortie du cinquième numéro de la revue PHILITT sur le thème de la barbarie, entretien avec son rédacteur en chef, Matthieu Giroux.

    Créé en 2013, PHILITT est d’abord un site internet qui traite de philosophie, de littérature et d’histoire, avec comme références Fedor Dostoïevski, Georges Bernanos ou encore Charles Péguy. Au cœur des sujets abordés : une critique de la modernité, la recherche de la vérité, la transcendance. Depuis 2015, il en existe une version papier, tirée à 500 exemplaires. Alors que son dernier numéro, consacré à la barbarie, est sorti en septembre 2017, nous avons rencontré Matthieu Giroux, son rédacteur en chef, diplômé de philosophie et de journalisme et actuellement libraire.

    Aleteia : PHILITT n’est pas une revue chrétienne mais la spiritualité y est très présente. Selon vous, la littérature peut-elle être une rampe d’accès vers Dieu ?

    Matthieu Giroux : Évidemment, le beau fait nécessairement signe vers la transcendance. Il stimule les élans de l’âme. Lorsqu’on est ému par l’écoute d’une musique ou par la lecture d’un livre, quelque chose se passe en nous, quelque chose qui a à voir avec notre intériorité. Les modernes appellent cela les « émotions » – encore une tentative de réduction – nous préférons les « passions de l’âme ». Ce pathos témoigne, non pas de l’existence du corps matériel, mais d’une union intime entre l’âme (ou l’esprit) et le corps.

    Vous vous définissez comme antimoderne. Que signifie pour vous le combat contre la modernité ?

    Je dirais qu’il se résume à un combat contre la bêtise et contre la laideur. La bêtise des modernes consiste, comme le dit Charles Péguy, à se vanter de ne pas avoir de mystique, à ne croire en rien, à s’enorgueillir de son matérialisme et de son athéisme qu’on nomme aujourd’hui, de manière impropre, « laïcité ». Être bête comme un moderne, c’est rabattre l’intégralité de la réalité sur le seul plan de l’immanence et, par conséquent, nier la transcendance. La laideur du monde moderne découle du point précédent. Traditionnellement, l’art était une célébration du sacré, qu’il soit naturel, divin ou les deux à la fois. Par la suite, si l’art n’était plus sacré, il était toujours marqué du sceau de la transcendance. L’art « contemporain », c’est la tentative de faire du beau sans transcendance. Il est clair que ça ne fonctionne pas.

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  • Europe : les ravages de la "grande peste blanche"

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    De Drieu Godefridi sur jssnews.com :

    Europe: la Grande Peste Blanche ?

    Un article passionnant par son sujet fut posté le 4 septembre dernier sur le site du think tank « Institut des libertés » par Charles Gave, qui est un financier renommé. Dans ce texte, Gave pose la question : la population « native » d’Europe — expression par laquelle il désigne la population blanche — est-elle condamnée à l’extinction?

    Sa réponse est un oui sonore. « Ce n’est ni bien ni mal. C’EST. », écrit Gave. Son argument fondamental est qu’avec un taux de fertilité « natif » de 1.4 enfant par femme et un taux de fertilité « migrant » — expression par laquelle il désigne les musulmans — de 3.4 à 4 enfants par femme, et une population musulmane de 10% au départ, il ne faut que 30 à 40 ans pour que les musulmans deviennent majoritaires. En effet, explique Gave, avec un taux de 1.4 pour une population de 100, au bout de deux générations il ne reste déjà que 42 enfants « natifs ».

    Comme il était prévisible, Gave fut immédiatement traité comme un bouffon d’extrême droite pour avoir repris la thèse connue en France sous le nom de « grand remplacement » et qui fut, notamment, popularisée par l’écrivain Renaud Camus, proche un temps du Front national de Marine Le Pen.

    Dans un article furieux et venimeux à propos des « calculs foireux » de Gave, le quotidien Libération — en regard duquel le New York Times et le Washington Post sont des modèles d’objectivité — écrit que la population musulmane n’est pas de 10% en France, mais moins; que le taux de fertlité « natif » n’est pas 1.4 mais 1.8; que le taux de fertilité des migrants du Maghreb est de 3.53, pas 4, et que le concept de « population d’origine musulmane » est dénué de sens.

    Qui a raison, Gave ou ses critiques ?

    Commençons par relever que la critique de Libé est foncièrement superficielle. Gave écrit que le taux de fertilité des migrants musulmans est entre 3.4 et 4 — pas 4, comme le prétend erronément Libé (Gave : entre 3.4 et 4, Libé : 3.53, donc exactement la même chose). De plus, personne ne connaît la proportion exacte de musulmans en France — ce pays interdisant toute espèce de recensement racial ou religieux — mais 10% paraît une estimation conservatoire et raisonnable. En outre, Libé passe à côté de la seule véritable erreur de calcul du « papier » de Gave : avec un taux de fertilité de 1.4 et une population initiale de 100, aucun autre facteur n’étant pris en compte, après deux générations on obtient non pas 42 individus, comme le prétend Gave, mais 49 (100 x 0.7= 70 x 0.7= 49, et non 42).[1]

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  • Vatican, 27-29 octobre : (Re)thinking Europe

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    06.10.2017

    (Re)thinking Europe

    Communiqué de presse

    Un dialogue de haut niveau entre Église et acteurs politiques organisés par la COMECE, en collaboration avec le Saint-Siège, au Vatican du 27 au 29 octobre 2017, avec la participation du Pape François.

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    Des centaines de hauts responsables de l’Eglise et du monde politique européen ainsi que des acteurs de terrain se réuniront au Vatican pour contribuer à une réflexion constructive sur les défis fondamentaux auxquels est confronté le projet européen.

    Organisé par la COMECE - la Commission des Episcopats de l'UE –, en collaboration avec le Saint-Siège, le dialogue (Re)thinking Europe aura lieu du 27 au 29 octobre 2017 et marquera le 60e anniversaire de la signature des Traités de Rome.

    Plutôt qu'en congrès ou en conférence, l'événement est pensé et organisé sous la forme d'un dialogue, d'ateliers et de débats, afin de faciliter une discussion franche et ouverte entre acteurs de différents horizons géographiques, culturels, religieux et linguistiques, mettant en pratique le slogan de l'Union: "unité dans la diversité".

    Désireux d’oeuvrer pour le bien commun et de mettre la dignité humaine au centre des politiques publiques, les participants seront appelés à chercher de nouveaux moyens d'impliquer tous les acteurs de la société dans leurs responsabilités religieuses ou politiques respectives.

    À la suite de sa visite au Parlement Européen, de la remise du prix Charlemagne et de la rencontre avec les chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union Européenne, le pape François s'adressera aux participants le samedi 28 octobre pour réitérer son engagement sincère à une réflexion commune sur l'avenir de l'UE et rappeler l'engagement de l'Église dans ce projet de paix.

    Après deux conflits mondiaux, l'Europe a la responsabilité de comprendre son rôle envers le monde et ses propres citoyens, en trouvant un moyen d'impliquer activement les hommes et les femmes de notre temps. Le but de (Re)thinking Europe est de soutenir ce processus de conscience de soi.

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    Demandes de presse et médias:

    COMECE Attaché de presse

    Alessandro Di Maio

    Tél .: +32 (2) 235 0515

    E-Mail: press@comece.eu

    Twitter: @ComeceEU

    Facebook: @ Comece.EU

    www.comece.eu

    Contact: Alessandro Di Maio, responsable presse de la COMECE

    press@comece.eu  - Tel+32 (0)2 235 05 15 

    Commission des Episcopats de la Communauté européenne - COMECE

    www.comece.eu

  • Europe : la foi chrétienne s’évapore dans la confusion et l’indifférence

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    Un article de Sandro Magister traduit et publié par le site diakonos.be :

    « Il arrive de plus en plus souvent que des groupes d’écoliers protestants d’Europe du Nord en visite à Rome soient emmenés par leurs professeurs à assister à une messe catholique, pour voir comment c’est, et qu’ils reçoivent tranquillement la communion.

    Il s’agit d’un des résultats d’un nivellement par le bas croissant entre ces deux confessions, dans la mentalité de nombreux protestants et catholiques d’Europe et d’Amérique, comme vient de le confirmer une vaste enquête menée dans cinquante pays par le Pew Research Center de Washington.

    > After 500 Years, Reformation-Era Divisions Have Lost Much of Their Potency

    Ainsi donc, 500 ans après avoir placardé ses 95 thèses à Wittenberg, Martin Luther n’est plus le fomenteur de discorde qu’il a été pendant des siècles.

    Aux Etats-Unis, 65% des catholiques et 57% des protestants se disent persuadés qu’il y a plus de points communs que de différences entre leurs religions respectives.

    Et même en Europe occidentale, plus de la moitié des protestants et des catholiques pensent la même chose. Avec un pic de 78% auprès des protestants Allemands, de 67% parmi les catholiques des Pays-Bas et de 65% chez les catholiques d’Autriche.

    Mais même chez les catholiques d’Italie, ceux pour qui les similitudes prévalent sont majoritaires : 47% contre 41%.

    Parmi les catholiques qui continuent à se sentir plus différents qu’identiques, on retrouve la Belgique et l’Espagne en queue de peloton avec 28% tandis que les protestants les plus irréductibles se trouvent un Suède avec 18%.

    L’enquête a également permis d’identifier une frange significative de la population qui ne se sent ni catholique ni protestante mais qui se déclare sans religion.

    En Europe occidentale, c’est aux Pays-Bas qu’on on retrouve la plus grande proportion d’athées et d’agnostiques avec 48%. Suivent la Norvège avec 43%, la Suède avec 41%, la Belgique avec 37%, le Danemark et l’Espagne avec 30%.

    Les données concernant la patrie de Luther, l’Allemagne, sont intéressantes. Le traditionnel équilibre entre catholiques et protestants s’est rompu. Les protestants se sont effondrés à 28%, les catholiques représentent 42% et les athées et agnostiques forment désormais un quart de la population, soit 24%.

    Même en Italie, les athées et agnostiques ont atteint les 15% contre 78% de catholiques et 1% de protestants.

    En ce qui concerne la pratique religieuse, les protestants européens qui vont encore à l’église une fois par semaine se réduisent à la portion congrue. Ils ne sont que 3% au Danemark, 7% en Allemagne et pratiquement partout sous les 10%. Il n’y a qu’aux Pays-Bas où le peu de protestants qui restent – 18% de la population – sont encore 43% à se rendre à l’église chaque semaine.

    A l’inverse, toujours aux Pays-Bas, les catholiques pratiquants sont en chute libre: seuls 5% d’entre eux vont à l’église chaque semaine alors qu’ils représentent 20% de la population. Les chiffres sont tout aussi maigres en Belgique avec 8% de pratiquants, au Royaume-Uni avec 9%, en Autriche 11%, en France 13% et en Allemagne 14%. Il n’y a que l’Italie, le Portugal, l’Espagne et l’Irlande qui dépassent les 20%.

    Curieusement, concernant ce qui a été pendant des siècles l’un des principaux facteurs de division, c’est-à-dire la conviction des protestant que le salut s’obtienne “sola fide”, tandis que pour les catholiques la foi doive être accompagnée des œuvres, le balancier s’est déplacé en faveur de ces derniers. C’est-à-dire que pratiquement partout, y compris chez les protestants, la majorité pense maintenant que la foi et les œuvres sont toutes deux nécessaires. La seule exception se trouve chez les protestants norvégiens chez qui le “sola fide” prévaut à 51% contre 30%.

    Il faut cependant faire remarquer que le “sola fide” luthérien a encore beaucoup de partisans chez les catholiques : ils sont un quart de catholiques à l’adopter en Italie et en Allemagne et un tiers au Royaume-Uni, en France et en Suisse.

    Quant à la communion des protestants aux messes catholiques – et vice-versa celle des catholiques aux cultes évangéliques – l’enquête du Pew Research Center ne dit rien sur le sujet. Mais il est de notoriété publique qu’il s’agit d’un comportement de plus en plus répandu et qui, bien loin d’être désapprouvé, est au contraire encouragé par les déclarations du Pape François ou du cardinal Walter Kasper. »

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    Ref. Pour moi, Trente et Luther sont pareils. Enquête choc sur les catholiques et les protestants

    JPSC

  • Un éclairage prophétique sur les velléités sécessionnistes en Europe

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    Publié dans le Monde Diplomatique en février 2004, cet "éclairage" n'a vraiment rien perdu de son actualité :

    L’Union européenne, un acteur autonome ?

    Régions contre Etats-nations

    La montée en puissance de l’Europe contribue à affaiblir les Etats-nations qui la constituent et à attiser revendications autonomistes et conflits régionaux. Ceux-ci, qui n’ont pas tous une expression violente, peuvent se diviser entre les « conflits pré-nationaux », qui sont anciens et liés au non achèvement des nations européennes, et les « conflits post-nationaux », qui anticipent un achèvement de l’Europe.

  • Bénir une union homosexuelle ? Le débat est ouvert en Allemagne

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  • Islamophobie ? Si l'on parlait plutôt d'occidentophobie

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    De Chantal Delsol sur le Figaro Vox via Magistro.fr :

    Islamophobie, occidentophobie

    La réalité, ce n'est pas l'islamophobie, mais l'occidentophobie

    TRIBUNE - Pour la philosophe, il est vain de chercher des causes économiques ou psychiatriques au terrorisme. La matrice idéologique des djihadistes est la haine de la civilisation occidentale. Le problème est que nous non plus ne nous aimons pas.

    Le terrorisme qui nous frappe s'impose à nous comme un objet non identifié. Nous sommes capables de mettre en place l'état d'urgence, de détenir des services secrets performants qui sans aucun doute nous évitent bien d'autres attentats. Mais nous sommes incapables de mettre le doigt sur les causes. Au début, à partir du 11 Septembre, on a commencé par prétendre que des raisons économiques poussaient ces jeunes garçons au meurtre de masse et au suicide. L'empreinte marxiste est déterminante dans les sociétés occidentales du tournant du siècle : on pense encore que le crime ne provient que du chômage et du mal-être social. Puis on s'est rendu compte qu'il n'en était rien, puisque les coupables étaient parfaitement intégrés et instruits. Aujourd'hui une nouvelle explication, non moins risible, court sur les antennes : les terroristes seraient des malades mentaux. On installe des "cellules de déradicalisation" aussi ridicules qu'inutiles, comme si on pouvait lutter contre des croyances avec les armes de la raison bureaucratique. La seconde explication a aussi peu de sens que la première. Car la véritable raison est étalée sous nos yeux, pendant que nous refusons de la voir, comme la lettre volée.

    Le déni de réalité est tel qu'on voit ces jours-ci des Espagnols défiler contre le terrorisme aux cris de "non à l'islamophobie", comme si la raison de tout cela n'était pas, évidemment, l'occidentophobie. Qu'on le croie ou non, l'aveuglement des ex-communistes vis-à-vis des crimes de Lénine/Staline a été encore dépassé par l'aveuglement de nos contemporains devant les meurtres de masse auxquels nous sommes pratiquement habitués…

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  • L’Union européenne est-elle réformable?

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    Pierre Defraigne.jpgEmmanuel Macron a proposé plusieurs pistes pour relancer l’UE, mardi dernier,  lors d’un discours résolument pro-européen. Est-il possible de réanimer l’Europe ou est-elle déjà condamnée ? Dans un Forum publié par le journal « Le Soir » ce jeudi 29 septembre, Pierre Defraigne répond aux questions de Mathieu Colinet :

    Emmanuel Macron assume l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses. Est-ce la solution ?

    « L’Europe en est pour l’instant réduite à des ambitions qui ont le caractère d’expédients. Ce qui est en cause, c’est la survie de l’euro, de Schengen, la réaction au Brexit, le maintien d’une certaine adhésion démocratique dans les pays candidats. Ce sont des choses à la marge mais qui sont importantes car si l’on échoue à les faire, c’est l’existence de l’Europe qui serait mise en péril. Toutefois, le niveau actuel d’ambition est faible.

    Or l’Europe devrait être plus ambitieuse que jamais Et, en cela, Emmanuel Macron a raison, sa rhétorique est juste. Mais, disant cela, il n’échappe pas à un paradoxe : il oublie de promouvoir des réformes qui impliqueraient le recours aux citoyens, il l’exclut, comme tout le monde. Aujourd’hui l’Europe prétend se réformer, se refonder même, sans recourir au citoyen. Cette mise à l’écart s’impose parce que le citoyen n’a plus confiance en l’Europe , mais l’Europe n’a plus confiance non plus dans le citoyen.

    Que faire ? Pour ma part, je crois que l’Europe économique ne progressera plus. Elle ne pourra plus que sauver les meubles. Mais en les sauvant, elle va s’enfoncer politiquement car elle ne s’attaque pas au problème fondamental que constitue le modèle européen, trop inégalitaire, en termes de distribution des richesses et des revenus, par rapport à l’intégration recherchée. Tant qu’elle ne s’attaquera pas à cela, l’Europe sera vouée à de petites réformes qui aggraveront le ressentiment des citoyens.

    Pour ce qui est de l’approche à plusieurs vitesses, si elle se situe dans une démarche pragmatique qui revient à dire : ‘allons-y, libérons les énergies’, il faut le faire sérieusement, cela doit être un noyau intégré d’ Etats et ce noyau doit bien entendu rester ouvert.

    L’Europe politique, pour moi, ne peut toutefois se penser que dans l’unité, elle n’est plus elle-même si, au niveau politique, elle n’est pas intégrée ».

    Dans la feuille de route du président français, voyez-vous des chantiers susceptibles de rapprocher l’Europe et les citoyens ?

    « Il est clair que le budget de l’eurozone peut être très porteur. Il implique qu’on complète la discipline par la solidarité d’un budget communautaire. C’est un élément très positif. La proposition d’un ministre des Finances de l’eurozone, c’est davantage technique. Quant à un Parlement pour cette même zone euro , je dirais qu’avant il faudrait il faudrait déjà avoir un Parlement. Je veux dire par là que héroïser le Parlement actuel complètement décroché de l’opinion est une erreur. C’est d’ailleurs effrayant de constater que le Parlement et la Commission, les deux institutions censées être au contact des citoyens n’y arrivent pas. Il y a derrière cela un problème, je crois, de structuration des forces politiques en Europe. La social-démocratie est balayée, non pas qu’elle ne soit pas nécessaire, elle est plus nécessaire que jamais, mais elle est plus incapable que jamais de répondre à cette nécessité. Elle s’est cantonnée dans le national et dans les combats défensifs et a été incapable de fournir une alternative au néo-libéralisme qui domine non seulement à Bruxelles mais dans les différentes capitales ».

    Quelles chances ont les propositions d’Emmanuel Macron de plaire à l’Allemagne et au-delà ?

    « J’espère qu’elles pourront plaire. Car Emmanuel Macron a donné des preuves de sa crédibilité en faisant des réformes, que l’on peut aimer ou pas. Et puis, franchement, son analyse est juste quand il établit pour l’Europe la nécessité de se renforcer et que c’est la seule réponse possible.

    Sans quoi, personnellement j’en suis convaincu, la démocratie va disparaître du continent. Hors d’un cadre européen, la démocratie mourra en Europe parce que les rapports avec le reste du monde, avec le capitalisme global, seront trop défavorables. Le président français a en ce sens une intuition juste. Mais, pour revenir à mon point de départ, il veut rester dans le cadre des traités. Les chefs d’ Etat et de gouvernement voient cela comme une nécessité mais, si l’on en reste là, on risque de tuer l’Europe »

    L’Union européenne est aujourd’hui menacée de désintégration. Le risque peut venir de trois côtés à la fois : par la sécession de certains Etats-membres, aujourd’hui le Royaume-Uni avec le « Brexit » ; par l’implosion de l’Eurozone suite à un nouveau « Grexit », mais élargi à d’autres pays méditerranéens que la Grèce ; par un recloisonnement de l’Espace Schengen suite à la crise des réfugiés. Bien entendu, on peut préférer un discours plus optimiste et se rappeler que l’Europe ne progresse que par crises. Mais comme celle-ci en combine plusieurs, on voit bien qu’en sortir par le haut va demander un grand bond en avant. Est-ce possible et à quelles conditions ?

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    Rappelons que pour en débattre le cercle inter-facultaire de l’Union des étudiants catholiques de Liège et le Groupe de réflexion sur l’éthique sociale  accueillent, le mardi 10 octobre prochain à 18h00 à l’Université de Liège, deux témoins privilégiés de la vie européenne : le professeur Alfred Steinherr, ancien Directeur Général de la Banque Européenne d’Investissement (B.E.I.), qui interviendra sur le thème de « L’Union monétaire en question » et Pierre Defraigne, Directeur du Centre Madariaga au Collège d’Europe et Directeur général hre à la Commission européenne, qui plaidera pour « L’Europe, dernier recours de la démocratie face aux transformations du monde ».

    La rencontre se tiendra sous la forme d’un lunch débat à la salle des professeurs dans le bâtiment du Rectorat de l’Ulg,  place du XX août, 7, 1er étage (accès par la grande entrée : parcours fléché).

    Participation aux frais : 15 € (à régler sur place). Pour les étudiants : 5€

    Inscription nécessaire au plus tard trois jours ouvrables à l’avance (6 octobre 2017) : soit sur le site internet : www.ethiquesociale.org   - soit par email : info@ethiquesociale.org – soit par téléphone : 04 344 10.89.

    JPSC

  • Le christianisme occidental va-t-il terminer dans un musée ?

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    De Samuel Pruvot sur Figaro Vox (lefigaro.fr):

    Les chrétiens d'Occident figurent eux aussi sur la liste des espèces en voie de disparition

    FIGAROVOX/TRIBUNE. - À l'occasion de l'ouverture du Congrès Mission qui se tient ce week-end à Paris, Samuel Pruvot estime que notre pays est redevenu une terre de mission et que les catholiques doivent agir en conséquence, en osant l'évangélisation.

    Samuel Pruvot est co-organisateur du Congrès Mission, un week-end réunissant les catholiques français pour une réflexion sur l'évangélisation. Rédacteur en chef au magazine Famille Chrétienne, il est aussi auteur de Nos ancêtres les saints. Petite histoire missionnaire de la France (Cerf).

    Le christianisme occidental va-t-il terminer dans un musée? La Sainte couronne d'épines acquise par saint Louis - vénérée par Melania Trump et Brigitte Macron - passerait de Notre-Dame de Paris au palais du Louvre. Et la statue de Notre-Dame quitterait, elle aussi, la grotte de Lourdes pour voyager dans les musées nationaux... Cette perspective fait sourire ou frémir. Mais elle n'est pas complètement impossible.

    Visitant l'exposition «Chrétiens d'Orient. Deux mille ans d'histoire» à l'institut du monde arabe, le Président a évoqué un «passé glorieux qui nous oblige». Mieux vaut tard que jamais. Avant que le chrétien d'Orient ne devienne le dernier des Mohicans. Emmanuel Macron a pu contempler, entre autres merveilles rescapées, les Évangiles de Rabula, un manuscrit enluminé syriaque du VIe siècle.

    Mais n'oublions pas que les chrétiens d'Occident, eux aussi, figurent désormais sur la liste des espèces en voie de disparition. La sécularisation est «en marche» tout autant que le parti de notre Président. Sinon plus.

    Suffit-il vraiment d'un «Congrès Mission» pour enrayer la déchristianisation? Avouons-le, ce phénomène grignote la France depuis l'après-guerre et il avance avec le caractère (apparemment) inéluctable d'une désertification.

    À défaut d'une solution miracle pour bloquer l'avancée du Sahara, notre rassemblement se veut une oasis. Une pépinière.

    Car les catholiques pratiquants, comme leurs compatriotes, sont tentés par la déprime. Ils pourraient croire que leur âge d'or est derrière eux au lieu de croire en Jésus Christ. Game over. Ils souffrent d'une «Identité malheureuse» pour reprendre une expression de Finkielkraut: «La France a changé, la vie a changé, le changement lui-même a changé.»

    Le malaise vient justement de là. Il y a un monde qui est en train de disparaître sous nos yeux. Et c'est le nôtre! Ce monde familier et immuable de nos parents avec ses coquelicots, ses petites mairies et ses clochers pluriséculaires.

    Elle s'en va lentement la «force tranquille» du candidat François Mitterrand qui, en 1981, posait devant une petite église romane de la Nièvre. Il faudrait un Verlaine pour chanter cet automne de notre civilisation. Son enterrement, les sanglots longs des violons et aussi sa langueur monotone.

    Faut-il pour autant céder à la nostalgie? Nous avons quand même autre chose à demander aux évêques que de déposer le bilan. Minoritaires et convalescents de la Manif pour tous, beaucoup de catholiques prennent conscience que les civilisations sont mortelles comme disait joliment Valéry.

    Se consoler en se disant que la religion, elle, doit avoir quelque chose d'éternel, c'est oublier un peu vite la parole de Jésus: «Quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?» Oublier que des chrétientés entières ont disparu dans les tempêtes de l'Histoire comme celle du grand saint Augustin qui vivait de l'autre côté de la Méditerranée.

    Le christianisme est bel et bien mortel sous nos latitudes et sa disparition laisserait un énorme vide. Un auteur américain du nom de Rod Dreher pose la bonne question: «Comment être chrétien dans un monde qui ne l'est plus?» (Artège). Si les catholiques occidentaux ne trouvent pas la réponse, ils n'échapperont pas au musée. Ou finiront dans un bunker.

    Comment ne pas céder à une angoisse de type identitaire? C'est un vertige légitime devant des forces qui pourraient nous arracher à notre matrice judéo-chrétienne. Mais la plupart de ceux qui prétendent défendre les «valeurs» n'ont même plus le temps d'aller à la messe…

    La solution se trouve dans la Tradition bien comprise, plus exactement chez les Pères de l'Eglise. C'est tout le génie de Jean-Luc Marion dans sa «Brève apologie pour un moment catholique» (Grasset) qui sera - comme par hasard - au Congrès mission.

    A chaque époque d'inventer ses méthodes, avec la créativité joyeuse des saints. De saint Martin à Pauline Jaricot, les saints ont toujours peiné en milieu hostile. «Nos ancêtres les saints» (Cerf), veut justement montrer que notre histoire nationale est jalonnée de réveils spirituels et apostoliques.

    Quand on admet que la France est redevenue un pays de mission tout redevient simple. Ou presque. On ne s'encombre plus de théories fumeuses pour justifier l'attentisme. Le temps des Tartuffe est terminé car s'ouvre celui des saints à l'air.