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Spiritualité - Page 4

  • Il faudra bien qu'on sorte de la débâcle de l'après Vatican II !

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    L'Editorial de Bernard Dumont de la Revue Cattolica paru ce 23 janvier 2019 :

    L’attente d’une issue

    L’historien et sociologue Pietro De Marco, s’exprimant dans un entretien avec Daniele Matzutzi dans le journal Il Foglio le 6 septembre 2018, a évoqué la paralysie, ou l’aphasie régnant après l’échec des attentes quasi-messianiques de l’époque conciliaire. « Après des décennies de subversion et un projet raté, ce chemin obligé n’a eu et n’a qu’un seul résultat pour ceux qui sont restés dans l’Église : l’immobilisation de la capacité originaire et constante du jugement que celle-ci porte sur les hommes qui lui ont été confiés, et le passage prévu de la tragédie à la farce : une “révolution chrétienne” […] qui devient une prédication humanitaire, usée et dépassée. Chez le chrétien, cette immobilisation du jugement, sous le prétexte trompeur de se mettre à l’écoute de l’Évangile et de l’homme, précède généralement la phase de dépendance mimétique envers les paradigmes laïques, dans une sorte de fascination, puis l’éloignement croissant d’avec le centre, les fondements devenant étrangers au croyant. » Il s’agit donc d’un processus d’aliénation progressive, de transformation des âmes chrétiennes en coquilles vides. Le cardinal Müller, dans un autre entretien, accordé le 21 novembre 2018 à LifeSite News, a complété ce jugement en estimant qu’il y a actuellement dans l’Église une influence rampante de l’athéisme, influence qui est cause et effet de la crise qui persiste depuis cinquante ans, dont l’un des aspects est d’avoir transformé des ministres du Christ en fonctionnaires de la sécularisation. 

    Cet athéisme est sournois, il est avant tout pratique, jamais (ou exceptionnellement) explicitement théorisé, ou alors seulement de manière oblique, par adoption de jugements dictés par le monde antichrétien. Les auteurs spirituels ont vu dansl’acédie, qui est un dégoût des choses de Dieu, la racine de ce genre de chutes, imputable à la routine et au laisser-aller, ouvrant la voie à l’immoralité charnelle, châtiment de l’orgueil, de la vanité, du désir de plaire. Le fait est que ce qui se passe aujourd’hui illustre nettement cet abandon de la vigilance et ses conséquences.

    La « réforme » entreprise depuis bientôt six ans a redonné de la vigueur aux pires tentations de servilité envers le monde qui avait marqué les lendemains immédiats de Vatican II. Mais, comme le dit Pietro De Marco, elle est usée, située entre la reprise de thèmes sociaux dépassés – migrants, réchauffement climatique et périphéries enthousiasment moins que l’attente messianique de la révolution sociale, d’autant que si cette dernière avait pour elle un esprit de combat, il n’en va certes pas de même avec ces thèmes résiduels, essentiellement conventionnels ou sentimentaux – et la nécessité d’accepter les nouvelles exigences de la culture dominante, ce qui ne peut qu’aggraver la dérive vers le laxisme et la corruption morale, à un point beaucoup plus spectaculaire qu’il y a un demi-siècle. Ce retour tardif est donc décalé et n’est pas même arrivé à se repenser sur des bases d’une élaboration idéologique cohérente, se contentant de reprendre la rhétorique du jour, tributaire de la pensée faible caractéristique des décompositions de la modernité tardive. En comparaison de la période initiale, la dépendance est donc nettement accentuée. Et si l’éclatement des innombrables scandales profitent à la propagande anticatholique, ils n’en sont pas moins ressentis comme ne coïncidant pas avec l’image jusqu’ici donnée d’un pape François encensé de toutes parts, mais dorénavant pris dans la contradiction entre fracassantes déclarations de tolérance zéro, et refus de mettre un terme à la promotion de personnages scandaleux.

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  • "Click to pray" : la nouvelle application inaugurée par le pape

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    De Vatican News :

    Le Pape inaugure l’application de prière Click To Pray

    Le Pape François a ouvert son profil de prière sur l’application Click To Pray (clique pour prier), dimanche 20 janvier, lors de l’Angélus, place Saint-Pierre.

    Le Pape François a présenté l'application officielle du Réseau Mondial de Prière du Pape, qui inclut sa branche jeune, le Mouvement Eucharistique des Jeunes - MEJ.

    Six langues disponibles

    Ce réseau de prière en ligne dispose d'un site internet, des applications mobiles sous Android et iOS, ainsi que de réseaux sociaux. Toute la plateforme est en six langues (espagnol, anglais, italien, français, anglais, portugais et allemand). Cette plateforme de prière est constituée de trois sections principales: «Prie avec le Pape», où se trouvent les intentions mensuelles du Saint-Père pour les défis de l'humanité et de la mission de l'Église; «Prie chaque jour» qui aide à vivre une prière régulière, trois fois par jour; «Prie en réseau» un espace conçu pour que les utilisateurs (dont le Pape François) puissent partager leurs prières et prier les uns pour les autres. 

    L’application de prière des JMJ

    Pour se connecter au profil personnel du Pape (https://www.clicktopray.org/es/user/papafrancisco_fr), il suffit de cliquer sur le bouton «Pape François» dans la section «Prier en réseau». Click To Pray est la plateforme de prière officielle des JMJ 2019 de Panama (22-27 janvier 2019).

    Prier ensemble

    «Internet et les réseaux sociaux sont une ressource de notre temps, une occasion pour rester en contact avec les autres, pour partager valeurs et projets, et pour exprimer le désir de former une communauté», a déclaré le Pape après la prière de l'Angélus ce dimanche place Saint-Pierre.

    «La toile peut nous aider aussi à prier en communauté, à prier ensemble», a ajouté François avant de présenter à la fenêtre du palais apostolique la plateforme «Click to Pray» à l'aide d'une tablette tactile. «Ici, j'insèrerai les intentions et les demandes de prières pour la mission del'Église», a-t-il précisé en appuyant sur la tablette.

  • Sainte Agnès (21 janvier), les agneaux et les pallium

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    téléchargement.jpg(source)

    Aujourd’hui nous célébrons la mémoire de Sainte Agnès. Adolescente et vierge romaine, Agnès a été martyrisée au temps de la persécution de l'empereur Dèce, au IIIe siècle : une persécution si violente que de nombreux baptisés reniaient leur foi devant la menace de mort.

    Le martyre de sainte Agnès a été rapporté par saint Damase, par saint Ambroise et par Prudence. Elle périt à l'aube du IVe s., en 303 vers l'âge de treize ans.

    La jeune martyre est souvent représentée par un agneau, à cause de son prénom agnès qui rappelle le mot agneau, ou accompagnée d'un agneau blanc, en main la palme du martyre. Elle est une des saintes protectrices des jeunes et on l'invoque pour obtenir la vertu de chasteté.

    A Rome, Agnès est spécialement honorée, en la basilique Sainte-Agnès-hors-les-Murs, qui abrite sa tombe, et a été construite au-dessus des catacombes du même nom.

    A côté de l'église médiévale - une des « sept églises » du pèlerinage de saint Philippe Néri -, on peut encore voir les ruines de l'imposante basilique construite par l’Empereur Constantin.

    L'église romaine de Sainte-Agnès-in-Agone, place Navone, et spécialement dédiée par le diocèse de Rome aux rencontres de jeunes, a été reconstruite sous la direction de Borromini. Elle se dresse à l'emplacement de l'ancien stade de Domitien, au lieu même de son martyr.

    Comme c'est la tradition chaque année en la fête de sainte Agnès, vierge et martyre, le 21 janvier, le pape bénit deux agneaux dont la laine servira à tisser les pallium que le pape remet le 29 juin aux archevêques métropolites nommés dans l'année, en signe de leur communion avec le Successeur de Pierre. Mais aussi en signe de la sollicitude pastorale du bon pasteur qui porte la brebis sur ses épaules.

    La cérémonie a lieu traditionnellement en la chapelle Urbain VIII du palais apostolique. Ces deux petits agneaux sont élevés par les religieuses de San Lorenzo in Panisperna et ils sont présentés au pape par les Chanoines réguliers du Latran qui desservent la basilique Sainte-Agnès-hors-les-Murs.

    Symbole de la brebis perdue, recherchée, sauvée et placée par le Bon Pasteur sur ses épaules, l'agneau est aussi celui du Christ crucifié, selon le titre donné au Christ par saint Jean Baptiste.

    Leur laine sera utilisée par les Bénédictines du monastère romain de Sainte-Cécile pour tisser les palliums de 5 centimètres de large, qui seront ornés de 6 petites croix de soie noire, symbole des plaies du Christ, et de broches d'or gemmé, autrefois utilisées pour fermer le pallium sur le cœur, le dos et l'épaule droite.

    Anciennement, le mot « pallium » désignait un manteau de laine exclusivement attribué au souverain pontife, puis il devint un signe liturgique d'honneur, symbole d'un lien de communion particulier avec le successeur de Pierre pour les évêques à la tête de juridictions métropolitaines.

    Une fois terminés, les palliums sont placés dans une urne de bronze placée dans une niche, juste au dessus de la tombe de l'apôtre, jusqu'au 29 juin, en la solennité des saints Pierre et Paul, saints patrons de l'Église de Rome et colonnes de l’Église.

    Le récit le plus ancien de la remise du pallium par le pape à un évêque est le récit de la remise du pallium à Saint Césaire d'Arles par le pape Symmaque, il y a plus de 1500 ans.

  • Ce vin meilleur que tout que le Christ nous apporte (2e dimanche du temps ordinaire)

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    L’amour de Dieu, meilleur que tout

    homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 2e dimanche C, 20 janvier 2019

    Pour faire comprendre son amour à son peuple, Dieu avait souvent utilisé l’image du mariage : son engagement envers son peuple, c’était celui de l’époux envers son épouse. La joie de Dieu et des croyants, c’était celle des fiancés. (Is 62,5) Dieu avait montré de bonnes choses à son peuple tout au long de l’alliance avec Abraham, avec Moïse, avec les prophètes. Des choses qui préparaient la venue du Christ. Mais cette première alliance devait être dépassée, le processus de révélation de Dieu ne pouvait pas s’arrêter là. Cette première alliance était comme des noces, mais des noces où le vin vient à manquer.

    Alors vient Jésus, qui inaugure son ministère par un signe étonnant. Pas une guérison, pas une rencontre de pécheurs, mais un signe qui donne le cadre de tout cela : ce que le Christ va apporter au monde, c’est de changer l’eau des les cuves de l’ancienne Alliance, les « cuves pour les purifications rituelles », en vin de la nouvelle Alliance. Et un vin excellent. C’est aussi ce que l’on dit lorsqu’on affirme qu’il « accomplit les Écritures ».

    L’eau changée en vin, c’est un signe de ce qu’il apporte à chaque homme, dans le contexte d’une relation à Dieu qui a besoin d’un nouveau souffle. Où est le problème, le problème de tous les temps ? C’est que Dieu nous dépasse tellement, il est transcendant ; alors comment le connaître, comment l’aimer ? Comment savoir ce qu’il attend de nous ? Si souvent nous sommes en panne. Des gens décrochent et disent : on ne peut rien connaître de cela, vivons bien sans regarder le ciel. D’autres s’épuisent dans des spiritualités qui ne les mènent pas assez loin, qui les laissent tourner autour de leur nombril, qui ne les retiennent pas de céder au découragement devant les limites d’autrui ou les leurs, qui les poussent à se replier dans un petit bonheur égoïste. Tout cela est fort triste. Tant d’énergie d’amour gaspillée, menée à l’égout. Et pourtant Dieu nous aime et a tant à nous donner !

    C’est pour tous ces gens que Marie dit à Jésus : « ils n’ont plus de vin ». Marie voit les besoins de notre humanité, et à celui qui la prie elle montre comment enseigner le meilleur, c’est-à-dire à faire tout ce que dira Jésus. (Jn 2,5)

    Le vin meilleur que tout que le Christ apporte c’est son amitié, c’est de pouvoir être attaché à Dieu par un lien vivant, un lien qui nourrit le plus intime de nous-mêmes. Dieu n’est pas un être lointain et inconnu. Il n’est pas non plus qu’un distributeur de bienfaits à la demande, dont on se demande pourquoi il bugge de temps en temps quand il semble ne pas nous exaucer. Dieu est un père qui nous aime et qui attend notre amour. Comme disait le pape François mercredi, « Dieu te cherche même si tu ne le cherches pas. Dieu t’aime même si tu l’as oublié. »

    Retrouver le lien avec Dieu, le vivre chaque jour, voilà le vin nouveau et excellent de la Nouvelle Alliance. Ce vin nouveau coule dans notre corps par la prière. Penser à Dieu en l’aimant, revenir à Dieu par le sacrement du pardon, le louer sans cesse, tout cela met en nous le goût du vin nouveau. Quand on ouvre son cœur à Dieu, on finit par se dire : mais, c’est meilleur que tout !

  • Commission « Ecclesia Dei » : vie et mort d’un dicastère manqué

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    Ecclesia Dei pape_francois_islam.jpgOriginairement la Commission Ecclesia Dei -fondée en 1988 par le motu proprio du même nom, édicté par le pape par Jean-Paul II- avait un objet englobant deux aspects distincts :

    -1°)  la protection des communautés de fidèles désireuses de conserver l’usage des formes liturgiques antérieures aux réformes de Paul VI et de la spiritualité qui en découle ;

    2°) le dialogue pour faciliter la réconciliation doctrinale avec les communautés rejetant tout ou partie des conclusions du concile Vatican II et les actes de l’autorité pontificale qui s’en suivirent.

    La protection des communautés visées au premier point s’est traduite par le motu proprio "Summorum Pontificum" rendu public par Benoît XVI le 7 juillet 2007. Celui-ci confirme la licéité et précise le statut de l’ « usus liturgique antiquior » ainsi que le rôle de la commission "Ecclesia Dei" dont le mandat est même élargi : si un évêque ne veut pas pourvoir à la forme de célébration demandée par «un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure», il en sera référé à cette Commission pontificale (art. 7), et si l'évêque souhaite pourvoir mais se trouve dans l'impossibilité de le faire, il peut y recourir pour obtenir conseil et soutien (art. 8).

    Pour rencontrer le second point, qui concerne essentiellement la Fraternité Saint Pie-X,  le  pape Benoît XVI, décida ensuite, par le motu proprio « Ecclesiae unitatem » publié le 8 juillet 2009, de rattacher la Commission « Ecclesia Dei »  à la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) dont le préfet devient aussi le président de la Commission.

    Le nouveau motu proprio, publié aujourd’hui par le pape François, supprime cette Commission aux motifs un peu sybillins que :

    - d’une part, les travaux de celle-ci seraient devenus essentiellement de nature doctrinale;

    - d’autre part,  les communautés célébrant selon la forme extraordinaire auraient désormais « atteint une vraie stabilité de nombre et de vie ».

    Qu’est-ce à dire, si on lit aussi entre les lignes ?

    - d’une part, le dialogue doctrinal en cause ne sera plus confié à un organe spécifique, qu'il se situe en dehors ou au sein de la CDF ;

    - d’autre part, les communautés célébrant selon l’ «usus antiquior » seront stabilisées en l’état (nombre et charismes spirituels) : une simple « section » administrative de la Congrégation de la doctrine de la foi (CDF) sera chargée d'exécuter cette œuvre de vigilance et de tutelle…

    Quant à Mgr Pozzo, Secrétaire de la défunte Commission, le pape François lui a confié l’administration et les finances du chœur de la Chapelle sixtine: une promotion ?

     JPSC

  • Que faisons-nous de notre santé spirituelle ?

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    Que faisons-nous de notre santé spirituelle ?

    Une émission de RCF présentée par Antoine Bellier

    LE TEMPS DE LE DIRE

    MERCREDI 16 JANVIER À 9H03

    DURÉE ÉMISSION : 55 MIN

    Que faisons-nous de notre santé spirituelle ?

    © DR

    De la même manière qu'il faut prendre soin de son corps pour rester en bonne santé, la vie chrétienne, pour être vraiment vivante, doit se laisser renouveler au souffle de l'Esprit-Saint.

    Manger sain et équilibré : ni trop gras, ni trop salé, faire du sport, si possible en salle et régulièrement. Tout nous pousse à prendre soin de nous-mêmes, de notre santé, de notre bien-être et c’est sans doute une bonne chose. Mais qui se soucie de sa vie spirituelle ? L’Apôtre Paul ne compare-t-il pas le chemin de la vie chrétienne à une course de stade : courez, nous dit-il, de manière à l’emporter ! Que gagnons-nous ? Une couronne qui ne se flétrit pas. Celle de la sainteté, c'est-à-dire cette capacité à faire de la place à Dieu et aux autres dans nos vies, à la suite d’une nuée de témoins, aux caractères et aux tempéraments variés, aux cultures et aux styles divers qui ont accepté dans la joie et l’Amour de mener le bon combat de la foi.

    INVITÉ : Père Christian Venard , Aumônier militaire depuis 1998

  • La liturgie pour cultiver le silence et la paix

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    Lu sur le site « Pro liturgia » :

    « Il y a une dizaine d’années Stéphane Wailliez avait publié dans la revue « Catholica » un article intitulé « La liturgie et le bruit ». L’Auteur commençait par donner une définition du bruit : « Le bruit, écrivait-il, est ce qui détourne de la fin. » Et plus loin : « Si Dieu est le bien suprême et la cause finale architectonique de l’univers, c’est à lui que tout doit être ordonné, de façon directe ou indirecte. Ce qui détourne de lui, compte tenu des circonstances et de l’état de vie divers de chacun, doit être tenu pour une déperdition, pour un bruit. »

    Et Stéphane Wailliez poursuivait : « S’il est un domaine où le bruit ne doit pas pénétrer, c’est celui du sacré. Or précisément, fumées de Satan ou vacarme, “rumor mundi” est entrée dans le temple de Dieu au lieu de rester “pro fano” - à l’extérieur du temple -. Des causes et responsabilités du désastre cultuel dans l’Eglise d’Occident, on peut discuter. Du fait, non. “Contra factum non fit argumentum”, dit l’adage : contre un fait, on n’argumente pas. »

    L’Auteur évoquait alors la liturgie de la Parole au cours des messes, avec ses monitions, introductions, commentaires, acclamations et autres expressions d’une créativité aussi malheureuse que dévastatrice introduite à la faveur de la corruption généralisée de la réforme liturgique conciliaire. Cette liturgie de la Parole est aujourd’hui loin d’être cantonnée à la Parole de Dieu ; telle qu’elle se fait dans bien des paroisses, elle a contribué à désacraliser la réception du message biblique.

    Mais le bruit se manifeste aussi sous d’autres formes qui ne sont pas auditives. La liturgie, telle qu’elle se présente dans bien des églises où l’on se réclame abusivement de Vatican II, en a incontestablement assimilé diverses manifestations : les panneaux de tel comité tiers-mondiste placés à l’intérieur des églises, les guirlandes confectionnées par les mamans-catéchistes, les affiches hautes en couleurs présentant le dynamisme (!) du secteur interparoissial, les vêtements profanes portés dans le sanctuaire, l’absence de limite clairement établie entre le choeur et la nef, les attitudes non rituelles des ministres (bras ballants ou jambes croisées), les vêtements liturgiques sur lesquels des sigles bien visibles remplacent les symboles discrets (les chasubles arc-en-ciel de Castelbajac, par exemple), le remplacement du chant grégorien créateur de silence par des cantiques visant à galvaniser les assistances... tout ceci se rattache au bruit du monde. A ce bruit qui détourne de Dieu.

    Les temps de silence indiqués dans l’Ordo Missae actuel - dont tout le monde se réclame mais que personne ne respecte - sont loin d’être respectés. Sauf peut-être juste après la communion. La Prière universelle est, elle aussi, trop souvent l’occasion d’amener jusqu’à l’autel, par le biais de longues tirades, le brouhaha du siècle.

    Bref, le silence propice au recueillement et à l’adoration, ce silence que devrait procurer la liturgie si elle était respectée, se trouve aujourd’hui dans une situation bien inconfortable.

    Or, comme par une saine réaction, l’inflation verbale provoque un besoin de silence. Alors, pour répondre à ce besoin, certains célébrants ponctuent à présent la célébration liturgique de plages de silence : on fait des pauses. Nouvelle erreur !

    En effet, quand on regarde comment sont organisés les rites traditionnels tant orientaux qu’occidentaux, on voit que les moments de silence ne sont pas créés par des interruptions du cursus liturgique, mais simplement par des instants durant lesquels certaines prières se font en secret. L’action liturgique ne s’interrompt pas pour faire place au silence : elle se poursuit, mais s’exprime simplement sur un autre plan, un plan généralement visuel. De cette façon, la cérémonie n’est jamais entravée par une attente qui ressemble parfois à une embarrassante minute de silence.

    Même l’élévation prolongée par un ralentissement des gestes dû à la piété subjective du célébrant devrait être considérée comme un abus, dans la mesure où la liturgie est alors perturbée par une rupture dans l’accomplissement « normal » des rites. Ainsi, les silences prévus par l’Ordo Missae deviennent-ils maladroits et incongrus lorsqu’ils trouvent leur place dans une liturgie qui ne semble avoir été inspirée que par le bruit, que par l’esprit de l’homme moderne qui cherche à se perdre dans l’agitation continuelle. Ces silences-là apparaissent comme une malhabile compensation de ce bruit : plaqués sur des liturgies disparates et agitées, ils ne résolvent pas le malaise que font naître nos célébrations actuelles mais le révèlent. »

    Ref. https://www.proliturgia.org/actua.html

    gravure saint sacrement 62a093729ba45a67a3df0eaaf0f68d39.jpgDécouvrez une liturgie grégorienne paisible, chaque jour de la semaine, au cœur de la ville de Liège: à église du Saint-Sacrement, Bd d’Avroy, 132, les lundi, mercredi et vendredi, à 18h00 ; mardi, jeudi et samedi, à 8h30. Plus d’information, voir ici :   HORAIRES DES CELEBRATIONS OU ACTIVITES RECURRENTES

    JPSC

  • Antoine l'ermite (17 janvier)

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    Saint-Antoine.jpeg17 janvier - saint Antoine - Historique (missel.free.fr)

    Antoine, né vers 251 en Haute Egypte, avait dix-huit ans lorsque moururent ses parents, chrétiens à la fortune considérable, qui lui laissaient le soin d'élever sa petite sœur. Observant et pratiquant, il fut un jour vivement frappé par cette invitation de Jésus : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel : viens et suis-moi ! » (Mat, XIX 21). Il obéit, mais fit toutefois une réserve des ressources nécessaires à sa sœur. Bientôt il fut impressionné par une autre parole du Sauveur : « Ne vous mettez pas en peine du lendemain. » (Mat, VI 34). Il se débarrassa de sa réserve, confia sa sœur à une communauté de vierges, et se retira dans une solitude voisine de Qéman, entre Memphis et Arsinoé ; conduit par un vieil ascète, Antoine partagea son temps entre la prière et le travail. Cette demi-retraite ne lui suffit pas longtemps ; quand sa réputation lui amena trop des visiteurs, il se réfugia dans un des anciens tombeaux égyptiens de la montagne où, de temps à autre, un ami lui apportait des provisions. Là commencèrent ses tribulations : le démon lui livrait de furieuses attaques. Un matin l'ami charitable le trouva étendu inanimé sur le sol ; il le rapporta au village où, le croyant mort, on prépara ses funérailles. Antoine reprit ses sens et demanda à être ramené immédiatement dans sa grotte.

    Les assauts du démon continuèrent. Antoine chercha une retraite encore plus profonde, au delà du Nil. Vingt ans, il vécut enfermé dans un château ruiné, toujours aux prises avec Satan.

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  • Humana communitas : la lettre du pape à l’occasion du 25e anniversaire de l'Académie pontificale pour la Vie

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    Message du Saint-Père le 15 janvier 2019 Humana communitas, La communauté humaine. Lettre au président de l’Académie pontificale pour la vie à l’occasion du XXVe anniversaire de son institution. (source)

    La communauté humaine est le rêve de Dieu même avant la création du monde (cf. Ep 1,3-14). C’est en elle que le Fils éternel engendré de Dieu a pris sa chair et son sang, son cœur et ses relations affectives. Dans le mystère de l’engendrement la grande famille de l’humanité peut se retrouver. En effet, l’initiation familiale à la fraternité entre les créatures humaines peut être considérée comme un véritable trésor caché, en vue du réaménagement communautaire des politiques sociales et des droits de l’homme, dont on ressent aujourd’hui une forte nécessité. C’est pour cela que nous devons être de plus en plus conscients de notre commune origine de la création et de l’amour de Dieu. La foi chrétienne confesse l’engendrement du Fils en tant que mystère ineffable de l’unité éternelle de « faire être » et d’« aimer » qui réside dans l’intimité de Dieu Un et Trine. L’annonce renouvelée de cette révélation négligée peut ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire de la communauté et de la culture humaines, qui invoquent aujourd’hui – alors qu’elle « gémit et souffre les douleurs de l’enfantement » (cf. Rm 8,22) – une nouvelle naissance dans l’Esprit. Dans le Fils Unique se révèle la tendresse de Dieu et sa volonté de rédemption de chaque humanité qui se sent perdue, abandonnée, rejetée et condamnée sans rémission. Le mystère du Fils éternel, qui s’est fait un de nous, scelle une fois pour toute cette passion de Dieu. Le mystère de sa Croix – « pour nous et pour notre salut » – et de sa Résurrection – comme « le premier-né d’un grand nombre de frères » (Rm 8,29) – nous dit jusqu’à quel point cette passion de Dieu s’adresse à la rédemption et à l’accomplissement de la créature humaine.

    Nous devons rendre évidente cette passion de Dieu pour la créature humaine et pour son monde. Elle a été faite par Dieu à son « image » – « homme et femme » il la créa (cf. Gn 1,27) – comme créature spirituelle et sensible, consciente et libre. La relation entre l’homme et la femme constitue le lieu éminent dans lequel la création entière devient interlocutrice de Dieu et témoin de son amour. Notre monde est la demeure terrestre de notre initiation à la vie, le lieu et le temps en lesquels nous pouvons déjà commencer à goûter la demeure céleste à laquelle nous sommes destinés (cf. 2 Co 5,1), où nous vivrons en plénitude la communion avec Dieu et avec tous. La famille humaine est une communauté d’origine et de destination, dont la réussite est « cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3,1-4).

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  • Entretien avec l'abbé Barthe : la messe de Vatican II

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    Lu sur le site web du bi-mensuel « L’Homme Nouveau »

    « L'abbé Claude Barthe vient de publier aux éditions Via Romana un nouveau livre sur la liturgie, La messe de Vatican II, qui devrait faire débat par les liens qu'il établit entre le nouvel ordo promulgué par le pape Paul VI et le concile Vatican II et par l'historique qu'il propose de la crise liturgique. Nous avons rencontré l'auteur.

    Selon vous, la réforme liturgique qui a suivi Vatican II n’a pas de précédent historique ?

    Barthe.jpgIl y a certes eu bien des modifications dans les liturgies catholiques, au cours des siècles, telle, pour la liturgie romaine, la synthèse romano-franque commencée au VIIIe siècle et achevée au XIe siècle, qui a vu une hybridation entre le rite vieux-romain et les rites des pays francs et germaniques. Quant au terme de réforme, qui désigne traditionnellement dans l’Eglise, un phénomène de rénovation disciplinaire, doctrinale et spirituelle (réforme grégorienne, réforme tridentine, par exemple), il a pu s’accompagner d’un versant liturgique (pour la réforme tridentine, l’édition des livres romains comme livres « canoniques » pour l’ensemble de l’aire latine). On peut parler à ce titre de réforme liturgique, mais cela n’a rien à voir avec la réforme liturgique de Vatican II. Celle-ci relève plutôt d’une réforme sous un mode d’inculturation, d’adaptation des formes cultuelles à une civilisation qui reçoit la mission catholique, comme cela s’est produit pour permettre l’accès des Slaves à la liturgie byzantine via le slavon ancien, lors de l’évangélisation des saints Cyrille et Méthode, au IXe siècle.

    Mais l’inculturation à l’époque de Vatican II a été très spécifique : elle visait à adapter la liturgie au monde moderne comme tel, avec cette différence, par rapport aux inculturations du passé, que la culture de la modernité est de soi étrangère, et même est hostile, au religieux chrétien contre lequel elle s’est édifiée.

    Le problème est le même que celui de l’appareil philosophique dans lequel s’exprime la théologie : on ne peut pas utiliser les philosophies contemporaines comme instrument de la théologie de la même manière que l’avait fait saint Thomas avec la philosophie d’Aristote. Ce qui ne veut pas dire qu’on n’a pas à tenir compte du monde dans lequel nous vivons pour faire entendre le message aux hommes qui s’y trouvent. Le faire comprendre par des traductions, celles des missels notamment, en faisant de gros efforts de pédagogie aussi. Mais il faut en même temps assumer l’opposition entre le sacré et le profane moderne comme un des moyens importants pour résister à l’esprit de sécularisation de la société actuelle. Ce fut l’option, entre autres, de l’œuvre de Solesmes. Ceci est tout autre que de réformer en gommant la différence avec les revendications modernes, par des modifications de mise à jour, pour évoquer le terme d’aggiornamento, qui a servi pour qualifier l’œuvre de Vatican II.

    La réforme liturgique de Vatican II s’est bien voulue une réforme d’aggiornamento : en prétendant restaurer la liturgie en son état supposé de l’Antiquité tardive, d’avant le Moyen Âge, elle l’a surtout restructurée et on peut dire, elle l’a largement refabriquée, conformément à la mentalité contemporaine.

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  • Messe pour le dimanche du Baptême du Seigneur (chant grégorien)

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  • Le Baptême du Seigneur, fête de la Théophanie

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    Le baptême du Christ - Fonts baptismaux de Saint-Barthélemy à Liège

    À ton baptême dans le Jourdain, Seigneur,

    s'est révélée l'adoration due à la Trinité :

    car la voix du Père Te rendait témoignage

    en Te nommant Fils bien-aimé ;

    et l'Esprit, sous forme de colombe,

    confirmait la certitude de cette parole.

    Christ Dieu, Tu es apparu et Tu as illuminé le monde,

    gloire à Toi!

    (Tropaire, liturgie byzantine)