Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Témoignages - Page 4

  • Comment Eric-Emmanuel Schmitt a découvert qu'il était devenu chrétien

    IMPRIMER

    Lu sur presence-info.ca

    Éric-Emmanuel Schmitt à Montréal pour promouvoir son nouveau livre : «J’ai découvert que j’étais devenu chrétien» 

    De passage à la librairie Pauline de Montréal le 27 février afin de lancer son dernier ouvrage Plus tard je serai un enfant (Novalis), Éric-Emmanuel Schmitt a livré un vibrant témoignage dans lequel il est revenu sur son enfance et sur sa foi grâce aux questions de l’écrivaine Marie-Andrée Lamontagne.

    D’entrée de jeux, l’auteur a parlé de son enfance heureuse passée à Lyon dans les années 60. Né d’un père alsacien et d’une mère lyonnaise, il a vécu dans un milieu modeste. Son père était kinésithérapeute et sa mère professeure d’éducation physique. «Je n’ai pas la nostalgie de l’enfance, mais j’ai envie de garder l’esprit d’enfance, les qualités que j’avais lorsque j’étais enfant», a-t-il confié, faisant référence à l’étonnement, l’émerveillement et l’humilité et se permettant quelques clins d’œil à Platon.

    L’auteur, qui est également agrégé en philosophie, a répondu avec passion aux questions de l’animatrice, s’exprimant ainsi sur des sujets sensibles. Ce fut notamment le cas lorsqu’il a souligné l’importance pour une nation d’être fière d’elle-même. Une fierté nationale doit se nourrir d’un «roman national», de «des mythes fondateurs», de «fictions qui nous rassemblent». Pour autant, Éric-Emmanuel Schmitt reconnaît l’importance des historiens et de leurs travaux critiques.

    La langue française

    Son rapport avec la langue française a également été l’objet de belles envolées. «La langue française c’est la partenaire de ma vie. Je me bats et je fais l’amour avec elle tous les jours. C’est rarement moi qui gagne! Elle me surprend encore. J’ai vraiment une relation amoureuse avec la langue française. Elle est une maîtresse qui me domine. Cependant, à force de concentration la langue me sourit.»

    Marie-Andrée Lamontagne a profité de l’occasion pour l’inviter à commenter le slogan choisi par la France pour mousser sa candidature pour les Jeux olympiques de 2024 (Made for Sharing). «Insupportable! C’est d’une sottise! Et derrière ce slogan, il y a cette idée qui veut qui si l'on parle anglais, l'on parle moderne! C’est difficile pour moi de consentir à cette assimilation! Je comprends très très bien l’attitude défensive que vous avez face à la langue. Je trouve que nous ne sommes pas assez défensifs. Le Français n’est pas défensif. Il est beaucoup trop prétentieux pour l’être. La France se croit le centre du monde. Le centre du monde n’a pas à se défendre.»

    Obsédé par les évangiles

    Durant la soirée, Éric-Emmanuel Schmitt a aussi parlé de sa foi, lui qui est né dans une famille athée. Elle pratiquait, dit-il, «un athéisme presque militant». Paradoxalement, ses parents ont jugé important qu’il reçoive une éducation chrétienne. Il a donc été baptisé et a suivi les cours de catéchisme. Lorsqu’il entreprit ses cours de philosophie, il se rendit compte que de grands philosophes étaient croyants. «Tiens, se dit-il alors, on peut être intelligent et croyant!» Ses études en philosophie lui ont permis «non pas d’affirmer un athéisme, mais à affirmer un agnosticisme.»

    Puis, lors d’une nuit dans le désert où il s’était perdu, Éric-Emmanuel Schmitt vit une extase mystique qui bouleversera sa vie entière. «Cela m’a totalement changé. J’ai été obligé de me reconstruire.»

    Devenu croyant, il lit les œuvres de grands mystiques juifs, musulmans et chrétiens. Un jour, il décide de lire les évangiles. Autre choc fondamental. Il découvre la place de l’amour.

    «Parce que les quatre évangiles, c’est un récit sur quelqu’un qui est venu changer les rapports entre les hommes. Il est venu changer ces rapports d’intérêt, de peur, de violence par l’amour. C’est tellement incroyable de lire cela. C’est de la dynamite! Je deviens obsédé. Absolument obsédé par les évangiles.»

    Pendant sept ans, il cherche à comprendre les divers évènements de la vie de Jésus ainsi que sa mort sur la croix. Sa recherche s’apparentait à celle réalisée par un recherchiste qui planche sur un dossier. «À l’issue de ces sept années de réflexion, j’ai découvert que j’étais devenu chrétien. Cette obsession était devenue autre chose qu’une obsession.»

    Comme il l’a fait dans Plus tard je serai un enfant, Éric-Emmanuel Schmitt a précisé sa pensée au sujet de la foi. Pour lui, la foi est une vérité subjective qui n’a rien à voir avec le domaine de la raison. La foi n’est pas un savoir. C’est pourquoi lorsque quelqu’un lui demande si Dieu existe, il préfère répondre: «Je ne sais pas, mais je crois que oui».

    Le doute

    Pour lui, l’intégrisme et le terrorisme religieux découlent du refus de ne pas savoir. «Le problème c’est souvent la prétention de savoir. C’est cela le problème de la violence. La violence c’est le refus de ne pas savoir. Notre époque est traversée par cela, comme toutes les époques d’ailleurs.»

    L’intégriste, le terroriste, le religieux radical, qui est prêt à tuer celui qui ne pense pas comme lui, sont «victimes d’une maladie de la pensée. Ils refusent qu’au fond on puisse ne pas savoir et que l’on puisse penser des choses diverses. Le violent, c’est celui-là. C’est celui qui refuse de ne pas détenir la vérité. Le psychiatre Carl Gustav Jung affirmait que «le fanatisme est une surcompensation du doute».

    Lors de la période de questions, Éric-Emmanuel Schmitt en a surpris plus d’un en affirmant être ouvert à l’idée de publier un livre avec le célèbre philosophe athée Michel Onfray. «Il y a vingt ans, il m’a proposé que nous écrivions ensemble un livre portant sur le christianisme. J’ai refusé. Je pense que je vais l’appeler bientôt. Cela serait intéressant finalement. Je pense qu’il est suffisamment apaisé pour être dans un dialogue. Je pense qu’il ne l’était pas il y a vingt ans.»

    La soirée s’est terminée par une séance de signature de son nouvel opus.

  • Débat Dandrieu-Barbarin : le dilemme des chrétiens face à l’immigration

    IMPRIMER

    Le pape et les évêques invitent les chrétiens à accueillir les migrants. Chemin de sainteté personnelle ? Ou vraie source d’inspiration d’une politique d’immigration ? Un prélat et un essayiste laïc confrontent leurs positions. Ils sont interrogés par  Charles-Henri d’Andigné et Samuel Pruvot sur le site de « Famille chrétienne »:

    Les raisons d’un débat

    L’Église, le pape et l’immigration. Trio explosif ! Face aux migrants et réfugiés qui parviennent en nombre sur le continent européen, des catholiques français s’interrogent. Fidèle à ses prédécesseurs, le pape François nous appelle dans son style direct et audacieux à être à la hauteur de cette mutation. En vertu de notre sens de Dieu, de l’homme et de l’Histoire.

    Pour certains catholiques, cette invitation est dure à comprendre. C’est tout l’intérêt de l’essai de Laurent Dandrieu (Église et immigration. Le Grand malaise, Presses de la Renaissance) que de leur faire écho. Selon lui, l’Église en général et les derniers papes en particulier n’ont pas réellement pris la mesure du phénomène de l’immigration en Europe. Il estime que l’accueil dû à un migrant, (« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli ») n’est plus possible avec des millions d’individus. Le problème a changé de nature en changeant d’échelle. Il s’interroge aussi sur l’identité culturelle des migrants et sur une approche de l’islam qu’il juge trop irénique chez beaucoup de prélats.

    Pour lui répondre point par point, sans naïveté ni langue de buis, il fallait un homme d’Église ouvert aux interrogations légitimes des laïcs. Mais aussi un proche du pape François conscient de la sagesse séculaire et métapolitique de l’Église, si précieuse dans les affres du temps présent.

    Laurent Dandrieu, journaliste, responsable des pages culture de Valeurs actuelles, est auteur de plusieurs essais.

    Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, auteur de Théologie et sainteté. Introduction à Hans-Urs von Balthasar (Parole et Silence, 2017).

    Quand on parle d’immigration, faut-il opposer identité et catholicité ?

    Cardinal Philippe Barbarin Il ne faut pas jouer l’enracinement contre la catholicité. Il me semble au contraire que plus on est enraciné dans sa culture, et plus on a une chance d’être ouvert au monde entier ! Je suis 100 % français avec une maman née au Maroc et originaire du Lot et un papa parisien natif du Berry. Je peux vous réciter des passages de Ronsard, La Fontaine, Bossuet ou Paul Valéry par cœur. Plus les racines sont profondes, plus l’identité peut s’élargir avec le temps, comme par cercles concentriques.

    Lire la suite

  • Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l'Œuvre d'Orient, interviewé dans l'émission "Internationales" (TV5) le dimanche 5 mars 2017

    IMPRIMER

    Sans titrex.jpg

    cliquer sur l'image pour avoir accès à la video

    Internationales reçoit Monseigneur Pascal Gollnisch, directeur général de L'Oeuvre d'Orient. Pour les Chrétiens d'Orient, le dilemme est terrible: peut-on rester ou doit-on partir ? Ils sont aujourd'hui 11 millions, dans une région où vivent 320 millions de Musulmans. Pour Daesh, ils sont la cible prioritaire. Quel rôle peut jouer l’Église pour aider ces Chrétiens ?

    Mgr Pascal Gollnisch

    Pascal Gollnisch, né le 17 novembre 1952 à Neuilly-sur-Seine (Seine), est un prélat catholique français, directeur général de L'Œuvre d'Orient depuis 2010, vicaire général de l'ordinariat des catholiques orientaux en France depuis 2014 et chorévêque de l'Église syriaque catholique ainsi qu'archimandrite de l'Église grecque-catholique melkite depuis 2015.

    Pascal Gollnisch entre au séminaire français de Rome en 1978 et est ordonné prêtre du diocèse de Paris le 4 décembre 1982. Il est également titulaire d'une maîtrise de droit des affaires, après ses études à Paris-X-Nanterre et à Paris-V, ainsi que d'un diplôme d'études supérieures en comptabilité.

    Entre 1976 et 1989, il dirige les pèlerinages français en Pologne, où il est saisi par ces voyages à caractère spirituel et ces rencontres avec les communautés locales. Il y ajoute une passion ancienne pour les Églises d’Orient, dont il connaît bien les particularités et l’histoire.

    En 1990, il devient Aumônier du Lycée Lavoisier, et directeur adjoint des Aumôneries de l’enseignement public. Plus tard, il assure également ce rôle d’aumônier auprès des étudiants de plusieurs facultés parisiennes (Paris VI, Paris VII et Paris III) et est nommé vice-président du Conseil presbytéral du diocèse de Paris de 2002 à 2009. Il est l’un des fondateurs de la Maison Saint-Augustin et du Séminaire de Paris.

    En 1995, il devient curé de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste de Grenelle (Paris 15e), puis de Saint-François-de-Sales (Paris 17e) en 2004. Il est doyen de la plaine Monceau lorsque le cardinal André Vingt-Trois lui confie la direction générale de L'Œuvre d'Orient à l'automne 2010.

    L'Œuvre est présente dans une vingtaine de pays et Pascal Gollnisch connaît la plupart d'entre eux.La distinction de chapelain de Sa Sainteté, qui lui est accordée en 2012, fait de lui un prélat qui porte le titre de « monseigneur », ce qui « renforce [sa] crédibilité » auprès de ses interlocuteurs civils ou religieux.

    Il est également, depuis le 1er septembre 2014, vicaire général de l'ordinariat des catholiques orientaux en France.

    Le 7 mars 2015, Mgr Pascal Gollnisch est ordonné chorévèque dans l'Église syriaque catholique par le patriarche Ignace Joseph III Younan. Le 14 septembre de la même année, il est élevé à la dignité d’Archimandrite dans l'Église grecque-catholique melkite par le patriarche Grégoire III Laham, en l'église Saint-Julien-le-Pauvre de Paris.

    Ces deux distinctions lui ont été accordées pour saluer l’action et l’implication de l’Œuvre d’Orient auprès des églises d’Orient. Il est chevalier de l’Ordre National du Mérite.
  • Liège: les jeunes se réveillent! Premier témoignage, vendredi 10 mars, 20h00 à l'église du Saint-Sacrement

    IMPRIMER

    careme 2017-final.jpg

    careme 2017-final2.jpg

  • Présidentielles françaises : « Sens Commun » devient incontournable à droite

    IMPRIMER

    C6KT901WMAAWfUt.jpg

    Le rassemblement pro-Fillon, organisé le 5 mars au Trocadéro, a dépassé les espoirs des organisateurs. Le peuple de droite est chauffé à blanc derrière son candidat. Mais cette mobilisation saura-t-elle redynamiser une campagne plombée par les affaires ? De Pierre Jova et Hugues Lefèvre sur le site de « Famille Chrétienne »:

    « C’est un signe !  L’exclamation jaillit spontanément de dizaines de bouches. Le soleil se lève sur la Place du Trocadéro, où se masse déjà une foule nombreuse. La pluie annoncée semble éloignée. En ce dimanche 5 mars, le peuple de droite a répondu présent au « rassemblement populaire » soutenant la candidature de François Fillon, et organisé en quatre jours. Une foule plutôt âgée, avec des grappes de jeunes enthousiastes, occupe la Place et déborde vite sur les artères voisines. « C’est la Manif Pour Tous ! », s’écrie un participant. Il devient difficile de se déplacer dans cette masse humaine. « Vous êtes journaliste ? Chez qui ? Famille Chrétienne ? Alors c’est bon ! », interrogent les manifestants suspicieux, mais néanmoins volubiles sur leur adhésion au candidat de droite : « nous sommes très nombreux pour dire à François Fillon qu’il n’y a pas de raison de lâcher au dernier moment », affirme Bertrand, 83 ans, qui dit être présent « pour la France ».

    Lui ne veut pas entendre parler d’un « plan B » avec Alain Juppé. « Ce serait catastrophique ! Ce serait propice à une grande dispersion des votes de droite », rugit-il, en brandissant son drapeau tricolore offert par les organisateurs. En entendant le nom d’Alain Juppé, une jeune femme, Isabelle, se retourne et prend part à la conversation. Pour elle,  l’acharnement contre le vainqueur de la primaire de la droite a été trop loin. « Le coiffeur de François Hollande touchait 10 000 € par mois pour donner un coup de peigne ! Qu’est-ce qu’on va nous [embêter] pour des affaires qui remontent à des années et qui ressortent comme par hasard à trois mois de la présidentielle » fustige cette habitante de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Elle et Bertrand en sont certains : si François Fillon maintient sa candidature, les électeurs de droite n’hésiteront pas un seul instant à voter pour lui.

    « C’est une situation capétienne ! »

    Derrière le podium, se tient à l’abri des médias une petite ruche de parlementaires, attachées de presse et gardes du corps. Des poids lourds du parti Les Républicains (LR) ont fait le déplacement : le patron des députés de droite Christian Jacob, le secrétaire général du parti Bernard Accoyer, le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, et même le député de l’Aube François Baroin, que l’on soupçonnait pourtant de soutenir un éventuel « plan B ». Baskets aux pieds et imperméable gris, Pénélope Fillon est en retrait, indifférente à l’agitation environnante. Elle sourit et reste silencieuse.

    Lire la suite

  • Le film "Silence" et le silence de Dieu

    IMPRIMER

    Lu sur le site de La Croix :

    « Silence » et le silence de Dieu, par Gaël Giraud

    Gaël Giraud, jésuite, revient sur le film de Martin Scorsese, « Silence ».

    Pour Gaël Giraud, le film de Martin Scorsese semble poser une question redoutable : le silence de Dieu devant la souffrance humaine, que signifie-t-il ?

    Le film de Martin Scorsese semble poser une question redoutable : le silence de Dieu devant la souffrance humaine, que signifie-t-il ? Le cinéaste ne répondra pas dans ce film, lequel se clôt sur une sentence énoncée en voix off : « Dieu répondra… » Mais quand ? Ce n’est autre que la question posée dans l’Apocalypse : « Jusques à quand tarderas-tu à faire justice ? » (Ap 6, 10).

    Silence situe ce mystère aussi vieux que la souffrance elle-même au cœur du drame des paysans japonais chrétiens et pauvres du XVIIe siècle, soumis à une répression d’une rare cruauté. Et au cœur du drame éprouvé par les missionnaires catholiques, notamment des jésuites portugais, venus évangéliser l’archipel dans le sillage de saint François-Xavier. Tout tourne, en effet, autour de deux d’entre eux, Ferreira et Rodrigues, qui finirent par abjurer leur foi pour épargner d’inutiles souffrances aux chrétiens japonais torturés.

    Scorsese (et avant lui le romancier japonais catholique Shūsaku Endō, dont il s’inspire) semble entremêler deux thèses qui convergent vers la même conclusion : il valait mieux abjurer. La première est que le christianisme est une religion qui ne veut pas la souffrance de l’homme, de sorte que, placé dans une situation perverse, il était préférable de renoncer à son orgueil de prêtre occidental et de sauver des vies. Renoncer à s’affirmer chrétien serait alors le meilleur moyen de le rester. La seconde thèse est que la civilisation japonaise, bouddhiste par essence, serait intrinsèquement étrangère au christianisme. La prétendue visée universaliste de ce dernier serait simplement l’héritage de l’enracinement occidental du christianisme. Une ambition mise en échec par la singularité nippone que nos braves missionnaires n’avaient pas vraiment pris la peine d’apprendre à connaître.

    Sauver la vie d’autrui est évidemment un motif légitime pour consentir à se compromettre en apparence face à des régimes dictatoriaux. De même, l’expérience évangélique n’a jamais pu se transmettre sans un travail, de l’intérieur, des référents culturels au sein desquels elle a d’abord été explicitée. Pourtant Matteo Ricci, astronome jésuite italien qui, à la même époque, entrera à la cour de l’empereur de Chine, et deviendra un authentique mandarin, témoigne de ce que cette intelligence de l’inculturation n’était pas étrangère aux jésuites du Grand Siècle. Néanmoins, le film ne semble pas vouloir s’arrêter à ces constats somme toute bien connus. Il suggère en effet que les deux jésuites apostats ont collaboré avec le régime japonais dans sa rage obsessionnelle à détruire tout signe chrétien, tout en conservant leur foi in petto, dans la plus absolue discrétion. En affichant ce renoncement à toute manifestation extérieure de leur fidélité religieuse, Scorsese veut-il faire l’apologie d’un christianisme intimiste, rangé au rayon des spiritualités intérieures ? Pareille lecture du film n’est pas impossible. Et c’est cela précisément qu’il faut questionner.

    Je doute fort que nos amis bouddhistes endosseront les tortures infligées par l’inquisition japonaise comme faisant partie de l’essence de leur sagesse. Il est aussi permis de douter que ce raffinement sadique fasse partie de l’essence d’une « culture japonaise ». De quoi, alors, la traque subie par les chrétiens au début de l’ère Tokugawa est-elle le nom ? D’un totalitarisme aussi tristement banal que cruel, qui tente d’exercer un contrôle policier des comportements de tous, et d’en exclure toute trace du christianisme. Résister, d’une manière ou d’une autre, à un tel totalitarisme, ce n’était donc pas manquer de compréhension à l’égard de la civilisation japonaise, si énigmatique soit-elle. C’était faire œuvre de justice.

    Ce qui semble échapper au film Silence, c’est que l’expérience chrétienne est éminemment politique, et que les martyrs – chrétiens ou non – ont toujours et partout été les témoins souffrants d’une résistance à l’oppression. En témoignent, en France, Jean Moulin et les martyrs de la Résistance, qu’ils fussent chrétiens, communistes ou gaullistes. Ou encore, parmi tant d’autres, les six jésuites assassinés au Salvador en 1989 par la junte militaire d’extrême droite alors au pouvoir. La question, dès lors, n’est plus celle de savoir si je dois « tenir » ou « abjurer », mais comment s’organise la résistance à la dictature. Peut-être passe-t-elle par une apostasie de façade, peut-être par un entrisme intelligent au sein des structures de pouvoir, susceptible de conduire au tyrannicide, peut-être par un christianisme catacombaire en attendant des jours meilleurs. Les chrétiens qui, en Pologne, résistèrent à la dictature communiste ont utilisé tous ces stratagèmes.

    Et c’est cela qui manque dans Silence : le point de vue des Japonais eux-mêmes, chrétiens ou non, par-delà le cercle étroit des collaborateurs du régime. Le point de vue des vaincus, dont certains survivants ont gardé la mémoire dangereuse du Crucifié. Si, d’ailleurs, le régime japonais a cherché par tous les moyens à éradiquer leur foi, n’est-ce pas justement parce qu’elle représente bien plus qu’une expérience intimiste, mais,bel et bien un engagement politique dangereux pour les régimes totalitaires ?

    Aux questions piégées d’un pouvoir politique qui ne respecte plus l’humain, le Christ a certes répondu par le silence (Mt 26, 63). Non pas le silence d’un Dieu retiré des affaires des hommes, mais celui d’un homme condamné par avance pour avoir troublé l’ordre public de l’occupant romain. Celui d’un Dieu qui refuse de se compromettre avec les jeux pervers du pouvoir humain. Au péril de sa vie. Silence des victimes dont la mémoire restera un danger tant que le Ressuscité continuera d’appeler les femmes et les hommes d’aujourd’hui à la liberté.

    Gaël Giraud
  • « Inculturer » les chefs d’œuvre de la musique sacrée dans la modernité ?

    IMPRIMER

    Le pape François a regretté ce samedi devant les participants à un congrès sur la musique sacrée que la volonté de modernité et l'abandon du latin aient parfois conduit à "une certaine médiocrité" dans la liturgie. Lu sur voafrique :

    "La rencontre avec la modernité et l'introduction des langues parlées (dans chaque pays, au lieu du latin) dans la liturgie ont suscité tant de problèmes", a estimé le pontife argentin.

    "Par moments, une certaine médiocrité, superficialité et banalité a prévalu, au détriment de la beauté et de l'intensité des célébrations liturgiques", a-t-il fait valoir.

    Pour le pape, l'Eglise se doit de sauvegarder et de valoriser le riche patrimoine de la musique sacrée, en évitant cependant toute vision "nostalgique".

    En effet, elle doit dans le même temps faire en sorte que la musique et les chants à la messe "soient pleinement +inculturés+ dans les langages artistiques et musicaux actuels (... afin de) faire vibrer le coeur de nos contemporains", a-t-il insisté.

    Pour cela, le pape a lancé un appel aux musiciens, compositeurs, chefs de chœur et animateurs de messe à travers le monde à contribuer à un "renouvellement qualitatif" du chant liturgique et prôné une formation musicale adéquate pour les futurs prêtres, "dans un dialogue avec les courants musicaux de notre temps"

    Ref. Le pape regrette "une certaine médiocrité" de la liturgie moderne

    L « inculturation » de Bach et Messiaen ou de quinze siècles de chant grégorien, c’est quoi exactement ? Un chef d’œuvre spirituel parle à l’intelligence de l'âme quel que soit son âge et n’a aucun besoin de transcription. La philosophe Simone Weil écrivait ceci : « Une mélodie grégorienne témoigne autant que la mort d’un martyr. » En tout cas, elle nous déporte, elle nous transporte, elle nous gratifie de la présomption d’un Paradis empreint de gravité. Elle n’est ni triste ni gaie, elle ne prétend pas nous séduire, nous éblouir ; même pas nous émouvoir. Ce qu’impose sa présence ne figure pas dans la gamme de l’affectivité. Toujours Simone Weil : « Un amateur de musique peut fort bien être un homme pervers – mais je le croirais difficilement de quelqu’un qui a soif de chant grégorien. » Le fait est que les sentiments profanes – tous ambivalents – sont miraculeusement supplantés par un fondu-enchaîné d’émotions qu’on ne saurait décrire, mais d’où la moindre impureté est exclue.

    Trait du 1er dimanche du carême (5 mars 2017)

    Refhttp://eglisedusaintsacrementliege.hautetfort.com/archive/2017/03/02/patrimoine-liturgique-et-culturel-5916680.html

    JPSC

  • Patrimoine liturgique et culturel

    IMPRIMER

    Chaque premier dimanche du mois, l’église du Saint-Sacrement offre à 10h00 une célébration dominicale unique en son genre à Liège (Bd d’Avroy, 132), en soignant la qualité du chant grégorien et celle de la musique instrumentale assurée par d’excellents professionnels : Patrick Wilwerth, professeur d’orgue au conservatoire de Verviers et directeur du chœur universitaire de Liège, ainsi que deux jeunes violonistes de l’Ensemble Darius qui mettent leur talent  au service du culte.

    Pour cette célébration l'association canonique "sursum corda" a voulu garder aussi la richesse de la liturgie ancienne dans laquelle est né l’immense répertoire du plain-chant. C’est en latin, certes, mais l’usage antique et vénérable de cette langue, mère de la nôtre,  ne présente aucun inconvénient : les fidèles qui en éprouvent le besoin trouvent la traduction dans les livrets qui sont mis à leur disposition.

    Une initiative à la fois spirituelle et patrimoniale qui mérite le détour :

    Saint-Sacrement 1er dimanche du mois_2.0.jpg

    Ref. http://eglisedusaintsacrementliege.hautetfort.com/archive/2017/03/02/patrimoine-liturgique-et-culturel-5916680.html

    JPSC

  • L’exemple des chrétiens persécutés ne peut que pousser les chrétiens à être toujours plus fidèles au Christ

    IMPRIMER

    Lu sur le site de l'hebdomadaire "Famille Chrétienne" (Bénédicte Droin-Jollès) :

    Marc Fromager : « La foi des chrétiens persécutés est impressionnante »

    EXCLUSIF MAG - Pour le directeur de l’Aide à l’Église en détresse, l’exemple des chrétiens persécutés ne peut que pousser les chrétiens à être toujours plus fidèles au Christ. (Extrait de notre numéro spécial n° 3 : Chrétiens persécutés. D’où tirent-ils leur force ?)

    Comment les chrétiens persécutés que vous rencontrez trouvent-ils la force de résister ?

    Les chrétiens que nous rencontrons vivent soit dans une situation éprouvante de manière ponctuelle, lors d’une crise politique par exemple, soit dans un contexte difficile depuis longtemps, parfois plusieurs générations. C’est le cas notamment en Égypte.

    Chaque histoire est différente, mais à chaque fois leur attachement au Christ, à la prière et à l’Église leur permet de résister, de traverser épreuves et menaces. Humainement parlant, ils n’ont aucun intérêt à rester fidèles, mais ils tiennent bon. Quand la plaine de Ninive est tombée en août 2014, la plupart des chrétiens irakiens y vivaient. L’État islamique leur a donné le choix : se convertir à l’islam et cesser d’être inquiétés, fuir en abandonnant tout, ou rester et être tués. Tout le monde est parti, préférant tout perdre pour ne pas renoncer au Christ, malgré le risque encouru connaissant la barbarie de l’État islamique.

    À un moment donné, ces chrétiens de différents pays sont confrontés au même choix radical : « Qu’est-ce qui est le plus important pour moi ? Qu’est-ce que je fais passer en premier dans ma vie ? »... Nous devrions tous être attentifs chaque jour à cette question. Mais comme les circonstances ne nous provoquent pas à y répondre de façon urgente, il est probable que parfois nous oublions de refaire le choix du Christ. Il découle pourtant de notre vocation de baptisés. « Pour vous, qui suis-je ? », nous demande Jésus à travers l’Évangile (Mt 16, 15).

    Qu’est-ce qui vous frappe le plus chez ces chrétiens qui résistent ?

    Leur foi est impressionnante. Régulièrement, je me demande ce que j’aurais fait à leur place. Ils pourraient dire au Seigneur : « Ta croix est trop lourde, je Te reste fidèle dans mon cœur en secret, mais, extérieurement, j’accepte de devenir musulman pour mettre ma famille en sécurité, garder mes biens, un travail »... Mais non ! Et pourtant, ils savent que s’ils acceptaient de changer de religion, beaucoup de problèmes seraient réglés Parfois même, ils toucheraient une récompense financière : en Égypte, par exemple, il y a quelques années, les musulmans proposaient une prime de 1500 € pour une conversion ; quand on sait que le salaire moyen d’un professeur est de 50 € par mois...

    J’ai aussi rencontré un prêtre chinois qui a passé trente-deux ans en prison simplement parce qu’il a refusé de dépendre de l’Église patriotique contrôlée par le Parti communiste chinois. Sa foi et son sacerdoce n’étaient même pas directement menacés par la proposition de rejoindre l’Église officielle ; mais en conscience, il voulait rester fidèle au pape. Chaque jour, il pouvait être libéré s’il signait un papier ; il est resté en prison.

    Les chrétiens disparaissent du Moyen-Orient. Est-il encore possible d’inverser le mouvement dans ces régions, berceau de la chrétienté ?

    La disparition des communautés chrétiennes n’a pas commencé avec la guerre en Syrie. Voilà des siècles que les Églises chrétiennes diminuent. En même temps, apparaissent de plus en plus de conversions de musulmans au christianisme sous l’effet des violences djihadistes qui les écœurent, des médias chrétiens captés par Internet.

    Pourquoi le Seigneur permet-Il la quasi-disparition de l’Église au Moyen-Orient ? Je fais le parallèle entre ce qu’elle endure et la fin de la vie du Christ, marquée par la Passion et la Résurrection. Ces communautés sont associées à son sacrifice et le vivent en leur chair en attendant une résurrection. 

  • Quand Jean-Claude Guillebaud évoque l'émoi secret de Lourdes

    IMPRIMER

    Lu sur le site de l'hebdomadaire "La Vie", ce beau billet de Jean-Claude Guillebaud (journaliste, écrivain, essayiste) évoquant :

    L’émoi secret de Lourdes

    Oublions un moment la politique. J’ai été ému à la lecture de l’entretien avec Olivier Balsan, recueilli par Anne-Laure Filhol et publié dans La Vie. Ému surtout par ce qu’il dit de Lourdes. Le plus souvent, on parle de ce sanctuaire avec ironie. Dans ces cas-là, tout y passe : la crédulité populaire, le commerce des bondieuseries, la « supercherie » des miracles, etc. Je confesse avoir moi-même sacrifié à ces moqueries puériles lorsque, jeune journaliste à Sud-Ouest, on m’envoyait en reportage du côté de la grotte.

    Avec le recul, cet humour rigolard me paraît non seulement injuste mais idiot. Je suis retourné plusieurs fois à Lourdes. Ces visites m’ont impressionné. Ce qui se passe là-bas ne concerne pas uniquement les croyants. En d’autres termes, une lecture agnostique de Lourdes est possible. On peut mettre de côté ce qui concerne la foi proprement dite (affaire de chacun) et repérer en ces lieux un « quelque chose » de bouleversant.

    Je pense à cette acceptation du corps souffrant ; à ce commerce paisible avec la disgrâce physique, l’infirmité, la maladie, la mort annoncée. Toutes choses que l’époque a littéralement en horreur (elle qui n’exalte que la jeunesse, la beauté, la santé, etc.) se trouvent là rassemblées, acceptées, surmontées et même – parfois – transcendées. La phrase (j’allais dire : le message) qui court ainsi dans les parages du sanctuaire pourrait être formulée de cette façon : « Vois, je suis moi aussi vulnérable et fragile ! Comme toi ! Comme nous ! » Cette phrase prend à rebours les cruautés ordinaires que propage l’air du temps. L’impression d’apaisement qui règne dans cette enceinte trouve là son origine.

    Ce n’est pas tout. Il y a aussi dans les parages de la grotte, au cœur de ces immenses et cosmopolites réunions de pèlerins, de brancardiers, d’infirmières, de gardes-malades, comme un principe d’oblation (de don volontaire) strictement humain. Je veux dire qu’en dehors même de toute idée de Dieu, de croyance, de foi, la grande scène purement anthropologique dont Lourdes est le théâtre, c’est celle du don réel de chacun à chacun, de la prodigalité de soi préférée à la convoitise, du secours plutôt que de la rivalité, de l’altérité substituée au repliement égotiste, de la gratuité installée, en majesté, à la place du calcul.

    Pour dire les choses d’une manière encore plus simple, le caractère subversif des rassemblements humains comme ceux de Lourdes, c’est qu’ils apportent de façon très concrète, agissante, vivante, renouvelée, un démenti aux idolâtries matérialistes dont les mots d’ordre nous assiègent : sois le plus beau, le meilleur, le plus dur, le plus efficace, le plus riche, etc. Voilà qui, à Lourdes, se trouve paisiblement mis au rancart. On trouve là-bas une sorte de « réconciliation » vivante, une tendre acceptation de chacun par chacun qui vous remuent dans les tréfonds de vous-même.

    C’est pour cela qu’à mes yeux même une perception agnostique du « miracle de Lourdes » est légitime. Que l’on ait ou non la foi, cet émoi secret me semble même l’emporter peu à peu sur la goguenardise « finaude » des incroyants de jadis.

  • Aider l'agence d'information internationale "ZENIT"

    IMPRIMER

    Les visiteurs de belgicatho le savent, nous bénéficions du travail effectué par zenit.org dont nous reproduisons fréquemment les articles.

    ZENIT se présente :

    ZENIT est une agence d’information internationale sans but lucratif, formée d’une équipe de professionnels et de bénévoles convaincus que la sagesse extraordinaire du Souverain Pontife et de l’Eglise catholique peuvent nourrir l’espérance et aider l’humanité à trouver la vérité, la justice et la beauté.

    Notre objectif est de recueillir et de diffuser les informations avec professionnalisme, avec fidélité et au service de la vérité.

    En utilisant les nouvelles technologies numériques, nous avons pour objectif de faire connaître “le monde vu de Rome”. C’est pour cela que nous publions et traduisons les paroles, les messages, les documents, les interventions du Saint-Père, l’angélus du dimanche et l’audience générale du mercredi.

    Nous rapportons et nous expliquons ce qui se passe dans les dicastères de la curie romaine, dans les universités pontificales, les Conférences épiscopales, les sanctuaires, les diocèses, les paroisses. Nous signalons et couvrons les grands événements qui concernent les chrétiens, les croyants et les non-croyants, dans les 5 continents.

    ZENIT réalise ce service de façon indépendante.

    Couverture journalistique.

    La couverture gratuite de nos services d’information s’oriente surtout vers:

    • Les activités du Pape : voyages apostoliques, documents, rencontres avec des chefs d’Etat et des personnalités importantes dans les domaines social, culturel et religieux. L’information concerne en particulier les activités du Pape et ses interventions. Ses paroles constituent un stimulant aussi pour la réflexion de personnes qui ne sont pas catholiques.
    • Des entretiens avec des femmes et des hommes actifs dans l’Eglise, dans le monde de la politique et de la culture, sur des thèmes qui concernent toute l’humanité.
    • L’actualité internationale, avec une attention particulière aux questions concernant le respect des droits humains, la paix et le développement dans le monde.

    Nous relayons bien volontiers l'appel de ZENIT :

    Chers lecteurs et lectrices de ZENIT,

    Comme vous le savez surement, chaque année, nous faisons appel à nos lecteurs pour qu’ils participent directement au soutien économique de ZENIT.

    Les fonds que nous recueillerons dans cette campagne sont vitaux : ils constituent la source principale de financement qui permettra à ZENIT de poursuivre son activité en 2017.

    C’est vous (à ce jour, plus de 500.000 lecteurs dans toutes les langues), qui êtes les artisans de notre pérennité et de la qualité de notre service. Avec la générosité dont vous avez toujours fait preuve, chaque année, vous ne nous avez jamais laissés manquer du soutien économique nécessaire à ZENIT pour offrir un service gratuit, ponctuel et précis.

    Pour la dix-septième année, nous lançons notre campagne annuelle de recherche de fonds. Au début de chaque campagne de dons, les fonds disponibles sont très limités, mais grâce à la générosité des lecteurs de ZENIT, nous sommes toujours parvenus à recueillir les ressources nécessaires pour poursuivre notre œuvre d’information catholique !

    C’est la générosité de chacun d’entre vous qui est la voie concrète par laquelle se réalise ce grand don !

    Sans votre aide, nous ne pourrons pas continuer !

    Bien cordialement, de la part de toute l’équipe de ZENIT


    Alberto Ramirez
    CEO, ZENIT

    Faire un don

     

  • Shahbaz Bhatti, un homme politique au vrai sens du terme

    IMPRIMER

    D'Anita Bourdin sur zenit.org :

    «Un homme politique au vrai sens du terme», portrait de Shahbaz Bhatti par le card. Parolin

    «Shahbaz – La voix de la justice», un héritage pour les chrétiens engagés en politique

    Un témoignage et un héritage pour l’engagement politique du chrétien qui dépasse de loin les seules frontières du Pakistan.  La vie de Paul Bhatti lui-même a changé : après avoir travaillé comme chirurgien dans différents pays, il a été élu, après l’assassinat de son frère comme président de la « Pakistan Minorities Alliance » et il a été ministre pour l’Harmonie nationale, dans le gouvernement de Asif Ali Zardari. Il a donné naissance à la Fondation Shahbaz pour promouvoir, au nom de son frère, la liberté religieuse, l’égalité et la justice sociale. Mais surtout, dans ce livre il révèle la vie intérieure de son frère.

    « La lecture de ce livre qui veut être avant tout une contribution à la recherche de la paix et de la justice, ne manquera pas d’enrichir le lecteur », affirme le Secrétaire d’Etat.

    L’engagement politique

    Le cardinal Parolin souligne l’engagement de Shahbaz Bhatti au service des minorités dont il était le ministre et des plus pauvres, toujours à la recherche de « ce qui unit »: « Un homme politique dans le vrai sens du terme, qui avait choisi l’Évangile comme style de vie et dont l’œuvre en était marquée. Dans son testament, qui nous est en partie remis dans cette biographie, il a laissé des phrases inoubliables, qui expriment la profondeur de sa relation intime avec le Christ. Dès son enfance, selon le récit de Paul, Shahbaz a cherché ce qui unit et non ce qui divise. Il a toujours eu à cœur le sort des plus pauvres, des plus faibles, des derniers. Parmi ceux-ci, il réservait une place particulière à la minorité chrétienne du Pakistan. »

    Lire la suite