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Eglise

  • Réflexions sur la perte du sens de la liturgie

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    De Denis Crouan (Pro Liturgia) à lire ICI 

  • "Une crise de crédibilité profonde et universelle"

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    De Pro Liturgia :

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    Extraits de l’homélie du Cardinal Müller lors de l’ordination d’un nouveau prêtre à l’église Ste Agnès de Rome :

    « (…) L’Eglise, don de Dieu confié aux mains des hommes, se trouve, du point de vue humain, dans une crise de crédibilité profonde et universelle, crise dont la faute est à imputer aux hommes. Dans cette période dramatique nous appréhendons et nous redoutons de possibles conséquences négatives de ces scandales et de ces erreurs de gouvernement. Spontanément, cela nous fait penser au schisme de la chrétienté occidentale au XVIe siècle, ou à la sécularisation de la vie religieuse suite au mouvement des Lumières et à la révolution française.

    Ce n’est pas le cléricalisme, et tout ce que l’on peut mettre sous ce terme, qui est à la racine de ce mal, mais le fait que l’on se détourne de la vérité et qu’on laisse libre cours aux questions de morale. La corruption de la doctrine entraîne toujours après une corruption de la morale, et se manifeste en cette dernière. Le grave péché commis ainsi contre la sainteté de l’Eglise, sans remords ni regrets, est la conséquence du relativisme introduit dans les fondements de la doctrine de l’Eglise. C’est là la vraie raison de ce qui choque et bouleverse actuellement des millions de croyants catholiques qui vivent une grande déception. En analysant les origines de la rupture vécue par l’unique Eglise du Christ au XVIe siècle, le spécialiste de l’histoire de l’Eglise Hubert Jedin (1900-1980) a constaté dans le premier tome de son « Histoire du Concile de Trente », que « le mot réforme avait permis de dissimuler l’hérésie et la rupture naissante dans l’Eglise ».

    Et aujourd’hui, comme en ce temps-là, il est beaucoup question de réforme.

    Que se cache-t-il donc derrière la brillante formule de propagande dont les médias sont friands : “Réforme de la Curie et de toute l’Eglise”, si ce n’est pas, comme je n’ai cessé de l’espérer, une compréhension renouvelée de la vérité de la Révélation et de la vie dans les pas du Christ ? La réforme véritable consiste non pas en la sécularisation de l’Eglise, mais en la sanctification de l’homme en vue de Dieu.

    Ce n’est pas réformer, que de penser qu’on pourrait, sans toucher à la doctrine de l’Eglise, inventer au nom de la faiblesse humaine une nouvelle pastorale qui amoindrirait l’exigence de vérité de la Parole de Dieu et de la morale chrétienne.

    La délivrance du péché, la rédemption, est ce qui fonde en vérité le fait que Jésus est le Fils de Dieu. Sans la vérité de l’Incarnation, l’Eglise en serait réduite à n’être qu’une agence séculière pour l’amélioration de la condition humaine. Elle n’aurait aucun effet sur notre désir de Dieu et sur notre espoir de vie éternelle. Le prêtre ne serait qu’un fonctionnaire d’un mouvement social à coloration religieuse. 

    L’Eglise ne gagne aucunement en pertinence et en crédibilité si elle vit à la remorque du monde et de l’air du temps, mais seulement si elle marche en avant, portant haut le flambeau de la vérité du Christ. Nous ne devons pas chercher à nous rendre importants avec des thèmes secondaires et en reprenant les préoccupations des autres, de ceux qui ne veulent pas croire que Dieu seul est l’origine et le but unique des hommes et de toute la création.

    Car le véritable danger qui guette l’humanité en ce moment se trouve dans les gaz d’échappement du péché et le réchauffement global du manque de foi et de l’écroulement de la morale, lorsque plus personne ne reconnaît ni n’enseigne la différence entre le bien et le mal. Le meilleur ami de la nature, l’écologiste le plus performant, est celui qui annonce l’Evangile, qui propage l’idée qu’il n’y a de survie qu’en Dieu, et pas seulement de façon limitée, pour un temps, mais pour toujours et pour l’éternité. 

    L’opinion que le dogme chrétien ne serait plus l’origine et le critère sur lequel se fondent la morale et la pastorale, révèle une hérésie sur le plan christologique. Celle-ci consiste à opposer le Christ enseignant de la vérité divine au Christ bon pasteur. Mais le Christ est une seule et unique personne. Il ne s’est pas tu devant Pilate, mais « a rendu son beau témoignage » (1Tim 6, 14). Jésus oppose au relativisme de Pilate, qui personnifie le cynisme du pouvoir temporel, le pouvoir salvateur de la vérité de Dieu : « Tu le dis, je suis roi. Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » (Jean, 18, 37). (…)

    Alors que le Christ était sans péché, les croyants et leurs pasteurs ont besoin du pardon de leurs fautes. La reconnaissance des péchés se fait au confessionnal. Mais si des personnes consacrées à Dieu, avec un mépris cynique de leur vocation, mènent une double vie, il est alors nécessaire qu’elles paraissent devant un tribunal ecclésiastique. Les mauvaises actions doivent être jugées par l’autorité de l’Eglise ; ceux qui les ont commises doivent être jugés et punis de façon adaptée. Celui qui considère que la justice ecclésiale est incompatible avec l’Evangile de l’amour, celui-là n’agit pas avec miséricorde, mais avec le mépris de l’homme qui a été trompé dans ses droits et sa dignité. « Malheur au monde à cause des scandales. Il est fatal, certes, qu’il arrive des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! » (Mt 18, 7). Cela s’applique particulièrement à ceux qui, à travers leur charge sacrée, sont présentés comme des modèles pour les croyants et ont reçu par leur consécration la force de l’Esprit-Saint. (…) »

  • Synode des jeunes : un synode écrit d'avance ?

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    Du site "Benoît et moi" :

    Synode pour les jeunes, synode prétexte?

    A deux semaines de l'ouverture de l'Assemblée des évêques, après l'expérience désastreuse des deux synodes sur la Famille de l'ère franciscaine, les questions se multiplient sur l'organisation, l'"agenda", et les nominations papales. Les craintes de La Bussola (18/9/2018) 

    Certains les accuseront de jeter le manche après la cognée, alors que le Synode n'a même pas encore eu lieu. Laissons-lui donc une chance (disent-ils). Mais les expériences passées justifient qu'on redoute le pire. Et la sagesse populaire le dit bien: chat échaudé...

    L'AGENDA EST DÉJÀ ÉCRIT, LE SYNODE DEVIENT SEULEMENT UN PRÉTEXTE

    de Stefano Fontana, le 18/9/2018 sur la www.lanuovabq.it, traduction de "Benoît et moi" : 

    Les nominations si unilatérales pour le prochain Synode de la Jeunesse laissent transparaître la volonté de déterminer d'emblée l'issue de l'assemblée des évêques. Une confirmation qu'en réalité, l'objet du Synode n'est pas les jeunes, mais de nouvelles ouvertures modernistes dans le domaine de la morale sexuelle, en particulier des relations sexuelles prénuptiales et de la contraception. Nous pourrions parler de synodes "prétextes", ou de synodes comme "instruments" pour atteindre certains des objectifs déjà établis auparavant. Il se peut aussi que le Synode reste dans le vague, dise et ne dise pas, ouvre des questions plutôt que de les clore.

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    À la lecture des noms des personnes nommées directement par le Pape François pour le prochain Synode de la Jeunesse, on reste sérieusement (et négativement) frappé. Surtout pour le sort de ce Synode, et des Synodes en tant que tels, sur lesquels on risque de jeter une ombre de soupçon qui en compromet la fonction ecclésiale.

    Laissons de côté, pour l'instant, l'aspect que beaucoup parmi ceux nommés par le Pape sont dans l'œil du cyclone du scandale des abus et de l'homosexualité (de Maradiaga à Cupich, de Farrell à Marx). L'archevêque de Philadelphie, Mgr Charles Chaput, avait même suggéré de suspendre le Synode des jeunes parce que «les évêques n'auraient en ce moment absolument aucune crédibilité pour aborder cette question», et le Pape nomme précisément les noms les plus impliqués dans la querelle. Laissons de côté, comme je l'ai dit, pour le moment, cet aspect central, et insistons sur le fait que les nommés sont tous des représentants du progressisme moderniste en termes de sexualité et de famille: au premier rang, bien sûr, le Père Antonio Spadaro, directeur de "La Civiltà Cattolica", et Enzo Bianchi. Ces nominations si unilatérales du Pape visent évidemment à déterminer d'emblée le résultat du Synode et à confirmer l'opinion exprimée par beaucoup, à savoir que l'objet du Synode n'est pas la jeunesse mais de nouvelles ouvertures modernistes dans le domaine de la morale sexuelle, notamment des relations sexuelles prénuptiales et de la contraception. La petite armée de nomination papale directe aurait pour but de forcer la main avec certitude en ce sens et de confirmer un résultat prévu dès maintenant. En d'autres termes: le Synode comme machine 'instrumentale' pour atteindre d'autres fins que celles déclarées.

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  • OSCE : une limitation troublante de la liberté de religion

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    De zenit.org :

    OSCE: le Saint-Siège épingle «une limitation troublante» de la liberté de religion

    Intervention de Mgr Fredrik Hansen

    « Un affaiblissement » ou, « plus précisément », « une limitation troublante » de la liberté de religion est une « cause fondamentale de la discrimination et de l’intolérance à l’égard des chrétiens dans la région de l’OSCE », a déclaré Mgr Fredrik Hansen.

    Il a représenté le Saint-Siège à la réunion sur la Mise en œuvre de la dimension humaine 2018 ( 2018 Human Dimension Implementation Meeting, 10-21 septembre) de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) le 13 septembre 2018, à Varsovie, en Pologne, indique la Mission permanente du Saint-Siège. Il est intervenu en anglais à la sixième séance sur le thème «Tolérance et non-discrimination, y compris la lutte contre l’antisémitisme, l’intolérance et la discrimination fondée sur la religion ou les convictions ».

    « Ce qui est particulièrement inquiétant, a dit Mgr Hansen, c’est que, dans toute la région de l’OSCE, une ligne de démarcation nette semble avoir été établie entre croyance religieuse et pratique religieuse : dans les discours publics et même devant les tribunaux, les chrétiens sont souvent convaincus qu’ils peuvent croire ce qu’ils veulent en privé et en vénérant comme ils le souhaitent dans leurs propres églises, mais il leur est interdit d’agir en public sur ces croyances. »

    De manière plus générale, a expliqué le représentant du Saint-Siège, « la fausse idée que les religions ont un impact négatif et représente une menace pour le bien-être de nos démocraties est toujours présente » : « selon une opposition grandissante au rôle public de la religion, les actions inspirées par les croyances religieuses ne sont pas les bienvenues dans nos sociétés ».

    « La conséquence » de cette situation, a-t-il noté, « est que les individus sont empêchés de vivre et d’agir conformément aux préceptes de leur conscience et au droit reconnu par l’Accord final d’Helsinki ».

    Une autre question qui « mérite une attention accrue », a souligné Mgr Hansen, « est le déni du rôle public des Églises chrétiennes et la tentative d’exclure les croyants chrétiens du discours public » : « non seulement elle refuse aux citoyens leur droit de participer à la vie politique, mais elle peut aussi facilement entraîner une discrimination ou une intolérance plus manifestes ». Selon le représentant du Saint-Siège, l’OSCE et ses États participants « devraient » « promouvoir la participation » des communautés religieuses « au dialogue public, même par le biais des médias ». Les États participants, a-t-il ajouté, « sont invités à accueillir et à encourager les représentants des communautés religieuses à donner leur avis – fondé sur des convictions morales découlant de leur foi – à propos de la vie quotidienne ».

    Mgr Hansen s’est aussi arrêté sur les « éléments de la législation antidiscriminatoire » dans certains États participants qui « semblent contredire les engagements pertinents de l’OSCE, car cette législation ne prend pas en compte et ne garantit pas l’autonomie des communautés chrétiennes, les empêchant de s’organiser et d’agir conformément à leurs croyances ». « Dans beaucoup d’endroits, a-t-il affirmé, les chrétiens rencontrent un certain mépris, même si leur foi les incite à contribuer au bien commun, à construire et à rechercher une société qui protège les pauvres et les faibles, éduque les jeunes et soigne les malades, et prévient les conflits et les discordes ».

  • Pie V : un modèle de pape réformateur qui pourrait inspirer le pape François

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    Du Frère Philippe Verdin sur le site aleteia.org :

    Saint Pie V ou comment on réussit la réforme dans l’Église

    Avec Pie V, le saint pape de la contre-réforme, et le pape François, comment l’Église s’y prend pour relancer la mission ?

    L’Église est toujours prête à se réformer. L’Église se réforme sans cesse. Encourager la sainteté est un souci permanent, mais il y a quelques paradigmes pour créer ce vaste mouvement. C’est la mission de tous évidemment, mais principalement celle du pape qui donne le ton et les orientations.

    Voyez saint Pie V. L’Église du XVIe siècle est en piteux état. Le protestantisme a taillé de larges pièces dans le tissu européen, l’heure est à la critique virulente des abus. Au sein de l’Église catholique, les fidèles en ont assez des prélats désinvoltes et des curés ignares. Le concile de Trente réaffirme la doctrine et donne aux pasteurs les moyens de rallier le troupeau inquiet. Mais il faut un maître d’œuvre. La foi est là, mais il faut la faire rayonner ; surtout il faut l’incarner. Les cardinaux élisent un homme improbable, dominicain un peu sec, exigeant, qui n’a de compte à rendre ni aux familles nobiliaires qui font la pluie et le beau temps dans la cour pontificale, ni aux puissances catholiques qui veulent un pape favorable à leurs politiques.

    Un siècle à la vitalité étonnante

    Le programme confié au nouveau pape, c’est la Réforme catholique, la mise en œuvre des décrets du concile, l’organisation des initiatives bouillantes et fécondes de ce siècle riche en audace missionnaires et spirituelles — les jésuites se développent, Thérèse d’Avila accélère la réforme du carmel, saint Philippe Néri commence à rassembler les dévots humanistes romains, saint Charles Borromée expérimente à Milan la formation des prêtres, les nouvelles confréries caritatives et le culte à l’Eucharistie.

    On rabâche trop le constat de Voltaire et Michelet, vieilles lunes malveillantes : l’Église du XVIe siècle serait un rameau desséché et pourri. Les historiens déroulent au contraire la vitalité étonnante de la vie religieuse, des associations de laïcs, des initiatives charitables et missionnaires. Et le nombre impressionnant de saintes et de saints inventifs et audacieux. Pie V saura organiser cette énergie pour réussir la réforme catholique.

    Mille chantiers

    L’autre atout de Pie V pour remettre en six ans l’Église catholique en route, c’est son talent pour incarner ce qu’il promeut. Il apparaît aux yeux des fidèles comme le pape le plus charitable et le plus pauvre qu’on a jamais vu. Il est simple dans sa mise et son comportement. Il arpente à pieds les rues de Rome, du jour au lendemain il divise par deux le train de vie de la cour pontificale, il traite sur un même pied les ambassadeurs et leurs cochers, il dîne d’un œuf, d’un bouillon et d’une biscotte.

    La réussite est aussi dans la méthode. Pie V ouvre mille chantiers en même temps : invention du bréviaire, du catéchisme, des séminaires, de la messe tridentine, de la ligue contre le Turc, reconquête des âmes polonaises séduites par la réformation, soutien politique et financier au roi de France, opposition à Élizabeth d’Angleterre, mission en Amérique du Sud, assainissement de la curie, prospérité des états pontificaux et renflouements des finances… Pour l’un qui rate — l’épisode anglais —, dix autres menés de front qui réussissent.

  • Demander la démission du pape c'est prendre un mauvais parti

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    Voici une traduction publiée sur le "Forum catholique" d'un article très intéressant de Phil Lawyer publié sur Catholic Culture.org :

    Le pape François devrait-il démissionner? Je dis non... mais...

    Par Phil Lawyer

    Le 17/09/2018

    ''Le pape François devrait-il démissionner? Comme mon collègue Jeff Mirus, je dis non.

    Comme j'ai souvent critiqué le pape, notamment dans mon livre Lost Shepherd, je suis sûr que beaucoup de lecteurs seront surpris par ma réponse. Laissez-moi vous expliquer mon raisonnement.

    1- Si la pression publique oblige le pape François à démissionner, un dangereux précédent sera établi. Son successeur entendra des appels à sa démission, dès le premier moment où il prendra une décision ou une déclaration publique qui offensera… n'importe qui. L’Eglise sera battue par des campagnes politisées pour toutes sortes de causes différentes, dont certaines ne sont absolument pas pertinentes pour la foi catholique.

    2- Si le pape François démissionne alors que le pape émérite Benoît XVI est encore en vie, le monde catholique aura deux pontifes à la retraite. Benoît XVI a scrupuleusement évité de faire des déclarations publiques pouvant soulever des questions sur les politiques de son successeur. Néanmoins, des dizaines de journalistes tentent de décrire la crise actuelle dans l’Église comme une lutte entre les deux pontifes et leurs partisans respectifs. Imaginez le mal qui pourrait être créé par des combats de mandataires, réels ou imaginaires, entre deux anciens papes - l’un d’entre eux ayant des antécédents de déclarations publiques intempestives - et le souverain pontife régnant.

    3- Certains partisans de la démission papale ont avancé l'argument que s'il ne démissionnait pas, le pape François trouverait son leadership sérieusement compromis en raison de la méfiance du public. Je suis désolé, mais je trouve cet argument peu convaincant. Si le pape fait la promotion de politiques dangereuses pour la foi, cela pourrait être une très bonne chose que son leadership soit affaibli et qu'il soit incapable de mener à bien ces politiques.

    4- Est-ce que quelqu'un s'attend à ce que le pape François se retire en réponse à un tollé général? Y a-t-il quelque chose dans son comportement à ce jour, quelque chose dans la manière dont il a répondu aux critiques, qui suggérerait qu'il est susceptible de démissionner? Pour moi, cette perspective semble improbable. (Ici, je parle d'une démission provoquée par des protestations; il est toujours possible, je suppose, que le pape décide de démissionner pour cause de santé). À l'instar des raisons qui ont motivé les appels à cette démission, toutes les énergies actuellement consacrées aux campagnes de démission papale sont gaspillées. En fait, les éditoriaux et les pétitions sont plus susceptibles de renforcer la détermination du pape, de le rendre encore plus implacable dans le rejet des critiques, plus déterminé à ignorer ceux qui ne sont pas d’accord avec ses déclarations et ses politiques.

    5- Et est-ce sain pour les catholiques (sans parler des non-catholiques) de faire pression pour la démission d'un pape? Un instinct authentiquement catholique ne devrait-il pas nous pousser constamment à prier pour le pape? Nous pourrions prier pour qu'il change d'avis, change sa politique, change son approche. Nous pourrions prier pour sa conversion. Cependant, bien que nous ne soyons pas d'accord avec lui, nous prions pour lui - pour son bien-être spirituel et celui de l'Église.

    Pour moi, je ne veux pas que le pape François démissionne. Je veux qu'il se réforme, et je prie chaque jour pour cette intention.

    Il y a des précédents. Le pape Pie IX a changé de cap de façon assez spectaculaire au cours de son long pontificat, au 19ème siècle, poussé par la pression des tendances politiques en Italie. Le pape Paul III avait ses défauts moraux (auxquels plusieurs de ses enfants ont témoigné), mais la montée du pouvoir protestant le persuada de convoquer le concile de Trente. J'ai donc des raisons d'espérer que le pape François, qui a accédé à la Chaire de S. Pierre, et qui a appelé à la fin d'une Église «autoréférentielle», puisse encore mener un mouvement puissant pour évangéliser le monde du XXIe siècle. Ne serait-il pas préférable pour l'Église que le pape François, au lieu de se retirer dans une retraite maussade, connaisse une conversion et conduise les fidèles dans la restauration de notre patrimoine catholique? Comme l’a récemment observé mon ami le père Raymond De Souza, «le chemin de la confession et de la contrition est ouvert au Saint-Père et à tous les acteurs - un chemin bien meilleur que la récrimination et la résignation.

    Cependant, je ne suis pas d'accord avec la suggestion du père De Souza, dans ce même article, selon laquelle «il est temps de baisser la température». Je soutiens au contraire que les fidèles catholiques doivent maintenir la température, maintenir la pression pour un changement de direction au Vatican. Nous devons au pape notre soutien dans la prière. Nous lui devons également nos plaidoyers en faveur d'un soulagement.

    Notre Église est en pleine crise historique, au risque de se séparer. Le Vicaire du Christ, le Pontife Romain, est ou devrait être le centre de l'unité dans l'Église. À une époque de grave désunion, nous avons besoin d'un pape qui réparera les dégâts, sans en rajouter.
    À mon avis, le rôle du fidèle catholique est de rappeler au pape, chaque jour si possible, où se trouve son devoir. Et puis, de prier tous les jours si possible pour qu'il le fasse.''

    Source

  • Retour sur la célébration traditionnelle de la Fête-Dieu à Liège le 3 juin 2018

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    IMG_6986.jpgComme nous l’avions déjà relayé en son temps (cliquez ici :) plus de 300 Liégeois étaient réunis le dimanche 3 juin 2018 avec l’évêque de Liège en l’église du Saint-Sacrement au Bd d’Avroy pour célébrer la Fête-Dieu selon le rite traditionnel. Un petit reportage vidéo, réalisé en guise de souvenir par l’organiste et chef de chœur Patrick Wilwerth, s'ajoute aujourd'hui à l'information: il évoque ci-dessous les aspects artistiques de cette belle manifestation :  

    JPSC

  • Sainte Hildegarde de Bingen, une grande prophétesse (17 septembre)

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    Benoît XVI, lors des audiences générales des mercredis 1er et 8 septembre 2010, a consacré deux catéchèses à l'évocation de sainte Hildegarde de Bingen :

    Chers frères et sœurs,

    En 1988, à l’occasion de l’Année mariale, le vénérable Jean-Paul II a écrit une Lettre apostolique intitulée Mulieris dignitatem, traitant du rôle précieux que les femmes ont accompli et accomplissent dans la vie de l’Eglise. «L'Eglise — y lit-on — rend grâce pour toutes les manifestations du génie féminin apparues au cours de l'histoire, dans tous les peuples et dans toutes les nations; elle rend grâce pour tous les charismes dont l'Esprit Saint a doté les femmes dans l'histoire du Peuple de Dieu, pour toutes les victoires remportées grâce à leur foi, à leur espérance et à leur amour: elle rend grâce pour tous les fruits de la sainteté féminine» (n. 31).

    Egalement, au cours des siècles de l’histoire que nous appelons habituellement Moyen Age, diverses figures de femmes se distinguent par la sainteté de leur vie et la richesse de leur enseignement. Aujourd’hui, je voudrais commencer à vous présenter l’une d’entre elles: sainte Hildegarde de Bingen, qui a vécu en Allemagne au XIIe siècle. Elle naquit en 1098 en Rhénanie, probablement à Bermersheim, près d’Alzey, et mourut en 1179, à l’âge de 81 ans, en dépit de ses conditions de santé depuis toujours fragiles. Hildegarde appartenait à une famille noble et nombreuse, et dès sa naissance, elle fut vouée par ses parents au service à Dieu. A l’âge de huit ans, elle fut offerte à l’état religieux (selon la Règle de saint Benoît, chap. 59) et, afin de recevoir une formation humaine et chrétienne appropriée, elle fut confiée aux soins de la veuve consacrée Uda de Göllheim puis de Judith de Spanheim, qui s’était retirée en clôture dans le monastère bénédictin Saint-Disibod. C’est ainsi que se forma un petit monastère féminin de clôture, qui suivait la Règle de saint Benoît. Hildegarde reçut le voile des mains de l’évêque Othon de Bamberg et en 1136, à la mort de mère Judith, devenuemagistra (Prieure) de la communauté, ses concours l’appelèrent à lui succéder. Elle accomplit cette charge en mettant à profit ses dons de femme cultivée, spirituellement élevée et capable d’affronter avec compétence les aspects liés à l’organisation de la vie de clôture. Quelques années plus tard, notamment en raison du nombre croissant de jeunes femmes qui frappaient à la porte du monastère, Hildegarde se sépara du monastère masculin dominant de Saint-Disibod avec la communauté à Bingen, dédiée à saint Rupert, où elle passa le reste de sa vie. Le style avec lequel elle exerçait le ministère de l’autorité est exemplaire pour toute communauté religieuse: celui-ci suscitait une sainte émulation dans la pratique du bien, au point que, comme il ressort des témoignages de l’époque, la mère et les filles rivalisaient de zèle dans l’estime et le service réciproque.

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  • Robert Bellarmin (fêté aujourd'hui) affirmait déjà le droit de résister à une loi injuste

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    Le droit de résistance passive et active à une loi injuste (source : missel.free.fr)

    L’encyclique Evangelium vitæ (25 mars 1995) relance le débat sur la résistance passive aux lois injustes (prudemment appelée objection de conscience) et la race des journalistes mondains qui parlent de tout sans en rien connaître, ont cru y découvrir une nouveauté. Il m’a semblé intéressant, puisque nous célébrons la fête de saint Robert Bellarmin[1], de nous rappeler ce qu’il enseignait du droit de résistance passive et active à une loi injuste.

    C’est la révolte des Vénitiens contre Paul V (1606)[2] qui força Robert Bellarmin à exposer ses idées sur la légitimité de la résistance à une loi injuste, quand les théologiens de la Sérénissime République qui affirmaient que L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas, et qui déclaraient coupables de péché mortel ceux qui avaient obéi à Paul V. Certes, Bellarmin souligne que lorsque le commandement d’un homme est manifestement contraire à la loi de Dieu, c’est un devoir de lui désobéir ; ainsi en va-t-il pour les princes séculiers qui commandent à tous leurs sujets de renier le Christ ou de sacrifier aux idoles, ainsi en va-t-il pour un pape, homme de mauvaise vie, comme l’ont été quelques-uns au temps passé (si les récits qui nous sont parvenus sont véridiques), et voulant user de fait d’une injuste violence (...) si, par exemple, un pape voulait ruiner l’église de Saint-Pierre, pour en bâtir un palais à ses parents, ou s’il voulait déposer tous les évêques, et par ce moyen mettre l’Eglise en trouble, ou s’il voulait faire la guerre sans occasion ni sujet, pour ôter les Élats à leurs vrais possesseurs, ou en gratifier ses proches, les docteurs indiquent les remèdes suivants : avoir recours à Dieu par l’oraison, admonester ledit pape avec tout respect et révérence, n’obéir point à ses commandements notoirement injustes, et enfin lui résister, et empêcher qu’il ne fasse le mal projeté. A Paolo Sarpi[3] qui objectait : Si le prince me commande quelque chose qui soit au détriment des biens temporels, je lui dois obéir, d’autant que le bien particulier doit céder au bien commun, Bellarmin répondait : Je dis que cette raison n’est de mise, d’autant qu’il peut arriver que le prince commande injustement la perte de biens temporels ; et si cette injustice est évidente, je ne lui dois pas obéir ; l’exemple de Naboth est trop clair qui refusa d’obéir au roi Achaz[4].

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  • Quand un journaliste proche du pape convient de la véracité des éléments fournis par Mgr Vigano

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    Quand Tornielli convient de la véracité des éléments fournis par Mgr Viganò (source : Riposte catholique)

  • La profession de foi de Pierre à Césarée et l’annonce de la Croix (24e dimanche du temps ordinaire)

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    La profession de foi de Pierre à Césarée et l’annonce de la Croix (source)

    Marc 8 27 : Jésus s’en alla avec ses disciples vers les villages de Césarée de Philippe, et en chemin il posait à ses disciples cette question  : “  Qui suis-je, au dire des gens  ?  ” 28 Ils lui dirent  : “  Jean Baptiste  ; pour d’autres, Élie  ; pour d’autres, un des prophètes  ” 29 “  Mais pour vous, leur demandait-il, qui suis-je  ?  ” Voilà le sommet de l’Évangile, il tient dans les quelques versets qui suivent. Enfin Jésus pose la question dramatique, la question de confiance et – Pierre lui répond  : “  Tu es le Christ.  ” – Il répond au nom de tous les autres, non sans une lumière spéciale. Il mourra à cause de cette affirmation, il versera son sang après une vie d’apostolat laborieuse parce qu’il croyait que Jésus-Christ était le Christ.

    30 Alors il leur enjoignit de ne parler de lui à personne. Il ne dit pas que c’est faux, mais il leur dit très sévèrement  : «  Taisez-vous sur cela  ». C’est le secret messianique. Jésus ne veut pas voir imposer aux âmes cette affirmation sans preuve et sans réflexion. Il faut qu’elles aient le temps de faire un cheminement pour le comprendre du dedans. Mais c’est fait, il est reconnu par les Apôtres et maintenant, c’est à la vie à la mort, un seul trahira.

    31 Et il commença de leur enseigner. Tout de suite, Jésus les enseigne  ; à peine savent-ils qu’il est le Christ, à peine ont-ils fait le pas de la foi, il leur répond  : “  Le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter. Dépassés, les apôtres sont donc emportés à donner leur adhésion d’esprit. Dès qu’ils l’ont fait, Jésus leur découvre le dessein de Dieu sur lui, le dessein de son Père, leur ouvre la porte de l’avenir effrayant qui est en contradiction absolue avec tous les rêves des Juifs de ce temps concernant le messie  ! Jésus ne pouvait le dire devant les foules de Galilée qui l’auraient abandonné. Là, il le dit en réponse à leur foi.

    32 et c’est ouvertement qu’il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner. 33 Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre – tança Pierre, et non pas “  admonesta  ” – et dit  : “  Passe derrière moi, Satan  ! Dégage  ! Satan  ! Car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes  !  ”

    Je vais vous faire une révélation  : Notre Seigneur connaît une véritable agonie, parce que s’il avait été en pleine possession de sa force morale, il aurait dit à Pierre qu’il se trompait. Mais ce «  dégage Satan  » veut dire que Jésus, au même moment où il est reconnu comme le Christ, dans toute sa force humaine, son désir de sauver les âmes, son désir de régner sur le monde, de glorifier son Père, Jésus dans sa nature humaine aspire au succès. Il est comme les Apôtres, les saintes Femmes, le peuple de Galilée et de Judée, il attend la libération d’Israël, il attend la réalisation de l’ère messianique telle que les Prophètes l’ont annoncée, et il voudrait que ce soit tout de suite, aussi bien que nous aujourd’hui nous voudrions le succès de notre doctrine, la résurrection de l’Église  ! Satan, c’est le tentateur, celui qui pendant 40 jours a essayé de faire tomber Jésus au début de sa mission. Il revient là dans la personne de Pierre. Pierre est possédé par Satan, lui qui tente Jésus. Alors Jésus, réellement ébranlé, a cette parole terrible  : «  Dégage, cesse de me tenter  ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celle des hommes  ».

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  • Combien de temps la stratégie du silence adoptée par le pape François sur les scandales des abus sexuels dans l'Église va-t-elle durer ?

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    De Jean-Marie Guénois sur le site du Figaro :

    La crise s'amplifie dans l'Église catholique

    Combien de temps la stratégie du silence adoptée par le pape François sur les scandales des abus sexuels dans l'Église va-t-elle durer? Par exemple, pour rendre compte, jeudi, de l'importante réunion entre François et la tête de l'épiscopat américain, venu spécialement à Rome à la suite de l'affaire McCarrick, le service de communication du Saint-Siège s'est contenté de publier… deux photographies de la rencontre.

    L'une montre un Pape préoccupé entouré de quatre prélats, dont le président de la Conférence des évêques américains, le cardinal Daniel DiNardo, évêque de Galveston-Houston, et l'important archevêque de Boston, le cardinal Sean Patrick O'Malley, revêtu pour l'occasion de sa robe de bure franciscaine. Sur la seconde, on les voit rire, détendus, autour du bureau du Pape.

    Un communiqué a néanmoins été diffusé à la même heure aux États-Unis - mais pas au Vatican - sous la responsabilité de la Conférence des évêques américains. Il remercie le Pape d'avoir accordé cette audience où il a été question de «la situation» aux États-Unis et «combien le corps du Christ est lacéré par le mal des abus sexuels». Les évêques soulignent que le Pape les a «très profondément écoutés avec son cœur» et que ce fut un «long, fructueux et bon échange». Il s'est conclu par une «prière» où ils ont imploré «la miséricorde de Dieu et sa force alors que nous travaillons à guérir les blessures». Et pour «continuer activement notre discernement commun pour identifier les prochaines étapes les plus efficaces».

    Il est vrai qu'en cette rentrée, l'Église catholique se trouve aux prises avec une crise majeure où elle donne l'impression de ne plus rien contrôler. Au traumatisme américain déclenché le 14 août dernier par le rapport sur la pédophilie cléricale en Pennsylvanie s'est ajouté, dans la soirée du 12 septembre, le rapport allemand sur le même sujet (lire ci-dessous). Le tout sur un fond de violente polémique, toujours en cours, après la lettre ouverte par Mgr Carlo Maria Vigano.

    Sommet extraordinaire… en 2019

    Le 24 août, cet ancien nonce apostolique aux États-Unis et ancien haut responsable du Vatican, dont il connaît tous les rouages, a demandé la démission du Pape en l'accusant d'avoir couvert le comportement homosexuel de l'ancien archevêque de Washington, le cardinal McCarrick avec des séminaristes. Et surtout, le travail actif d'un «réseau homosexuel» au plus haut niveau de l'Église visant à «subvertir» la doctrine de l'Église sur l'homosexualité. Affirmations non encore démenties sur le fond à ce jour.

    Sur cette affaire, le Pape, au retour d'Irlande, le 24 août, a décidé de «ne pas dire un mot». Mais, mardi 11 septembre, lors de l'homélie de la messe, il a toutefois assuré voir dans cette affaire l'œuvre du «Grand Accusateur», un des noms du «diable» qui «s'en prend aux évêques» pour «dévoiler les péchés» et ainsi «scandaliser le peuple». Concluant «C'est vrai, […] nous sommes tous pécheurs, nous les évêques.» Le 11 septembre au soir, le Vatican annonçait que le Pape convoquait pour le mois de février 2019 un sommet extraordinaire au Vatican de tous les présidents des conférences épiscopales du monde pour affronter cette crise. C'est dire que François entend prendre le temps pour affronter ce tremblement de terre ecclésial. Il sait qu'il vient de très loin dans le temps et qu'il implique à présent, de près ou de loin, toute la hiérarchie épiscopale. La plupart des évêques de 70 ans et plus ont été confrontés un jour ou l'autre à une affaire de prêtre pédophile.

    C'est ainsi que la nouvelle ligne d'attaque contre les révélations de Mgr Vigano consiste non seulement à accuser maintenant Benoît XVI d'avoir lui aussi couvert McCarrick, mais de chercher des dossiers quand Joseph Ratzinger était archevêque de Munich. C'est l'un des enjeux du rapport allemand. Quand d'autres ressortent à présent des dossiers délicats pour le pape François quand il était archevêque de Buenos Aires. Le 20 août, dans une «lettre au peuple de Dieu» le Pape a demandé «la prière et la pénitence» aux catholiques.