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Foi

  • Martyre du sang et "martyre blanc"

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Ordre du Saint-Sépulcre : mettre l’amour évangélique au centre des œuvres

    Discours du pape à l’assemblée (Traduction intégrale)

    « N’oubliez pas que vous n’êtes pas un organisme philanthropique… Vous êtes appelés à mettre au centre et comme but final de vos œuvres, l’amour évangélique pour le prochain, afin de témoigner partout de la bonté et de l’attention avec lesquelles Dieu aime tout le monde » : c’est ce qu’a déclaré le pape François aux membres de la « Consultation » – assemblée quinquennale – de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, qu’il a reçus ce 16 novembre 2018, au Vatican.

    « L’objectif principal de votre Ordre réside dans la croissance spirituelle de ses membres », a aussi rappelé le pape aux participants à l’assemblée qui a eu lieu à Rome du 13 au 16 novembre. « Par conséquent, le succès de vos initiatives ne peut pas faire abstraction de programmes de formation religieuse adéquats, adressés à chaque chevalier et à chaque dame, afin qu’il consolide sa relation indispensable avec le Seigneur Jésus. »

    Le pape a encouragé les dirigeants de l’Ordre à « offrir l’exemple d’une vie spirituelle intense et d’une adhésion concrète au Seigneur : vous pourrez ainsi rendre un service valide d’autorité à tous ceux qui vous sont soumis ». Au fil de son discours, il a clarifié le rôle des évêques, prêtres et diacres dans l’Ordre : pas « un titre honorifique » mais un « service pastoral ».

    Enfin, le pape a évoqué « la situation dramatique des chrétiens qui sont persécutés et tués en toujours plus grand nombre », fustigeant l’indifférence du monde. « Outre le martyre du sang, a-t-il fait observer, il existe aussi le “martyre blanc”, comme par exemple celui qui se vérifie dans les pays démocratiques quand la liberté de religion est limitée. C’est le martyre blanc quotidien de l’Eglise en ces lieux. »

    Voici notre traduction du discours du pape :

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  • "Dieu est invraisemblable"

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    Du site "InfoChrétienne" :

    Dans son livre posthume, Jean d’Ormesson évoque « la trace éclatante » laissée par le Christ Jésus dans l’esprit des hommes

    « Grâce à Dieu, je vais mourir. Comme tout le monde, comme vous, avant sans doute : Ma vie est longue, j’approche du bout du chemin. »

    Jean d’Ormesson est arrivé au bout de son chemin le 5 décembre 2017. Celui qui déclarait que sa vie fut « belle malgré tout », était un fervent défenseur des chrétiens d’Orient. Lui qui se présentait à la fois comme un catholique et comme un agnostique, laissait la place au doute et à l’espoir que Dieu existe.

    « Je n’ai pas d’autre foi que cette seule espérance. »

    À la veille de la sortie en librairie de son ouvrage posthume Un hosanna sans fin, le journal Le Figaro que Jean d’Ormesson a d’ailleurs dirigé pendant 3 ans, en a publié quelques extraits, accompagnés de photos du manuscrit.

    Les quelques lignes laissent entrevoir un homme qui voit la mort s’approcher sans toutefois la craindre. Citant Bossuet, il se questionne sur cette vie qui nous est « fourguée en usufruit » sans que l’on n’ait eu l’occasion de la choisir, et qui aboutit irrémédiablement à la mort.

    « J’entre dans la vie, avec la loi d’en mourir. »

    Et le talentueux académicien poursuit ses écrits en évoquant le mystère de la vie après la mort et le « mystère de Dieu ».

    « Dieu est invraisemblable. C’est là que se dissimule peut-être une des clés de l’affaire. Dieu est invraisemblable – mais pas beaucoup plus que tous les miracles que nous avons vus défiler sous nos yeux écarquillés : la goutte d’eau, le grain de sable, la poussière minuscule d’où sort tout ce qui existe, la lumière, l’expansion continuelle de l’espèce, le temps dont nous ne savons rien, l’histoire, cette stupeur, la vie, une nécessité peuplée de hasards, pas beaucoup plus invraisemblable que le monde étrange où nous vivons tous les jours et qui nous paraît si évident. »

    Si Jean d’Ormesson ne « prétend pas que Dieu existe », mais laisse largement la porte ouverte, il estime que les chrétiens ont « la chance d’avoir pour modèle, sous leurs yeux, un personnage à qui l’existence et la place dans notre histoire ne peuvent pas être contestées : Jésus ». Et il demeurait admiratif de la « trace éclatante » que Jésus a laissé dans « l’esprit des hommes ».

  • Toujours infaillible, le pape ?

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    De Valentin Fontan-Moret sur le site aleteia.org :

    Le Pape est-il toujours infaillible ?

    Dans une lettre sans précédent rendue publique mi-avril, le pape François a demandé pardon aux évêques chiliens pour avoir commis de « graves erreurs » d’appréciation dans la gestion de l’affaire concernant les cas d’abus sexuels au sein du clergé chilien. Si depuis l’ensemble des évêques du pays ont remis leur démission au Saint-Père, Aleteia a choisi de s’intéresser au dogme d’infaillibilité pontificale. Décryptage.

    Comment comprendre le dogme de l’infaillibilité pontificale quand le pape François écrit aux évêques du Chili pour leur faire part de sa « douleur » et de sa « honte » pour les abus sexuels commis par des membres du clergé du Chili et qu’il reconnait avoir lui-même commis « de graves erreurs dans l’évaluation et la perception de la situation » ? C’est en 1870, lors du premier concile œcuménique, que l’Église catholique a reconnu ce dogme. Cette apparition tardive ne doit cependant pas laisser croire que c’est une idée si récente : si l’Église ne l’a pendant longtemps pas défini solennellement comme un dogme officiel, la prééminence du pontife romain et la validité absolue de ses paroles et décisions sur certains sujets et sous certaines conditions sont des conceptions anciennes basées sur l’interprétation des Évangiles. On la devine par exemple dans la rédaction de la bulle Unigenitus de 1713, condamnant l’hérésie janséniste. C’est notamment parce que la monarchie de droit divin française entendait maintenir son indépendance par rapport à Rome que l’Église a longtemps renoncé à faire de l’infaillibilité pontificale un dogme.

    Que dit le catéchisme ?

    L’infaillibilité se définit simplement : l’enseignement du Pape et de l’Église ne peut pas être erroné lorsqu’il proclame « par un acte définitif, un point de doctrine concernant la foi et les mœurs ». Autrement dit, un enseignement doctrinal du Pape s’exprimant ex cathedra (littéralement « en chaire », ce qui renvoie à sa qualité de pasteur et docteur suprême de l’Église), définissant clairement une doctrine en matière de foi ou de mœurs, ne peut être qu’une révélation de la vérité. Le catéchisme reconnaît également l’infaillibilité des décisions prises dans les mêmes conditions par le corps des évêques « quand il exerce son Magistère suprême en union avec le successeur de Pierre, surtout dans un Concile œcuménique. »

    Des décisions rares

    Cette définition peut sembler large et couvrir de très nombreuses situations ! Ce n’est cependant pas le cas. Des propos comme ceux tenus par le pape François sur les affaires d’abus sexuels visant l’Église chilienne n’entrent pas dans ce cadre, c’est donc naturellement qu’il a pu reconnaître de « graves erreurs dans l’évaluation et la perception de la situation ». L’infaillibilité est réduite à de rares décisions particulières, et il ne s’agit en aucun cas d’affirmer que le Pape n’est pas un homme susceptible de pécher ou de se tromper hors de ce champ très restrictif. Ainsi, la décision du Pape concernant le sort des évêques chiliens qui, soumettant collectivement leur démission, s’en remettent au jugement du souverain pontife concernant leurs cas individuels, ne sera pas non plus considérée comme infaillible.

    Lire aussi : Chili : le traitement de choc du pape François

    Plus encore, dans la pratique, l’Église se montre prudente et prend soin de préciser sans ambiguïté la valeur infaillible d’une doctrine énoncée, ce qui limite encore davantage les décisions réputées infaillible. Ce fut le cas dans la constitution apostolique promulguée par par Pie XII en 1950 définissant le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie. Le Code de droit canonique prévoit d’ailleurs qu’une doctrine n’est considérée comme infailliblement définie que si cela est « manifestement établi ». Car l’infaillibilité est un principe fort découlant de la fonction de garant de l’unité de l’Église qui revient au Pape, elle appelle donc la plus grande clarté pour éclairer les fidèles.

    D’où vient alors cette infaillibilité ?

    Une explication réside dans ce que le Christ, fondant son Église sur Pierre, premier évêque de Rome, a voulu guider son peuple dans la continuité de la Vérité qu’il était Lui-même venu proclamer. Car à quoi servirait l’Église si elle avait été instituée par le Christ sans l’assurance de conduire, avec le secours de l’Esprit saint, les fidèles vers Dieu ? C’est la raison d’être de ce que le catéchisme nomme le « charisme d’infaillibilité » qui donne une validité incontestable à certains enseignements essentiels dans les domaines éminents de la foi et des mœurs.

    Lire aussi : L’infaillibilité du Pape : faut-il y croire encore ?

  • Saint Albert le Grand (15 novembre)

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    Lors de l'audience générale du mercredi 24 mars 2010, Benoît XVI a consacré sa catéchèse à ce grand maître de la théologie du Moyen Age :

    Chers frères et sœurs,

    L'un des plus grands maîtres de la théologie médiévale est saint Albert le Grand. Le titre de « grand » (magnus), avec lequel il est passé à l'histoire, indique l'étendue et la profondeur de sa doctrine, qu'il associa à la sainteté de sa vie. Mais ses contemporains déjà n'hésitaient pas à lui attribuer des titres d'excellence; l'un de ses disciples, Ulrich de Strasbourg, le définit comme « merveille et miracle de notre temps ».

    Il naquit en Allemagne au début du XIIIe siècle, et tout jeune encore, il se rendit en Italie, à Padoue, siège de l'une des plus célèbres universités du moyen-âge. Il se consacra à l'étude de ce que l'on appelle les « arts libéraux »: grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, astronomie et musique, c'est-à-dire de la culture générale, manifestant cet intérêt typique pour les sciences naturelles, qui devait bientôt devenir le domaine de prédilection de sa spécialisation. Au cours de son séjour à Padoue, il fréquenta l'église des dominicains, auxquels il s'unit par la suite avec la profession des vœux religieux. Les sources hagiographiques font comprendre qu'Albert a pris cette décision progressivement. Le rapport intense avec Dieu, l'exemple de sainteté des frères dominicains, l'écoute des sermons du bienheureux Jourdain de Saxe, successeur de saint Dominique à la tête de l'Ordre des prêcheurs, furent les facteurs décisifs qui l'aidèrent à surmonter tout doute, vainquant également les résistances familiales. Souvent, dans les années de notre jeunesse, Dieu nous parle et nous indique le projet de notre vie. Comme pour Albert, pour nous tous aussi, la prière personnelle nourrie par la Parole du Seigneur, l'assiduité aux sacrements et la direction spirituelle donnée par des hommes éclairés sont les moyens pour découvrir et suivre la voix de Dieu. Il reçut l'habit religieux des mains du bienheureux Jourdain de Saxe.

    Après son ordination sacerdotale, ses supérieurs le destinèrent à l'enseignement dans divers centres d'études théologiques liés aux couvents des Pères dominicains. Ses brillantes qualités intellectuelles lui permirent de perfectionner l'étude de la théologie à l'Université la plus célèbre de l'époque, celle de Paris. Albert entreprit alors l'activité extraordinaire d'écrivain, qu'il devait poursuivre toute sa vie.

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  • Venite adoremus : un festival d'adoration eucharistique

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    FESTIVAL D’ADORATION EUCHARISTIQUE | VENITE ADOREMUS

    QU’EST-CE QUE L’ADORATION PERPÉTUELLE ?

    (source : catho-bruxelles)

    C’est lorsqu’une paroisse a une chapelle ouverte 24h/24 et 7j/7 avec l’exposition permanente du Saint-Sacrement. L’adoration perpétuelle est simplement notre réponse à l’amour de Jésus pour nous.

    Dans les limites du possible, surtout dans les zones les plus peuplées, il conviendra de réserver tout spécialement à l’adoration perpétuelle des églises et des chapelles

    (Benoît XVI, Sacramentum Caritatis, 67).

    FESTIVAL D’ADORATION EUCHARISTIQUE

    Quoi ?

    Le Festival « Venite Adoremus », c’est 11 jours et 11 nuits d’adoration continue, de lieu en lieu. Les participants sont aussi bien des paroisses que des communautés religieuses et même des maisons de repos. Chaque lieu s’inscrivant idéalement pour toute une journée ou toute une nuit.

    Pourquoi ?

    Jésus a dit : « Je suis venu apporter un feu sur la terre et combien je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » Une paroisse ou une communauté qui réserve un temps privilégié au Christ durant l’année trouve un nouveau dynamisme !

    Comment ?

    L’adoration est le prolongement de la célébration eucharistique. C’est pourquoi la messe tient une place privilégiée dans l’horaire. Chaque lieu organise le temps d’adoration suivant sa spécificité (chants, silence, méditation, chapelet, …) De nombreuses paroisses invitent les enfants à un temps de prière animé spécialement pour eux. Dans les lieux qui s’y prêtent, les passants sont invités à entrer pour un moment.

    Quand ?

    Du 15 au 25 novembre 2018, c’est-à-dire pour préparer à la fête du Christ Roi qui clôture l’année liturgique.

    Où ?

    À Bruxelles : Basilique du Sacré Cœur (Bruxelles). Chapelle d’adoration (st Georges)

    À Notre-Dame de Laeken  (chapelle de semaine) adoration le vendredi 16 Novembre de 7h30 à 17h30; messe 17h30

    Autre dates sur : veniteadoremus.be

    Et toi ?

    Tu es invité à soutenir ta paroisse en réservant du temps à l’adoration et en invitant tes amis. C’est aussi l’occasion de découvrir des paroisses ou communautés près de chez toi ou de ton lieu de travail.

    Contact pour Bruxelles :

    • Basilique du Sacré Cœur :Marie-Agnès Misonne : 0476 70 90 12
    • Notre-Dame Laeken : Pascaline Muswamba : muspasca@hotmail.com

    Date / Heure

    Date(s) - 15 novembre 2018 - 25 novembre 2018 , toute la journée

    Lieu : Basilique nationale du Sacré-Coeur, Parvis de la Basilique, 1, 1081 Koekelberg

  • Le Credo enfin rectifié...

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    Du site "Paix liturgique" :

    LE SCANDALE DE LA FALSIFICATION DU CREDO EN PASSE DE CESSER

    lettre 668 du 13 Novembre 2018

    Depuis un demi-siècle, les catholiques de France professaient dans leur messe dominicale un Credo défectueux, contenant une proposition jugée par d’éminents esprits comme hérétique. Il aura fallu tout ce temps pour que la rectification doctrinale intervienne enfin, ce qui donne la mesure abyssale de la crise liturgique et ecclésiologique dans laquelle nous sommes plongés.

    Paix liturgique a cru important de souligner à de nombreuses reprises ce considérable problème. Elle a consacré spécifiquement plusieurs lettres (lettres 401, 402, 589) à la question des traductions défectueuses du missel de Vatican II. Elle se concentre sur la question emblématique du consubstantialem Patri (le Fils est consubstantiel au Père) traduit par « de même nature que le Père », dans les éditions successives du missel, toutes approuvées par la Congrégation pour le Culte divin, (Desclée-Mame, 1974, 1977-78, et 2003), du Credo de Nicée-Constantinople, récité notamment à la messe dominicale.

    Une traduction « à strictement parler hérétique » (Jacques Maritain)

    L’évacuation du « consubstantiel » renvoyait à l’hérésie du prêtre Arius au IVe siècle, qui avait provoqué une des crises les plus profondes qu’ait connues l’Église. À peine sortie de la grande période des persécutions, elle dut affronter la contestation de ce prêtre d’Alexandrie qui refusait de voir dans le Christ la parfaite image du Père, « Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu ». Très sensible aux influences de la philosophie mondaine, Arius ne pouvait concevoir que Jésus soit véritablement et littéralement le Fils de Dieu, devenu dans le sein de la Vierge Marie, par pure miséricorde, le Fils de l’homme, selon la belle formule de la tradition patristique : « Sans cesser d’être ce qu’Il est, il est devenu ce qu’Il n’était pas. » Les théologiens fidèles à l’Écriture et à la Tradition de l’Église élaborèrent la notion de « consubstantialité », concept qui fut reconnu par les Pères du Concile de Nicée (325) comme exprimant parfaitement la foi chrétienne depuis les temps apostoliques. Jésus est vraiment le Fils de Dieu. Il est un seul être avec Lui et avec le Saint-Esprit, chacune des trois personnes divines étant Dieu. C’est là le premier et le plus grand mystère de la foi catholique, un seul Dieu en trois Personnes, et c’est Dieu lui-même qui a ainsi révélé ce qu’Il est à ses enfants par la médiation de son Fils et par l’envoi du Saint-Esprit sur l’Église pour la conduire à la vérité tout entière. Cette vérité dogmatique fondamentale est la gloire de l’Église, le trésor des fidèles, et beaucoup de chrétiens ont préféré donner leur vie, subir la persécution et supporter d’incroyables souffrances pour défendre et servir cette foi qu’ils ont reçue des Apôtres.

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  • A propos de l'emploi des langues dans la liturgie

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    mag_108_02-page-001.jpgLu dans le magazine trimestriel "Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle" (livraison de l'automne 2018)

    "Que la langue du culte se distingue de celle de la vie courante est un phénomène sinon universel, du moins largement répandu dans beaucoup de liturgies.

    Cela était déjà vrai dans l’Antiquité païenne : à Rome, du temps d’Auguste, des collèges sacerdotaux comme les danseurs saliens ou les frères arvales conservaient pieusement des « carmina » dans une langue devenue archaïque. On ne les chantait pas moins. A la même époque, dans les synagogues juives, la Loi était lue en hébreu, langue alors tombée en désuétude, quitte à être traduite ou expliquée en araméen ou en grec. Jusqu’à un certain point, cela reste encore vrai de nos jours dans l’orthodoxie, avec l’usage du slavon ou du grec ancien et dans le catholicisme occidental avec le latin dont le concile Vatican II pose en principe que, sauf cas particuliers,  l’usage sera conservé dans les rites (constitution « Sacrosanctum Concilium », art. 36. 1).

    Mais pourquoi ? Par tendance, une liturgie est normalement conservatrice. Parce qu’elle est le lieu de la vérité qui ne varie pas. Modifier le rite, a fortiori la langue qui en est le caractère le plus marquant, pose la question du respect du sens, de la fidélité, dans un domaine par hypothèse délicat : celui de l’acte qui, dans le culte chrétien en tout cas, relie à l’absolu de Dieu. C’est une première explication mais, s’agissant du latin, il y en a d’autres, liées au contexte historique et, d’une manière générale, à la culture catholique.

    Des premiers temps à l’époque patristique

    Au fond, dans la liturgie chrétienne, les « distanciements » du langage quotidien ont existé dès l’origine. Lorsque le Christ institue l’Eucharistie au soir du Jeudi Saint, il le fait dans le contexte d’un rite juif, en araméen sans doute mais encadré par des psaumes hébraïques, c’est-à-dire dans une langue morte depuis le retour de l’exil à Babylone (538 av. J.-C.).

    Gagnant l’empire romain, le christianisme célébrera d’abord en grec : parce que celui-ci est  accessible aux nouveaux convertis, alors issus en majorité de la partie orientale de l’empire? Peut-être, mais surtout parce que le grec est, à la mesure du monde hellénistique, la langue de culture universelle susceptible d’exprimer avec exactitude la foi et les raisons de croire, mieux qu’aucun des dialectes de la Romania.  Depuis le IIe siècle avant notre ère, cette langue y exerce en effet une emprise intellectuelle que ne diminue pas l’éclat de la littérature latine dans les siècles suivants : à l’époque de Virgile et de Cicéron, de la bouche des maîtres d’école, les enfants des citoyens de Rome apprennent d’abord le grec. Et, cent ans avant le Christ, à Alexandrie, les savants juifs ont aussi achevé un tour de force : transposer en grec les concepts de la bible hébraïque. C’est la version dite « des Septante », qui ouvre la voie de la fusion ultérieure du message chrétien, de forme originairement sémitique, dans la pensée hellénique.

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  • La prière du coeur : un enseignement du Père Simon Noël (nouvelle mise à jour)

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  • KTO : l’émission « la Foi prise au mot » parcourt la vie et l’œuvre de Rémi Brague

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    moderne 9782081331112.jpgLa Foi prise au mot parcourt ici la vie et l’ œuvre de Rémi Brague, spécialiste de philosophie antique, il s´est ensuite tourné vers la philosophie médiévale et la philosophie arabe. À partir de cet ancrage, il s´attache à comprendre notre monde actuel à travers ces multiples influences grecques, romaines, chrétiennes, mais aussi juives et arabes, et surtout à critiquer ce que la modernité peut avoir de désespérant et de profondément inhumain. Retrouvez donc Régis Burnet en compagnie de Rémi Brague pour une discussion sur son oeuvre qui nous donne de très précieuses clefs culturelles pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, à partir de la réflexion qu´il mène sur notre héritage culturel :

    JPSC

  • Novembre 1918, la religion des tranchées

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    guerre 14 slider_boniface.jpgVu et entendu sur KTO: à l’occasion du Centenaire de l’Armistice de la Première Guerre mondiale, Régis Burnet et ses invités vous proposent un éclairage historique sur les chrétiens en 1918. En quoi leur participation à la guerre a-t-elle modifié le lien entre l’Eglise et la République, blessé par la loi de 1905 ? Comment les diocèses en guerre ont-ils vécu ? La Foi prise au Mot vous propose l’éclairage croisé de Bruno Bethouart, professeur des universités en histoire contemporaine, et de Frédéric Gugelot, historien, spécialiste d'histoire culturelle et religieuse, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Reims.

    JPSC

  • La signification des gestes de la profession dominicaine hérités de la tradition médiévale

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    Présente par Michel Janva sur le site web « Salon Beige » : 

    Chéméré profession_fr_joseph-3-1050x600.jpg« Jeudi 1er novembre, fête de la Toussaint, la nouvelle église de Chéméré était comble. Famille, amis, fidèles du couvent entouraient le fr. Joseph-Marie Gilliot au jour de sa profession perpétuelle.

    Dans le sanctuaire, étendu la face contre terre les bras en croix en direction de l’autel, il a demandé « la miséricorde de Dieu et celle de la Fraternité » qui le reçoit en son sein.

    Le prieur a rappelé la signification des gestes de la profession hérités de la tradition médiévale, quand le religieux prononce, en mettant ses mains dans celle du supérieur posées sur le livre des Constitutions, la formule : « Moi, fr. Joseph, je promets obéissance à Dieu, à la Bienheureuse Vierge Marie, au Bienheureux Dominique et à vous mon Père, etc. »

    Simplicité et noblesse de cet engagement, qui lie au service de Dieu et des âmes une vie tout entière.

    Pendant la messe, le ciel s’est ouvert, le soleil est entré par les grandes baies du sanctuaire : comme un sourire de Dieu qui se réjouit du sacrifice d’un de ses fils.

    Sermon du Père de Blignières pour la profession perpétuelle du frère Joseph-Marie Gilliot :

  • Le regard de Benoît XVI sur la Première Guerre mondiale

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    La Première Guerre mondiale selon Benoît XVI
     

    Charles 1er de Habsbourg et son fils, Otto

    De Massimo Introvigne (31-05-2013) sur La Bussola, la traduction du site "Benoît-et-moi" :

    Voici l'exposé, intitulé «La Première Guerre mondiale dans le magistère de Benoît XVI», fait par Massimo Introvigne lors de la conférence «Le Bienheureux Charles de Habsbourg et l'Europe», organisé pour le 65e anniversaire de la rencontre entre le Président du Conseil italien Alcide de Gasperi et le ministre français des Affaires étrangères Georges Bidault. 

    * * *

    Benoît XVI a mis au centre de son Magistère une interprétation théologique de l'histoire. Comme il l'a expliqué dans l'homélie du 16 Octobre 2011 dans le cadre de la messe pour la nouvelle évangélisation, «la théologie de l'histoire est un aspect important, essentiel de la nouvelle évangélisation, parce que les hommes de notre temps, après la saison néfaste des empires totalitaires du XXe siècle, ont besoin de trouver un regard d'ensemble sur le monde et sur le temps, un regard vraiment libre ».

    La théologie de l'histoire permet également d'identifier les causes de la dramatique crise de l'Europe, un autre thème cher au pape Ratzinger. 

    Ces causes sont multiples, mais Benoît XVI est souvent revenu sur un événement fondamental, la Première Guerre mondiale. Certes, avant aussi, il y avait des guerres terribles, mais la Grande Guerre de 1914-1918 représente une sinistre nouveauté non seulement pour la première utilisation massive d'armes de destruction de masse - tels sont considérés, encore aujourd'hui, les gaz asphyxiants - mais aussi parce que l'on y théorise et pratique la séparation entre la guerre et la morale. 

    Cette séparation est également évidente dans l'attaque - qui n'avait jusque-là que quelques précédents - des monuments historiques, y compris les églises, notamment la cathédrale de Reims, un événement sans précédent qui a causé une énorme émotion dans le monde entier.

    Dans le premier de ses messages pour la Journée mondiale de la Paix, celui pour la XXXIXe Journée célébrée le 1er Janvier 2006, Joseph Ratzinger lie au drame de la Première Guerre mondiale, le choix même du nom de Benoît XVI. 

    «Le nom de Benoît, que j'ai a choisi le jour de l'élection à la Chaire de Pierre, est un signe de mon engagement convaincu en faveur de la paix. Je voulais évoquer fois à la fois le Saint Patron de l'Europe, inspirateur d'une civilisation de la paix sur l'ensemble du continent, et le pape Benoît XV [1854-1922], qui condamna la Première Guerre mondiale comme un "massacre inutile" et œuvra pour une reconnaissance par tous des exigences élevées de la paix».

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