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liturgie

  • Belgique, le 15 novembre, fête du Roi: Domine salvum fac Regem

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    Ci-dessous la Prière pour le Roi telle qu’on peut encore l’entendre chanter (chaque dimanche après la grand’messe) dans l’une ou l’autre église du royaume de Belgique…

    Domine salvum fac regem nostrum [Philippum] /et exaudi nos in die qua invocaverimus te.

    Domine exaudi orationem meam/ Et clamor meus ad te veniat  

    Seigneur, protège notre Roi [Philippe] / et exauce-nous le jour où nous t’aurons invoqué

    Seigneur écoute ma prière/ Et que mon cri parvienne jusqu’à toi.

    En plain-chant tel qu’on l’interprétait avant la réforme de Solesmes :

    ou sous la forme d’un motet de Marc-Antoine Charpentier:

     JPSC

  • A propos de l'emploi des langues dans la liturgie

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    mag_108_02-page-001.jpgLu dans le magazine trimestriel "Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle" (livraison de l'automne 2018)

    "Que la langue du culte se distingue de celle de la vie courante est un phénomène sinon universel, du moins largement répandu dans beaucoup de liturgies.

    Cela était déjà vrai dans l’Antiquité païenne : à Rome, du temps d’Auguste, des collèges sacerdotaux comme les danseurs saliens ou les frères arvales conservaient pieusement des « carmina » dans une langue devenue archaïque. On ne les chantait pas moins. A la même époque, dans les synagogues juives, la Loi était lue en hébreu, langue alors tombée en désuétude, quitte à être traduite ou expliquée en araméen ou en grec. Jusqu’à un certain point, cela reste encore vrai de nos jours dans l’orthodoxie, avec l’usage du slavon ou du grec ancien et dans le catholicisme occidental avec le latin dont le concile Vatican II pose en principe que, sauf cas particuliers,  l’usage sera conservé dans les rites (constitution « Sacrosanctum Concilium », art. 36. 1).

    Mais pourquoi ? Par tendance, une liturgie est normalement conservatrice. Parce qu’elle est le lieu de la vérité qui ne varie pas. Modifier le rite, a fortiori la langue qui en est le caractère le plus marquant, pose la question du respect du sens, de la fidélité, dans un domaine par hypothèse délicat : celui de l’acte qui, dans le culte chrétien en tout cas, relie à l’absolu de Dieu. C’est une première explication mais, s’agissant du latin, il y en a d’autres, liées au contexte historique et, d’une manière générale, à la culture catholique.

    Des premiers temps à l’époque patristique

    Au fond, dans la liturgie chrétienne, les « distanciements » du langage quotidien ont existé dès l’origine. Lorsque le Christ institue l’Eucharistie au soir du Jeudi Saint, il le fait dans le contexte d’un rite juif, en araméen sans doute mais encadré par des psaumes hébraïques, c’est-à-dire dans une langue morte depuis le retour de l’exil à Babylone (538 av. J.-C.).

    Gagnant l’empire romain, le christianisme célébrera d’abord en grec : parce que celui-ci est  accessible aux nouveaux convertis, alors issus en majorité de la partie orientale de l’empire? Peut-être, mais surtout parce que le grec est, à la mesure du monde hellénistique, la langue de culture universelle susceptible d’exprimer avec exactitude la foi et les raisons de croire, mieux qu’aucun des dialectes de la Romania.  Depuis le IIe siècle avant notre ère, cette langue y exerce en effet une emprise intellectuelle que ne diminue pas l’éclat de la littérature latine dans les siècles suivants : à l’époque de Virgile et de Cicéron, de la bouche des maîtres d’école, les enfants des citoyens de Rome apprennent d’abord le grec. Et, cent ans avant le Christ, à Alexandrie, les savants juifs ont aussi achevé un tour de force : transposer en grec les concepts de la bible hébraïque. C’est la version dite « des Septante », qui ouvre la voie de la fusion ultérieure du message chrétien, de forme originairement sémitique, dans la pensée hellénique.

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  • L'Académie de Chant Grégorien à Liège. Une offre qui s'élargit encore pour un nouveau cycle: de novembre 2018 à mai 2019

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     Encore quelques jours pour s'inscrire !

    église du saint sacrement Liège GOPR0645.JPGL’académie de chant grégorien à Liège organise, du 14 novembre 2018 au 25 mai 2019, un nouveau cycle de cours : une offre dédiée au chant grégorien qui s’élargit à la formation de la voix, à la lecture musicale et à l’initiation à l’orgue liturgique, avec trois professeurs universitaires ou diplômés des conservatoires tant belges qu’étrangers. Encore quelques jours pour s’inscrire !

    Les formations se donnent toutes dans les locaux de l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132, 4000 Liège). Elles sont diversifiées et cumulables : chaque élève compose le « menu » de son choix en remplissant le formulaire d’inscription disponible sur simple demande.

    Renseignements : academiedechantgregorienliege@proximus.be, sur le site www.gregorien.be  ou chez Jean-Paul Schyns (secrétariat), tél 04.344.10.89. Pour les inscriptions en ligne : www.gregorien.be

    cliquer sur les images ci-dessous pour les agrandir

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  • "C'est de la liturgie d'hier que nous avons reçu la foi, qui nous a donné notre vocation, qu'ont connue tant de martyrs."

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    De la Lettre de Paix liturgique 667 du 6 Novembre 2018 :

    CARDINAL ZEN : " C'EST DE LA LITURGIE D'HIER QUE NOUS AVONS REÇU LA FOI, QUI NOUS A DONNE NOTRE VOCATION , QU'ONT CONNUE TANT DE MARTYRS"

    Nous vous proposons aujourd’hui le texte du message en forme d’entretien qui a été adressé par le cardinal Zen aux participants des Rencontres Summorum Pontificum, qui se sont tenues à Rome, le vendredi 26 octobre, dans le grand amphithéâtre de l’Augustinianum, l’Institut pontifical d’études des Pères de l’Eglise.

    Le cardinal Joseph Zen, archevêque émérite de Hong Kong, est un très valeureux défenseur de la foi catholique en Chine, et plus généralement de la liberté du peuple chinois contre l’oppression communiste. Il avait été vraisemblablement nommé cardinal in pectore, en secret, par Jean-Paul II. Il a, en tout cas, été officiellement revêtu de la pourpre romaine, par Benoît XVI, en 2006.

    Dans ces dernières années, il a manifesté sa ferme opposition aux préparatifs d’un accord  entre le Saint-Siège et le régime communiste chinois , avertissant : « Dans notre acceptation des dispositions de Rome, il y a une limite, celle de la conscience. Nous ne pouvons pas suivre cet éventuel accord dans ce qui semble à la conscience manifestement contraire à la foi catholique authentique ». Et lorsque l’accord a été signé, le 22 septembre 2018, accord dont on ne connaît pas encore la teneur précise, mais dont tout laisse penser qu’il sacrifie les évêques, de l’Eglise dite « souterraine », qui n’ont jamais voulu s’intégrer à l’Eglise contrôlée par les communistes, dite « Eglise patriotique de Chine », ou « Association patriotique des catholiques chinois », le cardinal a demandé la démission du Cardinal Parolin, Secrétaire d’Etat, l’accusant de « vendre l'Eglise catholique au gouvernement communiste ».Nous retiendrons particulièrement de cet entretien les derniers mots du cardinal à propos de la liturgie traditionnelle  "La liturgie antique peut faire du bien même à ceux qui ne la fréquentent pas régulièrement, car elle est une nourriture pour l'âme".

    Éminence, quels souvenirs avez-vous de la messe tridentine durant votre enfance à Shanghai ? 

    Nous ne pensions pas alors qu'il pouvait y avoir une autre manière d'assister à la messe. La messe était celle-là… Quand j'étais enfant, chaque jour j'allais à la messe et je l'ai servie jusqu'à l'âge de 12 ans. Le dimanche, mon père m'emmenait avec lui à cinq messes, et je ne me suis jamais ennuyé. En fin de compte, on savait ce qui se déroulait. Même si elle était célébrée en latin, on comprenait de quoi il s'agissait.

    Pour nous, Chinois, l'atmosphère mystique que nous y trouvions était très appréciée et jamais je n'ai trouvé de difficultés pour suivre la messe.

    Après, quand je suis devenu un peu plus grand, j'ai pris connaissance du mouvement liturgique en faveur de l'utilisation de la langue vernaculaire dans la liturgie et j'ai pensé que c'était une chose raisonnable. Je réussissais ainsi à mieux connaître la messe en latin grâce aux traductions. On pouvait aussi lire les lectures, qui, d'ailleurs, étaient les mêmes pendant toute la semaine, tandis que maintenant il y a beaucoup  de variété.

    Certes, le concile a accepté la langue vernaculaire, mais ce n'est pas une raison pour mépriser les usages antérieurs.

    Je me souviens quand je suis allé enseigner dans le séminaire de Shanghai. J'y ai célébré ma première messe selon le rite postconciliaire. J'ai prononcé le sermon ; la messe était celle de saint Jérôme et l'évangile disait que le scribe « est semblable au maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien* ». J'ai donc dit aux séminaristes : « Aujourd'hui, nous commençons à pratiquer cette nouvelle forme liturgique : faites en sorte de l'apprendre. Un jour viendra où vous en serez le célébrant principal et un peu après ce sera à vous de prononcer le sermon mais il ne faut pas penser que le passé est mauvais ! C'est de la liturgie d'hier que nous avons reçu la foi, celle elle qui nous a donné notre vocation, c'est elle qu'ont connu tant de martyrs : par charité, apprenez ce qui est nouveau mais ne méprisez pas le passé ! »

    Je ne tolère pas quand quelqu'un, en enseignant des choses nouvelles, se moque des choses du passé. Il ne s'y trouve pas des choses ridicules mais plutôt des trésors.

    Quel est votre souvenir du pape Benoît, le pape du Summorum Pontificum ? 

    Il est fantastique. Benoît est un grand homme. Avant tout un grand théologien etje dirais même un mystique. Quand il parle, quand il écrit, on trouve dans son enseignement des accents merveilleux. Par exemple, lors de la lettre adressée à la Chine, il y a eu des brouillons et nous avons donné nos opinions, etc. mais il a lui aussi ajouté une note personnelle. À un moment donné, il met en avant le livre de la Révélation, l'Apocalypse, où l'on parle d'un livre scellé. Il y a sept sceaux et personne ne réussit à l'ouvrir. C'est le livre de l'Histoire. Lors de cette vision, saint Jean pleura : « Qui réussira à ouvrir ce livre ? » Voilà l'agneau immolé qui arrive et lui seul parvient à ouvrir le livre. Ce qui veut dire que nous ne réussissons à comprendre l'Histoire qu'à partir de Jésus Crucifié. C'est une méditation fantastique.

    Je dis que c'est un Pape qui n'a qu'un seul défaut : il est trop bon, trop humble, trop patient, il a trop de répugnance à exercer son autorité, mais on peut l'excuser au vue de toutes ses extraordinaires qualités, on peut lui pardonner ce défaut. Malheureusement, quelques-uns ont abusé de cette bonté.

    Ce message s'adresse aux participants du pèlerinage à Rome du peuple Summorum Pontificum : auriez-vous un conseil pour eux ?

    Je me réjouis du fait que dans l'Église il y ait tant de monde, et beaucoup de jeunes, qui apprécient les trésors de la liturgie antique de l'Église. Je me réjouis car il s'agit vraiment d'un trésor qu'au moins une partie de l'Église apprécie et cherche à maintenir pour le bien de tous. La liturgie antique peut faire du bien même à ceux qui ne la fréquentent pas régulièrement, car elle est une nourriture pour l'âme.

  • Credo : “De même nature” : c’est fini !

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    Lu sur le site web « riposte catholique » :

    concile de nicée Nicaea_icon.jpgA l’occasion de l’Assemblée plénière des évêques de France, à lourdes, une nouvelle traduction du Missel romain va être publiée. Après la révision du Pater voici celle du Credo. Mais cette-fois, c’est un retour à l’ancienne traduction et non un nouveau bricolage. Mgr Guy de Kerimel, évêque du diocèse de Grenoble et président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle, déclare :

    “C’est un processus assez long. Nous avions fait en mars 2017 le dernier vote après les allers-retours entre les évêques et la commission de traduction, entre les évêques et Rome. Et puis le Motu Proprio du pape sur la liturgie est arrivé. Nous nous sommes dits qu’il fallait faire une relecture à partir des critères que donne le Motu Proprio : fidélité au texte latin, à la langue vernaculaire, à la compréhension des fidèles”.

    “Il y a eu quatre sessions de relecture avec une équipe d’évêques francophones puisque cela relève de la commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques. Fin juillet, ils ont travaillé et ils nous ont donné ce texte que j’ai diffusé aux évêques français à la fin du mois de septembre, avant l’Assemblée, pour qu’ils aient le temps de le lire, pour que nous puissions faire un vote supplémentaire sur cet ultime texte. Nous sommes les derniers à voter”.

    “Il y a eu une nouvelle édition typique en 2002. Nous ne sommes pas en avance. Elle a été revue en 2008. Rome nous demande de réadapter nos missels à cette nouvelle édition typique qui est la norme. Il y a un travail à faire de traduction. Il faut reprendre les choses. Un document du pape Jean-Paul II invitait à une traduction fidèle, quasi-littérale. Et le Motu Proprio du pape François a redonné un peu de souplesse. C’est un texte très riche théologiquement qui doit nous aider à entrer dans le mystère de l’Eucharistie”.

    “La liturgie doit être un lieu d’évangélisation. Une liturgie bien vécue, bien préparée, intériorisée, joyeuse mais de manière intérieure doit être une vraie rencontre du Christ dans son Eglise. On le perçoit à certaines messes où nous sentons que nous nous recevons de plus haut que nous, que celui qui nous a convoqué est là. C’est cela la liturgie”.

    “Il n’y a pas de choses d’ampleur. Dans le Credo par exemple, nous ne dirons plus “de même nature que le Père”, mais “consubstantiel au Père”. Une formule plus affinée sur le plan théologique. Il y a une pédagogie à déployer, une introduction à ces mots. Chaque mot est soupesé. Ce qui est nouveau, c’est sans cesse de faire une catéchèse sur la liturgie. Il y a toute une démarche spirituelle”.

    “Pour le Missel, il y a des petites choses dans les réponses qui vont changer. Cela nous oblige au fond à ne pas célébrer par habitude, cela va nous obliger à revenir au sens profond. Et ça c’est bon. Quand on change de tradition, cela nous bouscule. Il faudra bien une bonne année pour se réhabituer”. “Ce texte va partir à Rome. Nous allons demander la confirmation à Rome. Et si Rome répond rapidement, cela pourrait être pour le temps de l’Avent 2019”.

    La traduction du Fils “de même nature” que le Père avait provoqué une controverse dans les années 1960, avec notamment Etienne Gilson, Jacques Maritain, avec la mise au ban du premier, désormais considéré comme un intégriste…

    « Je suis maintenant considéré comme rétrograde, écrivait Gilson, parce que “nature” est de gauche tandis que “substance” est de droite » . « Après avoir pu écrire dans Sept, résumait pour sa part un de ses amis dominicains, vous n’avez plus que la France catholique –j’imagine mal la Croix acceptant vos papiers sur les traductions. Autant vous dire que cela vous a fait classer parmi les “intégristes”. Cela vous permettra de rêver, car peu de mots évoluent avec une telle rapidité » .

    Ce que pointait Jacques Maritain (et, avec lui, beaucoup d’autres catholiques), ce n’est pas que la traduction « de même nature » est fausse; c’est qu’elle est incomplète. En latin, comme en grec, la profession de foi du concile de Nicée affirme que le Fils est « consubstantiel » au Père. Or, cela désigne une unité beaucoup plus forte que le « de même nature ». Un père et un fils humains sont « de même nature »: ils partagent la même nature humaine, mais ils sont évidemment deux hommes bien distincts. Le Père et le Fils (et, d’ailleurs, le Saint-Esprit aussi), quant à eux, non seulement partagent la même nature divine, mais sont un seul Dieu. Si le Père et le Fils étaient de même nature, mais non consubstantiels, les musulmans auraient raison de croire que les chrétiens sont polythéistes. Mais, c’est faux: nous croyons en un seul Dieu (c’est même comme cela que commence notre profession de foi).

    Saint Athanase et saint Hilaire, déjà !, se sont battus contre une traduction assez proche, sur le fond, de ce « de même nature ». C’était une traduction « de compromis », qui cherchait à mettre d’accord ceux qui pensaient que le Fils était co-éternel au Père, tout-puissant comme le Père, etc. (c’est-à-dire les défenseurs de la foi chrétienne) et ceux qui pensaient qu’Il était inférieur au Père: on disait alors que le Fils était homoiousios (de substance semblable) au Père. Alors que la fois chrétienne affirme qu’Il est de même substance (homousios, sans iota). Comme le « de même nature » n’est pas faux, mais gravement incomplet, ce « de substance semblable » n’était pas faux, mais gravement incomplet.”

    Aux Etats-Unis, ce retour au consubstantiel s’est fait en 2009… Mgr de Kerimel a raison de souligner que nous ne sommes pas en avance… Notons que les pratiquants de la forme extraordinaire du rite romain en sont toujours resté au consubstantialem… Les traditionalistes en avance sur la CEF?…

    Ref. “De même nature” : c’est fini ! 

    Ainsi donc, Jésus n’est pas seulement le fils de Dieu mais Dieu le Fils et les Personnes de la Sainte Trinité sont bien un seul et même Dieu : nous pouvons réapprendre à proclamer clairement dans la traduction française du Credo de Nicée-Constantinople ce que celui-ci professe (en grec et en latin) depuis le IVe siècle. Question : dans combien de paroisses la récitation de ce Credo est-elle encore en usage à la messe ?

    JPSC

  • Le coup de gueule d'un curé français

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    Du site "Riposte catholique" :
     
    France : le cri d’un curé de campagne

    *

    Dans quelques mois, j’entrerai dans ma trentième année de sacerdoce dont vingt-cinq comme curé de paroisse. Certains de mes confères (ceux qui sont encore dans le sacerdoce !) fêtent cet anniversaire, d’autres le boudent… Mais au-delà de cette  herméneutique, il me semble que l’Église est en faillite, du moins dans nos pays de vieille chrétienté, dont la France. Lors de mon ordination dans les années quatre-vingts, les pseudo ténors des séminaires et des évêchés se voulaient rassurants en clamant haut et fort : « le creux de la vague est atteint, nous remontons… » Eh bien non !

    La population a décroché massivement de la pratique religieuse. La jeunesse lui a tourné le dos, malgré les grands rassemblements des JMJ, ou de quelques réunions diocésaines ou interdiocésaines. Les vocations sacerdotales tendent à se raréfier et même à disparaître dans de nombreux diocèses. En raison de la moyenne d’âge du clergé, la population sacerdotale, en nombre déjà insuffisant pour assurer le soutien spirituel des quelques fidèles qui n’ont pas abandonné le navire, va continuer de fondre dans les années à venir et à un rythme de plus en plus soutenu, d’autant plus que les «récents» scandales laminent le fond.

    Cet effondrement du tissu ecclésial français s’explique par une double cause :

    • d’abord, les changements sociétaux des “Trente Glorieuses” ;

    • ensuite, la pastorale des années soixante-dix menée tambour battant par l’immense majorité du clergé avec les fameux cantiques « il est formidable d’aimer » ou bien « Main ! Main! Main ! dans la Main » et j’en passe des plus croustillants tel « Jésus-Christ plus jamais ne sera mort » ; cette pastorale a encouragé et très probablement accéléré l’effondrement au lieu de tenter de le contenir.

    La situation actuelle, tout en étant complexe dans le détail, est pourtant limpide dans ses grandes lignes : toutes les institutions, paroisses, communautés qui ont adopté cette pastorale des années soixante-dix sont aujourd’hui de ce fait condamnées à disparaître à plus ou moins court terme.

    À cette règle, il n’existe quasiment pas d’exception.

    Parallèlement à cette situation, un certain nombre de faits objectifs doivent être relevés :

    • 25 % des ordinations en France s’effectuent aujourd’hui selon la “forme extraordinaire” du rite romain. Il est vrai que, paradoxalement, les évêques acceptent plus facilement cette “forme extraordinaire”, qu’ils considèrent sans avenir, que la “forme ordinaire” bien célébrée qui ferait ombrage à leur pastorale liturgique défaillante.

    • Bien que cette réalité soit difficilement quantifiable, il apparait clairement qu’une majorité des jeunes prêtres sortant actuellement des séminaires diocésains refusent de suivre leurs aînés dans la pastorale ultra progressiste qui règne encore au sein des diocèses et des paroisses. Ils demeurent cependant persécutés.

    • Le séminaire de la Communauté Saint-Martin, l’un des rares séminaires de France à ne pas connaître la crise, s’est imposé en quelques années comme la première maison de formation sacerdotale du pays ; il se trouve que ce séminaire est à peu près le seul à avoir appliqué fidèlement les directives et les intuitions du concile Vatican II, dans un esprit de continuité et non de rupture.

    • Le pèlerinage de Pentecôte de Paris à Chartres, attaché à la “forme extraordinaire” du rite romain, connaît une affluence croissante, en particulier dans la jeunesse, et s’est imposé en quelques années comme le premier pèlerinage organisé en France et même de toute l’Europe occidentale.

    • Les communautés religieuses et monastiques restées fidèles à la Tradition de l’Église (Solesmes, Kergonan, Flavigny, le Barroux, Fontgombault, les chanoines de Lagrasse, la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, etc.) sont quasiment les seules à attirer des vocations ; certaines de ces communautés connaissent même un succès tel qu’elles devront probablement essaimer dans les années à venir.

    De cet ensemble de faits indéniables, il ressort qu’aujourd’hui, en France, en 2018, il y a une Église qui vit et se développe et une Église qui meurt.

    • Ceux qui dans les années 1970 nous expliquaient que la Tradition de l’Église pouvait être abandonnée sans tort pour l’Église se sont trompés ;

    • Ceux qui nous expliquaient que l’habit distinctif du prêtre ou de la religieuse, qu’une liturgie et une spiritualité traditionnelles, que le chant grégorien, que le sens du sacré, du silence et de la contemplation n’intéressaient plus la jeunesse et devaient être remisés au grenier se sont lourdement trompés et nous ont trompés.

    • Nos évêques sont actuellement plus préoccupés par les finances de leur diocèse que de l’évangélisation ; et leurs économes diocésains gèrent l’Église particulière comme une véritable entreprise commerciale au centime près. Ces laïcs en mission (avec un bon salaire) prennent les curés pour de simples manutentionnaires de cierges ou de dispensateurs de bénédictions.

    « Mal qui répand la terreur,

    Mal que l’épiscope en sa fureur,

    Inventa pour punir les curés de la terre,

    Le Fric (puisqu’il faut l’appeler par son nom)

    Capable d’enrichir la curie diocésaine

    Faisait aux ministres du culte la guerre » (d’après La Fontaine)

    • Les vicaires généraux, ou ces prêtres opportunistes, porte-voix de leur supérieurs sont inodores (pour la plupart) et sans saveur, heureux d’être à la droite et à la gauche de la mitre pour les honneurs (mais non pour le travail), surtout quand un beau liseré violet vient s’ajouter à leurs plus beaux habits de chœur ou leur carte de visite, « ecclésiastique quand tu nous tiens !!! »

    « Définis la cour un pas où les gens,

    Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,

    Sont ce qu’il plaît au prince, ou, s’ils ne peuvent l’être,

    Tâchent au moins de le paraître ;

    On dirait qu’un esprit anime mille corps;

    C’est bien là que les gens sont de simples ressorts… » La Fontaine

    La simple constatation des faits et des tendances actuelles à l’œuvre au sein de l’Église de France suffit à le démontrer.

    Face à cette situation, l’attitude d’une majorité d’évêques – consistant à ne pas voir cet ensemble de faits objectifs et à continuer obstinément à pratiquer cette pastorale délétère (la théorie du comme si… et de ces généraux sans armée) qui conduit à vider les églises en tournant le dos à deux millénaires de christianisme – demeure un défi lancé à la raison et un mystère parfaitement inexplicable.

    L’Église qui est en France entre dans l’agonie du Vendredi Saint, mais pour combien de temps ? Ponce Pilate se lave les mains et combien de prêtres fidèles à la réforme de la réforme vont-ils encore vivre l’épuration du Goulag épiscopal ?

    Dans tous les cas, redisons-nous que la vérité triomphe toujours, et c’est en soi une bonne Nouvelle ! Reste à savoir quand  et à quel prix ?

    Je ne saurais trop inviter les fidèles chrétiens à prier Marie comme le préconise notre pape François.

  • « Le champion du saint Nom de Jésus, le chef des armées catholiques contre les infidèles. » (23 octobre)

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    StCapestrano.jpg23 octobre : SAINT JEAN de CAPISTRAN - Prêtre franciscain - (1386-1456)

            Jean, né à Capistrano, dans l'Abruzze, était fils d'un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d'Anjou, devenu roi de ce pays. Après ses humanités, il fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. On le pourvut d'une place de judicature, et un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui donna sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s'évanouirent ces flatteuses espérances.

             Dans une guerre contre le roi de Naples, la ville de Pérouse le soupçonna de prendre le parti de ce prince ; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Sur ces entrefaites sa femme étant morte, il résolut de ne plus servir que Dieu.

             Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les Franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. Le gardien, craignant que cette vocation ne fût l'effet d'un dépit passager plutôt que d'un mouvement de la grâce, voulut l'éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d'un mauvais habit et la tête coiffée d'un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne lui coûtèrent plus.

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  • De l’abbaye de Preuilly à l’abbaye de Fontenay : 900 ans d’histoire cistercienne

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    Pourquoi la transmission historique et spirituelle peut ressourcer notre société et l’Eglise : tel est l’objet du reportage réalisé par KTO sur les 900 ans de l’abbaye de Preuilly dans lequel figure aussi un passage sur les 900 ans de l’abbaye de Fontenay, anniversaire auquel participait un groupe de choristes issu notamment de l’académie de chant grégorien de Belgique (voir vers la 30ème minute de l’émission) :  

    JPSC

  • Le versant traditionnel du pontificat de Paul VI

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    "La Lettre de Paix liturgique", lettre 664 du 10 Octobre 2018

    LA FACE TRADITIONNELLE DE PAUL VI

    Paul VI, pape-Janus, à deux visages ? Sa prochaine canonisation le dimanche 14 octobre 2018 soulève des réactions diverses, comme plus généralement les béatifications et canonisations très rapides de tous les papes qui ont présidé ou qui ont succédé au concile Vatican II. Nous n’avons pas la compétence pour entrer dans ces discussions, ni dans celles concernant l’autorité de ces canonisations à marche forcée. 

    En revanche, nous voudrions donner notre sentiment sur le jugement assez courant qui classe et oppose les papes du Concile et de l’après-Concile, en « libéraux » (Paul VI, le Pape François), d’une part, et en « restaurationnistes » (Jean-Paul II, Benoît XVI), d’autre part. Les choses nous paraissent autrement complexes, spécialement en ce qui concerne Paul VI.

    Sans doute a-t-il présidé un concile qui a apporté dans l’Eglise un bouleversement dont plus personne aujourd’hui n’ose affirmer qu’il a été un merveilleux « printemps ». Sans doute est-il le pape qui a promulgué des textes fondateurs de doctrines particulièrement novatrices comme celle de l’œcuménisme. Sans doute – et cela nous est particulièrement sensible – est-il l’homme d’une réforme liturgique, que nous qualifierions plus volontiers de révolution.

    Et cependant, il est aussi l’auteur d’une série de textes en sens opposé qui, à notre avis, lui mériteraient tout autant que Jean-Paul II, la qualification de pape de « restauration », ce qui, par la même occasion, permet de préciser la compréhension ambivalente de ce terme qui tire son origine du thème développé par le cardinal Joseph Ratzinger dans son Entretien sur la foi de 1985.

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  • Du silence de l'âme unie à Jésus au silence de Dieu dans sa gloire...

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Cardinal Sarah : Le chant grégorien, 
    du silence de l'âme unie à Jésus au silence de Dieu dans sa gloire

    Rédigé par Son Eminence le Cardinal Robert Sarah le  dans Religion

    Cardinal Sarah : Le chant grégorien, <br>du silence de l'âme unie à Jésus au silence de Dieu dans sa gloire

    Les 22 et 23 septembre derniers, à l’occasion de l'Assemblée Générale de l'association Pro Liturgia (association fondée en 1988 qui milite pour l’application exactes des décisions du Concile Vatican II) dans l'Ain, Son Éminence le Cardinal Robert Sarah a adressé aux membres un message de reconnaissance et d'encouragement. À cette occasion le Cardinal a développé un élément essentiel du chant grégorien et qui peut sembler paradoxal : le silence sacré. Afin de faire profiter nos lecteurs de cette réflexion nous vous publions le texte complet ci-dessous :

    Chers amis de l’association Pro Liturgia,

    Je suis heureux de vous adresser ce message d’encouragement et de reconnaissance à l’occasion de votre Assemblée Générale. En vous assurant de ma prière aux intentions qui vous sont chères, je profite volontiers de cette opportunité pour exprimer ma profonde gratitude à votre président, M. Denis Crouan et, par son entremise, à chacun d’entre vous pour votre détermination, malgré les obstacles qui jalonnent votre engagement, à défendre et à promouvoir la liturgie en langue latine de la forme ordinaire du Rite romain. Cette défense ne doit pas être menée avec des armes de guerre, ou avec la haine et la colère dans le cœur, mais au contraire « revêtons la cuirasse de la foi et de la charité, avec le casque de l’espérance du salut » . Que Dieu bénisse vos efforts si méritants et qu’il les rende toujours plus fructueux !

    Je voudrais que nous réfléchissions ensemble sur l’un des éléments essentiels du chant grégorien, à savoir le silence sacré. Cela peut paraître paradoxal, mais nous allons voir que si le chant grégorien, que vous défendez et promouvez avec ardeur, est si important, c’est en raison de sa capacité irremplaçable de nous introduire dans le silence de la contemplation, de l’écoute et de l’adoration du Dieu vivant. Du silence de l’âme unie à Jésus au silence de Dieu dans sa gloire : tel est le titre de ce bref message qui vous apporte mon amitié et mon soutien. En effet, nous allons voir que le chant grégorien et sa parure visible et splendide, le manuscrit enluminé du livre liturgique, naît du silence et conduit au silence.

    Le chant grégorien comporte un double fondement indissociable : la Sainte Ecriture, qui constitue la trame de la prosodie, et la cantillation. Il est établi que, à l’ombre des cloîtres et dans la méditation silencieuse de la Parole de Dieu, les moines bénédictins ont élaboré, au fil des siècles, et pour les besoins de la prière de l’Office Divin chanté en commun, le phrasé cantillatoire pour chaque verset de la Bible qu’ils devaient proclamer, à commencer par les Psaumes. Il s’agissait de revêtir la Parole très sainte de Dieu, si délicate et subtile à l’ouïe et à la vue, cette double porte de l’âme, du parement très humble d’une mélodie à la fois dépouillée, élégante et raffinée de caractère modal qui respecte le rythme de la prosodie. L’ouïe, et aussi la vue, dis-je. En effet, le moine chante et il contemple ce qu’il psalmodie : des premiers manuscrits médiévaux aux incunables des premières années de la Renaissance, qui précédèrent l’apparition de l’imprimerie (la Bible de Gutenberg date de 1455), les psautiers, les antiphonaires, puis les lectionnaires et les évangéliaires se sont progressivement couverts d’ornements et d’enluminures. Les lettres ornées utilisées pour les titres des ouvrages et des divisions principales reçurent les formes les plus variées : ornements gothiques, armoiries, initiales en or… Elles représentaient des personnages de l’époque aussi divers que le laboureur, l’artisan, le ménestrel, la châtelaine filant la laine à l’aide du rouet, mais aussi des plantes, des fruits, des animaux : oiseaux multicolores s’élançant vers le ciel, poissons dans l’onde bienfaisante de la rivière… La salle où se tenaient les moines copistes portait le nom de « scriptorium ». Comme le chant grégorien, au cours de sa lente et patiente éclosion, le travail des copistes était le fruit de leur méditation silencieuse, car ils devaient travailler en silence et en lien intime avec Dieu ; c’est pourquoi, pour qu’ils ne fussent pas dérangés, seuls l’abbé, le prieur, le sous-prieur et le bibliothécaire avaient le droit d’entrer dans leur salle. C’était le bibliothécaire qui était chargé de leur indiquer ce qu’ils devaient transcrire, et de leur fournir tous les objets dont ils pouvaient avoir besoin.

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  • Sub tuum praesidium

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    L’antienne « Sub tuum praesidium confugimus » (nous nous réfugions sous ta protection) que le pape François nous invite à chanter durant ce mois d’octobre est l'une des plus anciennes prières adressées à Notre-Dame (son texte a été retrouvé en grec sur un papyrus égyptien daté du IIIe ou du IVe siècle). Elle est employée dans  les rites tant romain (ci-dessus) et ambrosien que byzantin ou copte.   

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  • Tallin : Messe grégorienne votive du Saint-Esprit pour l’accueil du pape François en Estonie

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    Belle prestation chorale, simple et très bien chantée, des voix claires sans fioritures maniéristes (25 septembre 2018). L’emploi du latin, langue officielle de l'Eglise consubstantielle au plain-chant, unissait aussi de la sorte un pape et une communauté ignorant, l'un et l'autre, la langue vernaculaire de leur interlocuteur .  

    JPSC