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Débats - Page 4

  • Limiter l'avortement en interdisant de le pratiquer sur des foetus dont les battements cardiaques sont décelables ?

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    OHIO : UNE PROPOSITION DE LOI POUR INTERDIRE LES AVORTEMENTS DE FŒTUS DONT LES BATTEMENTS CARDIAQUES SONT DÉCELABLES

     de genethique.org

    La Chambre des représentants de l’Ohio a adopté une proposition de loi interdisant les avortements dès lors qu’un battement cardiaque du fœtus est décelable. Le vote a rassemblé 65 voix pour, et 30 contre. Le Sénat devrait voter selon les mêmes proportions. Le gouverneur sortant s’oppose à ce projet de loi mais Mike DeWine qui lui succèdera y est favorable. Christina Hagan, républicaine qui a parrainé la proposition, a expliqué qu’il avait été spécialement écrit pour « défier » Roe contre Wade[1] devant la Cour suprême fédérale.

    Le texte prévoit de punir les avortements sur un fœtus dont le cœur bat comme un crime de cinquième degré, c’est-à-dire d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an et d’une amende de 2500 dollars. 


    [1] Arrêt historique rendu par la cour suprême des États-Unis en 1973 sur la question de la constitutionnalité des lois qui criminalisent ou restreignent l'accès à l'avortement.

    Source : Bioedge (17/11/2018)
  • Quand des féministes quittent l'Eglise en claquant la porte...

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    Six féministes suisses-alémaniques quittent l'Église catholique

    à lire ici : https://www.cath.ch/newsf/six-feministes-suisses-alemaniques-quittent-leglise-catholique/

  • Ce qu'il advient aujourd'hui des catholiques chinois restés fidèles à Rome...

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    Lu ICI

    Après ce triste et scandaleux accord entre le Vatican et la Chine. Pauvres évêques catholiques. Pauvres prêtres catholiques

    Chine : après l’accord entre le Vatican et Pékin, les persécutions s’intensifient

    Quatre prêtres de la communauté clandestine de Zhangjiakou (de la province d’Hebei) sont détenus dans un lieu secret, soumis à un endoctrinement et à un lavage de cerveau pour les forcer à rejoindre l’Association patriotique, noyautée par les communistes et soumise au gouvernement, situation révélée par l’agence Asianews. Souvenons-nous dans nos prières de ces prêtres, abandonnés par Rome à leurs persécuteurs: les pères Zhang Guilin,Wang Zhong, de l’ancien diocèse de Xiwanzi, Zhang He, Su Guipeng de l’ancien diocèse de Xuanhua.

    On le voit, la persécution, loin de s’arrêter après l’accord entre le Saint Siège et Pékin, s’est intensifiée (voir Bulletin 2578.) Pouvait-il en être autrement ? Le pape François a reconnu les évêques schismatiques nommés par le régime, exhortant les héroïques catholiques, persécutés pour leur fidélité à Rome, à rejoindre « L’Eglise patriotique ». Les autorités chinoises n’exigent rien d’autre que ce ralliement en s’appuyant sur cet accord. Auparavant, la violente pression n’était pas moindre mais, depuis la « réconciliation » avec le pape François, les Chinois ont un argument d’autorité à opposer aux catholiques fidèles.

    De fait, plus de 50 jours après la signature de l’accord, le gouvernement chinois a lancé une nouvelle campagne visant à « convertir » les prêtres à l’Eglise patriotique désormais reconnue par Rome. Cela signifie qu’ils doivent participer aux cours organisés par le gouvernement pour s’aligner sur le « Front uni » et subir un lavage de cerveau en matière religieuse. La violence se fait de plus en plus forte pour les contraindre à accepter l’Association patriotique et le principe de « sinisation » lequel implique la rupture avec l’Eglise latine, occidentale, capitaliste.

    Les prêtres dissidents sont contraints par les fonctionnaires du régime à concélébrer avec les évêques officiels dirigés par le gouvernement, puis photographiés. Dans cette vague de « conversion » des prêtres clandestins, le Hebei est la région la plus influencée à cause de ses nombreux fidèles, (plus d’un million de catholiques.)

    Les prêtres que nous évoquons ont été emmenés le 11 octobre par des responsables gouvernementaux pour suivre un cours de « formation » d’une durée de 5/6 jours. Mais cela fait maintenant plus d’un mois que ces prêtres « étudient » et les autres ecclésiastiques comme les fidèles du diocèse sont très inquiets. Le gouvernement avait promis de les libérer le soir du sixième jour, mais le père Zhang a été arrêté peu après une éphémère libération comme le père Wang qui, après quelques jours passés dans la paroisse, a de nouveau été kidnappé.

    Ses proches et ses fidèles sont allés plusieurs fois demander des éclaircissements au gouvernement local. Les officiels répondent: « Zhang voyage, il sera de retour dans quelques jours. » Mais il n’est toujours pas revenu.

    Les fonctionnaires communistes conduisent d’ordinaire les réfractaires à Pékin pour les faire rencontrer plusieurs évêques officiels et les convaincre d’accepter les conditions du gouvernement, de prendre la carte de l’Association patriotique, puis de rallier l’église officielle. Mais les prêtres rejettent cette proposition. Leur conviction s’appuie sur la Lettre de Benoît XVI aux catholiques de Chine (2007) qui interdit la participation à l’Association patriotique. Le pape François n’a pas hésité à désavouer ses prédécesseurs qui avaient tous la même position : Pie XII, Jean XXIII, Jean-Paul II.

    D’autre part, Mgr Shao Zhumin, évêque de Wenzhou, de l’église clandestine, a été arrêté le 9 novembre et emmené « en vacances » (sic) loin de son diocèse pour « dix à quinze jours », comprenez : une période de lavage de cerveau obligatoire et d’endoctrinement. Le Vatican ne proteste pas. Le pape ne dit rien.

    P.R

    (Source: le Bulletin d’André Noël)

  • Turbulences et silences vaticans

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    D'Edward Pentin sur le National Catholic Register en traduction sur le site "Benoît et moi" :

    Un Vatican silencieux dans un temps de crise

    Edward Pentin récapitule tous les récents silences du Pape, et de son entourage, à propos des crises qui secouent l'Eglise et des inquiètudes légitimes des fidèles. (19/11/2018) 

    UN VATICAN SILENCIEUX DANS UN TEMPS DE CRISE

    Le Saint-Siège est devenu de plus en plus muet face aux critiques fréquentes - une approche qui a un effet néfaste sur le Vatican, le pontificat et l'Église.

    Qu'il s'agisse de la crise des abus sexuels, du récent accord historique du Saint-Siège avec la Chine ou des accusations soulevées dans les témoignages de l'Archevêque Carlo Maria Viganò, le Vatican est souvent soumis à un tir de barrage de questions importantes de la part des fidèles désireux d'obtenir des explications et réponses officielles convaincantes.

    Mais en ce moment, la réponse du Vatican à ces demandes est en général obscure ou, plus communément, le silence.

    Quand la Congrégation pour les évêques a émis sa directive non publiée à l'intention des évêques américains réunis à Baltimore cette semaine, leur demandant de ne pas voter sur deux propositions concernant le traitement des abus sexuels du clergé, le Register a contacté six dicastères du Vatican, dont le Bureau de presse du Saint-Siège, pour connaître les motifs de leur décision.

    Aucun n'a répondu, à l'exception du cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, qui a fait une brève déclaration d'une phrase, que la plupart des gens ont estimé ne pas éclaircir de façon satisfaisante les raisons de cette décision.

    Cette tendance à ignorer les questions des médias s'est accrue ces dernières années. Les questions ne sont pas non plus triviales, concernant souvent la survie même d'un groupe particulier de fidèles, ou plus important encore, le bien-être de leur âme éternelle.

    Lorsqu'une controverse éclate sur une question doctrinale, par exemple, le Vatican omet souvent de réaffirmer l'enseignement de l'Église ou de réfuter la substance des revendications. Un exemple a eu lieu en mars de cette année, lorsque des rapports ont fait état d'une interview donnée par le Pape à l'athée Eugenio Scalfari. François aurait nié l'existence de l'enfer et l'histoire s'est répandue rapidement dans le monde entier, mais le Vatican a répondu tardivement, et par une déclaration vague qui n'a pas réussi à réaffirmer l'enseignement de l'Église face à cette affirmation.

    Malgré le - ou certains disent à cause du - récent accord entre le Saint-Siège et la Chine, les autorités chinoises auraient fait subir un lavage de cerveau à quatre prêtres pour qu'ils rejoignent l'église officielle, et pour la cinquième fois en deux ans, l'évêque Shao Zhuyin de Wenzhou a été arrêté. Mais cette semaine, les demandes de commentaires ou de réactions du Vatican sont restées sans réponse jusqu'à présent.

    Le silence n'est pas toujours d'or

    Quelques exemples d'autres requêtes qui sont restées sans réponse incluent une demande de clarification officielle des objectifs du Pape pour le synode panamazonien de l'année prochaine, en particulier en ce qui concerne le célibat clérical; pourquoi le Pape a continué à accorder des interviews à Scalfari, malgré les récits peu fiables de ces interviews par l'homme de 94 ans; pourquoi le document final du récent synode des jeunes contenait très peu de choses sur la morale de l'Eglise; et s'il y a des développements concernant l'enquête du Vatican sur l'Archevêque Theodore McCarrick.

    Ce silence s'étend également au-delà des questions concernant les fidèles et concerne le bien-être du Pape lui-même. Quand l'Archevêque Viganò, lors de son premier témoignage, a demandé à François de démissionner le Vatican est resté silencieux, ne défendant pas le Pape face à une charge aussi forte et n'offrant aucune réaction (la réponse du cardinal Ouellet n'est parue que deux mois plus tard, et c'était en réponse au défi de l'Archevêque Viganò, lors de son deuxième témoignage).

    Le Pape a lui-même répondu aux affirmations de l'archevêque Viganò lorsqu'il a demandé aux journalistes d'enquêter sur la véracité des accusations de l'ex-nonce apostolique - efforts qui naturellement impliquaient la coopération du Vatican - mais le Saint-Siège n'a ni fait de commentaires ni coopéré.

    Au moins cinq raisons possibles expliquent les silences du Vatican et les réponses inadéquates aux médias: il souhaite ignorer les questions controversées sachant que, dans le cycle rapide des nouvelles d'aujourd'hui, elles sont rapidement oubliées; il est incapable de fournir une réponse parce que les fonctionnaires vaticans ne sont pas au courant des raisons qui ont motivé les mesures prises; il ne veut pas être transparent car cela exposerait un programme caché; le Vatican n'est pas en mesure ou ne veut défendre l'injustifiable; ou simplement il ne peut fournir de réponses opportunes et concrètes aux nouvelles controversées provenant du Vatican. (Un truisme romain est de ne jamais sous-estimer au Vatican tout ce qu'on peut mettre sur le compte de l'incompétence).

    Quelle qu'en soit la véritable raison, et c'est peut-être un mélange de tout ce qui précède, le silence et le manque de réponses adéquates aux médias sur de nombreuses questions cruciales ne peuvent qu'avoir un effet néfaste sur le Vatican, le pontificat et l'Église dans son ensemble.

    C'est une vérité des communications sociales que si une institution n'intervient pas pour apporter une réponse officielle véridique et convaincante à une question pertinente, en particulier pendant une crise, alors d'autres viendront combler le vide - et ce sont généralement ceux qui crient le plus fort, et ne sont pas toujours suffisamment informés, qui seront entendus.

    Il n'est donc pas surprenant que certains au Vatican se perçoivent comme fréquemment attaqués et souvent critiqués. En l'absence d'un récit officiel et digne de confiance, les fidèles ne peuvent être blâmés s'ils commencent à croire qu'il n'y en a pas, et que la situation est peut-être aussi mauvaise qu'elle le paraît.

  • Quand les droits de l'homme se réduisent au bon plaisir de l'individu

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    De Nicolas Bauer sur le site aleteia.org :

    Des droits de l’homme réduits à la volonté individuelle ?

    Seul un retour à une vision proche de celle des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, dont on célèbre le 70e anniversaire, pourrait permettre de pérenniser le système de protection des droits humains.

    Certains essais critiques sur les droits de l’homme sont trop simplificateurs : ils refusent de différencier la Déclaration française de 1789 et celle des Nations-unies (ONU) de 1948. Or ces deux textes se distinguent par leurs philosophies respectives. La déclaration révolutionnaire enfermait les droits de l’homme dans la « Nation », supposée émanciper le citoyen de l’autorité divine et de la société. Au contraire, la Déclaration universelle de 1948 découle de l’intention d’après-guerre d’établir un ordre international s’imposant aux États. Celui-ci, fondé sur la primauté de la personne humaine, a fait des droits de l’homme une sorte de morale découlant de la loi naturelle.

    L’omission volontaire du divin

    Dans un essai qui vient de paraître, Les Droits de l’homme dénaturé (Cerf), le juriste Grégor Puppinck montre cependant que la fondation de ce nouvel ordre international est bancale. Directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), l’auteur souligne certaines limites de la Déclaration universelle et des instruments de protection des droits de l’homme qui l’ont suivie. En particulier, ces textes omettent volontairement de faire référence à Dieu comme origine de l’homme et de sa dignité, contrairement à de nombreuses constitutions nationales. Le débat d’après-guerre qui a abouti à ce choix montre que c’était une exigence des États communistes athées.

    Lire aussi : Bertrand Vergely : « Les Lumières nous rendent tranquillement sadiques »

    Cette omission du divin n’a pas été sans influence sur l’interprétation des droits de l’homme. Cela a notamment favorisé une désincarnation de la dignité humaine, qui a progressivement été réduite à l’autonomie et à la volonté individuelles. Cette transformation conduit par exemple certains défenseurs des droits de l’homme à inclure la PMA ou le changement de sexe dans le droit au respect de la vie privée.    

    Droits naturels et antinaturels

    Les universitaires distinguent habituellement plusieurs générations de droits de l’homme, qui peuvent parfois entrer en conflit : civils et politiques, économiques et sociaux, environnementaux… Aujourd’hui, cette classification ne paraît plus pertinente. En effet, l’objectif de l’extension des droits de l’homme n’est plus de sortir les personnes de la pauvreté et de l’ignorance, par exemple par le travail ou l’éducation. Les droits économiques et sociaux sont remplacés par des droits sociétaux, qui visent cette fois à libérer un individu abstrait de la nature humaine. Grégor Puppinck propose une autre typologie de droits : les droits naturels consacrés à l’après-guerre, les droits antinaturels (euthanasie, l’avortement…) et les droits transnaturels émergents (eugénisme, changement de sexe…). Les nouveaux droits de l’homme, qui nient ou redéfinissent sa nature, violent ses véritables droits, par lesquels il s’humanise.  

    Lire aussi : Abbé de Tanoüarn : « Il faut trouver quelque chose de plus grand que la raison »

    Face à cette évolution, illustrée par de nombreux débats d’actualité, il est essentiel de réaffirmer les droits naturels de l’homme. Seule ce retour à une vision proche de celle des rédacteurs de la Déclaration universelle et de la Convention européenne pourrait permettre de pérenniser le système de protection des droits de l’homme. Ces textes eux-mêmes, adoptés par les sociétés chrétiennes d’après-guerre, peuvent être des ressources permettant de contester les dérives actuelles des droits de l’homme. Il est en effet toujours utile de rappeler les instances internationales à leurs devoirs, en particulier celui d’interpréter et d’appliquer les traités « de bonne foi ». Grégor Puppinck n’hésite pas à les mettre en garde, car « à la différence de l’Église, [elles n’ont] pas reçu la promesse de la vie éternelle et [pourraient] disparaître ».

    La primauté des devoirs de l’homme

    Cela dit, est-ce réellement sur les droits de l’homme de l’après-guerre que l’on peut bâtir une critique juste et efficace de la post-modernité ? Ceux-ci, même naturels, sont une morale très insuffisante. La logique intrinsèque des droits de l’homme est problématique : ils insistent sur ce que la société doit au sujet de droits et non sur ce que celui-ci doit à la société. Ils contiennent en germe des attitudes revendicatrices, visant à émanciper l’homme de Dieu et de Sa loi. C’est pour cette raison que les droits de l’homme ont été longtemps combattus et critiqués par le magistère catholique, comme « si contraires à la religion et à la société » (Pie VI).L’Église préfère accompagner l’homme dans l’humble accomplissement de ses devoirs, plutôt que de l’inciter à se focaliser sur ses droits.

    Pourquoi donc est-il légitime d’embrasser la défense de véritables droits de l’homme auprès des instances internationales ? Ce choix peut être justifié par deux raisons. D’une part, promouvoir les droits naturels de l’homme permet de remonter à ses devoirsComme l’affirmait Léon XIII, « les vrais droits de l’homme naissent précisément de ses devoirs envers Dieu ». En particulier, le droit à la vie est une conséquence de l’interdit du meurtre, la liberté d’association permet de réaliser plusieurs devoirs sociaux de l’homme et la liberté de religion découle de notre devoir de rendre un culte à Dieu. Ces devoirs, source des droits de l’homme, sont aussi leur finalité, conforme à la nature humaine. 

    Un champ de bataille idéologique

    D’autre part et surtout, les droits de l’homme peuvent être utilisés avec pragmatisme, comme un argumentum ad hominem. Autrement dit, il est légitime d’opposer aux instances internationales les textes et les principes qu’elles reconnaissent comme suprêmes. C’est cette stratégie qui a permis à Grégor Puppinck de remporter de belles victoires dans les affaires de bioéthique et de liberté de religion à l’ONU et à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Le 70e anniversaire de la Déclaration universelle est une bonne occasion de découvrir les arcanes de ce combat de longue haleine.

    Les droits de l’homme dénaturé, Grégor Puppinck, Les éditions du Cerf, (novembre 2018)

  • Peut-on accuser l'Eglise américaine de "légèreté" dans sa gestion de la crise des agressions sexuelles ?

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    D'Aline Lizotte sur le site "Smart Reading Press" :

    DEUX TYPES DE PRÊTRES : HÉTÉROSEXUELS ET HOMOSEXUELS ?

    Confrontée aux scandales d’agressions sexuelles sur mineurs, la Conférence épiscopale américaine est engagée dans la mise en place d’un dispositif de gestion de crise, sous le contrôle du Vatican. Une gestion qui ne peut porter des fruits que moyennant une juste détermination des comportements en cause.

    Mercredi dernier, le 14 novembre, le journal La Croix publiait un article étonnant pour rendre compte de la lettre du préfet de la Congrégation des évêques, le cardinal Marc Ouellet, demandant à la Conférence épiscopale américaine de ne pas voter sur la proposition d’un «Code de conduite» qui s’adresserait aux évêques et édicterait des règles de comportement quant à la gestion des agressions sexuelles sur mineur possiblement commises par certains prêtres à l’égard desquels s’exerce leur juridiction. Le correspondant romain du journal expliquait l’intervention du Vatican comme une tentative de la part du Siège apostolique de maîtriser une opposition montante de l’épiscopat américain contre le pape François, qui voudrait des sanctions plus dures pour contrer «la légèreté» (sic) avec laquelle certains épiscopats – dont celui des États-Unis – ont traité la question de l’abus sexuel jusqu’ici. La nomination de Mgr Charles Scicluna comme secrétaire adjoint de la Congrégation pour la Doctrine de la foi (CDF) est un signe de la volonté du pape à ce sujet, ajoute le journaliste. Il serait l’incarnation de la «tolérance zéro».

    Accuser l’Église américaine de «légèreté» dans sa façon de gérer la crise des agressions sexuelles est pour le moins étonnant. C’est oublier qu’au moment de la crise des années 2002-2005, la Conférence épiscopale américaine (United States Conference of Catholic Bishops, USCCB) créa en juin 2002 la Charte pour la protection des enfants et des jeunes (Charter for the protection of children and young people) et, en application, elle érigea deux corps juridiques : l’Office pour la protection de l’enfant et des jeunes (OCYP) et le National Review Board (NRB), un groupe d’éminents laïcs. Ces deux organismes donnèrent à l’Église américaine les moyens d’agir. C’est ainsi que fut mandatée une importante commission d’enquête conduite par des professionnels, le John Jay College, sur la question des abus sexuels commis entre 1950 et 2010, et dont les deux rapports ont été publiés : The Causes and Context of Sexual Abuse of Minors by Catholics Priests in the United States 1950-2010 et The nature and Scope of the problem of Sexual Abuse of Minors by Catholic-Priests in the United States 1950-2010. On ignore aussi que le mot-clé «tolérance zéro» n’a pas été créé par Mgr Scicluna, mais par l’épiscopat américain, et qu’à l’époque il a suscité de la méfiance au Vatican.

    Si Mgr Scicluna est renommé comme secrétaire adjoint de la CDF, il revient au poste que lui avait assigné Benoît XVI quand il voulut, de façon claire, retirer les causes des agressions sexuelles commises par le clergé au tribunal romain de La Rote et les intégrer à la CDF. C’est le pape François qui a éloigné Mgr Scicluna de ce poste en le nommant archevêque de Malte. Enfin, c’est encore ignorer que les évêques américains envoient chaque année à l’USCCB un rapport sur les agressions sexuelles dénoncées et sur celles qui font l’objet d’une enquête sérieuse, et que ce rapport global a publiées. Il montre que les mesures prises par l’épiscopat américain ont ramené les véritable cas d’agressions sexuelles à quelques prêtres chaque année, et que l’on est loin des 4 % de prêtres et de religieux recensés par le rapport du John Jay College pour les années 1950-2010.


    Un «Code de conduite», même voté à l’unanimité, n’oblige aucun évêque à l’accepter dans son diocèse.


    Il semble, selon les bruits de couloir au Vatican – ce qui rend l’information suspecte mais non invraisemblable – que la demande transmise par le cardinal Ouellet porte sur des questions juridiques. Les règles émises par la Conférence de l’USCCB pourraient enfreindre le pouvoir de juridiction dont chaque évêque titulaire jouit selon un droit qui lui est propre. En effet, un «Code de conduite», même voté à l’unanimité – ce qui n’est pas le cas –, n’oblige aucun évêque à l’accepter dans son diocèse. La conférence épiscopale n’est pas, canoniquement et théologiquement, une autorité supérieure à celle de l’évêque. Les canonistes du Vatican veulent donc avoir le temps d’y mettre leur nez pour que ce document soit acceptable, et par conséquent utile.

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  • Abus sexuels cléricaux : les évêques américains vont-ils passer outre l’interdiction faite par le pape François d’avancer dans l’enquête ?

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    François ob_28fe48_pedophilie-le-pape-francois-en-appelle.jpgSelon un article de  Marco Tosatti, dans la « nuova bussola quotidiana », traduit et publié sur le site « Benoît et moi », les évêques américains passeraient outre l’injonction du pape François  :

    Les évêques américains, réunis à Baltimore, n'ont aucune intention de s'arrêter malgré la demande, formulée par la Congrégation pour les évêques, de ne pas voter sur deux points qui constituaient l'élément-clé au coeur de l'assemblée de novembre: un code de conduite pour les évêques en cas d'abus, et une commission dirigée (président et vice-président) par des laïcs pour enquêter. Enquêter, et non pas juger, comme des sources proches du Vatican, dont est partie cette démarche dilatoire l'ont diffusé - avec succès - dès que le président de la Conférence épiscopale, Daniel Di Nardo, a annoncé le stop au vote en provenance de Rome. Les résultats éventuels de l'enquête  devaient ensuite être transmis aux autorités supérieures, et en particulier au Nonce. Ce ne serait donc pas - comme le prétendent les défenseurs du Vatican - une attaque contre la primauté pétrinienne, ni contre les prérogatives pontificales à l'égard des évêques. 

    Ce qui est certain, c'est que les évêques américains, et avec eux le président, le cardinal DiNardo, ont été pour le moins surpris par la requête de la Congrégation pour les évêques, à laquelle siègent également les cardinaux Cupich et Wuerl, directement liés à la "filière" McCarrick. 

    Tous les journalistes présents parlent d'une "surprise visible" de la part des évêques, notamment parce que les projets des deux documents - celui sur la conduite des évêques et celui sur l'établissement d'une commission d'enquête - semblaient nécessaires à tous, pour donner un signal concret aux catholiques et à l'opinion publique que la Conférence épiscopale voulait aborder sérieusement le drame des abus. Ce n'est pas un hasard si les discours du président et du vice-président du National Advisory Council (Conseil consultatif national) sur les abus - un prêtre et une femme - ont été applaudis. Tous deux ont parlé des réformes proposées et bloquées par Rome: un nouveau code de conduite, une enquête sur les séminaires, pour éradiquer les comportements prédateurs homosexuels, une enquête sur le cardinal McCarrick et un système indépendant pour enquêter sur les accusations d'abus. 

    C'est dans cette atmosphère que s'est inséré le bref message de Mgr Carlo Maria Viganò, archevêque (Vigano écrit aux évêques américains)

    Rome demande que le vote sur les propositions concrètes pour faire face à la crise soit reporté après février, c'est-à-dire après le "sommet" des conférences épiscopales du monde entier à Rome pour discuter du problème des abus. Et après la perplexité due à l'annonce de l'inexplicable demande romaine, les évêques ont décidé d'aborder de toute façon les sujets brûlants de la discussion, afin de fournir à la délégation américaine en février des armes et du matériel pour aborder cette question. Comme l'a expliqué un évêque courageux, Thomas Paprocki de Springfield, ce n'est pas un acte de rébellion ou de désobéissance contre le Pape. Mais les évêques ne sont pas des "directeurs de filiales" du Vatican, ni des "vicaires du Pontife romain". La Conférence épiscopale américaine doit "s'occuper de son troupeau". Et, comme plusieurs commentateurs l'ont souligné, la demande romaine entre en conflit avec la synodalité et la décentralisation manifestée avec des mots, sans parler de la nécessité, toujours manifestée de manière démagogique et trahie par des actes, d'un rôle accru des laïcs et des femmes dans l'Église. Tout est parfait, jusqu'à ce qu'on arrive au concret: et alors la structure verticale et cléricale réapparaît immédiatement.

    Et le changement de ton est devenu évident quand le cardinal Di Nardo a annoncé qu'il y aura un vote sur un sujet ajouté à l'ordre du jour. Le cardinal a annoncé que l'ajout proposé serait d'envoyer une demande formelle au Saint-Siège de remettre toute la documentation relative au cas de l'ancien cardinal Théodore McCarrick. Après quoi l'évêque auxiliaire de Los Angeles, Robert Barron, a souligné que la crise actuelle était née précisément à cause du cardinal, et que les gens font pression sur les évêques pour que la clarté puisse être faite jusqu'au bout. Un thème sensible pour Rome et pour le Souverain Pontife, qui a évité de répondre à l'appel de l'archevêque Viganò sur ce thème.

    Barron s'est demandé dans quelle mesure l'examen par le Saint-Siège des documents liés était en cours et s'il ne serait pas possible d'exercer une "pression respectueuse" pour une enquête approfondie. Ce qui, une fois de plus, ne semble pas être dans la volonté du Vatican. La demande d'enquête apostolique faite au Souverain Pontife par les évêques américains avait été abandonnée. Mais le président du Conseil consultatif national, le père David Whitestone, a demandé qu'il y ait une enquête complète et indépendante sur le scandale McCarrick, y compris les détails de l'indemnisation reçue par les victimes et les noms de ceux qui étaient au courant de sanctions contre McCarrick.

    Le problème des sanctions, de ceux qui en étaient au courant, de ceux qui ne les ont pas appliquées et de ceux qui les ont imposées, est comme nous le savons une des questions centrales du témoignage du Viganò. Une requête analogue a été faite par Francis Cesareo, président du National Review Board, l'organisme créé en 2002 pour la défense des mineurs dans l'Église américaine. Cesareo a demandé une enquête sur le scandale McCarrick et a également demandé que les diocèses de Newark, Washington et New York coopèrent à cette enquête. Il est clair que pour les évêques américains - et pour les fidèles américains en général - la clarté sur l'affaire McCarrick est un sujet de grande importance pour rétablir un climat de confiance. Une exigence que le silence du Vatican et du Pontife ne semblent pas comprendre.

    Cesareo a dit: "Il faut répondre aux accusations de l'archevêque Viganò. Rien ne doit être négligé. Ignorer ces accusations laissera un nuage sur l'Eglise, et des questions resteront sans réponse".

    Ref. Les évêques américains se rebiffent

    Le pape veut rester le maître du jeu. Les évêques invoquent la synodalité dont le pasteur suprême s’est fait le chantre. Embrouilles ?

    JPSC

  • Etats-Unis, Chine... vous avez dit "synodalité" ?

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    De Sandro Magister, en traduction sur diakonos.be :

    La synodalité part en fumée. Exercices de monarchie pontificale sur les États-Unis et sur la Chine

    Nous sommes très loin d’une Église synodale. Après avoir fait l’éloge de la « synodalité » qui aurait été le principal fruit du synode des évêques d’octobre dernier et après avoir promisdepuis 2013 plus d’autonomie et de pouvoir aux conférences épiscopales, y compris une « certaine autorité doctrinale authentique », le Pape François vient de décapiter l’ordre du jour de l’assemblée plénière de l’une des plus grandes conférences épiscopales du monde, celle des États-Unis, qui est réunie à Baltimore depuis le lundi 12 novembre.

    Dans la même foulée, en Chine, il vient d’abandonner à leur sort les évêques qui n’entrent pas dans l’accord secret signé fin septembre entre le Saint-Siège et les autorités de Pékin, c’est-à-dire la trentaine d’évêques dits « souterrains » ou clandestins qui résistent courageusement à l’oppression de l’Église par le régime.  Au Vatican, on nie que ce soit l’intention du Pape.  Mais n’en reste pas moins que les évêques chinois clandestins se sentent abandonnés par le Pape, comme en témoigne le cardinal Zen Ze-Kiun dans une lettre-appel à cœur ouvert qu’il a remise personnellement entre les mains de François un matin au début de ce mois de novembre.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

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    En effet, le Pape François a agi en monarque absolu envers les évêques des États-Unis. Samedi 10 novembre il a reçu en audience à Rome le Préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Marc Ouellet, ainsi que le nonce aux États-Unis, Christophe Pierre, et il a chargé le premier de transmettre au cardinal Daniel N. DiNardo, le président des évêques américains, l’interdiction de voter sur deux points cruciaux de l’ordre du jour de l’assemblée concernant le scandale des abus sexuels : un « code de conduite » extrêmement sévère pour les évêques et la création d’un organisme composé de laïcs pour enquêter sur les évêques incriminés.

    En annonçant, la double interdiction du Pape, le cardinal DiNardo, assez mal à l’aise, a expliqué que François exigeait que les évêques américains n’aillent pas au-delà de ce que le droit canon prévoit déjà en la matière et surtout qu’ils n’anticipent pas les décisions qui seront prises à Rome lors de la réunion des présidents des conférences épiscopales du monde entier convoquée par le Pape du 21 au 24 février prochain.

    Le « diktat » de François a suscité des réactions très négatives aux États-Unis, y compris chez ceux qui ont cherché d’en comprendre les raisons.

    Dans le cas des évêques chinois, ce qui est le plus frappant en revanche, c’est l’impressionnant silence qui accompagne leur chemin de croix, de la part des plus hauts responsables de l’Eglise. Un silence non seulement public, comme la prudence pourrait l’expliquer, mais surtout dépourvu de tout geste de proximité ou de soutien qui pourrait s’exprimer de manière réservée.  Tout cela dans le silence non moins assourdissant de nombreux médias catholiques, en particulier de ceux qui sont les plus proches du Pape François.

    C’est ce que dénonce le P. Bernardo Cervellera, de l’Institut Pontifical des Missions Étrangères qui dirige l’agence « Asia News », dans l’éditorial que nous reproduisons ci-dessous qui s’offusque de l’énième arrestation ces derniers jours de l’un des évêques qui a été le plus héroïque dans son refus de se soumettre au régime communiste chinois.

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  • L'homme conçu comme un chantier technologique

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    OLIVIER REY : « LE TRANSHUMANISME CONÇOIT L’HOMME COMME UN CHANTIER TECHNOLOGIQUE »

    Le coin des experts de genethique.org

    De l’augmentation de soi, de ses capacités par la technique à la « lutte finale » contre la mort, les promesses du transhumanisme semble surfer sur « le progrès de la détresse ». Dans son livre, Leurre et malheur du Transhumanisme, Olivier Rey analyse le fond d’une idéologie qui précipite l’homme hors de lui-même au risque de le perdre. Il a accepté de répondre aux questions de Gènéthique.

    Gènéthique : Vous publiez un ouvrage intitulé Leurre et malheur du transhumanisme. Pourquoi un tel titre ? Et un tel sujet ?

    Olivier Rey : Ce n’est certes pas par goût que je me suis intéressé au transhumanisme. Je préférerais vivre dans un monde où nous n’aurions pas à nous soucier d’une chose de ce genre. Cependant, à partir du moment où le mouvement transhumaniste s’en prend explicitement à ce que nous sommes, il me semble qu’éviter la question pour ce qu’elle a de pénible serait irresponsable – aussi irresponsable que faire comme si on n’avait pas d’ennemis pour la raison que l’on n’aime pas la guerre. Les transhumanistes sont peu nombreux, au moins pour l’instant, mais ils bénéficient de relais médiatiques très puissants. J’essaye de proposer quelques armes intellectuelles pour contrer leur propagande.

    Je souhaitais un titre qui donnât idée du contenu. Dans le livre, je m’efforce, d’une part de mettre en lumière les illusions véhiculées par le transhumanisme – c’est le côté leurre –, d’autre part de montrer le rôle nocif du discours transhumaniste sur nos sociétés – c’est le côté malheur. Je m’attache à montrer les réalités que le transhumanisme a pour fonction de nous faire accepter – à savoir une emprise toujours plus grande du système techno-économique sur nos vies ; et je tente de mettre au jour ce qui, dans la dynamique culturelle des derniers siècles, nous rend aujourd’hui si vulnérables à l’idéologie transhumaniste.

    G : Vous évoquez, entre autres, « l’artificialisation de la procréation ». Y a-t-il un lien avec le transhumanisme ?

    OR : En effet. L’artificialisation grandissante de la procréation fait partie des choses que le transhumanisme contribue à faire accepter. Le transhumanisme conçoit l’homme comme un chantier technologique. Dans une telle perspective, on ne voit pas pourquoi le chantier ne devrait pas commencer dès la conception. Ce qui est déjà de plus en plus le cas, avec la multiplication des fécondations in vitro, des inséminations artificielles en dehors de toute indication médicale, le développement des diagnostics pré-implantatoires. Au gré de ces évolutions, l’enfant devient un produit dont on passe commande. Mais si l’enfant est un produit, pourquoi ne pas lui ajouter des fonctions supplémentaires ? Comme on voit, l’artificialisation de la procréation et le transhumanisme sont en « synergie », pour employer un mot à la mode.

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  • Un nouvel eugénisme américain ?

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    TRISOMIE 21 : LE NOUVEL EUGÉNISME AMÉRICAIN ?

     de genethique.org

    L’eugénisme fait souvent référence à l’idéologie nazie du XXème siècle, et ses programmes gouvernementaux visant à tuer des milliers d'Allemands handicapés, pour « purifier » la race. Ou bien à la stérilisation forcée par les Américains de 60 000 personnes « défectueuses », sanctionnée par la Cour suprême des États-Unis. Mais au XXIème siècle, le nouvel eugénisme cible spécialement les enfants porteurs de trisomie 21 avant même leur naissance.

    Cet eugénisme est très concret : aux USA, 90 % des enfants à naître diagnostiqués porteurs de trisomie 21, sont avortés, et des milliers d’embryons conçus par FIV sont écartés chaque année à cause de leurs anomalies génétiques, voués à la destruction. « De nombreux professionnels de la santé induisent délibérément en erreur (…) et incitent les parents à mettre fin à la vie des enfants atteints du syndrome de Down ». Cet eugénisme est « une idéologie qui non seulement dévalue certaines populations minoritaires identifiées par leurs caractéristiques génétiques, mais cherche également à les supprimer ou à les empêcher de subsister », FIV et avortement étant deux moyens parfaitement légaux d’y parvenir.

    Le rôle des professionnels de santé est prépondérant : « Des études indiquent que près de 90% des femmes ont déclaré que les conseillers en génétique n’avaient fourni aucune information sur les problèmes de qualité de vie et qu’un tiers des mères n’avaient jamais eu la possibilité de poursuivre leur grossesse ». Et pourtant, Brian Skotko[1] a pu mettre en lumière que « près de 100% des parents d'enfants atteints du syndrome de Down déclaraient aimer leur progéniture et que presque tous les frères et sœurs affirmaient être de meilleures personnes en raison de leur frère ou de leur sœur ».

    D’après une étude de 2007, la principale raison invoquée par les parents pour l’avortement d’un bébé porteur de trisomie est « le souci de la qualité de vie de l'enfant ». Cela semble bien paradoxal quand on sait que l’argumentation en faveur du droit à avorter des femmes repose sur « la dévaluation de l’enfant à naître ». Pour une IMG, « les parents abandonnent leurs enfants (…) en se basant sur l’évaluation de leur qualité de vie future, enfant et adulte ».

    Cette euthanasie d’êtres humains à naître est à l’opposé de « l'horreur quasi universelle que suscite le meurtre de personnes nées ». Finalement, c’est surtout sur cette « incohérence mortelle » que les conseillers en génétique devraient alerter, « plutôt que de priver les parents de la possibilité de faire l'expérience de l'amour et de la joie inconditionnels caractéristiques des personnes atteintes de trisomie 21 ».

    Pour aller plus loin :

    Trisomie 21 : quatre mamans témoignent de leur joie d'avoir un enfant différent 

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    [1] Généticien médical agréé par le Conseil d’administration et codirecteur du programme relatif à la trisomie 21 au Massachusetts General Hospital.

    Sources: Mercator, Christopher M. Reilly (13/11/2018)

  • A propos de l'emploi des langues dans la liturgie

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    mag_108_02-page-001.jpgLu dans le magazine trimestriel "Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle" (livraison de l'automne 2018)

    "Que la langue du culte se distingue de celle de la vie courante est un phénomène sinon universel, du moins largement répandu dans beaucoup de liturgies.

    Cela était déjà vrai dans l’Antiquité païenne : à Rome, du temps d’Auguste, des collèges sacerdotaux comme les danseurs saliens ou les frères arvales conservaient pieusement des « carmina » dans une langue devenue archaïque. On ne les chantait pas moins. A la même époque, dans les synagogues juives, la Loi était lue en hébreu, langue alors tombée en désuétude, quitte à être traduite ou expliquée en araméen ou en grec. Jusqu’à un certain point, cela reste encore vrai de nos jours dans l’orthodoxie, avec l’usage du slavon ou du grec ancien et dans le catholicisme occidental avec le latin dont le concile Vatican II pose en principe que, sauf cas particuliers,  l’usage sera conservé dans les rites (constitution « Sacrosanctum Concilium », art. 36. 1).

    Mais pourquoi ? Par tendance, une liturgie est normalement conservatrice. Parce qu’elle est le lieu de la vérité qui ne varie pas. Modifier le rite, a fortiori la langue qui en est le caractère le plus marquant, pose la question du respect du sens, de la fidélité, dans un domaine par hypothèse délicat : celui de l’acte qui, dans le culte chrétien en tout cas, relie à l’absolu de Dieu. C’est une première explication mais, s’agissant du latin, il y en a d’autres, liées au contexte historique et, d’une manière générale, à la culture catholique.

    Des premiers temps à l’époque patristique

    Au fond, dans la liturgie chrétienne, les « distanciements » du langage quotidien ont existé dès l’origine. Lorsque le Christ institue l’Eucharistie au soir du Jeudi Saint, il le fait dans le contexte d’un rite juif, en araméen sans doute mais encadré par des psaumes hébraïques, c’est-à-dire dans une langue morte depuis le retour de l’exil à Babylone (538 av. J.-C.).

    Gagnant l’empire romain, le christianisme célébrera d’abord en grec : parce que celui-ci est  accessible aux nouveaux convertis, alors issus en majorité de la partie orientale de l’empire? Peut-être, mais surtout parce que le grec est, à la mesure du monde hellénistique, la langue de culture universelle susceptible d’exprimer avec exactitude la foi et les raisons de croire, mieux qu’aucun des dialectes de la Romania.  Depuis le IIe siècle avant notre ère, cette langue y exerce en effet une emprise intellectuelle que ne diminue pas l’éclat de la littérature latine dans les siècles suivants : à l’époque de Virgile et de Cicéron, de la bouche des maîtres d’école, les enfants des citoyens de Rome apprennent d’abord le grec. Et, cent ans avant le Christ, à Alexandrie, les savants juifs ont aussi achevé un tour de force : transposer en grec les concepts de la bible hébraïque. C’est la version dite « des Septante », qui ouvre la voie de la fusion ultérieure du message chrétien, de forme originairement sémitique, dans la pensée hellénique.

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  • Le film que vous ne verrez probablement pas sur vos écrans

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    Etats-Unis : un film-événement dénonce l’horreur de l’avortement (source)

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    Classé parmi les 10 films à succès de l’automne 2018, nonobstant le silence des grands médias outre Atlantique, Gosnell raconte l’histoire du plus horrible tueur en série que l’Amérique ait jamais connu : Kermit Barron Gosnell, médecin avorteur condamné en 2013. 

    Kermit Gosnell était le riche propriétaire d’une clinique de Philadelphie, lorsqu’en 2011 ses employés et lui se virent inculpés pour 8 meurtres, 24 délits d’avortement au-delà de la limite des 24 semaines prévues par les lois de l’Etat de Pennsylvanie, et pas moins de 227 infractions à l’exigence légale concernant le délai de réflexion de 24 heures préalable à toute intervention abortive : un sinistre record. 

    Le film, sorti le 12 octobre 2018 dans les salles obscures, met en lumière les détails choquants apparus lors des minutes du procès. Ainsi cette dizaine de nouveau-nés auxquels le médecin coupa la moelle épinière pour les assassiner. Ou encore ces nourrissons ayant survécu à une tentative d'avortement, se débattant comme des « nageurs pour sortir des toilettes », selon l’expression de plusieurs témoins directs. Sans parler des pieds de bébés avortés conservés dans le congélateur. L’horreur le dispute à la barbarie. Le monde des avortoirs est celui du meurtre en blouse blanche où le sordide côtoie l’épouvante. 

    Les grands médias et réseaux sociaux - Facebook en tête - se sont quant à eux immergés dans le monde du silence, faisant tout pour laisser Gosnell dans l’ombre. Mais cette conspiration n’a pas empêché le film de se retrouver dans le classement des dix longs-métrages les plus vus, alors que moins de 700 cinémas dans tous les Etats-Unis avaient accepté de le diffuser. 

    Prises de conscience 

    Le journal The Federalist rapporte, dans son édition du 31 octobre 2018, le témoignage d’un avocat repenti du Missouri, Adam Mill, convaincu après avoir vu film, que l’avortement est en réalité un meurtre abominable que la société devrait réprimer. Les témoignages allant dans le sens d’une même prise de conscience se multiplient. 

    On pourrait se demander pourquoi les médias américains ont joué la carte de la censure alors qu’il s’agit, après tout, d’un cas hors-norme. La réponse vient de Matt Walsh, éditorialiste au Daily Wire, dans son édition du 22 octobre 2018 : « parce que les avocats du tueur en série Kermit Gosnell avaient raison ; leur client ne différait pas des autres médecins avorteurs, même si ses méthodes étaient peu orthodoxes et ses normes d’hygiène assez laxistes ». 

    Une dernière question vient à l’esprit : Gosnell aura-t-il un « droit à la vie » dans les salles obscures françaises, ou sera-t-il « avorté » sur l’autel de la culture de mort ? Réponse dans quelques semaines. 

    (Sources : Lifesite/Daily Wire/The Federalist - FSSPX.Actualités - 10/11/2018)