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Eglise - Page 3

  • Homélie présidentielle au Collège des Bernardins

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    Le-president-Republique-Emmanuel-Macron ron-devant-eveques-France-college-Bernardins-Paris-9-avril-2018_0_1399_933.jpgA l'occasion de la Conférence des évêques de France, lundi 9 avril au soir, Emmanuel Macron a prononcé un discours au ton hasardeux et aux thématiques multiples, dans lequel on retrouve davantage de questions que de réponses. Sur le site web « Atlantico », le point de vue de Bertrand Vergely, philosophe et théologien :

    « Quand on l’écoute attentivement, le discours que le chef de l’État a prononcé hier soir aux Bernardins à l’invitation des évêques de France suscite plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

    En premier lieu, le ton général du discours pose question. Celui-ci n’a pas tant été un discours qu’une homélie, le chef de l’État invitant les catholiques sur le ton de l’exhortation à « faire un don de leur sagesse, de leur engagement et de leur liberté ».

    Exhortation pour le moins singulière, comme si les catholiques n’avaient pas déjà l’habitude du don d’eux-mêmes.

    Dans le projet par ailleurs, annoncé d’emblée, là encore on s’interroge. « Réparer le lien entre l’Église et l’État ». Le chef de l’État, sur ce point, est demeuré sibyllin en n’expliquant pas ce qui a été gâté entre l’Église et l’État,  pourquoi cela l’a été et comment il entendait réparer ce qui a été gâté. Avec cette formule, il avait pourtant un boulevard qui s’ouvrait afin de redéfinir ce que doit être l’attitude de la laïcité à l’égard des religions en général et de l’Église catholique en particulier et ce que doit être en retour l’attitude des religions en général et de l’Église catholique en particulier à l’égard de la laïcité.  Ce qui n’a pas été fait.  À un moment du discours, il a été question de donner un cap. Celui-ci a été donné : sous la forme d’un appel à la dignité de l’homme et au sens. Ce qui ne répond guère à la question de savoir ce qu’est la laïcité et ce que doivent être les relations de la République laïque à l’égard des religions et l’attitude des religions à l’égard de la République laïque. Est-ce d’ailleurs la question des relations entre l’Église et l’État dont il convient de parler ? Cette référence à la loi de 1905 est-elle pertinente ? Le lien entre l’Église et l’État a été rompu et nul ne songe à vouloir le rétablir.  C’est bien plutôt celle des relations entre la République et le religieux en général ainsi que l’Église catholique en particulier qui pose problème. Ainsi, quand il est expliqué  que les valeurs de la République résident dans la liberté et que la liberté réside dans le droit au blasphème, n’y a-t-il pas urgence à redéfinir ce que sont les principes de la République, le sens de la liberté ainsi que ses limites ? Le chef de l’État est demeuré étrangement silencieux sur ce problème pourtant crucial. En lieu et place d’une réflexion sur le sens de la liberté aujourd’hui, de façon kierkegaardienne,  il a été surtout question d’un appel à vivre de façon déchirée, dans l’inconfort et l’incertitude. En un mot, il a été question, pour les catholiques, d’aller sur la croix et d’y rester en souffrant.

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  • Bioéthique : au Collège des Bernardins, Emmanuel Macron écoute sans vraiment répondre à la question posée par l’Eglise :

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    Mais pouvait-il être plus explicite alors que le débat est en cours entre les différentes parties à cette cause (sans doute déjà largement entendue) ?  Lu sur le blog « Salon Beige » :

    « Dans son discours prononcé ce soir aux Bernardins, devant Emmanuel Macron, Mgr Pontier est revenu sur les sujets d'actualité, interrogeant directement le chef de l'Etat sur les conséquences des projets en cours :

    Vous le savez, l’Église catholique avec bien d’autres considère la famille comme un des piliers de la vie en société. En elle, s’expérimentent l’accueil inconditionnel de chacun, la fidélité, l’intergénérationnel, les transmissions de valeurs et le soutien en toutes circonstances. Les français plébiscitent la famille parmi les réalités qui leur paraissent essentielles. Leur désir est de former une famille unie, porteuse d’amour et d’affection. Faut-il aujourd’hui permettre que la loi prive des enfants de père ? Cette reconnaissance produirait une inégalité entre les enfants, ouvrirait un grand risque de marchandisation du corps et remettrait en cause le critère thérapeutique actuel, garant que ne se forme pas un grand marché de la procréation. Accueillir une situation quand elle existe n’est pas l’organiser. C’est pourquoi nous soutenons activement les politiques en faveur de la famille. Elles sont un investissement sûr pour le bien de tous et celui de notre pays.

    Nous avons déjà des lois récentes sur d’autres sujets essentiels pour la société qui n’ont pas eu le temps de porter leurs fruits et voilà que certains souhaiteraient qu’on légifère encore. Est-ce bien raisonnable ?

    Nous nous sommes exprimés déjà sur tous ces sujets et le ferons encore, conscients de notre responsabilité dans la vigilance pour la sauvegarde des droits de l’enfant, pour la défense des plus faibles, de l’embryon au nouveau-né, de la personne ayant un handicap au paralysé, du vieillard à celui qui est dépendant en toutes choses. On ne peut laisser personne seul. Ce sont nos relations, nos affections qui nous permettent de vivre. Il y va, sans nul doute, du caractère humain de nos sociétés et de nos vies, de celui de savoir puiser en soi les forces de la fraternité vécue. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de la solitude ou de l’abandon de celui qui verrait comme une issue enviable, celle de se donner la mort. La société se doit d’offrir des perspectives de vie, d’amitié, de tendresse, de compassion, de solidarité. Les pensées de mort peuvent-elles subsister lorsque s’expriment l’affection des proches, les soins assidus et l’accompagnement qui lutte contre toute douleur ? Peut-on qualifier de « dernier soin » l’acte de donner la mort ? Il y a des limites et des confusions qu’on ne saurait franchir."

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  • Macron : « Le lien entre l’Église et l'État s'est abîmé, il nous incombe de le réparer. »

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    De Denis Sureau sur son blog "Chrétiens dans la Cité" :

    Macron veut réparer le lien entre l'Eglise et l'Etat

    Le discours du président de la République aux 400 personnalités du monde catholique réunies aux Bernardins était très attendu. Emmanuel Macron, avec un art oratoire ne refusant pas un certain lyrisme, s'est livré à un exercice de charme de nature à énerver les militants du laïcisme.

    De fait, les réactions n'ont pas manqué : Jean-Luc Mélenchon a dénoncé un « délire métaphysique. Insupportable. On attend un président, on entend un sous-curé ». Les dirigeants socialistes d'hier et d'aujourd'hui – Benoît Hamon, Manuel Valls, Olivier Faure – ont emboîté le pas. Condamnant une « violation de nos principes républicains », le Grand Orient a déclaré : « Garant du caractère indivisible, laïque, démocratique et social de notre République, le président Macron vient par ses déclarations devant les évêques de porter une grave atteinte à la la laïcité. »

    C'est surtout le premier élément du discours d'Emmanuel Macron qui a suscité cette ire : « Le lien entre l’Église et l'État s'est abîmé, il nous incombe de le réparer. » Défendant un « dialogue en vérité », il a ajouté : « si je devais résumer mon point de vue, je dirais qu’une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n’irait pas au bout de sa vocation ; et qu’un président de la République prétendant se désintéresser de l’Église et des catholiques manquerait à son devoir. »

    Citant l'exemple du colonel Beltrame, le président a expliqué : « les liens les plus indestructibles entre la nation française et le catholicisme se sont forgés dans ces moments où est vérifiée la valeur réelle des hommes et des femmes...Oui, la France a été fortifiée par l’engagement des catholiques. ». L'appel à cet engagement politique des chrétiens dans la cité fut l'un des thèmes dominants de ce discours. Sans contradiction avec une  laïcité qui « n’a certainement pas pour fonction de nier le spirituel au nom du temporel, ni de déraciner de nos sociétés la part sacrée qui nourrit tant de nos concitoyens. Je suis, comme chef de l’État, garant de la liberté de croire et de ne pas croire, mais je ne suis ni l’inventeur ni le promoteur d’une religion d’État substituant à la transcendance divine un credo républicain.»

    Revenant sur le débat concernant les racines chrétiennes de l’Europe, il a déclaré : « cette dénomination a été écartée par les parlementaires européens. Mais après tout, l’évidence historique se passe parfois de symboles. Et surtout, ce ne sont pas les racines qui nous importent, car elles peuvent aussi bien être mortes. Ce qui importe, c’est la sève. Et je suis convaincu que la sève catholique doit contribuer encore et toujours à faire vivre notre nation. » 

    Répondant aux deux interrogations précédemment citées par Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, – la bioéthique et les migrants –, Macron a tenté de faire comprendre que les décisions politiques, procédant d'un « humanisme réaliste », ne coïncideront pas avec les attentes de l’Église. Il affirme écouter sa voix avec «  intérêt, avec respect et même nous pouvons faire nôtres nombre de ses points. Mais cette voix de l’Église, nous savons au fond vous et moi qu’elle ne peut être injonctive. Parce qu’elle est faite de l’humilité de ceux qui pétrissent le temporel. Elle ne peut dès lors être que questionnante. »Et de conclure : « il nous faudra vivre cahin-caha avec votre côté intempestif et la nécessité que j’aurais d’être dans le temps du pays. Et c’est ce déséquilibre constant qui nous fera ensemble cheminer. »   

  • Gaudete et exsultate : une exhortation pontificale qui ne devrait pas faire polémique mais...

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    De Samuel Pruvot sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    « Gaudete et exsultate » : l’appel vibrant du pape à la sainteté

    Jamais une exhortation pontificale n’a aussi bien porté son nom. Dans Gaudete et exsultate (« Soyez dans la joie et l’allégresse ») le pape François exhorte à temps et contre temps. Au fil des 120 pages du document, il encourage les fidèles du monde entier à s’engager sur la route de la sainteté. Evidemment, ce chemin de la perfection peut faire peur et même paraître inaccessible. « Le Seigneur (…) veut que nous soyons saints, insiste pourtant François, et il n’attend pas de nous (…) une existence médiocre. »

    Après avoir évoqué la vie de l’Église universelle dans sa première exhortation (Evangelii gaudium , 2013) la famille dans la seconde (Amoris Laetitia , 2016), le pape concentre aujourd’hui son attention sur le secret des âmes. Comme si le pontificat voulait embrasser à la fois l’infiniment grand et l’infiniment petit. Chaleureuse et didactique, cette exhortation a un petit air de famille avec les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Le pape n’est pas jésuite pour rien. Si l’objectif est bien de se mesurer aux défis du monde postmoderne, le texte fourmille de références archi classiques : la primauté absolue de Dieu, l’existence du diable ou la nécessité de l’examen de conscience. Cela tombe sans doute à pic pour rééquilibrer la balance après les incompréhensions qui ont suivi la publication d’Amoris Laetitia sur les questions de théologie morale.

    Même si on pourra relever quelques formules choc, Gaudete et exsultate ne devrait pas faire polémique. Car l’objectif est clairement spirituel. Il s’agit moins d’un document à lire que d’un itinéraire intérieur à emprunter. Saint Ignace proposait « quatre semaines » en suivant le Christ pas à pas. François offre cinq méditations successives comme cinq marches pour se rapprocher de Dieu.

    Dans le premier chapitre, le pape lance donc un appel vibrant à la sainteté. En s’appuyant sur l’intuition de Vatican II qui rappelle que tous les fidèles ont vocation à la sainteté.  « J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu écrit-il, dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Eglise militante. » Le chapitre suivant est consacré à la dénonciation de deux ennemis de la sainteté. Pour François, il s’agit de la résurgence de vielles hérésies à savoir le gnosticisme qui prétend obtenir le salut par le savoir et le pélagianisme qui estime à tort que « tout est possible par la volonté humaine ». Dans son troisième chapitre François propose de marcher à la lumière du Maître. En clair, une imitation de Jésus dans un style très ignatien. Le chapitre suivant invite les fidèles à cultiver certaines vertus propices à la sainteté comme l’endurance ou l’audace. Le pape termine son exhortation en soulignant que la sainteté est d’abord un combat qui demande vigilance et discernement : « Notre chemin vers la sainteté est aussi une lutte constante. Celui qui ne veut pas le reconnaître se trouvera exposé à l’échec ou à la médiocrité. »

     

    ... toutefois, Sandro Magister relève des "invectives" présentes dans ce document qui visent des catégories de gens qui n'épouseraient pas la vision du pape :

    "Dans « Gaudete et exsultate », François brosse un portrait particulièrement négatif de ses détracteurs.

    Ce sont ceux qui ont « un visage d’enterrement », qui sont « obsédés par la loi, l’ostentation dans le soin de la liturgie, de la doctrine et du prestige de l’Eglise ».

    Ce sont ceux qui plient la religion « au service des propres élucubrations psychologiques et mentales ».

    Ce sont ceux qui conçoivent la doctrine comme « système clos, privé de dynamiques capables d’engendrer des questions, des doutes, des interrogations ».

    Ce sont ceux qui s’enferment dans une « médiocrité tranquille et anesthésiante » faite d’ « individualisme, spiritualisme, repli dans de petits cercles, dépendance, routine, répétition de schémas préfixés, dogmatisme, nostalgie, pessimisme, refuge dans les normes. »

    Ce sont ceux qui aiment « avoir le regard figé dans une prétendue extase » et une « sainteté de façade, toute belle, toute bien faite » mais qui en réalité est « feinte ».

    Ce sont, en deux mots, les « gnostiques » et les « pélagiens » modernes, dans une version actuelle de ces deux hérésies antiques.

    Dans toutes ces invectives de François contre ses détracteurs, est-il possible d’identifier quelques attaques « ad personam » ?

    Si l’on s’en tient à ce qu’écrit le Père Spadaro, on dirait bien que oui.

    Il y a un passage, au paragraphe 26 de « Gaudete et exsultate » qui semble vouloir en finir avec deux millénaires de monachisme contemplatif, masculin et féminin.

    « Il n’est pas sain d’aimer le silence et de fuir la rencontre avec l’autre, de souhaiter le repos et d’éviter l’activité, de chercher la prière et de mépriser le service. Nous sommes appelés à vivre la contemplation également au sein de l’action ».

    Et voilà ce qu’écrit Spadaro dans l’exégèse qu’il fait de ce passage :

    « C’est cela l’idéal ignacien, en fait, selon la célèbre formule d’un de ses premiers compagnons, le P. Jerónimo Nadal : être ‘simul in actione contemplativus’. Les alternatives telles que ‘Dieu ou le monde’ ou encore ‘Dieu ou rien’ sont fausses ».

    Attention : « Dieu ou rien » et « La force du silence » sont exactement les titres des deux principaux livres du cardinal Robert Sarah, c’est-à-dire du principal défenseur d’une vision de l’Eglise catholique différente de celle promue par le Pape François."

     

  • Poulseur : l'église vandalisée

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    L'Église de Poulseur vandalisée

    Source : RTC Télé Liège 

    Le sacristain de l’église de Poulseur, Jules Storder, a fait une triste découverte samedi, en allant fermer les portes de l’Église : elle avait été vandalisée.Lorsqu’il est entré, il a découvert des débris de plâtre, juste devant l’entrée et étalés sur plusieurs mètres. Après quelques secondes, il a compris de quoi il s’agissait : le Christ du chœur de l’Église avait été décroché durant la journée, puis jeté au sol. La manière dont les restes de la statue de plâtre étaient éparpillés dans la pièce lui laisse penser que les vandales, après l’avoir décrochée de sa croix, l’ont transportée de l’autre côté de l’Église, sont montés sur le jubé et l’ont lancée de là-haut.Il s’est rendu à la police ce matin afin de faire constater les dégâts. Malheureusement, il est difficile d’identifier les coupables. Les vases contenants des fleurs ont également été renversés et brisés au sol.« On ne peut rien faire de plus, insiste Jules. Je ne veux pas fermer les portes pendant la journée. Les Églises sont faites pour être ouvertes ! »C’est la première fois que l’église de Poulseur est victime d’un tel acte. Rien n’a été volé, ce qui prouve qu’il s’agit d’un acte de méchanceté gratuite. Le crucifix était là depuis plusieurs décennies et il va être remplacé par un nouveau, plus moderne.

    Jessica Meurens (stagiaire)

  • Paris : Emmanuel Macron a rencontré l’Église catholique au Collège des Bernardins (lundi soir, 9 avril)

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    Après une rénovation complète achevée en septembre 2008, le collège des Bernardins (XIIIe siècle) est aujourd’hui un lieu de rencontres, de dialogues, de formation et de culture proposant une programmation riche de conférences et colloques, d’expositions, de concerts, d’activités pour le jeune public ainsi qu’un centre de formation théologique et biblique. Depuis 2009, il abrite l'Académie catholique de France.

    Organisée par la Conférence des évêques de France (CEF), une grande soirée inédite s’y est tenue ce lundi 9 avril au soir, en présence du président de la République et de 400 invités. Après trois témoignages émouvants illustrant en binôme la plus grande des trois vertus théologales et le discours Mgr Pontier, Président de la CEF, on a pu entendre, en retour, celui du Président de la République consacré à la place du catholicisme dans la vie politique et sociale de la France. Nous y reviendrons. Voici l’enregistrement video de cette soirée (JPSC) :

  • L'exhortation apostolique Gaudete et Exsultate du Saint-Père François sur l'appel à la sainteté dans le monde actuel

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    EXHORTATION APOSTOLIQUE

    GAUDETE ET EXSULTATE

    DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS

    SUR L’APPEL À LA SAINTETÉ DANS LE MONDE ACTUEL

    source

     

    1. « Soyez dans la joie et l’allégresse » (Mt 5, 12), dit Jésus à ceux qui sont persécutés ou humiliés à cause de lui. Le Seigneur demande tout ; et ce qu’il offre est la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés. Il veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. En réalité, dès les premières pages de la Bible, il y a, sous diverses formes, l’appel à la sainteté. Voici comment le Seigneur le proposait à Abraham : « Marche en ma présence et sois parfait » (Gn 17, 1).

    2. Il ne faut pas s’attendre, ici, à un traité sur la sainteté, avec de nombreuses définitions et distinctions qui pourraient enrichir cet important thème, ou avec des analyses qu’on pourrait faire concernant les moyens de sanctification. Mon humble objectif, c’est de faire résonner une fois de plus l’appel à la sainteté, en essayant de l’insérer dans le contexte actuel, avec ses risques, ses défis et ses opportunités. En effet, le Seigneur a élu chacun d’entre nous pour que nous soyons « saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » (Ep 1, 4).

     

    Premier chapitre

    L’APPEL À LA SAINTETÉ

    Les saints qui nous encouragent et nous accompagnent

    3. Dans la Lettre aux Hébreux, sont mentionnés divers témoignages qui nous encouragent à « courir avec constance l’épreuve qui nous est proposée » (12, 1). On y parle d’Abraham, de Sara, de Moïse, de Gédéon et de plusieurs autres (cf. 11, 1-12, 3) et surtout on nous invite à reconnaître que nous sommes enveloppés « d’une si grande nuée de témoins » (12, 1) qui nous encouragent à ne pas nous arrêter en chemin, qui nous incitent à continuer de marcher vers le but. Et parmi eux, il peut y avoir notre propre mère, une grand-mère ou d’autres personnes proches (cf. 2 Tm 1, 5). Peut-être leur vie n’a-t-elle pas toujours été parfaite, mais, malgré des imperfections et des chutes, ils sont allés de l’avant et ils ont plu au Seigneur.

    4. Les saints qui sont déjà parvenus en la présence de Dieu gardent avec nous des liens d’amour et de communion. Le Livre de l’Apocalypse en témoigne quand il parle des martyrs qui intercèdent : « Je vis sous l’autel les âmes de ceux qui furent égorgés pour la Parole de Dieu et le témoignage qu'ils avaient rendu. Ils crièrent d’une voix puissante : ‘‘Jusques à quand, Maître saint et vrai, tarderas-tu à faire Justice ?’’ » (6, 9-10). Nous pouvons dire que « nous nous savions entourés, conduits et guidés par les amis de Dieu […] Je ne dois pas porter seul ce que, en réalité, je ne pourrais jamais porter seul. La troupe des saints de Dieu me protège, me soutient et me porte ».[1]

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  • Solennité de l'Annonciation du Seigneur à la Vierge Marie (cette année le 9 avril)

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    180033.jpgHomélie du pape Benoît XVI pour l'Annonciation (à Cuba, le 26 mars 2012) :

    (...) l’Église universelle célèbre aujourd’hui l’Annonciation du Seigneur à la Vierge Marie. En effet, l’incarnation du Fils de Dieu est le mystère central de la foi chrétienne, et en lui, Marie occupe un rôle de premier ordre. Mais, que veut dire ce mystère ? et quelle importance a-t-il pour nos vies concrètes ?

    Voyons avant tout ce que signifie l’Incarnation. Dans l’évangile de saint Luc, nous avons écouté les paroles de l’ange à Marie : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre. C'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 35). En Marie, le Fils de Dieu se fait homme, accomplissant ainsi la prophétie d’Isaïe : « Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel, qui signifie ‘Dieu-avec-nous’ » (Is 7, 14). Oui, Jésus, le Verbe fait chair, est le Dieu-avec-nous, qui est venu habiter parmi nous et partager notre condition humaine elle-même. L’apôtre saint Jean l’exprime de la manière suivante : « Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14). L’expression « s’est fait chair » souligne la réalité humaine la plus concrète et la plus tangible. Dans le Christ, Dieu est venu réellement au monde, il est entré dans notre histoire, il a installé sa demeure parmi nous, accomplissant ainsi l’intime aspiration de l’être humain que le monde soit réellement un foyer pour l’homme. En revanche, quand Dieu est jeté dehors, le monde se transforme en un lieu inhospitalier pour l’homme, décevant en même temps la vraie vocation de la création d’être un espace pour l’alliance, pour le « oui » de l’amour entre Dieu et l’humanité qui lui répond. C’est ce que fit Marie, étant la prémisse des croyants par son « oui » sans réserve au Seigneur.

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  • L'existence de l'enfer

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    Du site de France Catholique :

    L’enfer existe-t-il ?

    par Françoise Breynaert, docteur en théologie

    Le pape françois, d’une part réaffirme l’existence de Satan : «  Si tu commences à dialoguer avec Satan tu es perdu, il est plus intelligent que nous et il te renverse, te fait tourner la tête et tu es perdu. Non, va-t’en !  (1) » Et d’autre part minimiserait ou nierait l’existence de l’enfer : «  L’enfer n’existe pas, ce qui existe c’est la disparition des âmes pécheresses  », aurait-il déclaré (2). De tels propos reflètent tout un courant de pensée. Replacés dans l’histoire de la théologie, ils apparaissent comme de simples déductions logiques et émotionnelles. Cette simple page nous invite à revenir à l’Évangile, complet…

    Le Christ a souvent parlé de la Géhenne ou du feu éternel, on lit par exemple : «  Alors il dira encore à ceux de gauche : "Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges"  » (Mt 25, 41). Et on lit dans l’Apocalypse : «  Et celui qui ne se trouva pas inscrit dans le livre de vie, on le jeta dans l’étang de feu  » (Ap 20, 15).

    Le Christ a aussi donné un enseignement sur la vie éternelle (l’éternelle Vie !), donnée aux disciples dès cette terre (Jn 5, 24), dès maintenant aux défunts qui accueillent la voix du Fils de l’homme (Jn 5, 25), et à travers un ultime jugement au dernier jour, pour la résurrection finale (Jn 5, 27-28). La première lettre de saint Pierre déclare plus simplement : «  La Bonne Nouvelle a été également annoncée aux morts…  » (1P 4,6). Ce que le Credo exprime en disant «  Jésus-Christ… est descendu aux enfers  » (non pas «  en enfer  », l’enfer de Satan, mais «  aux enfers  », le séjour des morts).

    En contradiction avec ces passages, saint Augustin enseigne qu’il faut que tout soit déjà joué durant la vie terrestre, sans quoi, explique-t-il (3), les exhortations morales seraient inutiles sur la terre, de même que l’évangélisation ! De la sorte, saint Augustin, vers l’an 400, a opéré un tournant dont il ne pouvait sans doute pas imaginer les conséquences…

    Dans l’Église latine, depuis saint Augustin, la Bonne Nouvelle aux défunts ayant été passée sous silence, on ne voyait plus comment ceux qui n’avaient pas été évangélisés pouvaient invoquer le Christ : vont-ils donc en enfer ? Et l’augustinisme produisit (à l’époque médiévale) l’imaginaire d’un enfer débordant ! En compensation, et pour ne pas dire que les non-chrétiens sont forcément en enfer, les théologiens occidentaux ont produit des systèmes plus ou moins obscurs ou erronés.

    Avec la bonne intention de ne pas dire que les non-chrétiens sont damnés, un type de raisonnement, contradictoire avec le Nouveau Testament, a été d’imaginer que l’enfer ne soit que virtuel, ou qu’il soit momentané, ou que les âmes non méritantes disparaissent, etc. Toutes ces solutions re­lèvent de préoccupations affectives de la part des théologiens. Elles sont en réalité absurdes : car alors était-ce bien la peine que Jésus parle de l’enfer et accomplisse la Rédemption au prix de la croix ?

    C’est pourtant le raisonnement d’un très grand théologien, Urs von Balthasar. Le volume et la complexité de son œuvre écrite ne parvient pas à cacher ni la contradiction interne ni l’omission de cette vérité que le Christ est venu pour détruire l’œuvre du diable (1Jn 3, 8 : si diable il y a, l’enfer n’est donc ni vide, ni virtuel).

    En corollaire, si l’enfer n’a plus de consistance, la morale non plus.
    Le récent Catéchisme de l’Église catholique remet en valeur la Bonne Nouvelle aux défunts (§ 634-635). Il peut alors réaffirmer le Paradis et l’enfer en toute équité, en évitant les deux excès inverses d’un enfer débordant et d’un enfer inexistant. Il peut affirmer à la fois que Dieu est amour et miséricorde, et qu’il est juste (1Jn 1,9 ; 3, 7).

    — -

    (1) 2 décembre 2017, conférence de presse dans l’avion.

    (2) Dans un entretien redoutablement informel avec Eugenio Scalfari, le fondateur du journal italien La Repubblica, paru le vendredi 28 mars 2018.

    (3) Saint Augustin, Lettre 164 à Evodius.

    Françoise Breynaert, La bonne nouvelle aux défunts. Perspective de la théologie des religions, Via Romana, préface Mgr Minnerath, 260 pages, 19 e.
    www.foi-vivifiante.fr

    https://sites.google.com/site/fbreynaert/

  • Un site pour recenser le patrimoine chrétien et yézidi d'Irak

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    De RCF :

    Mésopotamia Héritage: un site pour recenser le patrimoine chrétien et yézidi d'Irak

    Présentée par Pauline de Torsiac 

    Mésopotamia Héritage: un site pour recenser le patrimoine chrétien et yézidi d'Irak

    © Mai 2011 - Pascal Maguesyan - Mesopotamia

    Collecter des informations précieuses sur le patrimoine détruit par le groupe Etat Islamique en Irak : une façon de sauver la mémoire, mais aussi de relever les hommes.

    Faire l’inventaire du patrimoine des chrétiens d’orient, lui redonner vie, c’est l’objectif de l’association Mésopotamia qui a lancé officiellement mercredi soir à Lyon un grand site de mémoire, mesopotamiaheritage.org.

    Ce site recense une centaine d’édifices emblématiques du patrimoine irakien chrétien mais aussi yézidi, des communautés dont les églises, les temples, les monastères et les trésors millénaires qu’ils contiennent ont été pillés, vandalisés anéantis par Daech.

    Pascal Maguesyan, chargé de mission pour l'association Mesopotamia, a lancé ce projet d'inventaire. "Le patrimoine est d'abord monumental, mais à travers ce patrimoine monumental sont aussi affectés les oeuvres et les manuscrits qui constituent le tissu culturel et cultuel de ces communautés". 

    COLLECTER L'HISTOIRE, ET LES SOUVENIRS

    Depuis un an, Pascal Maguesyan arpente l’Irak avec une équipe de 5 personnes pour documenter les églises, les  monastères, les temples qui figureront sur le site. L’équipe a déjà recensé une soixantaine de sites dans la plaine de Ninive, au Kurdistan irakien à Kirkouk ou Bagdad. A chaque fois, la méthode est la même : collecter les informations auprès d’experts sur la construction et l’histoire de chaque édifice chrétien. Faire des photos, des croquis, interroger la population, recueillir les témoignages de villageois qui permettront de raviver des souvenirs de mariage, baptême dans ces églises mises à sac par l’Etat islamique....

    Ce contact auprès des populations sur leur patrimoine est fondamental, souligne Pascal Maguesyan. "A travers ce travail, les populations locales prennent conscience de la valeur de leur patrimoine. Pendant des dizaines d'années, ils ont subi des guerres et des persécutions, ils n'ont pas eu le luxe de s'intéresser à leur patrimoine. Il fallait survivre au quotidien, aux bombardements, à la destruction psychique. En leur posant des questions sur les édifices, cela réveille chez eux le sentiment de l'ancienneté de leur civilisation". 

    RELEVER LES HOMMES

    Si cet inventaire vise à sauvegarder et à faire mémoire de ce patrimoine, il pourrait aussi à terme contribuer à permettre à la population de retrouver du travail, selon le Professeur Christian Cannuyer, membre du conseil scientifique du projet MESOPOTAMIA HERITAGE, professeur à l’Université Catholique de Lille. "Les églises chrétiennes de Mésopotamie portent la marque des origines juives du christianisme mésopotamien. Le programme décoratif est semblable en grande partie aux mosquées. Les yézidis ont une part de spiritualité commune avec les chrétiens. Sauver ce patrimoine, c’est aussi sauver cette mémoire partagée qui est un gage d’avenir. Il ne faut pas oublier que ce travail peut donner de l’emploi aux locaux. Après la sauvegarde viendra l’étape de la restauration : les compétences locales seront sollicitées".

    Derrière ce projet d’inventaire, il y a non seulement la volonté de préserver la mémoire mais aussi celle de reconstruire des édifices et de relever des hommes. Ce sont bien les fidèles qui sont tout particulièrement affectés par les destructions de leurs églises temples et monastères. Le père Muhannad Al Tawil peut en témoigner. C’est le curé de la paroisse Saint-Ephrem des chaldéens de Lyon. Ses fidèles sont presque tous des réfugiés originaires de la plaine de Ninive en Irak : "Les paroissiens parlent sans cesse des monastères et des églises endommagés, brûlés... avec les larmes aux yeux".

    Pour en savoir plus sur ce projet soutenu notamment par la Fondation RCF,  KTO l’œuvre d’Orient le magazine Pèlerin et la fondation Saint Irénée à Lyon, rendez vous sur le site mesopotamia heritage.org. Vous pouvez également soutenir ce projet en allant sur credofunding.fr

  • L’Eglise, combien de divisions ?

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    De Philippe Maxence sur le site web du bimensuel « L’Homme Nouveau » :

    Resurrection.jpg« L’Église, combien de divisions ? On connaît la célèbre phrase de Staline, bien révélatrice de son matérialisme et de sa volonté hégémonique qui entendait écarter définitivement l’Église de la face du monde. L’Église, combien de divisions ? Mais, beaucoup, aurait-on tendance à répondre aujourd’hui. Et, même, beaucoup trop ! Non plus, cette fois, en référence aux unités blindées ou, plus largement, aux armées auxquelles pensait le maître du Kremlin, mais à celles qui divisent les catholiques entre eux. 

    Certes, c’est une vieille histoire. Dès les origines, l’Église fut traversée par des courants et des tentatives de scission. Judas, choisi par le Christ, reste la figure emblématique de la trahison radicale et donc de cette division au sein du collège des Apôtres. Saint Paul ne cesse d’intervenir auprès des chrétientés qu’il a créées pour calmer les passions et ramener les récents prosélytes à l’unité de la doctrine. Plus tard, les grandes hérésies vont traverser l’Église, offrant à celle-ci la possibilité d’approfondir sa doctrine, de la préciser et de la définir. Saint Paul, encore lui, avait d’ailleurs prévenu les Corinthiens : « Oportet haereses esse ». Il faut qu’il y ait des hérésies. Terrible constat ! Terrible nécessité ! 

    Par une étrange sorte d’optimisme, bien peu surnaturel, nous voudrions échapper à cette loi qui n’a cessé d’habiter l’Église, depuis Arius jusqu’au modernisme en passant par le protestantisme. Nous aimerions l’unanimisme que l’on confond facilement avec l’unité. Saint Pie X s’était attaqué avec force au modernisme qu’il qualifiait de « rendez-vous de toutes les hérésies ». Plus récemment, après le concile Vatican II, Jacques Maritain qualifia, dans son Paysan de la Garonne, la crise moderniste de « rhume de foin » en comparaison de « l’espèce d’apostasie “immanente” » qui s’affichait alors. Ne nous y trompons pas ! Maritain n’était en rien ce qu’on appelle couramment un intégriste. Dans le même livre, il dénonce les « ruminants de la Sainte-Alliance », à savoir la droite catholique avec laquelle il avait rompu au temps de la crise de l’Action française. 

    Des aveugles conduisant des aveugles ?

    Et, aujourd’hui ? Il faut vraiment être aveugle, et parfois aveugle volontaire, pour ne pas constater une réelle division dans l’Église. Il suffit de le voir à travers la production des faiseurs d’opinion au sein du catholicisme français. Récemment, Le Figaro publiait un sondage mettant le Pape au centre des discussions des catholiques. Pour ou contre, en tout ou en partie ? À l’aune d’un tel procédé, Pie IX, béatifié par le pape Jean-Paul II, n’aurait eu que peu d’opinions favorables, lui dont les Romains voulurent jeter la dépouille mortelle dans le Tibre. 

    L’esprit du monde a vraiment pénétré l’Église et nous sommes sommés maintenant d’être pour ou contre le Pape, comme s’il n’était qu’un vulgaire chef d’État d’une vulgaire démocratie. Comme si nous oublions aussi sa mission de service de l’unité et de la vérité catholique. Des prêtres sur twitter s’agitent dans ce sens. Des laïcs s’écharpent à ce sujet sur facebook ou via des sites internet. Des livres prétendent expliquer le changement radical de notre époque, que nous n’aurions pas perçu. On est allé jusqu’à demander à Benoît XVI de préfacer l’ouvrage d’un hérétique sous prétexte que ­celui-ci présentait un aspect de la pensée théologique du pape François (cf. p. 11). 

    Ne pas varier

    C’est peu dire que la confusion règne ! Au risque de ne pas suivre ceux qui veulent absolument sauver la situation, il me semble que ce temps d’épreuve est aussi un temps de grâce. La Semaine sainte que nous venons de vivre nous a montré l’abandon du Christ, y compris par ses Apôtres et saint Pierre lui-même. Elle nous a permis de revivre la solitude absolue du Christ face à sa Passion, au point d’avoir sué des gouttes de sang. Mais, nous avons revécu aussi son triomphe, celui de la Résurrection et nous allons suivre désormais les Apôtres autour de saint Pierre et de saint Paul dans la conquête (pacifique) du monde, jusqu’au prix de leur sang, à eux aussi. 

    Dans les périodes de crise, de doute et de souffrance, il faut s’enraciner dans un regard surnaturel. Celui-ci ne nie pas la réalité de ce qui se déroule sous ses yeux. Il ne tente même pas de l’effacer par de pieux discours. Le constatant, et parce qu’il le constate, il recourt encore plus fortement aux moyens certains du salut. Comme l’enseignent nombre d’auteurs spirituels, dans la désolation, il écarte les nouveautés et s’en tient aux vérités de la doctrine et de la théologie traditionnelles, aux sacrements, à une foi renouvelée et une prière plus intense. Il prépare ainsi l’avenir qui débouchera à l’heure de Dieu sur une renaissance et un renouveau. 

    Notre espérance ? C’est bien le Christ ressuscité, l’Église qu’il a établie et la doctrine ne varietur qu’il a enseignée. Le reste n’est certes pas un simple rhume de foin. Il s’agit bien d’une croix. Grave, pénible, source de souffrance. Mais qui conduit involontairement et malgré tout à la Résurrection. Saint temps pascal à tous ! 

    Ref. Oportet haereses esse !

    L’histoire de l’Eglise n’a jamais été un long fleuve tranquille et les grands conciles oecuméniques qui jalonnent son existence ont été le théâtre des enjeux majeurs qu’elle dût maintes fois affronter. A Nicée (325) c’était la divinité même de la personne du Christ qui était la cause d’une controverse dont l’issue incertaine faillit  emporter l’objet de la révélation chrétienne. Et plus tard, à Trente (1545-1563) comme à Vatican II (1962-1965), ce sont des mutations anthropologiques majeures de la société qui ont appelé, de la part de l’Eglise, une réponse fidèle au dépôt de la foi reçue des apôtres. Dans l’un comme dans l’autre cas, une mise en œuvre équilibrée suppose du temps: plus de cinquante ans après la clôture de Vatican II, oscillant aujourd’hui encore entre les pontificats contrastés de Benoît XVI et de François, l'histoire de ce concile n’est manifestement pas encore vraiment écrite, contrairement à celle du Christ ressuscité, seule Espérance de notre salut.

    JPSC  

  • Pas de trève pascale au sommet de l’Eglise catholique

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    rome-7-avril-2018.png

    De Sandro Magister, vaticaniste à l'Espresso, en traduction sur le site Diakonos.be :

    Dans une Eglise sans guide, deux nouvelles protestations d’évêques et de fidèles

    Pas de trève pascale au sommet de l’Eglise catholique. En l’espace de quelques jours, deux des tournants les plus révolutionnaires du Pape François viennent d’être contestés par autant de déclarations publiques émanant de cardinaux, d’évêques et de membres du peuple chrétien.

    Il s’agit des deux tournants qui admettent à la communion eucharistique aussi bien les divorcés-remariés que les protestants.

    *

    A propos de la communion aux divorcés-remariés, en 2016 déjà quatre cardinaux s’étaient prononcés contre les « ouvertures » de François en lui soumettant leurs « dubia » avant de lui demander dans une lettre d’être reçus. Sans jamais obtenir de lui la moindre réponse.

    A présent, deux de ces cardinaux, l’allemand Walter Brandmüller et l’américain Raymond L. Burke sortent à nouveau du bois et, ensemble avec tous les participants d’un colloque qui s’est tenu à Rome aujourd’hui samedi 7 avril, viennent de publier une « Declaratio », une profession de foi, qui réaffirme les points-clés de la doctrine de l’Eglise mis en doute par le raz-de-marée novateur du pontificat actuel.

    On trouvera le texte de cette « Declaratio », disponible en plusieurs langues, ci-dessous sur cette même page.

    *

    En ce qui concerne en revanche la communion aux protestants pendant les messes catholiques, il se fait que sept évêques d’Allemagne, dont le cardinal de Cologne, Rainer Maria Woekli, en ont appelé au Saint-Siège contre la décision qui vient d’être prise par la Conférence épiscopale allemande de l’autoriser.

    Cette décision – qui se présente sous la forme d’un « guide d’orientation » – est entrée en vigueur le 22 mars au terme d’une réunion de la Conférence épiscopale où elle a été votée à la majorité après une discussion animée.

    Les évêques qui contestent cette décision estiment qu’elle touche à une question trop sensible, qui met en péril la doctrine et l’unité de l’Eglise catholique, que pour être laissée au seul jugement d’Eglises nationales, d’évêques ou de prêtres. C’est justement pour cela qu’ils ont fait appel à Rome, demandant un éclaircissement à la Congrégation pour la doctrine de la foi, dont le préfet est l’archevêque jésuite Luis Ladaria et au Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens présidé par le cardinal Kurt Koch.

    C’est le journal allemand « Kölner Stadt-Anzeiger » qui a donné cette information le 4 avril dernier. Les sept signataires de ce recours, outre le cardinal Woekli, sont Ludwig Schick, archevêque de Bamberg, Konrad Zdarsa, évêque d’Augsbourg, Gregor Maria Hanke, évêque d’Eichstätt, Stefan Oster, évêque de Passau, Rudolf Voderholzer, évêque de Ratisbonne et Wolfgang Ipolt, évêque de Görlitz.

    Quant à savoir si le Saint-Siège répondra et comment, cela dépendra naturellement de ce que décidera le Pape François.

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