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Eglise - Page 3

  • L’offrande de la vie : un nouveau cas d’espèce de la procédure de béatification et de canonisation

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    De Constance Roques sur zenit.org :

    Motu proprio sur l’offrande de la vie (Traduction intégrale)

    Une nouvelle voie vers la béatification

    Le pape François a ouvert la possibilité d’une nouvelle voie pour les procès de béatification et de canonisation : « l’offrande de la vie », qui s’ajoute aux voies du martyre et de l’héroïcité des vertus. Voici notre traduction intégrale de la Lettre apostolique sous forme de Motu Proprio “maiorem hac dilectionem” publiée à ce propos ce 11 juillet 2017.

    Motu Proprio “maiorem hac dilectionem”

    « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13)

    Ils sont dignes d’une considération et d’un honneur particuliers, ces chrétiens qui, suivant de plus près les pas et les enseignements du Seigneur Jésus, ont offert volontairement et librement leur vie pour les autres et ont persévéré dans cette intention jusqu’à la mort.

    Il est certain que l’offrande héroïque de sa vie, suggérée et soutenue par la charité, exprime une imitation véritable, pleine et exemplaire du Christ et c’est pourquoi elle mérite cette admiration que la communauté des fidèles a l’habitude de réserver à ceux qui ont volontairement accepté le martyre du sang ou ont exercé les vertus chrétiennes à un niveau héroïque.

    Avec l’appui de l’avis favorable exprimé par la Congrégation pour les causes des saints qui, lors de la session plénière du 27 septembre 2016, a attentivement étudié si ces chrétiens méritent la béatification, j’établis que soient observées les normes suivantes :

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  • Le 13 juillet 1917 à Fatima

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    De Tom Hoopes sur aleteia.org :

    Fatima : comment le 13 juillet 1917 a changé l’Église

    Le message, délivré par Notre Dame de Fatima ce jour-là, a suscité de nombreuses conversions mais a aussi conduit certains à rejeter la foi.

    Cette semaine est marquée par le 100e anniversaire de la plus complexe des sept apparitions de Marie à Fatima survenue en 1917, au Portugal. Le message qu’elle a délivré ce jour-là a inspiré à certains un parcours de conversion mais a provoqué chez d’autres une forte répulsion face à la foi. Certains ont pu y perdre la raison, d’autres s’y sont ralliés contre leur même raison.

    Ce jour-là, en effet, la Sainte Vierge fit un récit effrayant aux trois pastoureaux de Fatima, en les ouvrant à cette occasion à une vision de l’enfer, et en les mettant sévèrement en garde contre le risque d’une nouvelle guerre mondiale et d’une nouvelle ère des martyrs. Mais surtout, le message du 13 juillet 1917, la Vierge Marie a changé le regard de l’Église sur le monde contemporain.

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  • Le synode sur les jeunes rencontre peu d'écho

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    De Gauthier Vaillant sur le site du journal La Croix :

    En France, le synode sur les jeunes mobilise peu

    Diocèses et mouvements ont jusqu’à vendredi 14 juillet pour remettre à la Conférence des évêques de France la synthèse des consultations qu’ils ont menées auprès des jeunes en vue du synode d’octobre 2018.

    Le bilan est en demi-teinte en termes de participation, et le pari du pape François de mobiliser les jeunes éloignés de l’Église ne semble pas gagné.

    Un après-midi de juin, dans une salle paroissiale non loin de la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), les débats vont bon train au sujet de la place des jeunes dans l’Église. « Attention, l’Église n’a pas vocation à être uniquement une Église de jeunes », lance une laïque de la Mission de France« Mais ce sont les jeunes qui donnent l’impulsion pour le changement », lui répond une jeune femme du Forum français de la jeunesse, de loin sa cadette. « Non, c’est l’ensemble du peuple de Dieu ! » rétorque la première.

    RETROUVEZ notre dossier Synode sur les jeunes

    À l’invitation du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), une trentaine de membres d’une dizaine de mouvements catholiques étaient venus plancher ce jour-là sur une participation commune en vue du synode sur les jeunes et les vocations.

    « Peu de réponses »

    À leur image, ces derniers mois, l’Église de France a sollicité les jeunes en vue de ce synode qui se réunira à Rome en octobre 2018, pour tenter de connaître leurs aspirations et leurs envies de changement. Cette phase de consultation touche désormais à son terme : mouvements et diocèses ont jusqu’à vendredi 14 juillet pour envoyer à la Conférence des évêques de France (CEF) la synthèse de leurs travaux.

    Dans le diocèse d’Angers (Maine-et-Loire), « nous avons eu peu de réponses », reconnaît Florence Varaigne, déléguée épiscopale pour les jeunes. Ceux-ci ont pourtant été pleinement associés à la démarche : cinq personnes de 16 à 29 ans, un lycéen, un étudiant, un jeune professionnel, un jeune en service civique et un séminariste, ont participé à l’élaboration d’un questionnaire.

    Les répondants, eux, sont surtout de jeunes catholiques engagés. « Ils apprécient les grands rassemblements comme les JMJ, mais ils ont aussi besoin de propositions le reste du temps dans les paroisses, résume Florence Varaigne. Beaucoup insistent sur l’importance d’avoir des prêtres et des laïcs qui “donnent envie”. » Quant aux non pratiquants, elle confirme une inquiétude que beaucoup avaient exprimée : « Le pape François veut que tous les jeunes aient la parole, mais il est très difficile d’atteindre ceux qui sont loin de l’Église. »

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  • Les chrétiens sont-ils capables de transmettre leurs convictions sur l’importance de l’existence, la relativité de l’économique, la valeur de l’engagement, de la solidarité ?

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    Lu sur le site de l'Eglise catholique à Paris :

    Entretien du cardinal André Vingt-Trois à l’AFP (12 juillet 2017)

    Politique française, crise des migrants, jihadisme... À quelques mois de son départ du siège d’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, 74 ans, dessine son “idéal” de société contre une “société de fric”, dans un entretien à l’AFP après des mois de silence médiatique - Réalisé par Benoît Fauchet.

    Vous traversez une épreuve de santé, un syndrome neurologique de Guillain-Barré, maladie auto-immune du système nerveux. Comment le vit-on quand on assume vos responsabilités ?

    Je suis un long chemin de convalescence. J’ai partagé modestement la condition des malades, expérimenté la dépendance. J’ai vérifié que mon identité ne se réduisait pas aux activités que je pouvais mener. C’est une leçon de vie, parce que beaucoup de gens ont tendance à juger la valeur des autres par ce qu’ils font, l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes, pas par leur existence propre.

    Quel regard avez-vous porté sur la présidentielle, lorsque les évêques ont été invités à prendre position entre les deux finalistes ?

    Beaucoup de temps médiatique est consacré à des oppositions entre personnages publics, très peu au contenu des événements. Ce n’est pas sain pour la démocratie. Si on essaye de réfléchir sur les enjeux, ce que le conseil permanent des évêques a fait à deux reprises, on dit +l’Eglise n’a rien à dire+. Mais je ne me souviens pas d’un débat électoral où l’Eglise a dit +il faut voter pour untel+. Au fond certains veulent une parole utilisable pour servir de combustible à la polémique. C’est pour ça que je me tais dans ce genre de débat !

    Quelles attentes avez-vous à l’égard du nouveau pouvoir : le rassemblement, l’apaisement des fractures, y compris sur des sujets sociétaux sensibles comme la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui) ?

    La responsabilité de nos gouvernants est d’incarner un projet collectif. C’est irréductible à une vision purement économique et financière de la société, c’est le principe d’une société animée par un idéal. Qu’est-ce qui fait que les Français vivent ensemble, qu’ils sont une nation, une société organisée autour d’un corpus commun ? Chaque fois qu’on prend des décisions qui effritent ce corpus, on appauvrit les possibilités de permettre aux jeunes d’identifier ce qui est commun. Donner l’impression qu’on peut fabriquer des enfants au gré de ses désirs et les regarder pousser de loin, ce n’est quand même pas donner une image très forte de la transmission intergénérationnelle... Si nous n’avons pas un minimum d’idées et de consensus sur ce qui est bon pour l’Homme, aucun vote ne peut le définir.

    On pourrait penser que l’Église est plus discrète sur les questions de solidarité, l’accueil des migrants : ce n’est pas le cas ?

    Ce qui définit clairement l’identité chrétienne, ça n’est pas l’adhésion à des valeurs, c’est la mise en pratique de convictions. Il n’est pas difficile de tenir des discours enflammés ; ce qui est plus compliqué, c’est de retrousser ses manches et de réaliser quelque chose, qui n’est pas forcément spectaculaire. Ainsi des paroisses et associations dans les quartiers nord de Paris, qui n’ont pas des ressources illimitées, s’engagent sur l’accompagnement et l’intégration des migrants.

    Mais - question plus radicale - veut-on ou non accueillir ces malheureux ? Cette question semble appeler une réponse évidente, qui n’est pas portée par la société. Il faut un objectif suffisamment structurant pour convaincre que l’accueil des pauvres va coûter quelque chose à chacun.

    Comment voyez-vous les tensions que le terrorisme islamiste fait peser sur le monde, notamment sur la France ?

    Nous pouvons espérer que les armées vont arriver à venir à bout du groupe Etat islamique. Mais quand ce sera fini, ce ne sera pas fini ! Ce serait céder à l’illusion de certains courants politiques selon laquelle le terrorisme nous vient d’ailleurs et par des migrants. La majeure partie des terroristes ont surgi dans nos sociétés, trop souvent vides de sens. Il faut développer les mesures coercitives, mais quand on traite les symptômes, on n’a pas soigné la maladie. Notre société ne peut-elle susciter que le rejet ou le fanatisme terroriste, ou bien susciter une compétition positive par les espérances qu’elle porte ?

    Dans quelques mois, atteint par la limite d’âge (75 ans en novembre), vous allez quitter votre siège d’archevêque de Paris. Quels seront les défis à relever par votre successeur ?

    L’Église qui est à Paris est vivante, elle a la capacité de se développer. Comme d’autres, elle est dans une période de cassure entre l’héritage d’une société post-chrétienne et l’avènement d’une société des idoles - une société de fric. Le défi des chrétiens est de savoir s’ils vont être capables de transmettre à la génération qui vient leurs convictions sur l’importance de l’existence, la relativité de l’économique par rapport au spirituel ou au culturel, la valeur de l’engagement, de la solidarité.

  • Quand le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, énumère les chantiers qu’il souhaiterait engager

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    De Marie Malzac sur le site du journal La Croix :

    Les priorités liturgiques du cardinal Sarah

    À l’occasion des dix ans du Motu proprio Summorum pontificum, libéralisant la forme extraordinaire du rite romain, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, énumère les chantiers qu’il souhaiterait engager dans un long texte publié par le mensuel catholique traditionaliste La Nef.

    Depuis sa nomination comme préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, en 2014, le cardinal Robert Sarah a évoqué à plusieurs reprises la nécessité d’une « réforme de la réforme », expression déjà utilisée en son temps par Benoît XVI.

    L’année dernière, le pape François avait mis en garde contre l’utilisation d’une telle expression – la qualifiant d’« erreur » – au vu des récupérations dont elle fait régulièrement l’objet par « des personnes rigides ».

    Dans une longue analyse publiée dans le numéro de juillet du mensuel traditionaliste La Nef, qui consacre un important dossier aux dix ans du Motu proprio Summorum pontificum, libéralisant le rite en cours avant les années 1960, le gardien de la liturgie catholique se rallie à cette position. Il reconnaît qu’il convient d’abandonner cette expression, « devenue synonyme de domination d’un clan sur l’autre ». L’heure est désormais, dit-il, à la « réconciliation liturgique ».

    > À LIRE : Le cardinal Sarah et le silence dans la liturgie

    « Ceux qui prétendent que l’usage de la forme extraordinaire du rite romain remettrait en cause l’autorité du concile Vatican II se trompent gravement », estime-t-il ainsi. Au contraire, à ses yeux, il faut désormais réfléchir à la façon dont, selon le souhait formulé en son temps par Benoît XVI, l’ancienne et la nouvelle forme pourraient s’enrichir « mutuellement ».

    Vers un « rite commun réformé » ?

    Le cardinal Sarah va même plus loin. « Il est prioritaire que nous examinions comment retourner à un rite commun réformé, toujours avec cette finalité d’une réconciliation à l’intérieur de l’Église parce que, pour le moment, il y a encore des violences, du mépris et des oppositions douloureuses ».

    Il adresse pour cela certaines recommandations. À ceux qui « pratiquent la forme extraordinaire du rite romain », il conseille de ne pas adopter de « posture esthétique, bourgeoise, une forme d’archéologisme culturel ». « L’usage de la forme extraordinaire fait partie intégrante du patrimoine vivant de l’Église catholique, elle n’est pas un objet de musée », rappelle le cardinal, invitant à intégrer dans la forme extraordinaire une « juste conception » de la participation des fidèles à la liturgie.

    Mais il demande également que la possibilité de célébrer selon l’ancien missel soit facilitée.

    À ses yeux, la forme ordinaire doit réapprendre du rite antérieur à Vatican II « la primauté de Dieu », en évitant l’écueil d’une présence « massive et centrale du prêtre », qui risque de devenir un « écran opaque ».

    Plusieurs pistes

    Il énumère en ce sens plusieurs suggestions. « Quand nous célébrons la messe, propose le cardinal, mettons toujours sur l’autel une grande croix, une croix bien en vue, comme point de référence pour tous, pour le prêtre et pour les fidèles ».

    Autres recommandations : « garder les doigts joints après la consécration, faire la génuflexion avant l’élévation, communier à genoux, recevoir la communion sur les lèvres ». « L’usage du latin dans certaines parties de la messe, peut aussi aider à retrouver l’essence profonde de la liturgie », ajoute-t-il.

    > À LIRE : Le cardinal Sarah suggère aux prêtres de célébrer « vers l’Orient » à partir de l’Avent 2016

    « J’exhorte les jeunes prêtres à abandonner avec hardiesse les idéologies des fabricants de liturgies horizontales et à revenir aux directives de Sacrosanctum Concilium », souligne encore le cardinal, qui propose aussi la célébration « vers l’Orient » et l’ouverture « d’espaces de silence » dans la liturgie.

    Le cardinal Sarah affirme enfin qu’il souhaiterait, « dans une prochaine édition du missel romain réformé, insérer en annexe les prières au bas de l’autel de la forme extraordinaire, peut-être dans une version simplifiée et adaptée, et les prières de l’offertoire » pour compléter le canon romain.

    > À LIRE : Le cardinal Sarah encourage la messe « tournés vers Dieu »

  • Un philosophe, ami de Benoît XVI et ancien Président du Sénat italien, critique sévèrement les positions du pape François sur l'immigration et la politique

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    Marcello Pera est un philosophe italien très apprécié de Benoît XVI qui s'est dit très proche de ses positions lors de la publication d'un ouvrage intitulé "Pourquoi nous devons nous dire chrétiens. Le libéralisme, l'Europe, l'éthique". L'amitié qui les lie n'est un mystère pour personne. Marcello Pera juge très sévèrement les positions exprimées par le pape François...

    De Corrado Ocone sur Il Mattino (9/7, p. 9), transmis et traduit par un ami auquel nous exprimons toute notre gratitude. 

    Bergoglio veut faire de la politique, ça n’a rien à voir avec l’Evangile !

    Marcello Pera : « Ouvrir grand les portes aux migrants risque d’exacerber les tensions » 

    Dans un entretien exclusif avec Eugenio Scalfari pour le quotidien « La Repubblica », le pape François est à nouveau intervenu dans le débat politique avec des positions fortes et dérangeantes, des positions que l’on aurait autrefois qualifiées de « gauchistes ».  Cette fois, le pape s’est adressé directement aux grands de ce monde réunis à Hambourg à l'occasion du G20 pour s’opposer par principe à toute politique visant à contrôler et à limiter les migrations de masse en provenance des pays pauvres vers l’Europe. Pour mieux comprendre les idées et surtout l’action politique et médiatique du pape, aux antipodes de celle de son prédécesseur, nous avons posé quelques questions à l’ex-président du Sénat Marcello Pera.  Il se définit comme libéral et catholique et partage, comme on le sait, de nombreuses idées avec le pape émérite Benoît XVI avec lequel il a même rédigé un livre à quatre mains intitulé « Sans racines » (Senza radici.  Europa, relativismo, cristianesimo, Islam. Mondadori. 2004).

    Président, quel jugement portez-vous sur les appels incessants du pape François à accueillir les migrants ?  Un accueil indiscriminé, inconditionnel, total ?

    « Franchement, je ne comprends pas ce pape, ce qu’il dit dépasse tout entendement rationnel.  Il est évident pour tout le monde qu’un accueil indiscriminé n’est pas possible : il y a un seuil critique qu’on ne peut pas dépasser. Si le pape ne fait pas référence à ce point critique, s’il insiste sur un accueil massif et total, alors je me pose cette question : pourquoi dit-il cela ?  Quel est le véritable but de ses déclarations ?  Pourquoi ne fait-il pas preuve d’un minimum de réalisme ?  Je ne peux donner qu’une seule réponse : le pape le fait parce qu’il déteste l’Occident, il aspire à le détruire et il fait tout pour atteindre ce but.  Tout comme il aspire à détruire la tradition chrétienne, le christianisme tel qu’il s’est réalisé dans l’histoire. S’il ne tient pas compte du seuil critique au-delà duquel nos sociétés ne peuvent plus accueillir personne ni garantir à quiconque la dignité minimale due à tout être humain, nous allons rapidement assister à une véritable invasion qui nous submergera et remettra en cause nos façons de vivre, nos libertés et le christianisme lui-même. l y aura une réaction et une guerre. Comment le pape ne le comprend-il pas ?  Et dans quel camp sera-t-il une fois que cette guerre civile éclatera ? »

    Ne considérez-vous pas qu’il y ait un lien avec l’Evangile et l’enseignement du Christ ?  L’éthique du pape ne serait-elle pas celle d’une conviction absolue, abstraite, qui ne tient pas compte des conséquences ?

    « Absolument pas.  Tout comme il n’y a aucune motivation rationnelle, il n’y a pas davantage de motivation évangélique susceptible d’expliquer ce que dit le pape. Par ailleurs nous avons affaire à un pape qui, depuis le jour de son installation, fait uniquement de la politique. Il cherche les applaudissements faciles en jouant tantôt au secrétaire général de l’ONU, tantôt au chef de gouvernement et même au syndicaliste quand il intervient dans les dossiers contractuels d’une société comme Mediaset.  Sa vision est dans la droite ligne du justicialisme péroniste sud-américain qui n’a rien à voir avec la tradition occidentale des libertés politiques avec ses racines chrétiennes. Le christianisme du pape est d’une autre nature.  Il s’agit d’un christianisme entièrement politisé ».

    Comment se fait-il que cela ne suscite aucune réaction des défenseurs de la laïcité qui n’ont pourtant eu de cesse de faire entendre leur voix au cours des pontificats précédents ?

    « En Italie, le conformisme est à son apogée. Ce pape plaît à l’opinion publique avertie qui apprécie sa manière d’être et qui est prête à l’applaudir même quand il dit des banalités ».

    Dans un passage de l’interview de Scalfari, Bergoglio, après avoir fait un appel à l’Europe, évoque des « alliances très dangereuses » contre les migrants dans le chef de « puissances qui ont une vision déformée du monde : l’Amérique et la Russie, la Chine et la Corée du Nord ».  N’est-il pas curieux de mettre sur un même pied une ancienne démocratie telle que l’Amérique et des pays fortement autoritaires voire totalitaires ?

    « Ça l’est mais cela n’a rien d’étonnant à la lumière de ce que je viens de dire. Le pape ressort toutes les idées préconçues du Sud-Américain envers l’Amérique du Nord, vis-à-vis du marché, des libertés et du capitalisme. Cela aurait été pareil même si Obama était resté en place à la présidence des Etats-Unis mais il ne fait aucun doute que ces idées du pape rejoignent aujourd’hui, dans une combinaison explosive, le sentiment anti-Trump répandu en Europe ».

    Monsieur le Président, j’aimerais revenir un instant sur le fait que le pape « fasse de la politique ».  S’agit-il vraiment d’une nouveauté par rapport au passé ?

    « Certainement. Bergoglio ne s’intéresse que peu voire pas du tout au christianisme en tant que doctrine, à l’aspect théologique. Et c’est sans aucun doute une nouveauté. Ce pape a pris le christianisme et l’a transformé en un programme politique. En apparence, ses affirmations reposent sur l’Ecriture mais en réalité elles sont fortement sécularistes. Bergoglio ne se préoccupe pas du salut des âmes mais seulement de la sécurité et du bien-être social. C’est un fait préliminaire. Sur le fond de ses déclarations, on ne peut manquer de s’inquiéter que ses affirmations ne finissent par déclencher de façon incontrôlable une crise politique et une crise religieuse.  Du premier point de vue, il suggère à nos Etats de se suicider, il incite l’Europe à ne plus être ce qu’elle est. Du second point de vue, on ne peut pas nier qu’un schisme latent divise le monde catholique et qu’il est entretenu par Bergoglio avec obstination et détermination et, en ce qui concerne ses collaborateurs, même avec méchanceté ».

    Quelle est la raison de tout cela ?  N’est-ce pas profondément irrationnel ?

    « Non, ça ne l’est pas. Je dirais même que le Concile Vatican II vient finalement d’exploser dans toute sa radicalité révolutionnaire et subversive. Ce sont des idées qui mènent l’Eglise catholique au suicide mais elles étaient déjà soutenues et justifiées à l’époque et à cette occasion. On oublie parfois que le Concile a historiquement précédé la révolution étudiante, la révolution sexuelle, celle des coutumes et des manières de vivre. Il l’a anticipée et d’une certaine façon provoquée. L’aggiornamento du christianisme a alors profondément laïcisé l’Eglise et a initié un changement très profond qui risquait de mener au schisme même s’il fut gouverné et étroitement contrôlé au cours des années qui ont suivi. Paul VI l’avait soutenu mais il en fut finalement lui-même victime. Les deux très grands papes qui lui ont succédé étaient parfaitement conscients des conséquences que cela risquait de provoquer mais ils ont toujours tenté de les contenir et de les garder sous contrôle. Ils ont adopté une vision tragique de la réalité, ils ont résisté en cherchant à mitiger le nouveau à l’aide de la tradition et ils l’ont fait d’une façon remarquable. Ils avaient entrepris une marche en arrière mais aujourd’hui les barrières sont tombées : la société plutôt que le salut, c’est la cité terrestre de Saint Augustin plutôt que la cité céleste qui semble à présent former l’horizon de référence de la hiérarchie ecclésiastique dominante. Les droits de l’homme, tous et sans exclusion, sont devenu la référence idéale et la boussole de l’Eglise et il n’y a presque plus d’espace pour les droits de Dieu et de la tradition. À tout le moins en apparence. Bergoglio se sent totalement libre par rapport à cela ».

    Pourquoi dites-vous « en apparence » ?

    « Parce que derrière la façade et les applaudissements, tout ce qui brille n’est pas or. Il n’y a pas que les applaudissements place Saint-Pierre. Moi qui vis en province, je me rends compte qu’une partie du clergé, surtout et de manière étonnante les plus jeunes, sont stupéfaits et déconcertés par certaines affirmations du pape. Pour ne pas parler de tant de personnes simples qui sont aujourd’hui victimes des problèmes d’insécurité que les migrants créent dans nos périphéries et qui sont outrés d’entendre parler d’accueil sans condition. Le clergé plus adulte, celui d’âge moyen, est en revanche davantage dans le camp de Bergoglio : qui par conformisme, qui par opportunisme, qui par conviction, ayant eux-mêmes grandi dans ce climat culturel des années soixante qui est à l’origine de certains choix.  C’est justement pour cela que je parle d’un schisme profond et latent. Dont le pape ne semble cependant pas se préoccuper le moins du monde ».

    Que pensez-vous, de façon plus générale, de la gestion des flux migratoires et de l’insensibilité de l’Europe envers l’Italie ?

    « Notre pays est seul, désespérément seul. C’est dangereux. Cela m’inquiète. Nous sommes seuls parce que les autres pays font passer leur propre intérêt national avant tout. Derrière les belles déclarations publiques, ils ne se préoccupent pas tellement de nous.  Et nous sommes seuls parce que l’Eglise nous invite à ouvrir grand nos portes, presque comme s’ils voulaient profiter de notre faiblesse. Je crains une réaction négative. Je crains que la protestation du peuple ne se renforce et ne débouche sur quelque chose de peu souhaitable. Dans le cas présent, ce n’est plus une question de gauche ou de droite. Par ailleurs, je pense que les contradictions du pape seront rapidement mises en évidence : il n’est déjà plus en phase avec ses fidèles. Une alliance entre catholiques conservateurs et les forces souverainistes, pour le dire comme cela, est très probable ».

    Que pensez-vous de « l’incident » concernant Renzi qui a dû supprimer le post Facebook dans lequel il citait un passage de son prochain livre réclamant un « numerus clausus » et invitant à aider les migrants chez eux ?

    « Renzi a raison sur ce point. Le slogan est correct. Même s’il faut admettre qu’il faut aussi savoir concilier certaines idées en politique. La grave crise dans laquelle notre pays est plongé est celle d’une classe politique qui n’est tout simplement plus à la hauteur de sa mission. A droite comme à gauche, Renzi est sur la courbe descendante et paye les nombreuses erreurs qu’il a commises : il aura du mal à s’en relever…  Il suffit de penser à notre provincialisme et à la façon dont nous sommes rapidement tombés amoureux d’un leader comme Macron qui appartient davantage au monde de la robotique qu’à celui de la politique. Et qui, par-dessus le marché, sert avant tout les intérêts de la France ».

    Comment sortir de la crise ?  Qu’est-ce que vous souhaitez ?

    « Je souhaite un pape qui prenne en mains la croix de l’Occident, de ses valeurs.  Qui ne rêve pas d’un Occident paupérisé. Et je souhaite à l’Italie une classe politique et une opinion publique qui remette les thèmes de l’identité, le sens national et la tradition au centre du discours. Je suis de plus en plus pessimiste. Et je prends toujours plus de pilules pour chercher à me tranquilliser ».

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  • Benoît, fondateur du monachisme occidental (11 juillet)

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    Benoît XVI, catéchèse, 9 avril 2008 (via Introibo.fr)

    Chers frères et sœurs, Je voudrais parler aujourd’hui de saint Benoît, fondateur du monachisme occidental, et aussi Patron de mon pontificat. Je commence par une parole de saint Grégoire le Grand, qui écrit à propos de saint Benoît : "L’homme de Dieu qui brilla sur cette terre par de si nombreux miracles, ne brilla pas moins par l’éloquence avec laquelle il sut exposer sa doctrine" [3]. Telles sont les paroles que ce grand Pape écrivit en l’an 592 ; le saint moine était mort à peine 50 ans auparavant et il était encore vivant dans la mémoire des personnes et en particulier dans le florissant Ordre religieux qu’il avait fondé. Saint Benoît de Nursie, par sa vie et par son œuvre, a exercé une influence fondamentale sur le développement de la civilisation et de la culture européenne. La source la plus importante à propos de la vie de ce saint est le deuxième livre des Dialogues de saint Grégoire le Grand. Il ne s’agit pas d’une biographie au sens classique. Selon les idées de son temps, il voulut illustrer à travers l’exemple d’un homme concret - précisément saint Benoît - l’ascension au sommet de la contemplation, qui peut être réalisée par celui qui s’abandonne à Dieu. Il nous donne donc un modèle de la vie humaine comme ascension vers le sommet de la perfection. Saint Grégoire le Grand raconte également dans ce livre des Dialogues de nombreux miracles accomplis par le saint, et ici aussi il ne veut pas raconter simplement quelque chose d’étrange, mais démontrer comment Dieu, en admonestant, en aidant et aussi en punissant, intervient dans les situations concrètes de la vie de l’homme. Il veut démontrer que Dieu n’est pas une hypothèse lointaine placée à l’origine du monde, mais qu’il est présent dans la vie de l’homme, de tout homme.

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  • Le G20 inquiète le pape François

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    Pape-François-audience-générale-du-10-avril-2013-FB-news.va_ (1).jpgLu sur "yahoo actualités" : le pape François se dit inquiet des alliances qui pourraient être scellées aux dépens des pauvres et des migrants à l'occasion du sommet du G20.

    « Le pape François se dit inquiet des alliances qui pourraient être scellées aux dépens des pauvres et des migrants à l'occasion du sommet du G20, dans un entretien publié samedi par le quotidien italien La Repubblica.

    "Je crains qu'il y ait des alliances très dangereuses entre les puissances qui ont une vision déformée du monde : l'Amérique et la Russie, la Chine et la Corée du Nord, la Russie et Assad dans la guerre en Syrie", dit-il.

    Les plus grands dangers, poursuit le souverain pontife, sont ceux qui pèsent sur "les pauvres, les faibles, les exclus, dont les migrants font partie".

    "D'autre part, il y a des pays où la majorité des pauvres ne provient pas de flux migratoires, mais de catastrophes sociales. D'autres ont peu de pauvres, mais craignent l'invasion des migrants. Voilà pourquoi le G20 m'inquiète", ajoute-t-il.

    (Giulia Segreti, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

    Ref. le G20 inquiète le pape François

    Une vision politique énoncée en forme de slogan  par le pape, dans une nouvelle interview réalisée par Eugenio Scalfari et publiée dans le quotidien de gauche « La Repubblica ». Elle mériterait sans doute d’être étayée par quelques développements de la pensée  pontificale.

    JPSC

  • Le fait du Prince

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    Lu ce commentaire de Sandro Magister traduit par notre confrère du site diakonos.be :

    Pape-François  à l'audience générale.jpg« En commentant dans « Allgemeine Zeitung » sa propre démission comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi survenue le 2 juillet à l’échéance exacte des cinq ans de son mandat, le cardinal Gerhard Ludwig Müller a déclaré que le pape François « ne souhaitait plus prolonger les fonctions à la Curie au-delà de cinq ans et qu’il a été le premier auquel cette pratique s’est appliquée ».

    Il ne fait en tout cas aucun doute que le licenciement du cardinal Müller est une première du genre.  D’autant qu’au cours des jours et des mois précédents, d’autres dirigeants de la Curie ont été maintenus à leur poste par le pape à l’échéance de leur mandat.  Mais il reste à voir si, à l’avenir, tous ceux qui arriveront progressivement au terme de leur quinquennat seront effectivement déchargés de leurs fonctions.

    François aime avancer avec beaucoup de liberté par rapport aux règles, y compris celles qui fixent les deux limites d’âge : celle des 75 ans, quand on est censé remettre sa lettre de démission au pape, comme pour les évêques résidents, et celle des 80 ans quand on devrait être automatiquement démis de toutes ses charges curiales.

    Par exemple Mgr Pio Vito Pint, le doyen de la Rote romaine, a 76 ans mais est toujours en poste. Il est peu probable que François souhaite s’en priver le 22 septembre prochain, à l’échéance de son quinquennat.

    En effet, c’est sur Mgr Pinto que le pape s’appuie « in toto » pour la réforme des procès en nullité de mariage, malgré ses médiocres qualifications en tant que canoniste et les critiques qui se sont abattues sur lui à cause des modalités incohérentes des nouvelles procédures.

    Et ce n’est pas tout. Le 19 juin dernier, François lui a adjoint comme chancelier l’un de ses protégés, Daniele Cancilla, le premier laïc à être promu à une fonction si importante, malgré qu’il ait été licencié pour mauvaise conduite par la Conférence épiscopale italienne où il s’était longtemps occupé de l’aide aux diocèses étrangers et où il avait justement lié des liens étroits d’amitié avec celui qui était l’archevêque de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio, qui était l’un de ses bénéficiaires.

    En revenant au cas de Mgr Müller, il faut également signaler que François est en train de remodeler à sa guise la Congrégation pour la doctrine de la foi non seulement en licenciant le préfet qui lui était antipathique mais surtout en nommant de façon inattendue au poste de sous-secrétaire un homme qui lui est très proche, Mgr Giacomo Morandi, qu’on a fait venir du diocèse de Modène où il était vicaire général sur le conseil du cardinal Beniamino Stella, ex-nonce à Cuba et en Colombie et aujourd’hui préfet de la Congrégation pour le clergé et qui est sans doute parmi tous les cardinaux de la Curie celui qui est le plus proche de Jorge Mario Bergoglio.

    C’est sur recommandation de Mgr Morandi que le pape avait licencié en bloc, il y a quelques mois, trois hauts dignitaires de la Congrégation pour la doctrine de la foi très estimés par Mgr Müller. Un licenciement qui avait fait grand bruit.

    *

    Examinons à présent plus en détails les états de service des différents dirigeants e la Curie dont le mandat est arrivé à échéance dernièrement mais qui sont restés en poste.

    • Le 1 juillet, la veille du licenciement du cardinal Müller, le cardinal argentin Leonardo Sandri, Préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, a achevé son second quinquennat mais il est toujours en place.
    • Le 26 juin, l’archevêque anglais Arthur Roche, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin, a achevé son quinquennat mais le cardinal préfet Robert Sarah l’a toujours à ses côtés, et certainement pas de gaieté de cœur vu la divergence de leurs opinions respectives.
    • Le 15 février dernier, le cardinal Francesco Coccopalmerio, président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, a achevé son second quinquennat. Mais le pape François ne l’a pas démis, malgré qu’il ait dépassé les 79 ans. Fervent défenseur de la communion aux divorcés remariés, le cardinal Coccopalmerio semble également résister au scandale qui a frappé il y a trois mois son secrétaire, Mgr Luigi Capozzi, pris sur le fait par la gendarmerie vaticane dans son appartement du palais du Saint-Office en pleine orgie homosexuelle où circulait de la drogue dure.
    • Le 18 août 2016, le cardinal Beniamino Stella, Préfet de la congrégation pour le clergé et proche conseiller du pape, a fêté ses 75 ans. Il est toujours en poste.

    *

    Voici à présent une liste des responsables de la Curie dont le mandat arrive prochainement à échéance et que le pape – comme il l’a déclaré au cardinal Müller – devrait décharger de leurs fonctions.

    • Le 1 septembre prochain, ce serait le tour du cardinal Jean-Louis Tauran, parvenu au terme de son second quinquennat comme président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.
    • Le 3 septembre, ce sera le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la Culture, qui arrivera au terme de son second quinquennat. Et il atteindra les 75 ans le 18 octobre prochain.
    • Le 8 septembre, l’argentin Marcelo Sánchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des sciences et de l’Académie pontificale des sciences sociales atteindra les 75 ans. Et l’année prochaine, le 5 octobre 2018, il achèvera son quatrième quinquennat de service.
    • Le 22 septembre s’achèvera le quinquennat de Mgr Pinto, le doyen de la Rote romaine dont nous parlions ci-dessus, qui a dépassé les 75 ans.
    • Le 1er octobre, le cardinal Giuseppe Bertello, Président du gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican atteindra les 75 ans.
    • Le 1er octobre s’achèvera aussi le second quinquennat du maître des cérémonies pontificales, Mgr Guido Marini.
    • Le 7 décembre ce sera l’archevêque Georg Gänswein, le secrétaire du pape émérite Joseph Ratzinger, qui terminera son quinquennat comme Préfet de la maison pontificale.
    • Le 3 février 2018, le cardinal Domenico Calcagno, président de l’Administration du Patrimoine du Siège Apostolique, l’APSA, très proche du pape François et resté en fonction au terme de son premier mandat de cinq ans le 7 juillet 2016, atteindra lui aussi les 75 ans.
    • Le 6 avril 2018, Mgr José Rodríguez Carballo arrivera au terme de son quinquennat comme secrétaire de la Congrégation pour les religieux.
    • Le 9 juillet 2018 arrivera à son terme le second quinquennat du cardinal – qui aura alors 80 ans – Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints.
    • Le 10 juillet 2018, l’archevêque Joseph Augustine Di Noia, secrétaire-adjoint de la Congrégation pour la doctrine de la foi, atteindra les 75 ans. Il avait été reconduit dans cette fonction le 21 septembre 2013 « jusqu’à ses 75 ans accomplis ».
    • Le 3 août 2018, l’aumônier de Sa Sainteté, l’archevêque Konrad Krajewski, achèvera son quinquennat.
    • Le 21 septembre 2018, le cardinal Lorenzo Baldisseri, un autre protégé du pape François, déjà âgé de 77 ans, terminera son quinquennat comme Secrétaire général du synode des évêques.
    • Le 12 octobre 2018, ce sera au tour de l’archevêque brésilien Ilson de Jesus Montanari, au terme de son premier quinquennat de secrétaire de la Congrégation pour les évêques. Il avait été nommé ce poste crucial par le pape François en personne, comme son référent direct.

    *

    En théorie, toutes ces personnes devraient être déchargées de leurs fonctions les unes après les autres, en vertu de la nouvelle pratique inaugurée avec le cardinal Müller. Mais en pratique, que fera François ?  Les paris sont ouverts.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    Ref. À la Curie, pas plus de cinq ans et puis dehors, dit le pape. Mais entre le dire et le faire…

    JPSC

  • Le pape François se dit favorable à la béatification de Blaise Pascal

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    Du site d'Ouest France :

    Blaise Pascal béatifié ? Le pape François y est favorable

    Le pape François s'est déclaré samedi favorable à une béatification de Blaise Pascal, philosophe, mathématicien, polémiste et théologien français du XVIIe siècle qui s'était vivement opposé aux jésuites à son époque.

    Blaise Pascal sera-t-ilm béatifié ? « Je pense moi aussi qu'il mérite la béatification. J'envisage de demander la procédure nécessaire et l'avis des organes du Vatican chargés de ces questions, en faisant part de ma conviction personnelle positive », a déclaré le pape François, répondant à une question en forme de plaidoyer d'Eugenio Scalfari, le fondateur de La Repubblica, dans un entretien publié samedi par le quotidien italien.

    Pascal, catholique tourmenté

    Autodidacte surdoué né en Auvergne en 1623, rivalisant dès l'adolescence avec les plus grands mathématiciens, polémiste efficace, Blaise Pascal est devenu un catholique tourmenté après une expérience mystique à l'âge de 31 ans.

    Malade et sujet à de violentes migraines, il est mort en 1662, à 39 ans, sans avoir eu le temps de finir son apologie de la pensée chrétienne, dont l'ébauche a été publiée après sa mort sous le titre Pensées. Dans cet ouvrage, il a exposé son « pari », expliquant qu'il n'y avait rien à perdre et tout à gagner à croire en Dieu. De manière moins connue, ce raisonnement s'accompagnait aussi d'un appel à une conversion du coeur et un choix de la pauvreté susceptible d'avoir touché le pape argentin.

    Un obstacle ? 

    Outre une jeunesse plutôt prétentieuse et mondaine, les féroces « Provinciales » de Pascal en faveur des jansénistes dans leur lutte théologique et politique contre les jésuites pourraient cependant faire obstacle à une éventuelle béatification.

    Mais l'élection en mars 2013 de François, le premier pape jésuite, pourrait avoir modifié la donne. « Trop de contentieux traînaient entre l'auteur des Provinciales (et les jésuites) pour qu'un pape tiers à l'affaire puisse se sentir légitime à mettre sur les autels (...) le vibrionnant adepte de l'apostrophe ironique », écrivait Xavier Patier, auteur d'un livre sur l'expérience mystique de Pascal, dans le magazine Famille Chrétienne en mai 2013. « Nous avons ce pape, et de surcroît un pape ami de la pauvreté, cette pauvreté que Blaise disait avoir décidé d'aimer », ajoutait-il.

  • Le cardinal Gerhard Müller a fortement critiqué le pape François pour la façon "inacceptable" dont le souverain pontife l'a récemment congédié en tant que chef de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

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    De Christa Pongratz-Lippitt sur le site de "La Croix International" :

    Müller tacle François, affirme que la manière dont le pape l'a renvoyé est inacceptable

    Le pape François n'a donné aucune raison au renvoi de l'ancien Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a déclaré le card. Gerhard Müller. 

    Le cardinal Gerhard Müller a fortement critiqué le pape François pour la façon "inacceptable" dont le souverain pontife l'a récemment congédié en tant que chef de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF). "Le dernier jour de mon mandat en tant que préfet de la CDF, le pape m'a informé en une minute de sa décision de ne pas prolonger mon mandat. Il n'a pas donné de raisons - tout comme il n'a donné aucune raison au rejet de trois membres hautement compétents de la CDF quelques mois plus tôt », a déclaré le cardinal âgé de 69 ans au quotidien bavarois Passauer Neue Presse.

    « Je ne peux pas accepter cette façon de faire les choses. En tant qu'évêque, on ne peut pas traiter les gens de cette façon ", a-t-il déclaré lors de l'interview, qui a été publiée le 6 juillet." Je l'ai déjà dit: l'enseignement social de l'Église doit être également appliqué à la façon dont les employés sont traités ici au Vatican", a-t-il ajouté. La dépêche de François faisait savoir au cardinal Müller, lors d'une réunion privée au Vatican le 30 juin, que son mandat de responsable de la doctrine ne serait pas renouvelé. Le terme de cinq ans a officiellement pris fin le 2 juillet.

    M. Müller a déclaré au Passauer Neue Presse que le Cardinal Joachim Meisner, l'un des quatre cardinaux qui se sont récemment manifestés pour contester publiquement le pape sur les questions concernant le mariage et le divorce, était "particulièrement bouleversé" en apprenant la décision de François. L'ancien préfet de la CDF a déclaré qu'il avait parlé à Meisner, âgé de 83 ans, de son licenciement dans une longue conversation téléphonique le 4 juillet. "Cela l'a perturbé et blessé personnellement. Il a pensé que cela nuirait à l'Église ", a déclaré Müller." Cela parle naturellement pour moi - mais c'est un fait - c'est la façon dont il l'a exprimé ", a-t-il ajouté. Les deux cardinaux se sont entretenus à 20h30 et Meisner est mort de façon inattendue pendant son sommeil un peu plus tard dans nuit. Müller a appris sa mort, le lendemain matin, informé par le curé de la ville de Bad Füssing, la station balnéaire bavaroise où Meisner était en vacances. Le cardinal Müller a déclaré que, lors de son appel téléphonique, Meisner avait exprimé sa profonde préoccupation par rapport à la situation actuelle de l'Église, en particulier "au sujet des querelles, des disputes et des discussions qui s'opposaient à l'unité de l'église et à la vérité" .

    Le cardinal Meisner fut archevêque de Cologne de 1983 à 2014 et, comme conservateur sur le plan de  la doctrine, il était la voix la plus influente de l'Église allemande au Vatican au cours des pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI. L'interviewer a demandé à Müller si Meisner était contrarié que le Pape Francis n'aie pas encore répondu au plaidoyer des quatre cardinaux pour des éclaircissements sur l'interprétation d'Amoris Laetitia, notamment si les divorcés remariés pouvaient recevoir l'Eucharistie dans des cas individuels .

    Le cardinal Müller a déclaré que, plutôt que de publier les "dubia" (les doutes des cardinaux) dans une lettre et d'en faire la publicité, il aurait mieux valu traiter le problème dans une réunion confidentielle. Il a tenu à souligner qu'il n'avait jamais pris parti dans le débat de la dubia. "J'ai toujours été fidèle au pape et je serai toujours catholique, un évêque et un cardinal ", a-t-il insisté.

    Mais il a également souligné qu'il appartenait au pape et aux évêques d'adhérer à la vérité des Evangiles et de préserver l'unité de l'Église." C'est ainsi qu'en toute clarté je dois m'inquiéter face aux tentatives des cardinaux Schönborn, Kasper et d'autres pour expliquer comment on peut parvenir à un équilibre entre le dogme, c'est-à-dire l'enseignement de l'Eglise, et la pratique pastorale (concernant la communion pour les divorciés remariés), qui ne me paraissent tout simplement pas convaincantes ", a déclaré Müller.

    Lorsqu'on lui a demandé s'il pensait que le Pape François devait discuter des dubia avec les trois cardinaux restants qui ont signé la lettre, il a déclaré: «Je suggère que le pape me confie le dialogue puisque j'en ai la compétence et le sens de responsabilité requis. Je pourrais modérer la discussion entre le pape et les cardinaux. "Il a dit qu'il ne se laisserait pas annexer à un mouvement qui critique le pape ". Au lieu de cela, il a déclaré que le dialogue et la coopération étaient nécessaires. "Des ponts sont nécessaires pour empêcher un schisme", at-il averti. Et il a ajouté que, en tant que cardinal, il continuerait à être responsable de la préservation de l'unité de l'Église et d'éviter les polarisations dans la mesure du possible. "En tant que préfet-émérite du CDF, je me consacrerai à la promotion et à la défense de la foi", a-t-il déclaré.

    Les médias ont largement couvert le licenciement de Müller en tant que chef de la congrégation doctrinale. Die Zeit, l'hebdomadaire de 60 pages de haute qualité, lui a consacré une page entière (56x40cm) intitulée «tombé de haut». Une des lignes les plus retentissantes de l'article était un commentaire attribué à un diplomate du Vatican dont le nom n'est pas cité : "Sa tâche aurait dû être d'expliquer les réformes et de les traduire pour le monde entier; de ne pas rompre avec la tradition, mais d'écrire un nouveau chapitre de la tradition." "Au lieu de cela, il a agi comme l'inquisiteur du pape."

  • Emblématique: que fait Mgr Crépy à la tête du diocèse du Puy ?

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    « De Jean Chastel pour les lecteurs du Salon Beige :

    Evêque du Puy de 1988 à 2014, Mgr Henri Brincard est remplacé en 2015 par Mgr Luc Crépy. Mgr Brincard laisse un diocèse en assez bonne santé. Les finances sont saines et le clergé relativement jeune : Mgr Brincard a ordonné une petite vingtaine de prêtres. Rappelons que le jour des funérailles de Mgr Brincard, il y avait 300 prêtres et des dizaines d’évêques, supérieurs de congrégations, pères abbés…

    Ouvert, Mgr Brincard a bien voulu accueillir des forces vives pour l’aider à annoncer l’Evangile : les Sœurs apostoliques de St Jean, une fraternité monastique située à Sereys, les Oblats de Saint Vincent de Paul et enfin la communauté Saint Martin auquel il confia une grosse paroisse de la ville du Puy en perspective d’un apostolat plus conséquent en lien avec la cathédrale.

    Des prêtres jeunes sont aussi venus grossir les rangs du presbytérium et, pour certains, recevoir l’incardination dans le diocèse.

    En moins de deux ans, Mgr Crépy renverse la donne. Il commence par en congédier des laïcs influents. S’il est clair que l’évêque peut changer qui il veut dans son diocèse, il apparaît  nettement que Mgr Crépy remplace ceux dont l’orthodoxie est sûre :

    • La déléguée à la pastorale familiale du diocèse, par ailleurs correspondante locale de l’Alliance Vita. Au bout de quelques mois, ne parvenant pas à la remplacer, il décide finalement de la réintégrer à la grande surprise de tous.
    • Le docteur Bernard Dubois, animateur et fondateur des Sessions Agape au Puy, est mis en demeure de cesser ses activités avec interdiction de résidence dans la ville, sans aucune raison. Mgr Brincard, en lien avec une équipe de psychiatres et théologiens, avait bien cadré le fonctionnement de ces sessions auxquelles des dizaines de milliers de personnes ont participé avec grand fruit. Actuellement quelques jésuites vieux jeu, style « Centre Sèvres », viennent prendre la place…

    Une large partie du clergé ne se sent plus en phase avec la nouvelle « gouvernance ». La quasi-totalité des récents ordonnés. Et c’est le départ de prêtres jeunes :

    • L’abbé Henri Vannier, incardiné au Puy, qui demande à rejoindre un diocèse de Normandie.
    • L’abbé Florent de Rugy, incardiné lui aussi au Puy, qui s’apprête à rejoindre le diocèse aux armées.
    • La communauté Saint Martin, au terme d’un bras de fer qui dure depuis l’arrivée du nouvel évêque, décide de se retirer pour répondre à d’autres demandes d’évêques avec lesquels la coopération missionnaire sera plus respectueuse de son charisme (40 diocèses demandent actuellement l’aide de la communauté Saint-Martin (cette dernière gardera, pour combien de temps, l’internat qu’elle anime à Brive-Charensac). A la place, une méga paroisse regroupant les clochers de la ville du Puy, cathédrale exceptée. A la tête un nouveau curé, l’actuel curé de la paroisse des Carmes, bastion des anti-Brincard, âgé de 73 ans.
    • L’abbé Roland Bresson, cérémoniaire à la cathédrale, est envoyé à l’autre bout du diocèse dans un village rural, Saint-Didier en Velay. Entendons-nous bien, les âmes campagnardes ont autant de valeur que les citadines, mais la jeunesse et la population se trouve majoritairement en ville…
    • Il se murmure que les Oblats de Saint Vincent de Paul sont les prochains sur la liste…

    Pour un petit diocèse comme celui du Puy, c’est beaucoup !... A noter, une rencontre entre les prêtres et l’évêque a été très mouvementée : le jeune clergé et de nombreux autres, moins jeunes, ont fait savoir leur amertume et, pour certains, leur colère.

    On ne reprochera pas à Mgr Crépy de vouloir gouverner son diocèse, mais, faisant semblant d’écouter et de dialoguer, il en sape véritablement les forces vives. De très nombreux fidèles murmurent de plus en plus ouvertement leur amertume et leur désarroi. Ce qui est tout à fait nouveau au Puy.

    En conclusion, on se demandera comment un évêque, dont on dit qu’il est destiné à de hautes responsabilités dans l’organigramme de la Conférence des évêques de France, peut porter une charge importante alors qu’il se montre très handicapé pour accompagner, soit des communautés nouvelles, soit les jeunes prêtres, dont les attentes sont, il est vrai, quelques peu différentes de ceux qui avaient 20 ans dans les années 70. Nous savons par ailleurs que jusque dans l’entourage très proche de Mgr Crépy, la souffrance est réelle et la colère contenue… mais difficilemen

    Michel Janva

    Ref . Diocèse du Puy : que fait Mgr Crépy

    L’esprit régnant aujourd'hui à Rome souffle sur le Puy…

    JPSC