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Histoire - Page 2

  • Le 7 novembre 1917 : un coup d'état bolchévique, pas une révolution !

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    De Thierry Wolton sur Figaro Vox (lefigaro.fr), cette mise au point concernant la Révolution d'Octobre (qui, dans notre calendrier grégorien, a eu lieu le 7 novembre 1917) :

    Octobre 1917 : un coup d'Etat bolchévique, pas une révolution !

    FIGAROVOX/TRIBUNE - Thierry Wolton dénonce l'appellation «Révolution d'octobre 1917» pour qualifier la prise du pouvoir par Lénine. Pour lui, il ne s'agit ni plus ni moins que d'un coup d'Etat au profit des communistes.

    Thierry Wolton, essayiste, est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, consacrés pour la plupart au communisme. Il a notamment publié «Une histoire mondiale du communisme» en trois volumes chez Grasset à partir de 2015. Le troisième tome, intitulé «Les Complices», est en librairie depuis le 20 septembre.

    En ce centième anniversaire d'octobre 1917 persistent des automatismes de pensée qu'on pouvait espérer révolus compte tenu de ce qui est su, sur les faits comme sur leurs conséquences.

    Cette constance laisse voir combien l'illusion reste plus forte que la réalité quand le besoin de croire, propre aux hommes, se heurte au savoir, constitutif du vrai. Ce qui en dit davantage sur nous que sur l'histoire elle-même.

    Il est question de «révolution d'octobre» alors que tous les témoins de l'époque évoquent un coup d'Etat, à commencer par l'envoyé spécial de L'Humanité (celle de Jaurès) dans ses articles écrit sur place. «C'était plus aisé que de soulever une plume», commente Lénine au lendemain de la prise du pouvoir.

    Un an plus tard, dans la Pravda, l'organe des Bolcheviks parle bien de coup d'Etat pour célébrer l'anniversaire. C'est en octobre 1920 que le nouveau pouvoir transforme l'événement en geste révolutionnaire par le biais d'un spectacle son et lumière représentant une foule de gardes rouges à l'assaut du palais d'Hiver, symbole du peuple en arme.

    La fiction est reprise par le film d'Eisenstein, Octobre, produit et diffusé à l'occasion du dixième anniversaire. Cette version finit par s'imposer comme la vérité sur octobre 1917.

    Si le terme de révolution évoque les bouleversements intervenus après cette prise du pouvoir, mieux vaut savoir de quoi il retourne concrètement: toute presse autre que celle des Bolcheviks est interdite dès le lendemain du coup d'Etat, le congrès des soviets (conseils d'ouvriers et de paysans), suspendu, dix jours plus tard. Le nouveau pouvoir décide de légiférer par décret.

    Un mois plus tard se met en place la police politique, la Tchéka, puis intervient en janvier 1918 la dissolution de l'Assemblée constituante élue démocratiquement, avant l'ouverture des premiers camps de concentration en juin 1918. Ce ne fut en rien une libération, y compris pour les ouvriers qui qualifièrent le nouveau régime, dès les premiers mois, de dictature sur le prolétariat.

    «Il a été dit qu'il n'existait pas de parti, en Russie, prêt à prendre le pouvoir entièrement pour lui. Je réponds: si, il y en a un! Nous sommes prêts à chaque minute à prendre entièrement le pouvoir!», avait averti Lénine quatre mois avant octobre, au 1er Congrès des soviets.

    Il n'a jamais été question pour les Bolcheviks de partager. Il suffit de se reporter au Que Faire?, écrit par le leader bolchevique en 1902. Son programme est annoncé. Ce texte permet de comprendre la tournure prise par le régime, avec pour fer de lance la fameuse dictature du parti mise en place au nom du prolétariat, qui conduit à l'instauration d'un parti-Etat tout puissant.

    C'est l'essence même du totalitarisme, modèle que vont suivre par la suite tous les régimes communistes.

    Ni les circonstances - la guerre civile avec les Blancs, postérieure aux premières mesures dictatoriales -, ni les déviations invoquées plus tard - stalinisme, culte de la personnalité, etc. - ne sont responsables d'une quelconque trahison du plan d'origine.

    C'est le programme communiste tel que Marx et Engels (le Manifeste de 1848) puis Lénine l'ont élaboré qui a été appliqué, en Russie puis ailleurs, avec parfois des variantes nationales souvent plus radicales: le maoïsme s'est révélé encore plus mortifère que le stalinisme, le polpotisme cambodgien plus destructeur encore que le maoïsme.

    Parler de «révolution d'octobre» donne une aura à l'événement, et permet de voir le processus communiste sous un jour favorable tant tout acte révolutionnaire correspond dans l'imaginaire collectif à une avancée positive dont le modèle reste 1789.

    Il n'est pas innocent que la propagande soviétique ait cherché à assimiler le coup d'Etat à ce moment fort de l'histoire française, cela l'est encore moins de continuer à le faire. Il en découle des mécanismes de défense qui cherchent à sauver l'idéal de sa réalisation, un cas unique au regard de l'histoire de ce XXe siècle totalitaire.

    L'immunité recherchée tient au projet même du communisme, annoncé comme l'ultime étape de l'humanité, l'âge de la félicité pour tous.

    Cette espérance repose sur l'une des plus vieilles revendications de l'être humain, l‘égalité, dont la plupart des religions avaient fait leur credo pour l'au-delà, avant que le marxisme-léninisme la promette ici et maintenant, ce qui a assuré son succès.

    Difficile de faire le deuil de cette aspiration si bien partagée, d'où les tentatives d'exonérer l'idéologie de sa pratique, donc de son bilan, pour n‘en garder que l'esprit, toujours chargé d'utopie.

    La présentation révolutionnaire d'octobre 1917, que réactive ce centenaire, permet d'entretenir cette passion égalitaire, humaine, trop humaine.

    «Le communisme, c'est zéro pour toi, zéro pour moi», a dit un jour le numéro deux du régime khmer rouge devant de jeunes cambodgiens. C'est probablement la meilleure définition qui existe, mensonge compris.

    Les dirigeants communistes, eux, ne se sont jamais contentés de rien.

  • Quand les pères conciliaires préféraient se voiler la face devant les méfaits du communisme

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    De Jeanne Smits sur "Réinformation TV" :

    LifeSiteNews publie pour la première fois en vernaculaire les schémas de condamnation du communisme préparés pour Vatican II

    Le site LifeSiteNews vient de publier une traduction intégrale – pour la première fois semble-t-il, en langue vernaculaire – des trois schémas condamnant le communisme préparés en vue du concile Vatican II, qui ont été mis de côté, puis oubliés. Les traductions vers l’anglais ont été réalisées par Matthew Cullinan Hoffman depuis les textes latins qui « prennent la poussière », comme il le dit, parmi les documents officiels du concile conservés dans diverses bibliothèques de recherche à travers le monde.

    On peut y voir l’intention première de mettre en évidence l’horreur du marxisme et du communisme athée mis en œuvre dans le marxisme-léninisme ; et la volonté de les combattre. Par contraste, comme l’ont déjà montré Ralph Wiltgen, Jean Madiran, le Pr Roberto de Mattei dans divers ouvrages fondamentaux… Vatican II a finalement produit quelques lignes de condamnation sibylline de « doctrines funestes ». La condamnation claire réclamée par de nombreux Pères du concile (et notamment le cardinal Ottaviani et Mgr Lefebvre) s’est retrouvée dans les oubliettes.

    En ce centième anniversaire de la Révolution d’octobre, les schémas oubliés méritent qu’on les mette en évidence. En attendant de pouvoir vous en proposer une traduction française depuis l’anglais, ce que reinformation.tv essaiera de faire très prochainement, nous vous proposons la traduction intégrale du texte de présentation publié mercredi soir par Matthew Cullinan Hoffman. On y voit déjà très bien quel était l’objectif premier de l’Eglise catholique, abandonné au terme d’un accord secret par lequel elle s’est engagée à ne pas attaquer frontalement le concile afin d’obtenir que l’URSS y laisse venir des représentants de l’Eglise orthodoxe russe.

    Cet événement a été décrit et analysé par Jean Madiran dans son livre de 2007, L’accord de Metz, ou pourquoi notre mère fut muettetoujours disponible chez Via Romana.

    Voici pour le moment la traduction de l’article de Cullinan Hoffman. – J.S.

    Les schémas « oubliés » de condamnation du communisme de Vatican II présentés par Matthew Cullinan Hoffmann de LifeSiteNews

    En 1962, tandis que des millions de catholiques croupissaient derrière le rideau de fer et que l’Union soviétique travaillait à la diffusion du communisme athée à travers le monde, le concile Vatican II se préparait à prononcer une condamnation historique de l’idéologie marxiste et communiste, une condamnation qui devait inclure une stratégie globale en vue de sa défaite.

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  • Les bienheureux martyrs d'Albanie (5 novembre)

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    Du site "Evangile au Quotidien" :

    BBx Martyrs d’Albanie 
    Vinçens (Kolë) Prennushi et 37 compagnons
    († Albanie, 1945/1974)

    Mémoire commune le 5 novembre : jour de la béatification.
    Mémoire individuelle : jour du martyre (‘dies natalis’).

    Le 5 novembre 2016, le cardinal Angelo Amato s.d.b., préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, à présidé, à la cathédrale Saint-Étienne de Shköder, en Albanie, la messe de béatification de 38 martyrs de la dictature communiste d'Enver Hoxha, président de l'Albanie durant 40 ans, de 1945 à 1985 .

    Cette béatification des Serviteurs de Dieu, Vinçens Prennushi, archevêque franciscain de Durrës et primat d'Albanie, mort sous la torture le 19 mars 1949, et de ses 37 compagnons, tués entre 1945 et 1974, marque une étape importante dans la reconstruction spirituelle de ce pays des Balkans, qui a longtemps souffert d'un isolement extrême, et d'une dictature bien plus sévère encore à l'égard des religions que celles des autres nations d'Europe centrale et orientale, où les Églises parvinrent parfois à jouer, dans la mesure du faible espace de liberté qui leur restait, un rôle de contre-pouvoir.

    Outre Mgr Prennushi, un autre évêque, Mgr Frano Gjini, des prêtres diocésains, des religieux franciscains et jésuites, un séminariste, une aspirante de 22 ans et trois laïcs figurent parmi les martyrs reconnus.

    À la fin de la Seconde Guerre mondiale, un régime communiste fermé au monde s'est implanté en Albanie, proclamée en 1967 par Enver Hoxha « premier État athée du monde ». En tant que Primat d'Albanie, Mgr Prennushi avait refusé à Hoxha de créer une Église albanaise distincte de Rome. Torturé, il est mort en prison le 19 mars 1949. Au total, sept évêques, 111 prêtres, 10 séminaristes et 8 religieuses sont morts en détention ou ont été exécutés entre 1945 et 1985. Dans le même temps, 1820 lieux de culte catholiques, orthodoxes et musulmans ont été détruits. Les lieux de culte qui restaient ont été affectés à d'autres usages.

    Lors de sa visite en Albanie, le 21 septembre 2014, le Pape François (Jorge Mario Bergoglio, 2013-) avait rendu hommage à la résistance catholique, visiblement ému par le témoignage d'une religieuse et d'un prêtre octogénaires ayant survécu à des décennies de persécutions. Pour l'occasion, il avait délaissé le texte préparé à l'avance pour confier sa consternation devant l'ampleur des persécutions antireligieuses sous le régime de Enver Hoxha. « Comment ont-ils pu résister ? », s'était-il interrogé à propos des martyrs.

    Ce prêtre qui avait témoigné devant le Pape, le père Ernest Simoni Ernest Simoni (né le 18 octobre 1928 à Troshan (municipalité de Blinisht, en Albanie), est un prêtre franciscain albanais. Emprisonné et réduit aux travaux forcés par les autorités communistes entre 1963 et 1981, il a été créé cardinal lors du consistoire, convoqué par le Pape François en clôture de l'Année sainte de la Miséricorde, le 19 novembre 2016.

    Après les premières élections présidentielles démocratiques d'Albanie en 1992, une nouvelle constitution paraît en 1998, garantissant les libertés individuelles, dont la liberté religieuse. L'archidiocèse de Tirana-Durrës retrouve un archevêque, le siège été vacant depuis la mort de Mgr Prennushi. Dans le même temps, les lieux de cultes rouvrent et les mouvements religieux sont permis de se développer.

    Le 10 novembre 2002, l'Archidiocèse de Shkodër-Pult introduit la cause en béatification et canonisation des trente-huit victimes de la persécution religieuse. Représentative de la reconstruction religieuse en Albanie, cette cause est soutenue par le pape François, notamment lors de sa visite apostolique du 21 septembre 2014. Pour l'occasion, le portrait des trente-huit serviteurs de Dieu sont exposés tout le long d'un boulevard leur étant consacré, à Tirana. Le Saint-Père ne manquera pas de leur rendre hommage tout au long de ce voyage.

    Le 26 avril 2016, après trois ans d'étude auprès de la Congrégation pour la cause des saints, le pape François reconnaît qu'ils sont morts en haine de la foi, leur attribuant le titre de martyrs. La cérémonie de béatification s'est tenue le 5 novembre 2016 à Shkodër, en Albanie, et a été célébrée par le cardinal Angelo Amato, représentant du pape pour cette occasion.

    Liste des 38 Bienheureux en ordre croissant des dates du martyre :

    - Lazër Shantoja (*Shkodër, 2 septembre 1892 - † Tirana, 5 mars 1945), prêtre de l'Archidiocèse de Shkodër-Pult.
    - Ndre Zadeja (*Shkodër, 3 novembre 1891 - † 25 mars 1945), prêtre de l'Archidiocèse de Shkodër-Pult.
    - Giovanni Fausti (* Marcheno, Brescia, 9 octobre 1899 † Shkodër, 4 mars 1946), prêtre de la Compagnie de Jésus.
    - Gjon (Kolë) Shllaku (*Shkodër, 27 juillet 1907 † 4 mars 1946), prêtre o.f.m.
    - Daniel Dajani (*Blinisht, 2 décembre 1906 † Shkodër, 4 mars 1946)), prêtre de la Compagnie de Jésus.
    - Qerim Sadiku (*18 novembre 1919 † 4 mars 1946), laïc de l'Archidiocèse de Shkodër-Pult.
    - Mark Çuni (*Bushati, 30 septembre 1919 † Shkodër, 4 mars 1946), séminariste. 
    - Gjelosh Lulashi (*2 septembre 1925 † 4 mars 1946), laïc de l'Archidiocèse de Shkodër.
    - Alfons Tracki (*Bliszczyce, Pologne, 2 décembre 1896 † Shkodër, 18 juillet 1946), prêtre de l'Archidiocèse de Shkodër-Pult.
    - Fran Mirakaj (*1917 † septembre 1946), laïc de l'Archidiocèse de Shkodër-Pult.
    - Josef Marxen (*Worrigen, Allemagne, 5 août 1906 † Tirana, 16 novembre 1946), prêtre du diocèse de Lezhë.
    - Luigj Prendushi (*Shkodër, 24 janvier 1896 † Shelqet, 24 janvier 1947), prêtre du diocèse de Sapë.
    - Dedë Maçaj (*Mat i Jushi, 5 février 1920 † Përmet, 28 mars 1947), prêtre de l'Archidiocèse de Shkodër-Pult.
    - Mark Gjani (*Pulaj, 10 juillet 1914 † Shën Pal, 1947), prêtre de l'Archidiocèse de Shkodër. 
    - Serafin (Gjon) Koda (Janjevo, Serbie, 25 avril 1893 † Lezhë, Albanie, 11 mai 1947), prêtre o.f.m.
    - Gjon Pantalia (*Prizren, Kosovo, 2 juin 1887 † Shkodër, 31 octobre 1947), religieux de la Compagnie de Jésus.
    - Bernardin (Zef) Palaj (*Shllak, 2 octobre 1894 † Shkodër, 2 décembre 1947), prêtre o.f.m.
    - Anton Zogaj (*Kthellë, Albanie, 26 juillet 1908 † Durrës, 9 mars 1948), prêtre de l'Archidiocèse de Tirana. 
    - Frano Gjini (*Shkodër, 20 février 1886 † 11 mars 1948), évêque du diocèse de Rrëshen.
    - Mati (Pal) Prennushi (*Shkodër, 2 octobre 1881 † 11 mars 1948), prêtre o.f.m.
    - Cyprian (Dedë) Nika (*Shkodër, 19 juillet 1900 † 11 mars 1948), prêtre o.f.m.
    - Dedë Plani (*Shiroka, 21 janvier 1891 † Shkodër, 30 avril 1948), prêtre à Shkodër.
    - Ejëll Deda (*Shkodër, 22 février 1917 † 12 mai 1948), prêtre à Shkodër. 
    - Anton Muzaj (*12 mai 1921 † Shkodër, printemps 1948), prêtre à Shkodër. 
    - Pjetër Çuni (*9 juillet 1914 - 31 juillet 1948), prêtre de l'Archidiocèse de Shkodër-Pult.
    - Lekë Sirdani (1er mars 1891 - 29 juillet 1948), prêtre de l'Archidiocèse de Shkodër-Pult.
    - Josif Papamihali (*Elbasan, 23 septembre 1912 † Maliq, 26 octobre 1948), prêtre de l'Église grecque-catholique albanaise.
    Vinçens (Kolë) Prennushi (*Shkodër, 4 septembre 1885 † Durrës, 19 mars 1949), prêtre o.f.m., archevêque de Durrës et primat d'Albanie.
    - Jak Bushati (*Shkodër, 7 juillet 1890 † 12 septembre 1949), prêtre à Shkodër.
    - Gaspër(Mikel) Suma (*Shkodër, 23 mars 1897 † 16 avril 1950), prêtre o.f.m.
    - Marije Tuci (*Ndërfushaz, 12 avril 1928 † Shkodër, 24 octobre 1950), laïque de l'Archidiocèse de Shkodër-Pult
    - Jul Bonati (*Shkodër, 24 mai 1874 † Durrës, 15 novembre 1951), prêtre de l'Archidiocèse de Tirana-Durrës.
    - Karl (Ndue) Serreqi (*Shkodër, 26 février 1911 † 4 avril 1954), prêtre o.f.m.
    - Ndoc Suma (*Nenshat, 31 juillet 1887 † Pistull, 22 avril 1958), prêtre à Shkodër.
    - Dedë Malaj (*Dushkul, 16 novembre 1917 † Shkodër 12 mai 1959), prêtre de l'Archidiocèse de Shkodër-Pult.
    - Marin Shkurti (*Samrish, 1er octobre 1933 † avril 1969), prêtre à Shkodër.
    - Shtjefën Kurti (*Ferizaj, Kosovo, 24 décembre 1898 † 20 octobre 1971), prêtre de l'Archidiocèse de Tirana-Durrës.
    - Mikel Beltoja (*Beltoje, 9 mai 1935 † 10 février 1974), prêtre à Shkodër.

    Sources principales : fr.radiovaticana.va/news/ ; wikipédia.org (« Rév. x gpm »). 

  • Un cardinal rouge sang, rescapé des travaux forcés en Albanie

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    De Mimmo Muolo

    Un cardinal rouge sang Don Ernest Simoni

    Rescapé des travaux forcés en Albanie 

    Date de parution : 31-10-2017, 160 pages, livre papier : 16 €

    - Un martyr albanais devenu cardinal - 

    L’histoire de Don Ernest Simoni – dramatique et cependant marquée par un zèle apostolique infatigable – est celle d’un prêtre albanais rescapé de la persécution du régime communiste.

    C’est avec des mots voilés d’émotion qu’il évoque son parcours : de maître d’école à tireur d’élite, il est arrêté en tant que « simple prêtre » pendant la nuit de Noël 1963. Jeté dans une cellule d’isolement il endure près de vingt-huit ans de tortures, de prison, de travaux forcés dans les mines et les égouts d’Albanie.
    Mais rien de tout cela n’a pu faire plier cet extraordinaire témoin de la foi, qui a pardonné à ses tortionnaires et qui invoque constamment pour eux la miséricorde du Père.
    En le suivant tout au long de son chemin de croix jusqu’au retour à la liberté, ce prêtre apparaît comme un modèle de courage et de foi, d’humilité et d’humour, de simplicité et de discrétion, de charité active et d’attention aux autres.

    Le pape François, ému aux larmes devant le témoignage de cet ancien condamné à mort, le crée cardinal en 2016. Il devient ainsi le premier cardinal de l’histoire d’Albanie et le seul prêtre parmi les dix-sept cardinaux désignés par le Pape.

    Le récit de Don Ernest Simoni – incarnation vivante de l’Histoire des martyrs chrétiens – n’est pas sans rappeler que le sang innocent coule encore aujourd’hui là où des chrétiens sont pris en otage, emprisonnés, assassinés.

    Un témoignage édifiant qui invite à la prière, au pardon et à la réconciliation.

    Traduit de l'italien par Quentin Petit.

    Sur l'auteur : 
    Mimmo Muolo, vaticaniste et rédacteur en chef adjoint de la rédactionromaine du quotidien l’Avvenire, a suivi pour son journal les pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI et aujourd’hui celui de François.

  • Lénine, l'artisan résolu d'un totalitarisme basé sur la terreur

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    De Stéphane Courtois sur le site du Figaro :

    Il y a 100 ans, Lénine inventait le totalitarisme

    LES ARCHIVES DU FIGARO - Dans Lénine, l'inventeur du totalitarisme, Stéphane Courtois met en lumière la continuité parfaite entre l'itinéraire révolutionnaire de Lénine et la mise en œuvre d'une politique terroriste dès 1917. Geoffroy Caillet, rédacteur en chef du Figaro Histoire, revient avec lui sur son rôle dans la révolution russe.

    Stéphane Courtois a le sens des anniversaires. Après Le Livre noir du communisme, phénomène d'édition en 1997 vendu à plus d'un million d'exemplaires, qui jetait une lumière inédite sur les crimes du communisme, l'historien publie, pour le centième anniversaire de la révolution bolchevique, Lénine, l'inventeur du totalitarisme.

    À rebours des idées encore largement répandues (Lénine n'instaura la terreur que sous le poids des circonstances ; le régime qu'il mit en place n'avait rien à voir avec celui promu par Staline après lui), cet ouvrage salutaire montre à quel point le long parcours de révolutionnaire de Vladimir Ilitch Oulianov explique fondamentalement son action politique.

    Habité d'un «délire logique», Lénine s'est au fond borné à appliquer à la lettre en 1917 ce qu'il avait écrit et théorisé dès les premières années de son engagement. Au fil de ces pages, qui scrutent magistralement l'évolution de Lénine à travers les événements de sa vie, ses écrits et ses déclarations, c'est toute la nature et le sens d'un itinéraire qui s'éclairent, la continuité absolue entre le discours révolutionnaire et l'acte performatif qui se donne à voir.

    Comment expliquer l'engagement de Lénine dans le mouvement révolutionnaire russe dès la fin des années 1880?

    Comme souvent chez les révolutionnaires, on trouve chez lui des traumatismes personnels: des accidents de la vie, parfois banals, mais qui, chez ces personnages, prennent une dimension tragique et suscitent des réactions qui mènent à l'engagement révolutionnaire. En l'occurrence, le père de Lénine - qui avait été anobli par le tsar - meurt brutalement d'une attaque cérébrale en 1886, alors que Vladimir Ilitch n'a que 15 ans et demi. L'année suivante, son frère aîné, Alexandre, brillant étudiant impliqué dans des cercles révolutionnaires, est pendu pour avoir préparé des bombes dans un projet d'assassinat visant Alexandre III. Dès lors, la famille Oulianov, traitée en paria par la bonne société de Simbirsk, subit un déclassement, que Lénine va transformer en un déclassement sublimé, contre la société et le pouvoir. Un engrenage s'enclenche.

    On a souvent considéré que Lénine était sorti comme un lapin d'un chapeau en 1917. C'est exactement le contraire: son long parcours est fondamental pour comprendre la prise du pouvoir par les bolcheviks en Russie, et je consacre les deux tiers de ce livre à montrer en quoi consiste un itinéraire de radicalisation révolutionnaire, partagé plus tard par les Castro, Mao, Pol Pot, avec les dégâts gigantesques que l'on connaît. Or, le marxisme seul ne suffit pas à expliquer cet itinéraire. Le ressort psychologique est déterminant. Beaucoup plus profond, il est fait de violence, de ressentiment, de haine, qui, dans le cas de Lénine, se déverseront vingt ans plus tard de façon extraordinairement violente, spécialement contre les Romanov, qu'il donnera personnellement l'ordre d'éliminer.

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  • "Luther avait raison" ? Vraiment ?

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    D'Anne Bernet sur le site de l'Homme Nouveau :

    Fallait-il brûler Luther ?

    Le monde protestant célèbre en ce mois d'octobre 2017 le 500 anniversaire de la révolte de Luther qui brisa l'unité de la chrétienté. L'Homme Nouveau vient d'éditer Martin Luther, le chant du coq de la modernité (236 pages, 12 €) du professeur Danilo Castellano qui, en peu de pages, démontre combien l'esprit protestant a façonné nos mentalités, la morale et plus précisément notre conception de la politique. Martin Luther, le chant du coq de la modernité est un livre novateur tout en reposant sur les fondements de la philosophie classique et du catholicisme. De son côté, Anne Bernet présente ici deux ouvrages également consacrés à Luther et au protestantisme, mais partant d'un autre angle.

    « Luther avait raison ». Cette déclaration du souverain pontife, dans le cadre du centenaire du père de la Réforme, n’est pas allée sans susciter un peu d’étonnement, d’autant que l’on ne sait pas précisément en quoi le moine défroqué avait raison contre l’Église et la tradition catholique.

    Tout le monde, au demeurant, n’est pas de cet avis. Deux petits ouvrages documentés et férocement intelligents viennent, sans s’abaisser à une vaine polémique ni manquer à la charité, remettre un peu les pendules à l’heure romaine.

    Le vrai visage de Luther, de l’abbé Jean-Michel Gleize (Clovis. 115 p. 12 €) méritait, dix ans après sa parution initiale, d’être réédité. C’est chose faite.

    Sans se lancer dans un travail biographique, il en existe d’excellents, et l’auteur y renvoie, l’abbé Gleize propose en moins de cent pages, denses, ramassées, pensées et pesées, une remarquable synthèse de la vie, la pensée et l’œuvre de Martin Luther examinées  à la lumière de la foi catholique.

    Ceux qui l’ignoreraient découvriront ici, en effet, « le vrai visage » de celui dont certains à  Rome feraient aujourd’hui quasiment un saint, oubliant qu’il en abhorrait le culte et la doctrine …

    Le vrai visage de Luther

    Entré dans les ordres à la suite d’un vœu imprudent, prononcé sous le coup irréfléchi d’une émotion violente, doté d’une intelligence brillante mais tourmentée, victime d’une formation théologique et morale insuffisante, Luther, en proie à ses démons intimes et dévoré d’orgueil, rompt avec la papauté, puis se pose en prophète d’une foi rénovée, débarrassée des scories qu’aurait accumulées sur elle le catholicisme.

    Père de la langue allemande moderne, plus encore du nationalisme germanique et de la doctrine de la soumission aveugle des consciences luthériennes à la volonté d’autorités voulues par Dieu, ce qui conduira l’Allemagne à s’incliner un jour sous le joug hitlérien, le réformateur est d’abord et avant tout un révolutionnaire.

    Derrière le personnage public, l’homme privé, pourtant, inspire une sorte de pitié. L’abbé Gleize, s’appuyant à des sources sûres, montre Luther dévoré de vices contre lesquels il a de longue date renoncé à lutter, doutant de son propre salut, rongé par des angoisses spirituelles, au bord parfois, semble-t-il, de la possession, gâchant ses talents, incontestables, et son charme réel, pris au piège des contradictions intrinsèques de sa propre pensée qui l’amène, s’étant coupé de la saine doctrine, à dire tout et le contraire de tout …

    À l’évidence, l’abbé Gleize en éprouve presque de la pitié.

    L’ensemble, s’il détonne dans le consensus actuel, est, cependant, conforme à toute la doctrine catholique des cinq derniers siècles.

    Un révolutionnaire

    C’est en réalité un discours très parallèle à celui de l’abbé Gleize que tient sur Luther (Martin Luther, la face cachée d’un révolutionnaire, Téqui ; 155 p ; 14, 50€.) Angela Pelliciari, professeur d’histoire de l’Église dans des séminaires, quoique l’aspect historique et politique ait tendance ici à prendre le pas sur l’analyse doctrinale.

    Ce qui intéresse Mme Pelliciari, c’est moins l’enseignement fautif, en rupture avec la pensée catholique, quoiqu’elle le tienne incontestablement pour tel, mais ses effets. Et force est d’admettre, à sa suite, qu’ils furent cataclysmiques.

    Si, au fond, Luther ne fait pas preuve d’une grande originalité car, quand il s’y essaie, il se débat dans des contradictions internes dont ses disciples n’ont jamais pu sortir, et se contente de reprendre des idées alors dans l’air du temps, il a le génie pour épouser les grandes crises de son époque, notamment celles propres à l’Allemagne, et leur apporter les réponses simples et simplistes que ses contemporains attendent.

    Avec Luther, débute la première grande révolte intellectuelle et sociale, prémices de l’entrée de l’Europe dans une modernité qui, justement, ne sera que révolte contre l’autorité et contre Dieu. Dans le discours de Luther, tout l’avenir sanglant de l’Europe est en germe, des révoltes paysannes qu’il contribuera à faire écraser après les avoir soutenues à la révolution bolchevique de 1917 en passant par la Révolution française et le nazisme.

    Le réquisitoire est sans concession. Il faut seulement déplorer que l’historienne, travers fréquent des universitaires catholiques italiens, soit animé d’une francophobie virulente et souvent injuste.

    Martin Luther, le chant du coq de la modernité de Danilo Castellano, (éditions de L'Homme Nouveau, 236 pages, 12 €) est disponbile sur ce site.

    Pour en savoir plus, voir la présentation de Philippe Maxence.

  • La cause de béatification du journaliste anti-nazi Fritz Gerlich suit son cours

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    De Marina Droujnina sur zenit.org :

    Procès diocésain de béatification du journaliste anti-nazi Fritz Gerlich

    Le père de Joseph Ratzinger le lisait

    Fritz Gerlich (1883-1934) @ Il Sismografo

    Fritz Gerlich (1883-1934) @ Il Sismografo

    La phase diocésaine de la cause de béatification du journaliste allemand Fritz Gerlich (1883-1934), assassiné à Dachau, a été ouverte le 17 juillet 2017, indique le blog proche du Saint-Siège Il Sismografo.

    Il constitue un modèle de lutte jusqu’au bout pour la liberté de conscience et la liberté de la presse dans un contexte de terreur et de dictature totalitaire. Il pourrait être béatifié en tant que martyr.

    Le diocèse de Munich-Freising, en Allemagne, a confirmé qu’un postulateur avait été nommé.

    Né le 15 février 1883 à Stettin, Fritz Gerlich est élevé dans un environnement calviniste. Il obtient son diplôme d’études secondaires en 1901. Il déménage à Munich pour poursuivre ses études universitaires, ou, le 9 octobre 1902, il épouse Sofia Stempfle. De 1920 à 1928, il est directeur du quotidien principal de Bavière, le Münchner Neueste Nachrichten, prédécesseur de l’actuel Süddeutsche Zeitung. Depuis 1923, après la tentative de coup d’État d’Adolf Hitler, Gerlich remarque la sympathie grandissante dans l’opinion pour le parti nazi. Il devient ainsi l’un des principaux opposants au parti national-socialiste et à Hitler. En 1927, il rencontre la mystique catholique, stigmatisée, Teresa Neumann. Ayant eu l’intention, au début, de démasquer la « duperie » des stigmates que présente Teresa, Gerlich embrasse au contraire la foi catholique. En 1929, il publie ses expériences et le résultat de ses études critiques sur Teresa. En 1930, Fritz Gerlich fonde le périodique Der Gerade Weg dont il fait, sur un ton polémique un outil de lutte contre le nazisme et le communisme. Un certain gendarme, anti-nazi également, Joseph Ratzinger père, lisait cette publication, avec les risques que cela représentait: c’est son fils Georg Ratzinger qui en a témoigné dans son livre « Mon frère le Pape ». Son opposition à l’idéologie du national-socialisme est claire. Dans l’édition du 31 juillet 1932, il écrit : « Voici ce que signifie le national-socialisme : le mensonge, la haine, le meurtre et une misère sans limites ». Fritz Gerlich est arrêté dans les bureaux de sa rédaction le 9 mars 1933 et il est emprisonné au camp de concentration de Dachau. Après 15 mois de tortures, il y est assassiné lors de la nuit des Longs Couteaux, le 30 juin 1934. Il fait partie des Allemands qui, à l’instar des jeunes résistants de la «Rose blanche», du colonel Claus Schenk von Stauffenberg, du pasteur Dietrich Bonhöffer, du bienheureux évêque Clemens August von Galen et d’autres bienheureux qui l’ont payé de leur vie, se sont publiquement opposés à la barbarie nazie.

  • Quand la Révolution Russe inventait le totalitarisme

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    De Stéphane Courtois, "historien, directeur de recherche au CNRS, coordinateur du "Livre noir du communisme", ancien maoïste", sur le site de la Libre :

    Entre 1917 et 1922, Lénine a inventé le totalitarisme, à savoir une domination totale sur le pouvoir politique, sur la société et sur l’individu. Attention à ne pas effacer les expériences totalitaires et dramatiques du XXe siècle et de repartir dans les illusions. "

    Cent ans après la révolution russe, quelle lecture nos contemporains devraient-ils avoir de cet événement ?

    Ils doivent sortir de la légende d’"une mémoire glorieuse de la grande révolution prolétarienne mondiale", créée par les bolcheviques, et analyser 1917 avec un regard historique. La révolution russe est en réalité la succession de quatre événements. Quand en mars 1917, le Tsar abdique, c’est tout le système autocratique autour des Romanov qui s’effondre. Sur ce vide politique se concurrencent deux pouvoirs : le gouvernement provisoire et le Comité exécutif central des Soviets. Le 7 novembre, sous les ordres de Lénine, un groupe de socialistes - les bolchéviques - s’empare de points stratégiques à Petrograd. Le lendemain, ayant pris le pouvoir, Lénine instaure une dictature. Là on peut parler d’une révolution bolchévique puisque Lénine a conçu un scénario en fonction d’une doctrine marxiste des plus radicales : détruire la société privée et instaurer une société communiste en réprimant avec violence tous les opposants. Entre 1917 et 1922, il crée ainsi le premier régime totalitaire à savoir une domination totale sur le pouvoir politique puis sur la société et in fine sur l’individu par le monopole de la pensée, concrétisé par le Glavlit soit la censure généralisé sur la presse, la littérature et l’enseignement. L’inventeur du totalitarisme fera des émules, Mussolini puis Hitler vont s’intéresser à ce nouveau type de régime.

    Lénine n’est-il pas le révolutionnaire qui a ouvert la porte aux droits sociaux et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?

    Au contraire, puisque dès décembre 1917, Lénine déclare la guerre à l’Ukraine indépendante. Lénine est aussi celui qui, dès 1918, crée le premier système concentrationnaire et qui, à partir de septembre 1918, met à l’ordre du jour la terreur de masse comme moyen de gouvernement.

    Ce qui vous amène à comparer le communisme - "génocide de classe" - au nazisme - "génocide de race" ?

    Je n’assimile pas mais compare l’organisation des deux mouvements et le nombre des victimes. L’ampleur des crimes commis sous les régimes communistes est gigantesque : que ce soit en URSS, en Chine ou au Cambodge de Pol Pot. On ne peut que s’interroger sur les crimes de même envergure commis au XXe siècle par un autre régime, celui des nazis. Les régimes diffèrent mais le totalitarisme est un des éléments communs.

    Allez-vous jusqu’à considérez comme Ernst Nolte que, par essence, le communisme a une nature criminelle ?

    Le communisme n’est pas une idée de Lénine, on peut le faire remonter à la société parfaite sans propriété privée de Platon ou à "Utopia" de Thomas More. Mais il ne s’agissait-là que de "littérature". Je ne m’appesantis pas sur Marx, l’idéologue en chambre. Lénine, lui, fut l’idéologue d’action. Le XIXe siècle a connu de nombreux antisémites en termes de discours et de discriminations. Puis Hitler est passé à l’action pour réaliser une société sans juifs. Avec Lénine, nous sommes confrontés au passage à l’acte d’une idéologie radicale avec des conséquences tragiques.

    Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes se retrouvent dans des groupes marxistes ou communistes en réaction à l’ultralibéralisme. Qu’en pensez-vous ?

    Avec le développement des mouvements - PTB, Mélenchon ou Podemos -, on efface avec une éponge les gigantesques expériences totalitaires du XXe siècle et on repart dans les illusions. C’est agréable une illusion mais elle n’a pas de relation avec la réalité. Quel est l’enjeu depuis 1917 ? Entre les totalitarismes ou la démocratie, il faut choisir son camp. La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres, disait Churchill. Non, la démocratie n’est pas parfaite. Non, le régime capitaliste - avec son économie de marché - n’est pas parfait avec toutes ses inégalités. Mais les solutions avancées ne sont-elles pas dix fois pires ?

    Est-ce le sens du colloque (*) que vous animez ?

    Il doit dresser un bilan historique, sortir de la mythologie, de l’idéologie et de ce cercle magique de l’illusion - ancien révolutionnaire maoïste, j’en sais quelque chose - pour regarder les réalités en face : arriver à faire fonctionner nos démocraties sans sortir de nos principes démocratiques.

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    (*) Le 13 et 14 novembre, l’Académie royale de Belgique organise au Palais des académies un colloque intitulé "Il y a cent ans, la révolution russe" et coordonné par Joël Kotek (ULB) sous la responsabilité académique de Hervé Hasquin. Stéphane Courtois y sera un des intervenants. Quelle vision devons-nous retenir de cet événement fondateur du terrible XXe siècle, pour reprendre l’expression d’Albert Camus ? Une révolution ou un coup d’Etat ? Un exploit ou une catastrophe ?

  • 109 religieux espagnols, morts pour leur foi au cours de la Guerre civile en Espagne, ont été béatifiés en tant que martyrs

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    De zenit.org :

    Béatification de 109 clarétains espagnols martyrs

    Ce sont 109 religieux espagnols, de la Congrégation des Fils du Cœur Immaculé de Marie, morts pour leur foi au cours de la Guerre civile en Espagne, entre 1936 et 1937, qui ont été béatifiés en tant que martyrs, ce samedi 21 octobre 2017 dans la basilique de la Sagrada Familia à Barcelone (Espagne).

    L’envoyé du pape François, le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, a présidé la messe de béatification.

    Il s’agit des clarétains – fondés par saint Antoine-Marie Claret – : le père Mateo Casals, Teofilo Casajús, Ferdinando Saperas et de leurs 106 compagnons issus également de la même Congrégation.

    Le quotidien du Vatican publie une note biographique du frère Ferdinando Saperas (1905-1936), un des 109 martyrs.

    Il naît à Alió, dans la province de Tarragone, le 8 septembre 1905. En 1912, il perd son père et sa mère doit prendre soin de trois enfants. Elle ouvre une petite poissonnerie à Valls où ils déménagent.

    À treize ans, Ferdinando travaille dans les champs et puis comme serveur à l’hôtel. Très pieux, il participe à la messe quotidienne dans sa paroisse.

    En 1925, il commence son service militaire à Barcelone. Sa caserne se trouve à côté du sanctuaire du Cœur de Marie, tenu par les missionnaires clarétains. C’est à ce moment que naît sa vocation à la vie consacrée.

    Il entre chez les clarétains le 14 août 1929. Après un an de noviciat, en août 1930, il est envoyé comme cuisinier à Alagón (Saragosse). Le 13 octobre, il devient cuisinier adjoint à Cervera, où vit une communauté de 243 clarétains.

    La proclamation de la République, le 14 avril 1931, entraîne aussi des changements chez les missionnaires. Frère Ferdinando est désormais concierge, parce qu’il est robuste et très discret. La conciergerie est loin des habitations et quand il doit appeler quelqu’un, il marche longtemps le long des corridors en récitant le chapelet.

    Quand les persécutions contre l’Église avec l’assassinat des moines et des prêtres commencent, son frère Juan vient le ramener chez lui, mais Ferdinando refuse. Au début du février 1934, il est transféré à Mas Claret, ou il est responsable de la cuisine et des animaux domestiques.

    En été 1936, on ne lui permet pas de faire les voeux perpétuels et le met devant un choix: quitter la congrégation ou faire une année supplémentaire de probation. Il accepte de faire encore une année, car il croit en sa vocation de religieux.

    Le 21 juillet 1936, la communauté doit quitter le couvent à cause des menaces des milices. Frère Ferdinando se réfugie dans une famille à Montpalau. Il se met au service des propriétaires qui tiennent un bureau de tabac et un bar. Il ne quitte jamais la prière et son désir de devenir religieux, même si plusieurs gens lui conseillent de se marier et de penser à se sauver.

    À cause des insultes et des malédictions à son adresse, le propriétaire le transfère dans un abri provisoire à Cal Berenguer de Villagrasseta. De là, Fernando va au nord de Mas Claret. Pris par quatre miliciens, il est victime d’abus et de harcèlement.

    Le frère Fernando est fusillé le 13 août 1936. Il est inhumé au cimetière de Tárrega.

  • Sapiens ?

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    Une chronique de l’abbé Eric de Beukelaer dans « La libre Belgique » :

    « Si nos ancêtres ont commencé à se poser des questions de sens, un "sens" ne mérite-t-il pas d’être recherché ?

    Cet été, j’ai lu "Sapiens", le best-seller de Yoval Noah Harari (éd. Albin Michel), qui me fut offert par une amie athée. Dans un style accessible, cet ouvrage érudit décrit l’avènement de notre espèce - le "Sapiens" - et sa conquête de la terre. Ainsi, l’auteur souligne que ce qui rendit notre aïeul supérieur à ses cousins "Erectus" ou "Neandertalis" (et lui permit au passage d’éliminer nombre d’espèces animales…) fut sa capacité à déployer son imagination et à communiquer grâce au langage. Avec pour effet que des bandes de chasseurs-cueilleurs se sont fédérées en villes et nations, car unies par des mythes fondateurs. L’univers du religieux engendra ainsi l’ordre politique, et l’intelligence humaine coopéra, de la sorte, à plus grande échelle. Autrement dit, ce serait sa capacité à se raconter des histoires et à y croire, qui aurait rendu Sapiens maître du monde.

    Je suis disposé à admettre cette théorie, mais le regard strictement matérialiste de l’auteur, limite son analyse. Si l’ouvrage illustre "comment" la religion serait apparue et en vue de quel gain évolutif, jamais n’est abordée la question du "sens" de pareille évolution. Je m’explique par comparaison : les sciences naturelles ont démontré que des poissons ont commencé à évoluer en dehors du milieu aquatique en développant des poumons à partir de branchies. Pareil gain évolutif fut cependant possible… parce que l’oxygène existe. Pourquoi en serait-il autrement avec l’accès de Sapiens à la pensée religieuse ? Si nos ancêtres ont commencé à se poser des questions de sens, n’est-ce pas aussi parce qu’un "sens" mérite d’être recherché ? Par la conscience qu’il a de lui-même, Sapiens n’est pas prisonnier de l’instant. Il s’appartient mentalement et devient de la sorte le gardien de son passé. Ceci le rend curieux de son avenir. La démarche religieuse - qu’elle soit primitive et magique, ou élaborée et éthique - ouvre l’homme à ce qu’il cherche plus encore que du pain : le sens de sa vie. Evidemment, la question de fond demeure : la quête religieuse rejoint-elle une réalité transcendante ("Dieu" pour le croyant) ou n’est-elle qu’une géniale prothèse, inventée par Sapiens pour nourrir son goût de vivre ? La raison humaine n’est pas en mesure de trancher pareil dilemme. L’acte de foi (croyant ou athée) est un passage obligé. Mais la question, elle, ne peut être éludée.

    Pour illustrer mon propos, imaginons une tribu amazonienne, préservée de tous contacts avec l’Occident, à laquelle un explorateur apporterait un poste de télévision. Dans un premier temps, les indigènes pensent que les images habitent la petite boîte magique et une grande crainte se saisit du village. Mais bientôt la curiosité l’emporte et après avoir tué l’explorateur, ils s’en prennent à l’objet. Le plus vaillant des guerriers s’avance et lui fracasse la carapace. Tous découvrent alors qu’elle ne contient aucune image, mais des pièces muettes qu’ils jettent dans le fleuve. Le soir venu, la tribu entonne une danse de victoire, tout en dégustant l’explorateur. Par leur bravoure, ils ont vaincu la machine à image et découvert qu’elle n’était que du vent ! Dans un coin, seul le vieux sorcier demeure pensif : mais alors, ces images d’où venaient-elles ? Ne représenteraient-elles pas à un autre monde lequel - bien qu’"ailleurs" - n’en serait pas moins réel ? Notre civilisation me fait penser à ces indigènes. La boîte à symboles qu’était la religion de nos grands-mères faisait peur avec ses menaces de damnation. Nous l’avons donc déconstruite en mettant à nu ses innombrables rouages psychologiques, sociologiques et historiques. Puis, beaucoup ont tout jeté aux oubliettes de l’histoire. Mais la question demeure : et si le message de la religion renvoyait Sapiens à une Réalité autrement plus réelle que les mirages dont la société de consommation gave son quotidien ?

    --> Le titre est de la rédaction. Titre original: Sapiens...

    Contribution externe »

    Ref. La religion, un outil pour conquérir la terre?

    Vraiment et pour quoi faire ?

    Par l’homme, écrivait Pascal, l’univers sait qu’il existe. La conscience réflexe révèle une nouvelle dimension de notre univers et, par là même,  l’ampleur du drame de sa condition mortelle. Car la figure de ce monde passera comme celle de chaque homme après quelques tours de carrousel autour d’une étoile perdue dans l’innombrable cortège des galaxies dont la course est sans objet apparent. Rien mieux que l’art funéraire alexandrin exposé au musée des antiquités d’Athènes ne peut rendre l’infinie tristesse d’un monde sans véritable espérance : dans la religion du monde gréco-romain, les dieux eux-mêmes sont soumis à la fatalité aveugle du destin, dont ce monde fut en fin de compte libéré par la foi chrétienne. Que celle-ci s’étiole à son tour, on voit aussitôt réapparaître, comme de nos jours, les tentations mortifères d’une civilisation au déclin. Après Bernanos et de Lubac au siècle dernier, Rémi Brague (Prix Ratzinger 2012) a bien montré l’impasse à laquelle se heurte l’humanisme athée contemporain.

    JPSC

  • Les points noirs de l'histoire de l'Eglise; pour en finir avec vingt siècles de polémiques

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    Les points noirs de l'histoire de l'Eglise

    Michael Hesemann

    Jean-Baptiste Valette (Traduction)

    Date de parution aux éditions Artège : 08.02.2017

    EAN : 9782360403578

    Nombre de pages : 424

    Catégorie : Histoire

    Présentation :

    L'Église catholique a 2000 ans d'histoire et sa part d'ombre. Mais de nombreux mythes, légendes et falsifications s'y sont ajoutés, assombrissant encore l'image d'une institution souvent qualifiée d'« obscurantiste ».

    Pie XII est-il le pape d'Hitler ? Les francs-maçons descendent-ils des Templiers ? L'Inquisition est-elle l'oeuvre de moines fanatiques ? Le procès Galilée condamne-t-il la science au nom de la foi ? Les croisades en Terre Sainte ou contre les Cathares sont-elles des agressions injustifiables ?

    Preuves de la persistance actuelle de ces vieux mythes : le Da Vinci code de Dan Brown ou le film Amen de Costa-Gavras, avatars modernes de ces légendes. Leur point commun ? Des succès commerciaux planétaires et un souci du détail historique plus que discutable.

    Dans ce livre à la fois érudit et captivant, Michael Hesemann s'attache à déconstruire méthodiquement vingt des plus grands mythes sur l'Église, sans nier les dérives. Au fil des pages, l'auteur dévoile ainsi l'identité des véritables « obscurantistes » qui occultent la vérité historique. C'est ce que rappelle cet ouvrage essentiel.

    Traduit de l'allemand par Jean-Baptiste Valette

    Michael Hesemann, né en 1964, est historien, écrivain et journaliste. Spécialiste d'histoire ecclésiastique, il a aussi étudié l'anthropologie culturelle, la littérature et le journalisme à l'université de Göttingen en Basse-Saxe. Il vit aujourd'hui entre Rome et Düsseldorf.

  • Les chrétiens cachés du Japon; l’histoire d’un miracle catholique en Extrême-Orient

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    De Sandro Magister, traduit sur diakonos.be :

    Les chrétiens cachés du Japon. Trop dérangeants pour ce pontificat

    Le Pape François a fait part à plusieurs reprises de son admiration pour les « chrétiens cachés » du Japon, réapparus miraculeusement avec une foi intacte dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle après deux siècles et demi d’anéantissement féroce du christianisme dans ce pays.

    Mais peu connaissent la véritable histoire de ce miracle presque incroyable. Le jésuite japonais Shinzo Kawamura, professeur d’histoire de l’Eglise à la Sophia University de Tokyo et auteur des études les plus récentes sur le sujet est revenu sur cette histoire au cours d’une conférence fascinante qui s’est déroulée jeudi 12 octobre dernier à l’aula magna de l’Université pontificale grégorienne.

    Le texte complet de cette conférence organisée à l’occasion du 75e anniversaire des relations diplomatiquesentre le Japon et le Saint-Siège se trouve sur cette autre page de Settimo Cielo :

    > Pope Pius IX and Japan. The History of an Oriental Miracle

    Nous en reproduisons ci-dessous un large extrait. Sa lecture – indispensable – nous enseigne que ce qui a permis que la foi catholique soit transmise intacte, de génération en génération, chez ces chrétiens privés de prêtres et complètement coupés du monde, ce fut essentiellement une tradition orale faite de quelques vérités décisives sur les sacrements et surtout sur la confession, suivant les enseignements du Concile de Trente.

    C’est donc le catholicisme « tridentin » qui a permis le miracle de ces « chrétiens cachés ». Avec sa doctrine du péché du pardon sacramentel, qu’ils ont anticipé chez eux par des actes répétés de contrition parfaite en l’absence d’un confesseur accompagnés de la vision prophétique qu’un jour, il finirait par arriver.

    Ces actes de contrition suivaient parfois le péché d’apostasie, c’est-à-dire le fait d’avoir publiquement piétiné le « fumie », l’image de Jésus, contraints par leurs persécuteurs de démontrer leur abjuration de la foi chrétienne sous peine de mort.

    Péché et pardon. Curieusement, pourtant, au cours de cette même célébration académique du 12 décembre à la Grégorienne, la conférence de Kawamura fut suivie par celle d’un autre spécialiste de la question, Adeline Ascenso, portugais et missionnaire au Japon qui a abordé la question de l’apostasie d’un point de vue opposé.

    En effet, dans le titre de sa conférence déjà, Ascenso parle quant à lui de « conflit et de réconciliation » plutôt que de péché et de pardon.

    Lire la suite