Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Société - Page 5

  • Hongrie : Mémoire, identité et immigration

    IMPRIMER

    Joseph Yacoub retrace l'histoire singulière de la Hongrie. Selon lui, c'est uniquement en se penchant sur l'héritage de ce pays atypique qu'il est possible de saisir son rapport contemporain à la nation. Lu sur le site « figarovox »

    Hongrie XVM41652398-8119-11e8-b5a8-8cf49f807d25.jpgLa Hongrie (Magyarorszag) est un pays européen, néanmoins il a ses traits identitaires particuliers qui s'expliquent par l'histoire et la géographie, lesquelles déterminent pour une bonne part, le choix de la nation et modèlent sa conduite. À cela il convient d'ajouter une langue qui n'est ni germanique ni slave, encore moins latine (sauf l'alphabet), et qui appartient au groupe finno-ougrien. Cela permet de comprendre pourquoi ce pays est si attaché à son passé et à sa culture, et ne vient pas se jeter les mains vides, sans défense, dans les bras de la construction européenne, notamment sur la question migratoire, éclatée en 2015, et sur l'exercice de la démocratie. Au milieu de la Mittel Europa, distinct des Germains et des Slaves, ce pays a connu un destin singulier et une histoire douloureuse, voire terrible. En plus, ses limites territoriales ont varié fortement au cours des siècles, au gré des conquérants, et en particulier au lendemain du traité de Trianon (4 juin 1920), qui l'a démantelé.

    Le pays fut envahi par les Tatars en 1241 et occupé en majeure partie par les Turcs, durant 150 ans de 1526 à 1686. Par la suite, il connut une longue domination des Habsbourg en 1686, avant de parvenir au compromis austro-hongrois de 1867. Désintégré et éclaté autrefois en trois parties, le Traité de Trianon est perçu comme humiliant et un choc sérieux par les Hongrois, car il l'amputa considérablement au profit des pays voisins (Roumanie, Serbie, Slovaquie, Ukraine ) et réduit nettement sa population.

    Dans l'entre-deux-guerres, la Hongrie fut marquée par le régime réactionnaire et ultraconservateur de l'amiral Miklos Horthy, qui se rapprocha de l'Italie fasciste et de l'Allemagne nazie. Le pays fut alors occupé par les troupes allemandes, et les Juifs seront victimes de nombreuses mesures discriminatoires et de déportation. Libérée par l'Armée rouge en octobre 1944, ce fut un peu plus tard le début de la tyrannie communiste. Aussi, au lendemain de la seconde guerre mondiale, les choses étaient loin de s'arranger.

    Revenons sur l'histoire qui permet de comprendre le présent.

    Le Xe siècle fut un tournant, car le pays, qui prend le nom de Magyar, fit un choix pour le christianisme sous le roi Etienne (997-1038) - héritier d'Arpad, qui unifia les sept tribus venues de l'Oural et de la Volga, en 895 - Sacré roi en 1001, canonisé en 1038, ce premier roi est considéré comme le fondateur de l'Etat hongrois (la Couronne de Saint Etienne), même si le christianisme est plus ancien. Depuis, on parle des Magyars qui ont un somptueux héritage catholique comme à Esztergom, au nord de Budapest, et à Pécs. D'ailleurs, la Cathédrale de Pest porte le nom du roi Etienne.

    Avant cette période, succédant aux Romains qui l'appelaient Pannonie, le pays s'est trouvé envahi au Vè siècle, par des tribus d'origine asiatique (les Huns, les Avars) venus s'établir dans le bassin du Danube, parmi lesquels se distingue Attila, roi des Huns, au Vè siècle.

    Le roi Mathias Corvin est, quant à lui, une figure importante du XVè siècle (1440-1490), à l'origine de la Renaissance et de l'Humanisme, qui a promu les activités culturelles et fondé l'Université de Buda.

    Mais qu'en est-il de l'occupation turque?

    Le XVIè siècle fut crucial, car il vit l'avancée ottomane. La chute de Belgrade, en 1521, sous le sultan Suleiman le Magnifique, préluda en effet à l'occupation d'une grande partie de la Hongrie. L'armée hongroise défaite à Mohacs en 1526, la capitale Buda sera occupée seulement en 1541, suivie par Esztergom (centre religieux de la Hongrie) et Szeged en 1543, Eger en 1552, ainsi que Visegrad, Hatvan et Temesvar. Du point de vue administratif, les régions occupées seront organisées selon le modèle ottoman en vilayet et sandjak. Du temps de l'occupation turque, des églises furent transformées en mosquées, des lieux altérés et des territoires dépeuplés. Aujourd'hui, des vestiges architecturaux sont là pour rappeler cette période ottomane, dont quelques mosquées à Pécs et ailleurs, et le minaret d'Eger, qui est cependant coiffé en haut d'une croix.

    Fiers de leurs particularismes, les Hongrois surent résister aux occupations étrangères successives. En devenant chrétiens au Xè siècle, ce fut leur manière de marquer leur différence en s'appropriant ce message, en symbiose avec le reste de l'Europe. Le capitaine Istvan Dobo, combattant de la première heure, résista héroïquement aux Turcs en 1552. Devenue légendaire, sa statue trône au milieu de la belle place d'Eger, qui porte son nom.

    Et face aux Habsbourg, sous le leadership de Ferenc Rakoczi, originaire de Transylvanie, le pays mena une guerre d'indépendance de 1707 à 1711. Pour affirmer leur identité linguistique face à l'allemand et au latin, le Hongrois devient langue officielle en 1844. Lors de la Révolution de mars 1848, qui fut une période agitée, l'homme d'État Jozsef Eötvös (1813-1873) fut, par ses écrits, un combattant pour la liberté et la démocratie.

    Contre le régime communiste, les Hongrois menèrent une insurrection le 23 octobre 1956, qui marqua fortement les consciences. Même si le communiste Imre Nagy qui dirigea le gouvernement de 1953 à 1955, concéda des réformes et prit des mesures de libéralisation, n'empêche, les chars soviétiques envahirent le pays le 4 novembre et Imre Nagy sera fusillé, deux ans plus tard, en 1958.

    Mais comme toute chose a une fin, aux lendemains de 1989-1990, les données ont fondamentalement changé au profit de la démocratie. Imre Nagy sera réhabilité en 1989. Sur les billets de monnaie (forint), figurent des noms illustres hongrois qui sont honorés comme Ferenc Rakoczi, Mathias Kiraly et Bethlen Gabor, et le comte Istvan Széchenyi (1791-1860), fondateur de l'Académie hongroise des sciences, qui fit construire le premier pont sur le Danube (pont des Chaînes), reliant Buda et Pest.

    Que stipule alors la Constitution hongroise sur l'identité du pays et sa personnalité de base?

    Le 25 avril 2011, le pays a adopté sa deuxième Constitution qui se distingue nettement de celle de 1990, laquelle fut celle de l'après-communisme. Fondement de son ordre juridique, elle se démarque par son originalité sur un certain nombre de points, non à l'abri de contestations.

    Elle se réfère à Dieu, au christianisme et à la famille, et l'on s'affiche européen. Elle commence par ces termes: Que Dieu bénisse les Hongrois! Son préambule qui s'intitule: Profession de foi nationale (Nemzeti hitvallas) est un condensé des principes devant guider le pays.

    On rappelle avec fierté que le roi Saint Étienne, il y a mille ans, ait bâti l'État hongrois sur des fondations solides et ait fait de la patrie une partie de l'Europe chrétienne. On rappelle également que «nos ancêtres se sont battus pour la survie, la liberté et la souveraineté de notre nation».

    On fait remarquer que le peuple hongrois «a combattu pendant des siècles pour défendre l'Europe, contribuant aux valeurs communes de celle-ci par son talent et son assiduité». On reconnaît le rôle que le christianisme a joué dans la préservation de la nation ; et on ajoute aussitôt qu'on respecte les différentes traditions religieuses du pays.

    Quant aux minorités ethniques vivant dans le pays, ils font partie de la communauté politique hongroise et sont des éléments constitutifs de la nation, écrit-on. Il faut rappeler que sur dix millions d'habitants, 10% de la population appartiennent à des minorités, estimées à treize,

    Par ailleurs, le pays s'engage à préserver et entretenir la culture hongroise, «notre langue unique» et la langue et la culture des minorités ethniques vivant en Hongrie.

    Chose importante, on affirme que la culture nationale est «une riche contribution à la diversité de l'unité européenne», et on insiste sur les cadres essentiels de la vie en communautés que sont la famille et la nation. Le préambule poursuit que le pays respecte «la Sainte-Couronne qui incarne la continuité constitutionnelle de l'État hongrois et l'unité nationale».

    Concernant les Hongrois de souche, qui vivent dans les pays limitrophes, conséquence du traité de Trianon, on se veut à leur écoute, ce qui ne va pas sans problème. À leur adresse, le gouvernement fait preuve de visées protectrices, non sans susciter les craintes des pays voisins, qui soupçonnent ses objectifs irrédentistes. Voici ce que stipule l'article D: «Gardant à l'esprit qu'il ya une seule nation hongroise unie, la Hongrie porte la responsabilité de la situation des Hongrois vivant hors des frontières du pays. Elle aide au maintien et au développement de leur communauté. Elle soutient les efforts déployés pour maintenir leur magyarité, pour faire appliquer leurs droits individuels et collectifs, pour créer des organes collectifs d'autogestion et pour qu'ils s'épanouissent sur leur terre natale. Elle promeut la coopération entre eux et la Hongrie

    Vivant une telle histoire, souvent incrustée dans les mémoires, appuyée par des dispositions constitutionnelles, quelle conciliation peut éclore à l'horizon?

    C'est un défi pour l'Europe.

    Joseph Yacoub »

    Ref. Comprendre la Hongrie avec l’historien Joseph Jacoub

    Joseph Yacoub est professeur honoraire de sciences politiques à l'Université catholique de Lyon, premier titulaire de la chaire UNESCO «Mémoire, cultures et interculturalité». Spécialiste des minorités dans le monde et des chrétiens d'Orient, il est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels: Qui s'en souviendra? 1915: le génocide assyro-chaldéo-syriaque, Cerf, Paris, 2014, traduit en anglais: Year of the Sword, Hurst, London, 2016 ; Une diversité menacée. Les Chrétiens d'Orient face au nationalisme arabe et à l'islamisme, Ed. Salvator, Paris, janvier 2018. En préparation: Le Moyen-Orient Syriaque.

    JPSC

  • Pourquoi parler de néo-colonialisme ?

    IMPRIMER

    Lu sur le site « aleteia » :

    La-mondialisation-de-la-rvolution-culturelle-occidentale.jpg« L’imposition agressive et efficace de normes politiques et culturelles inspirées de la révolution sexuelle occidentale aux pays en voie de développement est une préoccupation croissante. Elle menace de produire dans ces pays les mêmes effets qu’en Occident : sécularisation des cultures et perte de la foi.

    • 1. 

    Les derniers papes ont dénoncé le néo-colonialisme qui exporte mondialement les « déchets toxiques spirituels » d’un Occident décadent et s’attaque particulièrement au mariage, à la famille, à la vie et à la morale chrétienne.

    En savoir +

    • 2. 

    Avocate et acteur-clef de la décolonisation depuis son origine, l’ONU s’est paradoxalement transformée au fil des dernières décennies en centre névralgique d’un puissant mouvement néo-colonisateur.

    En savoir +

    • 3. 

    Précisément depuis que l’ONU défend l’auto-détermination au nom des droits de l’homme, de la démocratie, de l’égalité et de la liberté, ces valeurs universelles ont subi le choc d’une révolution culturelle extrêmement violente en Occident. La démocratie et ses valeurs se sont corrompues de l’intérieur. Les pays soumis à la pression de « se démocratiser » en ont souffert les conséquences : « démocratisation » en est venue à signifier en pratique « alignement sur la réinterprétation révolutionnaire des valeurs démocratiques ».

    En savoir +

    • 4. 

    A la fin de la guerre froide, l’ONU a transformé les objectifs de la révolution culturelle d’Occident en normes politiques et culturelles mondiales. De 1990 à 96, l’ONU a organisé neuf grandes conférences internationales au cours desquelles les nouvelles « normes » furent adoptées. Elles portent des noms bien connus : santé et droits sexuels et reproductifs (ou génésiques), perspective du genre, déconstruction des stéréotypes (féminin, masculin, maternel, paternel, familial…), promotion d’un « nouveau paradigme » de la famille (« familles sous toutes ses formes » ou « diversité des familles ») etc.

    En savoir +

    • 5. 

    Depuis les années 1990, l’ONU se présente de plus en plus comme une organisation, non plus internationale (ce qu’elle est par mandat), mais mondiale. Cette qualification, auto-proclamée, est abusive. Elle représente de graves menaces au respect de la souveraineté des nations, un principe de la Charte des Nations-Unies, et à la subsidiarité. Elle est d’autant plus dangereuse que le contenu des normes dites mondiales est aujourd’hui souvent contraire à l’esprit de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, qui reconnaît la famille, fondée sur le mariage entre un homme et une femme, comme cellule de base de la société, et promeut la liberté de religion.

    En savoir +

    • 6. 

    Depuis la conférence du Caire, la plupart des pays en voie de développement ont permis à leurs politiques de développement social, de santé et d’éducation – et fréquemment aussi à leurs lois, d’être infectés, du moins jusqu’à un certain point, par les composantes radicales de la santé reproductive. Dans la mesure où ils l’ont fait, ils ont vendu leur souveraineté et leur indépendance à une minorité étrangère au pouvoir de la gouvernance mondiale. Les agents de la santé et des droits reproductifs ont avancé en Afrique avec une détermination implacable. Rien ne saurait être plus contraire à l’âme africaine que des politiques et lois s’attaquant à la maternité, la vie et la famille.

    En savoir +

    • 7. 

    Pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise, la constitution pastorale Gaudium et Spes, dans le contexte de décolonisation du début des années 1960, met en lumière « les richesses des diverses cultures » (54) et le « génie propre de chaque peuple » (56). La vocation spécifique de chaque peuple, les dons que Dieu a fait à chacun sont aujourd’hui appelés, en ce temps de mondialisation, à bénéficier à tous, dans un fructueux « échange des dons ». Cette perspective ouvre un immense champ d’action. »

    En savoir +

    Ref. Pourquoi parler de néocolonialisme ?

    Marguerite Peeters 64Fiche.pngMarguerite Peeters est journaliste. De 1991 à 1993, elle a vécu en Ukraine. A son retour en Occident, elle a commencé à s’intéresser aux grandes conférences internationales de l’ONU et à la construction d’un consensus mondial sur le développement durable et ses composantes qui avait commencé directement après la guerre froide. En 1995, elle a fondé un service d’information spécialisé dans la mondialisation et les organisations internationales (Interactive Information Services). Elle a produit jusqu’à ce jour plus de 200 rapports détaillés sur ces sujets. Son travail s’est surtout distingué par les interviews d’experts qu’elle a pu réaliser pour tenter de comprendre le sens du nouveau langage employé par les organisations internationales: experts de l’ONU, de la gouvernance mondiale, des ONGs influentes. En 2001 elle a publié une synthèse analytique de ses travaux sur un site Internet américain: Hijacking Democracy – The Power Shift to the Unelected, dont elle a apporté quelques copies ici. En septembre 2003, elle a fondé à Bruxelles l‘Institute for Intercultural Dialogue Dynamics, dont l’objet est l’étude des concepts-clefs, valeurs et mécanismes opérationnels de la mondialisation. Ces dernières années, elle a participé à divers séminaires et conférences sur le thème de la laïcité

    JPSC

  • Belgique : "Donner un statut au foetus, c'est porter atteinte à l'accès à l'avortement"

    IMPRIMER

    Lu sur le site de l’hebdomadaire « Le Vif » le point de vue du président du CAL (Centre d’Action Laïque) présenté par « Belga » en ces termes :

    « L'ambition du gouvernement - portée par le ministre CD&V de la Justice Koen Geens - et de la majorité parlementaire, de modifier le Code civil de manière à offrir un statut pour l'enfant mort-né procède "insidieusement" d'une intention "idéologique" de "fragiliser les motifs à la base de la dépénalisation de l'avortement", estime le président du Centre d'Action Laïque (CAL), Henri Bartholomeeusen dans une lettre ouverte publiée jeudi :

    « Après dix ans de tentatives, le parlement est sur le point, en commission de la Chambre, d'avancer sur la reconnaissance du foetus, une manière d'aider les parents d'un enfant né sans vie à faire leur deuil.

    Un enregistrement et des modalités d'inscription seraient possibles à partir d'un seuil de 140 jours. Mais pour Henri Bartholomeeusen, ce serait "un comble" de voir un gouvernement à participation libérale laisser "le CD&V détricoter" la loi dépénalisant l'avortement, portée il y a 25 ans par la sénatrice libérale flamande Lucienne Herman-Michielsens.

    "Nous refusons que la douleur des personnes soit instrumentalisée à des fins idéologiques", écrit le président du CAL.

    "Les partis du gouvernement sont-ils conscients du fait que la reconnaissance d'un état civil, avec prénom et nom de famille, pour un foetus de 20 semaines, constitue une intrusion violente dans la manière de faire le deuil de cette grossesse? ", souligne-t-il.

    Il veut pour preuve de l'instrumentalisation idéologique de la douleur des personnes concernées que lors des auditions en commission parlementaire seuls des juristes ont été entendus et pas des psychiatres ou des psychologues.

    Le CAL se demande comment continuer à permettre aux femmes d'avorter à 12 semaines de grossesse "s'il est permis de donner un nom de famille aux restes d'une fausse-couche".

    Les laïques demandent le strict respect de l'autonomie de la femme tout en veillant à la singularité des individus confrontés à l'épreuve d'une fausse-couche. »

    Ref. « Donner un statut au fœtus, c’est porter atteinte à l’accès à l’avortement »

    embryon2_-_getty_images_48.jpgEn soi, le droit d’inscrire dans un registre public un fœtus né sans vie ne tranche pas la question de son statut et des conséquences qui devraient s’en suivre.   

    Mais cette question existe et mérite d’être posée en droit. L’embryon ou, a fortiori, le fœtus ne sont manifestement pas de simples objets, comme une chaise ou une table. Qu’ils n’aient pas d’existence autonome en dehors des personnes qui les portent n’implique pas que celles-ci disposent de tous les droits sur eux.

    Le droit, lit-on dans toutes les notices juridiques accessibles au grand public, distingue les personnes et les choses, les objets et les sujets de droit mais aussi les êtres vivants des personnes : les plantes et les animaux, bien que vivants, ne sont pas des personnes juridiques. Ils ne disposent pas de droits subjectifs.

    Seuls les êtres humains et tous les êtres humains sont dotés de la personnalité physique. La personnalité est un droit inné, un don de naissance qui ne souffre aucune exception: elle vient à l'homme avec la vie.

    Et la question sui generis qui  se pose au sujet de l'embryon humain est la suivante : biologiquement, l'embryon est défini par l'état de développement marqué par le passage d'une cellule unique à un ensemble complexe de cellules. Il s'agit des huit premières semaines après la fécondation, avant le développement du fœtus. C'est donc une entité humaine vivante destinée à devenir une personne à part entière, ce qui impose une protection de la future personne juridique : « Infans conceptus pro iam natus habetur quoties de eius commodis agitur » lit-on déjà dans les manuels de droit romain. Et cette question de principe dépasse le seul domaine du droit privé, comme celui des successions ou des assurances…

    JPSC

  • Avorter en Belgique : échec à la surenchère abolitionniste des sanctions pénales ?

    IMPRIMER

    De Jean-Jacques Durré sur le site interdiocésain francophone de Belgique :

    « 4 juillet 2018 :

    Au moment où la Commission Justice de la Chambre débat de la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), deux pétitions circulent pour s’opposer à une dépénalisation totale. L’une émane d’un collectif de citoyens. L’autre met en exergue la menace qui pèse sur le personnel médical, en matière de liberté de conscience.

    avortement-1440619389_137234_1000x667x0.jpgAu moment d’écrire ces lignes, les discussions sont toujours en cours à la Commission Justice de la Chambre où les députés débattent de la sortie de l’IVG du code pénal. Pas moins de sept propositions sont été déposées, émanant de tous les partis. Certaines visent à ramener l’avortement à un acte purement médical, ce qui aura pour conséquence en quelque sorte, de « faire sauter les barrières » qui canalisent cette pratique, encadrée par la loi Lallemand-Michielsens de 1990, portant sur une dépénalisation partielle. Surprise: hier la majorité fédérale annonçait qu’elle allait déposer un projet de loi, issu d’un compromis sans doute âprement négocié entre les partis de la coalition. Selon l’agence Belga, la proposition de loi sera prise en considération ce jeudi 6 juillet ou le 13 juillet.

    Outre la sortie du Code pénal de faits prévus par la loi, le futur texte supprimerait la notion d’état de détresse de la femme exigé aujourd’hui pour recourir à une IVG, mais conserverait le délai de douze semaines pour recourir à l’acte, alors que certaines propositions soutenues par les milieux laïcs voudraient porter le délai à 18, voire 20 semaines. Dans la proposition que présenterait le gouvernement, le délai de réflexion de 6 jours, préalable à toute intervention, est conservé mais en cas de raison médicale urgente invoquée par la femme, on pourra prolonger de quelques jours le délai de 12 semaines de grossesse au-delà duquel l’avortement n’est plus autorisé. Enfin, le médecin qui refuse de pratiquer une IVG serait contraint de renvoyer sa patiente vers un confrère. A noter que si l’avortement est retiré du Code pénal, les sanctions à l’égard des actes réalisés hors respect des conditions sont maintenues.

    Parallèlement, le ministre de la Justice Koen Geens déposera rapidement un projet de loi permettant la reconnaissance du foetus. Pour l’équipe Michel, il n’y a là aucun lien à y voir. La majorité espère que l’opposition se joindra à la proposition de la majorité.

    Mise en garde des évêques et pétition

    L’accord a déjà été critiqué par le recteur de l’ULB, Yvon Englert, qui avait été auditionné par la commission de la Justice de la Chambre. Il regrette que la majorité ne touche pas au délai de réflexion et de grossesse, qui conditionne le droit à l’avortement, jugeant que ce délai de réflexion (6 jours aujourd’hui) « doit relever du colloque singulier entre le médecin et sa patiente ». Yvon Englert propose aussi de porter à 20 semaines de grossesse pour recourir à l’avortement. Réaction immédiate du chef de groupe MR à la Chambre, David Clarinval: « Yvon Englert critique la proposition de loi visant à sortir l’IVG du code pénal, alors qu’il ne l’a pas lue ! »

    Dans ce contexte, deux pétitions ont vu le jour dernièrement. La première initiative émane d’un collectif de citoyens et s’intitule « Lettre ouverte aux membres de la Chambre des représentants de Belgique concernant la détresse des femmes et jeunes filles confrontées à une grossesse non prévue ». On peut y lire notamment: « Nous pensons que le débat actuel ne pose pas la bonne question. Le fait de sortir ou non l’IVG du Code pénal ne nous semble pas la réponse adéquate à la seule vraie question : comment faire diminuer le nombre de femmes et jeunes filles en situation de détresse, c’est-à-dire comment aider les femmes et les jeunes filles à ne pas se trouver enceintes sans l’avoir voulu, et d’autre part, comment améliorer l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des femmes et jeunes filles en détresse en raison d’une grossesse non prévue.« 

    La deuxième pétition concerne plus particulièrement la menace que ferait peser la dépénalisation totale de l’IVG sur les soignants: comme  le soulignent les experts soutenant la pétition,  » si l’avortement venait à être considéré comme un acte médical – ainsi qualifié par une loi distincte ou parce qu’il serait réglé dans la loi relative aux droits des patients – et non plus comme une infraction dépénalisée dans certaines circonstances, la liberté des institutions de soins et la liberté de conscience des soignants seraient gravement mises en danger. » Cette pétition a déjà récolté les signatures des soignants mais aussi de tous les citoyens voulant protéger la clause de conscience du personnel soignant, confronté aux demandes d’avortements.

    On ne peut en tous cas que regretter que le débat tourne à la cacophonie et prenne des allures de « gueguerre » entre majorité et opposition. Faut-il rappeler à nos élus que l’on parle ici de vie humaine. Personne dans ce débat n’a fait mention de cet élément qui doit primer sur tout. Personne non plus n’a aborder le cas de détresse que vivent nombre de femmes ayant eu recours à l’avortement. Ramener l’IVG à un acte purement médical, c’est nier la primauté de la vie.

    Rappelons que le 15 juin dernier, dans un communiqué, les évêques de Belgique ont attiré l’attention sur le danger que représente selon eux, le retrait de l’avortement du Code pénal: « c’est prendre le risque d’en faire une intervention médicale anodine. Non seulement, dans les cas prévus par la loi, l’avortement ne sera plus considéré comme une infraction. Il deviendra un droit. Celui qui posera des questions ou refusera l’avortement devra se justifier. Cela vaut tant pour le médecin que pour la femme concernée. Même si on conserve la clause de liberté de conscience, elle sera de moins en moins invoquée. Car un acte médical requiert une décision médicale, et non pas tant une décision de conscience ». Et d’ajouter: « L’avortement n’ira jamais de soi. Même si on le supprime du Code pénal. Il ne deviendra jamais une ‘intervention’ ordinaire. Il ne sera jamais pratiqué de gaîté de cœur. Ce sera toujours un échec: il y aura toujours des perdants. Certes, en certaines circonstances, on peut se sentir perdu et désespéré. On se retrouve alors si seul, déboussolé. Une législation qui ferait de l’avortement une intervention ordinaire, fait très peu de cas du vécu, du ressenti des personnes. Pourquoi à ce moment-là demander aide et conseil? Les questions menacent de ne même plus être prises au sérieux. Ce qui ne fera qu’augmenter solitude et désarroi. »

    Ref. Deux pétitions pour s’opposer à la dépénalisation totale de l’avortement

    L’imputabilité d’un acte intrinsèquement mauvais est variable selon les circonstances, cela ne change rien à sa nature objectivement condamnable. On juge toujours des personnes. Autre chose est d’appeler le mal un bien.

    JPSC

  • L'extraordinaire vitalité du catholicisme traditionnel français

    IMPRIMER

    Du site "Paix liturgique" :

    BREF PANORAMA 2018 DE LA TRADITION EN FRANCE

    13 000. C’est en 2018  le nombre de pèlerins ayant participé au pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté entre Paris et Chartres. À ce chiffre nous devons ajouter les 6 000 fidèles proches de la Fraternité Saint-Pie X ayant marché de Chartres vers Paris le même week-end de Pentecôte. De part et d’autre, et donc au total, des chiffres très importants et en constante augmentation.

    Pour les centaines de fidèles étrangers qui s’associent aux pèlerins français lors de ce week-end de Pentecôte et repartent chez eux emplis de joie et d’espérance, le pèlerinage de Chartres est une démonstration de la vitalité extraordinaire du catholicisme traditionnel français. Le cardinal Sarah lui-même, qui a rendu visite aux pèlerins de Chrétienté le dimanche soir avant de les accueillir à Chartres le lundi, a déclaré  avoir été frappé par toute cette jeunesse et toutes ces familles qui prouvent que les racines chrétiennes de la France portent encore du fruit.

    Depuis la publication du motu proprio Summorum Pontificum, en 2007, Paix Liturgique s’efforce d’illustrer l’universalité de l’intérêt pour la liturgie traditionnelle vous offrant des reportages, des témoignages et des enquêtes glanés sur tous les continents. Cette liturgie n’est pas et n’a jamais été, comme on le dit trop, une « affaire franco-française ». Et cependant, lors de nos voyages, nous sommes souvent interrogés sur ce que représente le catholicisme traditionnel en France.

    Pèlerins de Chartres (photo Notre-Dame de Chrétienté).

    I – Des racines profondes

    Souvent, à l’étranger mais aussi parfois en France, on limite la réaction des catholiques français aux bouleversements conciliaires et postconciliaires à la figure de Mgr Marcel Lefebvre, premier archevêque de Dakar et supérieur général des Spiritains au moment du Concile. Pourtant, bien avant que Mgr Lefebvre ne se décide en 1970 à fonder la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X pour la préservation et la restauration du sacerdoce catholique, de nombreux français prêtres et laïcs avaient manifesté leurs craintes et leur refus face aux réformes modernistes.

    Lire la suite

  • Ce lundi 2 juillet, Stéphane Mercier était l'invité du Forum Catholique

    IMPRIMER

    C'est ici : https://rendez-vous.leforumcatholique.org/forum.php?id=109

  • Simone Veil : canonisation laïque et question toujours vivante de l'avortement

    IMPRIMER

    De Patrick Garro sur le site de l'Homme Nouveau :

    La canonisation laïque de Simone Veil et la question toujours vivante de l’avortement

    La récente glorification de Simone Veil au Panthéon, l’éden terrestre de la République, est censée non seulement honorer la défunte mais aussi, et surtout, sacraliser à travers elle le « droit à l’avortement ». Car ce qui compte, en définitive, c’est moins la réalité de ce que furent Simone Veil et ses convictions que l’image idéologisée que chacun doit désormais en conserver. Le soviétisme avait son Stakhanov comme modèle fantasmé d’ouvrier ; nous avons Simone Veil comme exemplaire de femme libre. À croire M. Macron, qui le croit peut-être lui-même, cette dernière est entrée comme tel dans le sanctoral de tous les Français.

    La République française, toujours en guerre contre ce qui est étranger à l’idéologie révolutionnaire qui ne cesse de l’animer, n’en déplaise aux naïfs, voit dans l’avortement une conquête libératrice majeure, pour ne pas dire essentielle, remportée sur l’obscurantisme. Ses combats ne sont certes pas achevés ; il lui reste encore beaucoup à détruire pour créer enfin, sur les cendres du fanatisme, du conservatisme et du populisme, des citoyens régénérés dignes de cieux nouveaux. Il lui faut encore, dans les feux joyeux et médiatisées du « vivre ensemble », effacer davantage toute forme de société naturelle, la famille, la différenciation des sexes et jusqu’à la différenciation humaine.

    Cependant, dans cette longue marche vers la lumière, qui promet encore tant de « grands et beaux exploits », dont l’euthanasie, l’avortement constitue une pierre milliaire sacrée. Il est en effet l’étape première, la consommation, enfin ! de la maîtrise démiurgique tant attendue de l’homme sur la vie. L’âge de Samuel et de son Seigneur, dont le propre était de faire vivre et mourir (1 Samuel 2,6), « l’état théologique » dont parle Auguste Comte, cet âge-là est historiquement refermé pour de bon. Dieu a rejoint le musée de l’Homme.

    Désormais l’homme, libéré des diktats mythologiques, l’homme scientifique, l’homme de la plénitude informatique, de la finance, de la télé et des réseaux, l’homme cynique et relativiste, l’homme moderne en un mot, est désormais le maître de la création. À lui appartient le droit conquis de décider qui vit et qui meurt, et comment et quand, et pourquoi aussi, selon les multiples catéchèses dont le politiquement correct enrichit chaque jour les pages. Ce pivot de l’histoire humaine qu’est l’avortement est supposément si parfaitement intégré à la « culture » de notre civilisation, qu’il n’est plus désormais timidement désigné, comme il y a quelques années encore, par le doux euphémisme « d’interruption volontaire de grossesse ». Il est aujourd’hui pleinement assumé comme « avortement », comme « droit à l’avortement », c’est-à-dire comme privilège de donner à son gré la mort, peu important que Simone Veil, elle, se soit avisée de ce que la victime était véritablement un enfant.

    Lire la suite sur le site de l'Homme Nouveau

  • Le lobby LGBT : un véritable rouleau compresseur idéologique

    IMPRIMER

    De Patrick Garro sur le site de l'Homme Nouveau :

    Le lobby LGBT, rouleau compresseur idéologique

    Le lobby LGBT, rouleau compresseur idéologique

    Le lobby LGBT, qui n'est qu'un lobby, a un droit établi à imposer à tous son idéologie, ainsi que le démontre encore les bienveillances appuyées de la mairie de Paris dans le Marais parisien et l’ornementation de l’Assemblée nationale par un drapeau LGBT. Il n'y a pas de liberté, en revanche, pour ceux qui ne la partagent pas. Si vous habitez dans ce quartier, vous êtes dans l'obligation de la subir, de la faire subir à vos enfants ; il vous est interdit même de dire que vous ne la partagez pas. 

    Si vous êtes étranger à cette idéologie, tout citoyen français que vous puissiez être, vous n'avez aucun droit à considérer que l'étalage d'une banderole LGBT sur la façade de l'Assemblée nationale est une honte. En réalité, si vous exprimez une telle opinion, vous êtes moins qu’un citoyen français acquis à cette idéologie. Il est par ailleurs inconcevable que quelque idéologie que ce soit puisse prétendre à de tels « privilèges ». Aucun lobby, aucun parti, aucune entreprise, aucun courant d’opinion ne peut prétendre ainsi à un tel droit de colonisation de l’espace public. C’est la marque de l’essence profondément discriminatoire et totalitaire de l’idéologie LGBT. 

    Il faut ici d’ailleurs tordre le cou à une idée que les serviteurs zélés de cette idéologie cherchent à tout prix à répandre, jusqu’à l’imposer par la violence des discours ou des lois comme une évidence : la « communauté homosexuelle » n’existe pas. Pas plus d’ailleurs que la « communauté hétérosexuelle ». Tout cela n’est que de la propagande.

    Une « communauté », c’est un groupe humain uni par un lien social. Un groupe ordonné, qui tend à une fin commune. On n’est pas membre d’une communauté parce qu’on a une « orientation sexuelle » déterminée ; cette orientation, par hypothèse, est individuelle. On ne tend pas à une fin commune à un ensemble social par son « orientation sexuelle », sauf par l’hétérosexualité, qui tend à la génération.

    Un lobby homosexuel, en revanche, peut constituer une « communauté », parce qu’il est un groupe homogène dont les membres, réunis par un intérêt commun, poursuivent la défense ou la promotion de cet intérêt commun, en l’occurrence le triomphe de son idéologie dans les convictions et les mœurs sociales. C’est ce à quoi nous assistons. 

    En revanche, une personne homosexuelle ne peut pas, a priori, être rangée dans une communauté quelconque par le fait qu’elle est telle. Son homosexualité n’est pas un marqueur identitaire ou sociologique. Elle ne constitue pas un déterminisme communautariste. Soutenir le contraire, c’est entrer dans le champ idéologique de ces thèses perverses qui, dans une histoire encore récente, se sont épanouies dans le crime.  

    La conclusion est que l’on peut avoir un profond respect pour les personnes homosexuelles, que leur orientation sexuelle ne détermine à aucune violence sur les autres, quelle qu’elle soit, et un absolu mépris pour le lobby homosexuel, qui cherche à étouffer la liberté d’expression de ceux qui n’adhèrent pas à ses thèses.

    Affirmer que ceux qui s’opposent au lobby homosexuel sont hostiles aux homosexuels est une escroquerie et un mensonge absolus. Ce discours a pour objet de contraindre à donner des gages au lobby pour ne pas être suspecté d’être homophobe. Cet « amalgame » cynique doit être dénoncé avec force, y compris par les personnes homosexuelles attachées à leur propre liberté à l’égard de ce lobby qui cherche à les enrôler de force dans les rangs de ses combats politiques. Ce discours est de la même veine que celui qui était tenu par les communistes de jadis qui, dans leurs propagandes, déclaraient que ceux qui leur résistaient étaient des « ennemis de la classe ouvrière ».

  • France: et maintenant la PMA pour toutes ? actualité d’une encyclique prophétique

    IMPRIMER

    Naturellement, en Belgique c’est déjà fait depuis belle lurette.  Mais, dans un grand pays  voisin la réaction des catholiques est plus assumée et plus vigoureuse que dans une petite nation où l’Eglise vit à l’ombre confortable de l’assistanat des pouvoirs publics. Le site « Riposte catholique » » a publié hier cet éditorial de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, paru dans la revue diocésaine “Notre Eglise” de juillet-août 2018 :

    « Les Etats généraux de la bioéthique se sont achevés fin avril et l’heure est au bilan. Force est de constater que le large consensus présenté par le Président de la République comme condition à l’évolution de la législation en faveur de « la PMA pour toutes » n’a pas été atteint. Les oppositions argumentées à « la PMA sans père » l’ont emporté, non seulement dans les débats organisés en région, mais aussi dans les contributions postées sur le site internet dédié et encore dans les auditions organisées par le Conseil consultatif national d’éthique (CCNE). Un sondage IFOP pour Alliance Vita, en juin 2018, montre même que 73% des français considèrent que les rôles du père et de la mère sont différents et complémentaires, 89% que l’absence de père est quelque chose qui marque toute la vie, et 61% qu’il faut privilégier le besoin de chaque enfant d’avoir un père en réservant la PMA aux couples homme – femme ayant un problème d’infertilité. On est loin du sondage publié par La Croix avant les Etats généraux de la bioéthique, faisant valoir que 64% des français sont favorables à la PMA pour toutes, mais en se situant du côté du « droit à l’enfant » plutôt que du « droit de l’enfant » à avoir un père et une mère.

    Le 25 juillet prochain, on célébrera les 50 ans de l’encyclique Humanae Vitae, sur la régulation naturelle des naissances, publiée par le Pape Paul VI, dont la canonisation a été annoncée pour octobre prochain. On sait hélas comment cette encyclique fut accueillie, avec quelles réserves et quelles oppositions, tant elle semblait à beaucoup tourner le dos à la modernité. Le Pape en fut meurtri. Certes, il ne pouvait s’étonner de ces réactions du monde, lui qui avait précisément écrit au terme de la partie doctrinale de son encyclique : « On peut prévoir que cet enseignement ne sera peut-être pas facilement accueilli par tout le monde: trop de voix – amplifiées par les moyens modernes de propagande – s’opposent à la voix de l’Eglise. Celle-ci, à vrai dire, ne s’étonne pas d’être, à la ressemblance de son divin Fondateur, un ” signe de contradiction ” » (HV 18). Mais il ne semble pas avoir anticipé les réactions hostiles que l’on enregistra au sein même de l’Eglise.

    Pourtant Humanae vitae est moins un plaidoyer contre la contraception, même si elle affirme son « caractère intrinsèquement déshonnête » (HV 14), qu’un éloge vibrant de la dignité et de la vérité de la sexualité humaine, affirmant que le bonheur plénier des époux réside dans le respect responsable de la nature intime de l’acte conjugal, expression même de la volonté du Créateur. En ce sens, la rigueur doctrinale de l’encyclique, qui ne manque pas de sollicitude pastorale pour les époux, appuyée sur les moyens de la grâce, sans dissimuler jamais la logique de la croix, fut prophétique.

    Lire la suite

  • Le baiser et la gifle

    IMPRIMER

    Bisou.jpg

    De Jean-Pierre Denis sur le site de « La Vie » : 

    « L’État se veut laïque, mais la culture reste imprégnée de religion. La société sécularisée n’a rien d’indifférent. On s’en aperçoit par moments, par emballements, par accident. On se rappelle de Dieu, de ses ministres et de ses manifestations, par à-coups et par dégoûts, à gros traits fugaces, excessifs, emportés. On cherche très sincèrement les clés pour comprendre ce qui se joue, mais on fouille souvent dans la mauvaise poche. Un exemple ? Des millions de gens ont vu et partagé la vidéo d’un prêtre âgé giflant un bébé qui pleurait pendant son baptême.

    Que nul ne me soupçonne de cautionner quelque violence ou abus que ce soit. Mais le geste incontrôlé d’un homme de toute évidence hors de ses sens n’a littéralement aucun sens, on ne peut en tirer aucune leçon, aucune signification, aucune généralité. Cet acte a beau être odieux, il ne dit rien. Pourtant, l’évêque du lieu s’est pressé de réagir et son diocèse de communiquer, de suspendre le méchant vieillard à grands coups de tambour et de trompette. Sous peine d’être accusé de je ne sais quelle complaisance, il faut y aller de son jet de pierre. Quant aux 125 jeunes hommes ordonnés cette année, et pour la plupart ces jours-ci, qui s’en soucie ? Au royaume de l’image virale, la gifle l’emporte par K.-O. sur l’imposition des mains. Qu’on me permette d’affirmer ici que c’est une pure illusion d’optique. Car oui, en revanche, l’engagement de ces jeunes hommes porte une signification profonde.

    Oui, le baiser fait causer. Mais ce qui aura du sens se situe hors cadre, hors champ, et se mesurera demain.

    Lire la suite

  • Simone Veil au Panthéon : « et eritis sicut dei »

    IMPRIMER

    La Rome païenne « divinisait » des personnages mortels parce qu’elle avait une conception peu élevée de la divinité et de la vie au-delà de la mort : sa mythologie en témoigne. L’ère postchrétienne, qui nie la divinité et l’immortalité, ajoute un abus de langage en les glorifiant par une sépulture dans un édifice dédié par antiphrase à tous les dieux auxquels on a cessé de croire.

    Plus qu’à elle-même d’ailleurs, l’apothéose de Madame Veil s’adresse en réalité à la dépénalisation de l’avortement: un acte en soi transgressif de la loi divine et emblématique d’un culte prétendument libérateur rendu à l’homme par lui-même.

    A une supercherie éthique dont témoigne l’ampleur aujourd’hui atteinte par la banalisation de ce qu'on nomme pudiquement l' I.V.G., il est encore permis, jusqu’à présent, de préférer un autre geste: celui de la canonisation d’une Mère Térésa de Calcutta, le 4 septembre 2016 sur la place Saint-Pierre à Rome. Ici, nous entrons dans un autre monde, dont témoigne le discours prononcé par la future sainte à l’occasion de l’année de la famille, le 3 février 1994, devant le président et e vice-président des Etats-Unis. Le site « Forum Catholique » en reproduit la presque totalité du texte :  

    « Nous parlons de l'amour de l'enfant ; c'est là, dans le cœur de l'enfant, que doivent naître l'amour et la paix. Mais je sens que le plus grand destructeur de la paix dans le monde d'aujourd'hui c'est l'avortement, car c'est une guerre déclarée contre l'enfant, un meurtre pur et simple de l'enfant innocent, un assassinat de l'enfant par sa mère elle-même. Si nous acceptons que la mère ait le droit de tuer même son propre enfant, comment pourrons-nous dire aux autres de ne pas se tuer les uns les autres ? Comment persuader une femme de ne pas se faire avorter? 

    …J'élève la voix en Inde et partout ailleurs. " Il faut sauver cet enfant. " L'enfant est un don de Dieu pour une famille. Chaque enfant porte en lui, de manière unique et particulière, une ressemblance et une image de Dieu en vue de choses très grandes : pour aimer et pour être aimé. Dans cette année de la famille nous devons mettre de nouveau l'enfant au centre de notre affection et de notre attention. C'est seulement de cette façon que notre monde peut survivre, car les enfants sont notre seul espoir pour l'avenir. Lorsque les plus âgés sont appelés à Dieu, il n'y a que des jeunes qui peuvent prendre leurs places.

     

    Lire la suite

  • France : La fin de vie ne figurera pas dans les prochaines lois de bioéthique

    IMPRIMER

    D’Antoine Pasquier sur le site de « Famille Chrétienne » :

    « Elle avait été introduite à la dernière minute dans le cadre des États généraux. Finalement, la question de la fin de vie ne devrait pas figurer dans le futur projet de loi de bioéthique, attendu à l’automne. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, l’a indirectement confirmé le 12 juin à l’Assemblée nationale, en indiquant que « l’avis officiel du Comité consultatif national d’éthique portera sur les thèmes prévus : la procréation, la génétique, le big data, l’intelligence artificielle, les greffes et les neurosciences ». Quelques jours plus tôt, le président du Comité d’éthique, Jean-François Delfraissy, avait laissé entendre que la fin de vie serait exclue du cadre de la révision, mais qu’elle pourrait revenir sous la forme d’un « autre véhicule législatif ».

    Le gouvernement cherche visiblement à temporiser sur ce sujet très électrique. À plusieurs reprises, Agnès Buzyn a fait part de ses réserves devant l’éventualité d’une modification de la loi actuelle. « Je suis convaincue que la loi Claeys-Leonetti  répond aux besoins sans aller vers une loi différente », a-t-elle affirmé le 7 mars devant la commission des Affaires sociales du Sénat. Un point de vue partagé par l’Inspection générale des Affaires sociales. Dans son rapport du 12 juin sur l’évaluation de la loi en vigueur, cette dernière ne suggère que des « ajustements limités » et estime que « la stabilité du cadre juridique est une condition de sa bonne appropriation par les professionnels et par les personnes en fin de vie, leur famille et leurs proches ».

    Ref. La fin de vie ne figurera pas dans les prochaines lois de bioéthique

    La loi française Claeys-Leonetti du 2 février 2016 a mis en place, un « droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir ». En vertu de cette loi, un médecin ne peut plus s’opposer à une demande de sédation profonde et continue de la part d’un patient atteint d’une « affection grave et incurable » et dont le « pronostic vital est engagé à court terme ». Mais, loin du boulevard ouvert par la loi belge du 20 mai 2002 (et son appendice du 28 février 2014 consacré à l’euthanasie des mineurs), ce texte n’autorise ni l’euthanasie ni le suicide assisté : au grand dam d’une partie des parlementaires de gauche.

    JPSC