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Témoignages - Page 5

  • 26 mars 2017 : Marche pour la vie à Bruxelles

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    Samedi 25 mars à 20 heures à la Veillée pour la Vie à l'église Sainte-Catherine (Place Sainte-Catherine, métro Sainte-Catherine) à Bruxelles.

    Dimanche 26 mars à 15h au Mont des Arts, marche pour la Vie !

    JPSC

  • Josef Mayr-Nusser, laïc martyr, mort sous le nazisme, est béatifié aujourd'hui

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Italie: béatification du martyr Josef Mayr-Nusser, le courage du « non » à Hitler

    Le cardinal Amato évoque la vie de ce père de famille du Tyrol du Sud

    Le laïc martyr Josef Mayr-Nusser (1910-1945), mort sous le nazisme, sera béatifié le samedi 18 mars 2017, lors d’une messe en la cathédrale de Bolzano (Italie). Ce père de famille du Tyrol du Sud (aujourd’hui en Italie, autrefois en Autriche) eut le « courage » de dire « un ‘non’ frontal à Hitler devant tous les SS en train de se former », souligne le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints.

    Pour le préfet, qui présidera la célébration au nom du pape François, les chrétiens peuvent apprendre du futur bienheureux « le courage d’être des témoins du Christ et de son Évangile aujourd’hui », de « manifester l’amour de la vérité et le respect de notre propre conscience » et de promouvoir « l’idéal de la famille ».

    Dès son jeune âge, Josef a développé une vie de prière profonde et une grande attention envers les plus pauvres, rappelle le cardinal Amato à l’antenne de Radio Vatican : « En 1934, à 24 ans, il fut élu président de l’Action catholique de Trente et en 1939 président de la nouvelle Conférence de Saint Vincent fondée à Bolzano. Sa journée était faite de la messe quotidienne, du chapelet quotidien, du service des pauvres et du travail ».

    Le 26 mai 1942, à 22 ans, il épousa Hildegard Straub (1907-1998) et ils eurent un fils, Albert Mayr. En 1944, après l’entrée des forces armées allemandes et la création de la « Zone d’opération des Préalpes », Josef Mayr-Nusser fut incorporé de force dans l’armée allemande et affecté à la Waffen-SS.

    Considéré comme un héros de la résistance du Tyrol du Sud contre l’occupation nazie, il fut témoin du Christ « jusqu’à l’offrande de sa vie », ajoute le cardinal Amato : « Il fut envoyé … à Konitz, près de Dantzig, en Pologne au camp d’entraînement des SS. Là, on lui demanda de prêter serment au Führer mais il refusa, en raison de sa foi. Il a dit un ‘non’ frontal à Hitler devant tous les SS en train de se former ».

    « Où a-t-il trouvé ce courage ?, s’interroge-t-il. Dans ses lectures : quand il était jeune, il avait lu les œuvres de saint Thomas, celles de Romano Guardini, mais surtout les Lettres de prison de Thomas More qui, comme Grand Chancelier d’Angleterre, avait dit ‘non’ à son souverain pour ne pas renier son identité catholique. Et c’est donc ce ‘non’, dit pour sauver sa conscience, que Josef a porté dans son cœur jusqu’à cette expérience tragique de devoir dire ‘non’ à Hitler, signant sa condamnation à mort ».

    Chargé sur un train en direction du camp de concentration de Dachau, il mourut pendant le trajet des conséquences des mauvais traitements subis. Les témoignages racontent que, malgré ses souffrances, Josef ne se plaignit jamais, continuant jusqu’au bout de remercier ceux qui cherchaient à soulager sa douleur et partageant sa nourriture avec les autres prisonniers. Un ancien soldat allemand qui l’escorta dit qu’il avait passé 14 jours avec un « saint ».

    « L’extraordinaire personnalité de Josef enrichit l’Église, mais surtout insuffle dans l’humanité contemporaine la joie de la cohérence évangélique qui désintoxique la société des germes pathogènes du mal », conclut le cardinal Amato : « Lorsque les chrétiens se montrent vraiment levain, lumière et sel de la terre, ils deviennent eux aussi, comme Jésus, objet de persécution et signe de contradiction ». La mémoire liturgique du bienheureux martyr Josef Mayr-Nusser tombe le 3 octobre.

  • P. Simon Noël, osb : contra spem in spe

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    Jésus calme la tempête.jpg«Contra spem in spe », dit saint Paul : contre l'espérance dans l'espérance. Le P. Simon Noël (Chevetogne) a posté ce billet sur son blog, au retour d’une session charismatique, marquée par la crise qui ébranle l’Eglise en Belgique et ailleurs en Europe : 

    « Je reviens de deux journées d'une session charismatique de louange et de guérison pour enfants et leurs parents. Cela m'a permis de prendre un peu la température de notre Église. La session avait lieu dans un lieu où vivent des religieux âgés ou malades. J'ai eu des contacts avec ceux-ci aussi bien qu'avec les participants de la session.

    Quelles conclusions tirer des conversations auxquelles j'ai pris part ? D'abord beaucoup de témoignages désabusés sur la situation actuelle de l’Église de la part des religieux qui nous accueillaient : plus de vocations, une pratique religieuse vieillissante et en baisse constante. La sécularisation ne cesse de s'affirmer. Ainsi un home proche pour personnes âgées, qui portait un nom chrétien, y a renoncé récemment pour adopter un nom plus neutre. Pax Christi vient aussi de changer son nom en Be.Pax. Les religieux en question craignent eux-mêmes de devoir aller bientôt dans une maison de repos, où, semble-t-il, ils ne disposeront plus d'une chapelle. Et tant d'autres choses furent dites qui vont dans le sens d'une apostasie qui se généralise et d'une confusion au sein même de l’Église.

    Et puis, il y eut tant de belles choses, prometteuses d'un avenir meilleur, dans la session des enfants et de leurs parents. Des petits et des grands qui vivent en profondeur le sacrement de la réconciliation. Des enfants initiés à l'adoration du Saint Sacrement et à la prière du rosaire. Des adultes qui se sont relayés jour et nuit devant le Saint Sacrement pour la louange et l'intercession. De nombreuses grâces de délivrance et de guérison. Une écoute patiente et priante de tant de souffrances humaines, de la part des accompagnateurs, prêtres, religieuses et laïcs.

    Alors que dire ? La situation est bien contrastée. D'une part, la mort spirituelle, d'autre part, la vie de l'Esprit. Oui la crise est réelle mais l'avenir de l’Église est entre les mains de Dieu.

    Je conclus par ce que m'a dit un des prêtres accompagnateurs de la session. La crise est grave, et pourrait s'aggraver, au point qu'à un moment donné, tout humainement semblera perdu. Alors ce sera l'intervention directe, inattendue et miraculeuse de Dieu, qui semble dormir pour l'instant au fond de la barque de Pierre. Un renouveau extraordinaire s'ensuivra et fera notre émerveillement.

    Par notre prière, notre silence et notre fidélité, que soit hâtée la venue de ce jour. Gardons confiance et restons calmes. »

    Ref. Une session charismatique

    Volens nolens, l’Europe passera aux « barbares », en fait des peuples souvent plus religieux  que  le monde aux cheveux blancs qui s’étiole sous nos yeux. Les chrétiens ne sont pas absents de ces migrations venues d’outre mers : déjà, dans nos paroisses et communautés, ils partagent la jeunesse et la conviction de leur foi vivante avec les minorités de souche restées fidèles. Quelqu’un a dit « noli timere, pusillus grex », n’aie  pas peur, petit troupeau: j’ai vaincu le monde. L’identité qui nous intéresse c’est celle du Christ.

    JPSC

  • Il n’est pas anachronique de parler de martyrs de nos jours

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    De ihsnews.net :

    Pour le cardinal Amato, « il n’est pas anachronique de parler de martyrs de nos jours »

    angelo-amato

    « Il n’est pas anachronique de parler de martyrs de nos jours. Les événements dramatiques du siècle dernier et de ce début de siècle confirment la signification profonde du martyre, qui est une profession de foi, qui accompagne toujours l’Église du Christ dans l’histoire ». C’est ce qu’a affirmé le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour la cause des saints, le 8 mars 2017.

    Le cardinal a participé à une rencontre à l’Université pontificale Grégorienne, autour du livre « Témoins de la foi » (Testimoni della fede, Gabrielli editori). Dans des extraits de son intervention rapportés par L’Osservatore Romano en italien, il a souligné que la « férocité diabolique des persécuteurs » des chrétiens était « sans aucune justification rationnelle ».

    Il a salué la mémoire des chrétiens, souvent « inconnus », qui « se sont opposés aux systèmes totalitaires européens du siècle dernier » : « Ce sont des chrétiens à la foi profonde et aux gestes courageux, prodigieuse actualisation du comportement des premiers martyrs du christianisme ».

    « L’Église n’oublie pas ses fils courageux et beaucoup d’entre eux ont été élevés aux honneurs des autels », a ajouté le cardinal. En hommage à ces figures, il a dressé la liste des 64 martyrs appartenant aux pays européens qui ont souffert des dictatures nazie et communiste, béatifiés dans la période 2008-2017 :

    Les martyrs européens des dictatures béatifiés entre 2008 et 2017

    Francesco Giovanni Bonifacio, prêtre de 34 ans du diocèse de Trieste (Italie) — né dans la Slovénie actuelle — martyrisé en 1946. Torturé et jeté dans les « foibe » – gouffres -, il a été béatifié à Trieste le 4 octobre 2008.

    Zoltan Lajos Meszlényi, évêque auxiliaire de Esztergom en Hongrie, martyr, mort en camp de concentration en 1951. Béatifié le 31 octobre 2009 à Esztergom.

    Jerzy Popiełuszko, prêtre du diocèse de Varsovie (Pologne), martyr, assassiné par le régime communiste en 1984. Brutalement torturé pieds et poings liés, il fut abandonné dans la Vistule, peut-être encore vivant. Béatifié à Varsovie le 6 juin 2010 en présence de sa vieille maman. Le musée qui lui est dédié montre la férocité inouïe de ses bourreaux, non pas des hommes mais d’infernales incarnations du mal.

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  • Eglise: le pape François veut modifier la loi du célibat obligatoire pour les prêtres de rite latin

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    DieZeit_cover.jpgC’est ce qu’il a réaffirmé à l’hebdomadaire allemand « Die Zeit » le 9 mars dernier (voir ici  sur Belgicatho).  Il n’y a là aucun « scoop ». Le 13 juillet 2014, Eugenio Scalfari, fondateur et ancien directeur du quotidien italien de gauche « La Reppublica » avait déjà reproduit ce dialogue censé transcrire la parole même du pape régnant  à propos du célibat des prêtres:

     -« Comment va évoluer au fil du temps ce problème dans l'Eglise de Rome ? » 

    - «Peut-être ne savez-vous pas que le célibat a été établi au Xe siècle, c'est-à-dire 900 ans après la mort de notre Seigneur (1). L'Eglise catholique orientale a à ce jour la faculté que ses prêtres se marient. Le problème existe certainement mais n'est pas d'une grande ampleur. Il faut du temps, mais il y a des solutions et je les trouverai. »

    Le célibat ecclésiastique, une invention tardive ?

    Ceux qui comme le pape régnant voient dans le célibat des clercs majeurs une invention tardive (1) sont de moins en moins nombreux, car l’argument, tiré en fait d'une disposition du 2e concile de Latran (1139), ne résiste pas à une simple lecture du texte conciliaire : celui-ci a pour objet de frapper de nullité tout mariage contracté par un clerc déjà ordonné. Mais les auteurs qui font autorité reconnaissent généralement que le respect de la continence exigé des clercs est bien antérieur à cette époque. On en trouve la trace formelle dans un décret du concile d’Elvire (305 ou 306), dont on peut déduire qu'il "canonise" une pratique existante. Etablir le motif exact de celle-ci et la genèse précise de son développement est une autre question: c'est sur ce point que les auteurs divergent, bien plus que sur l'antiquité de la règle. 

    Approfondir la doctrine

    Par ailleurs, les seuls arguments historiques ou disciplinaires sont rarement décisifs pour mettre fin à une  contestation (ce n’est pas la première) dans un domaine aussi sensible : a fortiori lorsqu’elle refait surface  dans l’ambiance séculariste postconciliaire exaltant toutes les formes de liberté. C’est pourquoi, dans l’époque précédant le règne du pape François, la réflexion s’est surtout portée sur le développement théologique légitime de la doctrine du célibat ecclésiastique.

    Selon l’argumentaire avancé à ce titre, la prêtrise est un état avant d’être une fonction et si -selon l’adage- le prêtre devient un autre Christ, par le sacrement qui l’ordonne à son Seigneur, il doit lui être « configuré en tout ». Ceci expliquerait que le prêtre ne puisse être une femme et demeure célibataire.

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  • Comment Eric-Emmanuel Schmitt a découvert qu'il était devenu chrétien

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    Lu sur presence-info.ca

    Éric-Emmanuel Schmitt à Montréal pour promouvoir son nouveau livre : «J’ai découvert que j’étais devenu chrétien» 

    De passage à la librairie Pauline de Montréal le 27 février afin de lancer son dernier ouvrage Plus tard je serai un enfant (Novalis), Éric-Emmanuel Schmitt a livré un vibrant témoignage dans lequel il est revenu sur son enfance et sur sa foi grâce aux questions de l’écrivaine Marie-Andrée Lamontagne.

    D’entrée de jeux, l’auteur a parlé de son enfance heureuse passée à Lyon dans les années 60. Né d’un père alsacien et d’une mère lyonnaise, il a vécu dans un milieu modeste. Son père était kinésithérapeute et sa mère professeure d’éducation physique. «Je n’ai pas la nostalgie de l’enfance, mais j’ai envie de garder l’esprit d’enfance, les qualités que j’avais lorsque j’étais enfant», a-t-il confié, faisant référence à l’étonnement, l’émerveillement et l’humilité et se permettant quelques clins d’œil à Platon.

    L’auteur, qui est également agrégé en philosophie, a répondu avec passion aux questions de l’animatrice, s’exprimant ainsi sur des sujets sensibles. Ce fut notamment le cas lorsqu’il a souligné l’importance pour une nation d’être fière d’elle-même. Une fierté nationale doit se nourrir d’un «roman national», de «des mythes fondateurs», de «fictions qui nous rassemblent». Pour autant, Éric-Emmanuel Schmitt reconnaît l’importance des historiens et de leurs travaux critiques.

    La langue française

    Son rapport avec la langue française a également été l’objet de belles envolées. «La langue française c’est la partenaire de ma vie. Je me bats et je fais l’amour avec elle tous les jours. C’est rarement moi qui gagne! Elle me surprend encore. J’ai vraiment une relation amoureuse avec la langue française. Elle est une maîtresse qui me domine. Cependant, à force de concentration la langue me sourit.»

    Marie-Andrée Lamontagne a profité de l’occasion pour l’inviter à commenter le slogan choisi par la France pour mousser sa candidature pour les Jeux olympiques de 2024 (Made for Sharing). «Insupportable! C’est d’une sottise! Et derrière ce slogan, il y a cette idée qui veut qui si l'on parle anglais, l'on parle moderne! C’est difficile pour moi de consentir à cette assimilation! Je comprends très très bien l’attitude défensive que vous avez face à la langue. Je trouve que nous ne sommes pas assez défensifs. Le Français n’est pas défensif. Il est beaucoup trop prétentieux pour l’être. La France se croit le centre du monde. Le centre du monde n’a pas à se défendre.»

    Obsédé par les évangiles

    Durant la soirée, Éric-Emmanuel Schmitt a aussi parlé de sa foi, lui qui est né dans une famille athée. Elle pratiquait, dit-il, «un athéisme presque militant». Paradoxalement, ses parents ont jugé important qu’il reçoive une éducation chrétienne. Il a donc été baptisé et a suivi les cours de catéchisme. Lorsqu’il entreprit ses cours de philosophie, il se rendit compte que de grands philosophes étaient croyants. «Tiens, se dit-il alors, on peut être intelligent et croyant!» Ses études en philosophie lui ont permis «non pas d’affirmer un athéisme, mais à affirmer un agnosticisme.»

    Puis, lors d’une nuit dans le désert où il s’était perdu, Éric-Emmanuel Schmitt vit une extase mystique qui bouleversera sa vie entière. «Cela m’a totalement changé. J’ai été obligé de me reconstruire.»

    Devenu croyant, il lit les œuvres de grands mystiques juifs, musulmans et chrétiens. Un jour, il décide de lire les évangiles. Autre choc fondamental. Il découvre la place de l’amour.

    «Parce que les quatre évangiles, c’est un récit sur quelqu’un qui est venu changer les rapports entre les hommes. Il est venu changer ces rapports d’intérêt, de peur, de violence par l’amour. C’est tellement incroyable de lire cela. C’est de la dynamite! Je deviens obsédé. Absolument obsédé par les évangiles.»

    Pendant sept ans, il cherche à comprendre les divers évènements de la vie de Jésus ainsi que sa mort sur la croix. Sa recherche s’apparentait à celle réalisée par un recherchiste qui planche sur un dossier. «À l’issue de ces sept années de réflexion, j’ai découvert que j’étais devenu chrétien. Cette obsession était devenue autre chose qu’une obsession.»

    Comme il l’a fait dans Plus tard je serai un enfant, Éric-Emmanuel Schmitt a précisé sa pensée au sujet de la foi. Pour lui, la foi est une vérité subjective qui n’a rien à voir avec le domaine de la raison. La foi n’est pas un savoir. C’est pourquoi lorsque quelqu’un lui demande si Dieu existe, il préfère répondre: «Je ne sais pas, mais je crois que oui».

    Le doute

    Pour lui, l’intégrisme et le terrorisme religieux découlent du refus de ne pas savoir. «Le problème c’est souvent la prétention de savoir. C’est cela le problème de la violence. La violence c’est le refus de ne pas savoir. Notre époque est traversée par cela, comme toutes les époques d’ailleurs.»

    L’intégriste, le terroriste, le religieux radical, qui est prêt à tuer celui qui ne pense pas comme lui, sont «victimes d’une maladie de la pensée. Ils refusent qu’au fond on puisse ne pas savoir et que l’on puisse penser des choses diverses. Le violent, c’est celui-là. C’est celui qui refuse de ne pas détenir la vérité. Le psychiatre Carl Gustav Jung affirmait que «le fanatisme est une surcompensation du doute».

    Lors de la période de questions, Éric-Emmanuel Schmitt en a surpris plus d’un en affirmant être ouvert à l’idée de publier un livre avec le célèbre philosophe athée Michel Onfray. «Il y a vingt ans, il m’a proposé que nous écrivions ensemble un livre portant sur le christianisme. J’ai refusé. Je pense que je vais l’appeler bientôt. Cela serait intéressant finalement. Je pense qu’il est suffisamment apaisé pour être dans un dialogue. Je pense qu’il ne l’était pas il y a vingt ans.»

    La soirée s’est terminée par une séance de signature de son nouvel opus.

  • Débat Dandrieu-Barbarin : le dilemme des chrétiens face à l’immigration

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    Le pape et les évêques invitent les chrétiens à accueillir les migrants. Chemin de sainteté personnelle ? Ou vraie source d’inspiration d’une politique d’immigration ? Un prélat et un essayiste laïc confrontent leurs positions. Ils sont interrogés par  Charles-Henri d’Andigné et Samuel Pruvot sur le site de « Famille chrétienne »:

    Les raisons d’un débat

    L’Église, le pape et l’immigration. Trio explosif ! Face aux migrants et réfugiés qui parviennent en nombre sur le continent européen, des catholiques français s’interrogent. Fidèle à ses prédécesseurs, le pape François nous appelle dans son style direct et audacieux à être à la hauteur de cette mutation. En vertu de notre sens de Dieu, de l’homme et de l’Histoire.

    Pour certains catholiques, cette invitation est dure à comprendre. C’est tout l’intérêt de l’essai de Laurent Dandrieu (Église et immigration. Le Grand malaise, Presses de la Renaissance) que de leur faire écho. Selon lui, l’Église en général et les derniers papes en particulier n’ont pas réellement pris la mesure du phénomène de l’immigration en Europe. Il estime que l’accueil dû à un migrant, (« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli ») n’est plus possible avec des millions d’individus. Le problème a changé de nature en changeant d’échelle. Il s’interroge aussi sur l’identité culturelle des migrants et sur une approche de l’islam qu’il juge trop irénique chez beaucoup de prélats.

    Pour lui répondre point par point, sans naïveté ni langue de buis, il fallait un homme d’Église ouvert aux interrogations légitimes des laïcs. Mais aussi un proche du pape François conscient de la sagesse séculaire et métapolitique de l’Église, si précieuse dans les affres du temps présent.

    Laurent Dandrieu, journaliste, responsable des pages culture de Valeurs actuelles, est auteur de plusieurs essais.

    Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, auteur de Théologie et sainteté. Introduction à Hans-Urs von Balthasar (Parole et Silence, 2017).

    Quand on parle d’immigration, faut-il opposer identité et catholicité ?

    Cardinal Philippe Barbarin Il ne faut pas jouer l’enracinement contre la catholicité. Il me semble au contraire que plus on est enraciné dans sa culture, et plus on a une chance d’être ouvert au monde entier ! Je suis 100 % français avec une maman née au Maroc et originaire du Lot et un papa parisien natif du Berry. Je peux vous réciter des passages de Ronsard, La Fontaine, Bossuet ou Paul Valéry par cœur. Plus les racines sont profondes, plus l’identité peut s’élargir avec le temps, comme par cercles concentriques.

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  • Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l'Œuvre d'Orient, interviewé dans l'émission "Internationales" (TV5) le dimanche 5 mars 2017

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    Internationales reçoit Monseigneur Pascal Gollnisch, directeur général de L'Oeuvre d'Orient. Pour les Chrétiens d'Orient, le dilemme est terrible: peut-on rester ou doit-on partir ? Ils sont aujourd'hui 11 millions, dans une région où vivent 320 millions de Musulmans. Pour Daesh, ils sont la cible prioritaire. Quel rôle peut jouer l’Église pour aider ces Chrétiens ?

    Mgr Pascal Gollnisch

    Pascal Gollnisch, né le 17 novembre 1952 à Neuilly-sur-Seine (Seine), est un prélat catholique français, directeur général de L'Œuvre d'Orient depuis 2010, vicaire général de l'ordinariat des catholiques orientaux en France depuis 2014 et chorévêque de l'Église syriaque catholique ainsi qu'archimandrite de l'Église grecque-catholique melkite depuis 2015.

    Pascal Gollnisch entre au séminaire français de Rome en 1978 et est ordonné prêtre du diocèse de Paris le 4 décembre 1982. Il est également titulaire d'une maîtrise de droit des affaires, après ses études à Paris-X-Nanterre et à Paris-V, ainsi que d'un diplôme d'études supérieures en comptabilité.

    Entre 1976 et 1989, il dirige les pèlerinages français en Pologne, où il est saisi par ces voyages à caractère spirituel et ces rencontres avec les communautés locales. Il y ajoute une passion ancienne pour les Églises d’Orient, dont il connaît bien les particularités et l’histoire.

    En 1990, il devient Aumônier du Lycée Lavoisier, et directeur adjoint des Aumôneries de l’enseignement public. Plus tard, il assure également ce rôle d’aumônier auprès des étudiants de plusieurs facultés parisiennes (Paris VI, Paris VII et Paris III) et est nommé vice-président du Conseil presbytéral du diocèse de Paris de 2002 à 2009. Il est l’un des fondateurs de la Maison Saint-Augustin et du Séminaire de Paris.

    En 1995, il devient curé de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste de Grenelle (Paris 15e), puis de Saint-François-de-Sales (Paris 17e) en 2004. Il est doyen de la plaine Monceau lorsque le cardinal André Vingt-Trois lui confie la direction générale de L'Œuvre d'Orient à l'automne 2010.

    L'Œuvre est présente dans une vingtaine de pays et Pascal Gollnisch connaît la plupart d'entre eux.La distinction de chapelain de Sa Sainteté, qui lui est accordée en 2012, fait de lui un prélat qui porte le titre de « monseigneur », ce qui « renforce [sa] crédibilité » auprès de ses interlocuteurs civils ou religieux.

    Il est également, depuis le 1er septembre 2014, vicaire général de l'ordinariat des catholiques orientaux en France.

    Le 7 mars 2015, Mgr Pascal Gollnisch est ordonné chorévèque dans l'Église syriaque catholique par le patriarche Ignace Joseph III Younan. Le 14 septembre de la même année, il est élevé à la dignité d’Archimandrite dans l'Église grecque-catholique melkite par le patriarche Grégoire III Laham, en l'église Saint-Julien-le-Pauvre de Paris.

    Ces deux distinctions lui ont été accordées pour saluer l’action et l’implication de l’Œuvre d’Orient auprès des églises d’Orient. Il est chevalier de l’Ordre National du Mérite.
  • Liège: les jeunes se réveillent! Premier témoignage, vendredi 10 mars, 20h00 à l'église du Saint-Sacrement

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  • Présidentielles françaises : « Sens Commun » devient incontournable à droite

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    Le rassemblement pro-Fillon, organisé le 5 mars au Trocadéro, a dépassé les espoirs des organisateurs. Le peuple de droite est chauffé à blanc derrière son candidat. Mais cette mobilisation saura-t-elle redynamiser une campagne plombée par les affaires ? De Pierre Jova et Hugues Lefèvre sur le site de « Famille Chrétienne »:

    « C’est un signe !  L’exclamation jaillit spontanément de dizaines de bouches. Le soleil se lève sur la Place du Trocadéro, où se masse déjà une foule nombreuse. La pluie annoncée semble éloignée. En ce dimanche 5 mars, le peuple de droite a répondu présent au « rassemblement populaire » soutenant la candidature de François Fillon, et organisé en quatre jours. Une foule plutôt âgée, avec des grappes de jeunes enthousiastes, occupe la Place et déborde vite sur les artères voisines. « C’est la Manif Pour Tous ! », s’écrie un participant. Il devient difficile de se déplacer dans cette masse humaine. « Vous êtes journaliste ? Chez qui ? Famille Chrétienne ? Alors c’est bon ! », interrogent les manifestants suspicieux, mais néanmoins volubiles sur leur adhésion au candidat de droite : « nous sommes très nombreux pour dire à François Fillon qu’il n’y a pas de raison de lâcher au dernier moment », affirme Bertrand, 83 ans, qui dit être présent « pour la France ».

    Lui ne veut pas entendre parler d’un « plan B » avec Alain Juppé. « Ce serait catastrophique ! Ce serait propice à une grande dispersion des votes de droite », rugit-il, en brandissant son drapeau tricolore offert par les organisateurs. En entendant le nom d’Alain Juppé, une jeune femme, Isabelle, se retourne et prend part à la conversation. Pour elle,  l’acharnement contre le vainqueur de la primaire de la droite a été trop loin. « Le coiffeur de François Hollande touchait 10 000 € par mois pour donner un coup de peigne ! Qu’est-ce qu’on va nous [embêter] pour des affaires qui remontent à des années et qui ressortent comme par hasard à trois mois de la présidentielle » fustige cette habitante de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Elle et Bertrand en sont certains : si François Fillon maintient sa candidature, les électeurs de droite n’hésiteront pas un seul instant à voter pour lui.

    « C’est une situation capétienne ! »

    Derrière le podium, se tient à l’abri des médias une petite ruche de parlementaires, attachées de presse et gardes du corps. Des poids lourds du parti Les Républicains (LR) ont fait le déplacement : le patron des députés de droite Christian Jacob, le secrétaire général du parti Bernard Accoyer, le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, et même le député de l’Aube François Baroin, que l’on soupçonnait pourtant de soutenir un éventuel « plan B ». Baskets aux pieds et imperméable gris, Pénélope Fillon est en retrait, indifférente à l’agitation environnante. Elle sourit et reste silencieuse.

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  • Le film "Silence" et le silence de Dieu

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    Lu sur le site de La Croix :

    « Silence » et le silence de Dieu, par Gaël Giraud

    Gaël Giraud, jésuite, revient sur le film de Martin Scorsese, « Silence ».

    Pour Gaël Giraud, le film de Martin Scorsese semble poser une question redoutable : le silence de Dieu devant la souffrance humaine, que signifie-t-il ?

    Le film de Martin Scorsese semble poser une question redoutable : le silence de Dieu devant la souffrance humaine, que signifie-t-il ? Le cinéaste ne répondra pas dans ce film, lequel se clôt sur une sentence énoncée en voix off : « Dieu répondra… » Mais quand ? Ce n’est autre que la question posée dans l’Apocalypse : « Jusques à quand tarderas-tu à faire justice ? » (Ap 6, 10).

    Silence situe ce mystère aussi vieux que la souffrance elle-même au cœur du drame des paysans japonais chrétiens et pauvres du XVIIe siècle, soumis à une répression d’une rare cruauté. Et au cœur du drame éprouvé par les missionnaires catholiques, notamment des jésuites portugais, venus évangéliser l’archipel dans le sillage de saint François-Xavier. Tout tourne, en effet, autour de deux d’entre eux, Ferreira et Rodrigues, qui finirent par abjurer leur foi pour épargner d’inutiles souffrances aux chrétiens japonais torturés.

    Scorsese (et avant lui le romancier japonais catholique Shūsaku Endō, dont il s’inspire) semble entremêler deux thèses qui convergent vers la même conclusion : il valait mieux abjurer. La première est que le christianisme est une religion qui ne veut pas la souffrance de l’homme, de sorte que, placé dans une situation perverse, il était préférable de renoncer à son orgueil de prêtre occidental et de sauver des vies. Renoncer à s’affirmer chrétien serait alors le meilleur moyen de le rester. La seconde thèse est que la civilisation japonaise, bouddhiste par essence, serait intrinsèquement étrangère au christianisme. La prétendue visée universaliste de ce dernier serait simplement l’héritage de l’enracinement occidental du christianisme. Une ambition mise en échec par la singularité nippone que nos braves missionnaires n’avaient pas vraiment pris la peine d’apprendre à connaître.

    Sauver la vie d’autrui est évidemment un motif légitime pour consentir à se compromettre en apparence face à des régimes dictatoriaux. De même, l’expérience évangélique n’a jamais pu se transmettre sans un travail, de l’intérieur, des référents culturels au sein desquels elle a d’abord été explicitée. Pourtant Matteo Ricci, astronome jésuite italien qui, à la même époque, entrera à la cour de l’empereur de Chine, et deviendra un authentique mandarin, témoigne de ce que cette intelligence de l’inculturation n’était pas étrangère aux jésuites du Grand Siècle. Néanmoins, le film ne semble pas vouloir s’arrêter à ces constats somme toute bien connus. Il suggère en effet que les deux jésuites apostats ont collaboré avec le régime japonais dans sa rage obsessionnelle à détruire tout signe chrétien, tout en conservant leur foi in petto, dans la plus absolue discrétion. En affichant ce renoncement à toute manifestation extérieure de leur fidélité religieuse, Scorsese veut-il faire l’apologie d’un christianisme intimiste, rangé au rayon des spiritualités intérieures ? Pareille lecture du film n’est pas impossible. Et c’est cela précisément qu’il faut questionner.

    Je doute fort que nos amis bouddhistes endosseront les tortures infligées par l’inquisition japonaise comme faisant partie de l’essence de leur sagesse. Il est aussi permis de douter que ce raffinement sadique fasse partie de l’essence d’une « culture japonaise ». De quoi, alors, la traque subie par les chrétiens au début de l’ère Tokugawa est-elle le nom ? D’un totalitarisme aussi tristement banal que cruel, qui tente d’exercer un contrôle policier des comportements de tous, et d’en exclure toute trace du christianisme. Résister, d’une manière ou d’une autre, à un tel totalitarisme, ce n’était donc pas manquer de compréhension à l’égard de la civilisation japonaise, si énigmatique soit-elle. C’était faire œuvre de justice.

    Ce qui semble échapper au film Silence, c’est que l’expérience chrétienne est éminemment politique, et que les martyrs – chrétiens ou non – ont toujours et partout été les témoins souffrants d’une résistance à l’oppression. En témoignent, en France, Jean Moulin et les martyrs de la Résistance, qu’ils fussent chrétiens, communistes ou gaullistes. Ou encore, parmi tant d’autres, les six jésuites assassinés au Salvador en 1989 par la junte militaire d’extrême droite alors au pouvoir. La question, dès lors, n’est plus celle de savoir si je dois « tenir » ou « abjurer », mais comment s’organise la résistance à la dictature. Peut-être passe-t-elle par une apostasie de façade, peut-être par un entrisme intelligent au sein des structures de pouvoir, susceptible de conduire au tyrannicide, peut-être par un christianisme catacombaire en attendant des jours meilleurs. Les chrétiens qui, en Pologne, résistèrent à la dictature communiste ont utilisé tous ces stratagèmes.

    Et c’est cela qui manque dans Silence : le point de vue des Japonais eux-mêmes, chrétiens ou non, par-delà le cercle étroit des collaborateurs du régime. Le point de vue des vaincus, dont certains survivants ont gardé la mémoire dangereuse du Crucifié. Si, d’ailleurs, le régime japonais a cherché par tous les moyens à éradiquer leur foi, n’est-ce pas justement parce qu’elle représente bien plus qu’une expérience intimiste, mais,bel et bien un engagement politique dangereux pour les régimes totalitaires ?

    Aux questions piégées d’un pouvoir politique qui ne respecte plus l’humain, le Christ a certes répondu par le silence (Mt 26, 63). Non pas le silence d’un Dieu retiré des affaires des hommes, mais celui d’un homme condamné par avance pour avoir troublé l’ordre public de l’occupant romain. Celui d’un Dieu qui refuse de se compromettre avec les jeux pervers du pouvoir humain. Au péril de sa vie. Silence des victimes dont la mémoire restera un danger tant que le Ressuscité continuera d’appeler les femmes et les hommes d’aujourd’hui à la liberté.

    Gaël Giraud