20/10/2014

Synode sur la famille : "Ce ne sont pas des hommes de parti, ce sont des prêtres"

Ordonné prêtre en 2012, le Frère Laurent Tarel, dominicain de la province de Toulouse, fait partie des 27 “assistants du Secrétariat général du synode”. Alors que ce synode prend fin, le Frère Laurent Tarel a bien voulu répondre à quelques questions d’Elisabeth de Baudouin, sur le site web d’Aleteia (extraits).

(…) On a beaucoup parlé de tensions entre ces derniers, à l’occasion de ce synode. Comment vous sont-ils apparus, durant ces deux semaines ?

Frère Tarel : Comme des frères, heureux de se retrouver et se respectant, malgré les divergences. Je n’ai senti aucune animosité entre les personnes, aucun climat de tension, même si, c’est clair, on n’est pas au pays des bisounours : ce sont des cardinaux, des évêques, des prêtres, conscients des enjeux et des difficultés ainsi que de leur responsabilité. On sent aussi chez eux la souffrance du pasteur, qui ne considère pas  seulement les brebis “qui vont bien” mais qui a le souci des – nombreuses- brebis en difficulté. Souffrent-ils aussi de la façon dont leur image ou leurs propos peuvent être déformés par les médias ? Je n’ai rien senti de tel. Ce synode a plutôt révélé le coeur de ces pasteurs,  tous très attachés à la doctrine de l’Eglise, et qui se demandent en même temps comment l’Eglise peut accueillir toutes les personnes qui frappent à sa porte. Ce ne sont pas des hommes de parti, ce sont des prêtres : ils se posent la question sous le regard de Dieu, dont ils cherchent à réaliser la volonté.

On a dit que la Relatio post disceptationem, qui a provoqué la tempête dans les médias, a semé la division au sein de l’assemblée synodale. Qu’en est-il en fait ? Quel jugement portez-vous sur ce qui s’est passé en interne ?

Frère Tarel : Il était prévu (et normal) qu’après la publication de ce texte, les pères synodaux s’expriment. Ils l’ont fait, lors de la congrégation générale qui a suivi aussitôt la lecture de cette Relatio. Beaucoup ont réagi vivement car ils ont eu peur – à juste titre, - de sa mauvaise appropriation par certains. Fallait-il d’ailleurs publier ce document, rédigé rapidement, très imparfait et incomplet, et qui n’est qu’un outil intermédiaire ? Au regard du séisme provoqué, on peut se poser la question. Par contre, le travail qui a suivi, dans les “circuli minores” a été d’une richesse incroyable. La réflexion, profonde et détaillée, a porté sur de très nombreux points, y compris certains ne figurant pas dans la Relatio, comme l’adoption ou l’attention à porter aux personnes âgées. Ce travail aura sans doute grandement aidé celui de la commission de rédaction de la Relatio Synodi. C’est ce texte-là qui va rester de ce synode extraordinaire sur la famille, comme base à la réflexion de l’année qui s’ouvre, avant l’assemblée ordinaire du synode de l’an prochain (…).
 Ref. Synode sur la famille : "Ce ne sont pas des hommes de parti, ce sont des prêtres"

JPSC

19/10/2014

La béatification de Paul VI : un souhait du pape émérite

Il est sans doute opportun de rappeler que c'est sous le pontificat de Benoît XVI qu'a été initiée la procédure qui a conduit à la béatification du pape Paul VI à laquelle on a assisté ce dimanche (cfr cet article de La Croix de décembre 2012); le pape aujourd'hui émérite a suivi personnellement ce dossier. Quelques jours après la mort de Paul VI, lorsqu'il était archevêque de Munich, le futur Benoît XVI avait prononcé lors de son homélie un hommage appuyé du pape défunt. La traduction de cette homélie figure sur le site Benoît-et-moi : http://benoit-et-moi.fr/2013-II/benoit/une-homelie-inedit... . On y lira notamment que le pape Montini, à la fin de son pontificat, avait songé à déposer sa charge. Le portrait esquissé par le cardinal Ratzinger laisse percevoir une grande dévotion à l'égard de ce souverain pontife controversé et laisse penser qu'il fut pour lui un véritable modèle.

Synode : une grande victoire des traditionalistes ?

C'est l'opinion d'Odon Vallet comme le rapporte M. Bernard sur le site "Riposte catholique" :

«Les catholiques traditionalistes ont remporté une grande victoire»

Je ne peux pas m’empêcher de publier cet entretien avec l’ineffable Odon Vallet, spécialiste de l’Eglise selon nos médias. D’abord parce qu’on sent ce progressiste totalement frustré par le résultat du synode. Et aussi parce qu’il considère que l’Eglise de France porte une responsabilité dans ce qu’il considère être un mauvais résultat. C’est 20 Minutes qui l’a interrogé :

« En quoi le texte provisoire marquait-il un pas important?

Le texte provisoire comportait deux ouvertures. L’une à l’égard des divorcés remariés. L’autre à l’égard des homosexuels. Il ne s’agissait pas d’une révolution, mais d’une évolution. On ne proposait pas d’admettre au sacrement les divorcés remariés, mais seulement de prévoir, soit par annulation du mariage, soit par une procédure de pénitence, la réadmission au sacrement. Pour les homosexuels, il n’était pas question de reconnaître le mariage, mais de faire apparaître les «dons et qualités» qu’ils pouvaient offrir à l’Eglise. On les accueillait sans pour autant reconnaître officiellement leur union.

Une évolution qui n’est pas passée lors du vote…

Dans texte définitif, il n’est plus fait allusion à ces deux sujets controversés. C’est une défaite retentissante pour le pape François, un camouflet. Pire, un cardinal américain [Raymond Leo Burke, de l'opposition conservatrice], a même déclaré que le pape avait fait «beaucoup de mal en ne disant pas ouvertement qu’elle était sa position». En réalité, François est resté muet pour accorder toute liberté aux participants. C’est la première fois depuis 50 ans au moins, qu’un cardinal s’oppose ouvertement au pape. C’est la première fois, aussi, depuis plusieurs siècles que des évêques et des cardinaux ne lui font pas confiance.

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Une fausse image du pape véhiculée par les médias ?

C'est la thèse défendue par Paul Kengor*, comme on peut le lire sur France Catholique :

L’aura progressiste du pape François 

Les médias laïques progressistes s’acharnent à essayer de fabriquer une image progressiste du pape François à leur ressemblance. Encore un peu de temps, semblent-ils dire, et le pape permettra bientôt aux catholiques divorcés et remariés de recevoir la sainte communion et aux homosexuels de se marier à l’église, ordonnera des homosexuels et des femmes, approuvera les injonctions des Health and Human Services [notamment sur la contraception] et Dieu sait quoi encore.

C’est une image persistante, pernicieuse et exaspérante que les progressistes diffusent dans les médias avec désinvolture. Presque chaque action ou déclaration du pape François est déformée pour refaçonner l’homme et donc aussi son Eglise à l’image que ces médias ont de lui. Il est leur pape à eux, leur incarnation de Vatican II. Ils plaquent sur lui le type d’Eglise catholique romaine qu’ils veulent.

C’est une acrobatie, souvent obscène parce qu’à l’évidence risible et grossière. Elle contredit la personnalité d’un homme qui est tout simplement et sans restrictions un catholique romain fidèle et traditionnel. Il suffit de prendre l’une des innombrables déclarations du pape sur le diable, le péché, l’embryon, le Catéchisme de l’Eglise catholique, les anges et les archanges, ou même le mariage homosexuel qu’il présente littéralement comme une oeuvre de Satan pour se convaincre que la qualification de « progressiste » selon les médias ne s’applique aucunement à cette personnalité.
 
En fait, bien au contraire, le pape François a caricaturé ce qu’il appelle le « progressisme adolescent », attitude qui, d’après lui, recommande toujours, au moment de prendre une décision, de suivre le courant au lieu de rester fidèle à ses propres traditions. Il a mis en garde contre cet « esprit d’attachement au monde » qui pousse « à être comme un chacun ». Cet avertissement lancé par le pape François est, en fait, résolument conservateur (et catholique), et certainement pas du tout progressiste.Et pourtant, toutes ces pensées du pape François sont vivement rejetées et ignorées par les laïcs progressistes qui veulent que le pape les approuve et soit l’un d’eux. (On ne comprend pas toujours pourquoi ils veulent l’approbation du chef d’une Eglise qu’ils n’apprécient pas beaucoup). Ils s’approprient et manipulent ses paroles et ses intentions dans le sens qui convient le mieux à leurs desseins.

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Les statistiques de l'Eglise catholique pour 2014

Statistiques de l’Eglise catholique 2014 (source)

Cité du Vatican – A l’occasion de la Journée missionnaire mondiale, cette année Dimanche 19 octobre, l’Agence Fides présente comme d’habitude un certain nombre de statistiques choisies de manière à offrir un panorama de l’Eglise dans le monde. Les tableaux sont extraits du dernier Annuaire statistique de l’Eglise et concernent les membres de l’Eglise, ses structures pastorales, les activités dans le domaine sanitaire, de l’assistance et de l’éducation. Entre parenthèses est indiquée la variation, augmentation ou diminution, par rapport à l’année précédente, selon la comparaison effectuée par l’Agence Fides.

Au 31 décembre 2012, la population mondiale était de 7.023.377.000 de personnes soit une augmentation de 90.067.000 par rapport à l’année précédente. L’augmentation globale concerne, cette année également, l’ensemble des continents, les augmentations les plus fortes se trouvant, une fois encore, en Asie et en Afrique , ces continents étant suivis par l’Amérique, l’Europe et l’Océanie. A cette même date du 31 décembre 2012, le nombre des catholiques était de 1.228.621.000 soit une augmentation totale de 15.030.000 de personnes par rapport à l’année précédente. L’augmentation concerne tous les continents. Elle est cependant plus forte en Amérique et en Afrique, continents suivis par l’Asie, l’Europe et l’Océanie .

Le pourcentage des catholiques a légèrement diminué, de 0,01%, s’établissant à 17,49%. En ce qui concerne les continents, des augmentations sont enregistrées en Amérique et en Asie, les diminutions concernant l’Europe et l’Océanie, alors que l’Afrique est stable.

Les stations missionnaires disposant d’un prêtre résident sont au total 1.847 et enregistrent des augmentations en Amérique, en Asie et en Océanie, les diminutions concernant l’Afrique et l’Europe. Les stations missionnaires sans prêtre résident ont vu leur nombre diminuer cette année encore, leur nombre s’établissant à 130.795 unités. Elles augmentent en Afrique et en Asie, alors qu’elles diminuent en Amérique, en Europe et en Océanie.

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« La vérité ne se réduit pas à des formules, mais elle est contenue dans les formules »

Lu aujourd’hui sur le site de « Famille chrétienne » :

« L’Église doit-elle modifier son langage pour être mieux comprise ? Éléments de réponse avec Norberto González Gaitano, professeur d’opinion publique à l’Université pontificale de la Sainte-Croix et coordinateur du groupe de recherche international Family and Media.

Au cours du Synode sur la famille, il a été plusieurs fois question d’adapter le langage de l’Eglise afin que sa doctrine sur la famille, le couple et la sexualité soit mieux comprise. La manière dont l’Eglise s’exprime est-elle un frein à l’acceptation de son enseignement ?

Il faut distinguer les textes du Magistère, ceux de la prédication et les témoignages. Les textes du Magistère sont très beaux et très vrais, pensons à Gaudium et spesFamiliaris consortio ou encore à l’encyclique Caritas in veritate. Mais personnellement, je ne connais personne qui ce soit converti par les textes du Magistère, à la différence de la Bible.
Le problème se trouve au niveau du langage de la prédication et du témoignage. Prenons un exemple. Autrefois, dans la prédication, il y avait peut-être trop d’insistance sur l’impureté, et pas assez sur la chasteté. Aujourd’hui encore, les prédicateurs ne parlent pas assez de la chasteté, et n’expliquent pas suffisamment cette vertu qui préserve l’amour de la corruption. Nous pourrions dire la même chose sur l’amour. L’amour peut être sentiment, l’amour peut être sexualité, l’amour peut être amitié, l’amour peut être sentimentalisme, mais dit-on suffisamment que l’amour, c’est d’abord se donner soi-même. Savons-nous l’expliquer ? S’il est difficile de se convertir à travers des textes, il est en revanche plus facile de le faire à travers des témoignages proches, mais des témoignages qui montrent concrètement ce qu’est l’amour, la famille ou encore la sexualité.

Certains participants au Synode ont émis le souhait de modifier des expressions comme « intrinsèquement désordonnés » ou « péché grave ». Si l’Eglise changeait certaines formulations, son message passerait-il mieux ?

On parle trop du langage. Le problème ne vient pas du langage, mais de la compréhension de la substance des choses. La vérité ne se réduit pas à des formules, mais elle est contenue dans les formules. Si je possède la vérité que quelques formules renferment, je possède la vérité et non ces formules. Mais si la personne n’est pas possédée par la vérité vers laquelle pointent les formules, elle ne sera pas en mesure de l’exprimer avec ses propres paroles. Elle risque alors de répéter des slogans, des stéréotypes, une doctrine morte. Il faut s’approprier la vérité recueillie dans les formules pour en témoigner. 

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Le programme 2014-2015 de la Communauté Saint-Jean de Banneux

Sans titre.pngcliquer sur l'image pour consulter le programme

 

Le synode est clos mais le débat continue...

De Jean-Marie Guénois sur Le Figaro :

Le synode continue de contester les passages sur l'homosexualité et les divorcés remariés

Le synode des évêques sur la famille convoqué par le pape François a approuvé samedi un rapport final, « rééquilibré » pour tenir compte des réticences des prélats les plus conservateurs.

Partie remise. Même si les évêques catholiques, réunis en assemblée synodale autour du pape François sur les questions de la famille n'ont pas adopté dans leur rapport final, voté samedi soir à Rome, les paragraphes portant sur les divorcés remariés et sur les homosexuels - donc 3 paragraphes sur 62 - «cela ne signifie pas, a insisté le Père Rosica, l'un des porte-paroles du Vatican, qu'ils soient rejetés». Ils n'ont tout simplement «pas obtenus la majorité nécessaire des deux tiers mais seulement la majorité simple, a encore justifié le Père Lombardi, porte parole. On ne peut donc pas les considérer aujourd'hui comme l'expression d'un consensus du synode mais la discussion à leur sujet va continuer.» D'autant, a-t-il précisé, que ce document demeure un «document de travail». Il servira effectivement de point de départ pour la seconde étape du synode sur le même sujet, l'an prochain, au mois d'octobre.

Sur 183 votants, donc, le passage sur l'homosexualité a reçu 118 ‘pour'et 62 ‘contre'. Quant aux deux paragraphes sur les divorcés remariés, ils ont obtenus, respectivement, 104 et 112 ‘pour', 74 et 64 ‘contre'. La majorité des deux tiers était à 123 votants. La majorité simple à 92 votes. Le blocage sur ces deux thèmes n'est pas une surprise. Ils ont été l'objet d'âpres débats entre évêques et cardinaux tout au long de ces deux semaines. Ils le seront encore cette année puisque le pape invite toute l'Église à débattre de ces sujets avant la prochaine session du synode. Il est à même à prévoir que le refus pourrait perdurer lors du prochain synode car les positions de ces soixante dix évêques, fondées théologiquement, ne devrait pas évoluer. Il est également certain que le synode n'est qu'un organe consultatif et qu'en définitive c'est le pape, et lui seul, qui décidera du chemin à suivre.

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Rendre à Dieu ce qui est à Dieu (29e dimanche du T.O.)

Du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ (homelies.fr) :

Pharisiens et Hérodiens font alliance pour tendre un piège au Seigneur. Les frères ennemis se coalisent pour « prendre en faute » leur adversaire commun « en le faisant parler », lui le Verbe de Dieu. Au moment du procès, interrogé par le grand prêtre, Jésus répondra : « J’ai parlé au monde ouvertement. J’ai toujours enseigné dans les synagogues et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n’ai jamais parlé en cachette. Pourquoi me questionnes-tu ? Ce que j’ai dit, demande-le à ceux qui sont venus m’entendre. Eux savent ce que j’ai dit » (Jn 18, 21).

Nous assistons sous nos yeux à la réalisation de la conspiration prophétisée au livre de la sagesse : « Traquons le juste : il nous gêne, s’oppose à nos actions, nous reproche nos manquements à la Loi et nous accuse d’être infidèles à notre éducation. Il déclare posséder la connaissance de Dieu et il se nomme enfant du Seigneur, il se vante d’avoir Dieu pour père. Voyons si ses paroles sont vraies et vérifions comment il finira » (Sg 2, 12-17).

Le discours faux de ces renards commence paradoxalement par annoncer la vérité : « Tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu » ; la flatterie du menteur a pour but de faire glisser jusqu’au piège le malheureux qui se laisse séduire par ses propos mal intentionnés.

La question sur laquelle débouche cette entrée en matière est particulièrement perverse : si Jésus répond positivement, il va dans le sens des Hérodiens, collaborateurs de l’occupant, et sera dès lors accusé de traître par les Pharisiens ; s’il invite à refuser de payer l’impôt, il abonde dans le sens des Pharisiens, mais se met les Hérodiens à dos, qui auront beau jeu de le dénoncer aux Romains.

Jésus, connaissant l’intention de ses interlocuteurs, dévoile d’emblée leur hypocrisie et dénonce leur mauvais desseins. Coupant court aux flatteries mensongères, il prend ses opposants en flagrant délit de duplicité puisqu’ils portent sur eux la monnaie de l’impôt, portant l’effigie de l’Empereur et une légende qui s’adresse à lui comme à une divinité. Autant dire qu’un juif pieux n’était pas supposé la posséder ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle des changeurs se tenaient dans la cour du Temple, car l’argent romain était considéré comme idolâtrique et ne pouvait par conséquent entrer dans le Temple. La preuve est ainsi faite que les interlocuteurs de Jésus ne se posaient guère de problèmes moraux et n’attendaient rien de cet interrogatoire, si ce n’est un motif d’accusation.

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18/10/2014

Le Père Zanotti-Sorkine répond aux questions de La Libre

Sur le site de la Libre.be :

Il y a dix ans à Marseille, en haut de La Canebière, l’église Saint Vincent de Paul, dite "des Réformés", était menacée de fermeture, car très peu fréquentée. L’évêque tente une dernière chance et en confie la charge au père Michel-Marie Zanotti-Sorkine (55 ans). Rapidement, dans ce quartier où les catholiques sont minoritaires, l’église est archi-pleine tous les dimanches. Plus de 1.000 baptêmes seront célébrés en dix ans dont 262 baptêmes d’adultes au cours des fêtes pascales. Depuis plusieurs semaines, trois prêtres de la Fraternité des Saints Apôtres – inspirée par le Père Zanotti-Sorkine - sont installés à l’Eglise Sainte-Catherine de Bruxelles.

Entretien avec un prêtre médiatisé, voire encombrant pour certains...

Vous êtes un ancien chanteur de cabaret. Comment s’est faite cette transition ?

Tout naturellement. Je portais en moi depuis l'enfance le désir de la prêtrise, mais avec la volonté de rejoindre ceux qui étaient éloignés de la foi. Pendant une dizaine d'années, j'ai chanté tous les soirs de cabarets en pianos-bars la poésie française, j'ai vu les amours se faire et se défaire, la misère morale mais aussi la beauté intrinsèque de l'homme cachée dans des lieux d'enfer. Ce furent des années magnifiques où le Christ m'apprit que chaque être, quels que soient ses choix, son histoire, ses déviances, reste son enfant et continue mystérieusement d'être habité par son amour.

Pourquoi avez-vous abandonné l’ordre des Dominicains, puis celui des Franciscains ?

Je n'ai rien à reprocher à ces deux familles religieuses. Je les ai quittées pour des raisons diverses. Permettez-moi de penser qu'il me fallait en partir. Personne ne maitrise le cours de sa propre existence. Sans doute était-ce nécessaire que j'exprime d'une manière plus personnelle ce que je portais en moi d'idéal apostolique. Quelle est votre recette pour attirer les fidèles à la messe ? Les églises se rempliront si elles ouvrent leurs portes douze heures par jour, afin que l'on y perçoive avec ses sens la présence du Christ et de sa mère, que le silence y soit respecté pour permettre à l'âme de rejoindre l'amour qui est Dieu, que la liturgie eucharistique ne soit ni plate ni insipide ni bavarde, qu'elle soit célébrée sans pompe excessive mais avec soin et beauté. Il faut que le prêtre soit présent dans son église plusieurs heures par jour, qu'il n'ait rien du fonctionnaire, qu'il reçoive sans rendez-vous, qu'il parcoure les rues de son quartier et de la ville, parlant avec les uns et les autres…

Et en soutane, comme vous ?

Si possible en soutane ou en clergyman pour donner une chance à ceux qui ne pratiquent pas de voir un prêtre, de le reconnaître et de lui parler. Le prêtre ne doit pas être un homme de structure, de plans, dans lesquels les personnes se doivent absolument d'entrer, que l'on sente en lui qu'il n'est qu'un intendant des mystères de Dieu, un gérant et non le propriétaire des richesses divines.

Malgré votre succès pastoral et en librairie, vous êtes fortement critiqué au sein de l’Eglise. Jugé encombrant et trop médiatique, comment percevez-vous ces critiques ?

Ces critiques viennent en effet de l'intérieur de l'Eglise et dans la plupart des cas, de personnes qui ne m'ont jamais rencontré et qui fondent leur jugement sur leur propre sensibilité religieuse ou à partir de "on-dit". Comment voulez-vous alors que je les considère ? Je les laisse courir. Ce qui m'intéresse, c'est la foule des petits et des humbles qui ont besoin de Dieu et qui eux ne vous jugent pas parce qu'ils ne sont jamais idéologiques.

Votre site internet est très impressionnant. Vous comprenez que vos détracteurs dénoncent ce côté bling-bling ?

Très franchement, je n'ai pas l'impression que mon site soit bling-bling ! Il contient tout au plus des centaines d'homélies et quelque articles de presse... mais dites-moi, puisque nous en sommes à cette question, le prêtre doit-il rester dans son coin, effacé, couleur gris muraille, loin de la modernité, adepte du minima dans tout ce qu'il propose ? Je ne le crois pas. Nous sommes les représentants d'un Christ solaire et rayonnant qui, avant de monter sur la croix, a été suivi par des milliers de personnes à qui il a adressé sa parole de feu ! Et nous devons l'imiter... avant l'incontournable croix !

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Synode : on a trop peu parlé de la beauté de l'amour humain

Synode sur la famille: "On a trop peu parlé de la beauté de l'amour humain" selon Mgr Léonard

lalibre.be

Mgr Léonard a déploré samedi le fait que l'on avait trop peu parlé lors du synode consacré à la famille à Rome de la beauté de l'amour humain et de la famille. Le primat de Belgique estime par ailleurs que le synode ne conduira pas à la légitimation des relations homosexuelles par l'Eglise. "La publication du document intermédiaire a mené à trop d'interprétations erronées dans la presse internationale et les membres du synode ont dû accorder beaucoup trop d'attention à des thèmes spécifiques sous la pression médiatique, et ce au détriment de thématiques peut-être plus importantes", estime Mgr Léonard.

Selon l'archevêque de Malines-Bruxelles, le synode ne conduira pas à la légitimation des relations homosexuelles ni du mariage entre personnes du même sexe. Cela vaut également, selon Mgr Léonard, pour l'accès à la communion des personnes qui ne répondent pas aux règles prescrites par l'Eglise.

Le primat de Belgique ajoute cependant que les pères synodaux avaient témoigné dans leur ensemble d'une attention empreinte d'amour et de respect à l'égard des couples non mariés qu'ils soient homosexuels ou hétérosexuels. "Non pas pour approuver ces relations mais pour les comprendre et les accompagner sur le chemin de la charité et de la vérité", précise Mgr Léonard.

Le pape conclut le synode en dénonçant cinq tentations

Le Pape François clôture le Synode par un discours percutant (Radio Vatican)

En conclusion du Synode extraordinaire sur les défis pastoraux de la famille, sans rien cacher des difficultés vécues durant ces deux semaines de débats, le Pape François a tiré un bilan positif de cette expérience synodale, vécue dans une liberté de parole inédite. « Avec un esprit de collégialité et de synodalité, nous avons vécu vraiment une expérience de Synode, un parcours solidaire, un chemin ensemble. Comme dans chaque chemin, il y a eu des moments de course rapide, quasiment à vouloir vaincre le temps et arriver le plus vite possible au milieu, et des moments de fatigue (...),d'autres moments d’enthousiasme et d’ardeur. Il y a eu des moments de profonde consolation, en écoutant le témoignage des vrais pasteurs qui portent sagement dans le cœur les joies et les larmes de leurs fidèles. Des moments de consolation et de grâce en écoutant les témoignages des familles qui ont participé au Synode et ont partagé avec nous la beauté et la joie de leur vie maritale. (...) Et puisque c’est un chemin d’hommes, avec les consolations il y a eu aussi d’autres moments de désolation, de tensions et de tentations. »

Le Pape François a alors énoncé une série de tentations qu'il a pu percevoir en écoutant les pères synodaux. 

Première tentation : « La tentation du raidissement hostile, c’est-à-dire de vouloir s’enfermer dans la lettre(...), à l’intérieur de la loi, dans la certitude de ce que nous connaissons et non de ce que devons encore apprendre et atteindre. Du temps de Jésus, c’est la tentation des zélotes, des scrupuleux, des empressés et aujourd'hui de ceux qu’on appelle aujourd’hui des "traditionnalistes" ou aussi des "intellectualistes". »

Deuxième tentation : « La tentation d’un angélisme destructeur, qui au nom d’une miséricorde traîtressse met un pansement sur les blessures sans d’abord les soigner, qui traite les symptômes et non les causes et les racines. C’est la tentation des timorés, et aussi de ceux qu’on nomme les progressistes et les libéraux. »

Troisème tentation : « La tentation de transformer la pierre en pain pour rompre un long jeûne, pesant et douloureux (Lc 4, 1-4) et aussi de transformer le pain en pierre et la jeter contre les –pécheurs, les faibles, les malades (Jn 8,7) c’est-à-dire de les transformer en fardeau insupportable (Lc 10, 27). »

Quatrième tentation : « La tentation de descendre de la Croix, pour contenter les gens, de ne pas rester à accomplir la volonté du Père, de se plier à l’esprit mondain au lieu de le purifier et de le plier à l’Esprit de Dieu. »

Cinquième tentation : « La tentation de négliger le depositum fidei (ndlr : le dépôt de la foi) en se considérant non comme les gardiens mais les propriétaires et les maîtres ou, de l’autre part, la tentation de négliger la réalité en utilisant une langue minutieuse et un langage pour dire tant de choses et ne rien dire. Nous appelons "bizantinisme" je crois, ces choses. »

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