Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

BELGICATHO - Page 6

  • Une enquête consacrée à la "GPA, avec les meilleures intentions"

    IMPRIMER

    L’ENQUÊTE : « GPA, AVEC LES MEILLEURES INTENTIONS »

    Gènéthique vous informe

    Les scandales des usines à bébés thaïlandaises, des femmes vietnamiennes séquestrées, de Gammy, ce petit garçon commandé par GPA et refusé à la naissance par ses commanditaires parce qu’il était porteur de trisomie 21, n’ont pas fini de faire couler beaucoup d’encre. Le 25 novembre 2017, en prévision de la journée contre les violences faites aux femmes, la Manif Pour Tous présente un documentaire sur la gestation pour autrui : « GPA, avec les meilleures intentions ».

    Enquête sur les pratiques de la GPA en Asie du Sud-Est focalisée sur la Thaïlande, le documentaire associe images captées en caméra cachée et interviews officielles. Alors que le pays s’est doté en 2015 d’un cadre légal pour en réduire le nombre et la clandestinité, où en sont les pratiques de GPA en Thaïlande aujourd’hui ? La législation suffit-elle à mettre fin à une pratique qui met à mal la dignité des femmes et le respect des enfants ?

    L’avocat, maître Koompraphant, ancien directeur du Centre de protection du droit des enfants, affirme ne plus avoir connaissance de l’existence de GPA illégales depuis l’entrée en vigueur de la loi, tandis que le docteur Pruksananonda, gynécologue obstétricien, directeur du service de médecine reproductive de l’hôpital de Chulalongkorn, pense que les agences privées qui s’entremettaient entre les clients et les mères porteuses ont cessé toute activité et qu’il est désormais impossible de rentrer en contact avec l’une d’elles. La volonté du gouvernement de s’opposer à ce que « la Thaïlande et l’utérus des femmes thaïlandaises soient la plaque tournante mondiale » (propos d’un député thaïlandais), est louable et aurait permis le passage d’environ 4000 à 200 GPA par an. Mais qu’en est-il vraiment ?

    La Manif Pour Tous a infiltré avec succès l’une de ces agences illégales, New Genetic Global, en utilisant le profil fictif de Valérie. D’entretiens en rendez-vous, Valérie nous permet d’apprendre « qu’il n’y a aucun problème avec la législation », que l’embryon conçu sera expertisé par le prélèvement et l’envoi de cellules aux Etats-Unis, puis cultivé au Laos où la mère porteuse sera envoyée pour l’implantation. Valérie se voit proposer une promotion « Bring your own eggs », et une sélection de trois profils de gestatrices entre lesquels choisir. Mais leur identité compte peu, explique l’intermédiaire, elles sont indifférentes. Catalogue en ligne, réduction, acomptes… les agences prennent leurs dispositions pour s’adapter à la nouvelle législation et poursuivre leur commerce de bébés sans trop d’encombres. Les négociations du contrat sont sans état d’âme pour les personnes : la mère porteuse n’est que le maillon d’une chaîne, l’enfant, simple marchandise, objet d’échange, n’est jamais évoqué.

    La loi ne suffit pas à endiguer la réduction en esclavage de femmes contraintes par leur pauvreté, la recherche de gains rapides, d’agents peu scrupuleux, et le désir d’enfant souvent aveugle de couples aisés qui disposent de leurs semblables comme d’un bien avec droit de propriété. Si elle pèche par son inefficacité, la loi trompe surtout sur le principe même de la GPA qui reste, quelle qu’en soit l’intention et la modalité, un asservissement du corps de la femme et un abandon d’enfant.

    « Après avoir vu les cliniques où des femmes sont cantonnées pendant 9 mois, après avoir rencontré les agences qui organisent le business de la GPA, après avoir recueilli le témoignage poignant des ONG et associations humanitaires mobilisées sur le terrain pour lutter contre ce trafic humain, il apparaît que l’abolition universelle est bien la seule solution pour mettre un terme à ce scandale. Nous allons relancer Emmanuel Macron qui, à la suite de François Hollande s’était engagé à lancer une initiative internationale contre la GPA. L’heure est à l’action car la dignité des femmes et des enfants n’a pas de frontières », déclare Ludovine de La Rochère, Présidente de la Manif Pour Tous.

    A la suite de ce documentaire, Anne Schaub-Thomas, psychothérapeute et auteur du livre Un cri secret d’enfant (cf. GPA : « On ne peut pas remplacer une souffrance d’adulte par une souffrance d’enfant »), a rappelé que, violente ou douce, la GPA « éthique » est un mensonge et une perversion de la pensée. Car le cœur de cette pratique est la vie de ce petit homme qu’est l’enfant, fracturée dès sa naissance par l’arrachement à sa mère. « Les fondations procréatiques sont les racines de l’édifice humain. C’est une terre féconde où l’enfant à venir se déploie comme une graine en terre. » Si la semence est arrachée trop tôt de sa terre nourricière, qui sait quel en sera le fruit.   

     
     
  • L’Église catholique ne veut pas tirer les conclusions de 50 ans d’échec du dialogue avec l'islam

    IMPRIMER

    D'Yves Casgrain sur presence-info.ca :

    Entrevue avec le jésuite Henri Boulad

    Dialogue islamo-chrétien: «50 ans d'échec»

    Selon le père Henri Boulad, le pape François fait fausse route en encourageant l'immigration.
    Selon le père Henri Boulad, le pape François fait fausse route en encourageant l'immigration.   (Présence/Yves Casgrain)

    Son nom est synonyme de controverse. Le père jésuite Henri Boulad a la critique dure et n’a pas peur de froisser, qu’il s’agisse de l’Église catholique, de judaïsme ou de l’islam. À 86 ans, l’homme qui se dit désormais persona non grata au sein de sa propre communauté s’en prend désormais à la politique d’ouverture du pape François envers les réfugiés musulmans.

    Lors de son passage à Montréal il y a quelques jours afin de sensibiliser les catholiques au sort des chrétiens d’Orient, il a rappelé son opposition à cette «l’idéologie des portes ouvertes». Il en veut particulièrement au pape d’avoir adopté cette vision.

    «J’ai fait part au pape François de mon opposition quant à sa position sur l’immigration massive en Europe qu’il encourage de façon systématique. Il ne comprend pas. Il adopte une idéologie libérale sud-américaine pour qui l’islam c’est très bien. Ceux qui ont vécu sous l’islam savent de quoi il s’agit.»

    Selon le polémiste, l’avenir des chrétiens d’Orient passe en partie par un changement d’attitude de l’Occident et de l’Église catholique envers l’islam. Il est temps, croit-il, que l’Église se questionne sur son dialogue avec l’islam.

    «Je suis tout à fait pour [ce dialogue]. Cependant, lorsque le dialogue occulte les vrais problèmes, nous ne sommes plus dans la vérité. Un homme comme Benoît XVI a voulu mettre au cœur du dialogue la vérité et la raison. Il s’est fait virer, d’une certaine manière. Il a démissionné, car il a été soumis à toutes sortes de pression», a-t-il fait valoir en entrevue.

    Le jésuite cite la taqîya pour développer son point de vue. Il s’agit d’un concept coranique qui évoque la dissimulation de sa foi, principalement pour éviter une persécution. Mais depuis deux décennies, elle est souvent invoquée pour critiquer l’islam et est brandie dans des discours islamophobes qui laissent entendre que des fidèles musulmans mentent pour faire avancer la cause de l’islam. C’est à cette seconde lecture que fait référence le père Boulad.

    «L’Église catholique ne veut pas comprendre cela. Elle ne veut pas tirer les conclusions de 50 ans d’échec du dialogue.»

    «L’Église catholique ne veut pas comprendre cela. Elle ne veut pas tirer les conclusions de 50 ans d’échec du dialogue», a-t-il insisté. Mais l’homme originaire d’Alexandrie se défend bien d’être atteint du «virus de l’islamophobie». Pour lui, il s’agit d’une étiquette apposée par le courant islamo-gauchiste sur ceux qui osent critiquer l’islam. «Ce courant est issu d’une alliance entre l’islam et la gauche. Derrière l’islam et la gauche, il y a les mondialistes qui manipulent la planète entière pour des intérêts économiques. Les islamo-gauchistes instrumentalisent la gauche.»

    Henri Boulad reconnaît volontiers qu’il dérange et qu’il est aujourd’hui «classé, étiqueté, ostracisé» pour ses propos. Sa défense des chrétiens d’Orient continue cependant d’être considérée attentivement.

    «L’Orient, qui a été le berceau du christianisme, risque d’être vidé de sa présence chrétienne. Au début du siècle dernier, les chrétiens représentaient 20 % de la population, maintenant ils représentent 2 % de la population. C’est une chute vertigineuse.»

    Devant ces sombres statistiques, le père Boulad reste optimiste, car il croit que «malgré les apparences, l’islam est en train d’imploser».

    «Les musulmans radicaux ont le verbe haut et beaucoup d’argent. Toutefois, l’islam est en lutte contre lui-même. Les chiites sont en guerre contre les sunnites, les libéraux contre les traditionnels. Ce sont des plaques tectoniques qui s’entrechoquent. Dans ce contexte, nul ne peut prédire l’avenir des chrétiens dans cette région.»

  • Téléthon : les réserves d'un diocèse de France

    IMPRIMER

    LOZÈRE : L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE NE SOUTIENDRA PAS LE TÉLÉTHON

     

    A quelques semaines de la nouvelle édition du Téléthon, les chefs d’établissement de l’enseignement catholique de Lozère ont reçu un courrier de la direction de l’enseignement diocésain. Celle-ci souhaite rappeler « la réflexion menée en novembre dernier, mettant en lumière les graves problèmes éthique qui empêchent l’Enseignement catholique de s’engager dans cette action ». De fait, « l’aventure du Téléthon est liée aux cellules souches qui sont un grand espoir pour la médecine régénérative », mais parmi ces cellules, les cellules souches embryonnaires et fœtales humaines « supposent des embryons ou des fœtus provenant des techniques de procréation médicalement assistée ou d’avortements ».

    La direction diocésaine « exhorte les directeurs à être particulièrement attentifs à engager [leurs] établissements dans des actions solidaires cohérentes avec la conception chrétienne de l’homme et respectueuse de celle-ci »[1]

    [1] Parmi les causes à soutenir, le document indique nommément : le Secours catholique, l’Œuvre d’Orient, les fondations Abbé Pierre ou Jérôme Lejeune, ATD Quart-monde, l’Aide à l’église en détresse.

    Sources: Midi Libre (25/11/2017)

    Il en va de même dans le diocèse d'Avignon :

    Pas de Téléthon dans le diocèse d’Avignon (source)

    Lire la suite

  • Parce qu'il faut éviter de se fourvoyer...

    IMPRIMER

    Faire fausse route

    Voici la traduction d’un article du blog de Mark Mallett qui nous a été communiquée par un ami :

    https://www.markmallett.com/blog/2017/11/28/barquing-up-the-wrong-tree

    IL me regarda intensément et dit, “Mark, vous avez beaucoup de lecteurs. Si le Pape François enseigne l’erreur, vous devez vous en détacher et conduire votre troupeau vers la vérité.”

    J’étais stupéfait par les propos de ce prêtre. D’une part, “mon troupeau” de lecteurs ne m’appartient pas. Ils sont (vous êtes) la possession du Christ. Et de vous, Jésus dit :

    Moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. (Ezekiel 34:11-12)

    Le Seigneur parle ici, à la fois de la diaspora des Juifs au-delà d’Israël, mais aussi, dans le plus grand contexte, d’un temps où les brebis de l’Eglise du Christ seraient abandonnées par leurs bergers. Un temps où le clergé serait en grande partie silencieux, lâche ou carriériste ne défendant ni le troupeau ni la vérité, mais garderait et défendrait plutôt le status quo. Ce sera un temps d’apostasie. Et selon les derniers papes, nous vivons actuellement ce temps prophétisé :

    Peut-on ignorer la maladie si profonde et si grave qui travaille, en ce moment bien plus que par le passé, la société humaine, et qui, s'aggravant de jour en jour et la rongeant jusqu'aux moelles, l'entraîne à sa ruine ? Cette maladie, Vénérables Frères, vous la connaissez, c'est, à l'égard de Dieu, l'abandon et l'apostasie … — PAPE ST PIE X, E Supremi, Encyclique sur la Restauration de toutes choses dans le Christ, n° 3, 5; 4 octobre 1903

    L’apostasie, la perte de la foi, s’étend à travers le monde et jusqu’aux plus hauts sommets de l’Eglise. — PAPE PAUL VI, Exhortation lors du Soixantième Anniversaire des Apparitions de Fatima, 13 octobre 1977

    Lire la suite en pièce jointe.

  • Philo à Bruxelles le 12 décembre : 2e séance à la découverte de saint Thomas avec Stéphane Mercier

    IMPRIMER
    La première conférence fut un vrai succès. La petite salle était remplie : 50 personnes dont une bonne proportion d'étudiants et de jeunes professionnels...

    Sans titre.jpg

    Sans titre2.jpg

  • "Tout mais pas ça !" Un film à ne pas manquer

    IMPRIMER

    De Bruno Bouvet sur le site du journal La Croix :

    Tout mais pas ça », chacun cherche sa voie

    L’Italien Edoardo Falcone traite sur le mode de la comédie, enlevée mais inégale, l’effondrement des certitudes d’un chirurgien dont le fils veut devenir prêtre.

    Edoardo Pesce et Marco Giallini / Copyright Claudio IannoneStars 

    Tout mais pas ça ! **

    d’Edoardo Falcone

    Film italien, 1 h 27

    Enlevée, drôle, incisive, caustique et à la fois pleine de charme. La première demi-heure de Tout mais pas ça ! emporte l’adhésion du spectateur comme les plus belles comédies à l’italienne des années 1970.

    C’est précisément dans cette veine, avec musique entraînante et dialogues ciselés, que se situe le réalisateur, Edoardo Falcone, et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi les cinéphiles transalpins ont accordé leurs suffrages (700 000 spectateurs) au premier film de cet ancien scénariste.

    Le tsunami familial que provoque l’annonce par Andrea, un sémillant étudiant en médecine, de son souhait de devenir prêtre, est assez irrésistible. Panique à bord : chacun voit ses certitudes chamboulées, et les rôles trop bien établis se recomposent…

    Une réflexion sur la vocation

    Toutefois, une très longue séquence, fondée sur un quiproquo balourd et étiré jusqu’à la corde fait craindre que Tout mais pas ça ! ne tienne pas ses promesses et vire à la pantalonnade. Il n’en est rien et le film se ressaisit pour développer, non sans finesse, une jolie variation sur le thème de la vocation, au sens large.

    De quoi remplit-on son existence ? Quel sens lui donne-t-on ? Tommaso, visage fermé et amabilité de cerbère, s’est-il jamais posé la question ? Ce brillant chirurgien connaît tout de la cardiologie mais n’écoute guère son cœur. Pas davantage ceux des autres.

    Il a, depuis longtemps, réduit Carla sa femme (touchante Laura Morante) au rôle de (joli) accessoire. Il méprise Bianca, sa fille, qu’il n’a jamais pris le temps d’écouter et mène au pas de charge son équipe médicale, sans aucun égard pour leurs états d’âme.

    Un apprivoisement réciproque

    Quant à Andrea, son fils, pourquoi choisirait-il une autre voie que celle de marcher sur ses traces ? La seule différence à laquelle pourrait consentir Tommaso est d’ordre privé : quand Andrea réunit toute la famille pour faire « la » grande annonce, le médecin est persuadé qu’il va apprendre que son fils est homosexuel.

    S’il a choisi le sacerdoce, ce ne peut être que sous l’influence malfaisante d’un prêtre, Don Pietro, dont il va s’évertuer, lui, le savant aux conceptions rigoureusement laïques, à révéler le vrai visage. Le duel entre l’athée et l’homme de Dieu offre des scènes inégales, desservies par des gags un peu appuyés.

    Il touche juste, en revanche, quand il laisse la place à l’apprivoisement réciproque et à l’éclosion de la sensibilité du rude Tommaso.

    Bruno Bouvet
  • Une prière de Charles de Foucauld

    IMPRIMER

    foucault.jpgAujourd'hui, on fête également le bienheureux Charles de Jésus. C'est l'occasion de se rappeler cette prière d'abandon :

     

     

      

     

    Mon Père,

    je m'abandonne à vous, faites de moi ce qu'Il vous plaira.

    Quoi que vous fassiez de moi, je vous remercie.

    Je suis prêt à tout, j'accepte tout.

    Pourvu que votre volonté se fasse en moi, en toutes vos créatures,

    je ne désire rien d'autre mon Dieu.

    Je remets mon âme entre vos mains,

    je vous la donne, mon Dieu, avec tout l'amour de mon coeur,

    parce que je vous aime,

    et que c'est un besoin d'amour de me donner,

    de me remettre entre vos mains sans mesure,

    avec une infinie confiance, car vous êtes mon Père.

    Amen !

    Charles de Foucauld

  • Saint André, apôtre (30 novembre)

    IMPRIMER

    francesco-duquesnoy-santandrea-roma-san-pietro-1640.jpg

    Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse consacrée au premier apôtre appelé par le Christ prononcée par le pape Benoît XVI au cours de l’audience générale du mercredi 14 juin 2006 (source) :

    Chers frères et sœurs,


    Dans les deux dernières catéchèses, nous avons parlé de la figure de saint Pierre. A présent nous voulons, autant que les sources le permettent, connaître d'un peu plus près également les onze autres Apôtres. C'est pourquoi nous parlons aujourd'hui du frère de Simon Pierre, qui était lui aussi l'un des Douze. La première caractéristique qui frappe chez André est son nom: il n'est pas juif, comme on pouvait s'y attendre, mais grec, signe non négligeable d'une certaine ouverture culturelle de sa famille. Nous sommes en Galilée, où la langue et la culture grecques sont assez présentes. Dans les listes des Douze, André occupe la deuxième place, comme dans Matthieu (10, 1-4) et dans Luc (6, 13-16), ou bien la quatrième place comme dans Marc (3, 13-18) et dans les Actes (1, 13-14). Quoi qu'il en soit, il jouissait certainement d'un grand prestige au sein des premières communautés chrétiennes.

    Le lien de sang entre Pierre et André, ainsi que l'appel commun qui leur est adressé par Jésus, apparaissent explicitement dans les Evangiles. On y lit: « Comme il [Jésus] marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac: c'était des pêcheurs. Jésus leur dit: “Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes” » (Mt 4, 18-19; Mc 1, 16-17). Dans le quatrième Evangile, nous trouvons un autre détail important: dans un premier temps, André était le disciple de Jean-Baptiste; et cela nous montre que c'était un homme qui cherchait, qui partageait l'espérance d'Israël, qui voulait connaître de plus près la parole du Seigneur, la réalité du Seigneur présent. C'était vraiment un homme de foi et d'espérance; et il entendit Jean-Baptiste un jour proclamer que Jésus était l'« agneau de Dieu » (Jn 1, 36); il se mit alors en marche et, avec un autre disciple qui n'est pas nommé, il suivit Jésus, Celui qui était appelé par Jean « Agneau de Dieu ». L'évangéliste rapporte: ils « virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là » (Jn 1, 37-39). André put donc profiter de précieux moments d'intimité avec Jésus. Le récit se poursuit par une annotation significative: « André, le frère de Simon Pierre, était l'un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d'abord son frère Simon et lui dit: “Nous avons trouvé le Messie (autrement dit: le Christ)”. André amena son frère à Jésus » (Jn 1, 40-43), démontrant immédiatement un esprit apostolique peu commun. André fut donc le premier des Apôtres à être appelé à suivre Jésus. C'est précisément sur cette base que la liturgie de l'Eglise byzantine l'honore par l'appellation de Protóklitos, qui signifie précisément « premier appelé ». Et il est certain que c'est également en raison du rapport fraternel entre Pierre et André que l'Eglise de Rome et l'Eglise de Constantinople se sentent de manière particulière Eglises-sœurs. Pour souligner cette relation, mon prédécesseur, le pape Paul VI, restitua en 1964 les nobles reliques de saint André, conservées jusqu'alors dans la Basilique vaticane, à l'évêque métropolite orthodoxe de la ville de Patras en Grèce, où selon la tradition, l'Apôtre fut crucifié.

    Lire la suite

  • Un schisme à l'horizon ?

    IMPRIMER

    De Marie Malzac sur le site du journal La Croix :

    Le cardinal Müller affirme craindre un schisme

    L’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi demande aux autorités de l’Église d’écouter les « justes réclamations » des anti-François, selon des propos rapportés par le quotidien italien Il Corriere della Sera dimanche 26 novembre.

    « Il existe un front de groupes traditionalistes, ainsi que des progressistes, qui voudrait me voir à la tête d’un mouvement contre le pape, mais je ne le ferai jamais ». C’est ce qu’a soutenu récemment le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui avait exprimé à plusieurs reprises ses prises de distance par rapport à certaines démarches pontificales.

    Dans un entretien avec un éditorialiste du quotidien italien Il Corriere della Sera, Massimo Franco, publié dimanche 26 novembre, il se montre amer et inquiet.

    S’il affirme croire dans « l’unité de l’Église », l’ancien préfet n’en appelle pas moins les autorités à « écouter ceux qui ont des questions sérieuses et de justes réclamations : il ne faut pas les ignorer ou, pire, les humilier ». Le cardinal va même plus loin : « Sinon, sans le vouloir, le risque d’une lente séparation peut augmenter, qui pourrait déboucher sur un schisme d’une partie du monde catholique, désorienté et déçu. L’histoire du schisme protestant de Martin Luther d’il y a 500 ans devrait surtout nous montrer les erreurs à éviter ».

    Au mois de juillet, le pape François a décidé de remplacer ce cardinal à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le plus important dicastère de la curie romaine. Il avait alors durement critiqué son renvoi. Dans le Corriere, il apporte de nouvelles précisions. À ce moment-là, le pape lui aurait ainsi dit : « Certains m’ont dit de façon anonyme que vous étiez mon ennemi ».

    Critique acerbe des « délateurs »

    « Après quarante au service de l’Église, déplore-t-il, je me suis laissé dire cette absurdité, préparée par des cancaniers qui au lieu d’instiller de l’inquiétude chez le pape feraient mieux d’aller voir un psychiatre ».

    Réaffirmant son attachement au pape, le cardinal soutient toutefois que ses « vrais amis ne sont pas ceux qui l’adulent » mais bien « ceux qui l’aident avec la vérité et une compétence théologique et humaine ».

    Le cardinal formule des paroles sévères contre les « délateurs » responsables à ses yeux de son départ de la Congrégation pour la doctrine de la foi. L’ancien préfet ne croit pas au complot contre le pape – « une exagération absolue » – mais reconnaît que d’importantes « tensions » traversent actuellement l’Église.

    « Je crois que les cardinaux qui ont exprimé leurs doutes sur Amoris Laetitia, ou les 62 signataires d’une lettre de critiques, dont certaines excessives, contre le pape, doivent être écoutés, et non pas balayés d’un revers de main comme’pharisiens’ou comme des râleurs », avance-t-il. Il faut donc, à son sens, un « dialogue franc et clair ».

    L’impression du cardinal allemand est que dans le « cercle magique » du pape, on « s’inquiète surtout d’espionner de prétendus adversaires, empêchant de la sorte une discussion ouverte et équilibrée ».

    En gage de sa bonne foi, le cardinal Müller a récemment défendu publiquement l’Exhortation apostolique du pape François sur la famille, un document qui a cristallisé les divergences.

    « Classer tous les catholiques selon les catégories ’amis’ ou ’ennemis’ du pape est le plus grand mal qu’ils causent à l’Église, insiste le cardinal Müller. Et on est perplexe lorsqu’on voit qu’un journaliste bien connu, athée, se vante d’être un ami du pape, tandis qu’un évêque catholique, cardinal comme moi, est diffamé comme opposant du pape. Je ne crois pas que ces personnes puissent me donner des leçons de théologie sur le primat du souverain pontife ».

    Une Église plus « faible »

    Comparée à l’époque de Benoît XVI, l’Église actuelle apparaît plus « faible » aux yeux du cardinal. « Les prêtres sont de plus en plus rares et nous apportons des réponses plus organisationnelles, politiques et diplomatiques que théologiques et spirituelles », regrette-t-il. « L’Église n’est pas un parti politique, avec ses luttes de pouvoir. Nous devons discuter des questions existentielles, sur la vie et la mort, sur la famille et les vocations religieuses, et pas sur la politique ecclésiastique en permanence, développe l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le pape François est populaire, et c’est une bonne chose. Mais les personnes ne prennent plus part aux sacrements. Et sa popularité parmi les catholiques qui le citent avec enthousiasme ne change malheureusement pas leurs fausses convictions ».

    Selon le cardinal Müller, il faut désormais dépasser le stade de l’Église « hôpital de campagne », une expression chère au pape François. Aujourd’hui, le monde aurait davantage besoin, à ses yeux, d’une « Sillicon Valley » de l’Église. « Nous devrions être les Steve Jobs de la foi, assure-t-il, et transmettre une vision forte en termes de valeurs morales et culturelles ».

  • Sus aux crucifix !

    IMPRIMER

    De SudInfo :

    Le crucifix banni des locaux de la Croix-Rouge: le rappel à l'ordre crée la polémique (+Vidéo)

    Le crucifix et les autres signes convictionnels religieux sont en principe désormais bannis des espaces publics des locaux de la Croix-Rouge. C’est l’objet d’un mail envoyé voici une quinzaine de jours aux maisons de la Croix-Rouge de la province de Liège.

    A lire aussi : Les principes de base de la Croix-Rouge à respecter... et une démission à la clé

    Les croix et autres symboles religieux sont devenus indésirables à la Croix-Rouge. Un coup de balai déclenché par une plainte.

    À Verviers, la décision crée la polémique, alors que la croix accrochée au mur n’avait jamais fait de vagues, dans la Vestiboutique, rue Renkin...

    > Ce qui s’est passé à Blégny, et les conséquences pour l’antenne locale

  • Vache crucifiée : signons la pétition adressée à l'évêque d'Hasselt

    IMPRIMER

    PETITION: Remove the ‘crucified cow’ on display in Catholic church

    A “crucified cow” has been erected as “art” at the center of a consecrated Catholic church in the Belgian town of Borgloon. Local Catholics are urging the local bishop to have it removed and offer public prayers of reparation, but so far it has remained in place.

    The “art” exhibit by Tom Herck is to be displayed until early December in the small parish church of Saint John the Baptist.

    The “artist” went through the grueling process of actually nailing the 500 kg corpse of a cow to a cross before covering it with silicone paint. The cow on the cross, surmounting a basin containing 5,000 litres of milk, is supposed to symbolize industrial breeding and thrown-away food. Visitors are welcomed with beef and cheese appetizers.

    The artist's choice of a church supposedly points to wasted architectural space in a time of housing shortage. Herck openly admits he is particularly seeking to attract attention to the “innumerable” churches that remain empty in Flanders on Sundays because, he says, the Flemish are no longer interested in “insufferably tedious Masses.”

    The local Catholic group Katholiek Forum says the local diocese’s lethargy has been slow to act. They say the “crucified cow” is a “satanic image and a disgusting insult to God and Catholicism.”

    To: Bishop Patrick Hoogmartens

    We join Catholics in your diocese who are outraged over the display of a “crucified cow” in a consecrated Catholic church.

    Please do all that is in your power to protect this most sacred space for the due worship of God, banish this sacrilege, and offer public prayers of reparation.

    We pledge to pray for you in your role as shepherd of the Diocese of Hasselt.

     SIGN THIS PETITION

  • L'enfer est-il vide ?

    IMPRIMER

    Du Père Nicolas Buttet, dans l’hebdomadaire « Famille chrétienne » :

    77211301_o.jpg« La parole de Dieu est claire: Dieu «veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité» (1Tm 2,4; 2 P 3,9). Simultanément, la même parole présente une réalité réservée à celles et ceux qui décident de se dérober à lamour fraternel et à la miséricorde divine. Cette réalité, c’est l’enfer, qui est un thème majeur dans la prédication de Jésus: «Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges» (Mt 25,41).

    Comment donc concilier la volonté du salut pour tous et la réalité de l’enfer pour certains? Jésus nous dit que « beaucoup sont appelés, mais peu sont élus» (Mt 22,14). Cette phrase a donné lieu à une vaste littérature sur le salut des personnes, leur nombre ou leur prédestination... Face à ces thèses, certains auteurs ont développé l’idée d’un enfer «hypothétique»: lenfer existe certes, mais il est possible despérer un salut universel où personne ne serait damné. Lenfer apparaît alors comme une possibilité, voire une menace, mais pas comme une réalité. C’est « l’espérance pour tous» (Hans Urs von Balthasar).

    D’autres ont parlé de l’enfer «provisoire»: à la fin des temps, tous anges déchus et hommes «damnés» seront rétablis dans la communion damour avec Dieu. Cette doctrine de la restauration universelle (apocatastase) défendue par Origène (IIIe s.) a été reconnue par l’Église comme contraire à la parole de Dieu. Cette double conception de l’enfer comme «vide» ou «à la fin vidé» semble séduisante, mais elle soppose à deux principes essentiels de notre foi: lamour infini et miséricordieux de Dieu, et la grandeur de la liberté humaine.

    Le Dieu d’amour ne peut pas nous forcer à Lui dire «oui»: lamour qui simpose sappelle un viol. Autrement dit, si Dieu est amour, l’enfer en est une exigence incontournable: au nom de lamour, il est nécessaire quil y ait un «lieu» hors de Dieu pour que ceux qui refusent de Laimer puissent ne pas se voir imposer sa «vision». LApocalypse nous révèle quun tiers des anges se dérobèrent à l’amour et suivirent Lucifer dans sa chute (Ap 12,4).

    L’amour infini de Dieu et la grandeur de la liberté humaine s’opposent à un enfer vide.

    L’enfer est donc peuplé de ces anges déchus qui apparaissent pour nous comme une révélation de la grandeur de la liberté: celle-ci peut acquiescer à lamour, mais aussi se dresser contre la miséricorde infinie de Dieu. Cest du sérieux! La parole de Dieu au sujet des fins dernières constitue alors «un appel à la responsabilité avec laquelle lhomme doit user de sa liberté en vue de son destin éternel et un appel pressant à la conversion» (Catéchisme de l’Église catholique § 1036). Le cardinal Journet affirme qu’en enfer aucune créature n’aura même l’idée d’accuser Dieu de se trouver en ce lieu, tellement elle sait avec certitude que c’est elle-même qui a choisi ne pas vivre dans l’amour de Dieu.

    L’Église, donc, affirme l’existence réelle de l’enfer et son éternité tout en priant sans cesse pour que personne ne se perde. À la question «Combien y aura-t-il d’élus?», Jésus répond en renvoyant à la responsabilité personnelle: « Efforcez-vous dentrer par la porte étroite!» (Lc 13,23-28). «Oh when the saints, go marchin’in...»: quand les saints savanceront, je veux être du nombre!  »

    Ref. L'enfer est-il vide ?

    Comme l’a si bien écrit le pape Benoît XVI dans l’encyclique  Spe salvi, « le Jugement de Dieu est espérance, aussi bien parce qu'il est justice que parce qu'il est grâce. S'il était seulement grâce qui rend insignifiant tout ce qui est terrestre, Dieu resterait pour nous un débiteur de la réponse à la question concernant la justice – question décisive pour nous face à l'histoire et face à Dieu lui-même. S'il était pure justice, il ne pourrait être à la fin pour nous tous qu’un motif de peur. L'incarnation de Dieu dans le Christ a tellement lié l'une à l'autre – justice et grâce – que la justice est établie avec fermeté: nous attendons tous notre salut « dans la crainte de Dieu et en tremblant » (Ph 2, 12). Malgré cela, la grâce nous permet à tous d'espérer et d'aller pleins de confiance à la rencontre du Juge que nous connaissons comme notre « avocat » (parakletos) (cf. 1 Jn 2, 1) »

    Et sur la mystérieuse solidarité qui unit, depuis la chute originelle,   la famille humaine dans le péché comme dans la rédemption, Benoît XVI ajoute cette note d’espérance qu’apporte la croyance des catholiques au « purgatoire » :

     «  Un motif doit encore être mentionné ici, parce qu'il est important pour la pratique de l'espérance chrétienne. Dans le judaïsme ancien, il existe aussi l'idée qu'on peut venir en aide aux défunts dans leur condition intermédiaire par la prière (cf. par exemple 2 M 12, 38-45: 1er s. av. JC). La pratique correspondante a été adoptée très spontanément par les chrétiens et elle est commune à l'Église orientale et occidentale. L'Orient ignore la souffrance purificatrice et expiatrice des âmes dans « l'au-delà », mais il connaît divers degrés de béatitude ou aussi de souffrance dans la condition intermédiaire. Cependant, grâce à l'Eucharistie, à la prière et à l'aumône, « repos et fraîcheur » peuvent être donnés aux âmes des défunts. Que l'amour puisse parvenir jusqu'à l'au-delà, que soit possible un mutuel donner et recevoir, dans lequel les uns et les autres demeurent unis par des liens d'affection au-delà des limites de la mort – cela a été une conviction fondamentale de la chrétienté à travers tous les siècles et reste aussi aujourd'hui une expérience réconfortante. Qui n'éprouverait le besoin de faire parvenir à ses proches déjà partis pour l'au-delà un signe de bonté, de gratitude ou encore de demande de pardon?

    À présent on pourrait enfin se demander: si le « purgatoire » consiste simplement à être purifié par le feu dans la rencontre avec le Seigneur, Juge et Sauveur, comment alors une tierce personne peut-elle intervenir, même si elle est particulièrement proche de l'autre? Quand nous posons une telle question, nous devrions nous rendre compte qu'aucun homme n'est une monade fermée sur elle-même. Nos existences sont en profonde communion entre elles, elles sont reliées l'une à l'autre au moyen de multiples interactions. Nul ne vit seul. Nul ne pèche seul. Nul n'est sauvé seul. Continuellement la vie des autres entre dans ma vie: en ce que je pense, je dis, je fais, je réalise. Et vice-versa, ma vie entre dans celle des autres: dans le mal comme dans le bien. Ainsi mon intercession pour quelqu'un n'est pas du tout quelque chose qui lui est étranger, extérieur, pas même après la mort.

    Dans l'inter-relation de l'être, le remerciement que je lui adresse, ma prière pour lui peuvent signifier une petite étape de sa purification. Et avec cela il n'y a pas besoin de convertir le temps terrestre en temps de Dieu: dans la communion des âmes le simple temps terrestre est dépassé. Il n'est jamais trop tard pour toucher le cœur de l'autre et ce n'est jamais inutile. Ainsi s'éclaire ultérieurement un élément important du concept chrétien d'espérance. Notre espérance est toujours essentiellement aussi espérance pour les autres; c'est seulement ainsi qu'elle est vraiment espérance pour moi. En tant que chrétiens nous ne devrions jamais nous demander seulement: comment puis-je me sauver moi-même? Nous devrions aussi nous demander: que puis-je faire pour que les autres soient sauvés et que surgisse aussi pour les autres l'étoile de l'espérance? Alors j'aurai fait le maximum pour mon salut personnel. »

    JPSC